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Les petits liens du Week-End

Pour (sou)rire :

Pour le plaisir :

Revue de presse

Dans le magazine "courrier cadres" de ce mois-ci (Mai 2008) un dossier sur la gestion de sa réputation en ligne, avec quelques citations de votre serviteur.

La musique se vend comme du savon à barbe ...

Et les livres ?

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Photos prises par une étudiante de l'IUT actuellement en stage à Madrid et envoyées dans un mail se terminant ainsi "De quoi alimenter le débat sur le marché du livre !". Isn't it ?

(à suivre ...)

 

Voici le mois de Mai ...

Dossiers de recrutement, copies à corriger, articles à écrire, séminaires à préparer, bouquins en préparation ... Vous l'aurez remarqué, pas trop le temps de bloguer ... Code rouge comme dirait Éolas.
En attendant vous pouvez toujours faire un tour sur la carte des salons du livre qui bat des records de consultation :-)

Le petit lien du Week-end

Vous vous souvenez de la fracture amicale ? Et bien la voici illustrée :-)

Les petits liens du Week-End

Une spéciale Geek avec ce Mashup de poire :-)

Un peu de calcul mental si tu mens, je te calcule :-(

Et puis promis Valérie, c'est pas moi ;-)

Le(s) petit(s) lien(s) du Week-End

Scotché j'ai été en cette vidéo regardant. De réalité augmentée question il est.
(Via KJB 2.0)

Et comme c'était la semaine du premier avril, voici l'info qui m'a fait le plus marrer, reprise de chez FredCavazza :

  • "Nicolas Sarkozy lance son Lifecast. A l’instar de Justin.TV, notre président a décidé de rajeunir son image et de se rapprocher des français en se filmant 24H/24. Son lifecast est disponible à l’adresse suivante : www.tf1.fr."

Et aussi la thèse sur la porte de frigo comme ancêtre de FlickR.

Comment ça "un petit dernier pour la route ?" Bon d'accord.

Et puis surtout, suurtout, celui-là : toutes mes félicitations au fin limier qui a trouvé la fin de l'internet.

Le petit lien du Week-End

Cette semaine, on saute dans la machine à remonter le temps pour découvrir qu'aux Etats-Unis, en 1962, l'usage des TICs (Technologies de l'information et de la communication) n'était pas un vain mot.
Preuve en image :
Tic1Tic3Tic2
Pour découvrir la légende de ces images d'époque, rendez-vous à la source.

Buzzosphère

Mercredi 14h57. J'ai reçu ça.
=====================
Bonjour,
Nous avons le plaisir de vous proposer de faire partie de la nouvelle liste de diffusion privée de L'Express et de L'Expansion, s'adressant ponctuellement à certains bloggeurs et journalistes sélectionnés.
Au programme, des contenus envoyés en exclusivité pour vous et votre blog affordance.typepad.com :
- des scoops en exclusivité
- certains éléments du magazine papier en avant première
- les endroits du web où L'Express et L'Expansion prennent la parole et créent l'évènement

Les scoops de L'Express :
Le patrimoine des candidat (
sic) à la présidentielle, les tumultes du couple Cécilia-Nicolas Sarkozy, la première interview de Carla Bruni, Simone Veil s'indignant de la proposition de Nicolas Sarkozy pour la mémoire des enfants juifs, Xavier Bertrand reconnaissant son appartenance au Grand Orient de France, mais aussi des sondages, des interviews exclusives, des classements…

Les scoops de L'Expansion :
Au cours de ses quarante années d'existence, L'Expansion a souvent innové et créé l'actualité économique par la publication de classements originaux et d'informations exclusives : liste des restaurants les plus rentables, carte des suppressions d'emplois dans l'industrie automobile, liste des villes qui vont basculer lors des municipales etc...
L'Expansion est le premier magazine à avoir mis en place un classement des patrons les mieux servis en stock-options, révélant ainsi au public ce système de rémunération et ses excès. Récemment, il a fait l'actualité en révélant les risques de santé publique liés aux importations alimentaires chinoises.

La fréquence d'envoi sera maîtrisée, mais dépendra largement de l'actualité.
Si vous souhaitez devenir membre de cette liste de diffusion, merci de nous le faire savoir en répondant "OK" à cet e-mail.
Bien sûr, vous pourrez à chaque envoi décider de ne plus recevoir de mail de notre part.

Christophe Barbier, Directeur de la Rédaction de L'Express
Alain Louyot, Directeur de la Rédaction de L'Expansion

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Pas le temps d'y revenir de manière approfondie (je suis en train de peaufiner mon intervention de demain) mais je remarque juste que :

  • cette nouvelle opération de relation-presse/relation publique à destination de la blogosphère est - en ce qui me concerne - assez mal ciblée.
  • l'idée de la blogosphère comme chambre d'écho destinée in fine à ramener de l'audience vers les sites de presse "classiques" a de beaux jours devant elle ... mais cette idée est à mon sens réductrice. Des modèles éditoriaux hybrides sont bien plus intéressants.
  • il y a un message subliminal caché dans ce mail : c'est l'occurrence du mot "classement" (trois fois présent) :  le même courriel a d'ailleurs très certainement été envoyé sur la base d'un autre classement. "Classement mon beau classement, dis-moi si je suis le premier". Faudrait tout de même voir à pas trop prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages, et accessoirement les bloggueurs pour de méchantes reines (la presse se réservant le rôle de Blanche-neige ?)
  • qu'à lire le type d'infos exclusives que l'on me propose pour que je m'en fasse l'écho, Christophe Barbier et Alain Louyot ne doivent pas trop lire Affordance, la franc-maçonnerie du camarade Bertrand et les frasques soixante-huitardes du petit Nicolas n'entrant pas véritablement dans ma ligne éditoriale ...
  • que par ailleurs sur ce type de "scoops", la blogosphère a souvent une longueur d'avance sur la presse classique, et que c'est peut-être bien là le problème (pour la presse classique)

Bref, pas grand chose de nouveau sous le soleil, si ce n'est qu'une certaine idée de la presse est encore en train de courir après une certaine idée de la blogosphère, et que ce n'est peut-être pas le meilleur moyen de se rejoindre.

<Update> C'est chez Jean-Michel que je trouve le mot qui me manquait pour décrire précisément la logique dont relève cette opération de relation publique : "affermage". Merci Jean-Michel :-) </Update>

La chaîne des 6 choses que vous ne savez pas de moi ...

... et aimeriez probablement continuer à ignorer comme le rappelle André Gunthert, d'où je tiens mon actuel "enchaînement".
Pour prendre un peu de hauteur, je me risque à une contrefaçon de l'exercice et vous propose "6 choses que vous savez déjà des chaînes sur le net et qu'il est parfois bon de rappeler" :

  1. plus le contenu de la chaîne est insignifiant, et plus sa contagion virale est assurée.
  2. plus des gens sérieux (autorité / notoriété) relaient la chaîne, et plus sa viralité est assurée.
  3. la plupart des gens aiment à répéter qu'ils n'aiment pas les chaînes, mais se font un plaisir d'y répondre (parfois sous couvert de mieux les dénoncer).
  4. les bloggueurs qui répondent aux chaînes sont le plus souvent des bloggueurs compulsifs (ou réguliers) qui tout en se plaignant du manque de temps pour publier sur des choses essentielles, ne rateront pas l'occasion de perdre un peu de ce (précieux) temps pour s'inscrire de manière - si possible - spirituelle dans ladite chaîne.
  5. il y a souvent un intention implicite cachée derrière le nom des destinataires désignés de la chaîne. Cela peut aller de la simple connivence entre pairs/amis/relations (une sorte de "poke" à la facebook), à l'aveu d'une admiration transie (s'il relaie ma chaîne c'est qu'il me lit, et s'il me lit, waouwaou).
  6. le succès des chaînes s'explique en  partie (essentiellement ?) par notre narcissisme naturel, qui fait que nous ne nous sommes jamais vraiment remis de n'avoir pas été conviés à répondre au questionnaire de Pivot, et que nous sommes très heureux de devenir le centre d'une chaîne d'attention très warholienne (les fameuses 20 minutes de célébrité dans sa vie) dont nous n'occupons d'habitude qu'une confortable mais frustrante périphérie.
  7. <Update de 15 minutes plus tard>Les chaînes constituent un formidable appeau à commentaires. Chacun, connu ou inconnu de l'auteur, et habituellement silencieux, prend plaisir à venir commenter les petites lubies / manies ainsi dévoilées sur le ton de la badinerie. C'est peut-être aussi pour cela que les auteurs de blog aiment à s'adonner à ces liaisons sans danger. </Update>

Et comme le veut la tradition, les  enchaînés suivant sont : Pierre Bourdieu, Karl  Marx, Carla Bruni, Alain Madelin, Eric Charden et le clown Pipo.

Charte familiale d'utilisation d'internet

"Ne pas ..." sinon le méchant (rayez la mention inutile) :

Et pendant ses heures creuses, le Secrétariat Général à la Défense Nationale (SGDN) a lancé un grand concours :

  • "Trouve une famille qui a VRAIMENT affichée (et remplie) la charte familiale d'utilisation d'internet à côté de l'ordinateur familial, et envoie-nous une photo." Un poster dédicacé de Denis Olivennes en train de télécharger légalement le dernier Radiohead pour zéro euros aux 10 premiers gagnants.

Bon je suis narquois comme c'est le week-end, mais globalement, leur portail de la sécurité informatique contient aussi quelques infos intéressantes.

Le petit lien du week-end

Pour continuer avec notre série engagée il y a peu du "petit lien du week-end", c'est cette fois Régis Debray qui s'y colle avec cet excellent canular paru dans l'édition du Monde du 6 Mars et intitulé : "Dépoussiérer les livres".
Tous les ingrédients du parfait canular y sont réunis : sérieux du ton, rigueur de l'exposé, et surtout, suuuurtout, crédibilité de la thèse présentée. Un cas d'école donc.
J'en reprends juste pour la bonne bouche les points les plus saillants :

  • "1. Fin du dépôt légal. (...) Qu'une ordonnance de François Ier (1537) fasse encore loi à l'ère du numérique confine au grotesque. Feront désormais l'objet d'un dépôt obligatoire les seuls ouvrages qui répondent à une demande réelle du consommateur : la liste des meilleures ventes hebdomadaires de L'Express fera foi. (...)"
  • "4. Abrogation du prix imposé.  (...) la loi Lang, typiquement corporatiste et n'hésitons pas à le dire d'inspiration soviétique, punit en fait le consommateur pour complaire à une profession protégée. Prix unique, parti unique, pensée unique (...)"
  • "5. L'affaire Google. (...) Il est clair qu'un vague consortium d'établissements publics européens n'aura pas les moyens financiers de rivaliser avec le pionnier d'outre-Atlantique. Pourquoi ce dernier nous voudrait-il du mal ? L'Occident ne doit pas disperser ses forces, qu'il s'agisse de la lecture sur écran comme de la chasse au taliban. Il est temps de rallier le Google Book Search en même temps que les commandements intégrés de l'OTAN." (rappelons pour mémoire qu'on lui demande déjà plein de conseils ...)
  • "6. Mécénat d'entreprise. (...) Plus d'une serait logiquement intéressée à attacher son logo à la version numérique d'ouvrages de qualité. Dassault, à Vol de nuit. Hermès (les écharpes), au Petit Prince. Pfizer (les molécules contre l'asthme), à la Recherche du temps perdu. Ou encore l'American Express, à Paul Morand." (rappelons pour mémoire que les ouvrages du domaine public disponibles sur Google Book Search le sont avec le filigrane de la firme).

Du pur bonheur. Et un court canular qui alerte autant sur le sujet qu'une thèse académique de 400 pages. Le danger que pointe Debray est bien celui d'un pragmatisme décomplexé à courte vue, celui d'une politique culturelle littéralement aveugle, c'est à dire sans aucune "vision" à part peut-être celle, en ligne de mire, de la collecte de subsides qui lui permettront d'asseoir et de reconduire ce "manque" politique. Ou comment vendre une "politique de civilisation", en appliquant une politique du chiffre et de la statistique : les "chiffres" du nombre d'étrangers reconduits à la frontière, les "chiffres" du nombre de chômeurs en moins, les "chiffres" du nombre d'entrées d'un film, les "chiffres" de fréquentation des musées. Les chiffres. L'alpha et l'oméga d'un électroencéphalogramme politique dont la ligne varie à l'unisson de celui des marchés. Ceci n'est pas une politique.

Médias 2028 : Hubert, François, Jacques et les autres.

Hubert Guillaud, François Bon, Jacques Attali, ainsi que moi-même et quelques autres avons été interviewés par des étudiants (du Mastère Médias ESCP-EAP) sur / autour de la question du livre et de l'édition ... en 2028. Le résultat est lisible ici. Les interviews sont très courtes, ce qui permet d'aller à l'essentiel ... ou de l'éviter  ;-)
Sur le même blog (Médias 2028), plein d'autres interviews (courtes également) de plein d'autres personnes et personnalités sur la question des médias dans 20 ans (avec quelques moments d'anthologie). Du bon boulot sous la houlette de Joël Ronez, ex consultant premium-top-of-the-world, et tout nouveau tout bô responsable du pôle web d'Arte France, <private joke>ce qui va enfin lui permettre de revoir en boucle cette séance culte des évadés de l'altiplano.</private joke>

Salon de l'agriculture et de la bienséance (dialogue)

Cassetoi
A vous de choisir :-)
(Via l'Egoblog, pas pu résister non plus ... désolé ... la fatigue et le soulagement en sont la cause ... et pour ceux qui seraient aveugles, sourds et habitant la proche banlieue de Mars - ou en Vendée -, l'origine de l'histoire est )

Lost in the blogosphère

La récente baisse d'activité d'Affordance n'était pas due aux vacances mais bien à un tout autre travail. Celui de l'écriture d'un livre sur les blogs et la recherche d'information, ouvrage qui m'avait été commandé il y déjà longtemps longtemps longtemps ... par l'ADBS pour sa collection "L'essentiel sur ...". Je m'étais, il y a donc longtemps de cela, déjà très largement acquitté de ce travail d'écriture particulier, quand tout à coup, ce fut le drame. Tout perdu, rien retrouvé. Snif et re-snif. Il a fallu toute la tenacité et la force de persuasion de Jean-Michel Rauzier pour me contraindre (gentiment) à me remettre à la tâche. Ce temps de répit procuré par d'hivernales vacances vient de me permettre de mettre un point final à l'ouvrage. Ce n'est que la deuxième fois de ma courte carrière que je termine un ouvrage (le premier fut celui qui me permit précisément de faire carrière), mais c'est peu dire que le soulagement le dispute à la douce euphorie ...
Bref, contrat rempli pour l'instant. La commande était la suivante :

  • 120 000 signes, 60 pages. Un "guide pratique" traitant des blogs sur toute la chaîne : leur fonctionnement, comment on en crée, et comment (et pourquoi) les utiliser en recherche d'information.
  • Avec en prime l'interdiction de parler des fils RSS, deux autres ouvrages de la même collection y étant consacrés (dont le premier est déjà paru), ce qui constitua pour votre serviteur une contrainte parfaitement Oulipienne tant les deux (blogs & RSS) sont dans ma pratique - et dans une certaine théorie - intimement mêlés.

Je vais donc désormais faire les 1700 choses en retard auxquelles je m'étais interdit de toucher avant d'avoir mis ledit point final à cet ouvrage (parmi lesquelles : répondre aux 250 mails de mes étudiants et collègues sur des sujets allant de "l'importance cruciale" à la "écoute un peu ça tu va bien te marrer", couper des arbres dans le jardin, organiser un colloque sur l'industrie de la recommandation - hubert, françois, isabelle, michel, vous ne m'avez pas oublié hein ? -, remonter des playmobils "comme sur le modèle de la boîte" et autres essentielles futilités).

Il aura fallu pour la réalisation de cet ouvrage :

  • 2 macs,
  • une bonne centaine d'heures de boulot au total (travail de nuit essentiellement),
  • la main éternellement secourable de la Wayback Machine pour retrouver plein d'infos sur des sites qui n'existent plus mais qui furent importants pour notre sujet,
  • l'efficacité de "capture" (outil de capture d'écran sous Mac) pour en mettre tout plein de jolies (copies d'écran)

Le produit fini vient d'être remis au commanditaire avec une proposition de titre qui est la suivante :

  • "Lost in the blogosphère. Comment ... créer, chercher, trouver, exploiter ... les blogs." (les fans auront reconnu la subtile référence au "lost in hyperspace problem" de Conklin ... en même temps si vous l'avez pas reconnu, c'est pas très grave non plus hein ...)

L'avenir dira s'il sera jugé pertinent ou non. Si le coeur vous en dit vous pouvez aussi vous lancer spontanément dans un grand concours de suggestion de titres, c'est très UGC (User Generated Content, à moins qu'il ne s'agisse d'une Usine à Gogos Corvéables).
Bref, je vous tiens au courant des prochaines aventures éditoriales de "Lost in the blogosphère" pour que vous puissiez tous en temps utile vous ruer dans les bacs de vos libraires :-)
Allez petit cadeau, avant même l'imprimatur, les toutes premières lignes du bouzin :

  • « j’ai 10 ans »
    C’est le 17 décembre 1997 que Jorn Barger a contracté les mots « web » et « log » en « weblog ».
    Les blogs occupent aujourd’hui une place centrale dans notre accès quotidien à l’information. Véritable écosystème informationnel, la « blogosphère  », est largement protéiforme. Du côté des individualités, les blogs d’adolescents y côtoient les blogs de chercheurs, de citoyens, d’hommes politiques, de journalistes … Du côté des collectifs, organismes, institutions, universités, entreprises et associations ont également « pignon sur blogosphère ».
    « LA » blogosphère ?? Les moteurs de recherche en ont fait une source d’information comme une autre, mais parfois beaucoup plus présente ou représentée que certaines autres. Dans « la » blogosphère, la presse puise certaines informations, certains témoignages ; dans « la » blogosphère les entreprises tiennent boutique et en font commerce ; dans « la » blogosphère  les universitaires enseignent, chroniquent, analysent ; les adolescents s’y épanchent, s’y dévoilent, s’y racontent ; les cuisinières livrent leurs recettes ; les avocats  plaident ; les geeks  codent ; les dessinateurs de BD dessinent ; les politiques font campagne. Pas de métier, de champ professionnel, de compétence, de loisir, de passion qui n’y échappe."

Beau comme l'antique non ;-) ?

L'honneur du bandeau

Ecrans_3
L'occasion de relire ce brillant article ;-)

J'en profite d'ailleurs pour reproduire ici une réaction à l'article déposée sur le forum d'Écrans (j'ai gommé les passages par trop flatteurs pour mon ego déjà surdimensionné et mis en gras les points qui me semblent intéressants pour poursuivre le débat)

  • "Vous pointez à juste titre ce mouvement par lequel la "documentarisation" du monde (Salaün) gagne désormais l'identité. Les conséquences de ce processus sont sans doute telles qu'il est difficile de faire admettre l'importance même du phénomène à la plupart des élites "pensantes" et "dirigeantes". Car l'enjeu est aussi un glissement des pouvoirs d'indexation, de légitimation et d'organisation des savoirs et des statuts dans d'autres mains... C'est là que les représentants du monde de la documentation, des bibliothèques et de l'enseignement des sciences de l'information et de la communication ont un rôle décisif à jouer. À égale distance  du mépris de bien des philosophes pour la technique et du mépris de bien des marketteurs pour la liberté, l'égalité et la fraternité, ils peuvent articuler culture et compétences, et poser les bonnes questions sur nos outils. Ce n'est pas un hasard si les meilleurs blogs émanent de cet univers : ceux qui savent que la culture du livre ne se réduit pas à des contenus sont plus à même de mesurer ce que le document électronique est en train de transformer, jusque dans nos identités. Vaste sujet, sur lequel il faut souvent penser sans avoir ni recul, ni références, au milieu des batailles d'intérêt et des faux problèmes. Il y a en tout cas urgence, car les apprentis sorciers se multiplient. Et si la science-fiction nous a habitués à nous méfier de nos robots, elle ne nous a guère blindés contre ces doubles de nous-mêmes, qui essaiment des profils sur les réseaux..."

Pousse plus loin !

Ci-dessous les nouveaux programmes et instructions officielles de l'éducation nationale :

  • CE1 : associer chaque enfant à la mémoire d'un enfant victime du génocide du Darfour
  • CE2 : associer chaque enfant à la mémoire d'un enfant victime du génocide arménien
  • CM1 : associer chaque enfant à la mémoire d'un enfant victime du génocide rwandais
  • CM2 : associer chaque enfant à la mémoire d'un enfant victime du génocide juif
  • 6ème : remplacer l'apprentissage des tables de multiplication par l'apprentissage des principaux génocides du XXème siècle;
  • 5ème : associer chaque enfant à la mémoire d'un enfant victime de dépression en France
  • 4ème : associer chaque enfant (restant) à la mémoire d'un enfant victime du suicide en France

Ce type là a le surmoi d'une grenouille (de bénitier). Ca commence vraiment à se voir, et ça commence vraiment à être pénible.

Top'déconne au CERN

Allez, le "petit-lien-qui-fait-du-bien" du vendredi. L'histoire se passe cette fois dans le très sérieux et très renommé CERN à Genève. Un endroit sympa dans lequel on a (notamment) inventé le world wide web et bâti de monstrueux engins à faire s'entrechoquer les particules. Mais dans la bonne humeur. Parce qu'au CERN, et ce dès 1992, une groupe de filles, voisines de bureau de Tim berners Lee, entre deux chocs de protons et trois équations de physique des hautes énergies, 4 filles créaient le groupe de rock "Les Horribles Cernettes" (les initiales LHC n'étant pas sans rappeler l'engin susmentionné et dénommé Large Hadron Collider).
Et ben si. La preuve en image.
Lhc3 (cliquez pour agrandir)
Le site web des Cernettes est toujours actif, celles-ci ayant apparemment connu un revival en 2007. En attendant leur tournée d'été, ne manquez donc sous aucun prétexte les clips d'anthologie des tubes "Surfing on the web" ou "Collider". On sent bien qu'il y a quelques doctorants du CERN qui ont du se régaler à réaliser lesdits clips sur les heures attribuées à leur contrat-recherche, et après avoir longuement testé les effets du Large Hadron Collider sur les molécules du tétrahydrocannabinol. Musicalement, musicalement ... comment dire ... c'est un étrange mélange entre la soul attitude de Corinne Charby et le rock agressif et dénonciateur des Calamités. Sacré déconneurs chercheurs :-)

(Via BienBienBien qui rien que pour cette trouvaille est vraiment le meilleur blog actuel)

C'est le week-end ...

Il serait vraiment dommage que vous ratiez le grand concours de TALC (Taxe à la con) lancé à la suite du BALCMPTQC (billet à la con mais pas tant que ça) de Joel Ronez.

Bon ouikendeu.

Donald in mathmagic land et aussi des poissons rouges

Si comme moi vous aimez les vieux Walt-Disney, et si comme moi vous êtes fans du nombre d'or et autres principes mathématiques du même genre, alors vous adorerez le dessin animé "Donald in mathmagic land" (part1 et part2)

Et puis un deuxième cadeau comme c'est le week-end : LE site pour enfants. Pour cela il faut réunir plusieurs conditions :

  • Primo avoir des enfants jeunes (0-7 ans)
  • avoir envie de les amener sur des sites qui ne nécessitent pas la virtuosité d'un chopin pour utiliser la souris de manière efficiente
  • avoir envie de les amener sur des sites qui pour aller au bout du niveau 1 ne nécessitent pas la lecture d'un manuel en français traduit du birman par des jeunes slaves germanophones
  • avoir envie de les amener sur des sites qui pour bénéficier de la fluidité dans le rendering des textures ne nécessitent pas d'être équipé d'un PC de bureau de type supercalculateur d'IBM avec des cartes graphiques et vidéo probablement en vente quelque part dans le commerce mais certainement pas installées sur mon PC  de bureau
  • bref, ce truc là c'est un must, encore mieux que le découpages de Babar sur Internet, ce qui n'est pas peu dire.

Bon week-end.

RESF Vendée

Un collectif RESF (réseau éducation sans frontières) Vendée (j'y habite) vient de se créer. Toutes ses coordonnées sont là. Ici comme ailleurs ce ne sont malheureusement pas les dossiers qui manquent. En Vendée comme ailleurs : le même arbitraire, le même cynisme, la même course aux résultats. Les mêmes victimes. Pendant ce temps, dans une irréelle étrangeté monomaniaque, le président de la république catholique française continue de parcourir le monde en parlant de morale chrétienne, de valeurs, et de dieu.
Alors allons-y : "Vous aimerez l'étranger qui vit parmi nous". Deutéronome 10.19.
C'est vrai que quand on aime la France, on la quitte.

L'instituteur, le curé et le pasteur : pièce en un acte

"Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance."

DCD (Droite Chrétienne Décomplexée). Je ne vais même pas me risquer à commenter ...

<Update du lendemain> Ouf ... nous ne sommes pas seuls ...

Ftabillboard6j_2

</Update>
<Update du surlendemain>

La ligue des droits de l'homme s'en trouva émue et se fendit d'un communiqué (signalé en commentaire de ce billet) dont je reproduis ici un extrait :

  • "Le monde est plein de « fous de Dieu » qui, portés par une « espérance » délirante, poussent leur « engagement » jusqu’à « la radicalité du sacrifice de leur vie »… et de centaines d’autres vies innocentes. Le tout au nom de « la différence entre le bien et le mal » et de la purification des âmes. Qu’en tant qu’individu Monsieur Sarkozy mette ces valeurs au pinacle n’est qu’un signe de plus de son ancrage, derrière l’agitation d’une communication « décomplexée », dans les valeurs les plus traditionalistes de la société française. Mais qu’en tant que Président de la République française il mette le curé au-dessus de l’instituteur comme responsable de « la transmission des valeurs », qu’il ignore à ce point ce que sont précisément les valeurs de la République qu’il est censé représenter, témoigne de l’ampleur de la crise politique et morale qu’aggrave son exercice de la fonction présidentielle."

(Via Chiwalou)

Hors-sujet (?)

C'est la triste chronique d'une indignation qui a, en ce moment, une fâcheuse tendance à devenir tristement quotidienne.

Et dans un autre genre, le ciseau d'or de la censure est attribué à Jean-Robert Pitte, président de l'université Paris 4, grand défenseur de la loi LRU, qui n'a rien trouvé de mieux que de couper le courant pour empêcher la diffusion du film "Universités, le grand soir".
Nous vivons une époque formidable.
A part ça ma suggestion d'une démission collective de tous les membres de commission de spécialistes commence à faire son chemin. Elle sera notamment débattue dans diverses AG ce week-end à Paris (eeeeeeeeet oui, n'en déplaise à Jean-Pierre Pernaud, des AG continuent de se tenir dans les universités, rassemblant nombre d'enseignans-chercheurs, mais rassure-toi Jean-Pierre, elles se tiennent le week-end pour ne pas prendre les étudiants-usagers en otage).

Raison d'état

Il y a des jours, où, pour le croire, il faut avoir la télé.

Autorité, notoriété et représentativité : devine qui vient dîner ?

Bon ben voilà, c'est fait. C'était donc mardi soir qu'une quinzaine de bloggueurs se sont rendus à l'invitation de Valérie Pécresse.
A lire leurs différents compte-rendus on apprend pêle-mêle que les sujets abordés furent très, mais alors très très larges :

  • "fracture numérique" (mais il n'y avait aucun auteur du rapport de la FING sur la question)
  • "taux d'équipement des ménages" (mais il n'y avait aucune ménagère)
  • "taux d'équipement des étudiants" (mais il n'y avait aucun étudiant)
  • "identité numérique" (mais il n'y avait aucun intervenant du séminaire du 17 Décembre au CNAM, ah ben si, moi, mais j'ai décliné l'invitation ...),
  • "prééminence de Google" (mais il n'y avait ni Jean Véronis, ni Jean-Michel Salaün)
  • "internet mobile", "internet des objets" (mais il n'y avait aucun journaliste d'InternetActu ni aucun des experts interviewés dans leurs incontournables colonnes sur ces sujets)
  • "industrie du jeux vidéo" (mais il n'y avait aucun industriel travaillant dans ce secteur)
  • "la diffamation sur le net" (mais il n'y avait aucun avocat ni aucun spécialiste des questions juridiques) ...

La palme du compte-rendu le plus complet est attribuée à Eric Dupin. Celle du compte-rendu le plus pertinent est attribuée à Sébastien Billard. Celle du compte-rendu le moins journalistique pour l'unique détenteur d'une carte de presse est attribuée à Gilles Klein (tâcle amical cher Gilles, mais quand on est journaliste et au coeur de l'événement, faut essayer d'i-n-f-o-r-m-e-r les lecteurs, et à ce titre nous indiquer "qu'il n'y avait pas de fromage" mais que vous avez "grignoté un bout de fromage en rentrant" ne me semble pas particulièrement pertinent, pas davantage d'ailleurs que de tenter d'enduire d'erreur vos lecteurs en me réduisant à un enseignant gréviste contre la LRU, ce qui n'était vraiment pas la motivation de mon refus, ce que vous auriez pu facilement découvrir si vous aviez fait votre boulot de journaliste, puisque je m'en suis longuement expliqué chez un autre - journaliste, mais c'est vrai qu'avec tous ces bloggueurs qui bossent mieux que les journalistes, y'a plus vraiment besoin de journalistes, hein ?)

Pour les autres, vous irez vous faire votre propre avis , , , et encore .

Je maintiens qu'il est dommage de s'en tenir à un panel hétéroclite. Ce n'est d'ailleurs probablement pas le fruit du hasard si parmi les points communs de l'ensemble des compte-rendus on trouve le suivant : "il faudrait des rencontres avec des thématiques plus ciblées avec de vrais spécialistes dans chacunes des questions." Ce qui ne remet pas en cause les qualités individuelles des convives, mais qui laisse effectivement en suspens la question : "sur ces sujets pourquoi eux plutôt que 35 autres millions de français qui ont aussi un avis là-dessus ?", et surtout "pourquoi eux et pas des chercheurs, des spécialistes "reconnus" et non simplement "connus", des collectifs comme la FING, des associations comme le forum des droits de l'internet, des journalistes, des avocats, etc ... ?)
S'il suffit d'avoir une opinion sur un sujet pour se retrouver à dîner chez un ministre, lesdits ministères vont devoir sous-traiter leurs repas aux restos du coeur, et va falloir songer à agrandir l'assemblée nationale pour pouvoir y caser tout le monde ... Je maintiens donc que la confusion entre autorité et notoriété est ministériellement validée. Et que c'est bien dommage. Et que cela re-re-re-repose la question de savoir ce qu'est un amateur, un amateur éclairé, un spécialiste, un expert, un auteur (mais Evelyne Broudoux n'était pas invitée) ... et surtout de décider de la légitimité politique de chacun d'entre eux (ce qui n'a - subtile mais ô combien importante nuance - rien à voir avec la légitimité de chacun dans le débat politique, cette dernière étant un principe - théoriquement - fondateur de notre démocratie.) Plus dommageable encore que la confusion entre notoriété et autorité, ce que donne à voir ce dîner chez la ministre, c'est l'escamotage complet de la notion de représentativité. Or seule l'autorité peut et doit - dans certaines conditions - se dispenser de toute notion de représentativité. Mais donner le sentiment que la notoriété "hériterait" d'une valeur de représentativité me semble la pire des directions à prendre dans la sphère politique. Sauf, naturellement, à ne savoir / vouloir / pouvoir faire que de la politique "spectacle". Autorité, notoriété, et représentativité : une bien belle triangulation du désir politique.

Eric Dupin conclue joliment - mais assez ingénument -  son billet (je grasseye) : "On peut imaginer que notre dîner d'hier soir n'était qu'une petite partie d'un magma qui va constituer la base de réflexion et d'action d'un ministère pour les mois à venir. Comme une sorte de longue traîne de la politique." On peut aussi imaginer que si ledit modèle politique qu'on nous propose est l'équivalent du modèle économique de la longue traîne, ça va pas tarder à être un beau bordel :-(

Quelle grève pour le 6 Décembre 2007 ?

Suite à l'appel d'un certain nombre de fédération syndicales, et pour lutter contre la mise en place de la loi LRU, ainsi que pour toutes les autres raisons listées notamment dans ce billet, je serai donc en grève demain, Jeudi 6 Novembre. Mais une grève active, car je reste convaincu qu'après la longue liste des cortèges qui se sont succédés ces derniers temps, on ne réussira pas à mobiliser sous ce mode d'action là suffisamment d'enseignants chercheurs.
Je me déclarerai donc gréviste (= je ne serai pas payé), mais je serai présent en cours, avec mes étudiants. Mon cours de recherche documentaire consistera à réaliser une bibliographie et une revue de presse sur la loi LRU. Grève active donc.
Je crois que nous avons besoin d'inventer de nouveaux moyens d'actions, qui ne pénaliseront que les responsables politiques, sans se retourner contre les étudiants ou d'autres catégories de personnel. Voilà pourquoi les modalités décrites dans mon billet et dans le texte d'Igor Babou sur le site de Sauvons la Recherche (voir aussi les réactions) devraient être étudiées de près.
Et pourquoi je vous raconte tout ça ? Et bien parce que j'ai beau chercher dans les médias papier, télé, et radio, je n'entends guère qu'un lancinant discours dominant façon "tout va bien, les conflits sociaux sont terminés, c'est bientôt noêl, ne pensez plus conflits, pensez confits". Et que ça devient pénible, péniiiiible ... Et vu que ce blog est lu dans les hautes sphères, sachez donc tout là haut, qu'ici, tout en bas, le mécontentement gronde, gronde, gronde ...

<Update>Pour ceux qui manquent d'inspiration, ne manquez pas le kit du petit gréviste illustré :-) </Update>

(P.S. : mes excuses aux lecteurs qui pourraient trouver que ces derniers temps Affordance à sérieusement tendance à sortir de sa ligne éditoriale habituelle. J'en suis conscient, mais je suis aussi conscient que maintenant peut être plus qu'hier, il est important de faire entendre certaines voix, et de se faire l'écho de certaines inquiétudes. Par ailleurs, comme disait l'autre, "je suis moi-même la matière de mon blog" :-)

Bibliothécaires en soldes

La formation des bibliothécaires me tient à coeur parce que j'enseigne principalement dans un IUT "métiers du livre" dans lequel bon nombre d'étudiants se destinent à l'exercice de ce métier, et parce que ce métier me semble être un point essentiel pour garantir à tous le meilleur accès possible à la culture, à la connaissance, et à la société de l'information. Parce qu'enfin j'ai souvent eu l'occasion de former des bibliothécaires dans le cadre de l'URFIST, ou de la préparation aux concours.
Et parce que si ladite formation souffre de nombre d'insuffisances et nécessite de grands ajustements pour faire face aux réalités technologiques actuelles, la politique de l'actuel gouvernement témoigne (une nouvelle fois ?) au mieux d'une politique à courte vue et au pire d'un réel mépris pour ces métiers là. Je reproduis ci-dessous le communiqué conjoint de l'ABF (Association des bibliothécaires de France), de l'ADBDP (Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt) et de l'ADBGV (Association des directeurs des bibliothèques municipales et intercommunales des grandes villes de France).
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Cinq jours pour former un bibliothécaire, qui dit mieux ?

Des projets de décrets relatifs à la fonction publique territoriale prévoient la réduction de la formation obligatoire avant titularisation à 5 jours. Une « formation de professionnalisation lors de la première prie d¹un premier emploi » est bien prévue, mais elle est réduite à une fourchette de 5 à 10 jours en catégorie A et B et 3 à 10 jours en catégorie C. Quant à la formation continue de 2 à 10 jours par tranche de 5 ans, elle relève de l¹actualisation des connaissances, non de la formation initiale.
De telles mesures ne sont envisageables que si les diplômes requis ou la réussite aux épreuves du concours permettent effectivement de garantir que l'agent susceptible d'être recruté dispose des acquis fondamentaux indispensables à l'exercice de ces fonctions.
Or la filière culturelle a la particularité de disposer de deux niveaux accessibles après des concours généralistes (les assistants de conservation en catégorie B, les bibliothécaires et les attachés de conservation en catégorie A) tandis que deux autres garantissent une formation professionnelle avant recrutement : les assistants qualifiés de conservation de catégorie B (concours externe réservé aux titulaires d'un diplôme technico-professionnel bac+2), les conservateurs (formés pendant 18 mois
après réussite au concours).
Les mesures prévues vont donc aboutir à une filière culturelle totalement incohérente, avec une disparition des acquis professionnels dans les deux cadres d'emplois les plus nombreux des catégories A et B.
Il est aisé de comprendre qu'on ne saurait former un agent de catégorie A ou B de bibliothèques en cinq jours, et demander aux premiers d'encadrer des agents qui eux ont été solidement formés.
La réduction de la formation post-recrutement, qui pèse souvent exagérément sur le fonctionnement des services, n'est réalisable que si les concours généralistes sont remplacés par des concours sur titre.
On ne se forme pas aux fonctions de bibliothécaire, de catégorie A ou B, en quelques jours. Et ceux qui se sont engagés dans des cursus universitaires pour se préparer à ce métier attendent des concours permettant de reconnaître leurs acquis."
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Mouvement étudiant automne 2007 : La grève propre ?

On a bien inventé la "guerre propre", peut-il exister une "grève propre" ?
L'université de nantes (qui m'emploie) est actuellement à la pointe de l'actualité. Après avoir été l'une des toutes premières en France à signer des deux mains la loi Pêcheresse et à la mettre en application (sur la base d'un argumentaire à mon sens très spécieux : "La loi sera mise en place un jour ou l'autre dans toutes les université, alors autant le faire tout de suite, et on en parlera après"), elle est également l'une des premières à s'agiter dans le cadre des actuels mouvements étudiants, et elle est parmi les deux premières en France à envoyer les CRS déloger des étudiants "occupant les locaux". J'ignore si l'envoi de CRS est pris en charge dans les critères des classements internationaux, mais si tel est le cas, alors on va gagner quelques places ...
Voilà les faits : "Une Assemblée générale comptant 650 étudiants s’est tenue hier matin en droit. Par vote à main levée elle a refusé le blocus de toute l’université et adopté le principe de la grève et du blocus des
bâtiments Tertre et Censive. Par la suite, une seconde assemblée d’environ 250 personnes s’est tenue dans l’après-midi en Lettres et a décidé d’une occupation nocturne des bâtiments Tertre et Censive (ceux-l- mêmes soumis au blocus).
"
Et dans la soirée, le président a ordonné une évacuation des occupants par les CRS, tout en indiquant avoir pris "l’assurance auprès de la préfecture d’une intervention dans le calme et le respect des personnes. (sic)" Je n'y étais pas. J'ignore donc comment cela s'est passé. Mais j'ai, comme tous les personnels de l'université reçu ce matin un mail du président dans lequel il relate les faits mentionnés ci-dessus, et précise que lors des dernières grèves, des dégradations avaient eu lieu pour un montant de 130 000 euros. D'où la charge des CRS pour éviter que cela ne se reproduise. Et dans le même mail de rappeler que l'université appelle l'ensemble des personnels à "maintenir le dialogue avec les étudiants", que l'université s'engage à mettre des locaux à disposition des grévistes et occupants "afin qu’une expression démocratique puisse s’exprimer à l’Université de Nantes pendant les heures d’ouverture des locaux."
Alors soyons clair, je ne tiens pas à faire oeuvre de démagogie ou de gauchisme primaire. Je condamne donc fermement toute dégradation de l'outil de travail. Et j'ai pleinement conscience que la position du président au regard des risques d'une occupation nocturne est délicate. Mais. Mais :

  • cette idée d'une "grève propre", se tenant "pendant les horaires d'ouverture" me semble pour le moins étrange. A moins, à moins que cela ne soit un moyen de demander aux étudiants une sorte de service minimum, comme on tente actuellement de la faire dans d'autres secteurs. On pourrait également de manière magnanime leur accorder le droit de faire grève en dehors de leurs heures de cours.
  • je ne croie pas que dans le contexte actuel (démarrage d'un mouvement qui semble d'ampleur nationale), l'évacuation par les CRS (même "dans le respect des personnes" ...) soit un préalable cohérent au maintien d'une volonté de dialogue avec les étudiants. Parce que pour dialoguer, après cela, il va falloir faire montre d'une faconde digne des meilleurs sophistes. On va essayer ... et on vous tient au courant.   

Pour mémoire : lors des mouvements étudiants anti-cpe de l'année dernière, les locaux de l'IUT de la Roche sur Yon (dans lequel je passe le plus clair de mon temps) avait également été occupés de manière nocturne. Il avait à l'époque été décidé que des enseignants et des personnels se rendraient aux côtés des étudiants-occupants-nocturnes, non pas pour les fliquer, non pas pour les empêcher de dégrader, mais "pour maintenir le dialogue". Le résultat fut sans appel : aucune dégradation ne fût commise et l'on ne vit pas l'ombre d'un CRS respectueux des personnes. A méditer ?

<Update> Une carte FrappR pour suivre en temps réel le mouvement national, un "wall" sur Facebook pour échanger, et un topic (forum) toujours sur Facebook pour échanger encore, le tout à l'initiative de Manuel Canevet, ex-directeur de cabinet de l'ancien président de l'université de Nantes, et actuellement en poste à l'AEF.</Update>

<Update>La réaction de Manuel Canevet sur son blog, confirmant mes impressions, et rappelant que même pendant le CPE ...</Update>


Société française du livre

La SFL (société française du livre) s'est récemment dotée d'un blog. On est toujours sans nouvelles (mais on a bon espoir) de celui du SLF (Syndicat de la librairie française) ...
(Via la liste biblio-fr)

Internet Actu fait peau neuve ?

C'est par là.

Polémique (victor)

Dans la série des vidéos virales et viralement polémiques, l'une des dernières en date est celle de l'intervention d'Alain Finkielkraut lors de l'émission Ripostes, intervention visionnable ici, et dans laquelle il est question de "débrancher l'école". Et la blogosphère dans son panurgisme le plus pénible de crier à l'unisson (ou presque), "vilain méchant honni soit Finkielkraut", et de dresser déjà les bûchers d'inquisition sur les cendres encore tièdes des dernières polémiques du bonhomme, qui ne saurait d'ailleurs en la matière être suspecté d'avarice ... Et bien, une fois n'est pas coutume, j'avoue être entièrement d'accord avec Alain Finkelkraut (mais juste pour l'extrait en question hein ? n'allez pas me faire dire ce que je n'ai pas dit). Avec une nuance (importante) tout de même : je ne croie pas du tout que l'introduction massive d'internet à l'école soit la cause de quoi que ce soit, et certainement pas des symptômes ni du constat dressé par le même Finkelkraut dans son dernier opus "La querelle de l'école" (constat avec lequel je ne suis en revanche pas du tout d'accord, pas plus que sur les moyens d'y remédier, mais c'est un autre débat). Cette introduction massive (d'internet et d'ordinateurs) n'a selon moi causé aucun problème, pas plus qu'elle n'en a aggravé d'autres, en revanche, et c'est bien là mon (seul) point d'accord avec Finkelkraut, elle ne permettra certainement pas d'en solutionner le quart du commencement d'un (problème). Alors bien sûr, tout cela mérite d'être nuancé. Je crois par exemple qu'à partir de la seconde, il n'est naturellement pas aberrant de commencer à permettre aux élèves de faire la différence entre un aspirateur et un ordinateur :-) Mais, hormis les quelques exceptions qui existeront toujours, la mise en place, dès la maternelle, d'une approche, même ludique, de l'ordinateur (et d'internet, oui je sais ce n'est pas la même chose mais j'entretiens volontairement la confusion étant donné que la même confusion se perpétue dans l'approche de l'outil et du média telle qu'elle est généralement délivrée et mise en place dans les écoles et les collèges), la-mise-en-place-dès-la-maternelle-d'une-approche-même-ludique-de-l'ordinateur, disais-je, me paraît donc juste hors de propos, et essentiellement inutile.
De la même manière, et pour les mêmes raisons de fond, je suis également d'accord avec Jean-Michel Salaün - mais cela m'arrive plus fréquemment qu'avec le précédent, et en plus c'est moins risqué - pour temporiser le déboulement massif du wifi dans les amphis. La raison (comme l'explique Jean-Michel) est le maintien d'une forme de captation de l'attention, captation rendue de plus en plus délicate l'arrivée dudit wifi dans lesdits amphis (que celui qui n'a jamais fait cours devant 50 étudiants et 50 capots - d'ordinateurs - ouverts, ose ici me dire le contraire).
Voilà c'était ma minute "rétrograde 2.0" ;-)
Vous pouvez troller.

Science et vie

J'ai été il y a quelques temps de cela interviewé par Coralie Hancok, pour le magazine science et vie. Le résultat est à lire dans le numéro de Novembre en vente actuellement.
Merci à Coralie pour avoir réussi à extraire en une page la substantifique moëlle d'une bonne heure d'entretien téléphonique.J'ai même eu droit à la visite d'un photographe et à une séance de "shooting" d'une demi-heure en plein soleil, pour que tout un chacun puisse profiter d'un gros plan sur mes lunettes et mes sourcils broussailleux :-(
Sinon, vous avez aussi un test bien fichu qui vous permettra d'évaluer votre niveau de connaissance de ces chers moteurs.

Scetvie_3  

Inhumation de la sécurité sociale, et bien d'autres choses encore

Aujourd'hui bien sûr, on va beaucoup parler des régimes spéciaux. Et du coup, on va peut être moins parler du PLFSS : "Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale". C'est un peu compliqué, mais cela peut-être résumé ainsi :