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Le dernier Clay Shirky bientôt dans les bacs.

Clay Shirky est l'un de ces tech-gurus que seuls les américains semblant en capacité de produire en masse. Mais il n'est pas loin s'en faut, le moins intéressant de tous. Il a notamment beaucoup écrit sur les blogs, la notion de collaboration en ligne, le crowdsourcing, les tags et les ontologies (ses autres articles sont notamment consultables sur son site). Son dernier livre à paraître fin février s'intitule : "Here Comes Everybody: The Power of Organizing Without Organizations". Selon un procédé éditorial désormais éprouvé, le bouquin se trouve assorti avant même sa parution d'un blog destiné à alimenter le buzz et à en livrer quelques extraits choisis. A noter que des traductions dudit ouvrage sont déjà prévues pour 2009 en Hollande, au Portugal et au Brésil, en Chine et en Corée. Si un éditeur français souhaitait se mettre sur les rangs ...

JEP vol. 10

Le nouveau numéro du Journal of Electronic Publishing est sorti. Pas le temps de vous en faire l'habituel digest, mais quelques articles semblent s'imposer d'eux-mêmes :

Dans l'oeil du trackback.

Parution de l'Oeil de l'ADBS. Une publication dans laquelle j'ai, sur invitation, commis une petite bafouille pour exprimer une nouvelle fois mon intérêt pour les rétroliens (trackbacks) et déplorer que le web dans son ensemble soit actuellement (la faute essentiellement - mais pas exclusivement - au Spam) en train de passer à côté de cette fonctionnalité "révolutionnaire" au sens propre, tout au moins du point de vue de l'histoire de l'hypertexte.
Ma bafouille. Dans l'Oeil de Juillet-Août 2007

Livre blanc de la gestion des noms de domaine.

L'édition 2004 était tout aussi nécessaire que remarquable, l'édition 2007 (.pdf) l'est tout autant.
Merci à Loïc Damilaville pour la mise à disposition gratuite de ce travail.

Ronez e(s)t bon.

Vient de paraître : "L'écrit web : traitement de l'information sur Internet"
Ouvrage indispensable pour qui veut s'intéresser de près à l'écriture web, ainsi qu'au web comme environnement éditorial. C'est écrit par Joël Ronez, maître Jedi en la matière. J'avais prévu d'en dire plein de bien, oui mais voilà ... François (Bon) m'a doublé. Or donc, pour l'acheter, tout est expliqué ici. Et comme je n'ai rien de plus ni de mieux que François à raconter, je vous offre la préface, rédigée par un obscur universitaire ;-)

Préface à "L'écrit Web"

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Le net est souvent présenté comme un média abolissant la plupart des filtres éditoriaux. Cette vision des origines est aujourd’hui caduque. Plus que leur place, les médias traditionnels y ont trouvé leurs publics en même temps que naissaient de nouveaux espaces, de nouveaux formats éditoriaux (les blogs), revendiquant à raison une légitimité dans la médiasphère planétaire.
Le point commun de ces espaces est d’être littéralement « reliés », grâce à ce qui avant d’être une technique rédactionnelle, fut d’abord une révolution technologique : l’hypertexte. L’écriture hypertexte, l’écriture multimédia, l’écriture « pour le web » qui est depuis déjà quelques années le cœur de compétence d’un horizon professionnel très dense, notamment pour les métiers du journalisme.
Cette écriture, cette mise en hypertexte de contenus éditoriaux est d’abord une écriture de l’héritage. Celui des techniques de rédaction, celui des typographes, celui plus générique de ces « metteurs en texte ».
Elle est aussi une écriture de la rupture. Elle porte en elle, pour qui veut la maîtriser, les caractéristiques propres due son support. Une écriture cinétique, du mouvement. Une écriture qui bouleverse de manière radicale le rapport au lecteur. La notion de parcours prenant un sens nouveau dans cette écriture du fragment, de l’instant.
Si les usagers passent de plus en plus de temps sur le Net pour lire, découvrir, parcourir, rechercher, commenter, partager, l’accroissement de leur niveau d’exigence est un contrepoint idéal à la surabondance des contenus (les québecquois parlant d’infobésité ).
L’un des tout premiers théoriciens anglo-saxon de l’hypertexte, Suart Moulthrop, le définissait dès 1995 comme « un réseau dynamique d’idées, indéfini dans ses limites et changeant à travers le temps ». D’autres n’ont pas hésité à ériger les règles nouvelles de cette écriture au rang de « science », une « science des relations et de la gestion de ces relations. »
Dans son approche du contenu éditorial sur Internet, Joël Ronez vous livre des clés essentielles, celles de la maîtrise d’une compétence à l’horizon de laquelle, comme le rappelle Roland Barthes, « la métaphore du Texte est celle du réseau. »


                    Ertzscheid Olivier.
                    Maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication
                    Université de Nantes.

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Rentrée des classes

Côté bibliothèques :

  • un tutoriel qui en 15 minutes par jour fera de vous un bibliothécaire 2.0.
  • les supports du congrès ABF Nantes 2007 sont (presque) tous en ligne.
  • un entretien avec Jean-Yves Mollier, à lire dans Télérama, et où il est entre autre question de l'avenir du livre et des bibliothèques. On n'y apprendra pas grand chose rien, mais la justesse de ton et la pondération sont également parfois appréciables :-)

Côté bibliothèques et moteurs :

  • les bibliothèques de l'université de Keio (Japon) rejoignent le programme Google Book Search, qui entre ainsi sur le continent asiatique. 120,000 ouvrages du domaine public sont concernés. Le nombre de bibliothèque partenaires s'établit donc désormais à 26. (Via InsideGoogleBookSearch & le communiqué de presse - .pdf - de Keio). Une étrange affordance au passage en guise de réminiscence, je connaissais le nom de l'université de Keio parce que Ted Nelson, inventeur et précurseur de l'hypertexte et d'une utopie mondiale de la connaissance baptisée Xanadu, Ted Nelson donc y était allé soutenir l'équivalent de ce que l'on nomme ici une "Habilitation à Diriger les Recherches". La signature de cet accord avec Google, dans l'ombre du passage de Ted Nelson à Keio donne à Google Books un étrange aspect d'aboutissement de Xanadu.
  • la bibliothèque de l'université Cornell se joint également au projet Google Book Search. 500 000 des 8 millions de volumes imprimés détenus par ladite bibliothèque sont concernés. Soit donc au total 27 bibliothèques partenaires.
  • Sur le même sujet, ne manquez pas l'article de Paul Duguid dans le dernier First Monday, et le commentaire avisé qu'en fait Jean-Michel Salaun.

Côté OpenAccess :

  • les dépôts OAI francophones en SHS suivent, et c'est tant mieux, une progression lente mais régulière et soutenue : voir le décompte détaillé de Marin Dacos.
  • Plus globalement d'ailleurs, le mouvement de l'open access dans sa globalité suit une courbe dramatiquement (?) ascendante.
  • Ceci expliquant sûrement cela ... la toute puissante AAP (association des éditeurs américains) lance l'initiative PRISM ("Partenariat pour l'intégrité (sic ...) de la recherche en science et médecine"). L'idée est d'alerter le public sur les présumés "risques" de la publication en Open Access. L'attaque est aussi frontale que caricaturale, en pointant les soi-disant "risques d'une censure d'état" liés à une "disparition de l'évaluation par les pairs", ce que personne, même les plus extrêmistes partisans de l'Open Access, n'a j-a-m-a-i-s ne serait-ce que suggéré. On en rirait presque, mais le pouvoir de lobbying de l'AAP est tel que l'on en est plutôt navré et inquiet. Il s'agit en fait de la mise en pratique du plan de guerre contre le libre accès, déclaré en Janvier 2007, pour lequel l'AAP avait eu recours à une agence de relations publiques aux méthodes qui pourraient n'être que tristement célèbres si elles n'étaient pas également largement discutables (désinformation, propagation de fausses rumeurs, etc, etc.). Tout cela est proprement consternant tant les arguments évoqués sont spécieux. Mais tout cela risque surtout de faire de considérables dégâts. Donc, plus que jamais, continuons le combat ... et le prosélytisme ... <Update de 5 minutes plus tard> Via Marlène - qui en parle aussi - je découvre ce billet certes partisan - de l'autre camp - mais qui résume très bien la situation et reprend nombre de réactions blogosphériques à ce sujet </Update>

Côté moteurs :

  • Google ...
  • Google fait preuve d'un appétit dont la constance confine à la boulimie. Voir la liste dressée par Christophe Asselin des acquisitions des derniers semestres. Derrière cet appétit qui peut sembler désordonné, se dessine progressivement une stratégie bien identifiée de positionnement sur le Web OS pour tout type de public et toute taille d'entreprise. De son côté, Henri Labarre nous offre une cartographie synoptique au format .pdf de ladite boulimie.
  • Et puis comme cela ne fait jamais de mal de rappeler quelques fondamentaux, une belle animation flash sur la manière dont fonctionne Google.
  • Google encore qui donne dans le tonitruand, en annoncant l'ouverture des commentaires sur Google News, pour ceux "ayant un lien" avec l'affaire commentée (sic). Nombre de journaux le font déjà, sans qu'il soit besoin de "prouver" avoir un lien quelconque avec l'affaire, mais quand Google touche au modèle média de la presse en ligne, tout le monde s'affole. Techcrunch rappelle les faits dans un billet synthétique. L'immense majorité des observateurs est plus que sceptique, à l'image de Danny Sullivan qui résume l'affaire en un mot : "Weird". Emmanuel Parody dans son analyse à laquelle je souscris entièrement, évoque une "arrogance d'un nouveau genre". Jusqu'au LATimes qui, deux jours après l'annonce, dans une tribue non-signée, compare Google à ... Osama Ben Laden :-(
  • Et les autres ...
  • Technorati s'effondre lentement mais sûrement ...
  • La tendance - ou l'idée que je crois de plus en plus vraie - qui veut que la fabrication de moteurs (indexation, rafraîchissement, parsing et autres technologies) et la fabrication d'interfaces soient deux métiers différents, cette tendance semble se confirmer avec le rapprochement de Groxis (excellentissime interface de Grokker, depuis le temps que je le dis ...) et d'Intellisearch. Pour plus de détails, voir l'article de l'Atelier.

Côté veille :

Côté web :

  • Si le web est implicite, il est aussi granulaire ou plus exactement fractal. Et les Widgets en sont la plus petite unité atomique. Techcrunch nous gratifie d'un billet synthétique sur les origines, les plateformes et les standards de ces petits widgets.
  • L'équipe d'Information Architects nous gratifie de son côté d'une belle carte (.gif) dans le genre "plan de métro", listant un grand nombre d'acteurs et de services du web actuel. Synoptique et fort utile pour repérer quelques "tendances".

Côté réseaux sociaux :

  • Nous nous étions quitté en listant ce que nous savions aujourd'hui des réseaux sociaux, et bien il y a de fortes chances pour que ces réseaux sociaux occupent une très grosse part de l'actualité webienne dans les mois à venir. Avec tout d'abord le coup de poker de Facebook, dont Google a une énorme envie et qu'il pourrait bien tenter de se payer, après que le PDG dudit Facebook a refusé l'offre de Yahoo (1 milliard de $ ...). Si le marché se concluait, Google enterrerait de facto toute possibilité d'émergence en la matière, puisqu'il est déjà par ailleurs installé (motorisation et régie publicitaire attenante) comme moteur officiel de LA plateforme concurrente MySpace. Du côté des trois grands le tableau est donc pour l'instant le suivant :
    • MSN dispose de MySpace. Leader indétrônable pour ce qui est du nombre de teenagers impliqués.
    • Yahoo! (ayant échoué à racheter Facebook) travaillerait sur un projet baptisé Mosh
    • et Google (probablement en train d'essayer de racheter Facebook) aurait de son côté une nouvelle arme fatale baptisée SocialStream (voir le billet de Techcrunch pour plus de détails, et voir aussi le site de présentation du projet SocialStream, présenté comme "réseau social unifié" et dans lequel une large place est faite à la notion de Sérendipité ...). Notons ici encore que sur ce terrain (réseau social "unifié") comme sur d'autres (recherche "universelle") ma petite théorie de la dérive des continents documentaires résiste bien à l'analyse ;-)
    • Si vous êtes un peu perdus, FredCavazza résume tout ça très bien. De mon côté, même si dit comme ça cela peut ressembler à du teasing éhonté, je pense que si FaceBook avait l'intelligence de regarder du côté d'Amazon (et réciproquement), la carte des acteurs plénipotentiaires du web actuel serait entièrement reconfigurée. J'y reviens dans un prochain billet ... enfin si je n'oublie pas et si j'ai le temps :-(
    • Et pour compléter mon dernier billet sur la question, on lira avec intérêt les deux billets que Jean-Michel consacre à cette même question : ici et .
    • Toujours sur le livre des visages (dévisage ?), à lire également la réflexion de François Bon.
    • Pour le côté business, voici une grille très détaillée vous permettant de calculer le retour sur investissement (ROI) d'un réseau social
    • A lire également, les résultats d'une étude menée sur 850 personnes de 54 pays, étude sans prétention scientifique mais qui confirme tout de même quelques orientations, dont la domination de LinkedIn dans la catégorie "réseau social professionnel".
    • On pourra également consulter la liste des réseaux sociaux disponible sur Wikipedia, en complément de celle de Dannah Boyd, ainsi que le rapport d'Avril 2007 de Forrester (.pdf), déjà signalé sur ce blog (pour les plus pressés, voir le récent résumé de Gerry Mc Kiernann)
    • Et puis ... et puis ... et puis il est des programmes de recherche auxquels on aimerait avoir participé ou dont on voudrait avoir eu l'idée, comme celui visant à établir le réseau social ... des superhéros Marvel. Le résultat est à lire sur ArXiv. Avec une grosse déception tout de même, l'étude se base sur l'apparition desdits superhéros au fil des volumes de publication et ne s'intéresse pas aux communautés elles-mêmes (Vengeurs, X-Men, etc.). Impossible donc d'avoir la preuve scientifique que le Fauve ait entretenu une relation avec Miss Hulk :-(

Côté Wikipédia :

  • La polémique (stérile) de l'été.
  • A l'occasion de sa pause estivale, Homo Numericus nous offre trois billets d'analyse sur "l'histoire politique" de Wikipedia, rédigés par Sylvain Firer-Blaess, étudiant de l’IEP Lyon : ici (1), ici (2), encore ici (3), et (4).
  • Un étudiant a mis au point un détecteur de TRDs (Tentatives de Redocumentarisation Déviantes) : pour le tester vous-même, direction le Wikiscanner (tous les journaux en ont parlé - Le Monde, Libé, etc. - mais vous pouvez bénéficier d'un rattrapage de qualité avec l'article de Christophe Deschamps, et d'une ouverture problématique fondamentale chez Jean-Michel Salaun, concernant l'urgence de réinventer le droit à l'oubli)
  • Dans le dernier numéro de First Monday, un autre étudiant s'est penché sur la qualité des citations scientifiques dans l'encyclopédie collaborative, avec deux résultats intéressants : les citations sont pour l'essentiel conformes aux normes académiques, et elles ont tendance à renvoyer majoritairement vers des revues à forte notoriété (Science et Nature en tête), ce qui ne peut effectivement que "contribuer à renforcer la crédibilité" de l'encyclopédie.
  • Et pour prolonger le débat, les 19 et 20 octobre 2007, l’association Wikimédia France organise le premier colloque francophone sur Wikipédia, à la Cité des sciences et de l’industrie sur le thème suivant : "Développer - Valider - Ouvrir". A ce jour, le programme ne fait état que de l'intitulé de 3 "séminaires" sans davantage de contenu ni d'intervenants (un sur les "réseaux d'experts" - tiens, tiens ... - un autre sur les rapports de l'encyclopédie avec le monde de l'enseignement, et un troisième sur l'épineuse question de la validation). A suivre donc ...

Côté identité/identifiants/traçabilité numérique :

  • Après les 3 lois de la robotique, les 7 lois de l'identité numérique. (Via InternetActu)
  • Un billet intéressant sur la gestion des avatars.
  • Naturellement en la matière, la clé résidera dans l'attitude, l'orientation et la marge qu'autoriseront les moteurs sur ces questions. Les habitués d'affordance retrouveront aisément sur ce blog quelques billets concernant la politique de Google en la matière, et durant cet été, Ask a annoncé son service AskEraser permettant aux utilisateurs de ne voir aucune donnée conservée durant leurs recherches. A l'inverse, le moteur Spock entend ficher les individus sur la base des informations collectées par les moteurs. Après un rapide test, il s'avère - heureusement - assez inintéressant (sauf si vous voulez connaître l'âge et le nom des épouses de différents présidents de la république de tel ou tel pays). Un million de personnes seraient ainsi "indexées" dans ce "people specific search engine". En revanche, nul doute que demain, l'un des moteurs majeurs proposera à son tour ce type de recherche.

Côté Outils :

Côté lectures / visionnages :

  • Un numéro du Journal of Computer-Mediated Communication avec notamment une section spéciale de 5 articles concernant les blogs, et quelques autres papiers intéressants autour des réseaux sociaux.
  • Le billet du gourou Nielsen qui a fait couler beaucoup d'encre blogosphérique au début de l'été : "Ecrivez des articles, pas des billets."En (très) gros, Nielsen plaide pour une expertise affirmée, au-delà de la surabondance instantannée d'information qui surgit dans la blogosphère à propos de tout ou de n'importe quoi. L'idée est que - selon Nielsen - si vous voulez affirmer votre expertise et éventuellement la monnayer au prix fort, vous devez écrire des billets longs, privilégier l' "in-depth content". Sébastien Billard résume très bien le tout.
  • « L’impact d’Internet sur l’économie de la presse : quel chemin vers la profitabilité ? » (.pdf) La thèse toute fraîche de Danielle Attias.
  • Et puis pour la bonne bouche, un petit film d'anticipation sur l'avenir du livre, lequel livre, peut-être selon un phénomène de contamination du support, devient de plus en plus "rich"-media.

Côté université :

  • Un très bon numéro spécial (.pdf) du magazine Horizons de l'AIU (Association Internationale des Universités), publié par l'Unesco, et consacré à la thématique du classement, des indicateurs et autres palmarès en vigueur (ou non) dans nos universités. Je vous recommande tout particulièrement la lecture de l'introduction de Jamil Salmi et Alenoush Saroyan, intitulée : "Les classements des universités comme instruments politiques : usages constructifs pour l'enseignement supérieur".
  • Sur le site lautrecampagne.org, une série de 5 entretiens avec des gens concernés et impliqués sur le projet de réforme des universités du gouvernement. Tous les sujets qui fâchent y sont abordés : recrutement, financement, échec en premier cycle, autonomie, etc.

Bonne rentrée à tous et toutes :-)

(Via : l'harassant dépouillement de mon agrégateur ...)

Parutions ...

Rapidement encore quelques parutions incontournables :

  • Le First Monday d'avril, avec 3 articles essentiels sur Wikipédia, dont un d'un poids lourd dans le domaine de l'analyse des moteurs de recherche au regard de théories et de modélisations issues du monde de la physique, Bernardo A. Huberman qui signe dans ce numéro un papier s'intéressant à l'évaluation de la coopération dans Wikipédia, en montrant que ladite coopération (correspondant aux différentes modifications d'un article - "edits" -) obéit à un mécanisme stochastique simple.

Gutenberg 2.0 et livre électronique

C'est le titre du dernier bouquin de Lorenzo Soccavo, auteur par ailleurs de l'excellent blog NouvolivrActu, lequel se prête au jeu de l'interview pour le BillautShow. Un bon tour d'horizon embrassant à la fois les aspects "technologiques" et les aspects "métiers" de ce que demain nous prépare.

Où publier ?

Le blog du chapitre anglais de l'ISKO nous livre dans son dernier billet le "top ten" des revues à plus fort facteur d'impact dans le domaine des sciences de l'information. Sans surprise aucune revue française n'y figure. Le saint graal de tout chercheur en ce domaine restant donc l'inexpugnable JASIST.

(Sans rapport, je note qu'à côté du blog anglophone de l'ISKO, le site du chapitre français de l'ISKO est resté, comment dire ... humm ... très 1.0 :-)

Parutions ...

Beaucoup en ce moment parmi lesquelles deux incontournables :

  • First Monday, dont je retiens cette bonne idée d'une synergie possible entre Wikipedia et l'accès public aux résultats de la recherche (open access), la seconde étant "valorisée" par sa présence dans la première, et la première étant "crédibilisée" par des références plus importantes vers la seconde.
  • D-Lib, dont je retiens ce qui me semble être le tout premier article fouillé qui aborde la question de l'évaluation des plateformes d'auto-archivage institutionnelles ("institutionnal repositories") installées dans les universités. C'est ici le cas de la plateforme DSpace implantée à l'université de Cornell qui est disséqué. L'article montre à quel point cette plateforme est sous-utilisée et sous-alimentée, et le cercle vicieux que cela entraîne ("je m'en sers pas puisqu'il n'y a rien" => "je n'y mets rien puisque personne ne s'en sert" => ad lib). Un article incontournable donc puisqu'au delà de l'ombre au tableau qu'il peut apparemment jeter sur les ardeurs des plus enthousiastes défenseurs de l'archivage institutionnel (dont j'essaie d'être), il démontre surtout - à mon avis - qu'au même titre que tout autre projet, et peut-être davantage encore que les autres, la mise en place d'une archive institutionnelle doit être accompagnée et surtout précédée par une active politique de sensibilisation et de formation. Alors seulement il devient possible d'administrer l'évangile sous la contrainte. Sans cela, et sans accompagnement sur ces projets des composantes directement concernées des universités (c'est à dire les SCD -  Services communs de documentation -), il est effectivement à craindre que les archives institutionnelles ne nous rejouent les coup des intranets sous-utilisés. Update : Stevan Harnad, donne son explication de l'échec Cornel(l)ien, et ses solutions dont l'archivage obligatoire)

Cartographie participative

C'est l'article qui a retenu mon attention dans la dernière livraison de First Monday. Après les GIS (Systèmes d'information géographiques), j'y découvre la naissance des PPGIS (Systèmes d'information géographiques publics et participatifs). L'article revient en détail sur trois de ces PPGIS : GoogleMaps, le projet CommonCensus et la construction d'un espace virtuel dans SecondLife. Où l'on voit que les cartographes professionnels se posent au sujet de ces "cartographies populaires" les mêmes questions que les bibliothécaires vis à vis des folksonomies :

  • "The amateur element in cybercartography is not a trivial issue. The simple customizable applications have allowed many programmers with no spatial training or background to construct heavily used Web resources. The en masse emergence of amateur cartographers may seem like just another example of “crowdsourcing” (see Howe, 2006) but the risks and benefits are much more dramatic than those associated with other Internet-enabled enterprises like digital photography or Wikipedia entries. An awareness of the value of expertise and an associated ethical standard (http://www.gisci.org/code_of_ethics.htm) is seen by many professionals as a necessary protection for the public who trust spatial data and maps without cognizing key assumptions and caveats associated with their uses."

Bientôt un code de déontologie folksonomiste ?

Notons également qu'au délà d'un amateurisme cartographique, le principal problème de ces cartographies en temps réel ou présumées telles, me semble être celui d'une géopolitique à rendu variable, telle celle que donne à voir les éternels problèmes de censure (?) concernant Google Earth et la visibilité donnée ou refusée à certaines zones sensibles. Voir à ce sujet la dernière affaire en date.

Etudes blogo-scientifiques

Les blogs prenant de plus en plus de place dans les différents espaces du net, de l'entreprise, de l'isegoria citoyenne et d'ailleurs, de plus en plus d'études et d'articles scientifiques les prennent comme objet d'étude. Dans le désordre :

  • Vincent Raynault, étudiant canadien, leur consacre plusieurs articles autour, notamment, de leur influence dans le cadre de la campagne électorale américaine
  • incontournable et très impressionnante (et Ô combien utile) cette "Master list of blog articles" propose rien moins que 381 articles et communications scientifiques autour de tous les aspects de la blogosphère
  • Le blog Mathemagenic de Lilia Efimova (très présente dans la liste susmentionnée) est centré sur ses travaux autour des blogs dans leur aspect KM (Knowledge Management) et communauté de pratique
  • Update du soir : sans oublier le remarquable dernier numéro de Reconstruction, Vol. 6, n°4, 2006 : Theories/Practices of blogging dont une revue de détail est présentée sur AcademicCommons.
  • Update toujours (merci Marlène) : La revue Réseaux n° 138 est entièrement consacrée à l'aspect politico-journalistico-ego-socialo-relationnel des blogs.

Et pour finir, en tant que Hard'Blogging Scientist, c'est tout naturellement que je fais mienne la conclusion de ce billet suite à la tenue d'une conférence intitulée "Science Blogging Conference" :

  • "There is hope that scientists’ external blogging communication may positively affect this generation of the necessary new models and ideas. Not prematurely publishing results, but collaboratively reflecting the questions that guide the subsequent research, might help developping new theories and innovation, by leveraging the immense potential of the blogosphere’s proven diversity of perspectives."

Soldes sur l'IST

Vous vous souvenez du coup de la sagesse gratuite ? Et bien c'est reparti. Pour fêter la numérisation de 300 000 nouveaux articles (backfiles), vous avez donc accès gratuitement, jusqu'au 28 février, à la quasi-intégralité du contenu des revues de cet éditeur. Que la force du téléchargement soit avec vous :-)
(Via ... mon e-mail :-)

Le livre à l'ère du numérique

Slf
Vient de paraître ... le dernier numéro thématique des "Cahiers de la librairie". Avec à l'intérieur la plus belle définition d'Internet qu'il m'ait été donné de lire, et à mon sens l'une des plus justes :

  • "(...) repensez à Daniil Harms, ou Mandelstam : cet écrivain assassiné en 1942 dans la furie staliniste, un ami sauve une valise de manuscrits. Il ne sera réédité que dans les années 1970, en anglais, puis en allemand. Il n'aura jamais cessé pourtant d'être un des écrivains les plus importants de la littérature russe contemporaine, et sans livre. Internet, pour moi, c'est cette valise. La possibilité que la littérature puisse mordre, parce que le monde qu'on nous fait ne nous convient pas, et quand bien même on serait privé de tout le reste." François Bon (article complet disponible en ligne).

Pour commander le numéro : en ligne par ici,  125p, 16 €, diffusion Verdier/CDE.

Dans un mois, dans un an, dans 5 ans peut-être, nombre des arguments, des avertissements, des prémonitions, dans rancoeurs, des contre-arguments, des colères, des écoeurements, des analyses, des réflexions, des témoignages présentés dans ce numéro seront contredits ou tout au contraire confirmés. Peu importe. Car rarement publication professionnelle aura présenté et réuni un si stimulant florilège de questionnements. Rarement la diversité des horizons de discours des contributeurs (universitaires, consultants, libraires, éditeurs, auteurs, journalistes ...) aura si intelligemment contribué à éclairer l'ensemble d'une thématique si complexe et si ramifiée. Le texte de chacun ayant été écrit dans la plus parfaite ignorance de celui des autres, leur juxtaposition au sein de ce volume donne à chacun d'entre eux un relief que leur singularité leur aurait interdit.

Pour cela, un grand merci à Christian Thorel. Pour l'initiative de ce numéro également et pour l'active sensibilisation/mobilisation qu'il entretient sur ces terres de convergence entre papier et numérique. "Un libraire de l'offre, et non pas de la demande". Ce qui me semble une définition adéquate de la librairie indépendante. A la lecture de ce numéro, vous serez convaincu que celle-ci ne manque pas d'atouts. Peut-être manque-t-elle juste (temporairement) d'atours. Mais elle en a plus d'un - tour- dans son sac livre. D'autres réfléchissent aussi à ces questions. Il sont à écouter par ici.

(Z'en parlent aussi : Joël Ronez, François Bon, Alain Giffard)

Netchercheur : le retour

Netchercheur, le magazine professionnel lancé en 2004 par Emmanuel Chanial, après avoir cessé temporairement sa parution, est de retour et c'est tant mieux. Nouveau look, nouvelle maquette, nouvelles rubriques. Au total 32 pages de chroniques de professionnels et la veille et de la recherche d'information (Christophe Asselin, Frédéric Martinet, votre serviteur ...), et un remarquable travail de couverture journalistique assuré par Emmanuel Chanial : des brèves, des annonces, des entrevues, des compte-rendus de congrès, etc. Bref, un INCONTOURNABLE pour toutes celles et ceux qui s'intéressent à la veille, à la recherche d'information et aux technologies et outils associés.
Le site web n'est pas encore mis à jour mais vous pouvez soutenir cette publication NECESSAIRE en vous abonnant auprès de "Netchercheur, EC                 PRESSES – 5 rue de DOUAI – 75009 PARIS - FRANCE", il vous en coûtera le prix de la qualité (288 euros pour 10 numéros). Pour toute autre information, la rédaction est joignable à l'adresse abonne@netchercheur.com. Parlez-en dans vos BU, vos labos et auprès de vos DSI :-)
DISCLAIMER : je collabore bénévolement à Netchercheur et ne touche aucun bénéfice sur les ventes.

Notion de délégation et objets techniques (avez vous donc une âme ?)

Cinq bonnes raisons pour se lancer dans la lecture d'une thèse :

  • Première bonne raison : la manière dont elle aborde la question des moteurs de recherche, qui est ce qui m'a été donné de lire de plus intelligent sur la question depuis longtemps : "les moteurs de recherche sont devenus des nœuds centraux du Web et de l’activité des internautes. On peut affirmer sans détour que ces hybrides composés d’organisation commerciale et de logiciel sont devenus des institutions. En tant que métatechnologies, ils se penchent sur les flux d’informations, traduisent le paysage plat de la toile en listes hiérarchiques, et certains d’entre eux se chargent même d’en tirer des cartes (interactives) en deux ou trois dimensions. Sur l’hypertexte géant qui embrasse le globe, les moteurs de recherche projettent des métatextes censés redonner un sens de l’orientation aux internautes dans un environnement devenu hors de la portée de la cognition de l’être humain, du fait de la quantité des documents et d’informations qu’il contient. Avec les moteurs de recherche, nous entrons donc pleinement dans la problématique-clé de la science de l’information : comment comprendre et soutenir « l’être social en quête d’information » et plus loin "Google ne définit pas seulement un contexte énonciatif, un langage pour formuler des requêtes, mais il ré-agit, devient également acteur sur la scène du Web. La liste des résultats d’un moteur de recherche peut être vue comme un texte collaboratif dont le constructeur, le dispositif et l’usager sont des co-auteurs. En ce sens, notre concept d’espace médiatique procédural est largement analogue à celui d’architexte à la différence près que nous attribuons au dispositif une certaine responsabilité d’auteur (machine) et non seulement une fonction de médium."
  • Deuxième bonne raison : elle est réalisée dans le cadre du laboratoire paragraphe de l'université Paris 8, et a bénéficié des retours du groupe "écritures hypertextuelles" dirigé par Jean Clément, LE théoricien français de l'hypertexte.
  • Troisième bonne raison : elle est disponible en ligne dès avant sa soutenance
  • Quatrième bonne raison : elle propose "un concept de la relation homme-machine qui repose sur la notion de délégation. Cette notion issue du discours sur l'organisation politique et sociale ainsi que de la théorie des acteurs-réseaux permet de formuler le transfert de contrôle et de moralité impliqué par l'usage de ces objets techniques que nous avons groupés sous le nom de métatechnologie. En parlant de délégation, nous posons des questions de contrôle, confiance et responsabilité, telles qu'elles entrent dans les rapports qu'entretiennent les êtres humains avec leurs dispositifs informatiques." D'autres appellent ça "écologie cognitive" et "affordances informationnelles" ;-)
  • Cinquième bonne raison : elle cite l'excellente thèse d'un certain Olivier Ertzscheid en bibliographie. re;-)

La thèse s'intitule "Métatechnologies et délégation. Pour un design orienté-société dans l'ère du Web 2.0". Son auteur est Bernhard Rieder. Je n'ai fait pour l'instant que survoler ce document de 389 pages. Mais quelque chose me dit que je vais vider une ou deux cartouches d'encre avec plaisir :-)

Sagesse gratuite

Sage est l'un des éditeurs d'ouvrages et de revues scientifiques les plus importants (près de 460 revues dans tous les domaines). La Lettre de Liens-Socio nous apprend que jusqu'au 18 Octobre, l'intégralité des publications est consultable et télédéchargeable g-r-a-t-u-i-t-e-m-e-n-t !! Il suffit pour cela de s'enregistrer ici, et c'est tout :-).
La rubrique "Search Engines" de la catégorie "Information Retrieval" du domaine "Information science" renvoie à elle seule 137 articles.
In fine il s'agit autant de publiciser le service offert par Sage que de "créer le besoin" pour endiguer l'effet des revues en libre accès. Mais je doute qu'à terme ce mode de fonctionnement (ouverture puis retour au modèle fermé) porte réellement ses fruits. L'autre solution consiste à mettre en place des modèles hybrides dans l'accès et la publication. D'ici là c'est une aubaine dont il faut s'empresser de profiter :-)

First Monday Septembre.

Au programme du dernier numéro paru :

Revues revisitées

Le très actif laboratoire I3M, après s'être intéressé de près au corpus des 800 thèses soutenues en "sciences de l'information et de la communication" (SIC), nous livre, sous la direction de Nicolas Pélissier, une enquête sur les revues disponibles en SIC. Une mine. Notamment en ces temps de "dossier de qualification" et autres "recrutement" pour savoir vers quelle revue se tourner pour soumettre ses articles. Chaque revue listée fait l'objet d'une fiche anthropométrique détaillée : différents comités, procédure d'évaluation, politique éditoriale, etc. Ceci dit, si vous voulez vraiment avoir une chance d'être qualifié et/ou recruté, mieux vaut s'intéresser à la très maigre liste des revues "validées" par le CNU : 15 revues scientifiques dont seulement trois mettent au premier plan les sciences de l'information. Avec quelque chose qui ne cesse de me turlupiner : que des revues francophones ! Rappel : nous sommes sur le site du CNU, l'instance seule habilitée à déterminer la qualité des travaux et des publications des aspirants maîtres de conférences. Quid donc d'un aspirant qui n'aurait publié que dans des prestigieuses revues internationales en général et anglo-saxonnes en particulier ?? Sur la même page on peut lire que "La liste des revues scientifiques publiant occasionnellement des articles en Sciences de l’information et de la communication est en cours d’élaboration." Bon. Mais ne pourrait-on à l'instar de la majorité des autres disciplines scientifiques composant les différentes sections du CNU, ne pourrait-on disais-je, proposer sur ladite page une liste des revues internationales "labellisées" ? Cela contribuerait à clarifier les choses pour des aspirants qui en ont souvent bien besoin et donnerait en sus à cette page une réelle valeur d'orientation. Allez. Un petit effort ... Merci d'avance :-)

Réflexions folksonomiques

A lire dans le dernier numéro du BBF un article d'Olivier Le Deuff qui fait le point (définition, historique et débats en cours) sur le principe et les usages des folksonomies (indexation sociale) et de leur système de "tag". Article repris et discuté par Got.
J'en profite pour vous livrer un article co-écrit avec mon camarade de jeu Gabriel Gallezot,que je vais présenter bientôt lors d'une conférence en suisse, et qui traite, justement, de folksonomies.
Le titre est le suivant :
"Etude exploratoire des pratiques d’indexation sociale comme une renégociation des espaces documentaires. Vers un nouveau big bang documentaire ?" in "Document numérique et société", 1ère édition, sous la dir. de Ghislaine Chartron et Evelyne Broudoux. Actes de la conférence organisée dans le cadre de la Semaine du document numérique à Fribourg (Suisse) les 20 et 21 septembre 2006. ADBS Éditions, 2006. 344 p. Collection Sciences et techniques de l’information.

En voici le résumé :

  • "A l’échelle du web, la massification des corpus et celle des accès ainsi que la concentration des acteurs (moteurs de recherche), témoigne d’une tectonique documentaire qui bouleverse nombre d’usages associés au document, du point de vue du traitement de corpus documentaires inédits dans leur forme (formats) et dans leur taille (volumétrie), ou de celui de la recherche et de l’accès pertinent et/ou raisonné auxdits documents. Des pratiques d’indexation sociale (folksonomies) émergent, en lien avec la préemption par un public non expert de techniques d’analyse et d’outils s’inscrivant habituellement dans l’héritage de la linguistique de corpus et plus globalement des sciences du document. Ces pratiques de re-documentarisation s’appuient sur une assise communautaire forte. Leur succès – à la fois public et technique – s’explique par un faible coût cognitif conjugué à une renégociation inédite des espaces documentaires du web. L’observation de motifs récurrents dans l’application de ces pratiques les situent dans la lignée des travaux définitoires du web socio-sémantique et pose également la question de la perméabilité de deux modèles. Avec le risque que le modèle bibliothéconomique d’accès raisonné aux connaissances soit battu en brèche par un modèle « marchand », subordonnant pour la première fois la problématique qualitative du « classement » des biens culturels à celle purement comptable du nombre de fois où ils sont « accédés »."

En langage non-universitaire cela pourrait donner un truc du genre :

  • "Pourquoi diable tant de gens utilisent-ils des sites comme FlickR et tout un tas d'autres systèmes de tags ? Ces trucs là peuvent-ils vraiment améliorer l'organisation de l'information sur la planète comme les index et autres thésaurus le permirent pour l'amélioration de l'organisation des bibliothèques ?"

Si la lecture vous tente, le texte intégral est ici (Téléchargement sdndocsoc.pdf)
A ce propos et dans la série "science 2.0", ce serait pas mal si pour quelque conférence que ce soit on pouvait disposer du texte ou au moins du résumé des articles des collègues afin de ne pas découvrir une dizaine de communications par jour et de donner plus de champ aux débats qui sont tout de même censés être l'intérêt principal de ce genre de manifestation (après le voyage et les petits four bien entendu :-))

Net Recherche

Je viens (enfin ...) de lire le livre "Net Recherche" (éditions de l'ADBS) qui m'avait gracieusement été adressé par Armelle Thomas et Véronique Mesguich. Ledit ouvrage est sous-titré "Le guide pratique pour mieux trouver l'information utile." Et le contrat est rempli à plus d'un titre. Il est (j'en sais quelque chose) de plus en plus délicat de construire des enseignements de "recherche d'information" tant les niveaux des étudiants sont hétérogènes (même si de plus en plus d'entre eux sont initiés aux moteurs de recherche, et parfois dès la maternelle - ce qui à mon sens est navrant mais c'est un autre débat - ), et tant les contenus d'enseignements sont chaque jour plus divers (blogs et rss, web invisible qui l'était hier et l'est de moins en moins aujourd'hui, moteurs et bases de données, frontière de plus en plus floue entre information structurée et non-structurée, etc, etc.).  Or donc, le bouquin est une pleine réussite : clair, pédagogique, accessible à des quasi-débutants mais réussissant à accrocher aussi le chercheur chevronné. 60 pages de pédagogie clarifiante, 60 autres des scénarios ("boîte à outils") dont une dizaine qui cède (avantageusement) à la GoogleMania et décortique l'ensemble des services du moteur vedette.
Si vous n'êtes pas convaincus, faîtes un tour sur le blog d'Armelle Thomas, ou partez visionner l'entrevue de Véronique Mesguich dans le Billaut Show (j'aime bien cette idée d'utiliser Google comme un "moteur de sources" et sa présentation comme professeur de "dégooglisation".
Voila. Promis ceci n'était pas un publi-rédactionnel ;-)

Fil d'Ariadne

Parution du numéro d'Avril d'Ariadne, avec plein de bonnes lectures, du petit exercice de prospective sur les moteurs de recherche (qui n'apprend rien mais synthétise bien) jusqu'au plus fouillé papier sur la grandeur et décadence des folksonomies.

Edition Scientifique en Europe.

Publication d'une étude de la commission européenne sur : l'édition scientifique en Europe. Cette étude donnera lieu à une conférence sur l'édition scientifique. Et vous avez la possibilité de donner votre avis sur la question (de l'édition scientifique) en envoyant un mail à la commission européenne.
(Via la liste Rtp-Doc)

Premier Lundi.

Parution donc de First Monday. Avec de quoi satisfaire les monomaniaques dans mon genre, et aussi les autres sur les questions de créativité (qui comme vous le savez est le moteur de la sérendipité, à moins que ce ne soit l'inverse, mais ça ce sera dans le prochain article qu'on vous prépare avec mon collège GG :-). Pour vous mettre en appétit, je vous livre une partie de la conclusion du premier article : "In Google we trust" qui explore les usages des médias** et le rapport de confiance avec les usagers : "If profitability is the foundation of trust, then Enron looked like a stalwart of twenty–first century America — until it was revealed that the profit reports its reputation was based on were fraudulent" ...

Update de 10 min. plus tard :
** à croiser avec cet article du LATimes : "New Media Paradox" où l'on voit que la multiplication du nombre de sources d'information, n'entraîne pas nécessairement (loin s'en faut) la multiplication des "points de vue" ...

J'suis bidon.

On parle beaucoup en ces temps numériques d'une économie de la réputation. La plupart des sites de vente en ligne de biens culturels (grossistes et autres) usent et abusent des commentaires et autres revues d'opinion de "ceux-qui-ont-acheté-et-aimé-le-livre-disque-machin-truc". La dernière livraison de First Monday nous livre un article sur les usages et les détournements des sites dits "de recommandation" :

  • "We explore several cases in which book and CD reviews were copied whole or in part from one item to another and show that hundreds of product reviews on Amazon.com might be copies of one another. We further explain the strategies involved in these suspect product reviews, and the ways in which the collapse of the barriers between authors and readers affect the ways in which these information goods are being produced and exchanged. We report on techniques that are employed by authors, artists, editors, and readers to ensure they promote their agendas while they build their identities as experts. We suggest a framework for discussing the changes of the categories of authorship, creativity, expertise, and reputation that are being re–negotiated in this multi–tier reputation economy."

Avec en parallèle de cette mise à jour d'un bidonnage bien organisé une intéressante réflexion sur les notions d'autorité et d'expertise.

Espace de la loi et loi du cyberespace

First Monday propose dans sa dernière livraison une série d'articles sur la question de la réglementation et de la "loi" dans le cyberespace.

Parution First Monday

Comme d'habitude incontournable. Avec notamment la présentation d'un métamoteur pour le monde "académique", une analyse du phénomène de "décentralisation" de l'information via les blogs au regard des médias journalistiques "traditionnels". On y trouvera également, par le responsable du projet DareNet, un article intitulé : "From Libraries to Libratories" qui indique que "Libraries are set to metamorphose into ‘libratories’, an imaginary word to express their combined functions of library, repository and collaboratory." Les bibliothèques comme "collaboratoires". Et puis également de quoi éclairer sous un nouvel angle certains débats autour de Wikipedia en particulier, la mémoire du web en général, et la construction d'une science "Historique" à l'heure du temps réel et à une période au cours de laquelle on dispose d'une gigantesque part de notre histoire sous forme numérique : "Web of lies : Historical Knowledge on the Internet." Incontournable donc. Le sommaire complet est ici.