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    "L'autorité" selon Technorati

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Téléchargement : l'éducation par l'exemple

J'étais l'autre jour à une journée d'étude au CNFPT des Pays de Loire. En commentaire de la diapositive 11 qui présentait les bibliothécaires comme devant être des "tour-operator numériques", j'indiquais qu'ils devaient d'abord l'être pour eux-mêmes (pour s’approprier les services) puis pour leurs usagers. Pendant le débat qui suivit, j'indiquais également qu'à mon avis les questions des publics de la bibliothèque seraient de plus en plus de cet ordre là :

  • Sur quel outil ouvrir un blog ? Et pourquoi choisir cette plateforme plutôt qu’une autre ? Non parce que vous comprennez, ma fille elle a un skyblog.
  • Quels sont les sites d’actualité sur la science fiction ? Existe-t-il un annuaire les recensant ?
  • Comment partager mes coups de cœur avec d’autres ?
  • Où trouver des sites avec des animations jeunesse ?
  • Les liseuses (livres électroniques) me permettent-ils d’écouter de la musique ?
  • C'est quoi Zazieweb ?
  • Où trouver une offre légale en téléchargement ?

Et bien j'ai la joie de vous annoncer que la réponse à ma dernière question (offre légale en téléchargement) est disponible en ligne, sous la forme d'un document pdf de 24 pages : Le Guide des sites de téléchargement gratuit et légal
Merci :

Ce travail constitue une remarquable base qui pourrait être optimisée de manière collaborative (en la complétant et en lui offrant une version numérique et en ligne plus facilement exploitable). Face à la législation de la castration, il est plus qu'urgent de développer la formation, la pratique, la pédagogie, l'accompagnement.

Juste une question de Tempo.

PASSÉ

  • Le 27 Novembre 2005 je rédige sur mon blog établi scientifique un billet qui "acte" la dérive des continents documentaires, une petite théorie dont l'exploration me permettra d'un peu théoriser le caractère aujourd'hui indexable de l'être humain.
  • le 17 décembre 2007, je présente au CNAM dans le cadre d'un séminaire sur les réseaux sociaux une communication scientifique dont l'intitulé est : « L'homme est un document comme les autres : redocumentarisation et indexabilité au-delà des réseaux sociaux » (disponible ici)
  • Fin février 2008 je suis contacté par une collègue qui prépare la coordination d'un numéro de la revue Hermès sur la question de "l'identité numérique" et me demande de lui faire une proposition d'article sur la trame de ma présentation au CNAM.
  • Le 2 Mai 2008 j'envoie à la revue Hermès un résumé pour une proposition de communication sur ce thème. Proposition acceptée
  • Le 1er Juin 2008 j'envoie à Hermès la proposition d'article définitif.
  • Le 29 Septembre 2008, après quelques aller-retour avec le secrétariat de la revue, l'article a franchi les étapes de l'évaluation et est accepté dans sa forme définitive. 

PRÉSENT

  • Le 10 Avril 2009 paraît le numéro 53 de la revue Hermès, contenant ledit article sous le titre :  "L'homme, un document comme les autres". 25 euros.
  • (Rappel légèrement hors-sujet : l'auteur - moi - ne touche rien. Le 25 euros servent à couvrir les frais d'édition et - dans certains cas - de secrétariat de rédaction. Le referees - relecteurs - non plus ne sont pas payés ... je ne précise pas cela pour vous mais pour mon ami Christophe Barbier qui croit qu'on est tout le temps payé, même quand on fait grève)
  • Accompagnant la livraison de "mon exemplaire auteur", le courrier reçu du secrétariat de rédaction de la revue Hermès, daté du 10 Avril 2009 stipule : "Dans 2 ans, votre article sera mis en ligne sur Internet (sur le site de l'Inist), de même que les articles des autres contributeurs du n°53 (et que l'ensemble des autres numéros d'Hermès). Cela afin de diffuser les résultats de vos recherches le plus largement possible.(sic)"

FUTUR

  • 10 Avril 2011 : mon article, présenté sous forme de séminaire en décembre 2007, rédigé dans sa forme finale en Septembre 2008, publié en Avril 2009 dans une revue papier est disponible sur Internet en Avril 2011 ... soit 4 ans plus tard. 

De Décembre 2007 à Avril 2011. J'ignore si en Avril 2011 l'homme sera, ou non, un document comme les autres. Ce que je sais c'est que comme JE ne suis pas payé pour écrire cet article, comme JE ne touche aucun poucentage sur les ventes, comme IL s'agit de recherche "publique", comme ILS (les referees et coordinateurs scientifiques de la publication) ne sont pas payés non plus, IL devrait être possible pour l'organisme public qu'est le CNRS (au travers de sa maison d'édition, CNRSéditions) de trouver de quoi payer l'impression, les frais du secrétariat de rédaction de la revue Hermès, ainsi que la diffusion minimale de la même revue. Plus précisément, concernant les résultats de la recherche PUBLIQUE, je trouve qu'il est un peu dommage que la revue Hermès - qui est dans notre champ une référence - n'offre pas à ses auteurs la possibilité, a minima, de déposer les métadonnées de l'article et la version préprint (= la version initialement soumise AVANT les aller-retour éditoriaux entre les reviewers, l'auteur et/ou le secrétariat de rédaction) dans une archive ouverte. D'autant que côté Archives Ouvertes au CNRS, y'a pas non plus à chercher très loin pour en trouver une

Chacun sa route, chacun son chemin
.
... Le travail du chercheur est de creuser inlassablement certains sillons : dans son laboratoire, sur sa paillasse, dans sa cuisine, et parfois même sur son blog. Ce qui, pour la problématique essentielle de l'article publié par la revue Hermès, est le cas depuis environ fin 2005.
... Le rôle des conférences scientifiques est de permettre de présenter une vision un tant soit peu élaborée de ce patient labourage, devant ses pairs. Et d'en débattre. Et d'y nouer des contacts. Et d'y donner l'essor à des projets de publication scientifique (entre autres). Rôle ici joué par le séminaire du CNAM.
... Le rôle des éditeurs scientifiques est de stabiliser et de fixer les connaissances dans le cadre strict de l'évaluation par les pairs. Rôle ici joué par la revue Hermès. Mais ce rôle est aussi, me semble-t-il, d'en assurer la diffusion la plus large possible, sinon auprès du grand public, à tout le moins auprès des communautés scientifiques possiblement concernées (en évitant si possible certaines pratiques mafieuses). Communautés de plus en plus large du fait de la transdisciplinarité de plus en plus fondamentale (et en un sens fondatrice) qui traverse l'ensemble des connaissances produites aujourd'hui. Cette dernière mission (diffusion la plus large possible) paraît a fortiori naturelle quand l'éditeur est également un organisme de recherche publique, le CNRS en l'occurence pour la revue Hermès.

Si, si. C'est possible. (Et ça c'est cadeau).
Il est aujourd'hui techniquement et contractuellement possible de diffuser dès sa parution un article scientifique. Trop peu d'auteurs le font pourtant. Les raisons sont nombreuses : frilosité des éditeurs à leur signaler cette possibilité, idées reçues et poncifs entretenus, ignorance des enjeux et des moyens, manque de temps, de formation, etc ... Pourtant des revues (DOAJ), des institutions au double sens du terme (MIT) et des universités partout dans le monde (en belgique notamment) sont de plus en plus nombreuses à donner l'exemple.

Juste une question de tempo.
La question des modèles économiques de l'édition scientifique universitaire est une chose. Le droit au libre accès immédiat aux résultats de la recherche financée sur fonds publics en est une autre, et ce indépendamment même des questions (par ailleurs importantes) de visibilité institutionnelle ou de carrière personnelle. Comme autant de variations sur un même thème il est autant de problèmes connus que de solutions possibles : embargo, barrière flottante, dépôt immédiat des métadonnées pour en permettre le moissonnage, obligation de dépôt en archives institutionnelles (quand les universités en possèdent une ...), et quelques autres (variantes) encore. Et comme le dit la vieille devise Shadock : "S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème". Mais là n'est pas à mon sens la question essentielle. La question n'est d'ailleurs même plus de savoir combien de temps encore ce tempo là de la publication scientifique sera raisonnablement acceptable, économiquement rentable et épistémologiquement cohérent. La question est ailleurs. La question est celle du tempo.
Le tempo des auteurs à l'heure de leur immédiat de recherche. 
Le tempo des éditeurs et diffuseurs à l'heure de l'in-média.
La question est celle de savoir si oui ou non on décide aujourd'hui de délibérement priver le champ scientifique des possibilités offertes d'une transmission et d'une fabrication de la science in medias res.

Hermes

<Update de qques jours plus tard> Voir également :

</Update>

(Temps de rédaction de ce billet : 3 heures)

Le marketing des archives ouvertes

J'étais l'autre jour (11 Mars) sur Toulouse à l'occasion d'un stage ENSSIB sur le "Marketing des bibliothèques". J'y intervenais de mon côté pour faire un point sur "Le Marketing des archives ouvertes".
Résultat :

Voir également la prestation (remarquable et remarquée) d'Olivier Tacheau : "Marketing des BU : Libqual + à Angers."

Police de la photocopie et urgence du copyleft pour le monde éducatif dans son ensemble.

Un billet à lire d'urgence chez Framablog.

Vous aimez les classements Président ? Et bien classons !

Le président de l'égo-république et sa ministre de l'encrassement supérieur aiment bien les classements. Et ils se plaisent à nous le répéter, en matière de recherche, la France est mal classée. Très mal classée. Loin derrière les Etats-Unis mais aussi loin derrière le Royaume-Uni. Voilà pour le classement de Shangaï (dont tous les gens sérieux - même de droite -  s'accordent aujourd'hui à reconnaître sinon l'inanité, du moins l'inefficience pour un pilotage de la recherche s'il est envisagé isolément).
Oui mais il est figurez-vous d'autres classements dans lesquels la France se retrouve devant les Etats-Unis, devant le Royaume-Uni, devant le célébrissime MIT. Ah ben oui les classements ... tout dépend lesquels on regarde et comment ils sont faits. En l'occurence il s'agit du "Ranking Web of World Repositories" mené depuis plusieurs années par un groupement de laboratoires de recherche espagnols, et qui mesure la "visibilité" des différents dépôts d'archives ouvertes sur la planète.
En voici les résultats :
Classement
Vous noterez donc que la France occupe la 3ème et la 6ème place, et que plus globalement les archives ouvertes francophones sont bien représentées grâce à nos amis helvètes (au total 4 places dans le "top 10").
Les crières choisis (correspondant aux 4 colonnes) valent le coup que l'on s'y arrête un instant pour bien comprendre l'enjeu d'un tel classement :

Alors plutôt que d'entraîner les universitaires vers des "objectifs" dont ils ne veulent pas et qu'ils ne pourront de toute façon jamais atteindre (surtout dans le nouveau cadre de la LRU), c'est à dire un dogme étatique de la "course à la publi" et une autonomie "caporaliste" d'abrutissement comptable, peut-être vaudrait-il mieux soutenir significativement les initiatives du monde des archives ouvertes qui, elles, poursuivent un double objectif qui devrait être prioritairement commun à l'universitaire ET au politique : accroître la visibilité de la recherche française ET faire de cette visibilité un atout dans la construction d'une société de la connaissance et du partage des savoirs.

Anniversaire Wikipedien.

Anniversaire Wikipédien.
On fêtait il y a peu le dixième anniversaire du dernier des mohicans annuaires et celui du premier des moteurs. C'est aujourd'hui (enfin le 15 Janvier exactement) le 8ème anniversaire de l'un des trois piliers de notre révolution cognitive, j'ai nommé, Wikipédia. Wikipédia aujourd'hui c'est 265 langues et plus de 10 millions d'articles.
Un anniversaire et des projets plein sa besace dont ReadWriteWeb nous révèle l'essentiel :

  • une intégration des contenus wikipédiens au programme Search Monkey de Yahoo! avec l'idée de faire remonter un peu de sémantique dans les résultats de recherche de Yahoo!.
  • un passage à l'échelle conséquent : de 2 Terabits de stockage début 2008, stockage "dédié" aux images, fichiers musicaux ou films, Wikipedia passe en 2009 à 48 Terabits de stockage dédié, grâce à une généreuse donation de serveurs Sun.
  • dans un autre article, Brion Vibber, CTO de la fondation Wikimedia, indique que l'un de ses objectifs à long terme est "to let users upload feature-length, high-quality videos, but in addition to capacity limits he says there are challenges related to getting files in the appropriate format and the physical movement of large files."Autre stratégie, à court-terme cette fois, un partenariat ("integration") avec des sites-média comme FLickR. La première stratégie s'inscrit clairement dans la même logique que celle de la fondation Archive.org (on je rêve d'ailleurs d'un partenariat entre ces deux acteurs). C'est de logique "institutionnelle" qu'il s'agit. La seconde option est davantage dans une logique média, qui joue - intelligemment - sur la complémentarité que rend possible la granularité des ressources du net, pour autant que ladite granularité soit sous-tendue pas une "philosophie" d'ouverture et de partage. Archive.org, Wikipedia.org, FlickRCommons ... c'est l'évidence en marche, le même effet de saisissement qui vous étreint fugitivement lorsque vous trouvez enfin la bonne pièce manquante à votre puzzle.  Mais je m'emporte, revenons à nos moutons anniversaires ...

Le mois prochain ce sont les licences creative commons qui fêteront leurs 6 ans. Une autre evidence. A force de simplicité. L'occasion également de rendre hommage à de glorieux aînés.

Pendant ce temps, Knol publie son 100 millième article knol (voir par exemple le billet d'Actulligence sur le sujet)

(Temps de rédaction de cet article : 1 heure)

Rock&Num at the BnF.

Va falloir s'y faire. Ca bouge à la Bnf. Ca bougeait déjà depuis longtemps me direz-vous. Certes ... Mais là, en plus de bouger, ça communique sur le mouvement :-) Donc :

  • Dans la BnF y'a de l'OAI (et dans Banga y'a de l'eau). Ici : "La Bibliothèque nationale de France a ouvert deux entrepôts OAI              destinés à faciliter l'accès à ses collections et à ses données.             Le premier, OAI-NUM, contient les notices de tous les documents numérisés             et accessibles via les bibliothèques numériques Gallica et Gallica2.             Le second, OAI-CAT, a pour vocation de contenir l'ensemble des notices             des documents de la Bibliothèque nationale de France, numérisés ou             non. Il contient actuellement presque 10 millions de notices." Tous les détails ici. Par ailleurs (spéciale dédicace à mes étudiants qui lisent de plus en plus mon blog depuis que j'y publie les sujets d'examen la veille desdits examens), cette page là est une excellente ressource pour notre cours sur les bibliothèques numériques).
  • Dans WorldCat y'aura le catalogue de la BnF : communiqué sur le site de l'OCLC. Pour Bruno Racine, "The Bibliothèque nationale de France is willing to increase the audience of its cultural heritage materials. We are convinced that the contribution of our entire bibliographic catalogue to WorldCat is likely to enhance the value of the library collections". Les mauvaises langues diront qu'il était temps. Les autres comprendront qu'il faut du temps.
  • Pour la numérisation de masse, y'a une vidéo. Eeeeet oui. Va falloir s'y faire. La BnF c-o-m-m-u-n-i-q-u-e sur ses opérations de numérisation de masse. Et elle le fait de manière intelligente (même si le fond musical est discutable ;-) Alors bien sûr c'est (ce n'est que) de la "comm", alors bien sûr c'est un vrai petit film promotionnel pour les partenaires de la BnF sur ladite numérisation, mais "ça parle" et "ça montre" concrètement ce qu'il y a derrière cette expression étrange qu'est la "numérisation de masse". (info glanée via Jérémie Jeanguenin, digne successeur de Katell aux manettes du blog du BBF). Reste plus qu'à mettre ladite vidéo sur YouTube histoire d'aller au bout de l'opération de communication et de viraliser un peu le machin ;-)

Open Access Day

C'est aujourd'hui :-)

Oaday_header

Tout est expliqué sur le site éponyme.

Je mesure donc je publie ...

Publish or perish. On parle beaucoup ces derniers temps de scientométrie et d'évaluation de la recherche.
Concernant la réforme des universités tout d'abord. Le dernier rapport de l'AERES met les labos de recherche des universités en ébullition : chacun compte ses publis et les publis de ses collègues et autant vous dire que si l'effet recherché par cette grille de lecture était de déclencher une saine émulation, c'est parfaitement raté ...
Même au CNRS (où les gens ont le temps de publier ... ce qui est hélas de moins en moins le cas à l'université, tâches administratives et d'enseignement obligent), l'heure est à la fronde. Voilà pour l'agitation "politique" autour de l'évaluation. Côté scientifique, plusieurs articles et rapports permettent d'avoir une vue plus claire de la situation :

  • "The first mover advantage in scientific publication", publié au début du mois sur ArXiv, montre que quel que soit le champ scientifique concerné, les modèles mathématiques sous-jacents à l'évaluation du facteur d'impact offrent une très nette prime au premier entrant. Un article publié au début d'une thématique scientifique recevra, de toute façon, un nombre significativement plus élevé de citations que les autres. Prime à l'antériorité donc, qui n'est pas nécessairement synonyme de qualité.
  • "Characteristics of Open Access Web Citation Network: A Multidisciplinary Study, presented at COLLNET 2008 (Berlin, July 28-August 1, 2008)"(.pdf) s'intéresse à la manière dont sont cités les publications des journaux en Open Access. Voir le compte rendu de Gabriel sur Urfist Info.
  • La VRS (Vie de la recherche scientifique) publie un numéro dont le dossier central est consacré aux questions d'évaluation : n⁰374 (.pdf). Voir aussi le compte-rendu qu'en fait l'un des auteurs sur son blog.
  • Un numéro entier de la revue Ethics in Science and Environmental Politics est là encore consacré à l'évaluation et aux indicateurs. L'ensemble des articles de ce numéro sont disponibles en accès libre. J'en retiens principalement 3. Primo : "Challenges for scientometric indicators: data demining, knowledge flows measurements and diversity issues" (.pdf) qui plaide pour un "déminage" des données bibliométriques (jolie référence au "data mining") et une ouverture à de nouveaux indicateurs rendant compte de la dynamique actuelle et des nouveaux modes de publications. Deuxio : "Google Scholar as a new source for citation analysis" (.pdf) qui montre la relative priximité des métriques issues de l'ISI (facteur d'impact) et le service offert par Google Scholar (en écho, on pourra relire mes propres considérations sur le sujet). Tertio : "Validating research performance metrics against peer rankings" (.pdf), de Stevan Harnad. Il y revient sur les "promising new online
    metrics such as download counts, hub/authority scores and growth/decay chronometrics" et revient sur l'opportunité offerte par le "UK Research Assessment Exercise 2008" (évaluation nationale de la recherche au Royaume-Uni), programme dans lequel "a full spectrum of metrics can be jointly tested, field by field, against peer rankings."

Et puis si vous n'avez pas le temps pour toutes ces lectures, alors n'en faites qu'une seule : "Du mauvais usage de faux-indicateurs" (.pdf) : une note de recherche passionnante de Yves Gingras dont je vous livre quelques extraits de la conclusion :
Biblio
Et plus loin :
Biblio2

(Temps de rédaction de ce billet : 1h15)

C'est la rentrée ...

Allez, hop hop hop, au boulot. Fini de lézarder. D'autant qu'il s'est passé plein de choses en deux mois ...

Côté encyclopédies :

  • la série rafraîchissante d'Ecrans sur "Inside Wikipedia". Episode 1 : Wikilove. Episode 2 : Wikipompiers. L'intégralité de la série à lire ici.
  • A ne pas manquer, le regard d'Hervé (Le Crosnier) sur l'édition papier de la Wikipedia par Bertelsman et la rémunération de ses ... 90 000 auteurs ...
  • Et puis bien sûr, lancement par Google de son projet encyclopédique baptisé Knol. Gardez patience, le prochain billet y sera entièrement consacré ;-)

Côté Moteurs (enfin ... surtout côté Google ...) :

  • A ne pas manquer : un article de Chris Anderson dans Wired sur l'âge du Petabyte et son héraut (Google). Article court, brillant et relativement impossible à résumer puisqu'il montre en une seule page quels sont les liens entre les théories scientifiques, la fin des théories scientifiques, le moteur de recherche Google, la puissance calculatoire, les avancées de la génomique, l'informatique distribuée, la nouvelle "science des données" et quelques autres trucs encore. Allez, filez le lire et vous comprendrez certainement un peu mieux la manière dont chacun d'entre nous est relié à la machine. 
  • un débat chez Google France sur l'économie numérique avec une conclusion d'Eric Besson. A écouter notamment vers la 67ème minute le point de vue des intervenants (entreprise) sur un aspect du débat autour de la net neutrality (taxation des recettes publicitaires sur internet). J'ai simplement retenu que pour Eric Besson, le fait d'envisager de "prioriser par exemple des données relatives à la télésanté" n'est pas nécessairement une atteinte au principe de neutralité du net. Pour les autres aspects - cruciaux - de la Net Neutrality, voir par exemple ce billet de Martin Lessard : "étrangler le Net".
  • Alors que Google croyait en avoir définitivement fini avec le Google Bombing, voilà-t-y-pas que le Google Bombing ressurgit dans l'outil Google Trends.
  • Pour ceux qui s'en inquiéteraient, Google se porte - toujours - financièrement très bien : chiffres complets ici et résumé sur Zorgloob. Côté "part de trafic", ça va aussi.
  • Un très bon dossier documentaire réalisé par 3 étudiants du cycle supérieur de l'INTD : "Les rapports de Google avec la justice" (.pdf). La première partie du dossier est une recension des procès et actions en justice contre Google, la seconde se focalise davantage sur l'exploitation des données personnelles. Très utile pour avoir une vision "fine" d'un justiciable pas comme les autres.
  • Dans la série "publicisons, publicisons, il en restera toujours quelques chose", LiveSearch (Microsoft) s'installe dans la motorisation de Facebook. (Rappelons pour mémoire que Google motorise - et constitue la régie publicitaire de - MySpace). Voir aussi pourquoi Jérôme Charron s'en félicite.
  • Pour les Googlophiles anglophobes, découverte de Goopilation, un blog qui traduit en français les billets de l'ensemble des blogs officiels de Google.
  • Et puis, et puis ... en septembre 2005, Google faisait disparaître de sa page d'accueil la mention du nombre de pages indexées, laissant les compteurs de notre imaginaire collectif baguenauder librement. Dans un billet en date du 25 Juillet, sur son blog officiel, Google annonce que son crawler a franchi une étape ("a milestone") : 1000 milliards d'adresses uniques détectées, ce qui, comme le rappelle Jean Véronis n'est pas la même chose que le nombre de pages indexées, mais qui est "déjà très impressionnant". Au-delà de son effet subliminal dans l'inconscient collectif (= "c'est Google qui a la plus grosse" ... base d'index), cette annonce révèle ce qui est l'un des tournants marquants dans l'histoire des moteurs de recherche : la principale difficulté, le principal objectif, n'est plus la capacité à atteindre un grand nombre de données (et à les réactualiser en temps réel), mais bel et bien la capacité à faire le tri entre le bon grain et l'ivraie, entre ce qui doit être indexé et ce qui ne doit pas l'être. Soit un retour à la raison d'être et aux fondements de leur algorithmie.
  • En parlant d'algorithmie justement, du côté de Yahoo! on semble s'intéresser de près à la mode des moteurs à la carte. Mais si souvenez-vous, ces moteurs "construits par l'internaute" et faisant de chacun de nous un autarcithécaire en puissance. Yahoo! a donc lancé le service BOSS (Build Your Own Search Service). Pour ne pas répéter ce que d'autres ont très bien décrit, allez lire le billet de Jérôme Charron sur le sujet. La stratégie de Yahoo! paraît claire : étant donné que le monde compte nombre d'excellents développeurs plein de bonnes idées, et étant donné qu'actuellement aucun d'entre eux ne peut bénéficier d'un équivalent de la base d'index de l'un des grands moteurs majeurs, il s'agit donc de leur offrir un accès à cette base, de les laisser bidouiller en postulant qu'il y aura probablement dans le lot une bonne ou une très bonne idée dont on pourra alors librement s'inspirer. Et dans le cas contraire, pendant qu'ils font joujou chez Yahoo!, ils ne vont pas monter de projet concurrent ;-).
  • La dérive des continents documentaires (voir ici) se poursuit, avec cette dernière étape clé de la synchronisation de nos moments connectés / non-connectés : après GoogleDocs et GoogleReader, c'est GMail et GoogleCalendar qui devraient être accessibles via GoogleGears. Rappelons, pour tenter de clarifier la "stratégie" de Google en la matière, que la synchronisation de ces applications est l'un de piliers incontournables du "webtop" ou du "WebOS", webtop dont on reparlera plus bas dans ce billet de rentrée.
  • L'une des dernières études du PewInternet nous apprend que si en 2002 seulement un tiers des internautes utilisaient un moteur de recherche pendant leur journée connectée, ils sont maintenant la moitié à le faire (49%). Les autres "habitudes" sont (de la plus à la moins fréquente) : l'e-mail, la recherche en ligne, la consultation d'actualités ("checking news"), et la consultation de la météo.

Côté Moteurs, outils ET bibliothèques :

  • Je vous l'avais annoncé avant les vacances, la bibliothèque municipale de Toulouse est désormais sur FlickR. Pour les détails et les motivations de cette (remarquable) opération, voir le message posté sur biblio-fr. Une Flickerisation des bibliothèques qui fait flores (6 à ce jour) comme en témoigne cette nouvelle initiative lue chez André Gunthert : "la George Eastman House est le premier grand musée de photographie à mettre en ligne en libre accès dans la section des Commons de Flickr plusieurs extraits de ses collections." Sans oublier, comme le rappelle Patrick Peccatte en commentaire du billet d'André, "les institutions présentes sur Flickr qui présentent des fonds intéressants mais pas sous le régime des Commons, comme la Biblioteca de Arte-Fundação Calouste Gulbenkian." Je croie qu'il y a là l'amorce d'un mouvement de fond (et de fonds ;-), dont l'impact à moyen terme pourrait être assez semblable à celui des projets de numérisation (Google Books).
  • et puis bien sûr, l'annonce de la numérisation de la BM de Lyon par ... Google. Là encore, un peu de patience, c'est le sujet d'un prochain billet.

Côté bibliothèques ...

  • Le discours de Barak Obama : sources, références et larges extraits à lire chez Jean-Michel Salaun.
  • Côté bibliothèques ET revues : Valérie Pécresse (ministre enseignement supérieur) et son copain Bruno Racine (BnF) avaient bien caché leur jeu. Le ministère de l'enseignement supérieur vient d'annoncer le déblocage de 10 millions d'euros pur la création d'une archive pour les revues de recherche françaises. L’objectif de cette archive est de conserver sur le long terme les revues scientifiques qui ont un faible usage. Cette archive sera sous la responsabilité de la BnF qui assurera également l’accès aux articles, sur support papier ou électronique, par son service de fourniture de documents. Ah ben non désolé. Fausse alerte. C'est pas en France. C'est au Royaume-Uni. A mettre en balance avec l'approche et l'existant hexagonal.
  • Et puis les diaporamas du dernier congrès de l'ABF (blog du congrès) sont regroupés en ligne sur le site de l'ABF.

Côté livre/document/lecture numérique :

  • André Gunthert nous livre une belle analyse d'un beau concept : la lecture exportable (ou les affres d'un copyright en bout de course). De mon côté je prolongerai bien l'analyse d'André en indiquant que ce qu'il décrit à juste titre comme une lecture exportable est en fait la réalisation concrète la plus proche de l'idée originale de transclusion (chez Ted Nelson - père fondateur de l'hypertexte - la transclusion désigne des contenus non plus "inclus" mais situés simultanément à divers endroits, sans altérer pour autant leur localisation originale ... pour plus d'infos voir sous le lien précédent).
  • L'iPhone devient liseuse : Virginie Clayssen rappelle à quel point la nouvelle pourrait être d'importance pour le décollage et la structuration d'un marché du livre électronique.
  • A lire : les enjeux du livre au format de poche, une étude de 8 pages de la DEPS, qui ne se termine pas par hasard sur "la perspective numérique", au moment où l'on parle de plus en plus d'une date limite de consommation des livres sous forme papier.
  • Et pendant que l'on réfléchit de plus en plus activement ici ou là sur l'avenir de la chaîne du livre à l'heure du numérique, le rouleau compresseur continue d'avancer : Amazon met la main sur AbeBooks (via Hervé Bienvault)

Côté biblio-scientométrie

  • la face cachée de la bibliométrie existe, et plus simplement au sens figuré. Pour organiser - selon des critères bibliométriques (taux de citation / date de parution de l'article / ... )  - les résultats issus d'une interrogation de la base Medine, imaginez que la liste desdits résultats soit ... une liste de visages dont le froncement des sourcils ou le sourire (ou l'absence de sourire) seont autant d'indicateurs vous permettant d'anayser lesdits résutlats et de mieux vous y orienter. Pas clair ? OK, une image :
    Facebib
  • le site reprend en fait la théorie des visages de Chernoff (voir ici ou pour une définition de ladite théorie) en l'adaptant aux usages scientométriques et en la faisant "tourner" sur une base d'articles scientifiques (PubMed). Gadget diront certains. Sûrement. Sûrement. Aussi sûrement que cela ouvre autant de pistes du côté d'une "humanisation" littérale des résultats de recherche. La source : ici. Pour jouer avec : .

Côté Science 2.0

Côté Web 2.0 ...

  • une petite bibliographie autour du web 2.0 mêlant articles scientifiques, thèses, ouvrages et études diverses, le tout accessible gratuitement.
  • Une jolie mise en image des différents services sociaux autour du web 2.0.
  • Je vous ai souvent parlé (en conclusion de ce billet par exemple) de l'inexorable avançée d'un mouvement d'externalisation de nos mémoires (intimes ET documentaires), lequel, conjugué à une informatique ambiante (everyware) et à une redocumentarisation du monde (internet des objets) et de l'homme (l'homme est un document comme les autres), donne littéralement corps à un hypercortex planétaire. Le résultat à court terme - 2040 -, et en termes beaucoup plus clairs (:-) est expliqué dans un édito du 16 Juillet de Wired, édito chroniqué, résumé et traduit sur InternetActu : "La machine unique pour les relier tous".
  • Prenez la plus grosse base de donnée iconographique gratuite de la planète (FlickR). Prenez ensuite l'une des toutes premières agences commerciales de diffusion de photo (Getty Images). Imaginez un accord entre les deux permettant à la seconde (Getty) de piocher à volonté dans la première (FlickR) pour en revendre le contenu en reversant 20 à 40% de la somme récoltée au photographe amateur. Et vous aurez un système gagnant-gagnant et un exemple très parlant de la manière dont les pro-am deviennent un incontournable levier de l'économie de la longue traîne.

Côté Web 2.0 et après ...

  • Après le Web 2.0, il y a naturellement le cloud computing. Hervé Le Crosnier signe un papier lumineux sur le sujet dans le Monde Diplo. Didier Durand signale un intéressant white paper d'évangélisation (technique) en provenance de chez Amazon : Cloud Architectures (.pdf)
  • Après le web 2.0, il y a aussi le webOS, soit la migration du Desktop (bureau comme interface du disque dur) vers le webtop (navigateur comme interface de nos disques durs "en ligne"). Nova Spivack rédige sur le sujet un article de référence qui récapitule les enjeux et les ambitions de cette nouvelle migratio numérique des contenus et des comportements associés : "The future of the Desktop".
  • Après le web 2.0, il y a l'explosion des contenus gourmands (en bande passante) : voir les chiffres de la dernière étude Cisco, rapportés par Eric Baillargeon. Et de manière corrélée, il y a un phénomène de "dés-appropriation" de plus en plus systématique des contenus demandés par les internautes : voir le billet de Techcrunch rapportant le régne annoncé du "tout streaming". Là encore une nouvelle étape de la dérive des continents documentaires, dans laquelle après avoir confié nos contenus à des sites externes (tout en gardant une possibilité d'archivage en-ligne), nous prenons de plus en plus l'habitude de consommer des contenus comme de simples services, sans appropriation réelle ni possibilité de conservation ou de stockage. Bref, nous faisons avec Internet ce que nous faisions hier avec la télé, avant que l'on invente les magnétoscopes. Sauf que sur Internet, c'est pas très facile de réinventer le magnétoscope, comme en témoigne les mésaventures du service (excelletissime) Wizzgo. Espérons avec Jean-Michel que "S'il y a beaucoup de mythes dans le Web 2.0, il y a aussi beaucoup de préjugés chez les médias traditionnels, à commencer par croire que l'on peut retarder l'expression d'une demande explosive."

Côté énervements récurrents :

  • la fausse bonne idée de l'université entreprise, à lire sur le site de SLR ... pendant ce temps, Valérie Pécresse distribue les médailles en chocolat comme autant de labels vides de sens (et de financements ...)
  • les vraies-fausses promesses de maître Darcos. (= Episode 1 : on va supprimer plein de postes, mais en échange on va revaloriser la grille des salaires. Episode 2 : on va supprimer plein de postes. Euh ... oui oui, on va aussi revaloriser la grille des salaires. Mais pas tout de suite hein ? Episode 3 : relire l'épisode 2)
  • "L'autonomie" (financière) souhaitée des université est vraiment - mais alors vraiment - une notion à géométrie variable.
  • et dans la série "faisons fonctionner de nouveaux trucs avec tous les défauts des anciens machins", je vous recommande la lecture de "l'ANR pour les nuls" sur le site de Sauvons la Recherche.
  • Tout cela nous rappelle que la loi LRU a 1 an. A lire sur EducPros, un rapide bilan des opérations. A remarquer : seulement 9 universités (sur 85) ont décidé de mettre en place les fameux comités de sélection en lieu et place des anciennes commissions de spécialistes. Ce manque d'engouement n'est pas nécessairement la preuve d'un désaveu du système proposé (par les comités de sélection). Simplement le résultat d'un calendrier de mise en place à la hussarde et le symptôme d'un très grand flou dans le "comment concrètement" faire tourner ces nouveaux comités de sélection. Le résultats c'est que la plupart des université, déjà très occupées à mettre leur CA aux nouvelles normes, n'ont pour le moment pas eu vraiment le temps de s'occuper de la mise en place de ces comités. C'est à la fin de cette année universitaire que l'on pourra réellement juger sur pièces, même si de mon côté, mon opinion est faite ... Et par souci d'impartialité, le bilan de la loi LRU, côté communiqué officiel :-)
  • Sans archive(s) pas de mémoire, sans mémoire pas d'Histoire. Le petit monde de l'archivistique est depuis peu en butte à de sévères bouleversements qui engagent tout un pan de notre mémoire collective. Voir ici et là.
  • Edvige et Cristina. La France en (très) bonne place pour les prochain BigBrother Awards. Voir (parmi d'autres) : Politis, Le Monde, le point de vue de Jean-Marc Manach, l'article d'EDRI avec les liens vers les parutions du JO et d'autres couvertures presse. Ils en parlent aussi : l'ADBS. Au moins, cette affaire aura donné lieu, sur France Inter, à un téléphone sonne d'anthologie :-(
  • Et toujours à l'affiche, "les cages de la république".

Côté People et Blogosphere :

  • ce dont tout le monde a parlé cet été c'est la guerre entre blogueurs et journalistes. Rappel des faits.
  • Le départ de Versac tout comme la sortie de route classement de FredCavazza sont d'ailleurs peut-être assez symptômatique d'un changement d'époque. Car outre-atlantique aussi, Francis Pisani nous apprend que Jason Calacanis himself annonce son retrait blogosphérique. Je suis de mon côté depuis longtemps convaincu que les blogs auront permis l'émergence de nouvelles formes de parole (et de prise de parole), côté scientifique notamment, et qu'ils se dirigent lentement mais surement vers une hybridation de plus en plus marquée (voir les exemples très éclairants choisis par Narvic).
  • Et puis le choc de l'été sur les blogs sciences de Wikio : André Gunthert dégringole à la troisième place et Jean Véronis fait une entrée fracassante directement à la seconde (place). De mémoire d'homme, seule Samantha Fox avait, à l'époque du Top 50, réussi une telle entrée. M'est avis qu'avec de tels challengeurs qui ne respectent même pas la pause estivale, ma première place va rapidement être remise en question. Assez bizarremement, ni Closer, ni Gala ni Voici n'ont fait leur "une" de cet événement pourtant incountournable.

Côté identité numérique :

  • A l'heure où la gestion de la réputation numérique est chaque jour plus centrale pour le simple quidam, elle revêt, pour le futur potentiel président des Etats-Unis une importance plus que vitale. On lira donc avec intérêt sur le blog VerbalKint, la stratégie mise en place par l'équipe de campagne de Barak Obama pour contrer les rumeurs en temps réel. Intéressant de noter également l'évolution qui, depuis la dernière élection présidentielle américaine, avait marqué l'avènement des blogs comme outils de lobbying, et qui se décline aujourd'hui sur le mode de la gestion de la réputation. Comme dans la "vraie vie" des "vrais gens" pour qui les blogs, après être devenu un outil d'expression central, sont aujourd'hui l'un des principaux axes de leur visibilité numérique et de ce qui s'y rattache.

Côté "ça peut toujours servir" :

Côté Agenda :

Côté lectures :

Côté visionnage :


Ce qui me frappe dans tout ça ...

Comme dans la nouvelle de Borges, "Funes ou la mémoire", le mouvement d'externalisation de nos mémoires, documentaires et intimes, nous mène droit vers une société à l'hypermnésie latente, activable. Avec Google dans le rôle de Funes, et de son côté, pas la moindre aspiration à s'enfermer dans une pièce vide pour ne plus rien "enregistrer".

Bonne rentrée à tou(te)s :-)

(Sources : sous les liens // Temps de rédaction de ce billet : 2 mois ;-)

Le manuel de l'Open Access

Le secteur de l'édition des "manuels" (scolaires/universitaires) utilisés dans l'enseignement supérieur et secondaire est intéressant pour au moins deux raisons : d'abord c'est un marché très important et relativement "constant" et à ce titre, c'est un secteur qui se trouve souvent aux avant-postes des stratégies éditoriales liées au numérique. L'autre raison tient au contenu même de ces ouvrages et à l'usage courant qui en est fait : des contenus et des usages qui se prêtent particulièrement aux logiques de lecture / consommation numérique et qui en font là encore un poste d'observation privilégié. Ainsi :

  • alors que Framablog nous présente Sésamath, un manuel scolaire rédigé de manière collaborative et distribué (pour la version numérique) sous licence libre (utilisable, copiable, modifiable, distribuable),
  • LaFeuille annonce le lancement de StudentBay, un équivalent de ThePirateBay mais entièrement dédié à l'échange peer-to-peer des manuels scolaires et universitaires.

Et pour rebondir sur le débat du billet de LaFeuille, on se prend à rêver que des initiatives comme Sésamath fassent école, et que - pour l'université - les enseignants, les bibliothèques et les presses universitaires s'en inspirent pour faire bouger les stratégies éditoriales de ce marché.

Peut-on partager ou donner de l'information sans être une pourriture communiste ?

(Nota-Bene pour mon électorat lectorat de gauche : le titre de ce billet fait juste référence à deux monuments dans leur genre : le film culte des Nuls et un article du dernier numéro de la revue First Monday)

Plus sérieusement donc, l'article "Info-communism? Ownership and freedom in the digital economy" (dernier numéro de la revue First Monday) est à lire d'urgence. Traduction approximative de son pitch :

  • "L'article met en garde contre le risque de recréer l'ancien fossé idéologique entre communisme et capitalisme en stigmatisant les "informational commons" comme autant de communistes de l'information. (...) Cet article défend l'idée selon laquelle l'argument déontologique (éthique ?) lié aux vertus du partage est une impasse qui mène droit à un communisme informationnel. La meilleure manière de défendre l'accès ouvert et la liberté de l'information est de reconnaître leur ancrage dans un libéralisme qui optimise la liberté individuelle en tant qu'objectif, et repose pour cela sur de fécondes complémentarités entre le régime de la propriété et celui des "commons"."

Première remarque liminaire : ce n'est pas la première fois que les américains nous font réapparaître le spectre terrifiant du communisme dans le débat sur la notion de bien commun informationnel, mais cette fois, reconnaissons que l'argumentation de l'article est solide ;-)
L'article commence par rappeler le nom des dangereux léninistes à la tête de cette idéologie du partage et de l'ouverture : Yochaï Benkler ou Lawrence Lessig. Après avoir ensuite qualifié de "farce" l'application du vocable "communiste" au mouvement des "commons", l'auteur indique "qu'il y a deux types de justification pour défendre le mouvement des commons : la première est pragmatique, individualiste et libérale. La seconde est moraliste et collectiviste." En voilà au moins un qui n'avance pas masqué ...
Pour le reste, vous pouvez sauter le point 1 de l'article ("Red–baiting the common–ists: Frame or be framed") qui est consacré à une rapide explication de la différence entre communisme, marxisme et léninisme et stigmatise (un peu facilement) les détournements - iconographiques - de références - symboliques - auxquels se sont livrés les pionniers du mouvement open-source.
Venons-en donc au second point de l'article ("Ideological tensions in the movement") qui est plus intéressant, notamment lorsqu'il resitue les bases du mouvement initié par Richard Stallman dans la mouvance anarcho-communiste du M.I.T. (ben si, c'était tous des anarcho-communistes au MIT, vous ne le saviez pas ?)
Passons au point 3, dans lequel l'auteur pose LA question qui (le) fâche : "Le partage d'information est-il une obligation morale ?" (Is sharing information morally obligatory?). Et la position de l'auteur est là encore claire : "On ne peut pas justifier son opposition à une information "propriétaire" seulement sur la base d'un impératif éthique de partage, à moins d'étendre cet impératif éthique à toutes les ressources informationnelles et de rejoindre alors le vrai communisme" (ce qui vous l'aurez compris, est mal ...). Que dire d'autre ... si ce n'est que ce genre d'argumentaire aurait parfaitement sa place dans un discours d'Henri Guaino :-( Et cerise sur la gâteau, l'auteur nous offre un second "argument" du calibre de tous ceux qu'il a "dénoncés" jusqu'à ce point de son article : il indique que cette expansion de la vermine communiste du partage éthique "poserait de graves problèmes à l'ensemble des professions du secteur de l'information." Oui mais ... Ni Stallman (gourou marxiste), ni Benkler (crypto-léniniste), ni Lessig (anarcho-communiste) n'ont jamais prétendu, évoqué ou écrit cela ...
Venons-en donc (enfin ...) au dernier point de l'article ("Property and commons: Finding complementarities"). Etant entendu que "les commons c'est mal mais c'est fun et tout le monde aime bien", et que "le libéralisme c'est bien mais que les communistes n'en sont pas fan", l'auteur nous propose donc de réconcilier les contraires. Blague à part, ce dernier paragraphe de l'article vaut lecture (et cette fois je ne plaisante pas). Il pose les bonnes questions (ce qui m'apparaissait plutôt improbable à la lecture des parties précédentes), et rien que pour ce dernier paragraphe, cet article est effectivement intéressant. Il est intéressant parce qu'il replace le débat sur la notion de bien commun (informationnel) dans une perspective politique et sociale et plaide pour une hybridation :

  • "Commons and property are not mutually exclusive, totalizing principles for economic organization, but merely distinct methods of organizing access to resources. Historically, there has been a dynamic interaction between commons and private property. (...) Research on local music scenes in Brazil, for example, have explored how the absence of copyright on music leads to a robust private market for live performances and self–produced CDs (...). There is a growing body of research on the diffusion of hybrid business models that mix the offering of open source software with the provision of proprietary software or software–related services (...)."

Toute la question reste de savoir si ce sont des logiques de marges ou de transfert de marché qui doivent conditionner le niveau de libre dissémination des connaissances (point de vue libéral), ou si la libre dissémination des connaissances génèrera son propre écosystème économique avec une répartition sinon plus égale, du moins plus proportionnée, des revenus générés (point de vue crypto-communiste). Sur ces deux positionnements, les clivages économico-politiques ont de beaux jours devant eux. Mais se saisir de ce débat est une réelle urgence, notamment pour la communauté scientifique dans son ensemble.

(Temps kolkhozien de rédaction de ce billet : 2h00)

Persee 2.

Après Gallica 2, voici venu Persée 2, nouvelle version du portail de revues en sciences humaines dévoilée lors du salon du livre. Comme tout ce qui se termine par 2, dans Persée 2 il y a 2 fois plus de jolies couleurs, 2 fois plus de fonctionnalités "sociales", et surtout 2 fois plus de fonds documentaires annoncés mais ... mais ... mais après mes premiers tests, le nouveau fonds "travaux de recherche" reste désespérément vide ... dommage ...

(Via Homo Numericus)

Disséminer ou périr.

En novembre 2007 s'est tenu à l'université de Berkeley un séminaire intitulé "L'université comme éditeur". Les actes ne sont malheureusement pas (encore) disponibles mais un document de compte-rendu (.pdf) rappelle quelques conclusions importantes de ce séminaire :

  • "il faut distinguer la dissémination informelle de la publication formalisée."
  • "il faut s'inscrire au plus près des disciplines pour proposer des modèles de publication et de dissémination différents."
  • "il faut accorder une reconnaissance aux diverses formes de dissémination qui émergent dans l'université et proposer un large spectre de formes alternatives de publication, de modèle d'affaire, et de revue par les pairs."

Sur ce dernier point (à mon avis essentiel), Ghislaine Chartron dans son article "Une économie renouvelée de la publication scientifique"** indiquait déjà que "Les évolutions de la publication scientifique concernent également un ensemble de pratiques innovantes portées directement par les usagers, par exemple les nouvelles revues, les archives, les bloc-notes de chercheurs. Cette innovation ascendante ne peut plus être ignorée dans les transformations en cours".
Outre les bloc-notes (blogs) de chercheurs et d'enseignants et les archives institutionnelles, le séminaire de Berkeley ajoute la diffusion de cours et de conférences sous forme de podcast parmi les actions essentielles de dissémination.
Le paysage (complexe) qui se dessine est donc le suivant : à l'adage toujours applicable aux chercheurs du "Publish or Perish", correspond désormais pour leurs structures de rattachement un adage semblable : "Disséminer ou périr". Un tableau qui ne fonctionne pas en opposition mais en hybridation : si de nombreuses universités (via leurs "presses" notamment) prenaient déjà en charge nombre d'actions de publication, de plus en plus de chercheurs sont aujourd'hui les éléments moteurs d'opérations de dissémination.  Dans un cas (dissémination) comme dans l'autre (publication), le succès de l'un (université ou chercheur) dépend : de la bonne volonté, des compétences affirmées ou construites et de la détermination "politique" de l'autre (chercheur ou université). Or c'est précisément cette logique d'hybridation réciproque qui est complexe à mettre en place. Un juste dosage entre une politique de formation volontariste et des mesures incitatives (obligation de dépôt) devraient permettre d'y arriver.

Ce séminaire s'inscrit dans un projet d'envergure du Center for Studies in Higher Education et de la fondation Andrew Mellon, projet qui vise à proposer (notamment) une typologie des modes actuels de publication et d'évaluation. Divers autres documents complémentaires sur ce projet sont disponibles (.pdf) : "planning proposal",  "final report" et nouveau "project proposal"


**
Ghislaine Chartron, "Une économie renouvelée de la publication scientifique" in Perspective documentaire en éducation 62:21-29, (2006-09-01), en ligne.

(Source : Prosper // Temps de rédaction de ce billet : 40 minutes)

La gratuité selon Anderson : de l'économie du don au commerce de la reconnaissance.

Le dernière "Une" du magazine Wired ne va pas du tout plaire à Denis Olivennes (pour qui "la gratuité, c'est le vol"). Chris Anderson (rédac'chef dudit magazine et auteur de la fameuse analyse de la longue traîne) n'y va pas par 4 chemins en titrant : "La gratuité est l'avenir de l'économie." ("Why 0,00$ Is the future of business").
L'argument préalable est le suivant : "Il est désormais clair que tout ce que le numérique touche tend vers la gratuité". Chris Anderson s'interroge sur l'actuelle gratuité des contenus et services les plus plébescités (moteurs de recherche, wikipedia, etc ...). Il y rappelle que nous évoluons dans une économie du don ("gift economy"). Et il pointe un certain nombre scénarios possibles :

  • "Scenario 1: Low-cost digital distribution will make the summer blockbuster free. Theaters will make their money from concessions — and by selling the premium moviegoing experience at a high price." Un scenario que rend possible l'effondrement des coûts d'équipement et d'infrastructure (bande passante, serveurs ...)
  • "Scenario 2: Ads on the subway? That's so 20th century. By sponsoring the whole line and making trips free, the local merchants association brings grateful commuters to neighborhood shops." A mon avis la métaphore le plus parlante : "Des pubs dans le métro ? C'était le 20ème siècle. En sponsorisant toute la ligne et en rendant les transports gratuits, les marchands locaux ramènent des passagers reconnaissants dans leurs commerces de proximité". Dit autrement, "l'économie du don" appelle le "commerce de la reconnaissance".

La suite de l'article propose une intéressante typologie des modalités de la gratuité :

  • "freemium" : concerne les contenus et certains services. Cela consiste à offrir le service (ou le contenu) "de base" et à vendre (si possible assez cher) le service ou les contenus "complets" (la version "premium"). Ce modèle est très courant, notamment dans le champ de l'édition scientifique avec son système de barrière flottante (gratuité des contenus passée une certaine date d'ancienneté), très répandu également dans le domaine de l'offre de services logiciels.
  • "Publicité" : inutile d'y revenir. LE modèle du gratuit-financé-par-la-publicité. Une sorte de seconde nature sur le web. Mais on peut également penser aux journaux gratuits. Comme le rappelle Anderson, "Toutes ces approches reposent sur le principe que la gratuité construit des audiences avec des centres d'intérets divers et de besoins exprimés que les publicitaires paieront pour les atteindre."
  • "Subventions croisées" : on vous offre un produit (ex : un lecteur DVD) qui vous engagera à en acheter d'autres (des DVD)
  • "Coût marginal zéro" : c'est l'exemple de la musique en ligne : entre sa reproduction numérique et sa distribution sur les réseaux peer to peer, le coût marginal est vraiment très proche du zéro absolu.
  • "Labor exchange" : quand vous votez pour des articles sur Digg ou sur Yahoo!Answers ou sur tout autre site du même type, vous créez de la valeur pour ces sites ou pour des sites tiers.
  • "Économie du don" : mouvement open-source.

Chris Anderson revient ensuite sur cette "économie de l'abondance" qui sert de point d'orgue à l'économie de "l'attention" et à celle de la "réputation". Et de présenter Google comme la parangon (et la banque centrale) de cette économie :

  • "Grâce à Google, nous disposons maintenant d'un moyen pratique pour convertir la la réputation (PageRank) en attention (traffic) et en argent (publicités)."Thanks to Google, we now have a handy way to convert from reputation (PageRank) to attention (traffic) to money (ads). Tout ce que vous pouvez convertir de manière consistante en monnaie, est également une forme de monnaie, et Google joue le rôle d'une banque centrale pour ces nouvelles économies."

Une vidéo postée sur YouTube du même Chris Anderson accompagne l'article.

L'ouvrage de Chris Anderson défendant cette thèse et intitulé "FREE", paraîtra (gratuitement ?) en 2009.

<Update> A compléter par le lecture de ce billet sur les modèles d'affaire du web 2.0 publié sur Internet Actu </Update>

(Source : Nonfiction.fr // Temps de rédaction de ce billet : 1h30)

Open Access (liens en vrac ...)

Plein de choses à blogguer en attente depuis longtemps ... attendez-vous donc à quelques billets sous forme de "revue de liens". Commençons par l'Open Access :

  • un ouvrage vient de paraître : Developping Open Access Journals : A Practical Guide. L'ouvrage n'est pas en Open Access mais la table des matières est disponible (.pdf) ainsi qu'une page de liens basiques mais incontournables sur le sujet
  • pendant ce temps, à l'université d'Harvard, on se prépare à voter une mesure permettant à l'université de "distribute their scholarship online, instead of signing exclusive agreements with scholarly journals that often have tiny readerships and high subscription costs." Le résultat du vote ne sera connu que demain (update sur ce billet à prévoir donc) mais le simple fait qu'une institution universitaire se prépare à franchir ce cap est très significatif du bouleversement irrémédiable qui est en train de toucher le secteur de l'édition scientifique (via le NYTimes - traduction disponible chez Hervé Bienvault - et le Chronicle). Les textes ainsi mis à disposition le seraient sur l'archive institutionnelle de l'établissement. De leur côté, les auteurs des articles garderont la totalité de leurs droits et auront naturellement la possibilité de soumettre leur article aux revues de leurs choix, y compris des revues payantes. Ce qui me semble particulièrement intéressant dans cette nouvelle, au-delà même de la portée symbolique d'un tel engagement en provenance d'une université aussi prestigieuse qu'Harvard, c'est - comme le souligne l'article du NYTimes - la mise en place d'une procédure systématique d'opt-out institutionnelle, pilotée par la bibliothèque universitaire. Soit deux règles d'or : l'opt-out tout d'abord, seule procédure apte à donner au mouvement Open Access la capacité d'atteindre un seuil critique qui obligera les éditeurs (payants) à revoir radicalement leurs politiques tarifaires, le pilotage de la BU ensuite, car d'eux-mêmes les chercheurs - pour des raisons sur lesquelles il serait trop long de s'attarder - ne prendront jamais en charge à eux seuls cette possibilité pourtant réelle d'émancipation.
  • pour rester sur le créneau des nouveaux modèles éditoriaux, notamment induits par le mouvement de l'Open Access, cet article de George Siemens, "Scholarship in an age of participation", décrit et modélise en détail ce que devrait être la publication académique "ouverte et participative" autour de 6 principes fondamentaux : "1. Two-fold model: peer-reviewed and informal commons / 2.Open reviews / 3.Meta-Reviews / 4.Discussion / 5.Annotation / 6.Journal as community". Il propose également une très intéressante modélisation du circuit de publication à l'aune de ces principes.
  • Journal (cliquez pour agrandir)
  • Pendant ce temps, d'autres jeunes mais talentueux (et "reconnus") universitaires, à  l'image de leurs glorieux aînés, appelent clairement à boycotter les "lock-down academic journals", c'est à dire les journaux n'autorisant pas (ou alors après un délai excessivement long) la mise en libre accès des articles qu'ils publient. L'universitaire en question est Danah Boyd (grande prêtresse des réseaux sociaux), et le glorieux aîné est Lawrence Lessig (professeur de Droit à Stanford, et à l'origine - avec d'autres - des licences Creative Commons) qui avait lancé un appel similaire en Mars ... 2005.
  • Pendant ce temps ... l'association européenne des universités (représentant, tout de même, 791 universités dans 46 pays) vient d'entériner une recommandation pour une obligation d'auto-archivage : en clair il faut imposer aux chercheurs de déposer leurs articles, TOUS leurs articles, dans l'archive institutionnelle de l'université (et donc il faut aussi imposer à toutes les unviersités de disposer d'une archive institutionnelle ...). Le seul "embargo" possible portant sur la date à laquelle l'article sera effectivement consultable gratuitement sur ladite archive, mais sans accepter d'embargo (des éditeurs) sur la date du dépôt. Cette approche a un avantage principal : elle permet d'indexer et de rendre disponible rapidement au moins les métadonnées de l'article. Le texte intégral de la recommandation est à lire chez Stevan Harnad himself. Cette recommandation insiste en particulier sur l'intérêt de cette approche pour le leadership des universités, un argument réel, admis par tout le monde y compris par certains détracteurs de l'Open Access, mais un argument qui laisse étrangement insensible les (quelques) décideurs et autres présidents d'université (ou vice-présidents) que j'ai eu l'occasion de rencontrer. C'est dommage, pour ne pas dire consternant, que l'institution universitaire (particulièrement en France) mette tant de temps à comprendre que la logique qui prévaut aujourd'hui dans l'ensemble des réseaux (y compris de recherche) est conditionnée, AVANT TOUT, à des logiques d'accès et de visibilité, et que l'Open Access est une formidable occasion de maîtriser et de garder le contrôle sur ce processus de mise en visibilité des résultats de la recherche. (Via OpenAccessInist)
  • Sur le même sujet, le projet Driver vient de mettre en ligne 3 ouvrages portant, pour le premier, sur un inventaire des archives en Europe, pour le deuxième sur les problématiques liées à la création, au développement et à la viabilité des réservoirs numériques, et pour le troisième sur les normes, standards et protocoles existants dans le domaine (Via Inist).
  • Pendant ce temps ... les Presses Universitaires de Cambridge publient un ouvrage intitulé Against Intellectual Monopoly. Les auteurs (deux économistes) démontrent qu'à l'inverse de l'idée habituellement admise selon laquelle le "copyright" serait nécessaire pour préserver l'innovation, il s'agit en fait davantage d'un monopole intellectuel gouvernemental qui "constitue un frein à l'innovation, à la croissance, à la prospérité et à la liberté." Bref des trucs que même Joe le Taxi Jacques Attali n'aurait pas osé écrire :-) L'ouvrage est disponible intégralement et dès maintenant en libre accès. La version papier sortira en Juillet 2008. (Via DigitalKoans)
  • Sur le même sujet mais adoptant un point de vue (beaucoup) plus large et englobant, le dernier ouvrage de Lawrence Lessig (dont on parlait plus haut) s'intitule "The Future of Ideas" est disponible en ligne, sous licence creative commons, à l'image de ses deux ouvrages précédents dont l'incontournable FreeCulture (via Pintini).

Bon ben voilà. Si après tout cela vous n'êtes pas convaincus de l'intérêt de l'Open Access, j'entre officiellement en dépression. Plus sérieusement, ce mouvement de grande amplitude (qui semble donc récemment boosté par quelques-unes des belles initiatives listées dans ce billet) va permettre, sous peu de disposer d'un fantastique réservoir planétaire interopérable de ressources documentaires scientifiques. Même les plus puissants moissonneurs ne suffiront probablement pas pour en extraire la substantifique moelle (en un temps plus court que celui de la vie d'un chercheur lambda s'entend). Attendons-nous donc de ce côté-là à voir un très probable regain d'intérêt et de développements applicatifs du côté des moteurs de recherche et des outils et interfaces de visualisation, comme en témoigne le projet annoncé d'Intute d'un moteur permettant dans un premier temps de fouiller toutes les archives institutionnelles du Royaume-Uni, et dans un second temps d'y appliquer des logiques de dédoublonnage (en deça desquelles se profilent par ailleurs des problèmes de "versioning" qui vont devenir extrêmement complexes et stimulants) et d'agrégation sémantique (clusterisation notamment).
Voilà voilà ... à la louche vous en avez pour un petit millier de pages de lecture. Bonnes vacances ;-)

Scientométrie

La question de la mesure (qualitative et quantitative) de la science est d'abord celle de la validité et de la fiabilité des instruments de mesure le permettant. Au premier rang desquels les différents indices de citation. En ce domaine, les choses bougent notablement ces derniers temps :

  • Thomson lance un forum de discussion pour débattre du facteur d'impact. Etant donné les enjeux économiques colossaux liés au marché de la citation scientifique et étant donné la position de leader de Thomson sur ce marché, on ne s'étonnera guère de pouvoir y lire des avis disons ... partisans. Mais l'initiative reste louable et atteste que, lentement mais sûrement, les esprits évoluent et l'aspect monolithique de l'actuel facteur d'impact se fissure progressivement. (Communiqué de presse de Thomson)
  • autre avancée significative vers une "science 2.0", le logiciel E-Prints se dote d'un module additionnel permettant aux usagers de commenter les articles scientifiques déposés sur les plateformes tournant sous E-Prints
  • Eugène Garfield, le père de l'analyse bibliométrique, a lancé en Octobre dernier sa société et son logiciel baptisé "HistCite", "a bibliometric analysis and visualization software". Une version de démo de 30 jours est disponible gratuitement. Si quelqu'un à le temps d'aller tester et de nous faire un rapide retour ... Si l'on croise ce nouveau logiciel avec les initiatives fleurissant du côté de chez Scopus (Scopus Citation Tracker), sans oublier naturellement les principes d'analyse bibliométriques offerts au grand public par Google Scholar, on constate que là encore, les anciens monopoles sont en pleine reconfiguration, que de nouveaux monopoles émergent, et que les pratiques bibliométriques en général sont en voie de démocratisation, ce qui n'est par ailleurs pas nécessairement (uniquement) un bien quand on observe actuellement comment certaines lois tentent de transformer ces indicateurs en autant d'outils managériaux en voulant à toute force, hors contextes disciplinaires, et de manière univoque, transformer en critères de performance des indicateurs qui n'ont de valeur ... qu'indicative.
  • sur son blog, Enro rappelle à raison l'opacité qui prévaut dans de trop nombreuses bases de données servant à l'établissement des différents facteurs d'impact. Et en ce domaine (opacité des données collectées), Google Scholar n'a malheureusement pas grand chose à envier à Thomson scientific. Mais Google Scholar ne structure pas (encore) un marché (de le citation), ni une économie (de la publication). Thomson scientific ... si.
  • sur ce même sujet (opacité de Thomson scientific), un récent article de Nature a vu monter au créneau 3 responsables de grandes revues scientifiques. Je n'ai pas lu l'article, mais d'autres l'ont chroniqué.
  • Et puis dans la famille déjà évoquée plus haut de la-scientométrie-à-portée-de-tous, le "portail" Scimago (repéré grâce à Christophe Deschamps) propose, en s'appuyant sur les données issues de Scopus différentes visualisations et comparaisons entre différents indicateurs selon différents pays, différents journaux, etc ... Si l'outil nécessite quelques minutes de prise en main pour bien "mesurer" toutes ses potentialités, les possibilités qu'il offre sont à proprement parler r-e-m-a-r-q-u-a-b-l-e-s !! (d'autant que vous pourrez récupérer nombre de ces données directement dans un fichier excel)
  • Dans tout ce petit monde de la scientométrie, le bouleversement majeur (déjà en cours) viendra nécessairement de l'explosion des titres de journaux en Open Access : parmi d'autres indicateurs de poids, le portail DOAJ (Directory of Open Access Journals) vient d'ailleurs de franchir le cap des 3000 revues open access indexées et accessibles (rappel : les revues Open Access sont des revues avec un comité scientifique et des articles validés par des pairs et tout et tout et tout)
  • Et puis dans le vaste domaine des publications scientifiques, il est une "brique" qui tend à occuper une place de plus en plus importante : c'est celle des archives institutionnelles (institutional repositories), qui permettent à une institution de collecter et de rassembler les différentes publications de l'ensemble de ses personnels ("publication" étant ici entendu au sens large : il peut bien sur s'agir de publications dans des revues scientifiques mais également de rapports de laboratoires, d'ouvrages, de thèses, etc, etc...) A ce sujet, Charles W. Bailey vient de diffuser un document court (10 pages) intitulé : "Institutional Repositories. Tout de suite" (.pdf) Ce document est structuré comme une FAQ (foire aux questions) : qu'est-ce qu'une archive institutionnelle ? A quoi cela sert-il ? Qui en possède ? Comment en déployer une ? etc ... etc ... mais chaque réponse est complétée par des références vers un ou deux articles scientifiques ... sur la question. Bref à diffuser massivement (et à traduire ...) pour que ce document se trouve rapidement entre les mains d'un maximum de nos présidents d'université et de nos décideurs ministériels.

Fini les vacances, c'est la rentrée ...

Côté moteurs/wikipédia/knol :

  • On a donc pas mal parlé avant et pendant les vacances du projet de Google concernant son "encyclopédie" Knol : dans Ecrans, Florence Devouard s'inquiète à raison en rappelant que 50 % du traffic vient directement de Google. Google Blogoscoped y revient également en soulignant l'argument selon lequel Google ne pouvait plus accepter de voir partir tout ce traffic "non-monétisé" vers un site (wikipedia) indiquant qu'il refuserait toujours la publicité.
  • Voir aussi la rapide analyse comparative de ReadWriteWeb entre Knol, Wikia, Wikipedia et Mahalo autour des trois mamelles de l'argent, de l'attention (comme vecteur de monétisation) et de l'altruisme (comme contribution à la somme des connaissances disponibles).

Côté réseaux sociaux, moteurs de recherche et scientométrie :

  • Medline nous avait déjà habitués à son goût des interfaces innovantes. En voici une nouvelle baptisée GoPubMed qui permet, sur la base d'une recherche de faire émerger des "réseaux sociaux" à partir des noms d'auteurs d'articles et de leurs adresses de courier électronique (Via Cismef). En fait, plutôt qu'un réseau social (ce qui est l'argumentaire marketing du lancement de ce nouveau service), c'est bien de scientométrie qu'il s'agit, c'est à dire de la capacité, via un moteur sémantique, de repérer des collaboratoires, des "collèges invisibles", et de cerner en un instant sur un thème donné, l'état des publications en la matière et les chercheurs les plus en vue. Exemple : en entrant le terme "stuttering" (bégaiement) et en cliquant (à gauche dans la rubrique "What") sur "Hot topics", vous visualisez :
    • un "top 20" des auteurs ayant le plus publié sur le sujet
    • un "top 20" des publications classées par pays
    • un "top 20" des journaux dans lesquels on trouve le plus de publications en rapport avec le bégaiement
    • une courbe temporelle vous permettant de visualiser la progression (ou le recul) du nombre de publications par an sur ce sujet
    • une visualisation sous forme de graphe des réseaux de collaboration entre auteurs (répondant à la question "qui publie avec qui ?")
  • c'est à tomber par terre. Et on se prend à rêver d'un tel outil dans le cadre d'un moteur généraliste majeur à vocation scientifique (maiiiis non, pas forcément celui-là, il y a aussi celui-là). Pour mieux comprendre la puissance d'un tel outil : allez le tester, et lisez le communiqué de presse (.pdf).

Côté moteurs tout court :

  • le 7 janvier 2007, il y a donc de cela exactement un an, Jimmy Wales annonçait le lancement de Wikia, le moteur de recherche dont les résultats seraient validés par des humains. Et bien exactement un an plus tard, on nous annonce le lancement de Wikia (en version béta) pour demain, le 7 Janvier 2008 donc. A ce sujet, voir la revue de presse de Christophe Asselin. Le site de la "communauté" wikia est ici, et comme on peut le lire dans le wiki du projet, Wikia compte s'appuyer sur tout l'éventail des technologies de recherche à valeur ajoutée, à savoir la sémantique (= catégorisation), le "réseau social", l'indice de "réputation", et une infrastructure "distribuée". Lancement demain donc, et affaire à suivre de près pour ce nouveau "moteur de recherche open-source collaboratif".

Côté Bibliothèque "2.0" (ou pas ...)

  • Une conférence qui s'est tenue début Novembre à Berkeley sur le sujet des bibliothèques "2.0" avec les supports de présentation accessibles en ligne (supports présentés parfois sous forme classique - un bon vieux powerpoint - parfois sous forme "2.0" - un wiki). Pas de grande nouveauté mais cela vaut le coup de visionner la conférence inaugurale de Meridith Frakas qui embrasse bien la situation (.ppt)
  • l'un des derniers rapports du Pew Internet nous apprend (via 01.net) qu'outre-atlantique, la première raison de fréquentation des bibliothèques est ... le fait d'y trouver une connexion Internet. De quoi largement réalimenter de vieux démons débats, tant sur le taux d'équipement desdites bibliothèques dans notre bel hexagone, que sur la place des technologies d'accès dans ces enceintes et le taux de formation et d'encadrement qui est dévolu à leurs personnels.

Côté Folksonomies & Indexation sociale

Côté néologismes :

  • Saluons l'arrivée de la Zemblanité, exact opposé de la sérendipité et qui désigne "la faculté de faire de façon systématique des découvertes malheureuses, malchanceuses, attendues et n'apportant rien de nouveau." La génèse du concept et sa présentation détaillée sont disponibles sur Urfist-Infos.
  • Saluons (Via Francis Pisani) l'arrivée  de la "mobiquité" : mobilité + ubiquité. Un néologisme qui traduit bien la place de plus en plus importante qu'occupe dans notre société et dans nos comportements informationnels, l'informatique nomade et/ou ambiante.
  • Reste à savoir si ces deux néologismes entreront au panthéon linguistique aux côtés de la blingocratie.

Côté copyright, Fair-Use et autres creative commons

  • Un rapport intitulé : "Recut, Reframe, Recycle: Quoting Copyrighted Material in User-Generated Video" (.pdf). La question posée est de savoir si dans le cadre des sites de médias participatifs donnant lieu à divers remixages (exemple : YouTube), les détournements, parodies, et autres mashups de diverses oeuvres de fiction relèvent - ou non - du cadre du Fair Use (= usage équitable) et échappent donc à la législation du copyright. La réponse du rapport est claire : Oui. Il y a dans ces "oeuvres" de nouveaux éléments (détournement, transformation, remixage) qui les inscrivent dans le cadre de la constitution d'une culture populaire. "Video remix culture does not violate copyright." Les auteurs du rapport rappellent également qu'il est important de sensibiliser aussi bien les "auteurs" que les "remixeurs-amateurs" à la notion de propriété intellectuelle et d'usage équitable, pour que les premiers soient conscients de la richesse que ces remixages peuvent (parfois) apporter à leurs oeuvres, et pour que les seconds travaillent et s'amusent dans le respect de l'oeuvre des premiers. A noter : le site de présentation de l'étude est très bien fait, puisqu'en sus du téléchargement de l'étude proprement dite, il propose également une courte vidéo en rappelant les principales problématiques et conclusions, et propose également de télécharger un fichier excel du corpus de vidéos utilisées. Il propose enfin, pour chaque type de remixage (détournement, critique, débat, illustration, etc ...) les 5 vidéos les plus parlantes. Certaines d'entre elles sont réellement ... parlantes.
  • Et puis vraissemblablement à ne pas rater (je ne l'ai encore pas visionné en entier, mais il est plein d'interviews avec Yochai Benkler et ne peut donc pas être mauvais :-) un documentaire sobrement intitulé "Steal this Film" qui décrypte les enjeux liés à la notion de propriété intellectuelle et plus largement de "diffusion" dans le contexte actuel. Pour les plus pressés, plein d'extraits sur Google Vidéo, pour les autres téléchargement dans plein de formats possibles directement sur le site du documentaire. Il y en a même qui se sont déjà attelés au sous-titrage en français.

Côté traces documentaires identitaires (ou identité numérique si vous préférez) :

  • nos comportements informationnels laissent de plus en plus de place à l'égotisme forcené. Au service de cet égotisme on compte d'ailleurs de plus en plus d'outils tendant à l'illustrer (les divers outils de classement façon "top 50 de quelque chose"), à le renforcer (économie de la réputation), à en faire naître le besoin (via des interfaces navigo-ludiques dont vous êtes le centre et la circonférence), ou à en faire l'alpha et l'oméga d'un modèle économico-sociétal (facebook). C'est l'éternelle histoire de la poule et de l'oeuf.
  • Got dans ses petites cases, nous gratifie d'un éclairant billet sur FOAF (Friend Of A Friend) dont on aimerait effectivement penser que le modèle réellement ouvert qu'il incarne soit l'avenir des protocoles tournant derrière la plupart des réseaux sociaux. Mais je ne peux hélas pas m'empêcher de penser qu'il y a encore bien du chemin à parcourir ... l'heure étant plutôt pour les grosses cylindrées à la centralisation des profils propriétaires ... ce qui doit nous inciter encore davantage a faire plus de place aux initiatives alternatives et technologiquement éprouvées (dont FOAF).

Côté ressources pédagogiques :

Côté voeux, bonnes résolutions et oracles divers :

  • il y a ceux qui ne croient plus aux blogs sous leur forme actuelle (Jean-Michel Salaun et Jean Véronis) ... mais qui continuent heureusement de blogguer :-) De mon coté je reste sur le créneau de l'enthousiasme (peut-être un peu candide), même si - à l'instar des deux précédemment cités - je constate ici et là une raréfaction des pépites blogguesques, nombre de trouvailles ayant visiblement du mal à tenir sur la longueur, ce qu'on aurait du mal à leur reprocher tant il est vrai qu'en dehors d'un projet affirmé de publication (journal, auto-fiction, carnet de recherche, formation à distance), l'exercice du blog est une gymnastique chronophage, et que "le temps de blogguer" n'est pas nécessairement la chose la mieux partagée du monde. Il n'en demeure pas moins qu'en repensant à ce qu'était la pêche informationnelle d'avant et d'après le temps du blog, ce "format éditorial" a tout de même été l'occasion d'entendre de bien belles voix, et de découvrir de fort pertinentes analyses. L'avenir dira ce la forme blog deviendra, mais les potentialités, l'univers de discours offert par une petite quantité de ces "nanopublications" reste pour l'instant et de mon point de vue, essentiel.
  • il y a ceux qui comme Fred Cavazza, se livrent à leur petit exercice de prospective du nouvel an, et ceux qui comme Francis Pisani, font une revue de presse des principaux exercices du genre.

Et mes prédictions à moi ?

  • A l'instar de ce que décrit Christian Fauré à propos du service Twine, je crois que l'ensemble des acteurs majeurs de la recherche d'information (Google, Yahoo! Microsoft) et quelques-uns de leurs challengers (Exalead, Facebook) vont prendre de plus en plus nettement le grand virage de l'hybridation. Une hybridation entre :
    • des espaces et des services collaboratifs,
    • des technologies sémantiques ou sémantisées de représentation et d'agrégation des connaissances,
    • et des algorithmies de recherche "pures" (ou recherche universelle).
  • Je crois que la diversité des contenus va (enfin) atteindre un équilibre longtemps espéré entre le "texte seul" et la vidéo et l'image.
  • Je crois enfin que l'une des grandes questions en terme de recherche (notamment pour les sciences de l'information et de la communication) sera la mise au jour des nouvelles autorités cognitives qui s'articulent aujourd'hui de manière encore un peu floue derrière la monétisation (ou la non-monétsation) des services à base de connaissance (Knol, Wikipedia).
  • De mon côté je retiens comme éléments et tendances majeures de l'année écoulée : les deux nouvelles étapes de la dérives des continents documentaires que sont :
    • d'une part, la synchronisation transparente entre nos activités informationnelles connectées (on-line) et déconnectées (off-line),
    • et d'autre part, la sphère croissante d'indexabilité (notion de "graphe social" pour faire simple) de l'humain au travers de ses innombrables traces documentaires éparses sur le(s) réseau(x).
  • Ce qui me semble frappant au-delà de tout c'est l'avénement imminent et probable d'une nouvelle génération d'algorithmes ayant capacité à représenter sur un même plan des documents toujours plus fragmentaires, des traces identitaires toujours plus documentées, et à transformer toutes ces traces d'attention en vecteurs d'intentions, pour le plus grand bonheur des grandes industries culturelles et des quelques acteurs qui dominent actuellement le marché (et ce au-delà du discours geignard et misérabiliste que s'obstinent à tenir les mêmes industries culturelles). En un mot comme en cent : la redocumentarisation du monde. Il est certain qu'il va falloir être très très très attentif aux Network sciences, car elles seront le creuset plus que probable de cette nouvelle génération d'algorithmes et de modes de représentation, et qu'à mon sens, elles seules ont aujourd'hui la capacité à réunir en un même cadre d'analyse les fronts de recherche les plus innovants, les techniques d'indexation et de représentation du vivant au sens large.
  • Voilà pour le côté vivifiant et optimiste de la chose. Côté pessimiste (mon éternel côté cassandre :-); je crains que nous ne soyons confrontés à une échéance majeure, celle de la médecine personnalisée et/ou médecine "2.0" et/ou médecine désintermédiée. La montée en puissance et la position désormais établie de ces nouveaux prescripteurs planétaires que sont les moteurs de recherche d'une part, la mise à la portée du grand public des technologies de génomique (notamment à des fins d'auto-diagnostic) d'autre part, les rapprochements entre les premiers (moteurs de recherche) et les secondes (sociétés de génomique), et enfin l'engouement de plus en plus explicite chez tous les grands acteurs de l'industrie médicale (et notamment pharmaceutique) pour des modèles de diffusion et d'accès reposant sur du gratuit financé par la publicité va nécessiter, pour le moins, de grands chantiers didactiques si l'on veut éviter d'aller à coup sûr ... droit dans le mur. Va falloir se trouver dare dare un José Bové de la santé comme bien commun de l'humanité. Sinon ...

Bonne année à vous tous :-)

Happy birthday Creative

Cc_party

(Via Lawrence Lessig)

Sociabilité académique et universitaire.

A visionner sur Slideshare, un diaporama qui a comme titre : "The promise of Authority in Social Scholarship". Le mouvement des réseaux sociaux est en train d'impacter lentement mais surement le monde académique (rappelons que Facebook était, au départ, un réseau social destiné aux seul étudiants de l'université d'Harvard). Les raisons sont multiples :

  • d'abord la préparation des esprits qu'a favorisé l'essor d'applications dites "2.0" depuis maintenant déjà quelques temps,
  • ensuite la culture initialement anglo-saxonne de mettre en place systématiquement des annuaires d'anciens étudiants,
  • enfin la richesse des outils et/ou applications collaboratives proposées par ces plateformes sociales (wikis, agendas partagés, conduite de réunion à distance, etc ...).

A tout cela il faut ajouter la relative "légèreté" et la simplicité de la prise en main de ces plate-formes au regard d'autres outils plus institutionnels et plus "lourds" (Moodle par exemple). Donc il y a de plus en plus d'étudiants et de plus en plus d'enseignants-chercheurs sur Facebook. Et la question qui s'était déjà posée au moment de l'émergence des blogs et leur appropriation par les enseignants-chercheurs comme autant d'outils de publication hybrides, va nécessairement se reposer dans le cadre d'une sociabilité académique. Et c'est précisément la question de l'autorité dans le cadre de cette sociabilité académique qu'interroge le diaporama en question. Sur la 4ème diapositive on peut lire cette définition de la sociabilité académique : elle désigne "l'utilisation de réseaux sociaux à des fins de publication ou d'interaction avec d'autres membres de la communauté universitaire." L'auteur du diaporama insiste également sur la notion de "soft peer-review" qui comporte deux dimensions :

  • implicite : avec les actions de type :  "tagging, bookmarking, downloading, viewing"
  • explicite : avec les actions de type : "annotating, commenting, voting, ranking"

La sociabilité académique (= universitaire) est donc composé d'un enchevêtrement de 3 choses : "des textes, des conversations et des métadonnées." Ce qui n'est pas une nouveauté. Dans le fonctionnement académique classique, on publie des textes, lesquels sont discutés (conversations) lors de colloques ou de conférences, pour être enfin publiés et indexés via des métadonnées. Ce qui, pour moi, change radicalement la donne c'est :

  • la polarisation de ces activités : des usagers - non-experts ou n'agissant en tout cas pas "es qualité" ou faisant tomber d'antiques barrières disciplinaires - participent aux textes (voir Commentpress ou les initiatives de type Roger T. Pédauque),  aux conversations, ainsi qu'aux métadonnées (folksonomies et indexation sociale)
  • l'échelle participative et collaborative : le nombre des interventions sur les textes, le nombre de participants aux conversations, et le nombre de métadonnées explose llittéralement.
  • la temporalité des interactions : le régime est celui du temps réel (ou quasiment). Ce qui n'empêche pas la mise en oeuvre de phases de stabilisation.

Il devient donc urgent de réfléchir à de nouvelles métriques autoritatives, qui constitueront l'une des composantes nécessaires du nouvel ordre documentaire en train de se mettre en place à l'échelle du réseau. A ce titre, je croie que ces nouvelles métriques pourraient, en partie, s'inspirer de la dynamique des différents appareillages cognitifs en train de se mettre en place autour de l'encyclopédie Wikipedia.

Calendrier Open Access

Superbe travail d'Alma Swan qui nous livre sous licence Creative Commons ce calendrier de l'Open Access (.pdf), avec pour chaque mois le rappel d'événements importants pour ce mouvement, et en guise d'images, un travail typograhique autour de "maximes" là encore en rapport direct avec la philosophie du même mouvement.
Et tant que vous y serez, jetez aussi un oeil sur ses présentations du mouvement de l'OA et sur le positionnement des éditeurs, ainsi qu'à l'ensemble de ses articles et rapports.
(Via Opening Scientific Communication)

Revue par les beaux-pères

Repérée par Peter Suber, une étude qui revient en détail sur la pratique du "Ghost Writing" dans le domaine des revues médicales. Cette pratique désigne les articles écrits par les compagnies pharmaceutiques et publiées sous le nom d'universitaires n'étant que peu (ou pas) intervenus dans le processus de recherche. Les chiffres de l'étude sont plus qu'alarmants : plus de 40% des articles concernant directement la médication ou la thérapeutique médicamenteuse relèveraient du ghost writing.
Peter Suber rappelle utilement que c'est un argument de moins à mettre du côté de ceux qui (cf l'initiative PRISM) indiquent que l'Open Access remet en question la qualité du processus de revue par les pairs.

Open (source) Business

A l'appui de l'un des derniers billets de Jean-Michel Salaün sur l'industrie du "fair-use", on consultera utilement ce document sur les modèles économiques des logiciels open sources et logiciels libres.

Revue par les impairs : ou comment faute de mieux on garde les peers.

(oui je sais, faut que j'arrête avec ce genre de titre, ça nuit à mon référencement ;-)

Beaucoup de boulot, pas mal de cours, et (beaucoup) de billets en attente ... donc un peu de ménage s'impose en commençant par le revue par les pairs :

  • Tim O'Reilly relate l'opinion de Ian Mulvany (qui travaille pour la revue Nature et est également à l'origine de Connotea) lequel se livre à un intéressant parallèle entre le processus de revue par les pairs et celui de dépôt de brevets. Il développe (entre autres) l'idée que la revue par les pairs ne peut à terme que s'effondrer sous son propre poids, en prenant notamment comme argument le fait que de plus en plus de chercheurs en provenance de la chine et de l'inde, ces deux formidables viviers de compétences, vont littéralement prendre d'assaut les revues académiques. Il note également que l'on peut déjà observer les premiers signes de cet effondrement, notamment via la multiplication des indices de citation. Il note aussi que le critère du nombre et de la qualité des publications n'est plus suffisant dans le cadre de la gestion et de l'avancement des carrières. L'observation la plus intéressante de mon point de vue, est que dans certaines disciplines scientifiques (de plus en plus nombreuses), le dépôt de brevet tend à se substituer à la publication dans des revues à relecteurs, pour la simple raison qu'il est impossible de publier sur un brevet en cours de dépôt (procédure qui peut être relativement longue), et que dans l'industrie, on préfère souvent garder la poule aux oeufs d'or (le brevet) plutôt que de la voir se répandre dans l'espace public d'une revue, fût-elle de très haut rang. Et de conclure : "How can both systems utilize collective intelligence to alleviate the numerical and informational pressure that surrounds the act of review ? "
  • Un point de vue à croiser avec le dernier billet de Jean-Michel Salaün, relatant un rapport (.pdf) qui fera date et grand bruit puisqu'il montre que l'industrie du "fair use" (usage équitable), grâce aux exceptions permises au regard de la propriété intellectuelle, représente 1/6 du PIB américain. Je reprends un passage d'un extrait du rapport traduit par Jean-Michel : "L'économie américaine est de plus en plus basée sur les connaissances qui viennent de la diversité dynamique des industries qui dépendent des exceptions à la propriété intellectuelle. Grâce à la croissance de l'internet et de la révolution des technologies de l'information qui lui sont associées, l'économie des États-Unis a bénéficié de la création et de l'explosion d'industries nouvelles et d'une relance de la productivité qui a favorisé de meilleurs niveaux de vie. (..)".

Pour ceux qui chercheraient encore le lien entre ce rapport et le point de vue rapporté par Tim O'Reilly, il consiste à réflécir sur la manière permettant d'alléger la très lourde pression informationnelle et numérique (au sens de "nombre") pesant sur les revues scientifiques. La mise à disposition des textes-revus-par-les-pairs, si elle se faisait plus tôt ou dans des conditions différentes de celles actuelles, permettrait peut-être à son tour de doper cette économie de l'usage équitable, sans pour autant abandonner un usage - peut-être plus ouvert - du droit d'auteur. Le fait d'ouvrir en amont (peer-commentary) et en aval (post-peer commentary) le processus de revue par les pairs, permettrait également d'accéler la diffusion - contrôlée - des savoirs scientifiques et technologiques en levant pour les mêmes raisons, une partie de la charge qui incombe actuellement aux revues.

  • A lire également dans le dernier Edito du Journal de l'INSERM, les propos de son Directeur Général, Christian Bréchot, je cite (et souligne en gras quelques passages) : "(...) la bibliométrie, bien qu’incontournable, ne peut être le seul critère d’évaluation de la recherche biomédicale : celle-ci doit pouvoir s’adapter aux spécificités de la recherche translationelle et clinique, à condition de mettre en avant l’innovation réelle des recherches effectuées. Une activité, également innovante, d’enseignement, de valorisation – notamment avec des brevets de valeur réelle (ie associés à des contrats et licenses), l’implication du chercheur dans l’expertise, le lien avec les associations, fondations et ligue de patients et, d’une manière générale, la diffusion des connaissances à la société sont aussi des éléments à prendre en compte. Les débats sur la bibliométrie nous font courir le risque d’occulter ces aspects essentiels."

Là encore, ce même souci de "porter" les problématiques scientifiques (et médicales) sur la place publique. Trouver de nouveaux espaces, de nouveaux modèles, ouvrir ceux existants, démultiplier les canaux et les supports de diffusion. Sans pour autant complètement lâcher les rennes ou nier les indéniables assurances que procurent les systèmes actuels (d'évaluation par exemple), mais en démultipliant les expertises et les lieux de leur exercice.

Et voilà. Y'a pas mieux donc on garde le peer :-( Et de produire par la suite une quinzaine de recommandations dont les 3/4 auraient pu être formulées par un élève de maternelle, et l'ont d'ailleurs déjà été (formulées) sur ce blog et ailleurs. La British Academy recommande donc :

  • dans la catégorie j'enfonce une porte ouverte : de "former les relecteurs" et de sensibiliser les post-doctorants au fonctionnement de l'évaluation par les pairs. Certes ... certes ...
  • dans la catégorie des coûts du Peer-review, là c'est Oui-Oui au Pays des jouets : le peer-review fait partie intégrante de la vie académique, le peer-review aura toujours un coût, donc ... "il faut  développer une compréhension plus profonde des coûts de la revue par les pairs (sic)"
  • mais le meilleur est encore à venir, et ce sera dans la catégorie reine, "le peer-review et les différentes métriques", catégorie dans laquelle l'académie indique : "The experience of the European Reference Index for the Humanities (ERIH) shows how difficult the task is, and we conclude that the ERIH does not at present represent a reliable way in which summary measures of peer reviewed publications can be constructed." Traduisez : y'a des gens qui essaient de mettre en place des métriques adaptées aux sciences humaines et sociales. Ca n'avance pas très vite et c'est super difficile à faire (Pour mémoire, Garfield n'a pas, à ma connaissance, inventé la scientométrie en 9 secondes et 6 dixièmes), donc on peut pas s'y fier, et donc y'a qu'à garder ce qui marche mal sans s'obliger à chercher un truc qui pourrait fonctionner mieux.

Les conclusions de ce rapport sont proprement stupéfiantes. A lire "l'executive summary" et la liste des "recommandations"qu'il contient, on est en plein dans la quatrième dimension, au mieux celle de la résistance institutionnelle au changement, au pire celle de la mauvaise foi :-((

Open Access grand public

Bernard Rentier, recteur de l'université de Liège, dispose déjà d'un assez large passif dans le domaine de l'évangélisation à l'Open Access. Il n'hésite pas non plus à énoncer un certain nombre de vérités concernant les politiques tarifaires abracadabrantesques des éditeurs (Elsevier notamment). Enfin, il ne se contente pas de communiquer pour faire parler de son université, il agit également en conséquence, par exemple en mettant en place un archivage institutionnel o-b-l-i-g-a-t-o-i-r-e. Il nous annonce aujourd'hui la naissance du site Réflexions, à mi-chemin entre le magazine institutionnel et, concept qui me plaît assez, l'Open Access grand public.

  • "nous avons voulu qu’un site aussi important pour nous que celui-là repose à la fois sur l’expertise des chercheurs et sur celle de professionnels du journalisme de vulgarisation. J’encourage d’autres chercheurs et d’autres journalistes à se lancer dans l’aventure. Quoi de plus enthousiasmant pour un chercheur ou une équipe de recherche que de voir ses recherches exposées de la sorte et comprises par tous, au moins dans ses principes et dans la mesure où elle contribue utilement au progrès des connaissances, non seulement des spécialistes, mais de tout le monde ?"

Voilà qui définit assez bien en somme la ligne éditoriale d'Affordance, à ceci près que je ne suis naturellement pas journaliste, et que conséquemment, la vulgarisation peut parfois s'en ressentir :-)
Plus sérieusement, si l'on parvenait à coupler ce genre d'initiative et sa claire valeur ajoutée journalistique avec d'autres initiatives comme celle de Renée D. Blogs, en permettant par exemple de croiser sous un même espace thématique des contenus produits par des journalistes mais également des blogs de chercheurs :

  • on aurait là un redoutable outil de communication et de valorisation de la recherche,
  • on réglerait le problème de l'affichage institutionnel des blogs desdits chercheurs,
  • on permettrait de développer ce concept d'Open Access Grand Public, comme une sorte de vulgarisation assistée par la publication (scientifique)

Pour le public, le cheminement type serait le suivant :

  • => il découvre l'article d'un journaliste rendant compte d'une recherche qui l'intéresse
  • => il accède au(x) blog(s) du(des chercheur(s) à l'origine de cette recherche
  • => il peut accéder s'il le souhaite à la partie thématique de l'archive institutionnelle regroupant les communications des chercheurs dans ce secteur.

Plus naturellement, tous les autres parcours possibles selon les variations du point d'entrée (lequel peut aussi être un billet publié par un chercheur et non nécessairement l'article d'un journaliste).
Aaaah si un seul de nos présidents d'universités françaises pouvait s'inspirer de l'exemplarité liégoise ...
Je vais peut-être réféchir à une demande de mutation sur Liège moi ... :-)

Le PRISM de la mauvaise foi : la guerre de l'édition scientifique expliquée à mes enfants.

Rappel des épisodes précédents :

Episode 1 : "Je vais bien tout va bien."
Le Pitch : les chercheurs écrivent des articles, les éditeurs les publient. Et revendent aux chercheurs, notamment par le biais des bibliothèques universitaires, les articles qu'ils ont écrits, mais en réalisant une marge substantielle. C'est l'âge d'or (des éditeurs).

Episode 2 : "La rebellion."
Le Pitch : les chercheurs, un peu énervés par l'augmentation des marges des éditeurs, décident d'entériner certaines pratiques consistant à s'échanger des articles, entre chercheurs, juste pour voir. Et tant qu'à y être, se disent que puisque c'est eux - les chercheurs - qui écrivent les articles, eux encore qui choisissent quels articles sont ou non recevables, eux enfin qui les lisent - les articles -  et bien ils n'ont qu'à continuer de faire ça entre eux, que ça ne devrait pas marcher beaucoup plus mal, et que ça coûtera moins cher à tout le monde. Le mouvement de l'Open Access et des archives ouvertes est né.

Episode 3 :  "Touche pas au Grisbi."
Le Pitch : les éditeurs observent les chercheurs faire mumuse dans leur coin, avec leurs petits articles et leurs petites revues. Mais petit à petit, les revues des chercheurs, les articles des chercheurs passent de moins en moins par les éditeurs, qui ne peuvent pas les revendre très cher aux chercheurs, via les bibliothèques notamment. Et là, les éditeurs font une erreur. Au lieu d'aller voir les chercheurs, de leur demander gentiment ce qui se passe, de leur expliquer que le métier d'éditeur c'est aussi un métier qui apporte quelque chose dans la production et la diffusion des connaissances scientifiques, au lieu d'essayer de voir avec les chercheurs comment s'arranger, au lieu d'écouter la demande du public (essentiellement d'autres chercheurs), les éditeurs se moquent, et pour combler leur manque à gagner, ils augmentent encore le prix des revues qu'il leur reste à vendre aux chercheurs.

Episode 4 :  "Le Pitbull."
Après avoir ignoré le mouvement de l'open access, après l'avoir assez largement sous-estimé et parfois aussi méprisé, et ne pouvant décemment pas augmenter encore le coût de la revente des articles des chercheurs, les éditeurs boudent et ne savent plus trop quoi faire. C'est alors qu'ils décident d'aller voir quelqu'un dont le métier consiste à trouver des arguments pour expliquer que fumer des cigarettes permet de réduire le trou de la couche d'ozonne, aide les fleurs à pousser dans les jardins, et permet d'éviter la réintroduction des ours dans les pyrénées (si c'est un fabriquant de cigarette qui le paye pour dire ça).

Episode 5 : "La zizanie."
Le ptich : sur les bons conseils - chèrement payés donc - de ce Tullius Detritus, les éditeurs décident donc de raconter partout que les chercheurs sont des méchants, qu'ils copient sur leurs autres copains chercheurs, que ce sont des trouillards qui veulent même pas donner leurs articles à lire à d'autres chercheurs pour que eux, les éditeurs, puisse en publier certains. Les éditeurs racontent à qui veut l'entendre que c'est le méchant gouvernement public qui fait faire des dictées aux chercheurs, pour leur indiquer quoi mettre dans leurs articles.

(A SUIVRE ...)

Cette histoire, c'est celle de l'initiative Prism, véritable opération de com(mando) qui consiste à mettre en pratique les conseils d'un sulfureux cabinet de Relations Publiques. Cette histoire c'est surtout l'histoire de la mauvaise foi. Une mauvaise foi d'autant plus absurde que - mis à part le cas de ceux qui ne se préoccupent en aucune manière de l'économie du document numérique, et qui représentent la majorité des enseignants-chercheurs - d'autant plus absurde que les chercheurs - ceux qui restent - sont des gens relativement "déniaisés" sur la question, conscients du rôle important que joue l'édition dans la collecte, le filtrage et la dissémination des connaissances, des gens qui s'efforcent de ne pas caricaturer le débat en acceptant de débattre de modèles hybrides, comme celui d'une barrière flottante permettant de fixer après un délai de temps variable, le passage en libre accès de tout ou partie d'une revue ou d'une collection (principe du "libre accès maîtrisé"). Des gens qui sont prêts à mettre clairement tous les arguments sur la table, y compris ceux (d'arguments) qui jouent a priori en faveur de l'adversaire (à titre d'exemple, on ne peut pas continuer de laisser se multiplier à l'infini le nombre de "revues" en Accès ouvert).
Alors naturellement, l'initiative PRISM fait grincer beaucoup de dents. Mais pas encore de ce côté-ci de l'atlantique. Les réactions et les débats sont donc à suivre là-bas. Pour l'essentiel sur le blog de Peter Suber, ainsi que chez Stevan Harnad. Et si vous n'avez pas le temps de tout suivre ni de tout lire, alors ne manquez surtout pas cette parodie splendide.

Rentrée des classes

Côté bibliothèques :

  • un tutoriel qui en 15 minutes par jour fera de vous un bibliothécaire 2.0.
  • les supports du congrès ABF Nantes 2007 sont (presque) tous en ligne.
  • un entretien avec Jean-Yves Mollier, à lire dans Télérama, et où il est entre autre question de l'avenir du livre et des bibliothèques. On n'y apprendra pas grand chose rien, mais la justesse de ton et la pondération sont également parfois appréciables :-)

Côté bibliothèques et moteurs :

  • les bibliothèques de l'université de Keio (Japon) rejoignent le programme Google Book Search, qui entre ainsi sur le continent asiatique. 120,000 ouvrages du domaine public sont concernés. Le nombre de bibliothèque partenaires s'établit donc désormais à 26. (Via InsideGoogleBookSearch & le communiqué de presse - .pdf - de Keio). Une étrange affordance au passage en guise de réminiscence, je connaissais le nom de l'université de Keio parce que Ted Nelson, inventeur et précurseur de l'hypertexte et d'une utopie mondiale de la connaissance baptisée Xanadu, Ted Nelson donc y était allé soutenir l'équivalent de ce que l'on nomme ici une "Habilitation à Diriger les Recherches". La signature de cet accord avec Google, dans l'ombre du passage de Ted Nelson à Keio donne à Google Books un étrange aspect d'aboutissement de Xanadu.
  • la bibliothèque de l'université Cornell se joint également au projet Google Book Search. 500 000 des 8 millions de volumes imprimés détenus par ladite bibliothèque sont concernés. Soit donc au total 27 bibliothèques partenaires.
  • Sur le même sujet, ne manquez pas l'article de Paul Duguid dans le dernier First Monday, et le commentaire avisé qu'en fait Jean-Michel Salaun.

Côté OpenAccess :

  • les dépôts OAI francophones en SHS suivent, et c'est tant mieux, une progression lente mais régulière et soutenue : voir le décompte détaillé de Marin Dacos.
  • Plus globalement d'ailleurs, le mouvement de l'open access dans sa globalité suit une courbe dramatiquement (?) ascendante.
  • Ceci expliquant sûrement cela ... la toute puissante AAP (association des éditeurs américains) lance l'initiative PRISM ("Partenariat pour l'intégrité (sic ...) de la recherche en science et médecine"). L'idée est d'alerter le public sur les présumés "risques" de la publication en Open Access. L'attaque est aussi frontale que caricaturale, en pointant les soi-disant "risques d'une censure d'état" liés à une "disparition de l'évaluation par les pairs", ce que personne, même les plus extrêmistes partisans de l'Open Access, n'a j-a-m-a-i-s ne serait-ce que suggéré. On en rirait presque, mais le pouvoir de lobbying de l'AAP est tel que l'on en est plutôt navré et inquiet. Il s'agit en fait de la mise en pratique du plan de guerre contre le libre accès, déclaré en Janvier 2007, pour lequel l'AAP avait eu recours à une agence de relations publiques aux méthodes qui pourraient n'être que tristement célèbres si elles n'étaient pas également largement discutables (désinformation, propagation de fausses rumeurs, etc, etc.). Tout cela est proprement consternant tant les arguments évoqués sont spécieux. Mais tout cela risque surtout de faire de considérables dégâts. Donc, plus que jamais, continuons le combat ... et le prosélytisme ... <Update de 5 minutes plus tard> Via Marlène - qui en parle aussi - je découvre ce billet certes partisan - de l'autre camp - mais qui résume très bien la situation et reprend nombre de réactions blogosphériques à ce sujet </Update>

Côté moteurs :

  • Google ...
  • Google fait preuve d'un appétit dont la constance confine à la boulimie. Voir la liste dressée par Christophe Asselin des acquisitions des derniers semestres. Derrière cet appétit qui peut sembler désordonné, se dessine progressivement une stratégie bien identifiée de positionnement sur le Web OS pour tout type de public et toute taille d'entreprise. De son côté, Henri Labarre nous offre une cartographie synoptique au format .pdf de ladite boulimie.
  • Et puis comme cela ne fait jamais de mal de rappeler quelques fondamentaux, une belle animation flash sur la manière dont fonctionne Google.
  • Google encore qui donne dans le tonitruand, en annoncant l'ouverture des commentaires sur Google News, pour ceux "ayant un lien" avec l'affaire commentée (sic). Nombre de journaux le font déjà, sans qu'il soit besoin de "prouver" avoir un lien quelconque avec l'affaire, mais quand Google touche au modèle média de la presse en ligne, tout le monde s'affole. Techcrunch rappelle les faits dans un billet synthétique. L'immense majorité des observateurs est plus que sceptique, à l'image de Danny Sullivan qui résume l'affaire en un mot : "Weird". Emmanuel Parody dans son analyse à laquelle je souscris entièrement, évoque une "arrogance d'un nouveau genre". Jusqu'au LATimes qui, deux jours après l'annonce, dans une tribue non-signée, compare Google à ... Osama Ben Laden :-(
  • Et les autres ...
  • Technorati s'effondre lentement mais sûrement ...
  • La tendance - ou l'idée que je crois de plus en plus vraie - qui veut que la fabrication de moteurs (indexation, rafraîchissement, parsing et autres technologies) et la fabrication d'interfaces soient deux métiers différents, cette tendance semble se confirmer avec le rapprochement de Groxis (excellentissime interface de Grokker, depuis le temps que je le dis ...) et d'Intellisearch. Pour plus de détails, voir l'article de l'Atelier.

Côté veille :

Côté web :

  • Si le web est implicite, il est aussi granulaire ou plus exactement fractal. Et les Widgets en sont la plus petite unité atomique. Techcrunch nous gratifie d'un billet synthétique sur les origines, les plateformes et les standards de ces petits widgets.
  • L'équipe d'Information Architects nous gratifie de son côté d'une belle carte (.gif) dans le genre "plan de métro", listant un grand nombre d'acteurs et de services du web actuel. Synoptique et fort utile pour repérer quelques "tendances".

Côté réseaux sociaux :

  • Nous nous étions quitté en listant ce que nous savions aujourd'hui des réseaux sociaux, et bien il y a de fortes chances pour que ces réseaux sociaux occupent une très grosse part de l'actualité webienne dans les mois à venir. Avec tout d'abord le coup de poker de Facebook, dont Google a une énorme envie et qu'il pourrait bien tenter de se payer, après que le PDG dudit Facebook a refusé l'offre de Yahoo (1 milliard de $ ...). Si le marché se concluait, Google enterrerait de facto toute possibilité d'émergence en la matière, puisqu'il est déjà par ailleurs installé (motorisation et régie publicitaire attenante) comme moteur officiel de LA plateforme concurrente MySpace. Du côté des trois grands le tableau est donc pour l'instant le suivant :
    • MSN dispose de MySpace. Leader indétrônable pour ce qui est du nombre de teenagers impliqués.
    • Yahoo! (ayant échoué à racheter Facebook) travaillerait sur un projet baptisé Mosh
    • et Google (probablement en train d'essayer de racheter Facebook) aurait de son côté une nouvelle arme fatale baptisée SocialStream (voir le billet de Techcrunch pour plus de détails, et voir aussi le site de présentation du projet SocialStream, présenté comme "réseau social unifié" et dans lequel une large place est faite à la notion de Sérendipité ...). Notons ici encore que sur ce terrain (réseau social "unifié") comme sur d'autres (recherche "universelle") ma petite théorie de la dérive des continents documentaires résiste bien à l'analyse ;-)
    • Si vous êtes un peu perdus, FredCavazza résume tout ça très bien. De mon côté, même si dit comme ça cela peut ressembler à du teasing éhonté, je pense que si FaceBook avait l'intelligence de regarder du côté d'Amazon (et réciproquement), la carte des acteurs plénipotentiaires du web actuel serait entièrement reconfigurée. J'y reviens dans un prochain billet ... enfin si je n'oublie pas et si j'ai le temps :-(
    • Et pour compléter mon dernier billet sur la question, on lira avec intérêt les deux billets que Jean-Michel consacre à cette même question : ici et .
    • Toujours sur le livre des visages (dévisage ?), à lire également la réflexion de François Bon.
    • Pour le côté business, voici une grille très détaillée vous permettant de calculer le retour sur investissement (ROI) d'un réseau social
    • A lire également, les résultats d'une étude menée sur 850 personnes de 54 pays, étude sans prétention scientifique mais qui confirme tout de même quelques orientations, dont la domination de LinkedIn dans la catégorie "réseau social professionnel".
    • On pourra également consulter la liste des réseaux sociaux disponible sur Wikipedia, en complément de celle de Dannah Boyd, ainsi que le rapport d'Avril 2007 de Forrester (.pdf), déjà signalé sur ce blog (pour les plus pressés, voir le récent résumé de Gerry Mc Kiernann)
    • Et puis ... et puis ... et puis il est des programmes de recherche auxquels on aimerait avoir participé ou dont on voudrait avoir eu l'idée, comme celui visant à établir le réseau social ... des superhéros Marvel. Le résultat est à lire sur ArXiv. Avec une grosse déception tout de même, l'étude se base sur l'apparition desdits superhéros au fil des volumes de publication et ne s'intéresse pas aux communautés elles-mêmes (Vengeurs, X-Men, etc.). Impossible donc d'avoir la preuve scientifique que le Fauve ait entretenu une relation avec Miss Hulk :-(

Côté Wikipédia :

  • La polémique (stérile) de l'été.
  • A l'occasion de sa pause estivale, Homo Numericus nous offre trois billets d'analyse sur "l'histoire politique" de Wikipedia, rédigés par Sylvain Firer-Blaess, étudiant de l’IEP Lyon : ici (1), ici (2), encore ici (3), et (4).
  • Un étudiant a mis au point un détecteur de TRDs (Tentatives de Redocumentarisation Déviantes) : pour le tester vous-même, direction le Wikiscanner (tous les journaux en ont parlé - Le Monde, Libé, etc. - mais vous pouvez bénéficier d'un rattrapage de qualité avec l'article de Christophe Deschamps, et d'une ouverture problématique fondamentale chez Jean-Michel Salaun, concernant l'urgence de réinventer le droit à l'oubli)
  • Dans le dernier numéro de First Monday, un autre étudiant s'est penché sur la qualité des citations scientifiques dans l'encyclopédie collaborative, avec deux résultats intéressants : les citations sont pour l'essentiel conformes aux normes académiques, et elles ont tendance à renvoyer majoritairement vers des revues à forte notoriété (Science et Nature en tête), ce qui ne peut effectivement que "contribuer à renforcer la crédibilité" de l'encyclopédie.
  • Et pour prolonger le débat, les 19 et 20 octobre 2007, l’association Wikimédia France organise le premier colloque francophone sur Wikipédia, à la Cité des sciences et de l’industrie sur le thème suivant : "Développer - Valider - Ouvrir". A ce jour, le programme ne fait état que de l'intitulé de 3 "séminaires" sans davantage de contenu ni d'intervenants (un sur les "réseaux d'experts" - tiens, tiens ... - un autre sur les rapports de l'encyclopédie avec le monde de l'enseignement, et un troisième sur l'épineuse question de la validation). A suivre donc ...

Côté identité/identifiants/traçabilité numérique :

  • Après les 3 lois de la robotique, les 7 lois de l'identité numérique. (Via InternetActu)
  • Un billet intéressant sur la gestion des avatars.
  • Naturellement en la matière, la clé résidera dans l'attitude, l'orientation et la marge qu'autoriseront les moteurs sur ces questions. Les habitués d'affordance retrouveront aisément sur ce blog quelques billets concernant la politique de Google en la matière, et durant cet été, Ask a annoncé son service AskEraser permettant aux utilisateurs de ne voir aucune donnée conservée durant leurs recherches. A l'inverse, le moteur Spock entend ficher les individus sur la base des informations collectées par les moteurs. Après un rapide test, il s'avère - heureusement - assez inintéressant (sauf si vous voulez connaître l'âge et le nom des épouses de différents présidents de la république de tel ou tel pays). Un million de personnes seraient ainsi "indexées" dans ce "people specific search engine". En revanche, nul doute que demain, l'un des moteurs majeurs proposera à son tour ce type de recherche.

Côté Outils :

Côté lectures / visionnages :

  • Un numéro du Journal of Computer-Mediated Communication avec notamment une section spéciale de 5 articles concernant les blogs, et quelques autres papiers intéressants autour des réseaux sociaux.
  • Le billet du gourou Nielsen qui a fait couler beaucoup d'encre blogosphérique au début de l'été : "Ecrivez des articles, pas des billets."En (très) gros, Nielsen plaide pour une expertise affirmée, au-delà de la surabondance instantannée d'information qui surgit dans la blogosphère à propos de tout ou de n'importe quoi. L'idée est que - selon Nielsen - si vous voulez affirmer votre expertise et éventuellement la monnayer au prix fort, vous devez écrire des billets longs, privilégier l' "in-depth content". Sébastien Billard résume très bien le tout.
  • « L’impact d’Internet sur l’économie de la presse : quel chemin vers la profitabilité ? » (.pdf) La thèse toute fraîche de Danielle Attias.
  • Et puis pour la bonne bouche, un petit film d'anticipation sur l'avenir du livre, lequel livre, peut-être selon un phénomène de contamination du support, devient de plus en plus "rich"-media.

Côté université :

  • Un très bon numéro spécial (.pdf) du magazine Horizons de l'AIU (Association Internationale des Universités), publié par l'Unesco, et consacré à la thématique du classement, des indicateurs et autres palmarès en vigueur (ou non) dans nos universités. Je vous recommande tout particulièrement la lecture de l'introduction de Jamil Salmi et Alenoush Saroyan, intitulée : "Les classements des universités comme instruments politiques : usages constructifs pour l'enseignement supérieur".
  • Sur le site lautrecampagne.org, une série de 5 entretiens avec des gens concernés et impliqués sur le projet de réforme des universités du gouvernement. Tous les sujets qui fâchent y sont abordés : recrutement, financement, échec en premier cycle, autonomie, etc.

Bonne rentrée à tous et toutes :-)

(Via : l'harassant dépouillement de mon agrégateur ...)

Journal Info : dis-moi où publier.

Le site Journal Info agrège des informations en provenance de plusieurs bases de périodiques (Shera/ROméo, DOAJ ... en tout, près de 30 banques de données sont interrogées, soit 18000 journaux) et vous propose de mieux cibler vos choix de publication en accédant pour chaque revue (classée par discipline) à des informations sur :

  • son mode de publication (accès ouvert ou non)
  • son thème principal
  • les bases de données l'indexant et sa "renommée" (via son facteur d'impact ou d'autres mesures)

Pour les revues n'étant pas en Open Access, on trouvera même un renvoi vers une liste de revues "équivalentes" en Open Access. Un très bel outil :-)

(Via Isko-UK)

Publier enchaîné ou périr libre.

Publier enchaîné ou périr libre. Telle est souvent la déclinaison du célèbre adage "Publish or Perish". Les raisons en sont multiples, mais le fait est que la majorité des chercheurs, quand ils ne sont pas ignorants du phénomène du libre accès (ce qui est heureusement de moins en moins le cas ...); ne savent pas trop comment imposer / demander / négocier leurs droits avec les revues qui les sollicitent ou auxquelles ils soumettent un article. Heureusement, à l'initiative de SPARC et de Science Commons, un petit outil rapide et précieux baptisé SCAE (Scholar's Copyright Addendum Engine) vous permet très simplement de produire un addendum au contrat vous liant à l'éditeur, au format pdf, selon le type de droits que vous souhaitez préserver sur votre publication ("Access - Reuse", "Immediate Access", "Delayed Access") Il vous suffit ensuite d'envoyer le tout à votre éditeur préféré.

(Via LibraryStaffBlog)

Evaluer la science ... est une science

La question de l'évaluation de la science est et a toujours été une question clé. Mais elle n'a jamais été d'autant d'actualité, et ce pour au moins deux (bonnes raisons) : primo, l'arrivée et l'essor des revues en Open Access (ainsi que l'essor en amont des champs et des perspectives de recherche, et en aval des articles soumis à publication), et deuxio, la fin d'une immunité, celle du facteur d'impact, qui s'il demeure pertinent à plus d'un titre, ne saurait aujourd'hui être la seule voie (pour tout un tas de - bonnes - raisons, dont quelques unes sont citées dans ce billet)
Pendant 2 jours (14 et 15 mai 2007), l'académie des sciences a organisé un colloque intitulé "Évolution des publications scientifiques - Le regard des chercheurs". Et là, pur bonheur, en sus du déjà très alléchant .pdf contenant les résumés de toutes les interventions, toutes les interventions sont disponibles sous forme de webcasts. Et il y en a pour tous les goûts : des présentations "institutionnelles", (Persée, Revues.org, Numdam ...) des "institutionnels" (Franck Laloé, Catherine Lupovici ...), des chercheurs (de tous les domaines mais avec une absence notable et au final agaçante tout autant que questionnante, celle des sciences humaines et sociales ...), des promoteurs des archives ouvertes, des éditeurs et dignitaires représentants du facteur d'impact.

Plusieurs sesssions dans ces deux journées, avec les thèmes suivants :

  • La révolution électronique dans les publications scientifiques
  • Analyse critique de la bibliométrie
  • Place de la bibliométrie dans l’évaluation scientifique

 Seul problème : "Combien faut-il de jours pour visionner l'intégralité filmée d'un colloque de deux jours ?"
Bé oui. Deux jours :-(
Alors pour la bonne bouche, je vous recommande une de ces interventions parmi tant d'autres, celle de Jean-François Bach, éminent biologiste et secrétaire perpétuel de l'académie des sciences, intervenant sur le thème : "Problèmes posés par l'évaluation des articles" (voir la vidéo). Une intervention qui m'a fait chaud au coeur à titre personnel puisque :

  • il raconte la même chose que moi récemment. En gros "il y trop de biais et on le sait, donc il faut ouvrir l'évaluation",
  • et il plaide pour les mêmes solutions, en gros : "que les éditeurs permettent un dépôt systématique sur les archives ouvertes et jouent ensuite sur une barrière de temps flottante pour la mise à disposition intégrale, et que les chercheurs cessent de jouer les ignorants carriéristes effarouchés (ou toute combinaison de ces trois derniers termes)."

Naturellement il le dit mieux que moi (il est éminent et je ne suis qu'affordant) et il cite de meilleurs exemples, sous prétexte que mÔsieur a été pendant 15 ans rédacteur en chef d'une revue de rang 1 en biologie éditée par Elsevier ... pfou ! une broutille vous en conviendrez ;-)
Parmi les interventions avec lesquelles je suis moins d'accord, on trouve aussi celle de Nian Cai Liu, à propos du classement complètement débile très controversé des universités selon les principes de Shangaï. Ainsi que celles de Daniel Rodriguez (Scopus, Elsevier-Masson)  (voir la vidéo). Il met en avant dans sa présentation, 6 critères qui font selon lui la valeur ajoutée du travail des éditeurs. Et là, comme premier critère, il cite ("Mais si madam', j'vous juuuuure") "l'accès au savoir" et (je cite toujours), "l'accès immédiat au savoir", arguant de la consultation chaque jour des 8 millions d'articles de ScienceDirect (et comme il aime bien les chiffres, il indique que ScienceDirect c'est : "1 million d'articles consultés chaque jour par 10 millions de chercheurs". Mais moi je dis, pour l'accès immédiat au savoir, on n'a quand même pas trouvé mieux que les archives ouvertes. Mais il est vrai que je parle là d'un accès complet et immédiat au savoir pour tous (chercheurs mais aussi citoyens), et non pas d'un accès restreint, filtré et coûteux au savoir (demandez à une BU le prix du bouquet d'abonnement à ScienceDirect ...) pour quelques heureux élus (les 10 millions de chercheurs annoncés ...).
Un bien beau colloque donc, non seulement incontournable mais aussi et surtout ... accessible gratuitement à tous :-)
Nota-Bene : dans la même veine - mais plus anglophone et moins "tout public" -, se tiendra bientôt (21 et 22 Juin) à Nancy la conférence annuelle de l’ICSTI (International Council for Scientific and Technical Information), avec pour thème : "L’évaluation et la qualification de la science : pratiques et initiatives en IST". Là encore programme de choix et débats cruciaux en perspective pour certains, dans la ligne de mire pour d'autres.
(Via MR dans UrfistInfo)

I-expo 2007

Comme annoncé, j'étais aujourd'hui de passage au salon I-Expo, invité à une session sur les archives ouvertes. Et j'étais content d'y être, notamment parce que cela fût l'occasion de croiser enfin Marlène dans la vraie vie, et aussi d'écouter Jean-Claude Guédon, professeur de littérature comparée et héraut historique du mouvement de l'Open Access. Je n'avais jusqu'ici fait que le lire et suivre ses messages dans diverses listes de discussion, et j'ai été bluffé par sa pédagogie, sa simplicité, et son don d'orateur, très canadien. Rien que pour ça, cela valait la peine de se lever à 4h du matin pour partir prendre un train annoncé à 6 heures et qui ne partirait finalement qu'à 7 heures, "faute de mécanicien". J'intervenais donc ensuite avec quelques autres dans une "vraie-fausse" table-ronde avec 3 missions qui m'avaient été confiées par les gentils organisateurs :

  • parler de la question de l'évaluation
  • être bref
  • être polémique.

Je n'avais donc pas préparé de pauvrepoint "soigné" comme je me plais parfois à vous en régaler, mais j'avais en revanche jeté pêle-mêle sur un pauvrepoint, quelques idées et anciens posts de ce blog, pour être sûr de ne rien oublier. Pauvrepoint que voici : Téléchargement spitch.ppt
Et pour me faire pardonner de ne pas trop poster ces jours-ci, je vous ajoute en note longue, cadeau bonus, la bibliographie complète sur laquelle reposent les arguments certes polémiques mais scientifiquement établis du pauvrepoint susmentionné.

Lire la suite "I-expo 2007" »

La science telle qu'elle s'évalue

Toutes celles et ceux qui ont déjà monté un dossier ou un programme scientifique "recherche" le savent : la clé de l'obtention des crédits et du financement réside dans les rapports des différents experts nommés pour auditer ledit dossier.  Le problème c'est qu'il est délicat de trouver des experts aussi compétents que les gens qui montent les dossiers, lesquels sont, de facto, les plus "qualifiés" pour juger de la recevabilité desdits dossiers. D'où l'extrême complexité et lourdeur du montage administratif et rhétorique des mêmes dossiers. Souvent les rapports d'experts "bloquent" sur des points qui semblent tout à fait hors de propos aux chercheurs en charge du dossier, ou bien ils (les experts) se rabattent sur des protocoles d'évaluation "administrocentrés" ("pas assez de laboratoires partenaires" ou "pas assez de partenaires régionaux" ou "trop d'interdisciplinarité" ou "pas assez de transdisciplinarité", et j'en passe ...)
Bilan : des mois de travail jetés au rebut, des dynamiques de recherche brisées net, et surtout beaucoup BEAUCOUP de temps perdu. Entendons-nous bien, il ne s'agit pas de donner un blanc seing à tous les dossiers présentés. Mais il s'agit de redéfinir les protocoles d'expertise et de trouver les bons "auditeurs" ("reviewers"). C'est ce phénomène que l'on retrouve d'ailleurs à une tout autre échelle au niveau des comités de relecture de bon nombre de revues scientifiques et savantes. D'où la nécessité de parfois tuer le pair.
Ces conclusions ("redéfinir les protocoles d'expertise", "trouver les bons experts") sont celles du tout récent rapport de l'European Science Foundation : "Peer-review : its present and future state".

Ce rapport (il s'agit en fait des actes d'un colloque) revient sur quelques questions centrales de l'évaluation de la science : la revue par les pairs, l'évaluation des dossiers et programmes de recherche, et les différentes métriques en vigueur. Avec notamment (page 23 et suivantes) une session intitulée "Langages, métriques, impacts : les cultures du peer-review dans les humanités".
Le cas des humanités est intéressant (jusqu'à quand ...) puisque "les outils bibliométriques sont inaptes à rendre compte de la diversité des comportements de publications des chercheurs de ces disciplines." Et de reparler, sans hélas guère plus de détails, de l'ERIH (European Reference Index for the Humanities), en recommandant que les ouvrages soient comptabilisés au même titre que les articles dans ce qui devrait donc (mais quand ??? voilà déjà plus de quatre ans que l'on parle de cet index, et il semble que l'on en soit toujours à réunir des groupes d'experts sur la faisabilité d'un tel projet ...), index qui devrait donc, disais-je, comptabiliser les revues "princeps" européennes de 15 disciplines des humanités.
Au final, de ce rapport de 36 pages il ressort de manière assez unanime :

  • que l'infodominance de l'ISI et de son facteur d'impact est problématique et n'est plus pas un indicateur qualitatif suffisant (et même carrément insuffisant)
  • que l'on peut avoir la certitude suivante "the assumption that an assessment system that takes into account disciplinary specificities as much as changing research landscapes needs to be developed. Only a portfolio of metrics will be able to produce relevant information about the entire research process (input-activity-output-outcome)."

Je suis assez séduit par cette idée (souvent relayée ici) d'un "portefeuille de métriques" qui permettrait - notamment - de prendre en compte et d'exploiter toute la richesse de l'environnement numérique des publications de recherche. Au risque d'aileurs de devenir président de la république d'être accusé de populisme, je pense sincèrement qu'il va devenir de plus en plus délicat d'évaluer la science du XXIème siècle avec des comportement, des attentes, des mentalités et des outils bibliométriques du XXème siècle.

Sur ce même sujet (métriques et évaluation), j'apprends via Pintiniblog, que l'index dit "de Hirsh" (H-index) bénéficie d'un succès grandissant, puisqu'après son intégration dans le Web of Science par l'ISI, c'est au tour d'Elsevier de l'intégrer dans Scopus. Un index qui plaira sûrement à notre futur ministre "de l'éducation nationale de la recherche et de l'enseignement supérieur et de la culture et du sport et de la rentabilité  académique et de la recherche à court terme pour profit et de la citation compulsive de Jaurès", vu qu'il permet d'individualiser (à outrance ?) le taux de citation d'un auteur, et ce faisant de permettre à ceux qui publient plus de gagner plus :-((

(Via Prosper)

Visibilité de la science et rente à vie des formateurs à la recherche documentaire.

Le corrolaire actuel de l'immémorial "publish or perish" ** est que la "vie" des publications scientifiques est conditionnée à la possibilité et aux modalités de leur accès. Maintenant que les éditeurs scientifiques - avec notamment leurs offres de bouquet numériques - ne sont plus seuls sur ce marché, rejoints :

  • par les moteurs de recherche, Google Scholar en tête,
  • et par l'explosion des archives ouvertes et institutionnelles

maintenant donc, la visibilité et l'accessibilité (hors les offres propriétaires des éditeurs) à tout ou partie desdites publications sont les facteurs d'impact clés de l'économie scientifique et de son marché de la citation.
A ce titre la récente annonce du lancement en Juillet 2007 du moteur Scitopia.org est intéressante. Il s'agit de regrouper derrière ce moteur des sociétés savantes (13 pour l'instant) donnant accès à leurs publications avec consultation gratuite du résumé et accès au texte intégral soumis soit à un abonnement à la revue, soit à un paiement à l'acte (3 millions d'articles sont annoncés sur une période de 150 ans).
Ce lancement soulève (au moins) une question et une réflexion :

  • QUESTION : le contenu (à tout le moins les résumés) restera-t-il propriétaire et ne va-t-il pas se trouver rapidement "aspiré" dans Google Scholar ?
  • REFLEXION : cette diversification de l'offre (archives ouvertes, moteurs grand public, initiatives étatiques - persee.fr - , bouquets numériques propriétaires fermés ou semi-ouverts - cairn.info -) contribue à rendre visible une part chaque jour plus significative d'un web jadis invisible. Elle risque également d'occasionner pas mal de doublons (moindre mal). Elle risque enfin de garantir une rente à vie aux formateurs en recherche documentaire ;-)

Dans la même veine, on consultera avec intérêt le mémoire de l'Enssib (Avril 2007) : "Les accès internationaux aux travaux de recherche français. Synthèse bibliographique." (.pdf)

**Just for fun, une devinette carambar scientifique (entendue lors d'un colloque) :
Question : Vous savez pourquoi Jésus n'est jamais entré au CNRS ?
Réponse : Il n'a qu'une seule publi, et elle n'est même pas en anglais.

(Via PintiniBlog)

Hypopublications

A lire ici, une diatribe sur une certaine pratique actuelle de la publication scientifique dans certains domaines (la chimie en l'occurence, mais aisément transposable à d'autres). L'auteur du billet, chimiste de renom et ardent défenseur de l'open access, décrit la majorité des publications de son champ comme des hypo-publications, indiquant qu'elles comportent les caractéristiques suivantes :

  • "It is the antitithesis of hypertext both technically and morally. It illustrates the destruction of human scholarship rather than the practice. It constrains authors to say what the publisher wants, not what they and the community want. It destroys rich content."

Un billet certes un peu caricatural mais qui à l'avantage des caricatures ; attirer l'attention sur des caractéristiques problématiques en grossissant délibérément le trait. Et l'auteur d'émailler son billet de quelques formules assassines : "A hypopublication is to a hyperpublication what a film review is to a film." Et de conclure de manière programmatique :

  • "We must redeem our scholarship from the turgidness of fragmented, hidden, publications which are designed only to be cited, not used."

Pas le temps pour l'instant, mais j'aurai l'occasion de revenir dans un prochain billet sur l'écosystème qui régule de manière totalement stétilisatrice certaines publications scientifiques (avec notamment l'absence d'appel à communication, et la cooptation directe des auteurs).

Parutions ...

Beaucoup en ce moment parmi lesquelles deux incontournables :

  • First Monday, dont je retiens cette bonne idée d'une synergie possible entre Wikipedia et l'accès public aux résultats de la recherche (open access), la seconde étant "valorisée" par sa présence dans la première, et la première étant "crédibilisée" par des références plus importantes vers la seconde.
  • D-Lib, dont je retiens ce qui me semble être le tout premier article fouillé qui aborde la question de l'évaluation des plateformes d'auto-archivage institutionnelles ("institutionnal repositories") installées dans les universités. C'est ici le cas de la plateforme DSpace implantée à l'université de Cornell qui est disséqué. L'article montre à quel point cette plateforme est sous-utilisée et sous-alimentée, et le cercle vicieux que cela entraîne ("je m'en sers pas puisqu'il n'y a rien" => "je n'y mets rien puisque personne ne s'en sert" => ad lib). Un article incontournable donc puisqu'au delà de l'ombre au tableau qu'il peut apparemment jeter sur les ardeurs des plus enthousiastes défenseurs de l'archivage institutionnel (dont j'essaie d'être), il démontre surtout - à mon avis - qu'au même titre que tout autre projet, et peut-être davantage encore que les autres, la mise en place d'une archive institutionnelle doit être accompagnée et surtout précédée par une active politique de sensibilisation et de formation. Alors seulement il devient possible d'administrer l'évangile sous la contrainte. Sans cela, et sans accompagnement sur ces projets des composantes directement concernées des universités (c'est à dire les SCD -  Services communs de documentation -), il est effectivement à craindre que les archives institutionnelles ne nous rejouent les coup des intranets sous-utilisés. Update : Stevan Harnad, donne son explication de l'échec Cornel(l)ien, et ses solutions dont l'archivage obligatoire)

Le recteur et le héraut ou l'évangile sous la contrainte.

Depuis quelques temps déjà, le  recteur de l'université de liège tient un blog.
Il y défend, depuis longtemps déjà (billet de mai 2006), des positions courageuses et "pro" open access.
Son dernier billet sur la question montre qu'il a tout compris à l'intérêt de mettre en place un archivage institutionnel ouvert : notoriété de l'établissement, pérennité des accès, outil de pilotage "assez fiable" des personnels et des budgets.
Il a aussi compris que du côté des éditeurs (qui ne sont souvent pas aussi aveugle qu'ils veulent bien le laisser croire), les obstacles sont loin d'être insurmontables : "82% des éditeurs autorisent maintenant l’autoarchivage en libre accès après 6 mois ou un an." (Et, rappelons-le, il est toujours possible de déposer l'article dès que sa publication est acceptée, en demandant de ne le rendre visible qu'après 6 mois ou un an, ce qui permet aux métadonnées de l'article d'être, elles, instantanément visibles, lesquelles métadonnées sont souvent largement suffisantes.)
A peine son dernier billet publié donc, voilà notre recteur apostrophé gentiment en commentaire par LE héraut de l'Open Access, j'ai nommé Stevan Harnad himself, lequel lui-demande avec la taquinerie dont il est coutumier, pourquoi donc est-ce qu'il ne franchit pas l'ultime pas ... l'obligation d'autoarchivage pour l'ensemble des chercheurs (politique mise en place par moins de 10 universités dans le monde à l'heure actuelle).
La situation actuelle de l'Open Access est à un tournant que l'échange entre le recteur et le héraut illustre parfaitement :

  • après une phase d'évangélisation, de sensibilisation,
  • après les early-adopters,
  • après une phase de démonstration qui atteste, études à l'appui (.pdf), que la visibilité des publications n'est pas remise en compte (argument historique du camp des "contre"), bien au contraire,
  • après une phase de déploiement d'environnement logiciels stables permettant l'auto-archivage,
  • après l'harmonisation des protocoles et des procédures (OAI-PMH),
  • après une phase de lobbying pétitionnaire,
  • après avoir pris garde de ne jamais baisser la garde, sous peine de coups-bas ...

... vient le temps de la contrainte. Il me semble que nous ne pourrons désormais avancer qu'en radicalisant les positions, comme le rappelle par ailleurs souvent Stevan Harnad. Et à ce titre, la réflexion du recteur de l'université de Liège me semble courageusement exemplaire : l'auto-archivage s'il n'est que "recommandé" se heurtera systématiquement à des manques : de temps, de motivation, de formation, de conviction ...
Il faut en bon Keynesien, "amorcer la pompe" en instituant le caractère obligatoire de la contribution de chacun à la "bibliographie institutionnelle" (qui en plus facilitera les comptes de ceux qui souhaitent en tenir ...) pour instituer ensuite l'obligation à l'auto-archivage pour TOUS les chercheurs d'une université.
En ces temps de changement de présidence à l'université de Nantes, je serai curieux de savoir quelles sont, en la matière, les positions et opinions des deux actuels aspirants candidats. S'ils lisent ce blog ... les commentaires leurs sont ouverts :-)
Se priver de ce thème de campagne, ou pis encore, s'abstenir de prendre une position claire, équivaudrait à passer à côté d'un enjeu majeur pour l'université (et la recherche) de demain.
(d'autant que ce serait l'occasion pour une université française de se classer facilement dans les 10 premières mondiales ;-))

Update : Je suis d'autant plus preneur des commentaires de Ronald Guillen et d'Yves Lecointe (les candidats), qu'après lecture de leurs déclarations d'intention sur l'intranet de l'université, il n'y a pas une seule ligne sur la question de l'(auto)archivage.

(Via un mail d'Hubert, qui le tenait d'ISBN)

Modèle nordique

En ces temps de campagne électorale, nombre de canditat(e)s pointent du doigt l'excellence - notamment sociale et environnementale - des pays nordiques. Indépendamment de ce contexte particulier, j'avoue que du côté de la recherche, j'aimerais bien que la France prenne effectivement exemple.

C'est la guerre (psychologique)

Encore trop peu de collectivités et d'institutions francophones signataires.

Please sign the petition in support of
the European Commission's proposed
Open Access Self-Archiving Mandate

Lâchez les chiens !!

A lire dans Scientific American ...
C'est l'histoire d'un cabinet de Relations Publiques (PR en anglais), Dezenhall, spécialisé dans la gestion de crise et plus connu sous le doux sobriquet du "Pitbull des RP" pour s'être illustré (notamment) dans la défense d'un dirigeant d'Enron ou encore contre l'organisation Greenpeace. Cabinet contacté par la division des publications universitaires de l'Association des Editeurs Américains (AAP), ainsi que par Wiley, Elsevier, et la "American Chemical Society". Du lourd comme on dit. Il faut ici rappeler qu'aux Etats-Unis, tout le monde a compris depuis longtemps que les implications économiques et stratégiques (et donc politiques) de la question de l'accès ouvert (=public) aux résultats de la science était immenses. Ce qui n'est pas le cas partout, mais passons. Donc les éditeurs scientifiques font appel au pitbull de RP pour, devinez quoi ? Mener tambour battant une campagne de dénigrement désinformation au sujet de l'accès public aux résultats de la science, et donc du même coup contre les archives ouvertes.

Je suis de mon côté moins optimiste que Jean-Michel sur cette affaire. Le manque de curiosité, d'intérêt, et d'acculturation dont témoignent, en France, de nombreux enseignants-chercheurs, de trop nombreux CNUs, et de trop nombreux conseils scientifiques, allié à une campagne de désinformation bien orchestrée, pourrait faire perdre des années à une action de formation et de sensibilisation qui aurait dû démarrer (de manière systématique et intensive) depuis plusiers années. Cela me rappelle cette scène d'un film américain "à procès", dans lequel l'avocat du méchant balance la pire calomnie possible sur le gentil accusé, calomnie aussitôt "rejetée" par le juge. "Pourquoi as-tu fais ça !", s'écrie le méchant à l'oreille de son avocat, "tu savais que le juge ne l'entendrait pas!". Lequel avocat répond : "Oui, mais les jurés l'ont entendu. Et eux, ils ne l'oublieront pas." (sourire sardonique)
Si ce temps là n'était pas révolu, ces gens-là mériteraient un bon GoogleBombing. Désinformation. Ou Pitbull. A vous de choisir.
Le genre de coup à vous radicaliser un conflit, et à signer en masse l'appel de Lawrence Lessig du 15 Mars 2005 :

  • Le libre accès tu défendras.
  • Dans les revues qui te réclament la cession entière de tes droits tu ne publieras pas.
  • Des licences Creative Commons d'attribution et d'usage non-commercial tu exigeras.

Je signe.

Update : Naturellement, l'AAP nie en bloc et aligne les arguments spécieux du genre : "We believe that government mandated open access could put essential aspects of the system at risk and could undermine the quality, sustainability or independence of science." Ben voyons :-(((

Publish AND perish

"Publier ET périr : pourquoi le modèle actuel de publication et de revue par les pairs est en train de tuer la recherche et de gaspiller votre argent."
Voilà le titre dela tribune publiée par trois chercheurs dans le dernier numéro de la revue Ubiquity de l'ACM.
Article remarquable à plus d'un titre :

  • parce qu'il liste très clairement les nombreux biais du modèle classique de publication et de validation,
  • parce qu'il inventorie de manière très complète les alternatives possibles et qu'il donne à chaque fois des exemples de ces alternatives.
  • Et enfin parce qu'il énonce simplement quelques évidences, dont celle-ci : "Malgré ces nombreux et attestés biais, le communauté des chercheurs a été incapable de se mettre d'accord sur un meilleur modèle. Cela est certainement dû au fait que c'est un problème difficile, mais nous suspectons que l'une des principales raisons de cette incapacité s'explique par le fait que les personnes respectées/reconnues par la communauté naviguent avec succès dans le système actuel, et ne sont donc pas très promptes à vouloir en changer."

Update du soir : à ce propos, voir le commentaire de Jean-Michel Salaün ci-dessous, puis se reporter à son article.

P.S.(perso) : ceci est le 800ème billet de ce blog :-)

 

Recherche publique = rendu public

Pétition. Pour que toute recherche financée sur fonds publics soit accessible au public gratuitement et rapidement après sa publication. (+ d'infos)

Science 2.0 : l'aventure continue

Vous vous souvenez du mancement de PLoS One (sinon, petit rappel des faits) ? A l'aide des outils du projet Topaz, le site PLoS One annonce aujourd'hui le lancement officiel de sa version béta. Il est donc, comme annoncé, possible de commenter des articles et d'y attacher des fils de discussion. Le communiqué de lancement indique par ailleurs qu'il sera bientôt possible de voter aussi bien pour les articles eux-mêmes que pour les commentaires qui y sont attachés. On peut naturellement s'abonner aux mises à jour via un fil RSS. La présentation des articles autorise un téléchargement XMLisé ou en plus classique Pdf. A l'heure actuelle, un peu plus d'une centaine d'articles sont disponibles (médecine et sciences "dures"). Pour l'instant, la maquette est "jolie" et l'interface sobre et efficace mais les commentaires et discussions sont peu fournies (normal, ça démarre à peine). A suivre donc.

GYM United

La dernière fois que ces trois là (GYM : Google, Yahoo!, Microsoft) s'étaient unis, c'était pour lutter contre le spam dans les commentaires des blogs en obligeant les plate-formes de création et d'hébergement de blog à insérer des attributs "nofollow" pour ne pas que les crawlers (robots d'indexation) soient victimes de spamdexing.
Aujourd'hui, les trois se trouvent à nouveau réunis autour d'un protocole : Sitemaps. C'est Olivier Andrieu qui est le plus clair sur le sujet, indiquant que Sitemaps est "un standard unique de "plan de site" facilitant aux robots d'indexation l'accès aux pages web d'un site web. Un webmaster pourra ainsi créer un fichier (format texte ou XML) fournissant pour chaque page un certain nombre d'informations (priorité d'indexation, date de dernière modification, périodicité de mise à jour). Ce fichier sera lu par les robots des principaux moteurs, ce qui facilitera le référencement quantitatif (sic) de la source d'information."
Notons au passage que c'est Google qui est à l'origine de ce protocole (non propriétaire puisque développé sous licence creative commons) et que le ralliement des deux adversaires historiques n'est pas la moindre des victoires techno-stratégiques.
Mais revenons au fond de l'histoire : si le protocole Sitemaps n'influence en rien l'inclusion des pages dans les index des moteurs et leur positionnement (ranking), il s'agit là d'une avancée qualitative dans le référencement, puisque ce protocole permet d'indiquer : la date de dernière modification, la fréquence de mise à jour des pages, et qu'il permet également d'établir des priorités dans l'indexation (valeurs comprises entre 0,0 et 1,0). Il n'y manque plus que l'ajout de métadonnées spécifiques standardisées pour l'accès, par exemple, aux livres numériques, et tout le mode sera content ;-). Peter Suber s'empresse d'ailleurs de saisir la balle au bond pour le monde de l'Open Access en indiquant que "pour les journaux et archives institutionnelles non encore indexées par ces trois moteurs, il s'agit là d'une manière facile d'accroître leur visibilité."
(Via : Abondance, Threadwatch, Communiqué de presse Google)

Livre 2010

J’étais hier (Jeudi) invité à participer à l’une des 10 tables-rondes du projet « Livre 2010 », à l’initiative (notamment) de la Direction du Livre et de la Lecture (DLL) du Ministère de la Culture.
Le thème de cette 4ème table-ronde était : « Le livre et l’accès au savoir ». Vous noterez le singulier de l’ensemble du titre, et plus particulièrement de sa seconde partie. Eût-on débattu différemment si la table-ronde s’était appelée « Les livres et l’accès aux savoirs » ? Peut-être. Mais là n’est pas l’essentiel.
On peut aller à ces table-rondes pour plusieurs bonnes raisons : pour les petits-fours (perdu), pour soigner son ego (perdu, je suis plutôt en train de soigner une grippe carabinée), pour collectionner les cartes de visite (encore perdu). Plus prosaïquement, j’y allais parce que j’avais gentiment été invité et pour collecter des points de vue différents du mien (et aussi parce que j’avais lu le nom de Marin Dacos sur le pré-programme et que j’avais depuis longtemps très envie de le rencontrer, mais perdu, il n’était pas là, ce sera pour une autre fois). Et aussi parce que j’avais quelques éléments à avancer sur le fond.
En arrivant à bon port, nous nous vîmes 18, sous la présidence de Jean-François Hébert (président de la cité des sciences et de l’industrie) et de Sophie Barluet (directrice du projet Livre 2010). Sur les 16 restants, 7 éditeurs (Dalloz, Armand Colin, PUF …), 3 directeurs de bibliothèques, 2 universitaires (Philippe Minard, historien (Update)- également là au titre d'auteur - , et votre serviteur), et un autre auteur "scientifique" (Etienne Klein) (/Update). Le tout accompagné d’une large représentation de la DLL. (pour la liste complète des présents et le programme détaillé, c’est par là :Téléchargement li2010.doc.
Venons-en au fond. Représentativité de l’assemblée oblige, c’est le discours des éditeurs qui fut le plus « présent ». Avec de mon côté quelques grandes sources d’étonnement. Par exemple, jamais il ne fut question de la « longue traîne », y compris dans le débat qui eut lieu sur les marchés de niche (lesquels sont - pour les éditeurs présents - les classes prépa et les préparations aux concours). Autre étonnement, l’absence d’évocation du problème Google. J’ai bien fait un ou deux gentils rappels à l’ordre mais sans déclencher de cillement d’intérêt. J’en déduis que soit je suis complètement monomaniaque, soit ils ne mesurent pas l’étendue du problème, soit ils ont d’autres urgences. Soit les trois ;-)
Autre impression à  chaud : un discours assez remonté (parfois avec raison) sur le rôle des universités, du LMD et des enseignants dans la dégradation des pratiques de lecture des étudiants : on ne lit pas assez, on ne fait plus référence aux textes, on bachote sans ouvrir l’esprit des étudiants aux textes fondateurs, « la racine des problèmes du livre est dans la manière d’enseigner à l'université » (sic), c’était mieux avant, le niveau baisse et j’en passe ma bonne dame. Heureusement que 2 âmes charitables (Olivier Postel Vinay – auteur d’une étude sur les pratiques de lecture étudiantes – et Philippe Minard pour ne pas les nommer) contribuèrent à recadrer un débat qui commençait à sentir le bord de zinc et le tabac froid. Dont acte. Mais plein de choses intéressantes furent également dites (en vrac) :

  • sur l’urgence de prendre en charge et de « faire catalogue » des œuvres dans la « zone grise » (= encore sous droit mais plus éditées, ce dont Google Book se repaît et ce dont il argue pour justifier ses entorses au droit d’auteur – cf ma présentation au CNL)
  • sur la « crise de la prescription » (Jean-François Hébert)
  • sur l’impérieuse nécessité de « créer une offre de contenus numériques en ligne »
  • sur la tout aussi impérieuse nécessité de rassembler les efforts de numérisation publics (la fantômatique BNUE fut à peine évoquée, un peu à la manière dont on parle d’une vieille tante lithuanienne dont on ne s’attend pas à avoir des nouvelles avant longtemps)
  • sur le départ vers le Master, suite à la mise en place du LMD, des « textes de savoir », les cursus +3 étant souvent réduits à de la remise à niveau.
  • sur l’indifférentiation et la segmentation des textes et des connaissances

De mon côté, les rares interventions que je me suis permis de glisser concernaient

  • la topologie des savoirs au travers des différents espaces du web (cf ma petite théorie de la dérive des continents informationnels),
  • la nécessité absolue et urgentissime de « servicialiser le catalogue » (= y mettre du RSS, l’ouvrir aux utilisateurs, donner des extraits et non simplement des notices catalographiques, etc.). Sur ce dernier point, Denis Bruckmann de la BnF indiqua qu’un chantier de réflexion était en cours et que de tels services étaient effectivement à l’étude. Chouette. Reste à connaître les délais.
  • Ma dernière intervention concernant le « qui peut qualifier l’information aujourd’hui ? », où j’essayai en 17 secondes d’exposer le problème des Digital Natives et des nouvelles autorités cognitives sur Internet et (de mon point de vue) la nécessité de les laisser se construire en les confrontant aux autorités cognitives existantes (par exemple en faisant cohabiter, au sein d’un catalogue, des expertises métier - celles des bibliothécaires - et d’autres plus expérientielles, culturelles, subjectivées. En gros le modèle de LibraryThing.

Comme d’habitude je n’ai pas eu le temps de dire le tiers du quart des choses qui me paraissaient indispensables, mais c’est pas grave puisque je vais me rattraper sur ce blog :-)

  • A la question : « Quelle complémentarité possible entre édition en ligne et édition papier ? »

Je réponds …Que je veux filer un peu la métaphore du « complexe du cyclope » développée par Marin Dacos. Vous vous souvenez tous de la manière dont les compagnons d’Ulysse sortirent de la grotte du cyclope Polyphème : accrochés sous le ventre des moutons. Et bien la situation actuelle de complémentarité est trop souvent celle-là : nous sommes des polyphèmes et nous regardons sortir des moutons papier sans voir les compagnons numériques (ou inversement : moutons numériques et compagnons papier). Alors au risque d’énoncer quelques évidences, il faut rappeler que le papier n’est pas le numérique. Que l’on ne lit pas de la même manière ni pour les mêmes raisons un document papier et un document numérique. Que ce ne sont d’ailleurs pas les mêmes personnes qui les lisent. Donc ? Donc je crois qu’il faut davantage penser l’édition numérique en rupture et non en complémentarité ou en accompagnement. C'est-à-dire exploiter pleinement, non pas simplement les possibilités du « full-text », mais également et surtout celles de l’hypertexte. Aller jusqu’au bout des logiques de diffusion, de navigation et d’appropriation propres au numériques, y compris quand ces logiques intègrent un part d’éphémère, d’effacement de la trace ou du support.

  • A la question : « Comment aider le public à trouver ses repères dans la masse d’information produite aujourd’hui ? Qui peut qualifier l’information et comment ? » Et à la question liée : « Quelle réponse les portails et les moteurs de recherche spécilisés peuvent-ils apporter ? »

Je réponds … L’A-C-C-E-S. L’accès. Et de la valeur ajoutée, comme celle rendue possible par la clusterisation. Imaginez que vous interrogiez un moteur de recherche "scientifique" avec le requête "CPE" et que vous obteniez vos résultats classés dans « x » dossiers dont les suivants :
-    Revues juridiques / droit du travail : 17références
-    Revues sociologiques / mouvements étudiants : 48 références
-    …

Pour que cela fonctionne il faut plusieurs choses : de l’interopérabilité d’abord entre les fonds numérisés. Et puis réinventer les « annuaires » (directories) autour de catalogues interopérables (éditeurs et bibliothèques sont là pour ça, d'ailleurs, côté bibliothèques, le boulot est déjà fait avec les nombreux "signets" qui peuplent les sites desdites bibliothèques). Et enfin les habiller des habitus actuels (interfaces de type « onebox »)

  • A la question : « Livre et Internet une intégration à construire : comment les éditeurs utilisent-ils internet ? »

Je réponds … concernant les éditeurs et leurs catalogues : Il faut coopérer. Car la situation des éditeurs ressemble aujourd’hui de plus en plus à celle du dilemme du prisonnier en théorie des jeux : coopérer ou non, et pour quel gain ? Il faut donc coopérer. Pourquoi ? Parce que d’autres coopèrent déjà et qu’ils ont ouvert une brèche qui ne peut être refermée. Parce qu’ensuite, les moteurs passeront (ils passent déjà) outre les règles législatives nationales en terme de droit. Parce qu’enfin et surtout, les usages sont déjà installés et correspondent à une demande grandissante. Alors oui il faut que les éditeurs ouvrent leurs catalogues, et que les pouvoirs publics se décident enfin à faire quelque chose (en concertation avec les édiuteurs) de toute cette zone grise de la littérature (scientifique ou non). Pas n’importe comment bien entendu. En prenant des précautions. En s’armant de métadonnées par exemple. Mais il le faut parce qu’indépendamment de la question des droits, il faut penser en complémentarité et non en opposition.
Exemple : Que seraient les archives ouvertes et institutionnelles, que seraient les « textes de savoir » sans leur visibilité dans les moteurs de recherche dans un monde où, que l’on le veuille ou non et qu’il s’agisse ou non d’une bonne chose, l’essentiel du traffic, des visites, s’effectue depuis ces prescripteurs que sont les moteurs (Google en tête) ?

  • A la question : « Quelle offre éditoriale pour la production et la diffusion des connaissances ? Va-t-on vers un marché de niche ? »

Je réponds … Probablement. Mais n’est-ce pas déjà un peu (beaucoup) le cas ?? Alors essayons de tirer le meilleur parti du fait que ces « niches » disposent aujourd’hui d’une formidable fonction d’écho et de dissémination qui les rend plus perméables que par le passé.

  • A la question : « Quelle offre éditoriale (pour la production des savoirs) ? »

Je réponds … Que l’offre en question doit donner des outils d’entrée et d’appropriation des textes conformes aux usages prescripteurs (RSS par exemple). Qu’elle doit s’appuyer sur la formidable vitalité et l’organisation de la blogosphère (je prends ici l’exmeple particulier du droit et de la Blawgosphère), dont les auteurs sont majoritairement des enseignants et des bibliothécaires, donc les premiers perscripteurs.

Pour le reste … J’étais venu armé d’un pauvrepoint dans lequel j’avais essayé de résumer les points importants autour du « livre et de l’accès au savoir » (avant d’apprendre qu’il s’agissait bien d’un débat et non d’une série d’exposés). Pauvrepoint (Téléchargement livre2010.ppt : attention c'est du vrac, et parfois une simple reprise de billets publiés sur Affordance) que je remets donc à l’attention de celles et ceux qui le souhaitent et dans lequel vous trouverez ce qui me semble important :

  • pour comprendre le contexte et le modèle documentaire du numérique : longue traîne, processus de redocumentarisation, dérive des continents documentaires
  • pour saisir les cultures et les besoins des usagers : culture du fragment, du gratuit, de l’ouvert, de l’agrégation, de l’appropriation, du service, de l’économie (au sens écossais du terme ;-), et de la synchronicité. Et besoin de discrimination (ou d’aide à la discrimination), de recommandation, de centralisme et de proximité, d’interopérabilité.
  • pour comprendre l’articulation savoir/information sans la dissoudre dans un manichéisme bon teint : la passage d’une encyclopédisme savant à un encyclopédisme d’usage, et une « révélation cognitive » (Google + archives ouvertes + wikipedia)
  • pour trouver de nouveaux modes de médiation : l’importance de penser des stratégies et des servies pour un monde « ouvert », l’importance d’intégrer – en la relativisant – la babélisation des expertises, l’importance d’accepter et de reconnaître l’émergence de nouvelles autorités cognitives (les « digital natives »)
  • pour travailler autour du nœud du débat, c'est-à-dire du catalogue : la nécessité de travailler l’appropriation sur deux axes que sont la personnalisation et la servicialisation du catalogue, la nécessité également de laisser émerger des logiques de co-construction avec l’usager (blogs, commentaires, recommandations, etc …), l’importance des fonctions de géolocalisation pensées comme interopérabilité socio-environnementale (en complément d’une interopérabilité technique), l’importance de la « révolution catalographique » (cf librarything), la mesure des risques de nous voirt devenir autant d’autarcithécaires (si les deux règles d’interopérabilité mentionnées ci-dessus ne sont pas appliquées), l’importance encore d’exploiter la sérendipité (par exemple en tant qu’effet induit des chaînes de recommandation)
  • et tout un tas d’autres choses que j’espère plus claires et plus détaillées dans le pauvrepoint en question : Téléchargement livre2010.ppt

Et pour finir en faisant plaisir à Anne Lejeune qui assume la délicate charge de résumer les débats, voici ma liste de propositions (par ordre d’importance) :

  1. DONNER DE L’ARGENT AUX BIBLIOTHEQUES UNIVERSITAIRES (on a dit propositions, on n’a pas dit propositions réalistes :-)
  2. Servicialiser le(s) catalogue(s).
  3. Systématiser les logiques d’accès :
    • Par proximité (le livre dans la bibliothèque, la librairie près de chez vous = géolocalisation amont et non aval comme dans le sudoc par exemple)
    • Par affinité (logiques de recommandation)
    • Par remontée d’expertise (Folksonomies et indexation sociale)
  4. Intégrer aux pratiques éditoriales numériques les habitus culturels de la génération les maîtrisant (ces habitus).
  5. Penser des services et des stratégies pour un monde « ouvert »
  6. Intégrer dans les services numériques, en la relativisant, la babélisation des expertises (= ouvrir les systèmes d’information publics … AU public. Et pas seulement « en lecture » - comme disent les informaticiens - mais aussi en « écriture »)

Voilà :-)
Pardon aux lecteurs d’Affordance pour ce billet de longueur inhabituelle qui compensera un peu le ralentissement de rythme de ces derniers jours. Et encore merci à l’équipe de la DLL pour leur invitation et l’organisation de ces séries de tables-rondes.

Révélation cognitive : l'essentiel est fait.

Les archives ouvertes ont 17 ans. Google à 8 ans. Wikipedia a 5 ans.
Pas une de ces avancées n'est "légalement majeure". Pourtant toutes sont autant de révolutions cognitives majeures. En 5 ans Wikipedia a donné ses lettres de noblesse à un encyclopédisme non plus "savant" mais "d'usage" (voir la page 307 de ma thèse). En 8 ans, Google a mis en place un guichet unique d'accès à l'information à une échelle jamais atteinte, une échelle planétaire. En 17 ans, les archives ouvertes ont rendu au monde les résultats d'une science qui n'appartenait jusqu'ici qu'à une "élite".
Encyclopédisme. Information. Connaissances. Le tryptique est bouclé. La tectonique interne aux savoirs s'est doté de nouvelles plateformes, de nouveaux usagers, de nouveaux publics, et de nouveaux contributeurs. Elle hésite parfois encore sur la question des modes de validation. Mais l'intelligence collective comme corpus savamment détérritorialisé et remis à disposition du plus grand nombre a connu en 17 ans un bouleversement radical, majeur du point de vue de l'histoire des sciences.
Naturellement, l'angélisme n'est pas de mise. La société de la connaissance n'est pas la société de l'information. Sur la ligne de front reliant ou séparant ces deux mondes, les antagonismes n'ont jamais été aussi forts. Autre pierre angulaire de ces crispations, se juxtaposant à celle de la validation, celle des intermédiaires et de la nature du processus d'inter ou d'alter-médiation.
Mais l'essentiel est fait. Les archives ouvertes ont engagé un processus irréversible, un déclic. A compter de cette date, la boîte de pandore de la connaissance une fois ouverte, nul ne songera plus à la refermer. Wikipedia servit ensuite de révélateur, en inscrivant dans le panorama des sciences la figure nouvelle de l'usager encyclopédiste. Pendant ce temps, Google servit de fixateur. Fixateur de la convergence des regards planétaires, fixateur plus contesté et contestable de contenus, mais fixateur avant tout.
Un déclic, un révélateur et un fixateur. Tels sont les ingrédients qui en 17 années à peine dessinent ce qui n'est pas une révolution mais une révélation. L'essentiel est fait. Les usagers encyclopédistes ont jusqu'ici été plus prompts à se saisir de la formidable chance qui leur était offerte que ne le sont actuellement les usagers chercheurs. Mais ces derniers y viendront. A n'en pas douter. L'essentiel est fait.
A l'origine de ce billet :

La science comme bien commun.

En ce moment même se tient à Washington une conférence traitant des "Science Commons", autrement dit de l'accès libre et ouvert aux données de la science (que d'aucun baptisent open data), ou encore du "bien commun" qu'est la science. Je vous encourage vivement à prendre connaissance de la page "background" qui nous alerte sur le fait que trois des acquis fondamentaux pour le développement de la science sont aujourd'hui fortement menacés :

  1. le droit de la propriété intellectuelle indique que, jusqu'ici ... un article peut être couvert par un copyright, mais pas les données sur lesquelles il repose.
  2. des articles entrant dans le champ du copyright, s'ils sont produits dans le cadre d'un financement ou d'un programme du gouvernement fédéral tombent, jusqu'ici ... aussitôt dans le domaine public
  3. la tradition universitaire Mertonnienne (sociologie des sciences) décourage, jusqu'ici ... l'exploitation propriétaire des données elles-même, condition sine qua non d'une réplication possible (et donc d'une évaluation) des résultats produits.

Jusqu'ici ... la même page cite ensuite en exemple des dérives à venir, le fait que dans le domaine de la génétique, nous sommes tout prêts de la mise en place d'un principe de propriété intellectuelle sur des données telles que l'ordre des nucléotide permettant de séquencer le génome.
Toujours sur la même page on pourra lire la dérive à laquelle se prêtent les universités prises dans une double contrainte :

  • "Universities then become partners in privatizing and exploiting the fruits of research. While this is a good idea when it encourages the conversion of science into useful products brought to market, it is much more questionable when the proprietary pressures occur "upstream" at the most fundamental level of data and research. At the same time, universities depend more and more on their intellectual property portfolios."

Autre morceau choisi (concernant cette fois le "dilemme du prisonnier "des universités) :

  • "Many of the tendencies here involve both a collective action problem and a race to the bottom. Universities as a whole might be better off if more data were freely available. However, for an individual university to pursue such a policy alone is hard, and sometimes foolish: one is reluctant to give away that for which everyone else attempts to charge a high price."

Sur ce débat, ce sont pour l'instant des sciences "dures" qui sont en première ligne : génomique, médecine, physique des hautes énergies, etc. Mais les sciences humaines et sociales doivent anticiper ce mouvement et s'emparer de ce débat essentiel parce que, plus que les autres peut-être, elles possèdent le corpus et les outils d'analyse qui permettront de pointer les risques réels à (très) court terme de telles dérives. C'est peut être aussi cela la science 2.0 : ni une lubie, ni une mode, ni une bulle méthodologique spéculative, mais l'occasion de se donner les moyens d'articuler des logiques de production et d'accès aux connaissances dans l'environnement informationnel, marchand et institutionnel qui est aujourd'hui le nôtre.
"Jusqu'ici, tout va bien."

L'OA en bref

Pas le temps et près de 400 mails qui gisent dans la réserve des "choses-urgentes-à-bloguer" ...

Voila. Plus que 393 trucs importants à mettre en ligne :-(

P.S. ceci est la 700ème note de ce blog.

C'est la rentrée

C'est donc reparti. Par solidarité avec mes deux petits bouts qui reprennent l'école demain (semaine de 4 jours oblige), voici un petit topo de rentrée avec un grand merci aux blogojuilletistes et blogoaoûtiens qui n'ont pas lâché le fil les reliant à leur clavier. Et merci également aux lecteurs d'Affordance, visiblement pas tous à la plage - ou alors avec un portable et une borne WiFi ne craignant pas le sable - qui lui ont permis de franchir la barre des 100 000 visiteurs pour ses un an d'existence (c'était le 30 Août 2005)

Côté moteurs :

  • Exalead : fait peau neuve. Le changement d'interface s'inscrit dans la stratégie d'alignement du frenchie sur les mastodontes américains (accroissement de son index à 4 puis 8 milliards de pages) : le savoir-faire d'exalead en matière de catégorisation se trouve relégué en colonne de droite en lieu et place des liens sponsorisés de ses concurrents. Pour le grand public (cible principale de ce relooking), le moteur gagne en clarté et en simplicité, sans rien perdre en pertinence. Les netchercheurs y retrouveront la plupart des options avancées spécifiques du moteur. François Bourdoncle donne par ailleurs une entrevue au Journal du Net dans laquelle il indique (notamment) ne pas croire aux folksonomies comme alternative ou complément aux moteurs
  • Google : le billet du 4 août de Zorgloob résume l'essentiel : procès avec l'AFP, cours de l'action, nouvelles interfaces linguistiques, révélations sur le rafraîchissement du crawling (tous les 2-3 semaines - voir aussi le billet de Christophe Asselin), et une base de donnée de plus de mille milliards de mots tenant sur 6 DVD bientôt disponible (voir aussi chez Frédéric Martinet) ... A noter aussi le rachat de Neven vision, société spécialisée dans la reconnaissance faciale avec probablement un couplage à l'horizon avec l'outil Picasa et un optimisation des algorithmes de recherche d'image. D'autres rachats sont d'ailleurs probablement à l'étude, urgence oblige ...) Google encore qui signe un partenariat avec la Fox Interactive Media (MySpace notamment ...) de Ruppert Murdoch (Voir l'excellent billet d'Ecosphère, le communiqué de presse) ... La comission européenne a décidément raison de s'intéresser aux mesures prises par l'union dans le secteur des médias ... Google toujours, qui depuis l'entrée du verbe générique "googler" dans les plus prestigieux dictionnaires de la planète s'émeut de ce qui pourrait à terme devenir une utilisation abusive d'une marque ... A tel point qu'il publie un petit mode d'emploi, les "Google Permissions" Une page sur laquelle on (re)découvre les quelque 92 "trademarks" régis par Google dont quelques-unes en fin de liste, combinés à l'analyse des noms de domaine déposés, pourraient faire l'objet de prochaines rumeurs sur la stratégie du moteur. Google enfin, qui a trouvé en Jean-Marie Le Ray son James Ellroy : ses billets de l'été autour de diverses rumeurs de services annoncés se lisent comme autant de nouvelles policières. A déguster sans modération.
  • Yahoo! de son côté innove aussi en matière d'interface ... spatiale ... C'est en corée que cela se passe : difficile à décrire, le mieux est encore d'aller voir vous-même en saisissant le nom de votre site préféré. Vous verrez alors les sites liés s'afficher sous forme de planète, avec une petite fusée qui vous amènera sur celle de votre choix. Après un effet de Zoom, la planète s'enrichira d'une petite maison vous menant sur le site concerné. Le tout avec de petits effets sonores sympathiques. Si au final tout cela ne mange pas de pain et est encore bien loin d'utiliser toutes les possibilités autorisées par ce genre de réprésentation  "cartographique" (ainsi à la différence d'un Kartoo, la taille et le type de représentation choisi pour les planète semble n'avoir aucun lien avec le site qu'elles représentent), le côté ludique et bien léché à tôt fait d'emporter l'adhésion. Mais tant que les gens continueront d'aller faire leur courses avec une "liste des courses" et non avec une carte heuristique des denrées nécessaires pour la semaine, le parangon de l'affichage des résultats d'une requête continuera probablement d'être celui de la liste, et non de la carte. N'empêche, elles sont jolies ces planètes :-) Yahoo qui innove copie innove encore en lançant également son Rollyo à lui, confirmant la tendance aux moteurs personnalisables.

Côté Social Search :
Jean-Marie Le Ray nous offre la traduction d'un article de Chris Sherman. Pendant que Fred Cavazza pointe justement la nécessité et l'urgence d'adopter un standard d'interopérabilité pour s'y retrouver dans la multiplication des mêmes "réseaux sociaux de niche", lesquels, pas forcément de niche d'ailleurs, sont la "tocade des investisseurs" selon l'article du Figaro : mais avec Google/MySpace d'un côté et Microsoft/Facebook de l'autre, l'interopérabilité n'est pas pour demain ...

Côté moteurs ET bibliothèques numériques :
Le volet "bibliothèque" pourrait bientôt faire un bond de 2,5 millions de volumes ! Des négociations sont en effet en cours avec l'université de californie (réunissant 100 bibliothèques sur 10 campus) (Via Prosper qui le tenait du LA Times). Sur le même thème, voir aussi l'article du Washington Post : "Search Me"
Et pour ce qui est de la bibliothèque "scientifique" numérique, Google Scholar s'enrichit d'une fonction "related article" permettant de rechercher les articles "similaires". Il serait intéressant d'étudier, pour un corpus d'articles donnés, le taux de recoupement entre cette fonction et les articles citant le corpus (fonction "cited by") ... Ce qui pourrait par exemple permettre de quantifier des valeurs de "sérendipité". Peut-être dans un prochain article ... Gabriel et Eric, si vous me lisez  ... :-)

Côté bibliothèques numériques :

  • Jean-Michel Salaûn propose un intéressant néologisme pour rendre compte des mutations des métiers des bibliothèques : "archithécaire". Extrait : "Le terme de bibliothèque numérique me paraît inadéquat pour rendre compte du repositionnement nécessaire.(...) Je proposerais volontiers le néologisme d’ « archithécaire ». Il commence comme archiviste et finit comme bibliothécaire, illustrant la fusion des métiers dans le numérique. Il renvoie à une archi-thèque, c'est-à-dire, bien au-delà d’une bibliothèque par les items concernés et par ses outils, mais reste défini sur un lieu, représentant une communauté. Enfin l’homophonie avec architecte est bienvenue." D'autant plus bienvenue que je me souviens de la définition de l'architecture donnée par Plotin : "Ce qui reste de l'édifice une fois la pierre ôtée". La bibliothèque numérique l'archithèque pourrait donc être "ce qui reste de la connaissance une fois la pierre du livre ôtée".
  • Comment chercher dans le catalogue de plus de 10 000 bibliothèques ? Avec WorldCat dont la nouvelle version est en ligne. Et c'est tant mieux.
  • à lire également le remarquable article d'Alain Giffard à propos des bibliothèques et de la lecture numérique.

Et puis comme nous n'étions déjà pas loin de tous être devenus bibliothécaires, la dernière innovation d'Amazon fera peut-être que nous serons un jour tous libraires ... L'occasion de signaler que mon été (un peu) studieux bien que non blogosphérique m'a permis de répondre à l'invitation de Christian Thorel via la rédaction d'un article pour la revue "Les cahiers du syndicat de la librairie française", intitulé "
D’un numérique l’autre : des moteurs, des libraires, et des usages." J'en reparle et espère pouvoir reproduire le texte sur ce blog lors d'un prochain billet.

Côté Blogosphère
Elle n'en finit pas de monter et de monter encore selon l'institutionnel billet de Dave Siffry.
Oui mais ... comme le souligne Francis Pisani puisant aux sources du DataMining : "Quand on se  penche sur les statistiques de population on ne compte pas les morts. Pourquoi le faire pour les blogs?" Blog or Alive :-)


Côté Science 2.0

En Vrac :

Et pour conclure, un poème à la gloire ... de l'Open Access. Dont l'auteur n'est autre que son héraut, Stevan Harnad. Le titre en est tout simplement ... "Publish or Perish" :-)

"As Science is mere structured common sense,
        her means but trial-and-error made intense,
        the only virtue setting her apart,
        and raising her above (some think) mere Art,
            is her convergence ever on consensus:
            collective, self-corrective her defenses.
        A flagellant, she boldly does defy
        Reality her schemes to falsify.

        And yet this noble jousting were in vain,
        and all this pain would yield no grain of gain
            if Science were content, a shrinking violet,
            her works from all the world 'ere to keep private.
            Instead, performance public and artistic,
            restraining all propensities autistic,
        perhaps less out of error-making dread,
        than banal need to earn her daily bread.

        For showbiz being what it is today,
        work's not enough, you've got to make it pay.
            What ratings, sweeps and polls count for our actors,
            no less than our elected benefactors,
            for Science the commensurate equation
            is not just publication but citation.
        The more your work is accessed, read and used,
        the higher then is reckoned its just dues.
            Sounds crass, but there may be some consolation,
            where there's still some residual motivation
        to make a difference, not just make a fee:
        the World Wide Web at last can make Science free.


Langue institutionnelle et archives en bois (ou l'inverse)

Le CNRS, par la voix de son Directeur Général, dans une lettre en date du 21 Juin, recommandait à  "tous les chercheurs des unités propres ou  associées au CNRS à déposer, chaque fois que c'est possible, les « manuscrits » de leurs travaux sur la  base Hal, les rendant ainsi librement consultables par la communauté scientifique internationale." (le courier au format .pdf). Stevan Harnad, héraut de l'Open Access, revient sur cette annonce sur son blog. La réponse d'Harnad est à la fois saignante et très pédagogique, et elle revient sur quelques fréquentes confusions en la matière. Exemple à propos de "l'obligation de déposer" et de son prétendu prérequis obligeant à demander la permission aux éditeurs :

  • "This is a big mistake. No permission is required from anyone merely to deposit. The CNRS policy should be a requirement to deposit all published articles (full text and metadata) immediately upon acceptance for publication (no exceptions, no delays). The only optional component should concern when the access to the deposited full-text is set as Open Access. (Until then the deposited full-text is in Closed Access, but its metadata are already accessible webwide.)"

(Vu chez ServiceDoc)

Science 2.0 : ça continue ...

Le Wiki d'OpenWetWare est une initiative qui vient confirmer le récent engouement pour une science 2.0, ou plus exactement, pour des usages 2.0 d'une science 1.0. Je m'explique :