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Petit père castrateur : pas si sûr.

Fin Novembre 2007, Denis Olivennes (alors encore PDG de la FNAC) remet à Nicolas Sarkozy son rapport sur la prévention du téléchargement illégal, recommandant notamment la mise en place de mesures d'interruption de l'accès à Internet.
Le Jeudi 10 Avril 2008, le parlement européen a adopté l'amendement suivant :

  • "Amendement 22 bis. engage la Commission et les États membres à reconnaître qu’Internet est une vaste plate-forme pour l’expression culturelle, l’accès à la connaissance et la participation démocratique à la créativité européenne, créant des ponts entre générations dans la société de l’information, et, par conséquent, à éviter l’adoption de mesures allant à l’encontre des droits de l’homme, des droits civiques et des principes de proportionnalité, d’efficacité et d’effet dissuasif, telles que l’interruption de l’accès à Internet."

La suite de l'analyse est à lire chez Philippe Aigrain.

(Voir aussi sur 01.net, et sur Ecrans les confidences d'un autre castrateur en puissance en plein déni)

Petit père castrateur

C'est donc fait. Le rapport de Denis Olivennes, PDG de la FNAC a été remis à Nicolas Sarkozy vendredi, en présence de la ministre de la justice, de la culture et de l'industrie. Justice, industrie, culture. Difficile de faire mieux comme sainte trinité. Demander à Denis Olivennes PDG de la FNAC de faire un rapport sur le téléchargement illégal, c'est un peu comme demander à Georges W. Bush de trouver des preuves sur l'existence d'armes de destruction massive en Irak. Il y arrivera. Au moins pendant un temps.
A lire le rapport et les analyses qui n'ont pas manqué de fleurir, ce qui frappe d'abord est que l'on est en face d'un non-rapport. Certes, la logique du "on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même" est préservée : la FNAC sort incontestablement grandie (je ne parle ici que de son chiffre d'affaire) de ce rapport.  Certes les grands lobbys et les industries culturelles sont remarquablement préservées. Et ces deux premiers éléments suffisent à fournir un cadre d'analyse. Mais au-delà même des mesures présentées, le rapport Olivennes est un non-rapport : car en l'état, nul ne sait comment il pourra être appliqué.
Le coeur du rapport, c'est donc (soi-disant) de ne pas entrer dans une logique répressive mais bien plutôt dans une logique "éducative". Et comment éduque-t-on aujourd'hui ? Par la castration. Denis Olivennes nous l'a suffisamment expliqué dans la presse, ce ne sont pas les "gros téléchargeurs" qui sont visés, mais les petits, "les enfants", "nos enfants". Et oui. Les internautes sont des enfants. Ils ne "se rendent pas compte", ils ne mesurent pas à quel point en cliquant sur le lien permettant de télécharger illégalement le dernier album du dernier vainqueur de la Star Academy, album pour lequel ils ont épuisé le forfait téléphonique de leurs parents en envoyant des SMS à "Nikos" pour permettre à "leur" champion de remporter le titre, les internautes, ces enfants, ne mesurent pas à quel point ils contribuent à rapprocher chaque jour davantage Pascal Nègre, Patrick Bruel et tant d'autres d'une misère crasse, d'un honteux RMI (revenu musical d'insertion). Alors comme il est établi que les internautes sont des enfants, comme les enfants sont des irresponsables, et comme il faut protéger les enfants d'eux-mêmes, on se fait pédagogue. Vous noterez au passage le très habile syllogisme : les internautes sont des enfants (majeure), les enfants sont des irresponsables (mineure), les internautes sont des irresponsables (conclusion). Bref, comme je vous le disais, on en appelle à la pédagogie. "Tu ne veux pas prêter ta voiture à ton petit frère ?" Paf. On te supprime ta voiture. "Tu ne veux pas donner de ta purée à ton copain ?" Paf. On te supprime ta purée. Tu ne veux pas acheter le dernier CD de Laurie bourré de DRMs ? Paf. On te coupe l'Internet. Méchant garçon.  Françoise Dolto doit être en train de faire la toupie dans sa tombe.
Parce que la grande idée du rapport de Denis Olivennes, LA mesure pédagogique, LA mesure sur laquelle nous dit-on l'ensemble des acteurs ont accepté de revenir sur leurs positions, de faire des concessions, de se "grenelliser" l'âme et le porte-feuille, c'est celle-là. Si vous téléchargez illégalement, "on" vous avertit, "on" vous avertit une fois, deux fois, trois fois, et puis, paf, "on" vous coupe l'internet.
Mais "on" ne sait pas qui c'est qui nous avertira avant que de nous couper, hic et nunc, nos glorieux attributs numériques. La rapport parle d'une (énimème ...) "instance de régulation", "autorité indépendante". Qui y participera ? Comment les membres seront-ils nommés ? Comment et sur quelle base saisiront-ils l'autorité judiciaire ? La seule chose qui est sûre c'est que les FAI sont réduits au rôle de délateurs, qu'ils sont par ailleurs prêts à endosser en faisant le dos rond, ayant eu trop peur qu'on ne leur refasse le coup d'engager leur responsabilité pénale (ce qui aurait été une égale aberration). Bref, sur "qui coupe et comment", C'est le flou le plus absolu, et pour cause.
Au-delà même de l'ineptie visionnaire dont témoigne cette pathétique approche, le non-rapport Olivennes et très dangereux. Il  l'est parce qu'on ne sait rien de ce "on" qui après nous avoir averti, nous coupera l'internet. A lire le discours de Nicolas Sarkozy lors de la réception du rapport Olivennes, on a du mal à savoir qui des deux incarne le mieux ce petit père castrateur, ce Sancho Pança un peu fat défendant comme à l'insu de son plein gré les pôôôôvres industries culturelles face aux cohortes noires des téléchargeurs, ce docteur Pangloss de la raison binaire, du manichéisme rhétorique, ce docteur Folamour de l'axe (industriel) du bien (musical) face aux foules d'enfants irresponsables de l'axe du mal, tous voleurs, tous coupables, tous mal éduqués. Faut dire qu'en matière d'éducation, les industries culturelles représentées dans l'aéropage elyséen se posent un peu là.
Il va falloir s'y faire. Non content d'être engooglés, le rapport Olivennes institue la création d'un "répertoire national des abonnés dont le contrat aura été résilié pour les motifs ci-dessus" (c'est à dire téléchargement illicite). Oh bien sur, c'est également écrit dans le rapport, avant, on va demander son avis à la CNIL (qui n'a je vous le rappelle qu'un avis consultatif). Comme d'habitude la CNIL dira que "oh ben quand même c'est un peu embêtant", et comme d'habitude le gouvernement passera outre.
Ce que ne dit pas le rapport Olivennes c'est si une fois que l'on m'aura coupé l'internet, cette information sera recoupée avec le fichier base-élève qui suit désormais mes enfants dès la classe de maternelle, avec celui qui fait des éducateurs sociaux de contraints délateurs, avec celui qui me filme quotidiennement dans tous mes déplacements. Ce que ne dit pas le rapport Olivennes c'est si demain, on s'exposera  à des coupures préventives d'Internet, non sans en avoir été averti par des missives électroniques de ce genre : 

  • "Cher Monsieur Ertzscheid, nos services ont constaté que vous naviguiez principalement sur des sites altermondialistes et faisant l'apologie d'une pensée libertaire, en plus deux de vos trois enfants sont ou ont été suivi par un service d'aide scolaire à l'enfance (le RASED), et vous avez été vidéofilmé au premier rang lors d'une séance de parrainnage républicain d'étrangers sans papiers, vous correspondez donc au profil type du téléchargeur illégal, et à ce titre, nous vous signifions par la présente une coupure préventive de 6 mois de votre accès Internet. Afin cependant de ne pas vous porter préjudice, le MVRBIC - ministère du vitalisme, de la raison binaire et des industries culturelles - est heureux, en compensation, de vous offrir un abonnement de 6 mois dans une salle de sport gouvernementale ainsi qu'un forfait cinéma offert par le mécène Lagardère, qui vous permettra, ainsi qu'à votre famille, de profiter pleinement et en toute légalité des derniers films de Christian Clavier."

"Nous vivons une époque épique. Mais nous n'avons plus rien d'épique. La musique se vend comme le savon à barbe." Etc.
Et le combat s'annonce rude. A ma droite, Denis Olivennes, "La gratuité c'est le vol", à ma gauche, Lawrence Lessig "Free culture". Binaire ? Vous avez dit binaire ?

Sources et ressources à lire pour le plaisir :

  • le billet de Versac qui revient longuement sur le discours (p-a-t-h-é-t-i-q-u-e) de Nicolas Sarkozy.
  • naturellement tous les billets de Ratiatum sur la question (ici, ici, ou encore )
  • le billet d'André Gunthert sur la logique propre de la création sur le Net (quand le rapport Olivennes et le discours de Sarkozy n'ont que le mot diffusion à la bouche)
  • Celui de Techcrunch.com et celui de Francis Pisani pour comprendre qu'outre-atlantique, Sarko l'américain continue de faire le bonheur des industries de la culture lourde, à moins que ce ne soit celui des industries lourdes de la culture (RIAA, MPAA ...)
  • le billet de mémoires2silence pour un rappel de l'ensemble des propositions du rapport Olivennes.

<Update> à lire sur l'excellent Rue89, Denis Olivennes répond aux lecteurs de Rue89. </Update>

Musique sans DRM et maïs sans OGM

Bientôt de la musique en vente en ligne sans DRM. L'annonce est d'importance pour deux raisons :

  • primo, elle émane d'Amazon, qui n'est pas vraiment un petit disquaire indépendant.
  • deuxio, elle s'inscrit dans une chronologie qui, après un gros coup de vis des majors du disque pour tenter de vérouiller le système de diffusion et de consommation, marque un TRES net et salutaire retour en arrière, comme le rappelle la chronologie du billet de Read/WriteWeb.

Avec cette annonce d'Amazon, ce ne sont rien moins que 12 000 labels (dont EMI) qui ont signé pour un retour à la normale.

Lire la suite "Musique sans DRM et maïs sans OGM" »

Ceci n'est plus une revue d'histoire de l'art

Helas


Voici pourquoi.

La copyright qui tue (la recherche)

Le copyright est une gêne pour l'avancée de la recherche et de l'enseignement en sciences humaines et sociales. Ce n'est pas moi qui le dit, mais le titre d'un rapport publié le 18 septembre par la British Academy. Rapport qui a l'avantage de rappeler quelques évidences trop souvent oubliées :

  • "authors and producers of original creative material should understand that their interests in copyright are not necessarily identical with those of publishers and should not rely on publishers to protect them
  • the law should be clarified - statutorily if necessary – to make clear that the use of copyright material in the normal course of scholarly research in universities and other public research institutions is covered by the exemptions from the copyright act. ( = la fameuse exception demandée pour l'enseignement et la recherche)
  • publishers should not be able to use legal or technological protection through digital rights management systems to circumvent copyright exemptions ( = pas de DRM pour l'enseignement et la recherche)
  • the growth of digital databases should be monitored to ensure that ready access continues to be available for the purposes of scholarship." ( = attention aux opérations de numérisation tout aussi massives que propriétaires ...)

DADVSI soit qui mal y pense ... Hervé Le Crosnier rappelait récemment que le "droit d'auteur" est avant tout un "droit d'équilibre" et un "droit de transmission et de circulation".
(Via Academic Commons)

Dadvsi(nistre)

Reçu par mail d'André Gunthert Rédacteur en chef de la revue Etudes Photographiques.
---------
"Devant le durcissement de la loi DADVSI, la rédaction de la revue Études photographiques a pris la décision de renoncer à son édition en ligne. C'est avec le plus profond regret que nous abandonnons une possibilité que nous avions été parmi les premiers à explorer. Mais les conditions d'une édition électronique illustrée respectueuse à la fois des contraintes légales et des exigences scientifiques ne sont plus réunies. Jusqu'en 2009 au moins, il n'y aura pas en France d'exception pour l'usage des images dans un cadre scientifique. Depuis quatre ans, Études photographiques a admis de publier en ligne ses articles amputés de leur illustration. Pour une revue consacrée à l'histoire visuelle, cette solution ne pouvait être que temporaire. Nous n'attendrons pas trois années de plus, sans aucune garantie sur les modalités d'application futures de la loi, alors que la pente suivie est un alourdissement de toutes les formes de protection. Compte tenu de nos contraintes budgétaires, nous prenons la seule décision conforme aux obligations légales actuelles : celle d'interrompre notre expérience électronique. Nous espérons que ce geste servira à attirer l'attention sur la situation de l'édition illustrée et à inspirer des dispositions qui lui soient plus favorables."
Informations complémentaires



Dystopie digitale.

Dystopie : "La dystopie se distingue de la contre-utopie (ex : 1984), non dans le rapport qu’elle entretient avec le futur, mais avec le discours utopique lui-même: elle tend à transformer en cauchemar ce qui fonde le rêve utopique, soit l’harmonie d’un système clos — qui devient la prison du conformisme absolu — et l’ahistoricité d’un perpétuel présent — où disparaissent, avec le passé, les diverses perspectives de changement ou de nouvelle harmonisation des relations entre les membres de la communauté." (Source)
Quel peut-être aujourd'hui le risque de s'inscrire dans une dystopie digitale ? Charles W. Bailey Jr propose l'équation suivante :
Dystopie digitale = un copyright fort + DRM + une neutralité du net affaiblie.
Article et réflexion à méditer. Préprint (pdf) à paraître dans Information Technology and Libraries 25, no. 3 (2006).

Dossiers thématiques

Sur le site Bibliodoc.francophonie.org, 3 dossiers très bien ficelés sur les logiciels libres, le droit d'auteur et les métadonnées. Ne manque plus qu'un lien permettant de charger les dossiers en une fois (en pdf par exemple ?) ...
(Via BlogOKat)

Enseignement et recherche : l'exception manquée. (DADVSI)

Dans la version longue de ce billet, une reprise d'un texte d'Hervé Le Crosnier à propos de la non-adoption de l'exception demandée pour les activités d'enseignement et de recherche dans le contexte DADVSI.
A lire également les 2 billets d'Homo Numericus sur la loi en général et sur l'exception enseignement recherche en particulier. Avec en sus cette pétition en ligne pour les enseignants (et les autres) et ce dont nous vous parlions déjà ici.

Lire la suite "Enseignement et recherche : l'exception manquée. (DADVSI)" »

"Nous vivons une époque épique ..."

Les adeptes de Léo Ferré complèteront d'eux-mêmes le titre de ce billet ... Après les dernières déclarations du Ministre de la Culture qui stigmatisent encore davantage l'incompréhension des enjeux relevant d'une numérisation des biens culturels, le combat DADVSI continue ... Ce dernier billet illustrant parfaitement les enjeux de l'exception demandée à des fins d'enseignement et de recherche. Citation (remplacez "histoire visuelle" poour n'importe quelle autre matière ou discipline enseignée) :

  • "en tant que chercheur et enseignant en histoire visuelle, habitué à montrer plusieurs milliers d'images par an, je refuse:
  • de limiter mes usages des images à quelque quota que ce soit, ou de remplir un formulaire de demande préalable chaque fois que j'aurai à analyser l'œuvre de Man Ray, Stieglitz, Moholy-Nagy, Rotdchenko, Kertesz, Gursky, Ruff, et tant d'autres.
  • En tant que chercheur et enseignant en histoire visuelle, je refuse d'interdire l'accès à mes séminaires aux auditeurs libres.
  • En tant que chercheur et enseignant en histoire visuelle, je refuse d'employer les maigres subsides de la recherche publique à rémunérer de richissimes sociétés privées.
  • En tant que chercheur et enseignant en histoire visuelle, je refuse de trier au sein de l'iconographie utilisée pour mes recherches ou mes cours entre images libre de droits et images sous contrat, et à renoncer pour les secondes à l'archivage et au classement - ce qui interdit en pratique tout travail réel sur ces corpus.
  • En tant que chercheur et enseignant en histoire visuelle, je refuse avec la dernière énergie de voir mon cours, mon ordinateur ou mes abonnements internet contrôlés par des représentants de sociétés privées.
  • En tant que chercheur et enseignant en histoire visuelle, tant que ces accords seront appliqués, je recommande aux étudiants et chercheurs de renoncer à l'étude du patrimoine photographique français du XXe siècle, pour éviter de se trouver confrontés à d'inextricables difficultés dans la mise en œuvre de leur recherche comme dans sa valorisation. Je les encourage au contraire à se tourner vers des corpus libres de droits et vers les corpus américains, anglais, allemands, canadiens, etc., dont l'usage relève du fair use."
  • Etc ... etc ...

P.S. : bientôt un compte-rendu de la journée qui s'est tenue à La Roche sur Yon sur les droits d'auteur et qui a donné lieu à de passionnants (et animés) débats entre éditeurs, libraires, auteurs et bibliothécaires.

Le prix de l'erreur

Dans la cadre du prochain calendrier parlementaire et de l'examen de la transposition de la directive DADVSI, le gouvernement, plus précisément le ministère de la culture, via l'agence Publicis a décidé d'ouvrir un blog : lestelechargements.com pour "permettre et ouvrir le débat."
Quelques remarques dont on pardonnera la nature épidermique  en ces terres d'habituelle pondération:

  • d'après le journal Libération et quelques autres sources, la facture pour le blog se monte à 180 000 euros. Rappelons que ledit blog est créé via une plateforme GRATUITE (Dotclear), un de ces logiciels libres que le projet de loi risque de mettre à mal (voir à ce sujet ce qu'en pense le concepteur de ladite plateforme). En guise d'exemple, le blog d'information sur la journée qui se tiendra à La Roche sur Yon le 10 Mars est également conçu avec une plateforme gratuite (Wordpress) et je n'ai pas facturé à mon commanditaire (l'IUT de la Roche sur Yon) la somme de 180 000 euros. Je veux bien (et j'espère ...) que ce budget ne comprenne pas "que" le blog en question, mais tout de même, 180 000 euros de deniers publics ... (vu la somme, ils - Publicis- auraient au moins pu acheter lestelechargements.fr ou encore lestelechargements.org ou .net ...)
  • d'autre part, depuis maintenant bientôt 10 ans que je suis "sur Internet" c'est la première fois (et j'espère la dernière) que j'entends parler d'un site (tout blog fût-il) soumis à des horaires d'ouverture !!! Au delà de l'évidence (n'autoriser qu'un débat modéré et éviter que nuitamment, quelques noctambules bloggueurs ne viennent exprimer des opinions par trop subversives), il existe tout de même des possibilités de modération plus "transparentes". D'autant que vu le budget précédemment alloué à la chose, il eût été facile de prévoir une ligne budgétaire permettant de rémunérer un veilleur/bloggueur/modérateur de nuit :-(

J'arrête (momentanément) là cette courte liste et déplore que l'usage des outils pouvant favoriser un débat public soit à ce point en décalage avec les usages sur lesquels on ne tardera pourtant pas à légiférer. La chose politique et celle numérique sont décidemment bien éloignées.
Update du soir : je découvre l'excellent (en commet-il de différents?) billet de Maître Eolas sur la soirée de lancement du site en question. Garanti sans DRM. A consommer sans modération.

Gratin DADVSInois

Le débat parlementaire sur la transposition de la directive DADVSI reprendra du 7 au 9 Mars. Et le 10 Mars se tiendra à l'IUT de La Roche sur Yon une journée d'information réunissant l'ensemble des représentants des instances nationales des "métiers du livre". Auteurs (SGDL), libraires (SLF), bibliothécaires (ADBU, ADBDP, ADDNB), documentalistes (ADBS) mais aussi éditeurs et représentants des élus à la culture : tous ont promis d'être là au lendemain de débats qui promettent d'être déterminants et que la journée de la Roche sur Yon viendra prolonger sinon conclure. Carton plein donc :-) Ne reste plus qu'à remplir la salle ... et là la balle est dans votre camp. Pour en être, un petit tour sur le blog officiel de la journée vous indiquera la marche à suivre pour vous inscrire. Bien entendu, sentez-vous libre de reprendre et de diffuser un petit lien vers le blog officiel ou l'un des documents y figurant ;-)

Opinion numérique

Quelques informations :

Quelques autres informations :

  • Les politiques sont de plus en plus nombreux à s'emparer du numérique. A raison (je vous épargne la liste des "politiques-ayant-un-blog"). Mais aussi à tort. Et (surtout ?) à travers.
  • La blogosphère met en place de outils d'analyse citoyens qui donnent un nouveau (et ô combien nécessaire ...) souffle aux habituels "sondages" d'opinion.
  • L'impact des blogs en tant que vecteurs d'opinions citoyennes n'a jamais autant été avéré, et ce quel qu'en soit le thème ou les enjeux (de la constitution européenne au projet de loi DADVSI)
  • Les politiques reçoivent des bloggueurs
  • Les bloggueurs podcastent les politiques (ici ou )
  • Les moteurs de recherche sont aussi des outils politiques.

Pas d'analyse mais quelques faits, pour prendre le temps de s'interroger, non pas sur les "documents" numériques, non pas sur les "bibliothèques" numériques, mais bien sur "l'opinion" numérique qui disposera des premiers pour décider des limites qu'elle mettra à la construction des secondes. Monde en transition, de la "chose politique" à la "chose numérique". Et au centre, le droit. Celui des usagers à disposer d'eux-mêmes.
Update de 19 secondes plus tard. A l'adresse de nos élus : attention à ne pas confondre le mot et la chose politique.

Livres en ligne : Loi sur le prix inique

Le site Isnb.nu est un comparateur de prix qui concerne les librairies en ligne. Le catalogue est impressionnant, mais bien moins que les écarts constatés. Après plusieurs recherches sur des ouvrages "grand public" ou plus "spécialisés", les différences sont assez effarantes :

  • concernant les prix :   il vous en coûtera généralement entre 8 et 25 $ (l'écart maximum constaté sur mes quelques tests va tout de même de 1,50 $ à ... 48 $ !!!)
  • concernant les délais : là encore ... comptez entre 3 jours et 8 ... semaines ...

La loi Lang sur le prix unique du livre semble assez lointaine de ces contrées numériques ...
(P.S. les tests effectués portent évidemment sur les mêmes ouvrages, dans la même édition)
(via, il y a quelques temps déjà, Totem)

Habemus Copyrightum

Je reprends ici le texte d'un message d'Hervé Le Crosnier sur la liste Biblio-fr :
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"Le Times est un vénérable journal conservateur, qui entretient un correspondant permanent au Vatican. Alors quand une nouvelle est publiée par ce respectable journal britannique le 23 janvier, on ne peut pas croire à un canular. "Libreria Editrice Vaticana", la maison d'édition officelle du Vatican vient de décider d'apposer un copyright sur les mots du Pape. Ou plutôt des Papes, puisque la décision vaticane s'étend aux prédécesseurs, jusqu'à Jean XXIII. Ainsi, le "médium" de la parole divine s'arroge un droit sur la vérité révélée, et son éditeur compte bien le monnayer.
Signe des temps pour notre temps des signes. (...) Le porte parole du Vatican a lâché la véritable explication : il s'agirait de se défendre contre les éditions pirates ! Les grands mots sont de sortie, y'a plus qu'à s'incliner. Si même le Pape, ou plutôt son éditeur, prend ses cours de droit auprès de Vivendi, au moment du Midem en plus....
Hervé Le Crosnier
Article original : "Vatican 'cashes in' by putting price on the Pope's copyright" From Richard Owen in
Rome
"
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Si vous ne l'êtes pas encore, les voies d'abonnement à biblio-fr sont très pénétrables.

Le (vrai ?) prix de la musique

Découvert chez Laurent Bernat, et relayé également ici ou , ce site permet en tout légalité (il est basé en Russie) de télécharger des albums entiers en MP3, OGG ou WMA, pour ... 1 euro. On peut aussi choisir l'option morceau à la demande pour ... 0,10 centimes d'euros. Le catalogue est hallucinant de complétude (ça fait une heure que je suis dessus), y compris sur des genres habituellement délaissés (Jazz, free Jazz ...). Donc : c'est légal. Ce n'est pas (mais alors pas du tout) cher. Cela permet d'éclairer un peu différemment le débat DADVSI en se recentrant sur les coûts et la tarification "raisonnable" de la musique en ligne. Et si personne d'ici demain ne m'indique où est le piège je récupère l'intégralité des albums du Weather Reoprt pour 20 euros :-)) Ah oui j'oubliais, le tout est garanti sans DRMs ...
Update de 10 minutes plus tard : La facturation semble en fait s'effectuer selon le nombre de bits téléchargés, expliquant ainsi les tarifs affichés. Pourquoi n'y avait-on pas pensé plus tôt ? Une économie du numérique se facturant au bit. Imparable. Et régulateur. Facturer non pas des produits mais des flux. Ne plus chercher à morceler, à fragmenter, à découper sur de procustéens lits des "oeuvres", mais construire un marché sur la nature des mouvements qui le caractérisent : ceux de l'immatériel. Si des économistes lisent ce blog, je suis preneur d'avis éclairés.

DADVSI

Les réactions au projet de loi DADVSI continuent de nourrir utilement le débat public. La rubrique "Revue de web" du site (blog) d'information sur la journée DADVSI qui se tiendra à La Roche sur Yon le Vendredi 10 Mars (pub même pas déguisée :-)) continue de s'enrichir d'utiles liens. Notamment celui qu'à débusqué Manue auprès de l'American Library Association et qui concerne la question des DRM dans les bibliothèques (oui j'aurai pu vous mettre le lien direct, mais comme ça je vous oblige à visiter le blog de la journée, et à vous préinscrire :-) Et cerise sur le gâteau, le programme définitif de la journée sera mis en ligne cette fin de semaine. Petite exclusivité : seront présents des représentants des bibliothèques, des associations professionnelles, des éditeurs, des libraires, de l'ISOC, des juristes. A ne pas manquer donc. Pour s'inscrire c'est par là. Ah bon je l'ai déjà dit ?

DADVSI

A l'occasion de la journée d'information sur la directive DADVSI qui se tiendra à L'IUT de La Roche sur Yon le 10 Mars (voir le blog de la journée), je mets régulièrement à jour une liste de liens permettant d'éclairer certains aspects de cette directive. Tous les liens sont (et resteront) regroupés dans ce billet. Et je vous recommande chaudement la rétrospective Linux.fr de l'année 2005 qui permet de mieux cerner les mouvements d'acteurs et les enjeux liés au téléchargement, au DADVSI et plus globalement à l'économie des contenus numériques.