Pour suivre en direct LA conférence internationale sur le mouvement de l'Open Access :
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Rédigé le 02 déc 2009 à 12:13 dans Open Access | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (1)
"10 ans après la création du protocole d'interopérabilité de l'OAI, 20 ans après la création du web et 40 ans après la création du net, nous sommes encore à des années lumières de pouvoir faire ce qui ne prendrait pourtant à chacun de nous que quelques clics pour le rendre possible du jour au lendemain : libérer la littérature scientifique ("refereed research") en ligne. Il est désormais trop tard pour pouvoir précocémment le faire, mais il n'est pas trop tard pour le faire ..."
Stevan Harnad dans un billet du 30 Novembre 2009, intitulé "From Here to Eternity".
A méditer immédiatement après la lecture du billet précédent, rédigé en Français par Harnad, intitulé "la liberté libre" et dans lequel, une énième fois, avec un acharnement sisyphéen, il assène encore et toujours le même argumentaire :
La suite du billet est (beaucoup) plus surprenante. Elle fait état d'une (apparente) querelle entre S. Harnad, inventeur et héraut de l'Open Access et Lawrence lessig, inventeur et héraut des licences Creative Commons. Harnad indique à la suite de son billet :
Bigre. Voir Harnad ramener au rang de tripatouillage ou autre tripotage les licences Creative Commons a de quoi surprendre ... d'autant que l'un des intérêts, et non des moindres, de ces licences est précisément - pour les auteurs qui le souhaitent - de rendre tout tripatouillage impossible ("non-modification" et "partage à l'identique" sont deux options des licences CC). L'origine de la querelle se trouve expliquée dans cet autre billet de Stevan Harnad qui fait lui-même écho à ce billet de L. Lessig.
Après lecture attentive, il s'agit davantage d'une volonté polémique de Harnad que d'une vraie dispute (ouf!). Bref rappel des faits :
Mais vous avez raison, je m'éloigne de mon sujet. Dans le billet où il dénonce ce risque, Lawrence Lessig fait la confusion suivante (attention ça va un peu se compliquer) :
Bon alors : fâchés ou pas fâchés ?? Pas fâchés. Juste susceptibles. L. Lessig et S. Harnad ont simplement, comme tous les grands défricheurs, une sensibilité probablement exacerbée qui ne tolère pas la moindre inexactitude concernant les intérêts qu'ils défendent. Et c'est tant mieux, car l'Open Access et les licences Creative Commons resteront probablement dans l'avenir comme les deux grandes "découvertes", les deux grands "déclencheurs" de la société de la connaissance.
Ben alors pourquoi faire un billet là-dessus ?? Parce que je fais ce que je veux ce que cette "vraie-fausse" querelle permet de toucher du doigt est la ligne extrêmement fragile sur laquelle se tiennent les partisans du libre accès à la science entre, d'un côté la nécessité de se libérer des situations aberrantes de rentes imposées par quelques éditeurs, et de l'autre, la tout aussi impérieuse nécessité d'assouplir la question du droit d'auteur appliquée à la publication scientifique, sans pour autant risquer de l'effacer entièrement au profit de "tripatouillages plus ou moins autorisés".
De Nantes à Montaigu la digue Paris en passant par Berlin. En parlant d'Open Access, si vous êtes à Paris, du côté de la Sorbonne, entre le 2 et le 4 décembre, ne manquez pas la "7e conférence internationale de Berlin sur le libre accès à la connaissance scientifique".
Lettre au père noël de l'université de Nantes et à son représentant sur terre (et sur l'université de Nantes plus précisémment) : Yves Lecointe. Une conférence dont mon université (Nantes) sera "partenaire". Un partenariat d'autant plus d'actualité que c'est un Professeur de l'université (de Nantes), Laurent Guillopé, qui depuis le 1er Février 2009 est le nouveau président du Comité de pilotage des archives ouvertes (CPAO) du CNRS, en remplacement de Franck Laloë. Une nomination qui n'est d'ailleurs probablement pas étrangère (et c'est tant mieux) à l'ouverture - le mois dernier - du portail des archives ouvertes de l'université de Nantes : http://hal.univ-nantes.fr/
Pourtant, en France, seules 6 universités** sur les 83 que compte notre hexagone ont à ce jour signé la déclaration de Berlin, la dernière en date étant l'Université de Provence. Et là bien sûr vous me voyez venir ... maintenant qu'on a "notre" portail d'archives ouvertes, maintenant que c'est l'un des nôtres qui pilote LA plate-forme française d'archives ouvertes et institutionnelles, ben ... ben ... peut-être que sous leur sapin de Noël, le président Lecointe et l'ensemble de ses conseils scientifiques et d'administration pourraient nous offrir et s'offrir à eux-même un petit peu plus qu'un simple "partenariat" un peu "cheap".
Allez, encore un petit effort, et l'université de Nantes pourrait être la 7ème université française à signer la déclaration de Berlin. Ce serait un beau début pour l'année 2010, non ?
<Update du lendemain> Hourra. C'est confirmé. Ce n'est naturellement qu'un début mais c'est déjà pas mal :-) </update>
**Université Blaise Pascal, Université de Haute-Alsace, Paris-Sud 11, Montpellier 2 (toutes les 4 en 2007), Lyon 2 Lumière (en 2006) et l'université de Provence (en 2009) et donc depuis le 2 décembre 2009 :
Soit au total le 3 7 décembre 2009 : 14 15 universités signataires sur 83. Peuvent et doivent mieux faire.
Rédigé le 30 nov 2009 à 23:24 dans Archives Ouvertes, Ecologie de l'info, Open Access | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)
Rédigé le 03 nov 2009 à 22:45 dans Archives Ouvertes, Francoblogsciences, Métier, Open Access, Réseaux sociaux, Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Petite revue de liens avant de goûter aux joies du repos estival ...
Côté édition scientifique et open access :
Côté bibliothèques qui disséminent, lectures numériques et tout ça ...
Côté stratégies numériques identitaires :
Côté médias sociaux, micro-twitto-sphère et recherche "temps réel" (real-time search)
Côté folksonomies et indexation sociale :
Côté Open access :
Côté Wikipédia
Côté (mauvaise) humeur :
Côté, "c'est l'été, et si on prenait le temps de réfléchir" ...
Côté "mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir prendre à lire sur la plage cet été ??"
Et puis, côté cadeaux de vacances ...
Rendez-vous à la rentrée prochaine (fin Août, début Septembre), en espérant que l'année universitaire qui s'annonce soit plus calme que celle qui vient de se terminer. Il y a peu de chances.
Rédigé le 14 juil 2009 à 14:47 dans Archives Ouvertes, Biblio"Tech", Document numérique, Ecologie de l'info, Folksonomies, Social Bookmarking, Glocalisation, Moteurs et autres engins, Open Access, Réseaux sociaux, Web 2.0, Wikipedia | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
J'étais l'autre jour à une journée d'étude au CNFPT des Pays de Loire. En commentaire de la diapositive 11 qui présentait les bibliothécaires comme devant être des "tour-operator numériques", j'indiquais qu'ils devaient d'abord l'être pour eux-mêmes (pour s’approprier les services) puis pour leurs usagers. Pendant le débat qui suivit, j'indiquais également qu'à mon avis les questions des publics de la bibliothèque seraient de plus en plus de cet ordre là :
Et bien j'ai la joie de vous annoncer que la réponse à ma dernière question (offre légale en téléchargement) est disponible en ligne, sous la forme d'un document pdf de 24 pages : Le Guide des sites de téléchargement gratuit et légal
Merci :
Ce travail constitue une remarquable base qui pourrait être optimisée de manière collaborative (en la complétant et en lui offrant une version numérique et en ligne plus facilement exploitable). Face à la législation de la castration, il est plus qu'urgent de développer la formation, la pratique, la pédagogie, l'accompagnement.
Rédigé le 11 mai 2009 à 11:48 dans Documents et ressources pédagogiques, Open Access | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
PASSÉ
PRÉSENT
FUTUR
De Décembre 2007 à Avril 2011. J'ignore si en Avril 2011 l'homme sera, ou non, un document comme les autres. Ce que je sais c'est que comme JE ne suis pas payé pour écrire cet article, comme JE ne touche aucun poucentage sur les ventes, comme IL s'agit de recherche "publique", comme ILS (les referees et coordinateurs scientifiques de la publication) ne sont pas payés non plus, IL devrait être possible pour l'organisme public qu'est le CNRS (au travers de sa maison d'édition, CNRSéditions) de trouver de quoi payer l'impression, les frais du secrétariat de rédaction de la revue Hermès, ainsi que la diffusion minimale de la même revue. Plus précisément, concernant les résultats de la recherche PUBLIQUE, je trouve qu'il est un peu dommage que la revue Hermès - qui est dans notre champ une référence - n'offre pas à ses auteurs la possibilité, a minima, de déposer les métadonnées de l'article et la version préprint (= la version initialement soumise AVANT les aller-retour éditoriaux entre les reviewers, l'auteur et/ou le secrétariat de rédaction) dans une archive ouverte. D'autant que côté Archives Ouvertes au CNRS, y'a pas non plus à chercher très loin pour en trouver une.
Chacun sa route, chacun son chemin.
... Le travail du chercheur est de creuser inlassablement certains sillons : dans son laboratoire, sur sa paillasse, dans sa cuisine, et parfois même sur son blog. Ce qui, pour la problématique essentielle de l'article publié par la revue Hermès, est le cas depuis environ fin 2005.
... Le rôle des conférences scientifiques est de permettre de présenter une vision un tant soit peu élaborée de ce patient labourage, devant ses pairs. Et d'en débattre. Et d'y nouer des contacts. Et d'y donner l'essor à des projets de publication scientifique (entre autres). Rôle ici joué par le séminaire du CNAM.
... Le rôle des éditeurs scientifiques est de stabiliser et de fixer les connaissances dans le cadre strict de l'évaluation par les pairs. Rôle ici joué par la revue Hermès. Mais ce rôle est aussi, me semble-t-il, d'en assurer la diffusion la plus large possible, sinon auprès du grand public, à tout le moins auprès des communautés scientifiques possiblement concernées (en évitant si possible certaines pratiques mafieuses). Communautés de plus en plus large du fait de la transdisciplinarité de plus en plus fondamentale (et en un sens fondatrice) qui traverse l'ensemble des connaissances produites aujourd'hui. Cette dernière mission (diffusion la plus large possible) paraît a fortiori naturelle quand l'éditeur est également un organisme de recherche publique, le CNRS en l'occurence pour la revue Hermès.
Si, si. C'est possible. (Et ça c'est cadeau).
Il est aujourd'hui techniquement et contractuellement possible de diffuser dès sa parution un article scientifique. Trop peu d'auteurs le font pourtant. Les raisons sont nombreuses : frilosité des éditeurs à leur signaler cette possibilité, idées reçues et poncifs entretenus, ignorance des enjeux et des moyens, manque de temps, de formation, etc ... Pourtant des revues (DOAJ), des institutions au double sens du terme (MIT) et des universités partout dans le monde (en belgique notamment) sont de plus en plus nombreuses à donner l'exemple.
Juste une question de tempo.
La question des modèles économiques de l'édition scientifique universitaire est une chose. Le droit au libre accès immédiat aux résultats de la recherche financée sur fonds publics en est une autre, et ce indépendamment même des questions (par ailleurs importantes) de visibilité institutionnelle ou de carrière personnelle. Comme autant de variations sur un même thème il est autant de problèmes connus que de solutions possibles : embargo, barrière flottante, dépôt immédiat des métadonnées pour en permettre le moissonnage, obligation de dépôt en archives institutionnelles (quand les universités en possèdent une ...), et quelques autres (variantes) encore. Et comme le dit la vieille devise Shadock : "S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème". Mais là n'est pas à mon sens la question essentielle. La question n'est d'ailleurs même plus de savoir combien de temps encore ce tempo là de la publication scientifique
sera raisonnablement acceptable, économiquement rentable et épistémologiquement cohérent. La question est ailleurs. La question est celle du tempo.
Le tempo des auteurs à l'heure de leur immédiat de recherche.
Le tempo des éditeurs et diffuseurs à l'heure de l'in-média.
La question est celle de savoir si oui ou non on décide aujourd'hui de délibérement priver le champ scientifique des possibilités offertes d'une transmission et d'une fabrication de la science in medias res.
<Update de qques jours plus tard> Voir également :
</Update>
(Temps de rédaction de ce billet : 3 heures)
Rédigé le 23 avr 2009 à 11:08 dans Archives Ouvertes, Ecologie de l'info, Open Access, Ouvrages et parutions | Lien permanent | Commentaires (7) | TrackBack (0)
J'étais l'autre jour (11 Mars) sur Toulouse à l'occasion d'un stage ENSSIB sur le "Marketing des bibliothèques". J'y intervenais de mon côté pour faire un point sur "Le Marketing des archives ouvertes".
Résultat :
Voir également la prestation (remarquable et remarquée) d'Olivier Tacheau : "Marketing des BU : Libqual + à Angers."
Rédigé le 22 avr 2009 à 10:50 dans Archives Ouvertes, Biblio"Tech", Open Access | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Rédigé le 04 fév 2009 à 22:15 dans Open Access | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Le président de l'égo-république et sa ministre de l'encrassement supérieur aiment bien les classements. Et ils se plaisent à nous le répéter, en matière de recherche, la France est mal classée. Très mal classée. Loin derrière les Etats-Unis mais aussi loin derrière le Royaume-Uni. Voilà pour le classement de Shangaï (dont tous les gens sérieux - même de droite - s'accordent aujourd'hui à reconnaître sinon l'inanité, du moins l'inefficience pour un pilotage de la recherche s'il est envisagé isolément).
Oui mais il est figurez-vous d'autres classements dans lesquels la France se retrouve devant les Etats-Unis, devant le Royaume-Uni, devant le célébrissime MIT. Ah ben oui les classements ... tout dépend lesquels on regarde et comment ils sont faits. En l'occurence il s'agit du "Ranking Web of World Repositories" mené depuis plusieurs années par un groupement de laboratoires de recherche espagnols, et qui mesure la "visibilité" des différents dépôts d'archives ouvertes sur la planète.
En voici les résultats :
Vous noterez donc que la France occupe la 3ème et la 6ème place, et que plus globalement les archives ouvertes francophones sont bien représentées grâce à nos amis helvètes (au total 4 places dans le "top 10").
Les crières choisis (correspondant aux 4 colonnes) valent le coup que l'on s'y arrête un instant pour bien comprendre l'enjeu d'un tel classement :
"Size (S). le nombre de pages renvoyées des 4 moteurs de recherche majeurs: Google, Yahoo, Live Search and Exalead.
Visibility (V). The total number of unique external links received (inlinks) by a site can be only confidently obtained from Yahoo Search and Exalead.
Rich Files (R). Seuls les fichiers textes au format Acrobat extraits de Google et Yahoo sont considérés.
Scholar (Sc). En utilisant Google Scholar nous calculons la moyenne entre le nombre total d'articles renvoyés et ceux publiés entre 2001 et 2008 (articles "récents")Les 4 critères sont ensuite recombinés dans une formule où chacun d'entre eux dispose d'un poids différent mais où le ratio 1:1 entre l'activité (critère "size") et l'impact ("visibility") est maintenu."
Alors plutôt que d'entraîner les universitaires vers des "objectifs" dont ils ne veulent pas et qu'ils ne pourront de toute façon jamais atteindre (surtout dans le nouveau cadre de la LRU), c'est à dire un dogme étatique de la "course à la publi" et une autonomie "caporaliste" d'abrutissement comptable, peut-être vaudrait-il mieux soutenir significativement les initiatives du monde des archives ouvertes qui, elles, poursuivent un double objectif qui devrait être prioritairement commun à l'universitaire ET au politique : accroître la visibilité de la recherche française ET faire de cette visibilité un atout dans la construction d'une société de la connaissance et du partage des savoirs.
Rédigé le 02 fév 2009 à 21:15 dans Archives Ouvertes, Google Print/Books, Métier, Open Access | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Anniversaire Wikipédien.
On fêtait il y a peu le dixième anniversaire du dernier des mohicans annuaires et celui du premier des moteurs. C'est aujourd'hui (enfin le 15 Janvier exactement) le 8ème anniversaire de l'un des trois piliers de notre révolution cognitive, j'ai nommé, Wikipédia. Wikipédia aujourd'hui c'est 265 langues et plus de 10 millions d'articles.
Un anniversaire et des projets plein sa besace dont ReadWriteWeb nous révèle l'essentiel :
Le mois prochain ce sont les licences creative commons qui fêteront leurs 6 ans. Une autre evidence. A force de simplicité. L'occasion également de rendre hommage à de glorieux aînés.
Pendant ce temps, Knol publie son 100 millième article knol (voir par exemple le billet d'Actulligence sur le sujet)
(Temps de rédaction de cet article : 1 heure)
Rédigé le 19 jan 2009 à 22:52 dans Ecologie de l'info, Open Access, Wikipedia | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Va falloir s'y faire. Ca bouge à la Bnf. Ca bougeait déjà depuis longtemps me direz-vous. Certes ... Mais là, en plus de bouger, ça communique sur le mouvement :-) Donc :
Rédigé le 26 oct 2008 à 20:16 dans Biblio"Tech", Document numérique, Google Print/Books, Open Access | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Rédigé le 14 oct 2008 à 13:09 dans Open Access | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Publish or perish. On parle beaucoup ces derniers temps de scientométrie et d'évaluation de la recherche.
Concernant la réforme des universités tout d'abord. Le dernier rapport de l'AERES met les labos de recherche des universités en ébullition : chacun compte ses publis et les publis de ses collègues et autant vous dire que si l'effet recherché par cette grille de lecture était de déclencher une saine émulation, c'est parfaitement raté ...
Même au CNRS (où les gens ont le temps de publier ... ce qui est hélas de moins en moins le cas à l'université, tâches administratives et d'enseignement obligent), l'heure est à la fronde. Voilà pour l'agitation "politique" autour de l'évaluation. Côté scientifique, plusieurs articles et rapports permettent d'avoir une vue plus claire de la situation :
Et puis si vous n'avez pas le temps pour toutes ces lectures, alors n'en faites qu'une seule : "Du mauvais usage de faux-indicateurs" (.pdf) : une note de recherche passionnante de Yves Gingras dont je vous livre quelques extraits de la conclusion :
Et plus loin :
(Temps de rédaction de ce billet : 1h15)
Rédigé le 02 oct 2008 à 11:48 dans Archives Ouvertes, Document numérique, Moteurs et autres engins, Métier, Open Access | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (1)
Allez, hop hop hop, au boulot. Fini de lézarder. D'autant qu'il s'est passé plein de choses en deux mois ...
Côté encyclopédies :
Côté Moteurs (enfin ... surtout côté Google ...) :
Côté Moteurs, outils ET bibliothèques :
Côté bibliothèques ...
Côté livre/document/lecture numérique :
Côté biblio-scientométrie

Côté Science 2.0
Côté Web 2.0 ...
Côté Web 2.0 et après ...
Côté énervements récurrents :
Côté People et Blogosphere :
Côté identité numérique :
Côté "ça peut toujours servir" :
Côté Agenda :
Côté lectures :
Côté visionnage :
Ce qui me frappe dans tout ça ...
Comme dans la nouvelle de Borges, "Funes ou la mémoire", le mouvement d'externalisation de nos mémoires, documentaires et intimes, nous mène droit vers une société à l'hypermnésie latente, activable. Avec Google dans le rôle de Funes, et de son côté, pas la moindre aspiration à s'enfermer dans une pièce vide pour ne plus rien "enregistrer".
Bonne rentrée à tou(te)s :-)
(Sources : sous les liens // Temps de rédaction de ce billet : 2 mois ;-)
Rédigé le 01 sep 2008 à 10:45 dans Biblio"Tech", Cuisine interne, Document numérique, Ecologie de l'info, Google Print/Books, Moteurs et autres engins, Open Access, Sérendipité, Veille & Recherche d'info, Web 2.0, Weblogs, Wikis & RSS, Wikipedia | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (1)
Le secteur de l'édition des "manuels" (scolaires/universitaires) utilisés dans l'enseignement supérieur et secondaire est intéressant pour au moins deux raisons : d'abord c'est un marché très important et relativement "constant" et à ce titre, c'est un secteur qui se trouve souvent aux avant-postes des stratégies éditoriales liées au numérique. L'autre raison tient au contenu même de ces ouvrages et à l'usage courant qui en est fait : des contenus et des usages qui se prêtent particulièrement aux logiques de lecture / consommation numérique et qui en font là encore un poste d'observation privilégié. Ainsi :
Et pour rebondir sur le débat du billet de LaFeuille, on se prend à rêver que des initiatives comme Sésamath fassent école, et que - pour l'université - les enseignants, les bibliothèques et les presses universitaires s'en inspirent pour faire bouger les stratégies éditoriales de ce marché.
Rédigé le 08 avr 2008 à 13:39 dans Open Access | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
(Nota-Bene pour mon électorat lectorat de gauche : le titre de ce billet fait juste référence à deux monuments dans leur genre : le film culte des Nuls et un article du dernier numéro de la revue First Monday)
Plus sérieusement donc, l'article "Info-communism? Ownership and freedom in the digital economy" (dernier numéro de la revue First Monday) est à lire d'urgence. Traduction approximative de son pitch :
Première remarque liminaire : ce n'est pas la première fois que les américains nous font réapparaître le spectre terrifiant du communisme dans le débat sur la notion de bien commun informationnel, mais cette fois, reconnaissons que l'argumentation de l'article est solide ;-)
L'article commence par rappeler le nom des dangereux léninistes à la tête de cette idéologie du partage et de l'ouverture : Yochaï Benkler ou Lawrence Lessig. Après avoir ensuite qualifié de "farce" l'application du vocable "communiste" au mouvement des "commons", l'auteur indique "qu'il y a deux types de justification pour défendre le mouvement des commons : la première est pragmatique, individualiste et libérale. La seconde est moraliste et collectiviste." En voilà au moins un qui n'avance pas masqué ...
Pour le reste, vous pouvez sauter le point 1 de l'article ("Red–baiting the common–ists: Frame or be framed") qui est consacré à une rapide explication de la différence entre communisme, marxisme et léninisme et stigmatise (un peu facilement) les détournements - iconographiques - de références - symboliques - auxquels se sont livrés les pionniers du mouvement open-source.
Venons-en donc au second point de l'article ("Ideological tensions in the movement") qui est plus intéressant, notamment lorsqu'il resitue les bases du mouvement initié par Richard Stallman dans la mouvance anarcho-communiste du M.I.T. (ben si, c'était tous des anarcho-communistes au MIT, vous ne le saviez pas ?)
Passons au point 3, dans lequel l'auteur pose LA question qui (le) fâche : "Le partage d'information est-il une obligation morale ?" (Is sharing information morally obligatory?). Et la position de l'auteur est là encore claire : "On ne peut pas justifier son opposition à une information "propriétaire" seulement sur la base d'un impératif éthique de partage, à moins d'étendre cet impératif éthique à toutes les ressources informationnelles et de rejoindre alors le vrai communisme" (ce qui vous l'aurez compris, est mal ...). Que dire d'autre ... si ce n'est que ce genre d'argumentaire aurait parfaitement sa place dans un discours d'Henri Guaino :-( Et cerise sur la gâteau, l'auteur nous offre un second "argument" du calibre de tous ceux qu'il a "dénoncés" jusqu'à ce point de son article : il indique que cette expansion de la vermine communiste du partage éthique "poserait de graves problèmes à l'ensemble des professions du secteur de l'information." Oui mais ... Ni Stallman (gourou marxiste), ni Benkler (crypto-léniniste), ni Lessig (anarcho-communiste) n'ont jamais prétendu, évoqué ou écrit cela ...
Venons-en donc (enfin ...) au dernier point de l'article ("Property and commons: Finding complementarities"). Etant entendu que "les commons c'est mal mais c'est fun et tout le monde aime bien", et que "le libéralisme c'est bien mais que les communistes n'en sont pas fan", l'auteur nous propose donc de réconcilier les contraires. Blague à part, ce dernier paragraphe de l'article vaut lecture (et cette fois je ne plaisante pas). Il pose les bonnes questions (ce qui m'apparaissait plutôt improbable à la lecture des parties précédentes), et rien que pour ce dernier paragraphe, cet article est effectivement intéressant. Il est intéressant parce qu'il replace le débat sur la notion de bien commun (informationnel) dans une perspective politique et sociale et plaide pour une hybridation :
Toute la question reste de savoir si ce sont des logiques de marges ou de transfert de marché qui doivent conditionner le niveau de libre dissémination des connaissances (point de vue libéral), ou si la libre dissémination des connaissances génèrera son propre écosystème économique avec une répartition sinon plus égale, du moins plus proportionnée, des revenus générés (point de vue crypto-communiste). Sur ces deux positionnements, les clivages économico-politiques ont de beaux jours devant eux. Mais se saisir de ce débat est une réelle urgence, notamment pour la communauté scientifique dans son ensemble.
(Temps kolkhozien de rédaction de ce billet : 2h00)
Rédigé le 07 avr 2008 à 23:11 dans Ecologie de l'info, Open Access | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
Après Gallica 2, voici venu Persée 2, nouvelle version du portail de revues en sciences humaines dévoilée lors du salon du livre. Comme tout ce qui se termine par 2, dans Persée 2 il y a 2 fois plus de jolies couleurs, 2 fois plus de fonctionnalités "sociales", et surtout 2 fois plus de fonds documentaires annoncés mais ... mais ... mais après mes premiers tests, le nouveau fonds "travaux de recherche" reste désespérément vide ... dommage ...
(Via Homo Numericus)
Rédigé le 25 mar 2008 à 17:23 dans Biblio"Tech", Open Access | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
En novembre 2007 s'est tenu à l'université de Berkeley un séminaire intitulé "L'université comme éditeur". Les actes ne sont malheureusement pas (encore) disponibles mais un document de compte-rendu (.pdf) rappelle quelques conclusions importantes de ce séminaire :
Sur ce dernier point (à mon avis essentiel), Ghislaine Chartron dans son article "Une économie renouvelée de la publication scientifique"** indiquait déjà que "Les évolutions de la publication scientifique concernent également un
ensemble de pratiques innovantes portées directement par les usagers,
par exemple les nouvelles revues, les archives, les bloc-notes de
chercheurs. Cette innovation ascendante ne peut plus être ignorée dans
les transformations en cours".
Outre les bloc-notes (blogs) de chercheurs et d'enseignants et les archives institutionnelles, le séminaire de Berkeley ajoute la diffusion de cours et de conférences sous forme de podcast parmi les actions essentielles de dissémination.
Le paysage (complexe) qui se dessine est donc le suivant : à l'adage toujours applicable aux chercheurs du "Publish or Perish", correspond désormais pour leurs structures de rattachement un adage semblable : "Disséminer ou périr". Un tableau qui ne fonctionne pas en opposition mais en hybridation : si de nombreuses universités (via leurs "presses" notamment) prenaient déjà en charge nombre d'actions de publication, de plus en plus de chercheurs sont aujourd'hui les éléments moteurs d'opérations de dissémination. Dans un cas (dissémination) comme dans l'autre (publication), le succès de l'un (université ou chercheur) dépend : de la bonne volonté, des compétences affirmées ou construites et de la détermination "politique" de l'autre (chercheur ou université). Or c'est précisément cette logique d'hybridation réciproque qui est complexe à mettre en place. Un juste dosage entre une politique de formation volontariste et des mesures incitatives (obligation de dépôt) devraient permettre d'y arriver.
Ce séminaire s'inscrit dans un projet d'envergure du Center for Studies in Higher Education et de la fondation Andrew Mellon, projet qui vise à proposer (notamment) une typologie des modes actuels de publication et d'évaluation. Divers autres documents complémentaires sur ce projet sont disponibles (.pdf) : "planning proposal", "final report" et nouveau "project proposal"
**Ghislaine Chartron, "Une économie renouvelée de la publication scientifique" in Perspective documentaire en éducation 62:21-29, (2006-09-01), en ligne.
(Source : Prosper // Temps de rédaction de ce billet : 40 minutes)
Rédigé le 04 mar 2008 à 09:19 dans Archives Ouvertes, Biblio"Tech", Open Access | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Le dernière "Une" du magazine Wired ne va pas du tout plaire à Denis Olivennes (pour qui "la gratuité, c'est le vol"). Chris Anderson (rédac'chef dudit magazine et auteur de la fameuse analyse de la longue traîne) n'y va pas par 4 chemins en titrant : "La gratuité est l'avenir de l'économie." ("Why 0,00$ Is the future of business").
L'argument préalable est le suivant : "Il est désormais clair que tout ce que le numérique touche tend vers la gratuité". Chris Anderson s'interroge sur l'actuelle gratuité des contenus et services les plus plébescités (moteurs de recherche, wikipedia, etc ...). Il y rappelle que nous évoluons dans une économie du don ("gift economy"). Et il pointe un certain nombre scénarios possibles :
La suite de l'article propose une intéressante typologie des modalités de la gratuité :
Chris Anderson revient ensuite sur cette "économie de l'abondance" qui sert de point d'orgue à l'économie de "l'attention" et à celle de la "réputation". Et de présenter Google comme la parangon (et la banque centrale) de cette économie :
Une vidéo postée sur YouTube du même Chris Anderson accompagne l'article.
L'ouvrage de Chris Anderson défendant cette thèse et intitulé "FREE", paraîtra (gratuitement ?) en 2009.
<Update> A compléter par le lecture de ce billet sur les modèles d'affaire du web 2.0 publié sur Internet Actu </Update>
(Source : Nonfiction.fr // Temps de rédaction de ce billet : 1h30)
Rédigé le 03 mar 2008 à 19:41 dans Ecologie de l'info, Moteurs et autres engins, Open Access | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Plein de choses à blogguer en attente depuis longtemps ... attendez-vous donc à quelques billets sous forme de "revue de liens". Commençons par l'Open Access :
(cliquez pour agrandir)Bon ben voilà. Si après tout cela vous n'êtes pas convaincus de l'intérêt de l'Open Access, j'entre officiellement en dépression. Plus sérieusement, ce mouvement de grande amplitude (qui semble donc récemment boosté par quelques-unes des belles initiatives listées dans ce billet) va permettre, sous peu de disposer d'un fantastique réservoir planétaire interopérable de ressources documentaires scientifiques. Même les plus puissants moissonneurs ne suffiront probablement pas pour en extraire la substantifique moelle (en un temps plus court que celui de la vie d'un chercheur lambda s'entend). Attendons-nous donc de ce côté-là à voir un très probable regain d'intérêt et de développements applicatifs du côté des moteurs de recherche et des outils et interfaces de visualisation, comme en témoigne le projet annoncé d'Intute d'un moteur permettant dans un premier temps de fouiller toutes les archives institutionnelles du Royaume-Uni, et dans un second temps d'y appliquer des logiques de dédoublonnage (en deça desquelles se profilent par ailleurs des problèmes de "versioning" qui vont devenir extrêmement complexes et stimulants) et d'agrégation sémantique (clusterisation notamment).
Voilà voilà ... à la louche vous en avez pour un petit millier de pages de lecture. Bonnes vacances ;-)
Rédigé le 14 fév 2008 à 22:36 dans Archives Ouvertes, Biblio"Tech", Open Access | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
La question de la mesure (qualitative et quantitative) de la science est d'abord celle de la validité et de la fiabilité des instruments de mesure le permettant. Au premier rang desquels les différents indices de citation. En ce domaine, les choses bougent notablement ces derniers temps :
Rédigé le 13 jan 2008 à 20:47 dans Archives Ouvertes, Document numérique, Métier, Open Access | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
Côté moteurs/wikipédia/knol :
Côté réseaux sociaux, moteurs de recherche et scientométrie :
Côté moteurs tout court :
Côté Bibliothèque "2.0" (ou pas ...)
Côté Folksonomies & Indexation sociale
Côté néologismes :
Côté copyright, Fair-Use et autres creative commons
Côté traces documentaires identitaires (ou identité numérique si vous préférez) :
Côté ressources pédagogiques :
Côté voeux, bonnes résolutions et oracles divers :
Et mes prédictions à moi ?
Bonne année à vous tous :-)
Rédigé le 06 jan 2008 à 21:08 dans Archives Ouvertes, Biblio"Tech", Document numérique, Documents et ressources pédagogiques, Folksonomies, Social Bookmarking, Glocalisation, Moteurs et autres engins, Open Access, Réseaux sociaux, Semantic web, ontologies, Sérendipité, Veille & Recherche d'info, Web 2.0, Wikipedia | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (1)
(Via Lawrence Lessig)
Rédigé le 02 déc 2007 à 21:44 dans Ecologie de l'info, Open Access | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
A visionner sur Slideshare, un diaporama qui a comme titre : "The promise of Authority in Social Scholarship". Le mouvement des réseaux sociaux est en train d'impacter lentement mais surement le monde académique (rappelons que Facebook était, au départ, un réseau social destiné aux seul étudiants de l'université d'Harvard). Les raisons sont multiples :
A tout cela il faut ajouter la relative "légèreté" et la simplicité de la prise en main de ces plate-formes au regard d'autres outils plus institutionnels et plus "lourds" (Moodle par exemple). Donc il y a de plus en plus d'étudiants et de plus en plus d'enseignants-chercheurs sur Facebook. Et la question qui s'était déjà posée au moment de l'émergence des blogs et leur appropriation par les enseignants-chercheurs comme autant d'outils de publication hybrides, va nécessairement se reposer dans le cadre d'une sociabilité académique. Et c'est précisément la question de l'autorité dans le cadre de cette sociabilité académique qu'interroge le diaporama en question. Sur la 4ème diapositive on peut lire cette définition de la sociabilité académique : elle désigne "l'utilisation de réseaux sociaux à des fins de publication ou d'interaction avec d'autres membres de la communauté universitaire." L'auteur du diaporama insiste également sur la notion de "soft peer-review" qui comporte deux dimensions :
La sociabilité académique (= universitaire) est donc composé d'un enchevêtrement de 3 choses : "des textes, des conversations et des métadonnées." Ce qui n'est pas une nouveauté. Dans le fonctionnement académique classique, on publie des textes, lesquels sont discutés (conversations) lors de colloques ou de conférences, pour être enfin publiés et indexés via des métadonnées. Ce qui, pour moi, change radicalement la donne c'est :
Il devient donc urgent de réfléchir à de nouvelles métriques autoritatives, qui constitueront l'une des composantes nécessaires du nouvel ordre documentaire en train de se mettre en place à l'échelle du réseau. A ce titre, je croie que ces nouvelles métriques pourraient, en partie, s'inspirer de la dynamique des différents appareillages cognitifs en train de se mettre en place autour de l'encyclopédie Wikipedia.
Rédigé le 07 nov 2007 à 10:23 dans Document numérique, Folksonomies, Social Bookmarking, Glocalisation, Open Access, Réseaux sociaux, Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Superbe travail d'Alma Swan qui nous livre sous licence Creative Commons ce calendrier de l'Open Access (.pdf), avec pour chaque mois le rappel d'événements importants pour ce mouvement, et en guise d'images, un travail typograhique autour de "maximes" là encore en rapport direct avec la philosophie du même mouvement.
Et tant que vous y serez, jetez aussi un oeil sur ses présentations du mouvement de l'OA et sur le positionnement des éditeurs, ainsi qu'à l'ensemble de ses articles et rapports.
(Via Opening Scientific Communication)
Rédigé le 04 oct 2007 à 13:58 dans Open Access | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Repérée par Peter Suber, une étude qui revient en détail sur la pratique du "Ghost Writing" dans le domaine des revues médicales. Cette pratique désigne les articles écrits par les compagnies pharmaceutiques et publiées sous le nom d'universitaires n'étant que peu (ou pas) intervenus dans le processus de recherche. Les chiffres de l'étude sont plus qu'alarmants : plus de 40% des articles concernant directement la médication ou la thérapeutique médicamenteuse relèveraient du ghost writing.
Peter Suber rappelle utilement que c'est un argument de moins à mettre du côté de ceux qui (cf l'initiative PRISM) indiquent que l'Open Access remet en question la qualité du processus de revue par les pairs.
Rédigé le 03 oct 2007 à 12:47 dans Ecologie de l'info, Open Access | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (1)
A l'appui de l'un des derniers billets de Jean-Michel Salaün sur l'industrie du "fair-use", on consultera utilement ce document sur les modèles économiques des logiciels open sources et logiciels libres.
Rédigé le 21 sep 2007 à 20:29 dans Open Access | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
(oui je sais, faut que j'arrête avec ce genre de titre, ça nuit à mon référencement ;-)
Beaucoup de boulot, pas mal de cours, et (beaucoup) de billets en attente ... donc un peu de ménage s'impose en commençant par le revue par les pairs :
Pour ceux qui chercheraient encore le lien entre ce rapport et le point de vue rapporté par Tim O'Reilly, il consiste à réflécir sur la manière permettant d'alléger la très lourde pression informationnelle et numérique (au sens de "nombre") pesant sur les revues scientifiques. La mise à disposition des textes-revus-par-les-pairs, si elle se faisait plus tôt ou dans des conditions différentes de celles actuelles, permettrait peut-être à son tour de doper cette économie de l'usage équitable, sans pour autant abandonner un usage - peut-être plus ouvert - du droit d'auteur. Le fait d'ouvrir en amont (peer-commentary) et en aval (post-peer commentary) le processus de revue par les pairs, permettrait également d'accéler la diffusion - contrôlée - des savoirs scientifiques et technologiques en levant pour les mêmes raisons, une partie de la charge qui incombe actuellement aux revues.
Là encore, ce même souci de "porter" les problématiques scientifiques (et médicales) sur la place publique. Trouver de nouveaux espaces, de nouveaux modèles, ouvrir ceux existants, démultiplier les canaux et les supports de diffusion. Sans pour autant complètement lâcher les rennes ou nier les indéniables assurances que procurent les systèmes actuels (d'évaluation par exemple), mais en démultipliant les expertises et les lieux de leur exercice.
Et voilà. Y'a pas mieux donc on garde le peer :-( Et de produire par la suite une quinzaine de recommandations dont les 3/4 auraient pu être formulées par un élève de maternelle, et l'ont d'ailleurs déjà été (formulées) sur ce blog et ailleurs. La British Academy recommande donc :
Les conclusions de ce rapport sont proprement stupéfiantes. A lire "l'executive summary" et la liste des "recommandations"qu'il contient, on est en plein dans la quatrième dimension, au mieux celle de la résistance institutionnelle au changement, au pire celle de la mauvaise foi :-((
Rédigé le 18 sep 2007 à 23:31 dans Ecologie de l'info, Métier, Open Access | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Bernard Rentier, recteur de l'université de Liège, dispose déjà d'un assez large passif dans le domaine de l'évangélisation à l'Open Access. Il n'hésite pas non plus à énoncer un certain nombre de vérités concernant les politiques tarifaires abracadabrantesques des éditeurs (Elsevier notamment). Enfin, il ne se contente pas de communiquer pour faire parler de son université, il agit également en conséquence, par exemple en mettant en place un archivage institutionnel o-b-l-i-g-a-t-o-i-r-e. Il nous annonce aujourd'hui la naissance du site Réflexions, à mi-chemin entre le magazine institutionnel et, concept qui me plaît assez, l'Open Access grand public.
Voilà qui définit assez bien en somme la ligne éditoriale d'Affordance, à ceci près que je ne suis naturellement pas journaliste, et que conséquemment, la vulgarisation peut parfois s'en ressentir :-)
Plus sérieusement, si l'on parvenait à coupler ce genre d'initiative et sa claire valeur ajoutée journalistique avec d'autres initiatives comme celle de Renée D. Blogs, en permettant par exemple de croiser sous un même espace thématique des contenus produits par des journalistes mais également des blogs de chercheurs :
Pour le public, le cheminement type serait le suivant :
Plus naturellement, tous les autres parcours possibles selon les variations du point d'entrée (lequel peut aussi être un billet publié par un chercheur et non nécessairement l'article d'un journaliste).
Aaaah si un seul de nos présidents d'universités françaises pouvait s'inspirer de l'exemplarité liégoise ...
Je vais peut-être réféchir à une demande de mutation sur Liège moi ... :-)
Rédigé le 16 sep 2007 à 23:44 dans Open Access | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
Rappel des épisodes précédents :
Episode 1 : "Je vais bien tout va bien."
Le Pitch : les chercheurs écrivent des articles, les éditeurs les publient. Et revendent aux chercheurs, notamment par le biais des bibliothèques universitaires, les articles qu'ils ont écrits, mais en réalisant une marge substantielle. C'est l'âge d'or (des éditeurs).
Episode 2 : "La rebellion."
Le Pitch : les chercheurs, un peu énervés par l'augmentation des marges des éditeurs, décident d'entériner certaines pratiques consistant à s'échanger des articles, entre chercheurs, juste pour voir. Et tant qu'à y être, se disent que puisque c'est eux - les chercheurs - qui écrivent les articles, eux encore qui choisissent quels articles sont ou non recevables, eux enfin qui les lisent - les articles - et bien ils n'ont qu'à continuer de faire ça entre eux, que ça ne devrait pas marcher beaucoup plus mal, et que ça coûtera moins cher à tout le monde. Le mouvement de l'Open Access et des archives ouvertes est né.
Episode 3 : "Touche pas au Grisbi."
Le Pitch : les éditeurs observent les chercheurs faire mumuse dans leur coin, avec leurs petits articles et leurs petites revues. Mais petit à petit, les revues des chercheurs, les articles des chercheurs passent de moins en moins par les éditeurs, qui ne peuvent pas les revendre très cher aux chercheurs, via les bibliothèques notamment. Et là, les éditeurs font une erreur. Au lieu d'aller voir les chercheurs, de leur demander gentiment ce qui se passe, de leur expliquer que le métier d'éditeur c'est aussi un métier qui apporte quelque chose dans la production et la diffusion des connaissances scientifiques, au lieu d'essayer de voir avec les chercheurs comment s'arranger, au lieu d'écouter la demande du public (essentiellement d'autres chercheurs), les éditeurs se moquent, et pour combler leur manque à gagner, ils augmentent encore le prix des revues qu'il leur reste à vendre aux chercheurs.
Episode 4 : "Le Pitbull."
Après avoir ignoré le mouvement de l'open access, après l'avoir assez largement sous-estimé et parfois aussi méprisé, et ne pouvant décemment pas augmenter encore le coût de la revente des articles des chercheurs, les éditeurs boudent et ne savent plus trop quoi faire. C'est alors qu'ils décident d'aller voir quelqu'un dont le métier consiste à trouver des arguments pour expliquer que fumer des cigarettes permet de réduire le trou de la couche d'ozonne, aide les fleurs à pousser dans les jardins, et permet d'éviter la réintroduction des ours dans les pyrénées (si c'est un fabriquant de cigarette qui le paye pour dire ça).
Episode 5 : "La zizanie."
Le ptich : sur les bons conseils - chèrement payés donc - de ce Tullius Detritus, les éditeurs décident donc de raconter partout que les chercheurs sont des méchants, qu'ils copient sur leurs autres copains chercheurs, que ce sont des trouillards qui veulent même pas donner leurs articles à lire à d'autres chercheurs pour que eux, les éditeurs, puisse en publier certains. Les éditeurs racontent à qui veut l'entendre que c'est le méchant gouvernement public qui fait faire des dictées aux chercheurs, pour leur indiquer quoi mettre dans leurs articles.
(A SUIVRE ...)
Cette histoire, c'est celle de l'initiative Prism, véritable opération de com(mando) qui consiste à mettre en pratique les conseils d'un sulfureux cabinet de Relations Publiques. Cette histoire c'est surtout l'histoire de la mauvaise foi. Une mauvaise foi d'autant plus absurde que - mis à part le cas de ceux qui ne se préoccupent en aucune manière de l'économie du document numérique, et qui représentent la majorité des enseignants-chercheurs - d'autant plus absurde que les chercheurs - ceux qui restent - sont des gens relativement "déniaisés" sur la question, conscients du rôle important que joue l'édition dans la collecte, le filtrage et la dissémination des connaissances, des gens qui s'efforcent de ne pas caricaturer le débat en acceptant de débattre de modèles hybrides, comme celui d'une barrière flottante permettant de fixer après un délai de temps variable, le passage en libre accès de tout ou partie d'une revue ou d'une collection (principe du "libre accès maîtrisé"). Des gens qui sont prêts à mettre clairement tous les arguments sur la table, y compris ceux (d'arguments) qui jouent a priori en faveur de l'adversaire (à titre d'exemple, on ne peut pas continuer de laisser se multiplier à l'infini le nombre de "revues" en Accès ouvert).
Alors naturellement, l'initiative PRISM fait grincer beaucoup de dents. Mais pas encore de ce côté-ci de l'atlantique. Les réactions et les débats sont donc à suivre là-bas. Pour l'essentiel sur le blog de Peter Suber, ainsi que chez Stevan Harnad. Et si vous n'avez pas le temps de tout suivre ni de tout lire, alors ne manquez surtout pas cette parodie splendide.
Rédigé le 30 août 2007 à 22:10 dans Archives Ouvertes, Document numérique, Open Access | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
Côté bibliothèques :
Côté bibliothèques et moteurs :
Côté OpenAccess :
Côté moteurs :
Côté veille :
Côté web :
Côté réseaux sociaux :
Côté Wikipédia :
Côté identité/identifiants/traçabilité numérique :
Côté Outils :
Côté lectures / visionnages :
Côté université :
Bonne rentrée à tous et toutes :-)
(Via : l'harassant dépouillement de mon agrégateur ...)
Rédigé le 27 août 2007 à 21:47 dans Archives Ouvertes, Biblio"Tech", Document numérique, Google Print/Books, Moteurs et autres engins, Open Access, Outils chauds, tièdes et froids., Ouvrages et parutions, Réseaux sociaux, Veille & Recherche d'info, Weblogs, Wikis & RSS, Wikipedia | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
Le site Journal Info agrège des informations en provenance de plusieurs bases de périodiques (Shera/ROméo, DOAJ ... en tout, près de 30 banques de données sont interrogées, soit 18000 journaux) et vous propose de mieux cibler vos choix de publication en accédant pour chaque revue (classée par discipline) à des informations sur :
Pour les revues n'étant pas en Open Access, on trouvera même un renvoi vers une liste de revues "équivalentes" en Open Access. Un très bel outil :-)
(Via Isko-UK)
Rédigé le 29 juin 2007 à 13:35 dans Métier, Open Access | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Publier enchaîné ou périr libre. Telle est souvent la déclinaison du célèbre adage "Publish or Perish". Les raisons en sont multiples, mais le fait est que la majorité des chercheurs, quand ils ne sont pas ignorants du phénomène du libre accès (ce qui est heureusement de moins en moins le cas ...); ne savent pas trop comment imposer / demander / négocier leurs droits avec les revues qui les sollicitent ou auxquelles ils soumettent un article. Heureusement, à l'initiative de SPARC et de Science Commons, un petit outil rapide et précieux baptisé SCAE (Scholar's Copyright Addendum Engine) vous permet très simplement de produire un addendum au contrat vous liant à l'éditeur, au format pdf, selon le type de droits que vous souhaitez préserver sur votre publication ("Access - Reuse", "Immediate Access", "Delayed Access") Il vous suffit ensuite d'envoyer le tout à votre éditeur préféré.
(Via LibraryStaffBlog)
Rédigé le 20 juin 2007 à 22:45 dans Métier, Open Access | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
La question de l'évaluation de la science est et a toujours été une question clé. Mais elle n'a jamais été d'autant d'actualité, et ce pour au moins deux (bonnes raisons) : primo, l'arrivée et l'essor des revues en Open Access (ainsi que l'essor en amont des champs et des perspectives de recherche, et en aval des articles soumis à publication), et deuxio, la fin d'une immunité, celle du facteur d'impact, qui s'il demeure pertinent à plus d'un titre, ne saurait aujourd'hui être la seule voie (pour tout un tas de - bonnes - raisons, dont quelques unes sont citées dans ce billet)
Pendant 2 jours (14 et 15 mai 2007), l'académie des sciences a organisé un colloque intitulé "Évolution des publications scientifiques - Le regard des chercheurs". Et là, pur bonheur, en sus du déjà très alléchant .pdf contenant les résumés de toutes les interventions, toutes les interventions sont disponibles sous forme de webcasts. Et il y en a pour tous les goûts : des présentations "institutionnelles", (Persée, Revues.org, Numdam ...) des "institutionnels" (Franck Laloé, Catherine Lupovici ...), des chercheurs (de tous les domaines mais avec une absence notable et au final agaçante tout autant que questionnante, celle des sciences humaines et sociales ...), des promoteurs des archives ouvertes, des éditeurs et dignitaires représentants du facteur d'impact.
Plusieurs sesssions dans ces deux journées, avec les thèmes suivants :
Seul problème : "Combien faut-il de jours pour visionner l'intégralité filmée d'un colloque de deux jours ?"
Bé oui. Deux jours :-(
Alors pour la bonne bouche, je vous recommande une de ces interventions parmi tant d'autres, celle de Jean-François Bach, éminent biologiste et secrétaire perpétuel de l'académie des sciences, intervenant sur le thème : "Problèmes posés par l'évaluation des articles" (voir la vidéo). Une intervention qui m'a fait chaud au coeur à titre personnel puisque :
Naturellement il le dit mieux que moi (il est éminent et je ne suis qu'affordant) et il cite de meilleurs exemples, sous prétexte que mÔsieur a été pendant 15 ans rédacteur en chef d'une revue de rang 1 en biologie éditée par Elsevier ... pfou ! une broutille vous en conviendrez ;-)
Parmi les interventions avec lesquelles je suis moins d'accord, on trouve aussi celle de Nian Cai Liu, à propos du classement complètement débile très controversé des universités selon les principes de Shangaï. Ainsi que celles de Daniel Rodriguez (Scopus, Elsevier-Masson) (voir la vidéo). Il met en avant dans sa présentation, 6 critères qui font selon lui la valeur ajoutée du travail des éditeurs. Et là, comme premier critère, il cite ("Mais si madam', j'vous juuuuure") "l'accès au savoir" et (je cite toujours), "l'accès immédiat au savoir", arguant de la consultation chaque jour des 8 millions d'articles de ScienceDirect (et comme il aime bien les chiffres, il indique que ScienceDirect c'est : "1 million d'articles consultés chaque jour par 10 millions de chercheurs". Mais moi je dis, pour l'accès immédiat au savoir, on n'a quand même pas trouvé mieux que les archives ouvertes. Mais il est vrai que je parle là d'un accès complet et immédiat au savoir pour tous (chercheurs mais aussi citoyens), et non pas d'un accès restreint, filtré et coûteux au savoir (demandez à une BU le prix du bouquet d'abonnement à ScienceDirect ...) pour quelques heureux élus (les 10 millions de chercheurs annoncés ...).
Un bien beau colloque donc, non seulement incontournable mais aussi et surtout ... accessible gratuitement à tous :-)
Nota-Bene : dans la même veine - mais plus anglophone et moins "tout public" -, se tiendra bientôt (21 et 22 Juin) à Nancy la conférence annuelle de l’ICSTI (International Council for Scientific and Technical Information), avec pour thème : "L’évaluation et la qualification de la science : pratiques et initiatives en IST". Là encore programme de choix et débats cruciaux en perspective pour certains, dans la ligne de mire pour d'autres.
(Via MR dans UrfistInfo)
Rédigé le 18 juin 2007 à 23:22 dans Archives Ouvertes, Document numérique, Métier, Open Access | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (1)
Comme annoncé, j'étais aujourd'hui de passage au salon I-Expo, invité à une session sur les archives ouvertes. Et j'étais content d'y être, notamment parce que cela fût l'occasion de croiser enfin Marlène dans la vraie vie, et aussi d'écouter Jean-Claude Guédon, professeur de littérature comparée et héraut historique du mouvement de l'Open Access. Je n'avais jusqu'ici fait que le lire et suivre ses messages dans diverses listes de discussion, et j'ai été bluffé par sa pédagogie, sa simplicité, et son don d'orateur, très canadien. Rien que pour ça, cela valait la peine de se lever à 4h du matin pour partir prendre un train annoncé à 6 heures et qui ne partirait finalement qu'à 7 heures, "faute de mécanicien". J'intervenais donc ensuite avec quelques autres dans une "vraie-fausse" table-ronde avec 3 missions qui m'avaient été confiées par les gentils organisateurs :
Je n'avais donc pas préparé de pauvrepoint "soigné" comme je me plais parfois à vous en régaler, mais j'avais en revanche jeté pêle-mêle sur un pauvrepoint, quelques idées et anciens posts de ce blog, pour être sûr de ne rien oublier. Pauvrepoint que voici : Téléchargement spitch.ppt
Et pour me faire pardonner de ne pas trop poster ces jours-ci, je vous ajoute en note longue, cadeau bonus, la bibliographie complète sur laquelle reposent les arguments certes polémiques mais scientifiquement établis du pauvrepoint susmentionné.
Rédigé le 14 juin 2007 à 21:54 dans Agenda, Archives Ouvertes, Congrès, colloques et conférences, Open Access | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Toutes celles et ceux qui ont déjà monté un dossier ou un programme scientifique "recherche" le savent : la clé de l'obtention des crédits et du financement réside dans les rapports des différents experts nommés pour auditer ledit dossier. Le problème c'est qu'il est délicat de trouver des experts aussi compétents que les gens qui montent les dossiers, lesquels sont, de facto, les plus "qualifiés" pour juger de la recevabilité desdits dossiers. D'où l'extrême complexité et lourdeur du montage administratif et rhétorique des mêmes dossiers. Souvent les rapports d'experts "bloquent" sur des points qui semblent tout à fait hors de propos aux chercheurs en charge du dossier, ou bien ils (les experts) se rabattent sur des protocoles d'évaluation "administrocentrés" ("pas assez de laboratoires partenaires" ou "pas assez de partenaires régionaux" ou "trop d'interdisciplinarité" ou "pas assez de transdisciplinarité", et j'en passe ...)
Bilan : des mois de travail jetés au rebut, des dynamiques de recherche brisées net, et surtout beaucoup BEAUCOUP de temps perdu. Entendons-nous bien, il ne s'agit pas de donner un blanc seing à tous les dossiers présentés. Mais il s'agit de redéfinir les protocoles d'expertise et de trouver les bons "auditeurs" ("reviewers"). C'est ce phénomène que l'on retrouve d'ailleurs à une tout autre échelle au niveau des comités de relecture de bon nombre de revues scientifiques et savantes. D'où la nécessité de parfois tuer le pair.
Ces conclusions ("redéfinir les protocoles d'expertise", "trouver les bons experts") sont celles du tout récent rapport de l'European Science Foundation : "Peer-review : its present and future state".
Ce rapport (il s'agit en fait des actes d'un colloque) revient sur quelques questions centrales de l'évaluation de la science : la revue par les pairs, l'évaluation des dossiers et programmes de recherche, et les différentes métriques en vigueur. Avec notamment (page 23 et suivantes) une session intitulée "Langages, métriques, impacts : les cultures du peer-review dans les humanités".
Le cas des humanités est intéressant (jusqu'à quand ...) puisque "les outils bibliométriques sont inaptes à rendre compte de la diversité des comportements de publications des chercheurs de ces disciplines." Et de reparler, sans hélas guère plus de détails, de l'ERIH (European Reference Index for the Humanities), en recommandant que les ouvrages soient comptabilisés au même titre que les articles dans ce qui devrait donc (mais quand ??? voilà déjà plus de quatre ans que l'on parle de cet index, et il semble que l'on en soit toujours à réunir des groupes d'experts sur la faisabilité d'un tel projet ...), index qui devrait donc, disais-je, comptabiliser les revues "princeps" européennes de 15 disciplines des humanités.
Au final, de ce rapport de 36 pages il ressort de manière assez unanime :
Je suis assez séduit par cette idée (souvent relayée ici) d'un "portefeuille de métriques" qui permettrait - notamment - de prendre en compte et d'exploiter toute la richesse de l'environnement numérique des publications de recherche. Au risque d'aileurs de devenir président de la république d'être accusé de populisme, je pense sincèrement qu'il va devenir de plus en plus délicat d'évaluer la science du XXIème siècle avec des comportement, des attentes, des mentalités et des outils bibliométriques du XXème siècle.
Sur ce même sujet (métriques et évaluation), j'apprends via Pintiniblog, que l'index dit "de Hirsh" (H-index) bénéficie d'un succès grandissant, puisqu'après son intégration dans le Web of Science par l'ISI, c'est au tour d'Elsevier de l'intégrer dans Scopus. Un index qui plaira sûrement à notre futur ministre "de l'éducation nationale de la recherche et de l'enseignement supérieur et de la culture et du sport et de la rentabilité académique et de la recherche à court terme pour profit et de la citation compulsive de Jaurès", vu qu'il permet d'individualiser (à outrance ?) le taux de citation d'un auteur, et ce faisant de permettre à ceux qui publient plus de gagner plus :-((
(Via Prosper)
Rédigé le 07 mai 2007 à 22:49 dans Congrès, colloques et conférences, Document numérique, Ecologie de l'info, Open Access, Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Le corrolaire actuel de l'immémorial "publish or perish" ** est que la "vie" des publications scientifiques est conditionnée à la possibilité et aux modalités de leur accès. Maintenant que les éditeurs scientifiques - avec notamment leurs offres de bouquet numériques - ne sont plus seuls sur ce marché, rejoints :
maintenant donc, la visibilité et l'accessibilité (hors les offres propriétaires des éditeurs) à tout ou partie desdites publications sont les facteurs d'impact clés de l'économie scientifique et de son marché de la citation.
A ce titre la récente annonce du lancement en Juillet 2007 du moteur Scitopia.org est intéressante. Il s'agit de regrouper derrière ce moteur des sociétés savantes (13 pour l'instant) donnant accès à leurs publications avec consultation gratuite du résumé et accès au texte intégral soumis soit à un abonnement à la revue, soit à un paiement à l'acte (3 millions d'articles sont annoncés sur une période de 150 ans).
Ce lancement soulève (au moins) une question et une réflexion :
Dans la même veine, on consultera avec intérêt le mémoire de l'Enssib (Avril 2007) : "Les accès internationaux aux travaux de recherche français. Synthèse bibliographique." (.pdf)
**Just for fun, une devinette carambar scientifique (entendue lors d'un colloque) :
Question : Vous savez pourquoi Jésus n'est jamais entré au CNRS ?
Réponse : Il n'a qu'une seule publi, et elle n'est même pas en anglais.
(Via PintiniBlog)
Rédigé le 23 avr 2007 à 14:22 dans Archives Ouvertes, Moteurs et autres engins, Open Access, Veille & Recherche d'info | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
A lire ici, une diatribe sur une certaine pratique actuelle de la publication scientifique dans certains domaines (la chimie en l'occurence, mais aisément transposable à d'autres). L'auteur du billet, chimiste de renom et ardent défenseur de l'open access, décrit la majorité des publications de son champ comme des hypo-publications, indiquant qu'elles comportent les caractéristiques suivantes :
Un billet certes un peu caricatural mais qui à l'avantage des caricatures ; attirer l'attention sur des caractéristiques problématiques en grossissant délibérément le trait. Et l'auteur d'émailler son billet de quelques formules assassines : "A hypopublication is to a hyperpublication what a film review is to a film." Et de conclure de manière programmatique :
Pas le temps pour l'instant, mais j'aurai l'occasion de revenir dans un prochain billet sur l'écosystème qui régule de manière totalement stétilisatrice certaines publications scientifiques (avec notamment l'absence d'appel à communication, et la cooptation directe des auteurs).
Rédigé le 15 avr 2007 à 14:14 dans Document numérique, Open Access | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Beaucoup en ce moment parmi lesquelles deux incontournables :
Rédigé le 13 mar 2007 à 22:27 dans Archives Ouvertes, Open Access, Ouvrages et parutions, Wikipedia | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Depuis quelques temps déjà, le recteur de l'université de liège tient un blog.
Il y défend, depuis longtemps déjà (billet de mai 2006), des positions courageuses et "pro" open access.
Son dernier billet sur la question montre qu'il a tout compris à l'intérêt de mettre en place un archivage institutionnel ouvert : notoriété de l'établissement, pérennité des accès, outil de pilotage "assez fiable" des personnels et des budgets.
Il a aussi compris que du côté des éditeurs (qui ne sont souvent pas aussi aveugle qu'ils veulent bien le laisser croire), les obstacles sont loin d'être insurmontables : "82% des éditeurs autorisent maintenant l’autoarchivage en libre accès après 6 mois ou un an." (Et, rappelons-le, il est toujours possible de déposer l'article dès que sa publication est acceptée, en demandant de ne le rendre visible qu'après 6 mois ou un an, ce qui permet aux métadonnées de l'article d'être, elles, instantanément visibles, lesquelles métadonnées sont souvent largement suffisantes.)
A peine son dernier billet publié donc, voilà notre recteur apostrophé gentiment en commentaire par LE héraut de l'Open Access, j'ai nommé Stevan Harnad himself, lequel lui-demande avec la taquinerie dont il est coutumier, pourquoi donc est-ce qu'il ne franchit pas l'ultime pas ... l'obligation d'autoarchivage pour l'ensemble des chercheurs (politique mise en place par moins de 10 universités dans le monde à l'heure actuelle).
La situation actuelle de l'Open Access est à un tournant que l'échange entre le recteur et le héraut illustre parfaitement :
... vient le temps de la contrainte. Il me semble que nous ne pourrons désormais avancer qu'en radicalisant les positions, comme le rappelle par ailleurs souvent Stevan Harnad. Et à ce titre, la réflexion du recteur de l'université de Liège me semble courageusement exemplaire : l'auto-archivage s'il n'est que "recommandé" se heurtera systématiquement à des manques : de temps, de motivation, de formation, de conviction ...
Il faut en bon Keynesien, "amorcer la pompe" en instituant le caractère obligatoire de la contribution de chacun à la "bibliographie institutionnelle" (qui en plus facilitera les comptes de ceux qui souhaitent en tenir ...) pour instituer ensuite l'obligation à l'auto-archivage pour TOUS les chercheurs d'une université.
En ces temps de changement de présidence à l'université de Nantes, je serai curieux de savoir quelles sont, en la matière, les positions et opinions des deux actuels aspirants candidats. S'ils lisent ce blog ... les commentaires leurs sont ouverts :-)
Se priver de ce thème de campagne, ou pis encore, s'abstenir de prendre une position claire, équivaudrait à passer à côté d'un enjeu majeur pour l'université (et la recherche) de demain.
(d'autant que ce serait l'occasion pour une université française de se classer facilement dans les 10 premières mondiales ;-))
Update : Je suis d'autant plus preneur des commentaires de Ronald Guillen et d'Yves Lecointe (les candidats), qu'après lecture de leurs déclarations d'intention sur l'intranet de l'université, il n'y a pas une seule ligne sur la question de l'(auto)archivage.
Rédigé le 06 mar 2007 à 15:34 dans Archives Ouvertes, Open Access | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
En ces temps de campagne électorale, nombre de canditat(e)s pointent du doigt l'excellence - notamment sociale et environnementale - des pays nordiques. Indépendamment de ce contexte particulier, j'avoue que du côté de la recherche, j'aimerais bien que la France prenne effectivement exemple.
Rédigé le 05 mar 2007 à 11:06 dans Archives Ouvertes, Open Access | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Encore trop peu de collectivités et d'institutions francophones signataires.
Rédigé le 30 jan 2007 à 22:05 dans Open Access | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
A lire dans Scientific American ...
C'est l'histoire d'un cabinet de Relations Publiques (PR en anglais), Dezenhall, spécialisé dans la gestion de crise et plus connu sous le doux sobriquet du "Pitbull des RP" pour s'être illustré (notamment) dans la défense d'un dirigeant d'Enron ou encore contre l'organisation Greenpeace. Cabinet contacté par la division des publications universitaires de l'Association des Editeurs Américains (AAP), ainsi que par Wiley, Elsevier, et la "American Chemical Society". Du lourd comme on dit. Il faut ici rappeler qu'aux Etats-Unis, tout le monde a compris depuis longtemps que les implications économiques et stratégiques (et donc politiques) de la question de l'accès ouvert (=public) aux résultats de la science était immenses. Ce qui n'est pas le cas partout, mais passons. Donc les éditeurs scientifiques font appel au pitbull de RP pour, devinez quoi ? Mener tambour battant une campagne de dénigrement désinformation au sujet de l'accès public aux résultats de la science, et donc du même coup contre les archives ouvertes.
Je suis de mon côté moins optimiste que Jean-Michel sur cette affaire. Le manque de curiosité, d'intérêt, et d'acculturation dont témoignent, en France, de nombreux enseignants-chercheurs, de trop nombreux CNUs, et de trop nombreux conseils scientifiques, allié à une campagne de désinformation bien orchestrée, pourrait faire perdre des années à une action de formation et de sensibilisation qui aurait dû démarrer (de manière systématique et intensive) depuis plusiers années. Cela me rappelle cette scène d'un film américain "à procès", dans lequel l'avocat du méchant balance la pire calomnie possible sur le gentil accusé, calomnie aussitôt "rejetée" par le juge. "Pourquoi as-tu fais ça !", s'écrie le méchant à l'oreille de son avocat, "tu savais que le juge ne l'entendrait pas!". Lequel avocat répond : "Oui, mais les jurés l'ont entendu. Et eux, ils ne l'oublieront pas." (sourire sardonique)
Si ce temps là n'était pas révolu, ces gens-là mériteraient un bon GoogleBombing. Désinformation. Ou Pitbull. A vous de choisir.
Le genre de coup à vous radicaliser un conflit, et à signer en masse l'appel de Lawrence Lessig du 15 Mars 2005 :
Je signe.
Update : Naturellement, l'AAP nie en bloc et aligne les arguments spécieux du genre : "We believe that government mandated open access
could put essential aspects of the system at risk and could undermine
the quality, sustainability or independence of science." Ben voyons :-(((
Rédigé le 29 jan 2007 à 15:12 dans Archives Ouvertes, Ecologie de l'info, Open Access | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
"Publier ET périr : pourquoi le modèle actuel de publication et de revue par les pairs est en train de tuer la recherche et de gaspiller votre argent."
Voilà le titre dela tribune publiée par trois chercheurs dans le dernier numéro de la revue Ubiquity de l'ACM.
Article remarquable à plus d'un titre :
Update du soir : à ce propos, voir le commentaire de Jean-Michel Salaün ci-dessous, puis se reporter à son article.
P.S.(perso) : ceci est le 800ème billet de ce blog :-)
Rédigé le 23 jan 2007 à 23:20 dans Cuisine interne, Document numérique, Open Access | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
Rédigé le 18 jan 2007 à 13:35 dans Open Access | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
Vous vous souvenez du mancement de PLoS One (sinon, petit rappel des faits) ? A l'aide des outils du projet Topaz, le site PLoS One annonce aujourd'hui le lancement officiel de sa version béta. Il est donc, comme annoncé, possible de commenter des articles et d'y attacher des fils de discussion. Le communiqué de lancement indique par ailleurs qu'il sera bientôt possible de voter aussi bien pour les articles eux-mêmes que pour les commentaires qui y sont attachés. On peut naturellement s'abonner aux mises à jour via un fil RSS. La présentation des articles autorise un téléchargement XMLisé ou en plus classique Pdf. A l'heure actuelle, un peu plus d'une centaine d'articles sont disponibles (médecine et sciences "dures"). Pour l'instant, la maquette est "jolie" et l'interface sobre et efficace mais les commentaires et discussions sont peu fournies (normal, ça démarre à peine). A suivre donc.
Rédigé le 21 déc 2006 à 09:51 dans Open Access, Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
La dernière fois que ces trois là (GYM : Google, Yahoo!, Microsoft) s'étaient unis, c'était pour lutter contre le spam dans les commentaires des blogs en obligeant les plate-formes de création et d'hébergement de blog à insérer des attributs "nofollow" pour ne pas que les crawlers (robots d'indexation) soient victimes de spamdexing.
Aujourd'hui, les trois se trouvent à nouveau réunis autour d'un protocole : Sitemaps. C'est Olivier Andrieu qui est le plus clair sur le sujet, indiquant que Sitemaps est "un standard unique de "plan de site" facilitant aux robots d'indexation
l'accès aux pages web d'un site web. Un webmaster pourra ainsi créer un
fichier (format texte ou XML) fournissant pour chaque page un certain
nombre d'informations (priorité d'indexation, date de dernière
modification, périodicité de mise à jour). Ce fichier sera lu par les
robots des principaux moteurs, ce qui facilitera le référencement
quantitatif (sic) de la source d'information."
Notons au passage que c'est Google qui est à l'origine de ce protocole (non propriétaire puisque développé sous licence creative commons) et que le ralliement des deux adversaires historiques n'est pas la moindre des victoires techno-stratégiques.
Mais revenons au fond de l'histoire : si le protocole Sitemaps n'influence en rien l'inclusion des pages dans les index des moteurs et leur positionnement (ranking), il s'agit là d'une avancée qualitative dans le référencement, puisque ce protocole permet d'indiquer : la date de dernière modification, la fréquence de mise à jour des pages, et qu'il permet également d'établir des priorités dans l'indexation (valeurs comprises entre 0,0 et 1,0). Il n'y manque plus que l'ajout de métadonnées spécifiques standardisées pour l'accès, par exemple, aux livres numériques, et tout le mode sera content ;-). Peter Suber s'empresse d'ailleurs de saisir la balle au bond pour le monde de l'Open Access en indiquant que "pour les journaux et archives institutionnelles non encore indexées par ces trois moteurs, il s'agit là d'une manière facile d'accroître leur visibilité."
(Via : Abondance, Threadwatch, Communiqué de presse Google)
Rédigé le 16 nov 2006 à 22:17 dans Archives Ouvertes, Moteurs et autres engins, Open Access | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
J’étais hier (Jeudi) invité à participer à l’une des 10 tables-rondes du projet « Livre 2010 », à l’initiative (notamment) de la Direction du Livre et de la Lecture (DLL) du Ministère de la Culture.
Le thème de cette 4ème table-ronde était : « Le livre et l’accès au savoir ». Vous noterez le singulier de l’ensemble du titre, et plus particulièrement de sa seconde partie. Eût-on débattu différemment si la table-ronde s’était appelée « Les livres et l’accès aux savoirs » ? Peut-être. Mais là n’est pas l’essentiel.
On peut aller à ces table-rondes pour plusieurs bonnes raisons : pour les petits-fours (perdu), pour soigner son ego (perdu, je suis plutôt en train de soigner une grippe carabinée), pour collectionner les cartes de visite (encore perdu). Plus prosaïquement, j’y allais parce que j’avais gentiment été invité et pour collecter des points de vue différents du mien (et aussi parce que j’avais lu le nom de Marin Dacos sur le pré-programme et que j’avais depuis longtemps très envie de le rencontrer, mais perdu, il n’était pas là, ce sera pour une autre fois). Et aussi parce que j’avais quelques éléments à avancer sur le fond.
En arrivant à bon port, nous nous vîmes 18, sous la présidence de Jean-François Hébert (président de la cité des sciences et de l’industrie) et de Sophie Barluet (directrice du projet Livre 2010). Sur les 16 restants, 7 éditeurs (Dalloz, Armand Colin, PUF …), 3 directeurs de bibliothèques, 2 universitaires (Philippe Minard, historien (Update)- également là au titre d'auteur - , et votre serviteur), et un autre auteur "scientifique" (Etienne Klein) (/Update). Le tout accompagné d’une large représentation de la DLL. (pour la liste complète des présents et le programme détaillé, c’est par là :Téléchargement li2010.doc.
Venons-en au fond. Représentativité de l’assemblée oblige, c’est le discours des éditeurs qui fut le plus « présent ». Avec de mon côté quelques grandes sources d’étonnement. Par exemple, jamais il ne fut question de la « longue traîne », y compris dans le débat qui eut lieu sur les marchés de niche (lesquels sont - pour les éditeurs présents - les classes prépa et les préparations aux concours). Autre étonnement, l’absence d’évocation du problème Google. J’ai bien fait un ou deux gentils rappels à l’ordre mais sans déclencher de cillement d’intérêt. J’en déduis que soit je suis complètement monomaniaque, soit ils ne mesurent pas l’étendue du problème, soit ils ont d’autres urgences. Soit les trois ;-)
Autre impression à chaud : un discours assez remonté (parfois avec raison) sur le rôle des universités, du LMD et des enseignants dans la dégradation des pratiques de lecture des étudiants : on ne lit pas assez, on ne fait plus référence aux textes, on bachote sans ouvrir l’esprit des étudiants aux textes fondateurs, « la racine des problèmes du livre est dans la manière d’enseigner à l'université » (sic), c’était mieux avant, le niveau baisse et j’en passe ma bonne dame. Heureusement que 2 âmes charitables (Olivier Postel Vinay – auteur d’une étude sur les pratiques de lecture étudiantes – et Philippe Minard pour ne pas les nommer) contribuèrent à recadrer un débat qui commençait à sentir le bord de zinc et le tabac froid. Dont acte. Mais plein de choses intéressantes furent également dites (en vrac) :
De mon côté, les rares interventions que je me suis permis de glisser concernaient
Comme d’habitude je n’ai pas eu le temps de dire le tiers du quart des choses qui me paraissaient indispensables, mais c’est pas grave puisque je vais me rattraper sur ce blog :-)
Je réponds …Que je veux filer un peu la métaphore du « complexe du cyclope » développée par Marin Dacos. Vous vous souvenez tous de la manière dont les compagnons d’Ulysse sortirent de la grotte du cyclope Polyphème : accrochés sous le ventre des moutons. Et bien la situation actuelle de complémentarité est trop souvent celle-là : nous sommes des polyphèmes et nous regardons sortir des moutons papier sans voir les compagnons numériques (ou inversement : moutons numériques et compagnons papier). Alors au risque d’énoncer quelques évidences, il faut rappeler que le papier n’est pas le numérique. Que l’on ne lit pas de la même manière ni pour les mêmes raisons un document papier et un document numérique. Que ce ne sont d’ailleurs pas les mêmes personnes qui les lisent. Donc ? Donc je crois qu’il faut davantage penser l’édition numérique en rupture et non en complémentarité ou en accompagnement. C'est-à-dire exploiter pleinement, non pas simplement les possibilités du « full-text », mais également et surtout celles de l’hypertexte. Aller jusqu’au bout des logiques de diffusion, de navigation et d’appropriation propres au numériques, y compris quand ces logiques intègrent un part d’éphémère, d’effacement de la trace ou du support.
Je réponds … L’A-C-C-E-S. L’accès. Et de la valeur ajoutée, comme celle rendue possible par la clusterisation. Imaginez que vous interrogiez un moteur de recherche "scientifique" avec le requête "CPE" et que vous obteniez vos résultats classés dans « x » dossiers dont les suivants :
- Revues juridiques / droit du travail : 17références
- Revues sociologiques / mouvements étudiants : 48 références
- …
Pour que cela fonctionne il faut plusieurs choses : de l’interopérabilité d’abord entre les fonds numérisés. Et puis réinventer les « annuaires » (directories) autour de catalogues interopérables (éditeurs et bibliothèques sont là pour ça, d'ailleurs, côté bibliothèques, le boulot est déjà fait avec les nombreux "signets" qui peuplent les sites desdites bibliothèques). Et enfin les habiller des habitus actuels (interfaces de type « onebox »)
Je réponds … concernant les éditeurs et leurs catalogues : Il faut coopérer. Car la situation des éditeurs ressemble aujourd’hui de plus en plus à celle du dilemme du prisonnier en théorie des jeux : coopérer ou non, et pour quel gain ? Il faut donc coopérer. Pourquoi ? Parce que d’autres coopèrent déjà et qu’ils ont ouvert une brèche qui ne peut être refermée. Parce qu’ensuite, les moteurs passeront (ils passent déjà) outre les règles législatives nationales en terme de droit. Parce qu’enfin et surtout, les usages sont déjà installés et correspondent à une demande grandissante. Alors oui il faut que les éditeurs ouvrent leurs catalogues, et que les pouvoirs publics se décident enfin à faire quelque chose (en concertation avec les édiuteurs) de toute cette zone grise de la littérature (scientifique ou non). Pas n’importe comment bien entendu. En prenant des précautions. En s’armant de métadonnées par exemple. Mais il le faut parce qu’indépendamment de la question des droits, il faut penser en complémentarité et non en opposition.
Exemple : Que seraient les archives ouvertes et institutionnelles, que seraient les « textes de savoir » sans leur visibilité dans les moteurs de recherche dans un monde où, que l’on le veuille ou non et qu’il s’agisse ou non d’une bonne chose, l’essentiel du traffic, des visites, s’effectue depuis ces prescripteurs que sont les moteurs (Google en tête) ?
Je réponds … Probablement. Mais n’est-ce pas déjà un peu (beaucoup) le cas ?? Alors essayons de tirer le meilleur parti du fait que ces « niches » disposent aujourd’hui d’une formidable fonction d’écho et de dissémination qui les rend plus perméables que par le passé.
Je réponds … Que l’offre en question doit donner des outils d’entrée et d’appropriation des textes conformes aux usages prescripteurs (RSS par exemple). Qu’elle doit s’appuyer sur la formidable vitalité et l’organisation de la blogosphère (je prends ici l’exmeple particulier du droit et de la Blawgosphère), dont les auteurs sont majoritairement des enseignants et des bibliothécaires, donc les premiers perscripteurs.
Pour le reste … J’étais venu armé d’un pauvrepoint dans lequel j’avais essayé de résumer les points importants autour du « livre et de l’accès au savoir » (avant d’apprendre qu’il s’agissait bien d’un débat et non d’une série d’exposés). Pauvrepoint (Téléchargement livre2010.ppt : attention c'est du vrac, et parfois une simple reprise de billets publiés sur Affordance) que je remets donc à l’attention de celles et ceux qui le souhaitent et dans lequel vous trouverez ce qui me semble important :
Et pour finir en faisant plaisir à Anne Lejeune qui assume la délicate charge de résumer les débats, voici ma liste de propositions (par ordre d’importance) :
Voilà :-)
Pardon aux lecteurs d’Affordance pour ce billet de longueur inhabituelle qui compensera un peu le ralentissement de rythme de ces derniers jours. Et encore merci à l’équipe de la DLL pour leur invitation et l’organisation de ces séries de tables-rondes.
Rédigé le 10 nov 2006 à 22:30 dans Biblio"Tech", Document numérique, Folksonomies, Social Bookmarking, Glocalisation, Google Print/Books, Open Access, Web 2.0, Weblogs, Wikis & RSS | Lien permanent | Commentaires (12) | TrackBack (0)
Les archives ouvertes ont 17 ans. Google à 8 ans. Wikipedia a 5 ans.
Pas une de ces avancées n'est "légalement majeure". Pourtant toutes sont autant de révolutions cognitives majeures. En 5 ans Wikipedia a donné ses lettres de noblesse à un encyclopédisme non plus "savant" mais "d'usage" (voir la page 307 de ma thèse). En 8 ans, Google a mis en place un guichet unique d'accès à l'information à une échelle jamais atteinte, une échelle planétaire. En 17 ans, les archives ouvertes ont rendu au monde les résultats d'une science qui n'appartenait jusqu'ici qu'à une "élite".
Encyclopédisme. Information. Connaissances. Le tryptique est bouclé. La tectonique interne aux savoirs s'est doté de nouvelles plateformes, de nouveaux usagers, de nouveaux publics, et de nouveaux contributeurs. Elle hésite parfois encore sur la question des modes de validation. Mais l'intelligence collective comme corpus savamment détérritorialisé et remis à disposition du plus grand nombre a connu en 17 ans un bouleversement radical, majeur du point de vue de l'histoire des sciences.
Naturellement, l'angélisme n'est pas de mise. La société de la connaissance n'est pas la société de l'information. Sur la ligne de front reliant ou séparant ces deux mondes, les antagonismes n'ont jamais été aussi forts. Autre pierre angulaire de ces crispations, se juxtaposant à celle de la validation, celle des intermédiaires et de la nature du processus d'inter ou d'alter-médiation.
Mais l'essentiel est fait. Les archives ouvertes ont engagé un processus irréversible, un déclic. A compter de cette date, la boîte de pandore de la connaissance une fois ouverte, nul ne songera plus à la refermer. Wikipedia servit ensuite de révélateur, en inscrivant dans le panorama des sciences la figure nouvelle de l'usager encyclopédiste. Pendant ce temps, Google servit de fixateur. Fixateur de la convergence des regards planétaires, fixateur plus contesté et contestable de contenus, mais fixateur avant tout.
Un déclic, un révélateur et un fixateur. Tels sont les ingrédients qui en 17 années à peine dessinent ce qui n'est pas une révolution mais une révélation. L'essentiel est fait. Les usagers encyclopédistes ont jusqu'ici été plus prompts à se saisir de la formidable chance qui leur était offerte que ne le sont actuellement les usagers chercheurs. Mais ces derniers y viendront. A n'en pas douter. L'essentiel est fait.
A l'origine de ce billet :
Rédigé le 13 oct 2006 à 23:24 dans Archives Ouvertes, Ecologie de l'info, Open Access, Wikipedia | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
En ce moment même se tient à Washington une conférence traitant des "Science Commons", autrement dit de l'accès libre et ouvert aux données de la science (que d'aucun baptisent open data), ou encore du "bien commun" qu'est la science. Je vous encourage vivement à prendre connaissance de la page "background" qui nous alerte sur le fait que trois des acquis fondamentaux pour le développement de la science sont aujourd'hui fortement menacés :
Jusqu'ici ... la même page cite ensuite en exemple des dérives à venir, le fait que dans le domaine de la génétique, nous sommes tout prêts de la mise en place d'un principe de propriété intellectuelle sur des données telles que l'ordre des nucléotide permettant de séquencer le génome.
Toujours sur la même page on pourra lire la dérive à laquelle se prêtent les universités prises dans une double contrainte :
Autre morceau choisi (concernant cette fois le "dilemme du prisonnier "des universités) :
Sur ce débat, ce sont pour l'instant des sciences "dures" qui sont en première ligne : génomique, médecine, physique des hautes énergies, etc. Mais les sciences humaines et sociales doivent anticiper ce mouvement et s'emparer de ce débat essentiel parce que, plus que les autres peut-être, elles possèdent le corpus et les outils d'analyse qui permettront de pointer les risques réels à (très) court terme de telles dérives. C'est peut être aussi cela la science 2.0 : ni une lubie, ni une mode, ni une bulle méthodologique spéculative, mais l'occasion de se donner les moyens d'articuler des logiques de production et d'accès aux connaissances dans l'environnement informationnel, marchand et institutionnel qui est aujourd'hui le nôtre.
"Jusqu'ici, tout va bien."
Rédigé le 03 oct 2006 à 22:19 dans Archives Ouvertes, Ecologie de l'info, Open Access, Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (1)
| Le blog d'un maître de conférences en sciences de l'information. Réflexions, analyses, signalements, opinions.
"Where is the Life we have lost in living? Where is the information we have lost in Google ? |
| Enseignant-chercheur en colère contre la LRU : les présidents d'université ne parlent pas en notre nom ! Pour une université collégiale et indépendante des pouvoirs, agissons : Sauvons la recherche ! et Sauvons l'université ! |




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