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Boston public library sur FlickR

Après la Library of Congress, c'est au tour de la Boston Public Library d'ouvrir son compte FlickR. On y trouve cette fois des collections de photographies mais aussi des collections de cartes postales, des affiches, ainsi qu'une hallucinante collection de Fore-Edge Paintings (des peintures réalisées sur la tranche feuilletable des livres).
Le début d'une heureuse épidémie (allô le service expositions de la BnF ?), et la confirmation du mouvement de balancier entre monde réel et services virtuels.
(Via HangingTogether)

L'éditeur est-il soluble dans le crowdsourcing ?

Voilà à n'en pas douter de quoi rajouter de l'eau au moulin du dernier billet de Jean-Michel dont je ne reprends ici qu'une phrase hors-contexte mais significative tout de même : "Quelle étrange dynamique qui conduit à rechercher la vérité, sans pouvoir en assumer la responsabilité !". De mon côté j'avais attiré votre attention sur la problématique de la responsabilité éditoriale dans Wikipédia. Et j'en viens donc au vif du sujet et au coeur de ce billet : quel est le point commun entre Eric Dupin (Presse-citron.net), Olivier Martinez (acteur procédurier) et Florence Devouard (Wikimedia fondation) ? Et bien tous ont un problème d'éditeur.
L'affaire est donc celle qui oppose Olivier Martinez à Eric Dupin. La génèse de l'affaire et son dernier rebondissement sont lisibles et parfaitement résumés sur le site d'Ecrans. Donc Hop vous partez le lire et quand ça y est, Hop, vous revenez ici. Ca y est ? Bon.
Donc le titre de ce billet : Fuzz (le site d'Eric Dupin) est en effet un Digg-like, un de ces sites dans lequel les utilisateurs font remonter le contenu et, par leurs votes, construisent la hiérarchie des news ainsi collectées. Donc Eric Dupin n'est effectivement pas responsable de la "Une" de Fuzz, pas plus que de la hiérarchisation de toute news y figurant. Mais Eric Dupin est éditeur du site Fuzz. Et à ce titre aujourd'hui condamné.
Toute cette affaire est à la fois troublante et éclairante.
Eclairante parce qu'elle souligne que tout acte de publication implique une responsabilité éditoriale, et ce indépendamment de la longueur et de la profondeur de la chaîne des médiations qui interviennent dans le processus. L'éclairage en question porte donc dans le cas qui nous occupe, sur la désagrégation (désintermédiation) de la boucle publication-édition, une désagrégation, un délitement qui n'en ôte pas la spécificité, et qui en aucune manière ne peut aboutir à un escamotage. L'une (la publication) ne peut effacer l'autre (l'édition) et réciproquement. Toute publication doit être éditée pour "exister", et tout acte éditorial ne peut porter que sur la trace inscrite d'une publication première, originelle.
Troublante parce qu'au vu de la LEN (loi sur l'économie numérique) et des modèles actuellement dominants de nano-publication (un billet de blog, un fil twitter) versus macro-agrégation (les Digg-like et dans une moindre mesure les moteurs-remixeurs de recherche), la définition de la responsabilité éditoriale est pour le moins fluctuante (comme le souligne l'article d'Ecrans, le choix du tribunal dans l'affaire Martinez/Dupin aurait reposé sur la présence d'une rubrique baptisée "Les people", rubrique mise en place par Fuzz/Eric Dupin, et attestant donc - toujours selon les juges - de la responsabilité éditoriale d'Eric Dupin).
Le dernier point d'éclairage qu'apporte cette affaire, c'est le décalage du coup porté à Fuzz. Olivier Martinez aurait mieux fait de choisir d'attaquer l'individu à l'origine du dévoilement de sa vie privée, au lieu de s'en prendre au site ayant agrégé et relayé l'information, même si cette agrégation contribua grandement à donner une visibilité à cette information. C'est donc là encore de désintermédiation qu'il s'agit. Mais d'une désintermédiation auctoriale et non plus éditoriale. Personne ne semble se soucier en effet de l'individu à l'origine de l'information. Conclusion (temporaire) : la visibilité éditoriale devient l'autorité factuelle et engage la responsabilité civile du vecteur de visibilité (le site Fuzz).

<Update de 5 minutes plus tard>Etonnant ... le site Libération semble être affecté par le verdict de l'affaire puisqu'après avoir publié aujourd'hui même une page relayant la rumeur du mariage entre Olivier Martinez et Kylie Minogue (preuve en image n°1), il a promptement ôté ladite page de son site à l'heure (21h40) où j'écris ce billet.

Kyliemartinez_2

Ayepu

Ou comment Libération invente le mouvement perpétuel en balladant son lecteur, puisqu'en utilisant "le moteur de recherche de notre base archive" on tombe sur la copie d'écran n°1 avec l'adresse de l'article, laquelle adresse nous amène à la copie d'écran n°2 qui nous ramène ... etc ... etc ...
</Update>

<Update de 5 jours plus tard> Explication du revirement de libé sur @si.</Update>

(Temps de rédaction de ce billet : 1h30)

Cartomanie

Moi qui aime bien les représentations cartographiques, je suis servi en ce moment.

  • Hubert Wassner nous livre une nouvelle version de sa cartographie sémantique des blogs. Deux clés de lecture pour cette carte : la couleur des noeuds (blogs) : du rouge (très populaire) au noir (pas populaire) ; et la couleur des liens les reliant (bleu clair : forte corrélation, bleu foncé : faible corrélation). Affordance.info y occupe une bonne place et y apparaît comme plutôt populaire. On n'y apprend pas grand chose de plus mais on a la confirmation qu'une ligne maginot sémantique relie les lecteurs d'Affordance à ceux de Technologies du langage (coucou Jean) et à ceux d'Outils Froids (coucou Christophe). A lire sur cette nouvelle version, le billet de Jean Véronis, gourou interplanétaire de la distance intertextuelle, et le commentaire d'Hubert Wassner explicitant un peu l'intérêt d'une telle représentation.

Cartoblogs

L'autre carte du moment, c'est celle Christophe Jorge : la "blogosphère de l'intelligence économique" qui dans sa version 3, compte ... rien moins que 4471 sites !

Blogie

Ces deux cartes me rappellent au pourquoi de mon amour des cartes (déjà évoqué) :

  • "Il n’y a rien que l’homme soit capable de vraiment dominer : tout est tout de suite trop grand ou trop petit pour lui, trop mélangé ou composé de couches successives qui dissimulent au regard ce qu’il voudrait observer. Si ! Pourtant, une chose et une seule se domine du regard : c’est une feuille de papier étalée sur une table ou punaisée sur un mur. L’histoire des sciences et des techniques est pour une large part celle des ruses permettant d’amener le monde sur cette surface de papier. Alors, oui, l’esprit le domine et le voit. Rien ne peut se cacher, s’obscurcir, se dissimuler." Bruno Latour, Culture technique, 14, 1985 (cit par Christian Jacob dans L’Empire des cartes, Albin Michel, 1992).

Les deux cartes qui précèdent n'entrent que difficilement dans l'espace d'une feuille de papier. Et les "ruses" de la navigation permise par le numérique y tiennent un rôle d'orientation et de repérage mais ne permettent pas pour autant a priori de "dominer" son sujet. Le résultat c'est que ces deux cartes réclament une attention, un apprentissage et une expertise a priori ou a posteriori pour qui voudrait en tirer la substantifique moëlle. Ce qui n'est pas le cas de la dernière carte ci-dessous. 
En effet cette splendide "Map of Findability" (qui tient, elle, dans l'espace d'une feuille de papier) dit bien mieux que tout article scientifique sur la question, les relations entre taxonomie, ontologies et folksonomies (Via Patrick Peccatte). On appréciera particulièrement le soin délivré aux toponymes : "Principauté indépendante de Thesaurus", "Royaume Taxonomique", "République Folksonomique", etc. Depuis le temps que je répète  à mes étudiants que la question des langages documentaires est avant tout une question politique ... et quand on sait que la politique est d'abord une question de frontières ... on voit mieux comment l'indexation est aussi une question géo-politique ;-)

Map_of_findability2_2

(Temps de rédaction de ce billet : 1h45min)

La sagesse des foules

La sagesse des foules est l'un des "paradigmes" du web 2.0. L'idée est que le collectif "flou", c'est à dire ayant simplement en commun un intérêt (partager des informations par exemple) ou une pratique (tagguer des photos par exemple), permet d'optimiser un certain nombre de processus, au rang desquels l'indexation, le classement et la recherche d'informations. In fine, certains y voient (ou tentent d'y voir) la possibilité d'une réelle valeur prédictive (la valeur prescriptive étant depuis longtemps avérée dans le marketing de masse)
Quelques principes selon son principal "théoricien", James Surowiecki, journaliste économique et auteur du bestseller éponyme (Wisdom of Crowd), d'où il ressort que ladite sagesse des foules est d'abord un éloge de la diversité. Une sorte d'iségoria prédictive et incarnée.

  • Collectivement les gens en savent plus que ce que les gens en haut croient.
  • Un groupe avec un QI moyen plus faible sera meilleur pour résoudre un problème qu’un groupe de gens avec un profil homogènes et un QI moyen plus élevé, grâce à leur diversité (origine, expérience, âge, formation…).
  • Avec un groupe homogène, plus les membres parlent, plus il devient stupide.
  • Il faut encourager les désaccords et les opinions dissonantes.
  • Les leaders doivent diminuer lors propre influence dans un processus de résolution de problèmes et éviter de s’entourer de gens qui pensent comme eux,
  • La diversité est la clé d’une foule intelligente, la diversité à deux niveaux tout particulièrement :
    • Perspective (la façon de percevoir un problème)
    • Heuristique (la façon de régler un problème)
  • Les groupes sont plus intelligents quand les gens agissent individuellement.

L’algorithme de Google serait l'exemple parfait de ce phénomène de sagesse des foules, en permettant de synthétiser en une fraction de seconde l’opinion des internautes et en mettant de l’ordre dans le chaos. Soit la quintessence instantanée et sans cesse renouvellée de l'iségoria : mécanique, algorithmique, "motorisée". Ces derniers propos ayant d'ailleurs été confirmés dès 2004 par Adam Bosworth, à l'époque vice-président ingénierie chez Google.
(Source : les points en italique sont la reprise de la prise de notes de Guillaume Brunet, lors de la conférence de James Surowiecki à la dernière journée Infopresse)

Escadron 2.0 pour les bibliothèques

Prenez toute la fine fleur des pionniers du web 2.0 pour le monde des bibliothèques en France. Prenez ensuite la fine fleur des écoles de formation des mêmes bibliothécaires. Remuez le tout et vous obtiendrez :

  • une journée de stage sur "Les bibliothèques ont-elles besoin du web 2.0 ? Des outils au service des usagers" à l'ENSSIB
  • une bonne grosse centaine de diapositives éclairantes
  • et surtout, surtout, d'excellentes raisons pour passer votre bibliothèque en mode 2.0 ... vite.

(Via Thomas Chaimbault qui liste dans son billet tous les diaporamas)

<Update de quelques jours plus tard>
Un article de référence sur la mise en place d'une culture de la participation et du collaboratoire dans les bibliothèques  :
    Lankes, R. D., Silverstein, J. L., Nicholson, S., & Marshall, T. (2007).     "Participatory Networks: The Library as Conversation" Information     Research, 12(4) paper colis05. [Available at http://InformationR.net/ir/12-4/colis05.html]
</Update>

Le dernier Clay Shirky bientôt dans les bacs.

Clay Shirky est l'un de ces tech-gurus que seuls les américains semblant en capacité de produire en masse. Mais il n'est pas loin s'en faut, le moins intéressant de tous. Il a notamment beaucoup écrit sur les blogs, la notion de collaboration en ligne, le crowdsourcing, les tags et les ontologies (ses autres articles sont notamment consultables sur son site). Son dernier livre à paraître fin février s'intitule : "Here Comes Everybody: The Power of Organizing Without Organizations". Selon un procédé éditorial désormais éprouvé, le bouquin se trouve assorti avant même sa parution d'un blog destiné à alimenter le buzz et à en livrer quelques extraits choisis. A noter que des traductions dudit ouvrage sont déjà prévues pour 2009 en Hollande, au Portugal et au Brésil, en Chine et en Corée. Si un éditeur français souhaitait se mettre sur les rangs ...

Indexation sociale : ludique ou luddites ?

Les "luddites" désignent un mouvement social initié par John Ludd, et regroupant au 19ème siècle, des artisans du textile entrés en lutte contre la révolution industrielle (notamment via la destruction de nombre de "machines"). Par extension on se sert de l'expression "luddites" pour désigner un groupe de personnes opposées au "progrès" industriel, scientifique ou technologique. Quel rapport avec les folksonomies et les nouveaux processus d'indexation sociale ? Et bien il y a deux manières de concevoir ces dernières : soit on considère qu'elles n'apportent que du bruit et sont inaptes à rendre compte de la nature des objets documentaires, ou qu'à tout le moins elles ne peuvent être acceptables dans le cadre d'un circuit documentaire et bibliothéconomique standard. Luddites donc.
Soit on considère qu'elles ouvrent une voie intéressante parce que permettant de réintroduire dans la chaîne du traitement documentaire le point de vue et le vocabulaire de l'usager, qui n'est souvent pas le même que celui du professionnel de l'information. Encore pour cela faut-il parvenir à rendre ces folksonomies "ludiques". C'est tout le pari du Musée McCord de Montréal. Ce dernier propose à ses utilisateurs/usagers de créer des tags pour annoter les fonds existants, mais également de créer des commentaires, d'ajouter des images personnelles, et ce faisant de constituer son propre dossier documentaire ou de visionner ce qu'il appelle joliment l'ensemble des "circuits publics".

(Sources : Sylvie Dalbin)

Et puis comme c'est le week-end, je livre à votre méditation ce commentaire trouvé sur le blog de Laurent Gloaguen, carrément luddite ;-)

  • "Si l'on tague "A la recherche du temps perdu", dans son édition de 1947 en 15 volumes (disponible en téléchargement ici), trouve 442 occurences du prénom "Odette" sur les quelques 5000 pages de l'ouvrage. Et pourtant Proust ne l'a pas appelé "A la recherche d'Odette". (à noter qu'on ne trouve que 24 "madeleine") Comme quoi les tags c'est de la merde. Et les taguers des branleurs."

Fini les vacances, c'est la rentrée ...

Côté moteurs/wikipédia/knol :

  • On a donc pas mal parlé avant et pendant les vacances du projet de Google concernant son "encyclopédie" Knol : dans Ecrans, Florence Devouard s'inquiète à raison en rappelant que 50 % du traffic vient directement de Google. Google Blogoscoped y revient également en soulignant l'argument selon lequel Google ne pouvait plus accepter de voir partir tout ce traffic "non-monétisé" vers un site (wikipedia) indiquant qu'il refuserait toujours la publicité.
  • Voir aussi la rapide analyse comparative de ReadWriteWeb entre Knol, Wikia, Wikipedia et Mahalo autour des trois mamelles de l'argent, de l'attention (comme vecteur de monétisation) et de l'altruisme (comme contribution à la somme des connaissances disponibles).

Côté réseaux sociaux, moteurs de recherche et scientométrie :

  • Medline nous avait déjà habitués à son goût des interfaces innovantes. En voici une nouvelle baptisée GoPubMed qui permet, sur la base d'une recherche de faire émerger des "réseaux sociaux" à partir des noms d'auteurs d'articles et de leurs adresses de courier électronique (Via Cismef). En fait, plutôt qu'un réseau social (ce qui est l'argumentaire marketing du lancement de ce nouveau service), c'est bien de scientométrie qu'il s'agit, c'est à dire de la capacité, via un moteur sémantique, de repérer des collaboratoires, des "collèges invisibles", et de cerner en un instant sur un thème donné, l'état des publications en la matière et les chercheurs les plus en vue. Exemple : en entrant le terme "stuttering" (bégaiement) et en cliquant (à gauche dans la rubrique "What") sur "Hot topics", vous visualisez :
    • un "top 20" des auteurs ayant le plus publié sur le sujet
    • un "top 20" des publications classées par pays
    • un "top 20" des journaux dans lesquels on trouve le plus de publications en rapport avec le bégaiement
    • une courbe temporelle vous permettant de visualiser la progression (ou le recul) du nombre de publications par an sur ce sujet
    • une visualisation sous forme de graphe des réseaux de collaboration entre auteurs (répondant à la question "qui publie avec qui ?")
  • c'est à tomber par terre. Et on se prend à rêver d'un tel outil dans le cadre d'un moteur généraliste majeur à vocation scientifique (maiiiis non, pas forcément celui-là, il y a aussi celui-là). Pour mieux comprendre la puissance d'un tel outil : allez le tester, et lisez le communiqué de presse (.pdf).

Côté moteurs tout court :

  • le 7 janvier 2007, il y a donc de cela exactement un an, Jimmy Wales annonçait le lancement de Wikia, le moteur de recherche dont les résultats seraient validés par des humains. Et bien exactement un an plus tard, on nous annonce le lancement de Wikia (en version béta) pour demain, le 7 Janvier 2008 donc. A ce sujet, voir la revue de presse de Christophe Asselin. Le site de la "communauté" wikia est ici, et comme on peut le lire dans le wiki du projet, Wikia compte s'appuyer sur tout l'éventail des technologies de recherche à valeur ajoutée, à savoir la sémantique (= catégorisation), le "réseau social", l'indice de "réputation", et une infrastructure "distribuée". Lancement demain donc, et affaire à suivre de près pour ce nouveau "moteur de recherche open-source collaboratif".

Côté Bibliothèque "2.0" (ou pas ...)

  • Une conférence qui s'est tenue début Novembre à Berkeley sur le sujet des bibliothèques "2.0" avec les supports de présentation accessibles en ligne (supports présentés parfois sous forme classique - un bon vieux powerpoint - parfois sous forme "2.0" - un wiki). Pas de grande nouveauté mais cela vaut le coup de visionner la conférence inaugurale de Meridith Frakas qui embrasse bien la situation (.ppt)
  • l'un des derniers rapports du Pew Internet nous apprend (via 01.net) qu'outre-atlantique, la première raison de fréquentation des bibliothèques est ... le fait d'y trouver une connexion Internet. De quoi largement réalimenter de vieux démons débats, tant sur le taux d'équipement desdites bibliothèques dans notre bel hexagone, que sur la place des technologies d'accès dans ces enceintes et le taux de formation et d'encadrement qui est dévolu à leurs personnels.

Côté Folksonomies & Indexation sociale

Côté néologismes :

  • Saluons l'arrivée de la Zemblanité, exact opposé de la sérendipité et qui désigne "la faculté de faire de façon systématique des découvertes malheureuses, malchanceuses, attendues et n'apportant rien de nouveau." La génèse du concept et sa présentation détaillée sont disponibles sur Urfist-Infos.
  • Saluons (Via Francis Pisani) l'arrivée  de la "mobiquité" : mobilité + ubiquité. Un néologisme qui traduit bien la place de plus en plus importante qu'occupe dans notre société et dans nos comportements informationnels, l'informatique nomade et/ou ambiante.
  • Reste à savoir si ces deux néologismes entreront au panthéon linguistique aux côtés de la blingocratie.

Côté copyright, Fair-Use et autres creative commons

  • Un rapport intitulé : "Recut, Reframe, Recycle: Quoting Copyrighted Material in User-Generated Video" (.pdf). La question posée est de savoir si dans le cadre des sites de médias participatifs donnant lieu à divers remixages (exemple : YouTube), les détournements, parodies, et autres mashups de diverses oeuvres de fiction relèvent - ou non - du cadre du Fair Use (= usage équitable) et échappent donc à la législation du copyright. La réponse du rapport est claire : Oui. Il y a dans ces "oeuvres" de nouveaux éléments (détournement, transformation, remixage) qui les inscrivent dans le cadre de la constitution d'une culture populaire. "Video remix culture does not violate copyright." Les auteurs du rapport rappellent également qu'il est important de sensibiliser aussi bien les "auteurs" que les "remixeurs-amateurs" à la notion de propriété intellectuelle et d'usage équitable, pour que les premiers soient conscients de la richesse que ces remixages peuvent (parfois) apporter à leurs oeuvres, et pour que les seconds travaillent et s'amusent dans le respect de l'oeuvre des premiers. A noter : le site de présentation de l'étude est très bien fait, puisqu'en sus du téléchargement de l'étude proprement dite, il propose également une courte vidéo en rappelant les principales problématiques et conclusions, et propose également de télécharger un fichier excel du corpus de vidéos utilisées. Il propose enfin, pour chaque type de remixage (détournement, critique, débat, illustration, etc ...) les 5 vidéos les plus parlantes. Certaines d'entre elles sont réellement ... parlantes.
  • Et puis vraissemblablement à ne pas rater (je ne l'ai encore pas visionné en entier, mais il est plein d'interviews avec Yochai Benkler et ne peut donc pas être mauvais :-) un documentaire sobrement intitulé "Steal this Film" qui décrypte les enjeux liés à la notion de propriété intellectuelle et plus largement de "diffusion" dans le contexte actuel. Pour les plus pressés, plein d'extraits sur Google Vidéo, pour les autres téléchargement dans plein de formats possibles directement sur le site du documentaire. Il y en a même qui se sont déjà attelés au sous-titrage en français.

Côté traces documentaires identitaires (ou identité numérique si vous préférez) :

  • nos comportements informationnels laissent de plus en plus de place à l'égotisme forcené. Au service de cet égotisme on compte d'ailleurs de plus en plus d'outils tendant à l'illustrer (les divers outils de classement façon "top 50 de quelque chose"), à le renforcer (économie de la réputation), à en faire naître le besoin (via des interfaces navigo-ludiques dont vous êtes le centre et la circonférence), ou à en faire l'alpha et l'oméga d'un modèle économico-sociétal (facebook). C'est l'éternelle histoire de la poule et de l'oeuf.
  • Got dans ses petites cases, nous gratifie d'un éclairant billet sur FOAF (Friend Of A Friend) dont on aimerait effectivement penser que le modèle réellement ouvert qu'il incarne soit l'avenir des protocoles tournant derrière la plupart des réseaux sociaux. Mais je ne peux hélas pas m'empêcher de penser qu'il y a encore bien du chemin à parcourir ... l'heure étant plutôt pour les grosses cylindrées à la centralisation des profils propriétaires ... ce qui doit nous inciter encore davantage a faire plus de place aux initiatives alternatives et technologiquement éprouvées (dont FOAF).

Côté ressources pédagogiques :

Côté voeux, bonnes résolutions et oracles divers :

  • il y a ceux qui ne croient plus aux blogs sous leur forme actuelle (Jean-Michel Salaun et Jean Véronis) ... mais qui continuent heureusement de blogguer :-) De mon coté je reste sur le créneau de l'enthousiasme (peut-être un peu candide), même si - à l'instar des deux précédemment cités - je constate ici et là une raréfaction des pépites blogguesques, nombre de trouvailles ayant visiblement du mal à tenir sur la longueur, ce qu'on aurait du mal à leur reprocher tant il est vrai qu'en dehors d'un projet affirmé de publication (journal, auto-fiction, carnet de recherche, formation à distance), l'exercice du blog est une gymnastique chronophage, et que "le temps de blogguer" n'est pas nécessairement la chose la mieux partagée du monde. Il n'en demeure pas moins qu'en repensant à ce qu'était la pêche informationnelle d'avant et d'après le temps du blog, ce "format éditorial" a tout de même été l'occasion d'entendre de bien belles voix, et de découvrir de fort pertinentes analyses. L'avenir dira ce la forme blog deviendra, mais les potentialités, l'univers de discours offert par une petite quantité de ces "nanopublications" reste pour l'instant et de mon point de vue, essentiel.
  • il y a ceux qui comme Fred Cavazza, se livrent à leur petit exercice de prospective du nouvel an, et ceux qui comme Francis Pisani, font une revue de presse des principaux exercices du genre.

Et mes prédictions à moi ?

  • A l'instar de ce que décrit Christian Fauré à propos du service Twine, je crois que l'ensemble des acteurs majeurs de la recherche d'information (Google, Yahoo! Microsoft) et quelques-uns de leurs challengers (Exalead, Facebook) vont prendre de plus en plus nettement le grand virage de l'hybridation. Une hybridation entre :
    • des espaces et des services collaboratifs,
    • des technologies sémantiques ou sémantisées de représentation et d'agrégation des connaissances,
    • et des algorithmies de recherche "pures" (ou recherche universelle).
  • Je crois que la diversité des contenus va (enfin) atteindre un équilibre longtemps espéré entre le "texte seul" et la vidéo et l'image.
  • Je crois enfin que l'une des grandes questions en terme de recherche (notamment pour les sciences de l'information et de la communication) sera la mise au jour des nouvelles autorités cognitives qui s'articulent aujourd'hui de manière encore un peu floue derrière la monétisation (ou la non-monétsation) des services à base de connaissance (Knol, Wikipedia).
  • De mon côté je retiens comme éléments et tendances majeures de l'année écoulée : les deux nouvelles étapes de la dérives des continents documentaires que sont :
    • d'une part, la synchronisation transparente entre nos activités informationnelles connectées (on-line) et déconnectées (off-line),
    • et d'autre part, la sphère croissante d'indexabilité (notion de "graphe social" pour faire simple) de l'humain au travers de ses innombrables traces documentaires éparses sur le(s) réseau(x).
  • Ce qui me semble frappant au-delà de tout c'est l'avénement imminent et probable d'une nouvelle génération d'algorithmes ayant capacité à représenter sur un même plan des documents toujours plus fragmentaires, des traces identitaires toujours plus documentées, et à transformer toutes ces traces d'attention en vecteurs d'intentions, pour le plus grand bonheur des grandes industries culturelles et des quelques acteurs qui dominent actuellement le marché (et ce au-delà du discours geignard et misérabiliste que s'obstinent à tenir les mêmes industries culturelles). En un mot comme en cent : la redocumentarisation du monde. Il est certain qu'il va falloir être très très très attentif aux Network sciences, car elles seront le creuset plus que probable de cette nouvelle génération d'algorithmes et de modes de représentation, et qu'à mon sens, elles seules ont aujourd'hui la capacité à réunir en un même cadre d'analyse les fronts de recherche les plus innovants, les techniques d'indexation et de représentation du vivant au sens large.
  • Voilà pour le côté vivifiant et optimiste de la chose. Côté pessimiste (mon éternel côté cassandre :-); je crains que nous ne soyons confrontés à une échéance majeure, celle de la médecine personnalisée et/ou médecine "2.0" et/ou médecine désintermédiée. La montée en puissance et la position désormais établie de ces nouveaux prescripteurs planétaires que sont les moteurs de recherche d'une part, la mise à la portée du grand public des technologies de génomique (notamment à des fins d'auto-diagnostic) d'autre part, les rapprochements entre les premiers (moteurs de recherche) et les secondes (sociétés de génomique), et enfin l'engouement de plus en plus explicite chez tous les grands acteurs de l'industrie médicale (et notamment pharmaceutique) pour des modèles de diffusion et d'accès reposant sur du gratuit financé par la publicité va nécessiter, pour le moins, de grands chantiers didactiques si l'on veut éviter d'aller à coup sûr ... droit dans le mur. Va falloir se trouver dare dare un José Bové de la santé comme bien commun de l'humanité. Sinon ...

Bonne année à vous tous :-)

Voir les niouzes

A découvrir ou redécouvrir, ces trois techniques/interfaces de visualisation pour le service de Google News :

(Via GoogleOS)

Sociabilité académique et universitaire.

A visionner sur Slideshare, un diaporama qui a comme titre : "The promise of Authority in Social Scholarship". Le mouvement des réseaux sociaux est en train d'impacter lentement mais surement le monde académique (rappelons que Facebook était, au départ, un réseau social destiné aux seul étudiants de l'université d'Harvard). Les raisons sont multiples :

  • d'abord la préparation des esprits qu'a favorisé l'essor d'applications dites "2.0" depuis maintenant déjà quelques temps,
  • ensuite la culture initialement anglo-saxonne de mettre en place systématiquement des annuaires d'anciens étudiants,
  • enfin la richesse des outils et/ou applications collaboratives proposées par ces plateformes sociales (wikis, agendas partagés, conduite de réunion à distance, etc ...).

A tout cela il faut ajouter la relative "légèreté" et la simplicité de la prise en main de ces plate-formes au regard d'autres outils plus institutionnels et plus "lourds" (Moodle par exemple). Donc il y a de plus en plus d'étudiants et de plus en plus d'enseignants-chercheurs sur Facebook. Et la question qui s'était déjà posée au moment de l'émergence des blogs et leur appropriation par les enseignants-chercheurs comme autant d'outils de publication hybrides, va nécessairement se reposer dans le cadre d'une sociabilité académique. Et c'est précisément la question de l'autorité dans le cadre de cette sociabilité académique qu'interroge le diaporama en question. Sur la 4ème diapositive on peut lire cette définition de la sociabilité académique : elle désigne "l'utilisation de réseaux sociaux à des fins de publication ou d'interaction avec d'autres membres de la communauté universitaire." L'auteur du diaporama insiste également sur la notion de "soft peer-review" qui comporte deux dimensions :

  • implicite : avec les actions de type :  "tagging, bookmarking, downloading, viewing"
  • explicite : avec les actions de type : "annotating, commenting, voting, ranking"

La sociabilité académique (= universitaire) est donc composé d'un enchevêtrement de 3 choses : "des textes, des conversations et des métadonnées." Ce qui n'est pas une nouveauté. Dans le fonctionnement académique classique, on publie des textes, lesquels sont discutés (conversations) lors de colloques ou de conférences, pour être enfin publiés et indexés via des métadonnées. Ce qui, pour moi, change radicalement la donne c'est :

  • la polarisation de ces activités : des usagers - non-experts ou n'agissant en tout cas pas "es qualité" ou faisant tomber d'antiques barrières disciplinaires - participent aux textes (voir Commentpress ou les initiatives de type Roger T. Pédauque),  aux conversations, ainsi qu'aux métadonnées (folksonomies et indexation sociale)
  • l'échelle participative et collaborative : le nombre des interventions sur les textes, le nombre de participants aux conversations, et le nombre de métadonnées explose llittéralement.
  • la temporalité des interactions : le régime est celui du temps réel (ou quasiment). Ce qui n'empêche pas la mise en oeuvre de phases de stabilisation.

Il devient donc urgent de réfléchir à de nouvelles métriques autoritatives, qui constitueront l'une des composantes nécessaires du nouvel ordre documentaire en train de se mettre en place à l'échelle du réseau. A ce titre, je croie que ces nouvelles métriques pourraient, en partie, s'inspirer de la dynamique des différents appareillages cognitifs en train de se mettre en place autour de l'encyclopédie Wikipedia.

To tag or not to tag

La question des folksonomies (indexation "sociale") se pose dans différents champs avec de plus en plus d'acuité, et on observe une adoption lente mais certaine de ce mode d'indexation dans des secteurs très variés (de la presse à l'édition scientifique en passant par les bases de données, les catalogues de bibliothèque, et naturellement les sites dont le contenu est "généré" par les utilisateurs). Petite revue de web sur ces questions :

  • Heckner, Markus and Mühlbacher, Susanne and Wolff, Christian : Tagging tagging. Analysing user keywords in scientific bibliography management systems. (.pdf) Cet article repose deux questions essentielles : est-il possible de dégager des phénomènes de régularité ("patterns") dans cette indexation sociale, et y-a-t-il ou non convergence entre une indexation libre (tags) et une indexation contrôlée ? L'article apporte quelques confirmations en comparant la manière dont des usagers et des auteurs "tagguent" des articles scientifiques : les usagers utilisent des mots-clés plus génériques que les auteurs, et ni les uns (auteurs) ni les autres (usagers) n'aiment les verbes et les adverbes dans le processus d'étiquettage, leur préférant les adjectifs et les acronymes.
  • du côté de la presse cette fois, on assiste à un très intéressant phénomène d'éditorialisation des tags. Ainsi le journal The Guardian lancait récemment une offre d'emploi visant à recruter un "tag editor" avec le profil de poste suivant : "Guardian Unlimited requires a keyword manager to look after the labelling of our content online to ensure that it is consistent with the needs of the reader and the editorial values of the Guardian and Observer. The role requires attention to the demands both of a considerable content archive and of a fast-moving news operation, and involves work across media; from text to cartoons, video to podcasts. It would suit either a journalist with a particular interest in archiving, or someone with a background in information science who possesses a keen editorial sense." Il est particulièrement significatif de voir qu'ainsi, tout en reconnaissant la valeur ajoutée de cette libre labellisation de l'information par les usagers, des journaux se tournent vers un modèle hybride permettant de concilier cette richesse avec les ajustements nécessaires pour rédure le bruit inhérent à l'indéniable valeur ajoutée des tags.
  • et puis dans la même perspective, un nouveau système de tas automatiques, évolutifs, baptisé "tags temporels". L'idée est d'attribuer des tags à des images, et de faire évoluer automatiquement,  tous les mois, lesdits tags, en prenant notamment en compte les mots-clés déposés par les usagers pour accéder aux images ainsi étiquettées dans des services comme FlickR. Pour plus d'informations, voir l'article de l'Atelier.

Ces différentes informations laissent raisonnablement espérer, à terme plus ou moins long, une convergence des systèmes d'indexation libre, "corrigés" selon un processus éditorial classique ou de manière plus automatisée.

Folksonomies ASISTées.

Le bulletin d'Octobre/Novembre 2007 (.pdf) de la prestigieuse ASIST es entièrement consacré aux Folksonomies. Pas grand chose de nouveau mais un bon rappel des problématiques clés qui gravitent autour de l'indexation sociale.
(Via Catalogablog)

Du dossier au mot-clé

Le dernier billet de John Udell s'intitule "Tagging and Foldering" et il y pointe une évidence qui me paraît tout à fait éclairante sur les logiques des services en ligne ou off-line que nous utilisons désormais (presque) tous de manière quotidienne : moteurs de recherche, gestionnaire de fichier, courrier électronique, applications bureautiques, etc.
Nous sommes donc passé d'une logique d'organisation par dossier "Foldering" (aaaaah le lointain souvenir de la toute puissance de l'explorateur window$ ...) à une logique d'organisation par mots-clés (tags). Ceci, du côté de nos ordinateurs personnels, a été rendu possible par l'augmentation de la puissance des processeurs (qui, entre autres choses, autorisent désormais une indexation de tous les documents en local et une recherche idoine). L'ensemble des services en ligne ont les tags ou mots-clés comme entrée principale. A titre personnel (rien de général là dedans) j'utilise essentiellement les principaux services de mon quotidien informatique à l'aide d'une entrée "mot-clé" ou "tag", qu'il s'agisse de retrouver un mail, un fil RSS dans mon agrégateur, ou un fichier sur mon mac. Ce mouvement (pour autant qu'il puisse être généralisé un peu au-delà de ma petite personne, ce que je crois), ce mouvement marque également un nouveau stade dans la substitution d'une logique de "searching" à une logique de "browsing", une nouvelle étape qui n'est pas neutre :

  • « Cet article traite du problème de la recherche d’information dans un hypertexte. Dans ce contexte, le processus de recherche est envisagé comme un processus d’inférence qui peut être exécuté par l’utilisateur explorant le réseau hypertextuel (browsing), ou par le système, exploitant alors le réseau hypertextuel comme une base de connaissances (searching). » (...)
    « Browsing : aller d’un endroit vers un objet [going from where to what] (en supposant que vous savez où vous vous trouvez dans la base de données et que vous voulez découvrir ce qu’elle contient à cet endroit). Searching : aller d’un objet vers un endroit [going from what to where] (en supposant que vous sachiez ce que vous cherchez et souhaitiez trouver où cela se trouve dans la base de données). » Lucarella D., « A Model for Hypertext-Based Information Retrieval. », pp.81-94, in Hypertext : Concepts, Systems and Applications, Rizk A., Streitz N., André J. (eds), Cambridge University Press, 1990. Actes de la Conférence Européenne sur l’Hypertexte, INRIA, France, Novembre 1990.

Voilà donc pourquoi ce glissement applicatif de la plupart de nos interfaces, y compris même cognitives, n'est pas neutre : il n'y a pas, peu ou plus d'inférence dans une recherche sur le mode "searching" (reposant sur des "tags"), là où le "browsing" et son organisation arborescente (simple ou complexe) en nécessite. Cette absence trouve son meilleur exemple dans les interfaces utilisant des folksonomies comme point d'entrée : le succès de ces dernières vient du fait qu'elles sont capables de pallier l'absence du mot (symptomatique chez les moteurs de recherche et leur zone de saisie désespérément vide), et le plus souvent l'absence du besoin (de recherche d'information) chez la majorité des utilisateurs : comme on arrive sur ces sites (YouTube, DailyMotion, FlickR et tant d'autres) pour y flâner, sans besoin précis, la pregnance des tags fixés sur cette "imago", cette représentation à peine conscientisée, fait office d'inférence substitutive. Ce mouvement, c'est celui que j'avais déjà tenté de problématiser dans ce billet : après le "browsing", le "searching", c'est celui du "subscribing", un mode opératoire dans lequel :

  • "On ne navigue plus, on ne recherche plus, on s'abonne, on "souscrit". Notons d'ailleurs que l'étymologie de ce dernier vocable est intéressante : "souscrire", "sub-scribere", littéralement "écrire en dessous", à moins qu'il ne s'agisse d'écriture "sous autorité" : en aggrégeant les discours écrits ou postés par d'autres, on est, de facto, placé "sous" une "autorité" qui n'est plus notre."

FlickR se donne à voir.

Dans la lignée d'outils comme Tagnautica, voici venu TagGraph, qui permet de naviguer de manière intuitive parmi les milliers de tags déposés dans FlickR. Ces deux outils permettent au service FlickR de donner toute sa (dé)mesure.

(Via Astrid Girardeau dans Ecrans)

Guilde des bibliothécaires congressistes.

Découverte par hasard, la page de la "Guilde professionelle des bibliothécaires de la bibliothèque du congrès"
est riche de documents qui intéresseront celles et ceux s'interrogeant (entre autres) sur l'avenir du catalogage.

Ressources folksonomistes

Histoire d'expurger mon agrégateur avant d'imminentes et lointaines vacances, voici quelques ressources sur les folksonomies :

  • avec tout d'abord, une image valant mille mots, cette illustration de l'intérêt des tags par rapport à une indexation contrôlée.
  • le "rapport Calhoun" (.pdf), rédigé à l'attention de la bibliothèque du Congrès, qui date de Mars 2006 et qui peut être considéré comme le déclencheur de la prise en compte de l'intérêt de la problématique "folksonomiste" dans le monde des bibliothèques. Un rapport qui compte d'ailleurs nombre de détracteurs, dont l'un des plus récents émanant lui aussi de la bibliothèque du congrès est accessible par là : .pdf
  • Et puis s'il ne fallait voir qu'une seule vidéo en la matière, ce pourrait être celle de David Weinberger, dans laquelle il reprend l'argumentaire de son dernier ouvrage "Everything is miscellaneous" (d'autres extraits du livre, sont également disponibles sur Wired).
  • Et puis pour finir, on apprend ici que le terme "folksonomie" figure tout en haut du palmarès des mots les plus irritants du vocabulaire Internet.

Congrès ABF Nantes 2007

Voici donc le support (Téléchargement abfjuin.ppt) utilisé lors du congrès ABF à Nantes dont je vous parlais ici.

Un congrès stimulant et enrichissant, même si je n'ai pas assisté à la totalité des débats et si ma présentation à propos des Folksonomies a reçu de la part de l'assemblé des bibliothécaires présents, un accueil "poli" avec une absence de questions qui attestait (peut-être) d'une vive interrogation (crainte ? incompréhension ?) sur ces pratiques d'indexation sociale. Pourtant j'ai été soft ;-)

Pour les amateurs du service, le pauvrepoint est aussi disponible sur Slideshare.

Ceci n'est plus (tout à fait) un tag.

C'est Sylvie le Bars qui me l'apprend : "Depuis quelques semaines, il est possible d'associer à chaque tag utilisé dans del.icio.us, un titre et une description." Voir la description de cette fonctionalité sur del.icio.us.
Ce qui semble marquer un tournant dans les pratiques d'indexation sociale (sous réserve que les usagers suivent) :

  • la charge cognitive allégée qui était jusque là la marque des tags va donc s'alourdir pour revenir presqu'au niveau d'une indexation "standard"
  • c'est l'occasion d'une désambigüisation pour et par l'usager qui devrait permettre d'optimiser la navigation et l'indexation par les tags dans les sites en faisant usage : cette "re-"sémantisation augure donc de nouvelles pratiques opératoires (notamment dans le cadre de la veille et de la recherche d'information)
  • c'est peut-être par là que passera l'hybridation tant attendue entre taxonomies et folksonomies ...

A suivre assurément.

Etat de la blogosphère

Dernière livraison (Avril 2007) du patron de Technorati sur l'état de la blogosphère. Commese plaisent à le répéter les commentateurs politiques de tous bords, "les chiffres parlent d'eux-mêmes" :

  • "70 million weblogs
  • About 120,000 new weblogs each day, or... 1.4 new blogs every second
  • 3000-7000 new splogs (fake, or spam blogs) created every day
  • 1.5 million posts per day, or... 17 posts per second
  • 22 blogs among the top 100 blogs among the top 100 sources linked to in Q4 2006 - up from 12 in the prior quarter (rapport entre blogs et "Mainstream media")
  • Japanese the first blogging language at 37%
  • English second at 33%
  • Chinese third at 8%
  • Italian fourth at 3%
  • Tracking 230 million posts with tags or categories
  • 35% of all February 2007 posts used tags
  • 2.5 million blogs posted at least one tagged post in February"

Comme l'indiquent les deux dernières lignes, la "tagosphère" ne se porte pas mal non plus.

Le monde tel qu'il se FlicKr'ise

Etonnant site qui permet de visualiser en temps réel le dépôt de photos et de tags sur le service FlickR.
Assez vertigineux. Pour s'y retrouver ensuite, on pourra utiliser le tout aussi vertigineux navigateur par tags baptisé Tagnautica.

Nécessité folksonomique : une image vaut mille tags

Quand les chiffres parlent d'eux-mêmes et plaident pour une urgente et nécessaire hybridation entre les systèmes traditionnels d'indexation contrôlée et les folksonomies (indexation "sociale") : une expérience menée au Metropolitan Museum of Art indique que :

  • "sur 30 oeuvres d'art indexées par les usagers, plus de 80% des tags ne figuraient pas dans le vocabulaire documentaire utilisé par le musée."

Si avec ça on ne s'y met pas ... D'autant que d'autres et non des moindres montrent la voie depuis quelques temps déjà.
(Source : NYTimes via Benefice.net)

Bibliothèque 2.0

Intéressant travail qui s'efforce de répertorier quelques bibliothèques parmi les plus innovantes dans le domaine de l'intégration de technologies dites "2.0".
En avant donc pour découvrir :

Les deux listes sont assez courtes mais constituent de bonnes illustrations pédagogiques de ce qu'il est possible de faire en la matière.
Ce serait intéressant de pouvoir disposer d'une liste équivalente pour le monde francophone (en partant par exemple de la liste proposée sur Bibliopédia ??)
(Via OPL Plus)

Cartographie participative

C'est l'article qui a retenu mon attention dans la dernière livraison de First Monday. Après les GIS (Systèmes d'information géographiques), j'y découvre la naissance des PPGIS (Systèmes d'information géographiques publics et participatifs). L'article revient en détail sur trois de ces PPGIS : GoogleMaps, le projet CommonCensus et la construction d'un espace virtuel dans SecondLife. Où l'on voit que les cartographes professionnels se posent au sujet de ces "cartographies populaires" les mêmes questions que les bibliothécaires vis à vis des folksonomies :

  • "The amateur element in cybercartography is not a trivial issue. The simple customizable applications have allowed many programmers with no spatial training or background to construct heavily used Web resources. The en masse emergence of amateur cartographers may seem like just another example of “crowdsourcing” (see Howe, 2006) but the risks and benefits are much more dramatic than those associated with other Internet-enabled enterprises like digital photography or Wikipedia entries. An awareness of the value of expertise and an associated ethical standard (http://www.gisci.org/code_of_ethics.htm) is seen by many professionals as a necessary protection for the public who trust spatial data and maps without cognizing key assumptions and caveats associated with their uses."

Bientôt un code de déontologie folksonomiste ?

Notons également qu'au délà d'un amateurisme cartographique, le principal problème de ces cartographies en temps réel ou présumées telles, me semble être celui d'une géopolitique à rendu variable, telle celle que donne à voir les éternels problèmes de censure (?) concernant Google Earth et la visibilité donnée ou refusée à certaines zones sensibles. Voir à ce sujet la dernière affaire en date.

Folksonomie

L'hisoire des mots est souvent passionnante. Alain Rey en fût l'un des plus beaux conteurs. D'autres heureusement prennent le relai. Dans ces histoires, dans ces langues en mouvement, de nouveaux mots se font parfois jour. Ainsi le terme Folksonomie. La page suivante a été créée uniquement pour fixer de manière définitive (à l'échelle du web ...) la date de naissance officielle du terme ainsi que la reconnaissance en paternité du sieur Thomas Vander Wal (Ted Nelson connut en son temps la célébrité pour avoir forgé et déposé le vocable hypertexte). Dont acte, à moins que d'avisés lexicographes ne viennent démentir. 
A propos de Folksonomie toujours, et après l'intervention "à la hussarde" du bon professeur Scrine, on se délectera de l'une des meilleures explications pédagogiques qu'il m'ait été donné de lire au sujet des mêmes Folksonomies.

Succès des foules, société de recommandation et succès d'estime

J'ai eu, lors de la journée Urfist sur l'évaluation de l'information, l'occasion de faire monter la salle en température à propos des Folksonomies, de l'engouement qu'elles rencontrent, de la (relative) "sagesse des foules" dont elles rendent compte, et de l'horizon d'une hybridation nécessaire entre elles et les systèmes d'indexation "classiques". La dernière étude du Pew Internet, sobrement intitulée "Tagging", confirme un certain nombre d'éléments quantitatifs sur le phénomène :

  • 28% des internautes "l'ont fait" un jour ou l'autre
  • et 7 % "le font" tous les jours
  • les taggueurs ont moins de 40 ans, un niveau d'étude élevé et sont depuis longtemps sur Internet

Le reste des 9 pages du rapport est consacré à une entrevue avec David Weinberger qui après un provocateur titre ("Forget Dewey"), indique que le principal problème des folksonomies est qu'elles peuvent véhiculer une forme de "tyrannie de la majorité". Pour lui, l'avenir est dans la réutilisation sous forme de clusters de ces folksonomies, alliées aux algorithmes des moteurs de recherche. Et la piste la plus prometteuse réside dans l'analyse de la manière dont les différents groupes sociaux utilisent les tags. Il suggère enfin que dans le cadre des réseaux sociaux, de nouveaux algorithmes permettront de donner plus de poids aux tags de nos amis ou de nos connaissances, reprenant ainsi une idée dont il fût l'un des promotteurs, celle d'une société de la "recommandation" et de son corrélat : le succès d'estime.
Vous l'aurez compris, la courte entrevue avec David Weinberger est de loin la partie la plus intéressante de l