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09 nov 2007

Commentaires

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Guillaume

Dans ma propre université, au Québec, j'avais fait un travail dans le cadre d'un cours de maîtrise il y a quelques années auprès de sa fondation. Il était ressorti qu'avec le temps, l'argent était de plus en plus ciblé : alors que dans les années 80, près de 80% de l'argent donné à la fondation était "pour l'université", vingt ans plus tard, près de 90% de cet argent était donné "pour telle chaire", "pour tel groupe de recherche".

Évidemment, l'argent donné part tout le temps pour les mêmes causes (recherche contre le cancer, recherche contre le SIDA), mais - est-ce étonnant - jamais aux chaires de philosophie ou de sociologie ...

C'est ce qui se passera en France, si les université sont chanceuses, car il est aussi discutable que ces fondations arrivent à récupérer beaucoup d'argent : ce qui est valable dans une culture (les fondations chez les anglo-saxons) l'est beaucoup moins dans une autre ... Et il risque d'être difficile pour les universités en France de récupérer de l'argent, d'autant plus qu'elles se retrouveront alors en compétition avec d'autres organismes caritatifs (resto du coeur, la ligue, etc.), qui ont une bonne expérience du "marché du don", et qui ne vont surement pas apprécier de voir tant de "nouveaux compétiteurs".

alex de Referencement Blog

Bonjour Olivier,

C'est vrai qu'au jeu de la recherche du mécène, certains sont meilleurs que d'autres, Science Po est déja sur les rangs :
http://www.rue89.com/2007/11/08/une-illustration-des-perils-de-la-loi-sur-lautonomie-des-universites

Antoine

Je partage vos réticences vis-à-vis du financement de l'université par des fonds privés. De fait, une des manières d'éviter l'effet pervers de la discrimination par chair des dons est de regrouper au sein de mêmes pôles universitaires et d'interdire aux fondations de recevoir de l'argent destiné à une seule chaire/discipline/labo. Voeux pieux, je sais, mais bon, on peut tojours rêver.
Sur les sciences humaines et sociales qui ne "servent à rien", je sais que cette croyance est répandue dans le monde du privé, seulement, sans sociologues, commen anticiper l'évolution des habitants de tel ou tel quartier, qui a une influence sur le type de bâtiment attendu ? Comment prévoir des usages pour les TIC ?
Enfin, sur le passage de 80 à 40 pôles universitaires, pourquoi pas, à condition que ce regroupement soit accompagné d'un vrai financement massif pour héberger TOUS les étudiants en faisant la demande, ainsi que d'un financement de la vie des étudiants (pension de vie étudiante d'un montant supérieur au RMI). Ceci afin de compenser le fait que de nombreux étudiants seront forcés de déménager / quitter leur domicile familial pour suivre leurs études. Encore un voeu pieux mais tant qu'à promouvoir à longueur de temps le modèle scandinave, autant en prendre un des meilleurs aspects.

Olivier

Guillaume> Vous avez raison de pointer le facteur culturel. Toutes proportions gardées, c'est un peu le synfrôme que l'on vu en France se répandre pour l'installation des pôles de compétitivité. Il s'agissait dans le discours des politiques et des décideurs de "doter la France de pôles semblables aux infrastructures de la SIlicon Valley". C'était oublier que la Silicon valley n'est pas fapîte que d'infrastructures, et que l'innovation ne se "décrète" pas. Les facteurs culturels et sociologiques jouent à plein. Je crains comme vous que l'on ne fasse lla même erreur en voulant à toute force évacuer les facteurs culturels qui font la spécificité des universités françaises.
Par ailleurs, je suis preneur de votre mémoire si vous en disposez sous une forme numérique.
Alex> Oui, le lien de mon billet "sur ce modèle" pointe vers le site de SciencePo dédié à la collecte des fonds privés.
Antoine> Mes voeux pieux accompagnent les votres :-)

rodriguez

Pour info : un exemple qui nous vient d'outre-atlantique, le discours de la nouvelle présidente d'Harvard du 12 octobre dernier à l'adresse loin du discours managerial :)

http://www.gauchealternative.org/spip.php?article539

Guillaume

Olivier> Désolé, je me suis mal exprimé: il ne s'agissait que d'un travail dans le cadre d'un séminaire, et non de l'objet de mon mémoire, qui portait quand à lui sur la création de savoirs dans les communautés des logiciels libres.
Les pôles de compétitivité sont un sujet qui m'intéressent, mais je ne sais pas quel est leur état en France. J'imagine a priori que certains doivent fonctionner (probablement pour des raisons historiques), alors que d'autres non. Avez-vous des références concernant ce sujet ?

Olivier

Rodriguez> Oui, j'en ai déjà parlé plus bas sur ce blog (http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2007/11/le-modle-amrica.html)
Je vous invite d'ailleurs à lire en même temps les commentaires de Jean-Michel Salaun sur cette question.
Guillaume> Pas grave. Pour les pôles de compétitivité il y a un bref article dans le libé d'aujourd'hui (http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/290469.FR.php) qui dit bien le relatif malaise de cette initiative.

Rémy

Et si au contraire, les petites universités arrivait à se démarquer par un plus grand dynamisme, une plus grande créativité retrouvée par une meilleure autonomie. Il est peut être plus simple d'y mettre en place tout ce qu'offre les NTIC aujourd'hui...La créativité peut ensuite attirer du mécénat...Les pôles universitaires sont déjà concurrents entre eux et comme il est écrit, certains sont déjà "subventionnés" par le privé. De plus, le débat sur l'autonomie remonte non à 10 ans mais à 20 ans (1986 "devaquet, si tu savais...")je le sais j'y étais ! : la question est :comment faire progresser l'université aujourd'hui alors que les fonds publics ne suffisent peut être plus et que l'on ne veut pas augmenter les droits d'accession ( ce qui serait alors tomber dans le shéma anglo saxon et la pire des sélections) ?

florence meichel

Assez d'accord aved toi Rémy !

Olivier

Rémy> La question de votre dernier paragraphe est la bonne. Si j'atais un dangereux gauchiste, je serai tenté de vous répondre ... qu'il faut augmenter les fonds publics :-) Ceci étant, des réponses existent (qui ne sont pas celles fournies par gouvernement), comme par exemple jouer sur le taux d'encadrement (nbre d'enseignants / étudiants) et sur le taux d'équipement (enseignant aussi bien en "grande" faculté qu'en "petit" IUT, il est très clair que l'on gagnerait à s'inspirer du modèle des IUT : profs plus "présents", plus "nombreux", plus "impliqués", groupes "classe" plus gérables, équipements informatiques à peu près décents, etc, etc.)
Pour votre premier paragraphe en revanche, et même si l'intention est louable, elle me semble un peu naïve. Avec les nouveaux modes de recrutement des enseignants chercheurs, les petites facs vont se vider, puisque les "grosses" fac pourront significativement mieux payer leurs enseignants-chercheurs. On aura donc bien un système universitaire à deux vitesses. Et l'avantage ne sera - hélas - pas du côté des petites facs :-(

Rémy

Olivier

frednetick

Bien que je n'y soit pas non plus idéologiquement fermé, je retombe sur les même réticences que vous. Ne pourrait-on pas contourner le problème en mettant en place un système de péréquation nationale?

70% des dons restent acquis à la fac bénéificaire du don et 30% récoltés dans un fond national, et attribués selon des méthodes assurant un rééquilibrage au profit de celles qui sont basées sur un territoire moins propice...

hamra

c'est intéressant.

Devaquet au piquet, j'y étais aussi.

1995 j'y étais aussi.

j'ai été confrontée a l'excellence et au devoir d'excellence, cette sacrée comptétivité qui installe la loi du talion et la précarisation de la personne, sa déchéance suivant la logique marchande et la roulette russe.

oK.

au lieu de se lamenter: considérons l'Histoire avec un grand H. aucun sens? ca ne sert a rien?

ok.

1936. Je n'y étais pas. Cela dit ca a donné "le feu" d'henri Barbusse (j'ai pas pas eu le temps, j'ai préféré belle du seigneur de Cohen), ca donné GUernica ca donné pas mal mais bon pour qu'il ait eu 1936 puis le FMI etc puis Maastricht puis ...il a fallu qu'il y ait

1917. La poudriere des Balkans l'assassinat du Tsar Nicholas l'humiliation de la Nation allemande qui avait été formée suivant de le traité de l'éducation d'un FICHTE, que Schopenhauer dénonce....dans le MONDE, répresentation volonté,

il y a Henri Gouhier avec le théatre et l'existence.

il y a la dialectique d'Un sartre et son engagement politique.

il y a l'étranger d'un Camus et le Mythe de sysiphe....

avant avant....il y a un enfant qui essaie de comprendre de voir de concevoir de recevoir de presenter de representer de croire de se battre de vivre et puis il ya un adulte qui dit certains ne mesurent absolument pas ce qu'il disent.

vous commencez en anglais je vous renvoie au traitement en sciences humaines et en sociologie d'un Hamlet.

Je vous renvoie aussi a understanding medias
a l'étude d'un Mc Luhan : Hot and cool. the Pop oracle himself....

quant on émet une critique quelle qu'elle soit il voit avoir un angle de vue qui donne une correcte representation du projet politique du projet social et du dialogue de sourds dans laquelle l'enfant, je dis bien l'enfant évolue. que cela s'appuie sur des comédies de situations ou de langage des malentendus l'horreur "NAcht und Nebel " De resnais etc etc....et sur le théatre de l'absurde ou l'érotisme politique sordide d'un sade...il s'agit juste de prendre l'angle de vue approprié.

marc44


Oui, c'est le modèle universitaire scandinave qu'il faut copier : sélection, gratuité ; des moyens sans luxe.

Désolé de mettre un CV détaillé, c'est juste pour argumenter que c'est du vécu.

PS : les pôles de compétitivité sont intéressants mais parfois noyautés par des grosses boites qui de facto font subventionner leur R&D par l'Etat. Les PC essayent de promouvoir les PME dans les pôles mais les grosses boites jouent des coudes...

Marc

MC HDR
responsable d'équipe de recherche en informatique
Membre de CS
Qui a enseigné en université scandinave
Qui a travaillé en R&D d'entreprise
Qui fait des projets ANR

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Casssconn
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"Mais quiconque affirme qu’il y a de l’argent à faire avec un stock d’ARTICLES SCIENTIFIQUES est soit un idiot, soit un menteur."
Lawrence Lessig. 12 Janvier 2013.
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