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Temps de rédaction ... de ce mois-ci.

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Billet un peu long pour répondre à une simple question qui m'est souvent posée par mail ou en commentaire : "mais pourquoi donc ajouter un "temps de publication" à la fin de chaque billet ?"
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41 billets pour le mois d'Octobre 2008. Temps de rédaction total : 28h30min. Soit un temps moyen passé sur un billet de : 41 minutes.
Ceci n'inclut pas la temps passé à veiller et à lire différentes choses sur le Net ou dans de bons vieux ouvrages et journaux papier. Lequel temps est au moins équivalent à celui de la rédaction des billets.
Sur une année, cela fait, à la louche 348 heures. Plus au moins 348 heures à fureter, collecter, annoter, lire, etc.
Tout cela pour dire que compte tenu de mon statut (Maître de conférences : je dois 192 heures équivalent TD sur l'année - en heures effectives, cela fait beaucoup plus -, plus autant d'heures de recherche - là j'en fais honnêtement un peu moins, sauf à considérer que l'alimentation de ce blog fait partie intégrante de mon activité de recherche, ce qui est précisément l'une des questions soulevées dans ce billet), tout cela pour dire, disais-je, que compte-tenu de mon statut, ce blog est un authentique deuxième métier qui me prend au moins autant de temps que celui pour lequel je suis chaque mois grassement rétribué (1800 euros net).
J'avoue ne pas trop savoir qu'en penser ... mais je pense que :

  • un jour se posera la question de savoir si le jeu en vaut la chandelle (ce jour là sera le jour où je m'amuserai un peu moins à cet exercice/astreinte de publication)
  • un jour se posera la question de "ceci au détriment de cela" (ce jour là sera le jour où on m'annoncera que comme je ne fais pas suffisamment de "recherche labellisée et reconnue par mes pairs", on va doubler ma charge d'enseignement et mes charges administratives)
  • un jour se posera (sérieusement) la question de quel intérêt, pour qui, pour quelle reconnaissance ? (reconnaissance institutionnelle s'entend, la reconnaissance et la gloire publique m'étant déjà largement acquises ;-)

(Temps de rédaction de ce billet donc : 30 minutes :-)

Vendredi ou l'entorse creative

Préambule : des licences creative commons en général et de celle d'Affordance en particulier.

Certains d'entre vous le savent, d'autres pas. L'intégralité des contenus de ce blog est disponible sous licence Creative Commons. Ce qui vous donne le droit de les réutiliser comme vous voulez, à condition que ce soit en citant la source, et à condition que cela reste en dehors de tout cadre commercial. Voilà les faits. Il m'arrive parfois (très rarement) de déposer certains de ses billets sur d'autres plateformes (Agoravox principalement). Cela me permet de me confronter à un autre type de lectorat que les habitués d'Affordance. Mes rares expériences en ce domaine (seulement 7 ou 8 billets publiés sur Agoravox sur les 1408 que compte ce blog), m'ont plutôt dissuadés de continuer l'expérience (vu la teneur polémique et souvent assez peu constructive des commentaires, même si, depuis mon dernier essai, la politique de modération a été entièrement revue), ou alors de publier dans ces plateformes des billets entièrement re-rédigés et re-formatés pour l'occasion (ce que je n'ai pas le temps de faire). Il m'arrive également d'être parfois sollicité par la presse "nationale". A ce moment là et pour de bonnes (diffusion beaucoup plus large de mes cogitations) ou de mauvaises raisons ("vanitas vanitatum ..."), j'effectue une entorse relative à la licence précédemment évoquée, puisque que les journaux qui publient ou republient mes billets le font dans un cadre commercial "relatif" (ainsi les articles d'Ecrans, le mag de Libé, sont librement consultables, mais les archives du Monde sont payantes). Bref, pas de quoi fouetter un labrador, de toute façon, tout reste disponible gratuitement pour les lecteurs d'Affordance (c'est l'essentiel de mon point de vue) et je ne touche pas un sou pour cette éphémère "renommée". (Nota Bene en passant : cette logique va même plus loin puisque je m'efforce également de l'appliquer à mes publications scientifiques, déposant systématiquement une version de mes articles acceptés dans des revues payantes, sur des sites d'archives ouvertes, ce qui m'a déjà valu et me vaudra probablement encore quelques - petits - conflits).

Vendredi, ou les limbes du pacifique "le lundi au soleil" des blogueurs.
Avec le lancement d'un nouvel hebdo intitulé Vendredi, me voilà dans une configuration inédite que je vous soumets (parce que vous êtes souvent de bon conseil et qu'on se dit tout :-). Le modèle économique et éditorial de cet hebdo est un peu particulier. Pour faire court il s'agit de reprendre une sélection d'articles parus sur le web, notamment dans la "blogosphère" (mais pas exclusivement). De faire un hebdo "papier" reposant uniquement sur des contenus "Internet amateurs" (c'est à dire, si j'ai bien compris, des amateurs plutôt "éclairés" - chercheurs, avocats, simples citoyens - ou dotés d'indéniables qualités rédactionnelles, mais ne disposant en tout cas pas de carte de presse). Parce que j'aime bien l'idée, parce que je crois que dans le contexte actuel (états généraux de la presse et rapport Giazzi) elle mérite en tous les cas d'être testée, parce que j'ai été sollicité par Jean-Marc Manach et que j'aime bien ce qu'il fait en général, parce qu'à l'initiative de ce projet on trouve Jacques Rosselin et que ce dernier fut en sont temps à l'initiative de Courier International, parce que Philippe Cohen (Marianne2.fr) est également de l'aventure, parce que parce que parce que ... j'ai accepté qu'ils reprennent un billet pour le prochain numéro de Vendredi (24 Octobre), et si l'occasion se représente, j'accepterai encore. Et au moment où j'ai accepté, je l'ai fait dans mon état d'esprit habituel (c'est à dire sans demander de dédommagement financier).
Mais j'ai ensuite reçu ce mail :

  • " (...) l'idée est de proposer aux auteurs que nous apprécions et dont nous sommes susceptibles de reprendre les textes de temps à autres, de signer une convention nous autorisant la republication de leurs articles ou billets; ce qui nous permet aussi d'établir, chaque mois, le montant à vous reverser, à raison de xx euros par republication (hors les citations dans les brèves, bien évidemment)"

Qui suis-je, où vais-je, et combien suis-je payé ?

Et c'est là que je suis coincé. En admettant (cas d'école) que même si la blogosphère est très large, le magazine Vendredi soit amené à reprendre les articles de certains blogueurs plus fréquemment que d'autres, et en admettant que je sois parmi ces quelques élus (cas d'école, je le répète), je suis donc en situation de tirer quelques revenus de mon blog (pas de quoi fouetter un poney je vous l'accorde, mais de quoi augmenter un tout petit peu mon pouvoir d'achat) et je fais une entorse à la "philosophie" ou en tout cas à "l'esprit" de la licence creative choisie en acceptant donc, par convention, d'être rétribué (peu et tout à fait aléatoirement) pour certains articles. Bref je deviens pigiste-joker pour un organe de presse. Une solution serait naturellement de refuser non pas d'être "repris", mais d'être payé pour cela. Or, pour bien comprendre mon état d'esprit actuel, sachez que je n'ai pas d'états d'âme à percevoir quelques dizaines d'euros de temps à autre (encore une fois rien ne dit que cela se reproduira à une fréquence suffisamment régulière pour être pécuniairement significative) vu le temps que je passe à alimenter Affordance (et comme en plus c'est la crise hein ...), le tout en "supplément" de mes activités de recherche et d'enseignement (pour lesquelles, afin que tous les éléments soient sur la table, je touche 1800 euros nets par mois).

Et donc ?? Donc disons, pour faire simple, qu'en acceptant cela, pour le moment, et pour ce journal particulier, je change (me semble-t-il) légèrement sinon la nature de cette publication (mon blog), du moins le "contrat éditorial et lectoral" qui le caractérisait jusqu'à lors. En clair : vous êtes toujours sur un blog de chercheur, ce blog est toujours sans autre filtre éditorial que celui de la subjectivité assumée par son auteur, mais ledit chercheur vient d'accepter d'être (occasionnellement) rétribué par un organe de presse, organe certes innovant mais organe tout de même. Vous me direz il y a encore une grande marge avant que je me mette à publier des publis-rédactionnels vantant les mérites de la Seat Laguna de Mitsubishi, mais ... "mais tout de même","en cherchant bien", "s'il l'a déjà fait une fois", et patati et patata ...

Alors à votre avis :

  • je me fais des noeuds tout seul ? Si c'est le cas, TAPEZ 1 (prends l'oseille et tais-toi)
  • ce sont de vraies questions ? Si c'est le cas TAPEZ 2 (t'étais "juste" chercheur, tu deviens juste "un peu" - plus ? -  journaliste/vulgarisateur scientifique).

Ceux qui ont tapé 1 peuvent arrêter ici la lecture de ce billet.

Vers un lissage des espaces de publication.
Pour les autres (ceux qui ont tapé 2), au-delà de tout cela, reste entière la question de savoir si cette "carotte" potentielle impactera à terme le mode de publication et le rédactionnel d'Affordance (non à 99,9%) ou d'autres blogs/sites (je n'en sais rien mais suspecte que "oui, probablement, pour certains en tout cas"). Question subsidiaire encore, si le modèle Vendredi prend (ce que je lui souhaite), va-t-on vers un lissage des espaces de publication existants et des autorités afférentes : citoyens / journalistes / auteurs ? Et si oui, ce lissage est-il une bonne chose ? Pour préciser ma pensée, et en mettant cette fois de côté le cas particulier d'Affordance et des blogs tenus par des scientifiques en général, il est un grand nombre de rédacteurs dans la blogosphère auxquels il ne manque que la carte de presse pour s'installer journalistes : <Polémique> le travail souvent minutieux d'écriture qu'ils effectuent, la vérification et le croisement souvent tout aussi minutieux de leurs sources, la qualité du rédactionnel et du style, la fréquence et/ou la régularité de publication, l'expertise métier dont ils peuvent se prévaloir ... tout cela leur permettrait (à mon sens) de ne pas prétendre "abusivement" à l'obtention d'une carte de presse (pas plus abusivement en tout cas que Jean-Pierre Pernaud). </Polémique> Dans le même temps, et c'est aussi un peu cela qui fait l'intérêt des médias "de niche" vis à vis des médias "mainstream" (à mon sens toujours), dans le même temps disais-je, le fait de ne pas disposer de carte de presse est également une liberté formelle importante, du genre de celle qui constitue une ligne de démarcation intellectuelle servant de repère aux lecteurs des uns (bloggueurs) et des autres (journalistes). Nul ne nous oblige en effet à être en permanence "en situation de journaliste" ou à tout le temps "jouer" au journaliste : on a le droit à l'erreur (les journalistes aussi me direz-vous), le droit à la mauvaise foi, à la mauvaise humeur, le droit de décréter un jour avoir une ligne éditoriale à tenir et le droit tout aussi imprescriptible de s'y soustraire le lendemain.
A partir de là, il y a deux manière de traiter le problème : soit façon "café du commerce" sur la vieille antienne "tous citoyens, tous journalistes", soit avec talent et sous différents angles problématiques (Ecosphère, Novövision, etc ...). Dans cette optique, l'initiative lancée par Vendredi devrait rapidement permettre d'y voir un peu plus clair dans les stratégies éditoriales à l'oeuvre sur le net et dans la blogosphère. Comme serait tenté de le dire le chercheur qui sommeille en moi, voilà qui interroge sérieusement le paradigme éditorial en amont (filtrage et sélection) comme en aval (réécriture et distribution), en synchronie (phénomène du temps-réel) et en diachronie (fixation de la durée lié au support papier), dans son unicité (le choix éditorial d'un seul ou de quelques-uns) et dans sa pluralité relative (la blogosphère et le web sont en fait ramenées à 600 sources suivies par Vendredi).

Tactique de la citation et stratégie de la présence. Ou réciproquement.
Je voie encore une problématique intéressante dans ce lancement : l'écriture "pour le web" est pour l'instant majoritairement une écriture pensée dans une stratégie de présence. Il faut "occuper l'espace" (virtuel) du Net. Une écriture de la présence : il faut être présent dans les résultats des moteurs. Une écriture du placement : il importe d'être bien placé, bien référencé. Or ce que nous enseigne l'héritage de l'écriture scientifique, c'est la manière dont s'est progressivement constituée une écriture de la citation. Il ne s'agit cette fois plus "seulement" d'occuper la place, mais bien d'être (bien) cité par d'autres, parce que c'est là le meilleur moyen ... d'occuper la place. Dans l'écriture scientifique, la présence est une tactique et la citation une stratégie. Dans l'écriture blogosphérique mainstream, la citation est une tactique (les hyperliens), et la présence une stratégie**. Un phénomène que confirme d'ailleurs la dernière étude de Jean (Véronis) qui fait état d'un très faible taux d'utilisation des liens hypertextes dans les billets de blogs (à peine un lien tous les 12 billets**** ...). De fait, le travail de réécriture (ou plus exactement d'adaptation au média papier) que vont se coltiner les journalistes de Vendredi sera peut-être dont moins ardu que prévu. 

Au final, ce que permettra peut-être de synthétiser rapidement l'initiative Vendredi, c'est la symbiose de ces écritures, de ces deux logiques éditoriales : écrire pour être présent, et écrire pour être cité (d'autant que l'on n'écrit naturellement plus de la même manière quand on sait que l'on sera, peut-être, cité dans un autre contexte que celui du rédactionnel initial). Une fois cette symbiose réalisée (si elle se réalise), peut-être verra-t-on émerger un nouveau pacte éditorial, ou ... ou peut-être ne fera-t-on que retomber dans un schéma aussi ancien que connu : celui des spécialistes qui expertisent, celui des journalistes qui reformulent et interprètent, et celui des lecteurs qui lisent.

Et moi, CQFD, j'ai gagné ma poignée euros si ce billet est cité dans un prochain numéro de vendredi ;-)

** sur la différence entre tactique et stratégie, voir par exemple ici.

**** </Digression> un lien tous les 12 billets ... j'avoue en être tombé de ma chaise à la lecture de ces résultats :-( J'ignore à quoi cela est dû, mais de mon côté je ne conçois pas de rédaction de billets sans déployer de liens externes (je suis très souvent frustré par la lecture de blogs - par ailleurs excellents - mais qui ne renvoient qu'à eux-mêmes). A l'époque un outil comme PubSub (qui fut, sauf erreur de ma part, le grand précurseur des outils de classement blogosphériques façon Wikio), un outil comme PubSub fournissait de très intéressantes statistiques détaillées sur les blogs répertoriés dans sa top-list, notamment concernant les liens entrants et sortants (la preuve en image). D'ailleurs, si Jean me lit (bonjour Jean), dans la série des bonnes idées à mettre en oeuvre pour les WikioLabs quand les journées feront 48 heures, je verrai bien une reprise de ces fonctionnalités à l'intérieur de Wikio. </Digression>

Sur le sujet (du lancement de Vendredi et de l'intérêt ou du non-intérêt de son modèle éditorial), voir aussi : InternetActu pour le clin d'oeil amical et les infos discutées en commentaire du billet, Marianne2 pour un reportage la veille de la sortie, Ouinon pour l'opinion de quelqu'un qui n'y croit pas et qui dit pourquoi, le fil Twitter de Joel (Ronez) qui n'y croit pas non plus, Ecrans pour le pitch, Novövision pour plein d'autres bonnes questions.

P.S. : concernant la "poignée d'euros" évoquée dans ce billet, inutile de me poser la question en commentaire (je vous connais ;-). J'ai demandé à l'équipe de Vendredi si je pouvais communiquer ce chiffre, ils m'ont répondu qu'ils ne le souhaitaient pas, principalement "pour éviter un buzz autour de cet aspect-là de la cuisine interne de Vendredi." J'avoue ne pas bien comprendre ce mystère (d'autant que la somme est minime), mais je me plie aux volontés de mon ex-futur-probable-employeur-occasionnel :-)))

(Temps de rédaction de ce billet : 4h30 heures ... mais pas d'affilée)

Blogosphère scientifique

Quelques ressources et quelques commentaires en vrac ...

  • Intute publie une série de 4 billets consacrés à la blogosphère scientifique (1, 2, 3, 4). Une petite mine qui pointe vers plein de ressources dont j'extrais ci-dessous quelques pépites.
  • Dans le billet sur l'état de la blogosphère scientifique au Royaume-Uni, il rappelle l'existence de l'excellent CrookedTimber, à ma connaissance le seul blog qui rassemble des chercheurs de différents pays et de différentes spécialités autour de thématiques en sciences humaines et sociales. Côté blogosphère institutionnelle, Intute signale l'existence de l'initiative du JISC qui met à disposition des blogs (sous wordpress) et des Wikis (sous mediawiki), ainsi que l'impressionnante communauté de l'université de Warwick, cf ci-dessous
  • Je m'attarde donc sur le portail blog de l'université de Warwick, à mon avis un modèle du genre. Quantitativement tout d'abord : 5616 blogs hébergés. Qualitativement ensuite : il est possible d'accéder à la liste des blogs par département, laquelle liste permet elle-même d'accéder aux blogs d'étudiants, d'enseignants, et de chercheurs. On peut aussi naturellement accéder aux blogs via un annuaire et via un système de tags. Un must vous dis-je. A côté de ce truc, seule l'initiative de Paris 5 (ex Renée D. Blogs) me semble tenir la route (même si je trouve l'interface un peu plus confuse).
  • J. Bradford DeLong est professeur d'économie à Berkeley. Il publie dans le Chronicle of Higher Ed un article intitulé : "Can blogging derail your career ?" Malgré son titre, l'article est en fait un plaidoyer pour les blogs et se termine ainsi : "A great university has faculty members who do a great many things — teaching undergraduates, teaching graduate students, the many things that are "research," public education, public service, and the turbocharging of the public sphere of information and debate that is a principal reason that governments finance and donors give to universities. Web logs may well be becoming an important part of that last university mission." A l'heure de l'autonomie financière des universités, il serait peut-être temps de sauter sur l'occasion en augmentant le salaire des universitaires bloggueurs ;-)
  • Le Times Higher Education publie de son côté un article dans lequel tout un tas de bloggueurs expriment en une ligne ou deux ce que le blog a apporté à leur activité scientifique.
  • Côté ressources francophones, on trouvera sur le site du TGE-Adonis ("Très Grand Equipement Adonis" ... avec un nom comme ça allez défendre l'humilité de la recherche ...) un bref et descriptif retour sur trois initiatives de portails de blogs scientifiques déjà chroniqués ici : ScienceBlogs, ResearchBlogging et Scientificblogging.
  • Et puis heureusement il y a ce texte lumineux d'André Gunthert, dont je vous livre un extrait de la conclusion, our le cas où il vous aurait échappé : "Une science aimable. (...) la pratique du blog contribue à modifier la sociologie des sciences, les équilibres établis et les hiérarchies patinées par les ans. L'avenir nous dira si c'est en profondeur. A titre personnel, je sais ce que cet outil m'a apporté de féconde liberté. Elle (cette pratique) ne m'a rien coûté, qu'un peu de temps, qui est du temps sauvé de l'oubli. La science qu'on m'a donné à connaître lorsque je faisais mes humanités était arrogante, dominatrice et sûre d'elle. Celle que j'ai aimé plus tard (...) n'avait rien à voir avec cette morgue d'un autre âge. C'est celle-là que montre le blog: plus proche de la réalité de mon travail, de mes doutes et de mes erreurs, de mes bonheurs de chercheur devant la trouvaille ou le plaisir de comprendre. A ceux-là, le blog a ajouté la joie du partage, qui comble mon appétit de pédagogue. Pas de regrets? Oh si! Un seul: celui de ne pas avoir disposé de cet outil depuis vingt ans."

(Initialement via Pintini // Temps de rédaction de ce billet : 1h30)

Blogs scientifiques

C'était le 11 Juin sur France Inter, dans le 7-9, une petite dizaine de minutes conscrées aux blogs scientifiques. L'émission reste écoutable par ici. Enro et Pierre Mounier y jouaient les guest-star avec talent.
L'occasion de signaler de nouveau quelques ressources utiles en la matière :

Et pour les aspirants blogueurs scientifiques :

Enfin, comme le rappelle Maxine Clarke dans son blog scientifique hébergé par la revue Nature :

  • "Les blogs (scientifiques) ont créé un espace pour que la plupart des gens puissent parler de science de manière informelle. Ils sont aussi un espace inespéré à disposition des scientifiques pour fournir des éléments contextuels sur leurs propres recherches et sur celles de leurs pairs dans le même champ scientifique."

S'il est aujourd'hui possible de modéliser assez précisément les contours de la blogosphère scientifique, c'est probablement dans cet espace ténu, dans cet "in-between", entre la revue par les pairs et l'échange entre pairs, curieux et amateurs éclairés que se tient la vraie valeur de la blogosphère scientifique. Dans un perpétuel aller-retour entre valorisation et vulgarisation.
Et pour clore ce rapide billet, deux voeux :

  • Voeu n°1 : qu'un grand media généraliste consacre un jour une émission de plus de 10 minutes au sujet (qui à dit "voeu pieu" ?)
  • Voeu n°2 : que je puisse un jour m'inspirer du titre de l'un des derniers billets de FredCavazza pour publier un billet intitulé : Enseigner, chercher, bloguer sont mes métiers ;-)

Rennes 1 blogue. L'université de provence aussi. Et la vôtre ??

Trop peu d'universités proposent encore systématiquement à leurs personnels de tenir un blog hébergé, à l'adresse de l'université. Bref, un blog "institutionnel". C'est donc l'occasion de souligner l'effort et l'initiative de l'université de Rennes 1, qui vient de mettre à disposition de ses personnels la possibilité de blogguer, via la plateforme DotClear. L'initiative est visible à cette adresse : http://blogperso.univ-rennes1.fr/
Il y manque encore un moteur de recherche en page d'accueil pour fouiller dans l'ensemble des blogs disponibles, mais dans l'attente, Google permet d'avoir une vue satisfaisante du nombre de blogs créés et de leur contenu. On découvre ainsi qu'un fichier OPML (remis à jour toutes les nuits) contenant l'ensemble des blogs créés est disponible. De mon exploration rapide de l'ensemble de ces blogs, je retiens qu'ils semblent majoritairement utilisés pour la mise à disposition de ressources auprès des étudiants.
Sur le même sujet (blogs et enseignement supérieur) on notera que la présence des blogs en tant qu'outils de vulgarisation scientifique s'impose lentement mais sûrement.
Espérons que des initiatives telles que celle de Rennes1 ou du pionnier René D. Blogs feront rapidement école, en visant au-delà du simple (mais utile, pratique et nécessaire) "blog de cours" notamment pour toutes les raisons déjà évoquées ici.
Par ailleurs, si vous doutez encore de l'intérêt des blogs, d'intéressantes lectures sont à votre disposition ;-)
<Update de 5 minutes plus tard> J'ai fait un rêve. Le rêve que toutes les universités offrent à leurs enseignants la possibilité de blogguer. Le rêve qu'un moteur de recherche fédéré permette de fouiller parmi l'ensemble de cette blogosphère francophone scientifique, par rubrique, par thématique, par section scientifique. Le rêve que les universités se saisissent de cette chance.

<Update du soir> Signalé par Marlène en commentaire, l'université de Provence blogue aussi. Sa plateforme (open source). Sa belle page d'accueil (articles les plus lus, blogs les plus actifs, billets lesp lus commentés ...). Sa liste de ses blogs. (si vous connaissez d'autres universités qui blogguent, signalez-les en commentaire ...) </Update>

Science on blogue !

C'est dans l'air du temps. Je vous en parlais encore il y a peu, les blogs font lentement mais sûrement leur entrée dans le "champ" scientifique et universitaire. Dernier signe caractéristique, la publication d'un ouvrage intitulé "Science on blogue", et consacré donc, aux blogs scientifiques. L'ouvrage est publié par Multimondes, et l'introduction est lisible en ligne, ainsi que la table des matières.
(Et si Multimonde ou les auteurs - Pascal Lapointe et Josée Nadia Drouin - me lisent, je veux bien un exemplaire en service de presse :-)
J'en profite pour signaler sur le même thème un compte-rendu intéressant d'une table-ronde intitulée : blogguer les sciences.
Et tant que j'y suis, un peu de teasing pour mon (petit) ouvrage à paraître (bientôt) aux éditions de l'ADBS, "Lost in the blogosphère", et dans lequel un chapitre est également consacré à une typologie des blogs scientifiques. Vous y trouverez notamment l'explication et l'analyse du petit croquis ci-dessous.
Blogscientifiques

Les universitaires devraient blogguer

C'est le titre du dernier billet d'Henry Jenkins. Il fait écho à un article du même Jenkins dans le Chronicle of Higher Education, cette fois intitulé "Public Intellectuals in the new-media landscape." Le billet de Jenkins est un plaidoyer invitant les universitaires à se saisir pleinement de l'opportunité que représentent les blogs en tant qu'espace de parole publique "académique". Voilà déjà longtemps que Jenkins défend le modèle d'une université permettant "le déploiement rapide d’expertises dispersées et la reconfiguration des champs" (pour plus de détails, voir ce billet). Il revient cette fois sur les initiatives prises dans "son" département (Comparative Media Studies) du MIT :

Bref, une vision communiste ouverte et transparente de l'université. Il revient ensuite en détail sur les intérêts que présente cette approche et le fait de tenir des blogs :

  • pour les actuels étudiants en thèse, c'est un excellent exercice d'écriture, l'occasion d'avoir du feedback au-delà du simple avis de leur directeur de thèse ou de leurs collègues de labo, l'occasion également de bâtir leur réputation "especially in cutting-edge fields that lack established authorities." Il revient également sur l'intérêt que j'avais moi-même (avec d'autres) souligné à plusieurs reprises, c'est à dire, au-delà de l'intérêt des publications académiques (articles scientifiques), l'occasion de "trouver le moyen de traduire ses idées dans un discours citoyen qui puisse être entendu et compris au-delà des barrières disciplinaires et auprès d'une audience plus diverse."
  • pour les futurs étudiants, Jenkins indique qu'un nombre croissant des actuels étudiants du MIT sont d'anciens lecteurs des différents blogs existants. Du coup, ils entrent en thèse avec une meilleure compréhension des problématiques traitées, et une vision beaucoup plus "fine" de la recherche, de ses résultats et de ses protocoles. Autant de temps gagné pour l'intégration dans un programme de recherche et l'avancée dudit programme.
  • pour les anciens étudiants, ce suivi des blogs est le meilleur moyen de mettre en place de manière pragmatique et efficiente la notion d'apprentissage tout au long de la vie. C'est également l'occasion d'un feedback intéressant en provenance des blogs d'anciens qui occupent désormais différents postes dans l'industrie
  • pour les enseignants, Jenkins rappelle l'extraordinaire opportunité que les blogs représentent pour construire et développer un collège qui n'est plus totalement invisible, mais bel et bien impliqué, mobilisé, actif, sur différents sujets de recherche, via des logiques de travail coopératif (il prend l'exemple d'un travail à plusieurs mains réunissant une trentaine d'universitaires via un document partagé dans GoogleDocs), ou via une simple interaction rendue possible par les commentaires des billets de blogs. Là encore, cela permet de bâtir une réputation qui peut être utilisée à des fins de plan de carrière ou plus prosaïquement attester d'une reconnaissance qui fait toujours plaisir.
  • pour les médias : tenir un blog est une manière d'être proactif et non plus simplement réactif, c'est à dire attendant d'être interviewé par un journaliste pour avoir l'occasion de parler de ses thématiques de recherche d'une manière "grand public".
  • pour le grand public : "Notre société est entrée dans une phase de profond et durable bouleversement du paysage médiatique, un bouleversement qui impacte tous les aspects de nos vies. (...) En tant qu'honnêtes fournisseurs d'information ("honest brokers of information"), les universitaires sont idéalement placés pour pouvoir relier et relayer ces conversations spécialisées (to bridge these more specialized conversations)."

Je sais pas vous mais moi je trouve qu'il a tout bon cet Henry Jenkins du MIT :-)

(Temps de rédaction de ce billet : 1h30)

Blogs et revue par les pairs.

En voilà une idée qu'elle est bonne. Prenez d'abord des blogs tenus par des scientifiques : doctorants et chercheurs (y'en a plein). Considérez ensuite que la plupart de ces blogs, parlent, notamment mais non exclusivement, d'articles scientifiques, publiés dans des revues (peer-reviewed et tout et tout). Considérez enfin qu'il serait utile aux autres scientifiques du même champ (notamment) de pouvoir prendre connaissances de ces lectures (reviews) d'articles validés par des pairs (peer-reviwed). Et voici le service Researchblogging.org qui fonctionne comme suit :

  • "Les bloggers (scientifiques) s'inscrivent sur notre service et récupèrent une simple ligne de code à coller dans leurs billets.
  • Cette ligne de code permet de mettre à jour notre service mais aussi de créer une citation de l'article concerné respectant les normes scientifiques (de citation)
  • Notre logiciel scanne les blogs enregistrés à la recherche de la ligne de code. Quand il la trouve il indexe le billet et l'affiche sur notre site, dans la catégorie qui lui correspond."

C'est en quelque sorte un méta-méta-blog. Un méta-blog étant un blog se contentant de reprendre de manière thématique les billets publiés sur d'autres blogs traitant de la même thématique (exemple). En choisissant uniquement les billets traitant d'articles scientifiques (voir "leur" définition du peer-reviewed)  sur des blogs de scientifiques (méta-métablog donc), le service atteint une réelle valeur ajoutée en permettant de "filtrer" tous les autres billets. En quelque sorte la quintessence. Pour l'instant (au 31 Janvier 2008), researchblogging ne s'appuie "que" sur 150 blogs scientifiques, dont la plupart sont eux-mêmes issus de sites portails rassemblant des blogs ... scientifiques (dont le plus "gros", Scienceblogs en rassemble déjà près de 70).
Voilà en tout cas assurément le genre de service de veille communautaire qui devrait pouvoir être systématisé pour pouvoir être intéressant ... J'imagine ce que pourrait donner un tel service à valeur ajoutée s'il était appliqué par un mastodonte comme GoogleBlogSearch (ce qui soit dit en passant ne doit pas être très compliqué puisque TOUS les blogs scientifiques faisant état d'articles publiés citent précautionneusement les références bibliographiques de l'article dont ils parlent, et que comme ces mêmes références bibliographiques sont très normées, elles devraient être facilement repérables par l'un de nos grands indexeurs en mettant en place une petite moulinette de détection ou en proposant un tag ou autre microformat idoine ... donc si quelqu'un veut déposer un "brevet sur la détection de revues d'articles évalués dans les blogs scientifiques" ... ben il n'a qu'à relire les lignes précédentes et m'appeler).
(Via Digital Koans)

Ouvre ton blog

"L’introduction du blog dans le milieu de la recherche scientifique se traduit par l’invention d’un nouvel objet éditorial, le carnet de recherches. Chaînon manquant entre l’écrit et l’oral, entre la monographie et le débat circonscrit à une assemblée restreinte, cet objet en est à ses débuts. Il s’appuie cependant sur une tradition ancienne, celle de l’écriture quotidienne, de la manipulation des concepts, de la confrontation des points de vue, c’est-à-dire du langage comme outil de compréhension, d’inflexion ou de mise en mouvement du monde. Aux risques juridiques et professionnels d’un tel exercice répondent les vertus d’une prise de parole du scientifique dans son temps, dans sa société et dans sa propre communauté. Il ne s’agit pas d’une publication au sens traditionnel du terme, qui suppose validation et corrections par des tiers ; le blog constitue cependant une mise en public forte et féconde, qui s’appuie sur de nouvelles économies de l’écriture et de la prise de parole. Ces enjeux touchent les étudiants avancés, les jeunes chercheurs, les chercheurs confirmés, d’une part, mais également les enseignants, les documentalistes, les ingénieurs des milieux de la recherche, de l’enseignement, de la documentation, d’autre part. Il s’agit sans doute d’une occasion rare de renouveler notre rapport au savoir et aux savoir-faire." Marin Dacos.
Si vous êtes dans le coin, et s'il reste des places, allez l'écouter.

Blogging académique

J'ai été récemment interviewé par Catherine Pétillon pour le supplément Campus du Monde, à propos de la manière dont les blogs en particulier et les NTIC en général modifiaient les rapports profs-élèves.
Le résultat est le suivant :

  • "Olivier Ertzscheid (...) n'hésite pas à faire un sondage en ligne pour évaluer les connaissances de ses étudiants, ou à faire circuler des documents, notamment au travers des différents blogs qu'il a créés. "Cela modifie les relations avec les étudiants et oblige à être disponible sur la dutrée et de manière régulière. La technique d'enseignement devient une hybridation entre les formes classiques et la formation à distance. Cela implique de formatter les contenus différemment, de façon moins académique. Par exemple, ajouter via YouTube une vidéo intéressante ou amusante en lien avec le cours." Bé oui. Un exemple ici.

A lire également, dles réflexions de Lisa Efimova concernant l'activité de blogging dans un cadre professionnel, que je pourrais faire miennes :

  • "les centres d'intérêt personnels ont une place légitime au travail" : ou comme l'écrivait Montaigne "je suis moi-même la matière de mon livre". D'où les quelques incartades pamphlétaires, politiques et parfois hors-sujet (académiques) d'Affordance.
  • "la transparence doit être maintenue" : "We have to learn to let go the fear of making mistakes in public and learn how to make mistakes gracefully." L'erreur est humaine, et elle est le plus souvent une source d'apprentissage. Les quelques bourdes commises sur ce blog furent pour l'essentiel rapidement signalées en commentaire et promptement corrigées.
  • "La vraie valeur (des blogs professionnels) est celle de leur écosystème" : "the real value is not at the post level - ecosystems between blog posts are more interesting and more important.  (...) in all cases posts and links are only a tip of the iceberg. Counting and measuring those visible traces is tempting, but knowledge, reputation, relations are likely to escape rankings."
  • "On ne contrôle pas l'émergence de nouvelles connexions (= l'aggrandissement du collège invisible) mais on peut créer les conditions idéales de cette émergence. Et se préparer à découvrir ses propres limites en termes de connexions."
  • "La routine est importante" : "l'activité de blogging ne survit que si elle est intégrée dans la vie de tous les jours." Affordance est fait aujourd'hui effectivement partie intégrante de mon métier.
  • "l'autorité devient fluide" : "Les hiérarchies formelles existent toujours, mais les blogs professionnels offrent des chemins alternatifs. Les réseaux évoluent constamment et la partage de l'attention - une fois que celle-ci est captée - est de plus en plus médiée par les moteurs de recherche."

Cognition sociale augmentée et blogging scientifique

"De quelle manière les groupes sociaux collectent-t-ils et construisent-ils du sens à partir de l'information ?  Comment pouvons-nous tenter de comprendre scientifiquement de tels processus et faire de cette compréhension un outil méthodologique permettant de batir l'ingénierie du web social ?"
Cette question est celle posée sur le blog "Augmented social cognition" (cognition sociale augmentée), un groupe de recherche appartenant au mythique PARC (Palo Alto Research Parc). Sur ce blog, vous trouverez des billets qui proposent de nouveaux outils, d'autres qui font état des connaissances ou des travaux de recherche en la matière.
Il est aujourd'hui tout à fait clair que ce chantier, celui d'une cognition sociale augmentée (ce que Pierre Lévy en son temps baptisait du terme évocateur d'Hypercortex), est celui qui permettra d'analyser de la manière la plus juste le "phénomène" des réseaux sociaux (genre Facebook) et des sites à vocation collaborative (genre Wikipedia), mais aussi plus globalement l'interconnexion complexe des discours qui se manifeste à l'échelle de la planète connectée et les formes d'organisation ou de désorganisation que celle-ci emprunte. Pour ces raisons, et pour la qualité des billets proposés, le blog "Augmented social cognition" est un incontournable (qui, spécial dédicace, devrait beaucoup plaire à Manuel et à son équipe).
Le dernier billet en date relate les résultats de travaux scientifiques d'une anthropologue qui s'est intéressée à la manière dont les scientifiques recherchaient l'information pour s'en faire ensuite les médiateurs. Ces travaux révèlent que :

  • les chercheurs se comportent comme des courtiers en information ("information brokers")
  • qu'ils contribuent à leur champ principal ("core field") mais maintiennent surtout des connections vers des champs périphériques
  • qu'ils se comportent également comme des courtiers d'information pour ces champs périphériques
  • que leur veille sur ces champs périphériques est le plus généralement menée en solitaire
  • qu'à l'inverse leur veille sur leur champ principal de recherche se fait de manière "sociale" (via des collègues, des colloques, des pré-publications).

Au-delà de l'intérêt de ces résultats pour le sujet du blog en question (cognition sociale augmentée), ceci me semble être assez caractéristique de l'activité de blogging scientifique/académique (en tout cas elle colle pile-poil à ma pratique).

Citer un blog

Et voilà que l'on reparle de l'arrivée des blogs en tant que "référence", et de l'intérêt donc de normaliser la manière de les citer. Cette fois c'est la National Library of Medecine qui s'y colle et qui indique même comment citer les commentaires d'un billet.

(Via Boing-Boing)

L'autorité (scientifique) est-elle soluble dans la notoriété (blogosphérique) ?

Dani Rodrik est professeur d'économie à Harvard et tient un blog. Et il vient de poser une question intéressante : quelle est la relation entre la popularité d'un bloggueur et le facteur d'impact de ses publications, ou plus précisément son "impact dans le monde académique" ? Pour y répondre, il a mis en parallèle un classement basé sur l'indice Technorati de blogs d'économistes (tous titulaires d'un doctorat et d'une affiliation universitaire), et utilisé un petit logiciel (dont je reparlerai) permettant de calculer différents indicateurs bibliométriques sur la base des informations proposées par Google Scholar. Pour la méthodologie complète, je vous renvoie à son billet.
Dani Rodrik s'attendait à ce qu'il n'y ait qu'une très faible corrélation entre la notoriété d'un bloggueur et son impact académique, et ce pour nombre de bonnes raisons (le style d'écriture n'est pas le même, le temps passé sur l'un - le blog - ne l'est pas sur l'autre - les articles de recherche), or le résultat qu'il obtient est tout l'inverse : la corrélation est très forte est statistiquement très significative. Plus précisément, elle l'est pour les bloggueurs/universitaires les plus populaires/influents. Ce qui n'est au final guère étonnant : les chercheurs de haut niveau académique, quand ils daignent s'y mettre, sont également et très rapidement des bloggueurs à forte notoriété (voir en France Jean Véronis ou Jean-Michel Salaün). Pris dans l'autre sens, les bloggueurs les plus influents en économie, sont également et par ailleurs, des chercheurs avec une autorité académique avérée.
Ainsi donc, au final, cette étude (qui n'a pour tout dire pas grand chose de très scientifique, mais qui a l'intelligence de se revendiquer comme telle) apporte un certain nombre d'informations intéressantes :

  • primo : en matière de blogging comme de publication académique, la clé, c'est d'avoir quelque chose à dire :-)
  • deuxio : la corrélation forte établie entre des blogs de chercheurs (à vocation de vulgarisation) et des publications de chercheurs (ayant vocation à faire avancer les connaissances dans le cadre d'un corpus disciplinaire) montre que la problématique n'est plus celle de la frontière (un billet ne sera jamais un article scientifique et vice-versa, nous sommes d'accord), mais se renverse pour devenir celle d'une logique de complémentarité : sans valorisation/vulgarisation/mise à disposition, une publication scientifique sera de plus en plus vouée à être un document "stérile" (hormis naturellement les quelques dizaines qui paraissent chaque année - toutes disciplines confondues - et qui sont porteurs d'une réelle avancée en rupture avec les publications précédentes), un document "stérile" disais-je, qui, s'il demeure enfermé dans un logique de débat strictement endogame (entre les pairs et les pairs de nos pairs ... amen) ne pourra plus donner pas son plein potentiel scientifique.
  • Tertio :  cette corrélation entre une "très forte" popularité et une "très forte" influence académique illustre des résultats déjà observés dans d'autres publications, à savoir :
    • qu'il existe quelques noeuds dans la blogosphère, noeuds hyperconnectés et qui bénéficient et/ou déclenchent "es qualité" un "effet Pundit" (les Pundit désignent des experts auto-proclamés ou s'exprimant dans le cas qui nous préoccupe "es qualité" et     dont les sites bénéficient d'un nombre de liens entrants     (« backlinks ») qui tendent à asseoir cette expertise     lorsqu'elle semble justifiée. A propos de "l'effet Pundit", voir : Glance N.-S., Hurst M.,     Tomokiyo T., «BlogPulse: Automated     Trend Discovery for Weblogs», [en ligne]     http://www.blogpulse.com/papers/www2004glance.pdf     ).
    • que comme l'ont déjà montré des méthodes statistiques de mesure appliquées aux réseaux sociaux (voir notamment Herring S. et al., “Conversations in the Blogosphere: An Analysis "From the Bottom Up", Proceedings of the Thirty-Eight Hawaï International Conference on System Sciences (HICS-38). Los Alamitos:IEEE Press. [en ligne] http://www.blogninja.com/hicss05.blogconv.pdf, consulté le 31/01/2005), on peut établir très rapidement dans la topologie de la blogosphère la présence de weblogs incontournables, constituant sur des thèmes et/ou des terrains parfois très pointus, une « A-list » , une liste de référence.

Le monde académique n'échappe donc pas à cette règle, mais il est par contre nouveau de constater que cette A-List "populaire" correspond à des blogs de chercheurs à forte notoriété académique.
Une étude qui mériterait donc au final largement d'être reconduite de manière plus systématique et transposée à d'autres champs de recherche (dommage que nous soyons encore si peu d'universitaires bloggueurs en sciences de l'information ...)

(Via Bibliothécaire)

L'avenir des initiatives isolées.

(Reprise d'un message envoyé sur une liste de diffusion par un maître de conférences en droit d'une université du Sud de la France)
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" Restent les initiatives isolées. J'ai, par exemple, lancé il y a deux ans le blog "en direct des facultés de droit" ( http://facsdedroit.blogspirit.com ) qui devrait muter prochainement sur www.facsdedroit.fr. Il s'agit de centraliser l'information en provenance des universités (thèses, publications, colloques et conférences, prix, bourses de recherche etc.). Bilan après deux : un peut plus de 300 posts et une fréquentation non négligeable et de nombreuses consultations depuis l'étranger. De nombreux établissements (Nantes, Poitiers, Lille, Grenoble ...) jouent le jeu et me remontent des informations en me confirmant que le concept les intéresse. Le bémol tient à mon usure : j'assure la mise en ligne des informations lorsque je me suis acquité de mes autres charges universitaires c'est à dire tard le soir ou le week-end. Je profite donc de la présente liste pour poser la question : est-il normal qu'une activité aussi essentielle pour la diffusion de l'information soit laissée à l'initiative privée et que les services ministériels de l'enseignement supérieur et de la recherche ne s'en soucient pas ? Un peu dommage non ?"
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Des initiatives comme celle listée ci-dessus, il en naît de nouvelles chaque jour. Feu BiblioAcid en fût, sur le fond comme sur la forme, pour le champ des sciences de l'information, l'une des plus remarquables et des plus pionnières.
Il est 23h20, je viens de passer deux heures à préparer un cours et à corriger quelques copies. Et je me place enfin à mon établi numérique.
La question de l'usure et conséquemment celle de la pérennité d'Affordance.info s'est déjà posée, et elle se reposera nécessairement un jour, le seul "plaisir" que je trouve à cette activité de veille n'étant pas éternel. Bien sûr Affordance ne se situe pas sur le même créneau que les blogs mentionnés dans le message reproduit ci-dessus. Et bien sûr des frémissements ministériels ou en tout cas institutionnels se font sentir, tels par exemple le blog Prosper dont on aimerait ("qui aime bien châtie bien") qu'il aille au delà du simple signalement de ressources pour entrer un peu plus dans l'analyse des ressources signalées (ce qu'ils ne souhaitent pas faire, dont acte). Car je crois que c'est d'abord cela que viennent chercher les lecteurs de blogs "à vocation scientifique", des points de vue (même succincts ou ironiques ou erronés) qui déclencheront (ou non) l'envie de lire tel ou tel rapport, tel ou tel article, l'envie de s'approprier et d'entrer (ou non) dans tel ou tel débat, dans telle ou telle problématique. C'est de ce travail non pas seulement de veille mais aussi de "digest" dont la communauté scientifique a besoin, parce qu'elle a nécessairement plusieurs points d'intérêts, parce que la recherche est aujourd'hui nécessairement transversale et ce au-delà des objets disciplinaires qu'elle étudie, parce qu'elle n'a naturellement pas le temps de le faire seule.
Oui, il faudra donc rapidement poser la question de l'intérêt réel des blogs du type de celui que vous êtes en train de lire. Et décider s'il s'agit là définitivement d'heures supplémentaires à la charge de la seule initiative privée (et voir si en travaillant plus on peut vraiment gagner plus ;-), ou si leur valeur ajoutée dans le champ et le débat scientifique (au sens large) est réelle et objectivable. Et s'il faut alors réfléchir à des moyens de les y faire entrer, en toute légitimité.

Voilà peut-être en tout cas une piste à creuser pour répondre à l'appel à projet du TGE Adonis (.pdf), dans le cadre du chapitre : "Outils collaboratifs du Web 2.0 : fils de syndication, agrégateurs, blogs, wikis, et en général les nouvelles forme de coopération et de partage appliquées au domaine SHS." J'ai bien quelques idées, mais je manque de temps, la faute à une initiative privée de deux ans d'âge ;-)

Mario Asselin et les blogs à vocation pédagogique

Le podcast est déjà ancien (Webcom Montréal 2006)  mais il est l'occasion d'entendre Mario Asselin à propos de l'intérêt de "faire blogguer les jeunes" dans un contexte éducatif.
Sur ce sujet, le blog de Mario est naturellement incontournable.

Serial Bloggers

"Elle me dit aujourd'hui qu'après bien des débats, les catalogueurs avaient décidé que les blogs institutionnels et d'entreprises ("corporate blogs"), mis à jour régulièrement, étaient en fait des publications en série et devaient donc avoir un numéro ISSN. (...)"
Naturellement rien n'est encore fait, mais le débat est en cours, et pas n'importe où, sur le (tout nouveau) blog officiel de la bibliothèque du Congrès. Et je trouve intéressant (et symptômatique) que la fine fleur du catalogage pose ainsi la question de la pérennité de certains blogs (et donc celle de leur archivage).

Du blog comme atelier.

A lire sur Médiévizmes (le blog de Zid, Maître de conférences et historien), sa réflexion sur sa pratique de blogueur scientifique, et une conception du blog comme "l'atelier de l'historien", conception assez proche de celle revendiquée en ces terres, entre paillasse et machine à café.
Quelques extraits :

  • "Le plus important pour un scientifique est de ne pas tomber dans un autisme de communauté: le travail de veille, d'écoute, de recherche d'information en dehors des cadres habituels est vital. Comment donc rendre cette veille effective? Aucun chercheur qui se respecte n'a le temps d'aller parcourir cent ou deux cents blogs intéressants et constituant plusieurs communautés tous les jours. Les technologies de syndication de contenu permettent fort heureusement de remédier à ce souci."
  • "Et le blog nous permet de communiquer comme jamais. Cela donne une cacophonie avec des non spécialistes, l'intrusion de gens qui ne sont pas les bienvenus, des « amateurs » pas du sérail ? Parfois, souvent même. Mais les premières Annales, Marc Bloch et Lucien Fevre les ont voulues expressément comme telles, pour désenclaver l'histoire. Il n'y a qu'à lire la correspondance de Bloch et de Febvre pour les voir appelant à la plume un banquier, ou un juriste, ou un sociologue, ou un économiste, chacun avec sa contribution, chacun apportant son levier pour faire sauter les verrous."
  • "Quant à la validation, ce n'est pas le nom de l'auteur qui la donne; ce n'est pas un comité de lecture a priori, c'est une validation a posteriori: encensé ou démoli par les commentaires, un blog est jugé avec une très grande sévérité, aussi drastiquement que par un comité de lecture scientifique. Au fond, on en revient aux principes premiers de la critique historique, qui s'appliquent au document après sa publication."

Economie des blogs

Quand deux universitaires (économistes) font oeuvre de pédagogie poour souligner l'intérêt des blogs dans l'activité de recherche et d'enseignement, cela donne cette page.
Tout y est :

  • une rapide présentation de quelques plateformes (avec à chaque fois l'exemple d'un blog dans le domaine - économique -) et un lien vers le comparatif de l'OJR
  • le lien avec l'institution (université ou laboratoire), qui peut ou non mettre à disposition des outils collaboratifs (dont des blogs)
  • une présentation des possibilités (fonctionalités) du blog
  • mais également un passage sur les "risques" :
    • risque de préjudice pour une future embauche
    • risque de l'appartenance institutionnelle (= en cas de blog hébergé par l'institution, liberté de ton "atténuée"),
    • question de la propriété intellectuelle (particulièrement sensible à l'université)
    • gestion des commentaires (la modération a priori est recommandée par les auteurs de la page)
  • et enfin la présentation de quelques usages "pédagogiques" et "recherche"

Le tout à chaque fois illustré de liens choisis et d'exemples issus du domaine couvert (sciences économiques). Une remarquable page ressource donc pour qui veut faire oeuvre d'évangélisation en la matière ou se lancer dans l'aventure. Page ressource qui mériterait grandement d'être traduite en français et adaptée aux différents champs disciplinaires (d'autant que la liste des exemples possibles est déjà prête). Un volontaire ?

Et cerise sur le gâteau, une accroche ... accrocheuse :

  • "I certainly have not found a comparable way to get my ideas out. It allows me to have a voice I would not otherwise get,' Mr [Brad] Setser says. Blogs have enabled economists to turn their microphones into megaphones." -"The invisible hand on the keyboard", The Economist, 3 August 2006

(Via Pintini)

Diversité des Youniversités

Henry Jenkins, professeur au MIT publie sur son blog une suite à son article "From YouTube to Youniversity" paru (mais payant) dans le Chronicle of Higher Education. Il y souligne l'importance croisée de 5 ouvrages fondateurs d'un changement de paradigme dans l'économie des médias, et plus largement des habitus numériques :

  1. The Wealth of Networks de Yochai Benkler (téléchargeable ici)
  2. Plenitude 2.0 de Grant McCracken
  3. The Long Tail de Chris Anderson
  4. The Future of Work de Thomas W. Malone
  5. Convergence Culture: Where Old and New Media Collide, de lui-même.

Henry Jenkins reprend ensuite l'expression "adhocratie" désignant : "a form of social and political organization with few fixed structures or established relationships between players and with minimum hierarchy and maximum diversity." Soit "l'opposé de l'université actuelle". Et de nous demander d'imaginer des universités fonctionnant à la manière de Wikipédia ou de YouTube afin "de permettre le déploiement rapide d’expertises dispersées et la reconfiguration des champs". Donnant ainsi naissance à une nouvelle unité académique baptisée donc "Youniversity".
Comme Henry Jenkins fréquente le MIT et y enseigne depuis quelques années, et comme il ne s'agit pas là du plus mauvais campus universitaire de la planète, il détaille comment progressivement, à partir de l'héritage croisé de disciplines différentes, les enseignements du MIT à destination des étudiants avancés se sont progressivement construits sur ce paradigme qu'il propose aujourd'hui d'appeler "Youniversity", arguant que : "To educate such students, we don't so much need a faculty as we need an intellectual network."
Et de rappeler qu'il ne s'agit en l'occurence que d'étudiants qui, à l'inverse de ceux qui arrivent actuellement à l'université, ne sont pas des "digital natives". Pour ces derniers, "In such a world, the structural and historical schisms separating media production and critical-studies classes no longer seem relevant."
Tout au long de son billet, et au-delà de l'importance effective accordée à l'appropriation des nouveaux médias participatifs dans la transmission des savoirs (blogs, wikis, etc), il plaide intelligemment pour un modèle de refonte de ce que nous appellerions de ce côté-ci de l'atlantique, les études doctorales, particulièrement dans le champ des "media studies". A méditer.

(Via Francis Pisani)

Annuaire de podcasts éducatifs

Chimie, Physique, Histoire, Géographie, Apprentissage des langues, Art, Informatique ... Voici quelques-unes des rubriques de cet annuaire de podcasts à destination du monde l'éducation au sens large. Depuis l'apprentissage des verbes irréguliers en français jusqu'à une conférence de Berkeley sur la physique théorique, les rubriques sont pour l'instant assez peu fournies mais toutes prometteuses.
(Via Edublogs)

Carnaval des sciences de l'information

(Carnival of Infosciences)

La blogosphère à l'instar de tout macromicrocosme a ses propres rites, ses propres traditions. Le carnaval des blogs ("blogs carnival", voir le modus operandi ici) en est un. Il s'agit d'un genre de revue de presse collaborative et tournante (=chacun son tour), généralement sous forme de "fête de liens" ("linkfest") sur une thématique spécifique. Ainsi en Janvier 2006, la Fing lança l'EduCarnaval (blogs en sciences de l'éducation) sur le thème du ePortfolio. Tout ça pour vous annoncer que je viens de découvrir l'existence du carnaval des sciences de l'information (Carnival of Infosciences). Il est anglo-saxon et a démarré en Août 2005 à raison d'un billet/blog par semaine. Le programme complet est visible par là.
Quand toute la blogosphère sera rentrée de vacances, je suis partant pour lancer une version francophone dudit carnaval des sciences de l'information.

Science & SHS 2.0

Je parle beaucoup de science 2.0 ces temps-ci (ici, ou encore ). Or voici que je redécouvre le visionnaire billet de Pierre Mounier (13 septembre 2005 ... une éternité blogosphérique ...). Extrait :

  • " (...) le Web 2.0 m’a l’air très intéressant, car intelligemment pratiqué, il ouvre la voie à une forme de conciliation entre les différents niveaux. Les niveaux individuels et communautaires sont bien servis par les blogs , les signets, documents et bibliographies partagés. Et les institutions ? Je me demande si elles ne doivent pas effectuer une sorte de révolution copernicienne au niveau des services web qu’elles peuvent rendre, en ne considérant plus le système (documentaire, d’information, web) comme étant au centre de la photo (avec les chercheurs qui viendraient se brancher dessus), mais bien plutôt les individus et les collectifs de recherche (parfois très éphémères et informels). Concrètement, cela signifie, d’abord offrir des services et outils centrés sur l’utilisateur, puis, dans un deuxième temps, faire émerger une représentation globale, institutionnelle de la masse d’informations qui a été produite en son sein. Autrement dit, laisser les chercheurs faire leur page perso, tenir eux-mêmes leur biblio, construire des communautés sur leurs thèmes de recherche, par le biais de tout un tas de services (d’hébergement, d’alertes, de biblio, de recherche) offerts par l’institution, tout en veillant à une circulation possible des informations de différentes natures entre tous les services proposés, de manière à pouvoir en fin de compte, à la fois assurer une capitalisation de l’information et en donner une représentation globalisée (et éventuellement sélectionnée) qui réponde au besoin de visibilité de l’institution à un autre niveau." (... lire le reste du billet  ...)

Pas mieux :-)

Science 2.0 : ça continue ...

Le Wiki d'OpenWetWare est une initiative qui vient confirmer le récent engouement pour une science 2.0, ou plus exactement, pour des usages 2.0 d'une science 1.0. Je m'explique :

Blog en enseignement (en SHS)

Un autre exemple sous forme d'entrevue avec Viviane Huys-Clavel, initiatrice d'un blog en Histoire de l'Art. Rappel de quelques points fondamentaux : simplicité d'usage MAIS nécessité d'un accompagnement, transformation du rôle de l'enseignant (qui devient "partenaire") et plein d'autres choses ... A écouter sur le blog du GreCo.

Science 2.0 : premier bilan d'étape

Quels sont les trois fondements de ce que l'on nomme science (à la louche ...) ?

  1. Publications scientifiques : une logique de validation par les pairs permettant d'aposer les certifications nécessaires sur les nouvelles connaissances
  2. Bibliothèques : un archivage physique et une logique cumulative de construction de connaissance dont les bibliothéques sont les dépositaires.
  3. Bases de données : un stockage numérique et un accès réseau à de gigantesques entrepôts de production scientifique (bases de données)

A la relecture des quelques-uns de mes récents billets je note que :

  1. l'idée de publications scientifiques brisant la chaîne traditionnelle de validation / certification / publication est aujourd'hui en passe d'être réalisée : on peut commenter et discuter des résultats d'une recherche sans appartenir à un comité éditorial et/ou scientifique, et faire bien d'autres choses encore. Le peer-commenting (entre autres) ne tue pas le peer-reviewing, il renforce sa légitimité a priori et permet d'évacuer certains de ses plus problématiques biais. Nouveau modèle : PloS One (voir ce billet)
  2. le saint graal des bibliothèques, à savoir le catalogue, s'ouvre non seulement aux commentaires des utilisateurs mais également à des nouvelles logiques d'indexation profanes. Le meilleur des deux mondes : les folksonomies ne tuent pas les thesaurii, elles les revitalisent. Nouveau modèle : PennTags (voir ce billet)
  3. Les bases de données font voler en éclat la notion d'interrogation par champ pour proposer des modèles de type "onebox", tirant là encore le meilleur des deux mondes sans altérer le pertinence des résultats fournis. Nouveau modèle : HubMed (voir ce billet)

Certes, tout cela n'est pas vraiment nouveau. On en parle depuis longtemps. Depuis longtemps des expérimentations sont en cours ou très avancées. Mais, à mon sens, la convergence des indices décrits ci-dessus n'avait jamais été aussi forte.
Hybridation, ouverture des pratiques, des formats, des logiques de diffusion, de recherche et d'accès. Adéquation de plus en plus grande à des usages "grand public". Affirmation du renforcement de l'idée d'une nécessaire et inéluctable interopérabilité entre les sphères de la "connaissance sacrée" et du "savoir profane" (voir notamment la notion d'autorité cognitive chez Martin Lessard). Voilà probablement, alors qu'approche l'été, ce que je retiendrai de cette année comme élément majeur et radicale transformation du PUSSI (Paysage des Usages ScientifiqueS Internationaux) ... (en plus il semblerait même que des chercheurs tiennent des blogs ! Tout fout l'camp ma pôv' dame). Plus globalement, l'affirmation de "comportements pro-connaissance" qui semblent avoir trouvé leur biotope idéal.

Bloggin universitaire : encore un bilan.

Celui d'ARHV, après 6 mois et 160 billets.

Academic Podcast

Remarquable mashup, ce site permet de localiser et de suivre l'évolution de la carte des  "University Podcasts, Webcasts & OCW", traduisez "Balladodiffusion et conférences en ligne des universités et autres projets de cours ouverts".
(Merci Cyberlibris)

Blogs, recherche et enseignement.

Maxime : "Pour bien marier recherche et enseignement, rien ne vaut un bon blog"
Recette :

Temps de cuisson : Le tout se prépare un peu avant (comptez une semaine pour l'affichage des modalités pratiques), se sert chaud pendant la journée, et comporte un petit goût de"revenez-y quand vous voudrez" qui ne gâche rien. A vous de déguster.
Saveurs : un projet de recherche (colloque) qui sert de support à un projet pédagogique transversal (photo, expression écrite, recherche documentaire, informatique, gestion de projet, etc.). Des congressistes visiblement ravis de ce "plus" produit. Des étudiants enchantés de voir les mêmes congressistes les féliciter en retour. Des représentants "officiels" de l'université saluant cet harmonieux mariage entre enseignement et recherche. Bingo.

Bloggin scientifique à I-Expo.

Comme annoncé, j'étais donc l'autre jour invité à I-Expo pour y causer de bloggin scientifique. Et comme promis, le powerpoint de mon intervention est disponible ici (Download iexposcienceblog.pdf).
Nonobstant un passage éclair sur le salon (j'ai raté la sessions Search Engine meeting et le croustillant show Jeanneney/Google) et une prestation à l'identique (6 intervenants pour la matinée ...) ce fut l'occasion de plaider pour l'intérêt et l'intégration des blogs dans le cadre des pratiques scientifiques. Un grand merci à Claudine Masse et Ruth Martinez pour leur invitation et l'organisation de cette séance : les deux Christophe (Deschamps et Asselin) y furent égaux à eux-mêmes, tout en professionnalisme et en précision, l'intervention d'Alain Seve et de de François Testard Vailland me confirma quelques hypothèses de recherche (économie de 50 % du temps des veilleurs grâce à l'automatisation dûe au RSS). Je reste convaincu que le RSS contribuera à faire basculer le rapport à l'information d'une logique de "puits" (celui qui a l'information à le pouvoir) à une logique de "noeud" (celui qui distribue l'information a le pouvoir). Dominique Vignaud enfonça le clou de l'intérêt des blogs dans les pratiques de pédagogie documentaire. Les interventions sont en ligne par ici.
La salle fût comble. Quant au public ... à vos commentaires :-)

Agenda : I-expo

Je serai ce jeudi à I-Expo dans le cadre de l'Atelier "Blogs, fils RSS : retour d'expérience de producteurs et de veilleurs". J'y causerai plus précisément de la collecte et de la valorisation dans les pratiques scientifiques en IST. L'idée étant d'insister sur les aspects "validation" qui permettent de faire des blogs une authentique "composante métier". Je suis en plein dans la réalisation du powerpoint qui sied à ce genre de prestation et suis preneur de vos commentaires, remarques, suggestions et autres retours :-)

Blogging académique : autre bilan

J'avais il y a de cela quelques temps déjà, dressé "mon" bilan d'une activité de blogging académique sur Affordance.info. Je découvre aujourd'hui celui de Frédéric Rolin, professeur de droit. Pas une seule virgule n'est à changer pour que je puisse le faire mien.
(Vu chez Stéphane Cottin)

Pédagogie du Podcast

Fini les cours "magistraux". Du podcast. (presque) Que du podcast. Les étudiants récupèrent sur leur lecteur Mp3, leur portable ou autre, posent leurs questions via des messages textes, et les réponses sont fournies sur le blog du cours. Lequel est assorti d'un emploi du temps de l'enseignant pour pouvoir si besoin le rencontrer en "présentiel". C'est dans BBC News, et c'est l'idée d'un enseignant de microbiologie dans une université américaine.

Blog du directeur.

Après celui du recteur (de l'université de liège), c'est le directeur de l'EBSI qui ouvre son blog. Un bloc-note "de travail" et un blog de chercheur plus que de directeur. Bienvenue dans la blogosphère Jean-Michel :-)

Le blog du recteur et les autres

A l'occasion du dernier billet du blog de l'INIST, je découvre que le recteur de l'université de liège tient son blog (et y raconte des choses intéressantes sur le libre accès). Quelques recherches plus tard, je débusque le blog de la présidence de l'université de Nice (elle podcastait déjà). D'autres exemples ???
Update (via le commentaire d'Enro -  Merci ! -) : blog collectif d'une unité de recherche et d'enseignement belge : la  Cellule Interfacultaire de Technology Assessment (sic) de Namur, qui blogue par là. 

Blogs juridiques

On présente souvent (avec raison) les juristes (universitaires) comme des êtres profondéments rêtifs à la chose informatique (j'ai passé 5 ans dans les sous-sol de la fac de droit de toulouse, je peux témoigner). Or (ou plutôt justement) la blogosphère juridique est incontestablement la plus développée dans tout l'éventail des sciences humaines et sociales. Pour s'en convaincre, l'impressionnant travail de classement réalisé sur ce site (en regardant le travail réalisé on regrette d'autant plus que cette blogosphère là ne se dote pas des mêmes outils que celle-ci). Pour comprendre cet engouement, le billet de Jean-Baptiste Soufron.

Université qui podcaste (encore)

Et une de plus. Et non des moindres. Berkeley. Qui podcaste donc (et continue de webcaster).
(Via InfoWorld)

Blogging académique

En commentaire de ce billet, Enro me signale (merci) ce qui pourrait être la première citation d'un blog dans le cadre de la bibliographie d'une publication scientifique au milieu d'articles évalués et authentifiés.

Si vous en trouvez d'autres ... C'est sûrement le début d'une piste ou à tout le moins d'une réflexion à mener sur l'avenir de l'évaluation de la recherche.

Blogging académique : vers une reconnaissance ?

Nouvelle avancée significative dans la question (le débat) sur la place des blogs de chercheurs dans leur activité scientifique de recherche et d'enseignement. Jill Walker bloggue depuis Octobre 2000. Sur son blog on trouve des billets (très peu) sur ses états d'âme, d'autres (plus nombreux) sur ses passions (le jeu en réseau) et d'autres (la majorité) sur son activité de recherche et d'enseignement : ses articles, le retour de ses lecteurs, un écho des débats avec ses étudiants, la discussion de concepts utilisés par cette chercheuse, etc.
Et bien Jill vient de recevoir (le 6 mars exactement) un prix pour sa contribution à la dissémination de la science, et est encore toute étonnée de cette soudaine "reconnaissance" de son activité de "Research-bloggueuse" : "sudden official university recognition of research blogging as important for the university as a whole is amazing and just extremely motivating".
Les choses avancent aussi du côté des blogs et des citations scientifiques, avec l'arrivée officielle de ce plug-in "générateur de citation normalisée". Ne fonctionne pour l'instant que sous WordPress mais ne désespérons pas de le voir arriver sur d'autres plateformes, ce qui, pour revenir sur le débat avec Jean-Michel et Simon sur ce précédent billet, ne ferait assurément pas de chaque billet l'équivalent d'un "article" mais permettrait aux chercheurs d'agréger plus "naturellement" sur leurs blogs leurs publications scientifiques. Ceux qui le souhaitent pourraient ainsi s'inscrire dans un continuum de recherche et de publication notablement plus motivant que l'actuelle schizophrénie obligeant à distinguer entre "Certes Mr Hyde Bloggue mais rassurez-vous, Dr Jeckyll travaille sérieusement et publie régulièrement". Allez, Jean et les Autres, on prend nos combi Wolkswagen et on s'affirme comme "Hard Bloggin' Scientists" ! Le logo est rigolo, et le "manifeste", s'il ne mange pas de pain, pose quelques fondamentaux ;-)

I am a hard bloggin' scientist. Read the Manifesto.


(Celui qui l'a vu le premier : Pierre Mounier chez Hubert)

Blogs et citations scientifiques

Si l'on prétend (j'en suis) que les blogs universitaires et scientifiques relèvent d'une authentique activité de recherche, et si l'on veut qu'ils puissent être pris en compte dans ladite activité, il faut leur donner les moyens d'être présents dans les publications scientifiques (papier et numérique). La première étape consiste à mettre en place pour lesdits blogs un système permettant d'afficher les références de chaque billet pour qu'il puisse devenir l'objet d'une citation conforme aux standards en la matière. L'exemple nous est donné par l'excellent WRT dans son billet : "Citation footers for academic blogging." Je lance donc un appel solennel à la communauté des développeurs et bidouilleurs de génie pour la réalisation d'un petit plug-in à destination des plateformes de blogging sèrieuses (c'est à dire toutes sauf blogger ;-) permettant d'afficher en bas de chaque billet une citation aux normes MLA :
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Ertzscheid, Olivier. "Blogs et citations scientifiques." 17 Mars 2006. Weblog : Affordance. Consulté le 17 Mars 2006. En ligne <http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2006/03/blogs_et_citati.html>
Correspondant donc aux paramètres suivants :
Nom, Prénom. "Titre du billet." Date de publication. Weblog : nom du site. Consulté le : Date d'édition du billet. En ligne <permalien>
Merci d'avance :-))

Indicateurs scientifiques et blogosphériques

Admettons que l'on dispose, pour un domaine ou un champ de connaissance (scientifique) donné, de suffisamment de blogs traitant dudit domaine ou champ de connaissance. L'activité de suivi de ces blogs se révèle déjà être "per se" une veille scientifique fort utile. Mais le site Postgenomic fait un pas de plus en proposant, à partir d'une analyse desdits blogs :

  • de dégager des tendances,
  • de regarder quels sont les articles les plus cités dans les billets des blogs,
  • de pointer les "reviews" d'un article dans les mêmes billets
  • de lister sous forme de "zeitgeist" les revues les plus citées par les bloggueurs du domaine
  • et quelques autres fonctionalités supplémentaires.

Bref, à l'heure où l'on parle de plus en plus de validation scientifique à l'intérieur de la blogosphère, une salutaire initiative tirant le meilleur parti de ladite blogosphère et proposant ainsi à toute une communauté (celle des sciences de la vie en l'occurence) une belle batterie d'indicateurs qualitatifs et quantitatifs. Alors amis (pas tous quand même) universitaires, sans hésiter et sans tergiverser, B-L-O-G-G-U-E-Z ! A moins que vous ne préfériez attendre que l'exemple ne vous vienne d'en haut ...
(Via Marlène)

Enseignant-chercheur Bloggueur

Bienvenue dans "cette blogosphère là" à Stéphane Edet, Maître de Conférences en Sciences de l'éducation à Nancy 2. Au vu des premiers billets, la langue de bois ne semble pas de mise. Ce billet explique pourquoi il bloggue : "formuler une réflexion, communiquer, échanger, assurer une meilleure visibilité." N'oublie pas de t'inscrire par là stéphane ;-)

Des comités scientifiques pour les blogs ?

On parle beaucoup outre-atlantique des universitaires qui blogguent (en même temps ici aussi même si j'ai un peu délaissé Francoblogsciences mais je vais m'y remettre). On s'y demande s'il est bon poour un universitaire (ou pour les prétendants au titre) de se lancer dans la blogosphère. On y remarque qu'il n'est plus rare que les jurys jettent un oeil sur les blogs des candidats qu'ils auditionnent et que cela puisse interférer avec leur décision de co-opter ou non lesdits impétrants. On commence également à y voir les premiers cas d'universitaires remerciés pour avoir blogué trop vite ou mal à propos. Cet article (signalé par Nicolas) ouvre une perspective intéressante qui met en parallèle les contenus de blogs tenus par des universitaires et les modes de publication "ouverts" (Open access). Extrait :

  • "And if a blogger does have something serious to say, why is he presenting it in a superficial medium, rather than a peer-reviewed journal? At the same time, it is hardly a secret that lots of peer-reviewed material and articles in prestigious academic reviews are neither very good nor widely read."

Michael B. Eisen, enseignant la biologie à Berkeley et co-fondateur de la Public Library of Science, indique que (je traduis) "les bloggueurs universitaires font face aux mêmes défis que les scientifiques qui publient dans les journaux open source." Et l'article de poursuivre en posant la question des modèles éditoriaux de type "peer-review" (revue par les pairs) qui pourraient s'appliquer aux blogs universitaires : "So, how might a blog be peer-reviewed ?"
Sans prendre position, il me semble qu'il n'est aucun blog "scientifique" individuel (celui que vous lisez affiche en la matière quelques -très- modestes prétentions) qui ne s'autorise quelques écarts éditoriaux. La plupart auraient même tendance à faire part égale aux photos du petit dernier et aux réflexions sur la science ou la discipline concernée. Seule exception, les blogs scientifiques collaboratifs tenus par plusieurs auteurs (un exemple) quoi que même pour ce dernier, en cherchant bien ...
Pour autant, je demeure convaincu que les blogs peuvent apporter à la renégociation en cours des processus de validation scientifiques une nouvelle "facette". Sinon un nouveau modèle, à tout le moins une nouvelle "ligne de fuite". Mais pour cela, il faudrait que nous soyons plus de 19 :-(
Addendum : à lire aussi : "Can (should) academics be bloggers ?"

Ces universitaires qui blogguent

Un article du New York Sun à propos des universitaires bloggueurs avec une conclusion que je me permets de faire mienne : "For these academics, blogging isn't a hobby; it's an integral part of their scholarly identity". Et vous ?

Pasta & Vinegar. Francoblogsciences

Bolg : Pasta and Vinegar
Auteur : Nicolas Nova.
Catégorie : Psychologie cognitive et ergonomique. Interfaces Homme-Machine

  1. Date de naissance de votre blog ? Mars 2003

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Coulmont Blog. Francoblogsciences

Blog "Baptiste Coulmont Blog".

  • Catégorie : Sciences humaines et sociales. Sociologie.
  • Auteur : Baptiste Coulmont. Maître de Conférences. Université de Paris 8.

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Technologies du Langage. FrancoblogSciences

Blog "Technologies du langage".

  • Catégorie : Sciences humaines et sociales. Linguistique et Informatique. Sciences du langage.
  • Auteur : Jean Véronis. Professeur. Université de Provence. Aix-Marseille 1.
  1. Date de création de votre blog ? Ah ah, bientôt l'anniversaire.

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FrancoblogScience. Carte des blogs

Grâce à l'écho que 2 ténors (ici et ) de la blogosphère ont bien voulu donner à ce projet d'une carte répertoriant les blogs "scientifiques" tenus par des universitaires et/ou traitant d'une discipline enseignée à l'université, cette carte commence à se remplir. Pour lui donner du relief (et comme le service Frappr présente quand même quelques limitations en terme de description et de catégories) je reprendrai dans Affordance la fiche signalétique des blogs enregistrés pour constituer une mini 'base de connaissance'.
Les billets idoines seront toujours titrés à l'identique "FrancoblogScience. Carte des blogs" et archivés dans la rubrique dédiée "Francoblogsciences". Les auteurs desdits blogs seront informés par mail du billet les concernant et invités à utiliser les commentaires pour "remplir" un petit questionnaire permettant d'étoffer cette carte. Le questionnaire sera composé comme suit

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