Les petits liens du Week-End
Pour (sou)rire :
- Après le maraboutage de site, voici la ch'timisation de sites.
Pour le plaisir :
- Guernica en 3D. (via Rue89)

Pour (sou)rire :
Pour le plaisir :
Dans le magazine "courrier cadres" de ce mois-ci (Mai 2008) un dossier sur la gestion de sa réputation en ligne, avec quelques citations de votre serviteur.
Et les livres ?
Photos prises par une étudiante de l'IUT actuellement en stage à Madrid et envoyées dans un mail se terminant ainsi "De quoi alimenter le débat sur le marché du livre !". Isn't it ?
Dossiers de recrutement, copies à corriger, articles à écrire, séminaires à préparer, bouquins en préparation ... Vous l'aurez remarqué, pas trop le temps de bloguer ... Code rouge comme dirait Éolas.
En attendant vous pouvez toujours faire un tour sur la carte des salons du livre qui bat des records de consultation :-)
Vous vous souvenez de la fracture amicale ? Et bien la voici illustrée :-)
Une spéciale Geek avec ce Mashup de poire :-)
Un peu de calcul mental si tu mens, je te calcule :-(
Et puis promis Valérie, c'est pas moi ;-)
Scotché j'ai été en cette vidéo regardant. De réalité augmentée question il est.
(Via KJB 2.0)
Et comme c'était la semaine du premier avril, voici l'info qui m'a fait le plus marrer, reprise de chez FredCavazza :
Et aussi la thèse sur la porte de frigo comme ancêtre de FlickR.
Comment ça "un petit dernier pour la route ?" Bon d'accord.
Et puis surtout, suurtout, celui-là : toutes mes félicitations au fin limier qui a trouvé la fin de l'internet.
Cette semaine, on saute dans la machine à remonter le temps pour découvrir qu'aux Etats-Unis, en 1962, l'usage des TICs (Technologies de l'information et de la communication) n'était pas un vain mot.
Preuve en image : 


Pour découvrir la légende de ces images d'époque, rendez-vous à la source.
Mercredi 14h57. J'ai reçu ça.
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Bonjour,
Nous avons le plaisir de vous proposer de faire partie
de la nouvelle liste de diffusion privée de L'Express et de
L'Expansion, s'adressant ponctuellement à certains bloggeurs et
journalistes sélectionnés.
Au programme, des contenus envoyés en exclusivité pour vous et votre blog affordance.typepad.com :
- des scoops en exclusivité
- certains éléments du magazine papier en avant première
- les endroits du web où L'Express et L'Expansion prennent la parole et créent l'évènement
Les scoops de L'Express :
Le patrimoine des candidat (sic) à la présidentielle, les tumultes du couple
Cécilia-Nicolas Sarkozy, la première interview de Carla Bruni, Simone
Veil s'indignant de la proposition de Nicolas Sarkozy pour la mémoire
des enfants juifs, Xavier Bertrand reconnaissant son appartenance au
Grand Orient de France, mais aussi des sondages, des interviews
exclusives, des classements…
Les scoops de L'Expansion :
Au
cours de ses quarante années d'existence, L'Expansion a souvent innové
et créé l'actualité économique par la publication de classements
originaux et d'informations exclusives : liste des restaurants les plus
rentables, carte des suppressions d'emplois dans l'industrie
automobile, liste des villes qui vont basculer lors des municipales
etc...
L'Expansion est le premier magazine à avoir mis en place un classement
des patrons les mieux servis en stock-options, révélant ainsi au public
ce système de rémunération et ses excès. Récemment, il a fait
l'actualité en révélant les risques de santé publique liés aux
importations alimentaires chinoises.
La fréquence d'envoi sera maîtrisée, mais dépendra largement de l'actualité.
Si vous souhaitez devenir membre de cette liste de diffusion, merci de nous le faire savoir en répondant "OK" à cet e-mail.
Bien sûr, vous pourrez à chaque envoi décider de ne plus recevoir de mail de notre part.
Christophe Barbier, Directeur de la Rédaction de L'Express
Alain Louyot, Directeur de la Rédaction de L'Expansion
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Pas le temps d'y revenir de manière approfondie (je suis en train de peaufiner mon intervention de demain) mais je remarque juste que :
Bref, pas grand chose de nouveau sous le soleil, si ce n'est qu'une certaine idée de la presse est encore en train de courir après une certaine idée de la blogosphère, et que ce n'est peut-être pas le meilleur moyen de se rejoindre.
<Update> C'est chez Jean-Michel que je trouve le mot qui me manquait pour décrire précisément la logique dont relève cette opération de relation publique : "affermage". Merci Jean-Michel :-) </Update>
... et aimeriez probablement continuer à ignorer comme le rappelle André Gunthert, d'où je tiens mon actuel "enchaînement".
Pour prendre un peu de hauteur, je me risque à une contrefaçon de l'exercice et vous propose "6 choses que vous savez déjà des chaînes sur le net et qu'il est parfois bon de rappeler" :
Et comme le veut la tradition, les enchaînés suivant sont : Pierre Bourdieu, Karl Marx, Carla Bruni, Alain Madelin, Eric Charden et le clown Pipo.
"Ne pas ..." sinon le méchant (rayez la mention inutile) :
Et pendant ses heures creuses, le Secrétariat Général à la Défense Nationale (SGDN) a lancé un grand concours :
Bon je suis narquois comme c'est le week-end, mais globalement, leur portail de la sécurité informatique contient aussi quelques infos intéressantes.
Pour continuer avec notre série engagée il y a peu du "petit lien du week-end", c'est cette fois Régis Debray qui s'y colle avec cet excellent canular paru dans l'édition du Monde du 6 Mars et intitulé : "Dépoussiérer les livres".
Tous les ingrédients du parfait canular y sont réunis : sérieux du ton, rigueur de l'exposé, et surtout, suuuurtout, crédibilité de la thèse présentée. Un cas d'école donc.
J'en reprends juste pour la bonne bouche les points les plus saillants :
Du pur bonheur. Et un court canular qui alerte autant sur le sujet qu'une thèse académique de 400 pages. Le danger que pointe Debray est bien celui d'un pragmatisme décomplexé à courte vue, celui d'une politique culturelle littéralement aveugle, c'est à dire sans aucune "vision" à part peut-être celle, en ligne de mire, de la collecte de subsides qui lui permettront d'asseoir et de reconduire ce "manque" politique. Ou comment vendre une "politique de civilisation", en appliquant une politique du chiffre et de la statistique : les "chiffres" du nombre d'étrangers reconduits à la frontière, les "chiffres" du nombre de chômeurs en moins, les "chiffres" du nombre d'entrées d'un film, les "chiffres" de fréquentation des musées. Les chiffres. L'alpha et l'oméga d'un électroencéphalogramme politique dont la ligne varie à l'unisson de celui des marchés. Ceci n'est pas une politique.
Hubert Guillaud, François Bon, Jacques Attali, ainsi que moi-même et quelques autres avons été interviewés par des étudiants (du Mastère Médias ESCP-EAP) sur / autour de la question du livre et de l'édition ... en 2028. Le résultat est lisible ici. Les interviews sont très courtes, ce qui permet d'aller à l'essentiel ... ou de l'éviter ;-)
Sur le même blog (Médias 2028), plein d'autres interviews (courtes également) de plein d'autres personnes et personnalités sur la question des médias dans 20 ans (avec quelques moments d'anthologie). Du bon boulot sous la houlette de Joël Ronez, ex consultant premium-top-of-the-world, et tout nouveau tout bô responsable du pôle web d'Arte France, <private joke>ce qui va enfin lui permettre de revoir en boucle cette séance culte des évadés de l'altiplano.</private joke>
A vous de choisir :-)
(Via l'Egoblog, pas pu résister non plus ... désolé ... la fatigue et le soulagement en sont la cause ... et pour ceux qui seraient aveugles, sourds et habitant la proche banlieue de Mars - ou en Vendée -, l'origine de l'histoire est là)
La récente baisse d'activité d'Affordance n'était pas due aux vacances mais bien à un tout autre travail. Celui de l'écriture d'un livre sur les blogs et la recherche d'information, ouvrage qui m'avait été commandé il y déjà longtemps longtemps longtemps ... par l'ADBS pour sa collection "L'essentiel sur ...". Je m'étais, il y a donc longtemps de cela, déjà très largement acquitté de ce travail d'écriture particulier, quand tout à coup, ce fut le drame. Tout perdu, rien retrouvé. Snif et re-snif. Il a fallu toute la tenacité et la force de persuasion de Jean-Michel Rauzier pour me contraindre (gentiment) à me remettre à la tâche. Ce temps de répit procuré par d'hivernales vacances vient de me permettre de mettre un point final à l'ouvrage. Ce n'est que la deuxième fois de ma courte carrière que je termine un ouvrage (le premier fut celui qui me permit précisément de faire carrière), mais c'est peu dire que le soulagement le dispute à la douce euphorie ...
Bref, contrat rempli pour l'instant. La commande était la suivante :
Je vais donc désormais faire les 1700 choses en retard auxquelles je m'étais interdit de toucher avant d'avoir mis ledit point final à cet ouvrage (parmi lesquelles : répondre aux 250 mails de mes étudiants et collègues sur des sujets allant de "l'importance cruciale" à la "écoute un peu ça tu va bien te marrer", couper des arbres dans le jardin, organiser un colloque sur l'industrie de la recommandation - hubert, françois, isabelle, michel, vous ne m'avez pas oublié hein ? -, remonter des playmobils "comme sur le modèle de la boîte" et autres essentielles futilités).
Il aura fallu pour la réalisation de cet ouvrage :
Le produit fini vient d'être remis au commanditaire avec une proposition de titre qui est la suivante :
L'avenir dira s'il sera jugé pertinent ou non. Si le coeur vous en dit vous pouvez aussi vous lancer spontanément dans un grand concours de suggestion de titres, c'est très UGC (User Generated Content, à moins qu'il ne s'agisse d'une Usine à Gogos Corvéables).
Bref, je vous tiens au courant des prochaines aventures éditoriales de "Lost in the blogosphère" pour que vous puissiez tous en temps utile vous ruer dans les bacs de vos libraires :-)
Allez petit cadeau, avant même l'imprimatur, les toutes premières lignes du bouzin :
Beau comme l'antique non ;-) ?
L'occasion de relire ce brillant article ;-)
J'en profite d'ailleurs pour reproduire ici une réaction à l'article déposée sur le forum d'Écrans (j'ai gommé les passages par trop flatteurs pour mon ego déjà surdimensionné et mis en gras les points qui me semblent intéressants pour poursuivre le débat)
Ci-dessous les nouveaux programmes et instructions officielles de l'éducation nationale :
Ce type là a le surmoi d'une grenouille (de bénitier). Ca commence vraiment à se voir, et ça commence vraiment à être pénible.
Allez, le "petit-lien-qui-fait-du-bien" du vendredi. L'histoire se passe cette fois dans le très sérieux et très renommé CERN à Genève. Un endroit sympa dans lequel on a (notamment) inventé le world wide web et bâti de monstrueux engins à faire s'entrechoquer les particules. Mais dans la bonne humeur. Parce qu'au CERN, et ce dès 1992, une groupe de filles, voisines de bureau de Tim berners Lee, entre deux chocs de protons et trois équations de physique des hautes énergies, 4 filles créaient le groupe de rock "Les Horribles Cernettes" (les initiales LHC n'étant pas sans rappeler l'engin susmentionné et dénommé Large Hadron Collider).
Et ben si. La preuve en image.
(cliquez pour agrandir)
Le site web des Cernettes est toujours actif, celles-ci ayant apparemment connu un revival en 2007. En attendant leur tournée d'été, ne manquez donc sous aucun prétexte les clips d'anthologie des tubes "Surfing on the web" ou "Collider". On sent bien qu'il y a quelques doctorants du CERN qui ont du se régaler à réaliser lesdits clips sur les heures attribuées à leur contrat-recherche, et après avoir longuement testé les effets du Large Hadron Collider sur les molécules du tétrahydrocannabinol. Musicalement, musicalement ... comment dire ... c'est un étrange mélange entre la soul attitude de Corinne Charby et le rock agressif et dénonciateur des Calamités. Sacré déconneurs chercheurs :-)
(Via BienBienBien qui rien que pour cette trouvaille est vraiment le meilleur blog actuel)
Il serait vraiment dommage que vous ratiez le grand concours de TALC (Taxe à la con) lancé à la suite du BALCMPTQC (billet à la con mais pas tant que ça) de Joel Ronez.
Bon ouikendeu.
Si comme moi vous aimez les vieux Walt-Disney, et si comme moi vous êtes fans du nombre d'or et autres principes mathématiques du même genre, alors vous adorerez le dessin animé "Donald in mathmagic land" (part1 et part2)
Et puis un deuxième cadeau comme c'est le week-end : LE site pour enfants. Pour cela il faut réunir plusieurs conditions :
Bon week-end.
Un collectif RESF (réseau éducation sans frontières) Vendée (j'y habite) vient de se créer. Toutes ses coordonnées sont là. Ici comme ailleurs ce ne sont malheureusement pas les dossiers qui manquent. En Vendée comme ailleurs : le même arbitraire, le même cynisme, la même course aux résultats. Les mêmes victimes. Pendant ce temps, dans une irréelle étrangeté monomaniaque, le président de la république catholique française continue de parcourir le monde en parlant de morale chrétienne, de valeurs, et de dieu.
Alors allons-y : "Vous aimerez l'étranger qui vit parmi nous". Deutéronome 10.19.
C'est vrai que quand on aime la France, on la quitte.
"Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance."
DCD (Droite Chrétienne Décomplexée). Je ne vais même pas me risquer à commenter ...
<Update du lendemain> Ouf ... nous ne sommes pas seuls ...
</Update>
<Update du surlendemain>
La ligue des droits de l'homme s'en trouva émue et se fendit d'un communiqué (signalé en commentaire de ce billet) dont je reproduis ici un extrait :
(Via Chiwalou)
C'est la triste chronique d'une indignation qui a, en ce moment, une fâcheuse tendance à devenir tristement quotidienne.
Et dans un autre genre, le ciseau d'or de la censure est attribué à Jean-Robert Pitte, président de l'université Paris 4, grand défenseur de la loi LRU, qui n'a rien trouvé de mieux que de couper le courant pour empêcher la diffusion du film "Universités, le grand soir".
Nous vivons une époque formidable.
A part ça ma suggestion d'une démission collective de tous les membres de commission de spécialistes commence à faire son chemin. Elle sera notamment débattue dans diverses AG ce week-end à Paris (eeeeeeeeet oui, n'en déplaise à Jean-Pierre Pernaud, des AG continuent de se tenir dans les universités, rassemblant nombre d'enseignans-chercheurs, mais rassure-toi Jean-Pierre, elles se tiennent le week-end pour ne pas prendre les étudiants-usagers en otage).
Il y a des jours, où, pour le croire, il faut avoir la télé.
Bon ben voilà, c'est fait. C'était donc mardi soir qu'une quinzaine de bloggueurs se sont rendus à l'invitation de Valérie Pécresse.
A lire leurs différents compte-rendus on apprend pêle-mêle que les sujets abordés furent très, mais alors très très larges :
La palme du compte-rendu le plus complet est attribuée à Eric Dupin. Celle du compte-rendu le plus pertinent est attribuée à Sébastien Billard. Celle du compte-rendu le moins journalistique pour l'unique détenteur d'une carte de presse est attribuée à Gilles Klein (tâcle amical cher Gilles, mais quand on est journaliste et au coeur de l'événement, faut essayer d'i-n-f-o-r-m-e-r les lecteurs, et à ce titre nous indiquer "qu'il n'y avait pas de fromage" mais que vous avez "grignoté un bout de fromage en rentrant" ne me semble pas particulièrement pertinent, pas davantage d'ailleurs que de tenter d'enduire d'erreur vos lecteurs en me réduisant à un enseignant gréviste contre la LRU, ce qui n'était vraiment pas la motivation de mon refus, ce que vous auriez pu facilement découvrir si vous aviez fait votre boulot de journaliste, puisque je m'en suis longuement expliqué chez un autre - journaliste, mais c'est vrai qu'avec tous ces bloggueurs qui bossent mieux que les journalistes, y'a plus vraiment besoin de journalistes, hein ?)
Pour les autres, vous irez vous faire votre propre avis là, là, là, et encore là.
Je maintiens qu'il est dommage de s'en tenir à un panel hétéroclite. Ce n'est d'ailleurs probablement pas le fruit du hasard si parmi les points communs de l'ensemble des compte-rendus on trouve le suivant : "il faudrait des rencontres avec des thématiques plus ciblées avec de vrais spécialistes dans chacunes des questions." Ce qui ne remet pas en cause les qualités individuelles des convives, mais qui laisse effectivement en suspens la question : "sur ces sujets pourquoi eux plutôt que 35 autres millions de français qui ont aussi un avis là-dessus ?", et surtout "pourquoi eux et pas des chercheurs, des spécialistes "reconnus" et non simplement "connus", des collectifs comme la FING, des associations comme le forum des droits de l'internet, des journalistes, des avocats, etc ... ?)
S'il suffit d'avoir une opinion sur un sujet pour se retrouver à dîner chez un ministre, lesdits ministères vont devoir sous-traiter leurs repas aux restos du coeur, et va falloir songer à agrandir l'assemblée nationale pour pouvoir y caser tout le monde ... Je maintiens donc que la confusion entre autorité et notoriété est ministériellement validée. Et que c'est bien dommage. Et que cela re-re-re-repose la question de savoir ce qu'est un amateur, un amateur éclairé, un spécialiste, un expert, un auteur (mais Evelyne Broudoux n'était pas invitée) ... et surtout de décider de la légitimité politique de chacun d'entre eux (ce qui n'a - subtile mais ô combien importante nuance - rien à voir avec la légitimité de chacun dans le débat politique, cette dernière étant un principe - théoriquement - fondateur de notre démocratie.) Plus dommageable encore que la confusion entre notoriété et autorité, ce que donne à voir ce dîner chez la ministre, c'est l'escamotage complet de la notion de représentativité. Or seule l'autorité peut et doit - dans certaines conditions - se dispenser de toute notion de représentativité. Mais donner le sentiment que la notoriété "hériterait" d'une valeur de représentativité me semble la pire des directions à prendre dans la sphère politique. Sauf, naturellement, à ne savoir / vouloir / pouvoir faire que de la politique "spectacle". Autorité, notoriété, et représentativité : une bien belle triangulation du désir politique.
Eric Dupin conclue joliment - mais assez ingénument - son billet (je grasseye) : "On peut imaginer que notre dîner d'hier soir n'était qu'une petite partie d'un magma qui va constituer la base de réflexion et d'action d'un ministère pour les mois à venir. Comme une sorte de longue traîne de la politique." On peut aussi imaginer que si ledit modèle politique qu'on nous propose est l'équivalent du modèle économique de la longue traîne, ça va pas tarder à être un beau bordel :-(
Suite à l'appel d'un certain nombre de fédération syndicales, et pour lutter contre la mise en place de la loi LRU, ainsi que pour toutes les autres raisons listées notamment dans ce billet, je serai donc en grève demain, Jeudi 6 Novembre. Mais une grève active, car je reste convaincu qu'après la longue liste des cortèges qui se sont succédés ces derniers temps, on ne réussira pas à mobiliser sous ce mode d'action là suffisamment d'enseignants chercheurs.
Je me déclarerai donc gréviste (= je ne serai pas payé), mais je serai présent en cours, avec mes étudiants. Mon cours de recherche documentaire consistera à réaliser une bibliographie et une revue de presse sur la loi LRU. Grève active donc.
Je crois que nous avons besoin d'inventer de nouveaux moyens d'actions, qui ne pénaliseront que les responsables politiques, sans se retourner contre les étudiants ou d'autres catégories de personnel. Voilà pourquoi les modalités décrites dans mon billet et dans le texte d'Igor Babou sur le site de Sauvons la Recherche (voir aussi les réactions) devraient être étudiées de près.
Et pourquoi je vous raconte tout ça ? Et bien parce que j'ai beau chercher dans les médias papier, télé, et radio, je n'entends guère qu'un lancinant discours dominant façon "tout va bien, les conflits sociaux sont terminés, c'est bientôt noêl, ne pensez plus conflits, pensez confits". Et que ça devient pénible, péniiiiible ... Et vu que ce blog est lu dans les hautes sphères, sachez donc tout là haut, qu'ici, tout en bas, le mécontentement gronde, gronde, gronde ...
<Update>Pour ceux qui manquent d'inspiration, ne manquez pas le kit du petit gréviste illustré :-) </Update>
(P.S. : mes excuses aux lecteurs qui pourraient trouver que ces derniers temps Affordance à sérieusement tendance à sortir de sa ligne éditoriale habituelle. J'en suis conscient, mais je suis aussi conscient que maintenant peut être plus qu'hier, il est important de faire entendre certaines voix, et de se faire l'écho de certaines inquiétudes. Par ailleurs, comme disait l'autre, "je suis moi-même la matière de mon blog" :-)
La formation des bibliothécaires me tient à coeur parce que j'enseigne principalement dans un IUT "métiers du livre" dans lequel bon nombre d'étudiants se destinent à l'exercice de ce métier, et parce que ce métier me semble être un point essentiel pour garantir à tous le meilleur accès possible à la culture, à la connaissance, et à la société de l'information. Parce qu'enfin j'ai souvent eu l'occasion de former des bibliothécaires dans le cadre de l'URFIST, ou de la préparation aux concours.
Et parce que si ladite formation souffre de nombre d'insuffisances et nécessite de grands ajustements pour faire face aux réalités technologiques actuelles, la politique de l'actuel gouvernement témoigne (une nouvelle fois ?) au mieux d'une politique à courte vue et au pire d'un réel mépris pour ces métiers là. Je reproduis ci-dessous le communiqué conjoint de l'ABF (Association des bibliothécaires de France), de l'ADBDP (Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt) et de l'ADBGV (Association des directeurs des bibliothèques municipales et intercommunales des grandes villes de France).
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Cinq jours pour former un bibliothécaire, qui dit mieux ?
Des projets de décrets relatifs à la fonction publique territoriale prévoient la réduction de la formation obligatoire avant titularisation à 5 jours. Une « formation de professionnalisation lors de la première prie d¹un premier emploi » est bien prévue, mais elle est réduite à une fourchette de 5 à 10 jours en catégorie A et B et 3 à 10 jours en catégorie C. Quant à la formation continue de 2 à 10 jours par tranche de 5 ans, elle relève de l¹actualisation des connaissances, non de la formation initiale.
De telles mesures ne sont envisageables que si les diplômes requis ou la réussite aux épreuves du concours permettent effectivement de garantir que l'agent susceptible d'être recruté dispose des acquis fondamentaux indispensables à l'exercice de ces fonctions.
Or la filière culturelle a la particularité de disposer de deux niveaux accessibles après des concours généralistes (les assistants de conservation en catégorie B, les bibliothécaires et les attachés de conservation en catégorie A) tandis que deux autres garantissent une formation professionnelle avant recrutement : les assistants qualifiés de conservation de catégorie B (concours externe réservé aux titulaires d'un diplôme technico-professionnel bac+2), les conservateurs (formés pendant 18 mois
après réussite au concours).
Les mesures prévues vont donc aboutir à une filière culturelle totalement incohérente, avec une disparition des acquis professionnels dans les deux cadres d'emplois les plus nombreux des catégories A et B.
Il est aisé de comprendre qu'on ne saurait former un agent de catégorie A ou B de bibliothèques en cinq jours, et demander aux premiers d'encadrer des agents qui eux ont été solidement formés.
La réduction de la formation post-recrutement, qui pèse souvent exagérément sur le fonctionnement des services, n'est réalisable que si les concours généralistes sont remplacés par des concours sur titre.
On ne se forme pas aux fonctions de bibliothécaire, de catégorie A ou B, en quelques jours. Et ceux qui se sont engagés dans des cursus universitaires pour se préparer à ce métier attendent des concours permettant de reconnaître leurs acquis."
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On a bien inventé la "guerre propre", peut-il exister une "grève propre" ?
L'université de nantes (qui m'emploie) est actuellement à la pointe de l'actualité. Après avoir été l'une des toutes premières en France à signer des deux mains la loi Pêcheresse et à la mettre en application (sur la base d'un argumentaire à mon sens très spécieux : "La loi sera mise en place un jour ou l'autre dans toutes les université, alors autant le faire tout de suite, et on en parlera après"), elle est également l'une des premières à s'agiter dans le cadre des actuels mouvements étudiants, et elle est parmi les deux premières en France à envoyer les CRS déloger des étudiants "occupant les locaux". J'ignore si l'envoi de CRS est pris en charge dans les critères des classements internationaux, mais si tel est le cas, alors on va gagner quelques places ...
Voilà les faits : "Une Assemblée générale comptant 650 étudiants s’est tenue hier matin en droit. Par vote à main levée elle a refusé le blocus de toute l’université et adopté le principe de la grève et du blocus des
bâtiments Tertre et Censive. Par la suite, une seconde assemblée d’environ 250 personnes s’est tenue dans l’après-midi en Lettres et a décidé d’une occupation nocturne des bâtiments Tertre et Censive (ceux-l- mêmes soumis au blocus)."
Et dans la soirée, le président a ordonné une évacuation des occupants par les CRS, tout en indiquant avoir pris "l’assurance auprès de la préfecture d’une intervention dans le calme et le respect des personnes. (sic)" Je n'y étais pas. J'ignore donc comment cela s'est passé. Mais j'ai, comme tous les personnels de l'université reçu ce matin un mail du président dans lequel il relate les faits mentionnés ci-dessus, et précise que lors des dernières grèves, des dégradations avaient eu lieu pour un montant de 130 000 euros. D'où la charge des CRS pour éviter que cela ne se reproduise. Et dans le même mail de rappeler que l'université appelle l'ensemble des personnels à "maintenir le dialogue avec les étudiants", que l'université s'engage à mettre des locaux à disposition des grévistes et occupants "afin qu’une expression démocratique puisse s’exprimer à l’Université de Nantes pendant les heures d’ouverture des locaux."
Alors soyons clair, je ne tiens pas à faire oeuvre de démagogie ou de gauchisme primaire. Je condamne donc fermement toute dégradation de l'outil de travail. Et j'ai pleinement conscience que la position du président au regard des risques d'une occupation nocturne est délicate. Mais. Mais :
Pour mémoire : lors des mouvements étudiants anti-cpe de l'année dernière, les locaux de l'IUT de la Roche sur Yon (dans lequel je passe le plus clair de mon temps) avait également été occupés de manière nocturne. Il avait à l'époque été décidé que des enseignants et des personnels se rendraient aux côtés des étudiants-occupants-nocturnes, non pas pour les fliquer, non pas pour les empêcher de dégrader, mais "pour maintenir le dialogue". Le résultat fut sans appel : aucune dégradation ne fût commise et l'on ne vit pas l'ombre d'un CRS respectueux des personnes. A méditer ?
<Update> Une carte FrappR pour suivre en temps réel le mouvement national, un "wall" sur Facebook pour échanger, et un topic (forum) toujours sur Facebook pour échanger encore, le tout à l'initiative de Manuel Canevet, ex-directeur de cabinet de l'ancien président de l'université de Nantes, et actuellement en poste à l'AEF.</Update>
<Update>La réaction de Manuel Canevet sur son blog, confirmant mes impressions, et rappelant que même pendant le CPE ...</Update>
Dans la série des vidéos virales et viralement polémiques, l'une des dernières en date est celle de l'intervention d'Alain Finkielkraut lors de l'émission Ripostes, intervention visionnable ici, et dans laquelle il est question de "débrancher l'école". Et la blogosphère dans son panurgisme le plus pénible de crier à l'unisson (ou presque), "vilain méchant honni soit Finkielkraut", et de dresser déjà les bûchers d'inquisition sur les cendres encore tièdes des dernières polémiques du bonhomme, qui ne saurait d'ailleurs en la matière être suspecté d'avarice ... Et bien, une fois n'est pas coutume, j'avoue être entièrement d'accord avec Alain Finkelkraut (mais juste pour l'extrait en question hein ? n'allez pas me faire dire ce que je n'ai pas dit). Avec une nuance (importante) tout de même : je ne croie pas du tout que l'introduction massive d'internet à l'école soit la cause de quoi que ce soit, et certainement pas des symptômes ni du constat dressé par le même Finkelkraut dans son dernier opus "La querelle de l'école" (constat avec lequel je ne suis en revanche pas du tout d'accord, pas plus que sur les moyens d'y remédier, mais c'est un autre débat). Cette introduction massive (d'internet et d'ordinateurs) n'a selon moi causé aucun problème, pas plus qu'elle n'en a aggravé d'autres, en revanche, et c'est bien là mon (seul) point d'accord avec Finkelkraut, elle ne permettra certainement pas d'en solutionner le quart du commencement d'un (problème). Alors bien sûr, tout cela mérite d'être nuancé. Je crois par exemple qu'à partir de la seconde, il n'est naturellement pas aberrant de commencer à permettre aux élèves de faire la différence entre un aspirateur et un ordinateur :-) Mais, hormis les quelques exceptions qui existeront toujours, la mise en place, dès la maternelle, d'une approche, même ludique, de l'ordinateur (et d'internet, oui je sais ce n'est pas la même chose mais j'entretiens volontairement la confusion étant donné que la même confusion se perpétue dans l'approche de l'outil et du média telle qu'elle est généralement délivrée et mise en place dans les écoles et les collèges), la-mise-en-place-dès-la-maternelle-d'une-approche-même-ludique-de-l'ordinateur, disais-je, me paraît donc juste hors de propos, et essentiellement inutile.
De la même manière, et pour les mêmes raisons de fond, je suis également d'accord avec Jean-Michel Salaün - mais cela m'arrive plus fréquemment qu'avec le précédent, et en plus c'est moins risqué - pour temporiser le déboulement massif du wifi dans les amphis. La raison (comme l'explique Jean-Michel) est le maintien d'une forme de captation de l'attention, captation rendue de plus en plus délicate l'arrivée dudit wifi dans lesdits amphis (que celui qui n'a jamais fait cours devant 50 étudiants et 50 capots - d'ordinateurs - ouverts, ose ici me dire le contraire).
Voilà c'était ma minute "rétrograde 2.0" ;-)
Vous pouvez troller.
J'ai été il y a quelques temps de cela interviewé par Coralie Hancok, pour le magazine science et vie. Le résultat est à lire dans le numéro de Novembre en vente actuellement.
Merci à Coralie pour avoir réussi à extraire en une page la substantifique moëlle d'une bonne heure d'entretien téléphonique.J'ai même eu droit à la visite d'un photographe et à une séance de "shooting" d'une demi-heure en plein soleil, pour que tout un chacun puisse profiter d'un gros plan sur mes lunettes et mes sourcils broussailleux :-(
Sinon, vous avez aussi un test bien fichu qui vous permettra d'évaluer votre niveau de connaissance de ces chers moteurs.
Aujourd'hui bien sûr, on va beaucoup parler des régimes spéciaux. Et du coup, on va peut être moins parler du PLFSS : "Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale". C'est un peu compliqué, mais cela peut-être résumé ainsi :
