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Boston public library sur FlickR

Après la Library of Congress, c'est au tour de la Boston Public Library d'ouvrir son compte FlickR. On y trouve cette fois des collections de photographies mais aussi des collections de cartes postales, des affiches, ainsi qu'une hallucinante collection de Fore-Edge Paintings (des peintures réalisées sur la tranche feuilletable des livres).
Le début d'une heureuse épidémie (allô le service expositions de la BnF ?), et la confirmation du mouvement de balancier entre monde réel et services virtuels.
(Via HangingTogether)

Carte des salons du livre en France

Je reprends ici une info noyée dans la masse d'un précédent billet. Il s'agit d'une carte des salons du livre en France. La carte compte aujourd'hui 78 salons recensés. Pour découvrir en détail la génèse de cette carte et les possibilités de collaboration et d'amélioration, tout est indiqué sur le site du département Infocom de La Roche sur Yon.


Merci à Bibliofrance, LaFeuille et Irène Delse de s'en être fait l'écho. A votre tour, ne vous privez pas de faire un peu de pub à cette carte, en mentionnant le lien vers le site des étudiants à l'origine de cette carte, cela leur fera plaisir :-)

P.S. : vous pouvez profiter des commentaires pour me suggérer d'autres TPs à réaliser avec mes étudiants de l'année prochaine (les cours de recherche documentaire avec la promo actuelle étant terminés) :-)

Pub de bib

La bibliothèque du congrès annonce qu'elle se lance dans une campagne de publicité. Les affiches (1, 2, 3) seront disposées dans le metro. Le coût de cette campagne est entièrement pris en charge par des fonds privés.
Où l'on observe un intéressant mouvement de balancier visant à externaliser les ressources de la bibliothèque sur les sites fréquentés par les usagers (projet FlickR de la LoC), ET à aller chercher les usagers là où ils sont (métro) pour les ramener dans la bibliothèque.

Métiers multimédia du livre.

J'enseigne (principalement) dans un IUT. Une formation professionnalisante en 2 ans. Dans cet IUT j'enseigne (uniquement) dans le département Information et communication. Dans ce département il y a deux options : "communication des organisations" et "métiers du livre". J'assure pour cette dernière option différents enseignements (décrits sur mon "blog du cours").
Au moment ou les étudiants de seconde année vont nous quitter pour rejoindre leur lieu de stage, en sus des enseignements "traditionnels" liés aux métiers du livre (documentation, bibliothéconomie, indexation et catalogage ...), ils ont également réalisé :

Et je ne parle là que des cours que j'assume ou auxquels je participe directement. Comme le montrent les exemples choisis ci-dessus, toutes ces réalisations "techniques" ont un lien naturel, évident et - j'espère -  fécond avec l'option qu'ils ont choisi (métiers du livre donc). La plupart de ces étudiants (une bonne moitié si l'on regarde les statistiques des dernières années et les stages qu'ils ont choisi cette année) travailleront demain dans des bibliothèques. Ils ne sont pas informaticiens, mais aujourd'hui ils connaissent les outils, aujourd'hui ils ont appris à découvrir la simplicité (relative) de leur mise en oeuvre. Aujourd'hui ils connaissent les possibilités. Aujourd'hui ils ont découvert (quelques-uns) de leurs usages. Demain ils pourront dialoguer ou se battre pour leur mise en oeuvre. Tout cela pour indiquer :

  • que vous devriez vous empresser de les embaucher en CDI parce qu'ils sont au top :-)
  • que je crois profondément à l'hybridation technique incontournable et nécessaire qui est dès aujourd'hui, le salut professionnel des métiers du livre.
  • que le "M" de "Métiers du livre" ne vaut plus grand chose s'il ne se conjugue pas avec le "M" de "Multimédia".
  • que ces étudiants sont prêts à déployer ces compétences.
  • que la majorité d'entre eux a compris l'urgence de leur mise en oeuvre.

Tout cela pour déplorer que la formation professionnelle et la formation continue des professionnels du livre (en bibliothèque principalement) laisse encore si peu de place à ces espaces d'hybridation ou les considère comme parfaitement inessentiels. Tout cela pour rappeler que "Le risque de se livrer à l'inessentiel est lui-même essentiel." (Maurice Blanchot).
Bon stage à tous et toutes. 

E-Books comparés, e-books à maturité

Le site Couperin (consortium d'achat pour les bibliothèques) vient de mettre en ligne un comparateur permettant de mettre en balance les différents agrégateurs (= fournisseurs) auprès desquels les bibliothèques font habituellement leur marché.
Les critères de comparaison sont les suivants : Présentation de l'éditeur, Durée du contrat, Modalités d'accès, Fonctionnalités des plateformes, Modalités d'acquisition, Statistiques d'usage, Assistance technique aux utilisateurs, Formations proposées aux utilisateurs, Marketing de l'éditeur, Possibilités de tests, Stratégie de l'éditeur.
<Update> Voir aussi en commentaire ce wiki permettant de comparer les liseuses (e-readers) </Update>
Pendant ce temps, François Bon via la plateforme Publie.net propose (grâce à un partenariat avec la BPI) la lecture intégrale des textes sur accès réservé et annonce l'ouverture du dispositif aux bibliothèques et universités qui le souhaitent. On les espère nombreuses.
Inexorablement, et c'est tant mieux, les derniers tabous de la lecture numérique sont en train de tomber : les modèles économiques s'affinent, les stratégies ne sont plus timorées ou le simple décalque de celles applicables au marché papier, les usages sont de plus en plus mûrs, les usagers de plus en plus en demande. Une maturité des usages qui traduit la fin de l'effet de mode : Mark Nelson dans le numéro de Mars/Avril 2008 d'Educause publie d'ailleurs un article à ce sujet. En s'appuyant sur un certain nombre d'étude statistiques, Mark Nelson se lance dans un exercice de prospective à 5 ans. Dans 5 ans :

  • "today’s K–12 students will be showing up at colleges and universities with substantively different cultural attitudes towards e-books than today’s students.
  • A commercially viable e-reader will be on the market.
  • New learning technologies are nearing the tipping point of maturity.
  • Standards for e-books are emerging.
  • IP issues will be mostly resolved either through technology (DRM) or business models."

Mark R. Nelson, “E-Books in Higher Education: Nearing the End of the Era of Hype?” ECAR Research Bulletin, vol. 2008, issue 1 (January 8, 2008)

Lahary superstar

(et puisse-t-il me pardonner la familiarité de mon titre)
Dominique Lahary est passé maître dans l'art de la présentation powerpoint. Sa dernière en date n'échappe pas à la règle. Elle s'intitule "Bibliothécaire en prospective" (.pdf) et elle est une photographie exacte, pertinente, drôle et dynamisante (dynamitante ?) des angoisses "du" métier.
Je ne vous en livre que l'une des dernières diapos, qui vient conclure la "fable de la sauterelle et du crapaud" :

  • "soyons dans le champ de vision des décideurs, soyons, à leurs yeux, quelque chose qui bouge dans leur paysage. Ainsi nous obtiendrons des moyens parce que nous ferons partie de leur stratégie."

A méditer, comme l'ensemble des points évoqués dans son diaporama. J'en connais d'ailleurs quelques-uns qui appliquent ce principe à la lettre et qui, s'ils continuent de bouger autant, vont rapidement se retrouver multi-millionnaires ;-)

(Via le site de l'ABF)

Zone de résistance

(Disclaimer : ceci n'est pas un poisson d'avril, de toute façon, moi les blagues, je suis contre)

La bibliothèque est une zone de résistance. Dans les deux sens du terme.
Historiquement tout d'abord, la bibliothèque publique, moderne, est une zone de résistance au sens noble du terme. Elle est le lieu permettant à chacun de se forger suffisamment d'esprit critique pour être ensuite capable, si nécessaire, d'entrer en résistance contre les totalitarismes de la pensée, totalitarismes qui en annoncent souvent d'autres. Mais aujourd'hui, et bien plus prosaïquement tristement, la bibliothèque est certaines bibliothèques sont aussi une zone de résistance dans la mauvais sens du terme. Zone de résistance au changement. Résistance au changement institutionnel. Institution de la résistance au changement. Résistance au changement du côté technologique (cf le billet hallucinant mais hélas encore très réaliste d'Hubert), et résistance au changement d'image (ou comment la CGT se prend les pieds dans le tapis bibliothéconomique).
Bref, heureusement que l'on sait qu'il est de plus en plus de bibliothèques gauloises qui résistent à la résistance au changement, mais à lire les deux billets sous les liens, on se dit que, pour certaines, la route sera encore longue ...

Poisson d'avril.

Halalalalalalala. Et moi qui me faisait un malin plaisir à répéter que hophophop, pas de poisson d'avril qui sitôt publié ne serait identifié comme tel, trop facile, on a l'habitude en ce 1er Avril de voir fleurir chez les sociétés les plus prestigieuses différents poissons plus ou moins crédibles, plus ou moins travaillés. Et pourtant. Pourtant je me suis fait avoir. Comme un bleu. Faut dire aussi que ledit poisson d'Avril avait été lancé bien avant le premier Avril (pas très fair-play ... si tout le monde se met à fêter le premier Avril le 12 Mars, ça va devenir compliqué de démêler le vrai du faux). Bref, le poisson d'Avril en question c'est l'installation d'une console Wii à la BU d'Angers, information promptement relayée ici-même avec tout l'enthousiasme qui sied à une telle annonce. Ben oui, sauf que ... c'était pour rire. Pour le reste et les questions ouvertes qu'aura permis de poser cette annonce, le mieux est d'aller lire le billet de Daniel Bourrion.
"Bravo les gars donc", dit-il piteusement, "jurant mais un peu tard ..."

Persee 2.

Après Gallica 2, voici venu Persée 2, nouvelle version du portail de revues en sciences humaines dévoilée lors du salon du livre. Comme tout ce qui se termine par 2, dans Persée 2 il y a 2 fois plus de jolies couleurs, 2 fois plus de fonctionnalités "sociales", et surtout 2 fois plus de fonds documentaires annoncés mais ... mais ... mais après mes premiers tests, le nouveau fonds "travaux de recherche" reste désespérément vide ... dommage ...

(Via Homo Numericus)

Y'a d'la Wii dans la BU

Un affrontement sur la Wii avec le bibliothécaire de service en cas de pénalité liée au retard ou à l'endommagement d'un livre emprunté dans une BU (bibliothèque universitaire). Une vraie campagne de communication. C'est à Angers que cela se passe. Et ces gens là ont tout compris en redéfinissant de la sorte la notion de service et d'accueil dans la bibliothèque. C'est dans le coeur de métier des bibliothèques que réside actuellement tout le danger et les risques liés aux mutations en cours dans la chaîne du livre. Redéfinir la périphérie des services est l'une des meilleures solutions pour sauver ce même coeur de métier.
Il y a urgence.

Bibliosphère dans la (net)vibe.

Repéré par JMS et effectivement incontournable. Attention tout de même, c'est vraiment un truc d'obsédé.

Salon du livre 2008 : Louez des livres pour une heure ...

Scoop n°1 ...
Nous sommes à quelques heures de l'ouverture du Salon du livre, un salon qui au-delà des polémiques de rigueur, devrait permettre d'avancer sur plusieurs points liés au livre, au numérique, au livre numérique ... et à leurs usages. Parmi ces points, la fameuse offre légale d'ouvrages sous droits, promise dans le cadre d'Europeana. La société Numilog (l'un des agrégateurs partie prenante de l'offre précédente), vient de lancer un dispositif de feuilletage en ligne (Numilog-reader) permettant l'accès partiel à des ouvrages sous droits avec la possibilité d'y rechercher en "plein-texte", exactement à la manière de ce que propose Google Book Search donc, mais avec en plus un système de location des ouvrages (sous droits et récents) à l'unité. Le communiqué de presse en date du 12 Mars (Téléchargement CP-Numilog.pdf) précise que :

  • "Les extraits consultables peuvent représenter, selon les éditeurs, jusqu'à 50 % de l'ouvrage."
  • "Au-delà du feuilletage gratuit, les internautes pourront consulter le livre en ligne pendant de courtes durées d'une heure ou de vingt-quatre heures. Les premiers prix pour cette location seront respectivement de 1 € de l'heure et de 2,5 € des 24 heures." Le dit service est baptisé "Books on demand".
  • "33 éditeurs ont ainsi choisi Numilog comme e-distributeur"

Seule inconnue à l'heure où j'écris ces lignes, le nombre d'ouvrages qui sera effectivement accessible.
Ce dispositif de feuilletage est d'ores et déjà disponible dans la version 2 de Gallica (voir un exemple concret ici). Toujours selon le même communiqué de presse :

  • "Les fonctionnalités de feuilletage et de location (...) seront proposées à la fois dans le cadre de Gallica 2 et sur tout le site de Numilog. Lorsque l'internaute sera un visiteur de Gallica 2, des liens lui seront proposés non seulement vers la librairie Numilog, mais également vers les sites d'autres librairies en ligne (...) afin soit d'acheter et de télécharger la version "ebook" à des formats variés (PDF, PRC) sur ces librairies partenaires, soit d'acheter la version imprimée quand elle est disponible."
  • et last but not least : "La démarche du projet Gallica 2, que partage Numilog, est en effet d'associer tous les libraires qui le souhaitent à ce nouveau canal de promotion et de vente des livres."

Au-delà des lignes d'affrontement que ne manquera pas de faire (re)naître ce communiqué, c'est, me semble-t-il, la première alternative crédible à GoogleBook Search, qui prend - enfin - en compte des usages partout avérés, ce qui n'est déjà pas si mal ... Pour autant, elle doit encore prouver qu'elle sera une alternative efficace :

  • inconnue sur le nombre de titres disponibles ou à tout le moins la "volumétrie" visée,
  • inconnue sur la "ligne éditoriale" d'une telle entreprise, même si à la lecture des noms des 33 éditeurs engagés, la littérature académique et les manuels universitaires y occuperont certainement une grande place,
  • inconnue sur l'adhésion ou le refus des libraires et des autres éditeurs,
  • efficacité également à confirmer sur l'accès aux dits ouvrages via le moteur de recherche de Gallica.

(Source : communiqué de Numilog arrivé dans ma boîte mail // Temps de rédaction de ce billet incluant quelques petits tests sur les sites mentionnés : 2 heures)

Disséminer ou périr.

En novembre 2007 s'est tenu à l'université de Berkeley un séminaire intitulé "L'université comme éditeur". Les actes ne sont malheureusement pas (encore) disponibles mais un document de compte-rendu (.pdf) rappelle quelques conclusions importantes de ce séminaire :

  • "il faut distinguer la dissémination informelle de la publication formalisée."
  • "il faut s'inscrire au plus près des disciplines pour proposer des modèles de publication et de dissémination différents."
  • "il faut accorder une reconnaissance aux diverses formes de dissémination qui émergent dans l'université et proposer un large spectre de formes alternatives de publication, de modèle d'affaire, et de revue par les pairs."

Sur ce dernier point (à mon avis essentiel), Ghislaine Chartron dans son article "Une économie renouvelée de la publication scientifique"** indiquait déjà que "Les évolutions de la publication scientifique concernent également un ensemble de pratiques innovantes portées directement par les usagers, par exemple les nouvelles revues, les archives, les bloc-notes de chercheurs. Cette innovation ascendante ne peut plus être ignorée dans les transformations en cours".
Outre les bloc-notes (blogs) de chercheurs et d'enseignants et les archives institutionnelles, le séminaire de Berkeley ajoute la diffusion de cours et de conférences sous forme de podcast parmi les actions essentielles de dissémination.
Le paysage (complexe) qui se dessine est donc le suivant : à l'adage toujours applicable aux chercheurs du "Publish or Perish", correspond désormais pour leurs structures de rattachement un adage semblable : "Disséminer ou périr". Un tableau qui ne fonctionne pas en opposition mais en hybridation : si de nombreuses universités (via leurs "presses" notamment) prenaient déjà en charge nombre d'actions de publication, de plus en plus de chercheurs sont aujourd'hui les éléments moteurs d'opérations de dissémination.  Dans un cas (dissémination) comme dans l'autre (publication), le succès de l'un (université ou chercheur) dépend : de la bonne volonté, des compétences affirmées ou construites et de la détermination "politique" de l'autre (chercheur ou université). Or c'est précisément cette logique d'hybridation réciproque qui est complexe à mettre en place. Un juste dosage entre une politique de formation volontariste et des mesures incitatives (obligation de dépôt) devraient permettre d'y arriver.

Ce séminaire s'inscrit dans un projet d'envergure du Center for Studies in Higher Education et de la fondation Andrew Mellon, projet qui vise à proposer (notamment) une typologie des modes actuels de publication et d'évaluation. Divers autres documents complémentaires sur ce projet sont disponibles (.pdf) : "planning proposal",  "final report" et nouveau "project proposal"


**
Ghislaine Chartron, "Une économie renouvelée de la publication scientifique" in Perspective documentaire en éducation 62:21-29, (2006-09-01), en ligne.

(Source : Prosper // Temps de rédaction de ce billet : 40 minutes)

Open Access (liens en vrac ...)

Plein de choses à blogguer en attente depuis longtemps ... attendez-vous donc à quelques billets sous forme de "revue de liens". Commençons par l'Open Access :

  • un ouvrage vient de paraître : Developping Open Access Journals : A Practical Guide. L'ouvrage n'est pas en Open Access mais la table des matières est disponible (.pdf) ainsi qu'une page de liens basiques mais incontournables sur le sujet
  • pendant ce temps, à l'université d'Harvard, on se prépare à voter une mesure permettant à l'université de "distribute their scholarship online, instead of signing exclusive agreements with scholarly journals that often have tiny readerships and high subscription costs." Le résultat du vote ne sera connu que demain (update sur ce billet à prévoir donc) mais le simple fait qu'une institution universitaire se prépare à franchir ce cap est très significatif du bouleversement irrémédiable qui est en train de toucher le secteur de l'édition scientifique (via le NYTimes - traduction disponible chez Hervé Bienvault - et le Chronicle). Les textes ainsi mis à disposition le seraient sur l'archive institutionnelle de l'établissement. De leur côté, les auteurs des articles garderont la totalité de leurs droits et auront naturellement la possibilité de soumettre leur article aux revues de leurs choix, y compris des revues payantes. Ce qui me semble particulièrement intéressant dans cette nouvelle, au-delà même de la portée symbolique d'un tel engagement en provenance d'une université aussi prestigieuse qu'Harvard, c'est - comme le souligne l'article du NYTimes - la mise en place d'une procédure systématique d'opt-out institutionnelle, pilotée par la bibliothèque universitaire. Soit deux règles d'or : l'opt-out tout d'abord, seule procédure apte à donner au mouvement Open Access la capacité d'atteindre un seuil critique qui obligera les éditeurs (payants) à revoir radicalement leurs politiques tarifaires, le pilotage de la BU ensuite, car d'eux-mêmes les chercheurs - pour des raisons sur lesquelles il serait trop long de s'attarder - ne prendront jamais en charge à eux seuls cette possibilité pourtant réelle d'émancipation.
  • pour rester sur le créneau des nouveaux modèles éditoriaux, notamment induits par le mouvement de l'Open Access, cet article de George Siemens, "Scholarship in an age of participation", décrit et modélise en détail ce que devrait être la publication académique "ouverte et participative" autour de 6 principes fondamentaux : "1. Two-fold model: peer-reviewed and informal commons / 2.Open reviews / 3.Meta-Reviews / 4.Discussion / 5.Annotation / 6.Journal as community". Il propose également une très intéressante modélisation du circuit de publication à l'aune de ces principes.
  • Journal (cliquez pour agrandir)
  • Pendant ce temps, d'autres jeunes mais talentueux (et "reconnus") universitaires, à  l'image de leurs glorieux aînés, appelent clairement à boycotter les "lock-down academic journals", c'est à dire les journaux n'autorisant pas (ou alors après un délai excessivement long) la mise en libre accès des articles qu'ils publient. L'universitaire en question est Danah Boyd (grande prêtresse des réseaux sociaux), et le glorieux aîné est Lawrence Lessig (professeur de Droit à Stanford, et à l'origine - avec d'autres - des licences Creative Commons) qui avait lancé un appel similaire en Mars ... 2005.
  • Pendant ce temps ... l'association européenne des universités (représentant, tout de même, 791 universités dans 46 pays) vient d'entériner une recommandation pour une obligation d'auto-archivage : en clair il faut imposer aux chercheurs de déposer leurs articles, TOUS leurs articles, dans l'archive institutionnelle de l'université (et donc il faut aussi imposer à toutes les unviersités de disposer d'une archive institutionnelle ...). Le seul "embargo" possible portant sur la date à laquelle l'article sera effectivement consultable gratuitement sur ladite archive, mais sans accepter d'embargo (des éditeurs) sur la date du dépôt. Cette approche a un avantage principal : elle permet d'indexer et de rendre disponible rapidement au moins les métadonnées de l'article. Le texte intégral de la recommandation est à lire chez Stevan Harnad himself. Cette recommandation insiste en particulier sur l'intérêt de cette approche pour le leadership des universités, un argument réel, admis par tout le monde y compris par certains détracteurs de l'Open Access, mais un argument qui laisse étrangement insensible les (quelques) décideurs et autres présidents d'université (ou vice-présidents) que j'ai eu l'occasion de rencontrer. C'est dommage, pour ne pas dire consternant, que l'institution universitaire (particulièrement en France) mette tant de temps à comprendre que la logique qui prévaut aujourd'hui dans l'ensemble des réseaux (y compris de recherche) est conditionnée, AVANT TOUT, à des logiques d'accès et de visibilité, et que l'Open Access est une formidable occasion de maîtriser et de garder le contrôle sur ce processus de mise en visibilité des résultats de la recherche. (Via OpenAccessInist)
  • Sur le même sujet, le projet Driver vient de mettre en ligne 3 ouvrages portant, pour le premier, sur un inventaire des archives en Europe, pour le deuxième sur les problématiques liées à la création, au développement et à la viabilité des réservoirs numériques, et pour le troisième sur les normes, standards et protocoles existants dans le domaine (Via Inist).
  • Pendant ce temps ... les Presses Universitaires de Cambridge publient un ouvrage intitulé Against Intellectual Monopoly. Les auteurs (deux économistes) démontrent qu'à l'inverse de l'idée habituellement admise selon laquelle le "copyright" serait nécessaire pour préserver l'innovation, il s'agit en fait davantage d'un monopole intellectuel gouvernemental qui "constitue un frein à l'innovation, à la croissance, à la prospérité et à la liberté." Bref des trucs que même Joe le Taxi Jacques Attali n'aurait pas osé écrire :-) L'ouvrage est disponible intégralement et dès maintenant en libre accès. La version papier sortira en Juillet 2008. (Via DigitalKoans)
  • Sur le même sujet mais adoptant un point de vue (beaucoup) plus large et englobant, le dernier ouvrage de Lawrence Lessig (dont on parlait plus haut) s'intitule "The Future of Ideas" est disponible en ligne, sous licence creative commons, à l'image de ses deux ouvrages précédents dont l'incontournable FreeCulture (via Pintini).

Bon ben voilà. Si après tout cela vous n'êtes pas convaincus de l'intérêt de l'Open Access, j'entre officiellement en dépression. Plus sérieusement, ce mouvement de grande amplitude (qui semble donc récemment boosté par quelques-unes des belles initiatives listées dans ce billet) va permettre, sous peu de disposer d'un fantastique réservoir planétaire interopérable de ressources documentaires scientifiques. Même les plus puissants moissonneurs ne suffiront probablement pas pour en extraire la substantifique moelle (en un temps plus court que celui de la vie d'un chercheur lambda s'entend). Attendons-nous donc de ce côté-là à voir un très probable regain d'intérêt et de développements applicatifs du côté des moteurs de recherche et des outils et interfaces de visualisation, comme en témoigne le projet annoncé d'Intute d'un moteur permettant dans un premier temps de fouiller toutes les archives institutionnelles du Royaume-Uni, et dans un second temps d'y appliquer des logiques de dédoublonnage (en deça desquelles se profilent par ailleurs des problèmes de "versioning" qui vont devenir extrêmement complexes et stimulants) et d'agrégation sémantique (clusterisation notamment).
Voilà voilà ... à la louche vous en avez pour un petit millier de pages de lecture. Bonnes vacances ;-)

Escadron 2.0 pour les bibliothèques

Prenez toute la fine fleur des pionniers du web 2.0 pour le monde des bibliothèques en France. Prenez ensuite la fine fleur des écoles de formation des mêmes bibliothécaires. Remuez le tout et vous obtiendrez :

  • une journée de stage sur "Les bibliothèques ont-elles besoin du web 2.0 ? Des outils au service des usagers" à l'ENSSIB
  • une bonne grosse centaine de diapositives éclairantes
  • et surtout, surtout, d'excellentes raisons pour passer votre bibliothèque en mode 2.0 ... vite.

(Via Thomas Chaimbault qui liste dans son billet tous les diaporamas)

<Update de quelques jours plus tard>
Un article de référence sur la mise en place d'une culture de la participation et du collaboratoire dans les bibliothèques  :
    Lankes, R. D., Silverstein, J. L., Nicholson, S., & Marshall, T. (2007).     "Participatory Networks: The Library as Conversation" Information     Research, 12(4) paper colis05. [Available at http://InformationR.net/ir/12-4/colis05.html]
</Update>

Million books Baby

L'université du Michigan vient de fêter son millionnième livre numérisé (dans le cadre du programme Google Book Search). Elle a pour l'occasion :

C'est incontestablement un jalon historique dans la grande histoire de la numérisation, histoire pour laquelle Nicolas Morin rappelle l'argumentaire massu de Google : "Getting things done". Comme le rapelle par ailleurs Paul Courant, ce n'est là qu'une étape et il reste 9 ans pour atteindre l'objectif de 7,5 millions d'ouvrages numérisés, avec toute l'organisation bibliothéconomique que cela réclame.
Du côté de l'héxagone, on attend impatiemment le prochain salon du livre pour en (sa)voir un peu plus sur Gallica 2 qui - rappelons-le - présentera aussi bien des ouvrages libres de droits, que des ouvrages sous droits, en partenariat avec les éditeurs. Dans une récente entrevue au journal Libération, Bruno Racine revient sur ce projet dont je vous parlais déjà ici. Le même Bruno Racine donne également dans la rupture décomplexée et radicale avec son prédécesseur Jean-Noel Jeaneney : après avoir, pour ce dernier (Jean-Noel), tenté de mettre en ordre de bataille les bataillons bibliothéconomiques européens face à la déferlante de l'artillerie lourde Googléenne, le ton du premier (Bruno) se veut résolument plus pragmatique et court-termiste :

  • "Selon moi, il n’y a pas de guerre de religion dans ce domaine. (...) En ce qui me concerne, je n’ai pas l’intention de faire la leçon aux bibliothèques qui ont signé avec Google. La force du modèle américain est de savoir faire converger par moments l’intérêt privé avec l’intérêt public. Notre objectif doit être de faire converger ces programmes distincts." Y'à qu'à demander.

Dans le même entretien, Bruno Racine rappelle que la décision de la BM de Lyon pour la numérisation de 500 000 ouvrages anciens est imminente et pourrait inaugurer le premier partenariat Français avec Google Books. Là encore, mon petit doigt me dit que le Salon du Livre 2008 devrait être riche en effets d'annonces ...
Dans ce paysage agité, on notera avec attention que de plus en plus de bibliothèques étrangères, à l'image d'un pragmatisme initié par la British Library, signent parallèlement avec les deux principaux acteurs de cette course aux contenus : ainsi l'université de Columbia, après avoir signé en Décembre 2007 avec Google, vient de signer avec Microsoft dans le cadre de l'Open Content Alliance. Le communiqué ne donne pour l'instant aucun chiffre sur le nombre d'ouvrages concernés. On sait seulement qu'il s'agira d'ouvrages libres de droits et que :

  • "Microsoft will digitize selected portions of the Libraries’ great collections of American history, literature, and humanities works, with the specific areas to be decided mutually by Microsoft and Columbia during the early phase of the project."

Le point que je grasseye n'est pas anodin : ce n'est certes pas la première fois que les grands moteurs-numérisateurs s'intéressent, en tant que prestataires, aux collections qu'ils numériseront ("leur contenu, leur caractère encyclopédique et multilingue, leur état" ...). Mais si cette démarche se systématise et si elle dépasse la simple prise de renseignements techniques nécessaires à la prestation, bref si les moteurs-numérisateurs se font également désormais les agents zélés de la force bibliothéconomique présidant au choix des collections et ouvrages à numériser ... que restera-t-il aux bibliothécaires à part peut être à inventer une nouvelle forme de sérendipité bibliothéconomique, la prescription aléatoire :-(
Enfin, sur ces questions je vous renvoie à l'intéressante table-ronde sur "Les perspectives de l'édition face à la numérisation" (.pdf) du colloque "Pour une nouvelle dynamique de la chaîne du livre", organisé en Octobre 2007 par la SGDL.

BiblioGame

Alors là vraiment je suis content. Parce que je ne sais pas si vous avez remarqué mais le monde des bibliothèques sort de plus en plus fréquemment des clous institutionnels qui ont longtemps pesé sur lui comme une gangue. Voilà déjà quelques temps que le bibliothécaire est devenu le chantre de l'auto-dérision via un jubilatoire guide du bibliothécais sans peine. Qu'il nous a initié aux arcanes bibliothéconomiques avec un subtil et nécessaire décalage, qu'il a publié le calendrier 2008 de ses propres stéréotypes, qu'il s'est fait coquin, libidineux. Les 3 "S" du Succès (d'audience) : Sexe, Sarcasme et Stéréotypes. Qu'il est loin mon pays qu'il est loin le cliché du (de la) bibliothécaire vêtu(e) seulement de son austérité et d'un pull en laine à grosse maille.
Il ne manquait plus aux bibliothécaires qu'à devenir des gamers. Des accros de jeu d'arcade. Et bien - et ce sera le lien du week-end - c'est désormais chose faite. Et doublement s'il vous plaît.
Dans le premier jeu, "I'll get it", vous êtes un étudiant qui travaille en bibliothèque et doit répondre au mieux aux attentes d'usagers pressés et irrascibles (qui a dit pléonasme ?).
Dans le second (moins fun mais très addictif), "Within Range", vous devez remettre en rayon, dans un temps limité, des piles de bouquins, en suivant le plan de classification de la bibliothèque du Congrès.
Les deux jeux sont développés en flash et sont une initiative des bibliothèques de l'université Carnegie Mellon. Et moi je sais ce que je vais faire pendant mes cours d'indexation et de bibliothéconomie avec mes jeunes étudiant(e)s :-))
Et en cadeau bonus : la même page vous propose des liens vers deux autres bibliogames online : Quarantined (jeu de rôle avec questions bibliothéconomiques à l'appui), Information Literacy Game (mélange entre "questions pour un champion" et le jeu de l'oie).
Tous ces jeux sont le résultat d'un très sérieux colloque organisé en Juillet 2007 par les non moins sérieuses ALA et ACRL et baptisé "Gaming, Learning and Libraries".
Same player, shoot again :-)

Une offre légale d'ouvrages sous droits ?

On apprend dans BiblioFrance que lors du prochain salon du livre (Mars 2008), il devrait être (enfin) possible de consulter légalement des extraits numériques d'ouvrages commercialisés, soit "une offre légale d'ouvrages sous droits" pour reprendre les termes du communiqué du ministère de la culture. Cette consultation se fera dans le cadre de la mal-nommée Europeana (mal nommée car pour l'instant seule la Hongrie, le Portugal et la France y tiennent boutique), et devrait concerner (toujours selon le même communiqué) près de 9000 titres d'ouvrages récents. Ce projet "pilote" concerne :

  • 18 éditeurs :  Agone, Albin Michel, Arthème Fayard, Climats, EDP Sciences, Flammarion, Gallimard, La Découverte, Lavoisier, Magnard, Nathan, Perrin, Presses universitaires de France, Quae, Retz, Robert Laffont, Univers Poche et Salvator ;
  • et 3 agrégateurs : Cyberlibris, Editis Groupe et Numilog.

On ne peut pour l'instant :

  • que se réjouir suite à cette note d'intention et en prendre acte.
  • que s'interroger sur le reste : les ouvrages sous droits y seront-ils consultables intégralement ou sous forme d'extraits ? Comment se fera le prêt (copies chronodégradables ?) ? Quelle sera la montée en puissance et le taux de renouvellement du service ? Quelle ouverture aux autres éditeurs ? Sous quelles conditions ? A quelle échéance ? Quel financement pérenne ?  etc, etc ... (quelques infos mais essentiellement sous forme de questions ouvertes dans le document mentionné à la fin de ce billet)

Restera aussi à voir si l'ogre de Mountain View peut encore s'immiscer dans la partie (souvenez-vous ...) ... ou s'il prépare déjà sa riposte à cette contre-offensive (tardivement) annoncée ...
Et puis une dernière chose enfin : cette heureuse initiative, si elle fera le bonheur des gros poissons embarqués, risque de mettre à mal le projet (en est-ce encore un ?) d'un portail de la librairie indépendante, et de crisper les positions entre les petits (libraires, éditeurs) et les gros.

Voir aussi le billet de François Bon qui renvoie vers la très complète revue de problématiques autour du livre numérique de Denis Zwirn (PDG de Numilog) : "Etude en vue de l'élaboration d'un modèle économique de participation des éditeurs à la bibliothèque numérique européenne" (.pdf).

La bibliothèque du congrès et FlickR : des accès desaxés

3000. C'est le nombre de photos que la bibliothèque du Congrès vient de mettre en ligne sur ... FlickR. Oui, oui. Vous avez bien lu. Sur FlickR. Après les ouvrages dans Google Books, les fonds iconographiques des bibliothèques (et non des moindres ...) sur FlickR. A méditer d'urgence.
Non, la LC (Library of Congress) n'a pas réalisé un site en flash hébergé sur ses serveurs et accessible depuis son propre site. Non elle n'a pas monté son exposition virtuelle. Elle est pourtant des quelques bibliothèques de la planète qui peuvent se permettre ce genre de fantaisie sans rencontrer de blocages financiers majeurs. Mais elle ne l'a pas fait. A la place, elle est allée mettre ses donnés, là ou sont les usagers. Ces mêmes usagers qui quand ils cherchent de l'information ... vont sur Google, qui quand ils cherchent des bouquins ... vont sur Amazon ... et qui quand il veulent voir des photos ... vont sur FlickR.
Ce que traduit cette (heureuse) initiative c'est la simple reconnaissance par le monde des bibliothèques de la logique de l'accès qui prévaut aujourd'hui pour l'ensemble des industries culturelles, dont elles - les bibliothèques - font partie (même si c'est le plus souvent à leur corps défendant).

A la question : "pourquoi la LC met-elle ses photos sur FlickR ?", la réponse de la FAQ du projet est limpide :

  • "Pour partager ces collections photographiques avec ceux qui ne visitent pas notre site"
  • "Pour mieux comprendre en quoi l'indexation sociale pour nous apporter des idées d'amélioration de nos services et de nos fonds"
  • "Pour accroître notre expérience et notre implication dans des communautés web partageant des centres d'intérêts communs avec les collections de bibliothèques."

C'est à mon avis incontestablement la bonne direction à suivre. Il faut aller chercher les usagers là où ils sont. Et si l'on peut être sûr d'une chose, c'est que les usagers ne sont pas sur les sites des bibliothèques. En tout cas certainement pas de prime abord, certainement pas de "prime accès". Mettre à disposition des fonds documentaires professionnellement construits et administrés, sur des services privés mais publiquement accessibles et massivement accédés, autoriser les publics, TOUS les publics, à indexer à leur tour ces fonds documentaires quelle que soit leur nature, laisser les publics se les approprier (l'un des objectifs du projet est de permettre aux usagers d'indexer, de tagguer ces images), c'est probablement le meilleur moyen de recréer le désir ... d'aller en bibliothèque.
De son côté le service FlickR a compris tout l'intérêt stratégique de tels partenariat, et il vient en conséquence d'ouvrir un espace "FlickR Commons", destiné précisément aux organismes publics.

Rendons-donc grâce au maître Yoda de la Force bibliothéconomique et méditons, jeunes padawans que nous sommes, son lumineux enseignement :

  • "ce qu’on a de plus intéressant ce ne sont pas nécessairement des interfaces, mais des données; et il faut aller mettre nos données là où sont les usagers, en leur permettant de se les approprier."

CQFD.

(Source : le blog de la LC & Maître Yoda Morin. Autres points de vue : Descripteurs - qui insiste sur l'aspect animation et valorisation patromoniale du projet - Ecrans)

"Aujourd'hui le livre numérique est un fichier ..."

"... demain ce sera une base de données".
Explications à suivre via l'exposé (filmé) d'Hubert Guillaud lors de la dernière Bouquinosphère.
(Via François Bon)

Fini les vacances, c'est la rentrée ...

Côté moteurs/wikipédia/knol :

  • On a donc pas mal parlé avant et pendant les vacances du projet de Google concernant son "encyclopédie" Knol : dans Ecrans, Florence Devouard s'inquiète à raison en rappelant que 50 % du traffic vient directement de Google. Google Blogoscoped y revient également en soulignant l'argument selon lequel Google ne pouvait plus accepter de voir partir tout ce traffic "non-monétisé" vers un site (wikipedia) indiquant qu'il refuserait toujours la publicité.
  • Voir aussi la rapide analyse comparative de ReadWriteWeb entre Knol, Wikia, Wikipedia et Mahalo autour des trois mamelles de l'argent, de l'attention (comme vecteur de monétisation) et de l'altruisme (comme contribution à la somme des connaissances disponibles).

Côté réseaux sociaux, moteurs de recherche et scientométrie :

  • Medline nous avait déjà habitués à son goût des interfaces innovantes. En voici une nouvelle baptisée GoPubMed qui permet, sur la base d'une recherche de faire émerger des "réseaux sociaux" à partir des noms d'auteurs d'articles et de leurs adresses de courier électronique (Via Cismef). En fait, plutôt qu'un réseau social (ce qui est l'argumentaire marketing du lancement de ce nouveau service), c'est bien de scientométrie qu'il s'agit, c'est à dire de la capacité, via un moteur sémantique, de repérer des collaboratoires, des "collèges invisibles", et de cerner en un instant sur un thème donné, l'état des publications en la matière et les chercheurs les plus en vue. Exemple : en entrant le terme "stuttering" (bégaiement) et en cliquant (à gauche dans la rubrique "What") sur "Hot topics", vous visualisez :
    • un "top 20" des auteurs ayant le plus publié sur le sujet
    • un "top 20" des publications classées par pays
    • un "top 20" des journaux dans lesquels on trouve le plus de publications en rapport avec le bégaiement
    • une courbe temporelle vous permettant de visualiser la progression (ou le recul) du nombre de publications par an sur ce sujet
    • une visualisation sous forme de graphe des réseaux de collaboration entre auteurs (répondant à la question "qui publie avec qui ?")
  • c'est à tomber par terre. Et on se prend à rêver d'un tel outil dans le cadre d'un moteur généraliste majeur à vocation scientifique (maiiiis non, pas forcément celui-là, il y a aussi celui-là). Pour mieux comprendre la puissance d'un tel outil : allez le tester, et lisez le communiqué de presse (.pdf).

Côté moteurs tout court :

  • le 7 janvier 2007, il y a donc de cela exactement un an, Jimmy Wales annonçait le lancement de Wikia, le moteur de recherche dont les résultats seraient validés par des humains. Et bien exactement un an plus tard, on nous annonce le lancement de Wikia (en version béta) pour demain, le 7 Janvier 2008 donc. A ce sujet, voir la revue de presse de Christophe Asselin. Le site de la "communauté" wikia est ici, et comme on peut le lire dans le wiki du projet, Wikia compte s'appuyer sur tout l'éventail des technologies de recherche à valeur ajoutée, à savoir la sémantique (= catégorisation), le "réseau social", l'indice de "réputation", et une infrastructure "distribuée". Lancement demain donc, et affaire à suivre de près pour ce nouveau "moteur de recherche open-source collaboratif".

Côté Bibliothèque "2.0" (ou pas ...)

  • Une conférence qui s'est tenue début Novembre à Berkeley sur le sujet des bibliothèques "2.0" avec les supports de présentation accessibles en ligne (supports présentés parfois sous forme classique - un bon vieux powerpoint - parfois sous forme "2.0" - un wiki). Pas de grande nouveauté mais cela vaut le coup de visionner la conférence inaugurale de Meridith Frakas qui embrasse bien la situation (.ppt)
  • l'un des derniers rapports du Pew Internet nous apprend (via 01.net) qu'outre-atlantique, la première raison de fréquentation des bibliothèques est ... le fait d'y trouver une connexion Internet. De quoi largement réalimenter de vieux démons débats, tant sur le taux d'équipement desdites bibliothèques dans notre bel hexagone, que sur la place des technologies d'accès dans ces enceintes et le taux de formation et d'encadrement qui est dévolu à leurs personnels.

Côté Folksonomies & Indexation sociale

Côté néologismes :

  • Saluons l'arrivée de la Zemblanité, exact opposé de la sérendipité et qui désigne "la faculté de faire de façon systématique des découvertes malheureuses, malchanceuses, attendues et n'apportant rien de nouveau." La génèse du concept et sa présentation détaillée sont disponibles sur Urfist-Infos.
  • Saluons (Via Francis Pisani) l'arrivée  de la "mobiquité" : mobilité + ubiquité. Un néologisme qui traduit bien la place de plus en plus importante qu'occupe dans notre société et dans nos comportements informationnels, l'informatique nomade et/ou ambiante.
  • Reste à savoir si ces deux néologismes entreront au panthéon linguistique aux côtés de la blingocratie.

Côté copyright, Fair-Use et autres creative commons

  • Un rapport intitulé : "Recut, Reframe, Recycle: Quoting Copyrighted Material in User-Generated Video" (.pdf). La question posée est de savoir si dans le cadre des sites de médias participatifs donnant lieu à divers remixages (exemple : YouTube), les détournements, parodies, et autres mashups de diverses oeuvres de fiction relèvent - ou non - du cadre du Fair Use (= usage équitable) et échappent donc à la législation du copyright. La réponse du rapport est claire : Oui. Il y a dans ces "oeuvres" de nouveaux éléments (détournement, transformation, remixage) qui les inscrivent dans le cadre de la constitution d'une culture populaire. "Video remix culture does not violate copyright." Les auteurs du rapport rappellent également qu'il est important de sensibiliser aussi bien les "auteurs" que les "remixeurs-amateurs" à la notion de propriété intellectuelle et d'usage équitable, pour que les premiers soient conscients de la richesse que ces remixages peuvent (parfois) apporter à leurs oeuvres, et pour que les seconds travaillent et s'amusent dans le respect de l'oeuvre des premiers. A noter : le site de présentation de l'étude est très bien fait, puisqu'en sus du téléchargement de l'étude proprement dite, il propose également une courte vidéo en rappelant les principales problématiques et conclusions, et propose également de télécharger un fichier excel du corpus de vidéos utilisées. Il propose enfin, pour chaque type de remixage (détournement, critique, débat, illustration, etc ...) les 5 vidéos les plus parlantes. Certaines d'entre elles sont réellement ... parlantes.
  • Et puis vraissemblablement à ne pas rater (je ne l'ai encore pas visionné en entier, mais il est plein d'interviews avec Yochai Benkler et ne peut donc pas être mauvais :-) un documentaire sobrement intitulé "Steal this Film" qui décrypte les enjeux liés à la notion de propriété intellectuelle et plus largement de "diffusion" dans le contexte actuel. Pour les plus pressés, plein d'extraits sur Google Vidéo, pour les autres téléchargement dans plein de formats possibles directement sur le site du documentaire. Il y en a même qui se sont déjà attelés au sous-titrage en français.

Côté traces documentaires identitaires (ou identité numérique si vous préférez) :

  • nos comportements informationnels laissent de plus en plus de place à l'égotisme forcené. Au service de cet égotisme on compte d'ailleurs de plus en plus d'outils tendant à l'illustrer (les divers outils de classement façon "top 50 de quelque chose"), à le renforcer (économie de la réputation), à en faire naître le besoin (via des interfaces navigo-ludiques dont vous êtes le centre et la circonférence), ou à en faire l'alpha et l'oméga d'un modèle économico-sociétal (facebook). C'est l'éternelle histoire de la poule et de l'oeuf.
  • Got dans ses petites cases, nous gratifie d'un éclairant billet sur FOAF (Friend Of A Friend) dont on aimerait effectivement penser que le modèle réellement ouvert qu'il incarne soit l'avenir des protocoles tournant derrière la plupart des réseaux sociaux. Mais je ne peux hélas pas m'empêcher de penser qu'il y a encore bien du chemin à parcourir ... l'heure étant plutôt pour les grosses cylindrées à la centralisation des profils propriétaires ... ce qui doit nous inciter encore davantage a faire plus de place aux initiatives alternatives et technologiquement éprouvées (dont FOAF).

Côté ressources pédagogiques :

Côté voeux, bonnes résolutions et oracles divers :

  • il y a ceux qui ne croient plus aux blogs sous leur forme actuelle (Jean-Michel Salaun et Jean Véronis) ... mais qui continuent heureusement de blogguer :-) De mon coté je reste sur le créneau de l'enthousiasme (peut-être un peu candide), même si - à l'instar des deux précédemment cités - je constate ici et là une raréfaction des pépites blogguesques, nombre de trouvailles ayant visiblement du mal à tenir sur la longueur, ce qu'on aurait du mal à leur reprocher tant il est vrai qu'en dehors d'un projet affirmé de publication (journal, auto-fiction, carnet de recherche, formation à distance), l'exercice du blog est une gymnastique chronophage, et que "le temps de blogguer" n'est pas nécessairement la chose la mieux partagée du monde. Il n'en demeure pas moins qu'en repensant à ce qu'était la pêche informationnelle d'avant et d'après le temps du blog, ce "format éditorial" a tout de même été l'occasion d'entendre de bien belles voix, et de découvrir de fort pertinentes analyses. L'avenir dira ce la forme blog deviendra, mais les potentialités, l'univers de discours offert par une petite quantité de ces "nanopublications" reste pour l'instant et de mon point de vue, essentiel.
  • il y a ceux qui comme Fred Cavazza, se livrent à leur petit exercice de prospective du nouvel an, et ceux qui comme Francis Pisani, font une revue de presse des principaux exercices du genre.

Et mes prédictions à moi ?

  • A l'instar de ce que décrit Christian Fauré à propos du service Twine, je crois que l'ensemble des acteurs majeurs de la recherche d'information (Google, Yahoo! Microsoft) et quelques-uns de leurs challengers (Exalead, Facebook) vont prendre de plus en plus nettement le grand virage de l'hybridation. Une hybridation entre :
    • des espaces et des services collaboratifs,
    • des technologies sémantiques ou sémantisées de représentation et d'agrégation des connaissances,
    • et des algorithmies de recherche "pures" (ou recherche universelle).
  • Je crois que la diversité des contenus va (enfin) atteindre un équilibre longtemps espéré entre le "texte seul" et la vidéo et l'image.
  • Je crois enfin que l'une des grandes questions en terme de recherche (notamment pour les sciences de l'information et de la communication) sera la mise au jour des nouvelles autorités cognitives qui s'articulent aujourd'hui de manière encore un peu floue derrière la monétisation (ou la non-monétsation) des services à base de connaissance (Knol, Wikipedia).
  • De mon côté je retiens comme éléments et tendances majeures de l'année écoulée : les deux nouvelles étapes de la dérives des continents documentaires que sont :
    • d'une part, la synchronisation transparente entre nos activités informationnelles connectées (on-line) et déconnectées (off-line),
    • et d'autre part, la sphère croissante d'indexabilité (notion de "graphe social" pour faire simple) de l'humain au travers de ses innombrables traces documentaires éparses sur le(s) réseau(x).
  • Ce qui me semble frappant au-delà de tout c'est l'avénement imminent et probable d'une nouvelle génération d'algorithmes ayant capacité à représenter sur un même plan des documents toujours plus fragmentaires, des traces identitaires toujours plus documentées, et à transformer toutes ces traces d'attention en vecteurs d'intentions, pour le plus grand bonheur des grandes industries culturelles et des quelques acteurs qui dominent actuellement le marché (et ce au-delà du discours geignard et misérabiliste que s'obstinent à tenir les mêmes industries culturelles). En un mot comme en cent : la redocumentarisation du monde. Il est certain qu'il va falloir être très très très attentif aux Network sciences, car elles seront le creuset plus que probable de cette nouvelle génération d'algorithmes et de modes de représentation, et qu'à mon sens, elles seules ont aujourd'hui la capacité à réunir en un même cadre d'analyse les fronts de recherche les plus innovants, les techniques d'indexation et de représentation du vivant au sens large.
  • Voilà pour le côté vivifiant et optimiste de la chose. Côté pessimiste (mon éternel côté cassandre :-); je crains que nous ne soyons confrontés à une échéance majeure, celle de la médecine personnalisée et/ou médecine "2.0" et/ou médecine désintermédiée. La montée en puissance et la position désormais établie de ces nouveaux prescripteurs planétaires que sont les moteurs de recherche d'une part, la mise à la portée du grand public des technologies de génomique (notamment à des fins d'auto-diagnostic) d'autre part, les rapprochements entre les premiers (moteurs de recherche) et les secondes (sociétés de génomique), et enfin l'engouement de plus en plus explicite chez tous les grands acteurs de l'industrie médicale (et notamment pharmaceutique) pour des modèles de diffusion et d'accès reposant sur du gratuit financé par la publicité va nécessiter, pour le moins, de grands chantiers didactiques si l'on veut éviter d'aller à coup sûr ... droit dans le mur. Va falloir se trouver dare dare un José Bové de la santé comme bien commun de l'humanité. Sinon ...

Bonne année à vous tous :-)

Formation de bibliothécaires au web 2.0 à la BPI

J'étais hier à la BPI pour présenter le "web 2.0" à un aréopage des bibliothécaires de ladite BPI dans le cadre des Mardis de la BPI (après-midi de formation et d'information réservée à ces mêmes personnels).

Mon intervention est consultable en ligne sur Slideshare (et vous pouvez récupérer le fichier .ppt)