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Disséminer ou périr.

En novembre 2007 s'est tenu à l'université de Berkeley un séminaire intitulé "L'université comme éditeur". Les actes ne sont malheureusement pas (encore) disponibles mais un document de compte-rendu (.pdf) rappelle quelques conclusions importantes de ce séminaire :

  • "il faut distinguer la dissémination informelle de la publication formalisée."
  • "il faut s'inscrire au plus près des disciplines pour proposer des modèles de publication et de dissémination différents."
  • "il faut accorder une reconnaissance aux diverses formes de dissémination qui émergent dans l'université et proposer un large spectre de formes alternatives de publication, de modèle d'affaire, et de revue par les pairs."

Sur ce dernier point (à mon avis essentiel), Ghislaine Chartron dans son article "Une économie renouvelée de la publication scientifique"** indiquait déjà que "Les évolutions de la publication scientifique concernent également un ensemble de pratiques innovantes portées directement par les usagers, par exemple les nouvelles revues, les archives, les bloc-notes de chercheurs. Cette innovation ascendante ne peut plus être ignorée dans les transformations en cours".
Outre les bloc-notes (blogs) de chercheurs et d'enseignants et les archives institutionnelles, le séminaire de Berkeley ajoute la diffusion de cours et de conférences sous forme de podcast parmi les actions essentielles de dissémination.
Le paysage (complexe) qui se dessine est donc le suivant : à l'adage toujours applicable aux chercheurs du "Publish or Perish", correspond désormais pour leurs structures de rattachement un adage semblable : "Disséminer ou périr". Un tableau qui ne fonctionne pas en opposition mais en hybridation : si de nombreuses universités (via leurs "presses" notamment) prenaient déjà en charge nombre d'actions de publication, de plus en plus de chercheurs sont aujourd'hui les éléments moteurs d'opérations de dissémination.  Dans un cas (dissémination) comme dans l'autre (publication), le succès de l'un (université ou chercheur) dépend : de la bonne volonté, des compétences affirmées ou construites et de la détermination "politique" de l'autre (chercheur ou université). Or c'est précisément cette logique d'hybridation réciproque qui est complexe à mettre en place. Un juste dosage entre une politique de formation volontariste et des mesures incitatives (obligation de dépôt) devraient permettre d'y arriver.

Ce séminaire s'inscrit dans un projet d'envergure du Center for Studies in Higher Education et de la fondation Andrew Mellon, projet qui vise à proposer (notamment) une typologie des modes actuels de publication et d'évaluation. Divers autres documents complémentaires sur ce projet sont disponibles (.pdf) : "planning proposal",  "final report" et nouveau "project proposal"


**
Ghislaine Chartron, "Une économie renouvelée de la publication scientifique" in Perspective documentaire en éducation 62:21-29, (2006-09-01), en ligne.

(Source : Prosper // Temps de rédaction de ce billet : 40 minutes)

Open Access (liens en vrac ...)

Plein de choses à blogguer en attente depuis longtemps ... attendez-vous donc à quelques billets sous forme de "revue de liens". Commençons par l'Open Access :

  • un ouvrage vient de paraître : Developping Open Access Journals : A Practical Guide. L'ouvrage n'est pas en Open Access mais la table des matières est disponible (.pdf) ainsi qu'une page de liens basiques mais incontournables sur le sujet
  • pendant ce temps, à l'université d'Harvard, on se prépare à voter une mesure permettant à l'université de "distribute their scholarship online, instead of signing exclusive agreements with scholarly journals that often have tiny readerships and high subscription costs." Le résultat du vote ne sera connu que demain (update sur ce billet à prévoir donc) mais le simple fait qu'une institution universitaire se prépare à franchir ce cap est très significatif du bouleversement irrémédiable qui est en train de toucher le secteur de l'édition scientifique (via le NYTimes - traduction disponible chez Hervé Bienvault - et le Chronicle). Les textes ainsi mis à disposition le seraient sur l'archive institutionnelle de l'établissement. De leur côté, les auteurs des articles garderont la totalité de leurs droits et auront naturellement la possibilité de soumettre leur article aux revues de leurs choix, y compris des revues payantes. Ce qui me semble particulièrement intéressant dans cette nouvelle, au-delà même de la portée symbolique d'un tel engagement en provenance d'une université aussi prestigieuse qu'Harvard, c'est - comme le souligne l'article du NYTimes - la mise en place d'une procédure systématique d'opt-out institutionnelle, pilotée par la bibliothèque universitaire. Soit deux règles d'or : l'opt-out tout d'abord, seule procédure apte à donner au mouvement Open Access la capacité d'atteindre un seuil critique qui obligera les éditeurs (payants) à revoir radicalement leurs politiques tarifaires, le pilotage de la BU ensuite, car d'eux-mêmes les chercheurs - pour des raisons sur lesquelles il serait trop long de s'attarder - ne prendront jamais en charge à eux seuls cette possibilité pourtant réelle d'émancipation.
  • pour rester sur le créneau des nouveaux modèles éditoriaux, notamment induits par le mouvement de l'Open Access, cet article de George Siemens, "Scholarship in an age of participation", décrit et modélise en détail ce que devrait être la publication académique "ouverte et participative" autour de 6 principes fondamentaux : "1. Two-fold model: peer-reviewed and informal commons / 2.Open reviews / 3.Meta-Reviews / 4.Discussion / 5.Annotation / 6.Journal as community". Il propose également une très intéressante modélisation du circuit de publication à l'aune de ces principes.
  • Journal (cliquez pour agrandir)
  • Pendant ce temps, d'autres jeunes mais talentueux (et "reconnus") universitaires, à  l'image de leurs glorieux aînés, appelent clairement à boycotter les "lock-down academic journals", c'est à dire les journaux n'autorisant pas (ou alors après un délai excessivement long) la mise en libre accès des articles qu'ils publient. L'universitaire en question est Danah Boyd (grande prêtresse des réseaux sociaux), et le glorieux aîné est Lawrence Lessig (professeur de Droit à Stanford, et à l'origine - avec d'autres - des licences Creative Commons) qui avait lancé un appel similaire en Mars ... 2005.
  • Pendant ce temps ... l'association européenne des universités (représentant, tout de même, 791 universités dans 46 pays) vient d'entériner une recommandation pour une obligation d'auto-archivage : en clair il faut imposer aux chercheurs de déposer leurs articles, TOUS leurs articles, dans l'archive institutionnelle de l'université (et donc il faut aussi imposer à toutes les unviersités de disposer d'une archive institutionnelle ...). Le seul "embargo" possible portant sur la date à laquelle l'article sera effectivement consultable gratuitement sur ladite archive, mais sans accepter d'embargo (des éditeurs) sur la date du dépôt. Cette approche a un avantage principal : elle permet d'indexer et de rendre disponible rapidement au moins les métadonnées de l'article. Le texte intégral de la recommandation est à lire chez Stevan Harnad himself. Cette recommandation insiste en particulier sur l'intérêt de cette approche pour le leadership des universités, un argument réel, admis par tout le monde y compris par certains détracteurs de l'Open Access, mais un argument qui laisse étrangement insensible les (quelques) décideurs et autres présidents d'université (ou vice-présidents) que j'ai eu l'occasion de rencontrer. C'est dommage, pour ne pas dire consternant, que l'institution universitaire (particulièrement en France) mette tant de temps à comprendre que la logique qui prévaut aujourd'hui dans l'ensemble des réseaux (y compris de recherche) est conditionnée, AVANT TOUT, à des logiques d'accès et de visibilité, et que l'Open Access est une formidable occasion de maîtriser et de garder le contrôle sur ce processus de mise en visibilité des résultats de la recherche. (Via OpenAccessInist)
  • Sur le même sujet, le projet Driver vient de mettre en ligne 3 ouvrages portant, pour le premier, sur un inventaire des archives en Europe, pour le deuxième sur les problématiques liées à la création, au développement et à la viabilité des réservoirs numériques, et pour le troisième sur les normes, standards et protocoles existants dans le domaine (Via Inist).
  • Pendant ce temps ... les Presses Universitaires de Cambridge publient un ouvrage intitulé Against Intellectual Monopoly. Les auteurs (deux économistes) démontrent qu'à l'inverse de l'idée habituellement admise selon laquelle le "copyright" serait nécessaire pour préserver l'innovation, il s'agit en fait davantage d'un monopole intellectuel gouvernemental qui "constitue un frein à l'innovation, à la croissance, à la prospérité et à la liberté." Bref des trucs que même Joe le Taxi Jacques Attali n'aurait pas osé écrire :-) L'ouvrage est disponible intégralement et dès maintenant en libre accès. La version papier sortira en Juillet 2008. (Via DigitalKoans)
  • Sur le même sujet mais adoptant un point de vue (beaucoup) plus large et englobant, le dernier ouvrage de Lawrence Lessig (dont on parlait plus haut) s'intitule "The Future of Ideas" est disponible en ligne, sous licence creative commons, à l'image de ses deux ouvrages précédents dont l'incontournable FreeCulture (via Pintini).

Bon ben voilà. Si après tout cela vous n'êtes pas convaincus de l'intérêt de l'Open Access, j'entre officiellement en dépression. Plus sérieusement, ce mouvement de grande amplitude (qui semble donc récemment boosté par quelques-unes des belles initiatives listées dans ce billet) va permettre, sous peu de disposer d'un fantastique réservoir planétaire interopérable de ressources documentaires scientifiques. Même les plus puissants moissonneurs ne suffiront probablement pas pour en extraire la substantifique moelle (en un temps plus court que celui de la vie d'un chercheur lambda s'entend). Attendons-nous donc de ce côté-là à voir un très probable regain d'intérêt et de développements applicatifs du côté des moteurs de recherche et des outils et interfaces de visualisation, comme en témoigne le projet annoncé d'Intute d'un moteur permettant dans un premier temps de fouiller toutes les archives institutionnelles du Royaume-Uni, et dans un second temps d'y appliquer des logiques de dédoublonnage (en deça desquelles se profilent par ailleurs des problèmes de "versioning" qui vont devenir extrêmement complexes et stimulants) et d'agrégation sémantique (clusterisation notamment).
Voilà voilà ... à la louche vous en avez pour un petit millier de pages de lecture. Bonnes vacances ;-)

Scientométrie

La question de la mesure (qualitative et quantitative) de la science est d'abord celle de la validité et de la fiabilité des instruments de mesure le permettant. Au premier rang desquels les différents indices de citation. En ce domaine, les choses bougent notablement ces derniers temps :

  • Thomson lance un forum de discussion pour débattre du facteur d'impact. Etant donné les enjeux économiques colossaux liés au marché de la citation scientifique et étant donné la position de leader de Thomson sur ce marché, on ne s'étonnera guère de pouvoir y lire des avis disons ... partisans. Mais l'initiative reste louable et atteste que, lentement mais sûrement, les esprits évoluent et l'aspect monolithique de l'actuel facteur d'impact se fissure progressivement. (Communiqué de presse de Thomson)
  • autre avancée significative vers une "science 2.0", le logiciel E-Prints se dote d'un module additionnel permettant aux usagers de commenter les articles scientifiques déposés sur les plateformes tournant sous E-Prints
  • Eugène Garfield, le père de l'analyse bibliométrique, a lancé en Octobre dernier sa société et son logiciel baptisé "HistCite", "a bibliometric analysis and visualization software". Une version de démo de 30 jours est disponible gratuitement. Si quelqu'un à le temps d'aller tester et de nous faire un rapide retour ... Si l'on croise ce nouveau logiciel avec les initiatives fleurissant du côté de chez Scopus (Scopus Citation Tracker), sans oublier naturellement les principes d'analyse bibliométriques offerts au grand public par Google Scholar, on constate que là encore, les anciens monopoles sont en pleine reconfiguration, que de nouveaux monopoles émergent, et que les pratiques bibliométriques en général sont en voie de démocratisation, ce qui n'est par ailleurs pas nécessairement (uniquement) un bien quand on observe actuellement comment certaines lois tentent de transformer ces indicateurs en autant d'outils managériaux en voulant à toute force, hors contextes disciplinaires, et de manière univoque, transformer en critères de performance des indicateurs qui n'ont de valeur ... qu'indicative.
  • sur son blog, Enro rappelle à raison l'opacité qui prévaut dans de trop nombreuses bases de données servant à l'établissement des différents facteurs d'impact. Et en ce domaine (opacité des données collectées), Google Scholar n'a malheureusement pas grand chose à envier à Thomson scientific. Mais Google Scholar ne structure pas (encore) un marché (de le citation), ni une économie (de la publication). Thomson scientific ... si.
  • sur ce même sujet (opacité de Thomson scientific), un récent article de Nature a vu monter au créneau 3 responsables de grandes revues scientifiques. Je n'ai pas lu l'article, mais d'autres l'ont chroniqué.
  • Et puis dans la famille déjà évoquée plus haut de la-scientométrie-à-portée-de-tous, le "portail" Scimago (repéré grâce à Christophe Deschamps) propose, en s'appuyant sur les données issues de Scopus différentes visualisations et comparaisons entre différents indicateurs selon différents pays, différents journaux, etc ... Si l'outil nécessite quelques minutes de prise en main pour bien "mesurer" toutes ses potentialités, les possibilités qu'il offre sont à proprement parler r-e-m-a-r-q-u-a-b-l-e-s !! (d'autant que vous pourrez récupérer nombre de ces données directement dans un fichier excel)
  • Dans tout ce petit monde de la scientométrie, le bouleversement majeur (déjà en cours) viendra nécessairement de l'explosion des titres de journaux en Open Access : parmi d'autres indicateurs de poids, le portail DOAJ (Directory of Open Access Journals) vient d'ailleurs de franchir le cap des 3000 revues open access indexées et accessibles (rappel : les revues Open Access sont des revues avec un comité scientifique et des articles validés par des pairs et tout et tout et tout)
  • Et puis dans le vaste domaine des publications scientifiques, il est une "brique" qui tend à occuper une place de plus en plus importante : c'est celle des archives institutionnelles (institutional repositories), qui permettent à une institution de collecter et de rassembler les différentes publications de l'ensemble de ses personnels ("publication" étant ici entendu au sens large : il peut bien sur s'agir de publications dans des revues scientifiques mais également de rapports de laboratoires, d'ouvrages, de thèses, etc, etc...) A ce sujet, Charles W. Bailey vient de diffuser un document court (10 pages) intitulé : "Institutional Repositories. Tout de suite" (.pdf) Ce document est structuré comme une FAQ (foire aux questions) : qu'est-ce qu'une archive institutionnelle ? A quoi cela sert-il ? Qui en possède ? Comment en déployer une ? etc ... etc ... mais chaque réponse est complétée par des références vers un ou deux articles scientifiques ... sur la question. Bref à diffuser massivement (et à traduire ...) pour que ce document se trouve rapidement entre les mains d'un maximum de nos présidents d'université et de nos décideurs ministériels.

Fini les vacances, c'est la rentrée ...

Côté moteurs/wikipédia/knol :

  • On a donc pas mal parlé avant et pendant les vacances du projet de Google concernant son "encyclopédie" Knol : dans Ecrans, Florence Devouard s'inquiète à raison en rappelant que 50 % du traffic vient directement de Google. Google Blogoscoped y revient également en soulignant l'argument selon lequel Google ne pouvait plus accepter de voir partir tout ce traffic "non-monétisé" vers un site (wikipedia) indiquant qu'il refuserait toujours la publicité.
  • Voir aussi la rapide analyse comparative de ReadWriteWeb entre Knol, Wikia, Wikipedia et Mahalo autour des trois mamelles de l'argent, de l'attention (comme vecteur de monétisation) et de l'altruisme (comme contribution à la somme des connaissances disponibles).

Côté réseaux sociaux, moteurs de recherche et scientométrie :

  • Medline nous avait déjà habitués à son goût des interfaces innovantes. En voici une nouvelle baptisée GoPubMed qui permet, sur la base d'une recherche de faire émerger des "réseaux sociaux" à partir des noms d'auteurs d'articles et de leurs adresses de courier électronique (Via Cismef). En fait, plutôt qu'un réseau social (ce qui est l'argumentaire marketing du lancement de ce nouveau service), c'est bien de scientométrie qu'il s'agit, c'est à dire de la capacité, via un moteur sémantique, de repérer des collaboratoires, des "collèges invisibles", et de cerner en un instant sur un thème donné, l'état des publications en la matière et les chercheurs les plus en vue. Exemple : en entrant le terme "stuttering" (bégaiement) et en cliquant (à gauche dans la rubrique "What") sur "Hot topics", vous visualisez :
    • un "top 20" des auteurs ayant le plus publié sur le sujet
    • un "top 20" des publications classées par pays
    • un "top 20" des journaux dans lesquels on trouve le plus de publications en rapport avec le bégaiement
    • une courbe temporelle vous permettant de visualiser la progression (ou le recul) du nombre de publications par an sur ce sujet
    • une visualisation sous forme de graphe des réseaux de collaboration entre auteurs (répondant à la question "qui publie avec qui ?")
  • c'est à tomber par terre. Et on se prend à rêver d'un tel outil dans le cadre d'un moteur généraliste majeur à vocation scientifique (maiiiis non, pas forcément celui-là, il y a aussi celui-là). Pour mieux comprendre la puissance d'un tel outil : allez le tester, et lisez le communiqué de presse (.pdf).

Côté moteurs tout court :

  • le 7 janvier 2007, il y a donc de cela exactement un an, Jimmy Wales annonçait le lancement de Wikia, le moteur de recherche dont les résultats seraient validés par des humains. Et bien exactement un an plus tard, on nous annonce le lancement de Wikia (en version béta) pour demain, le 7 Janvier 2008 donc. A ce sujet, voir la revue de presse de Christophe Asselin. Le site de la "communauté" wikia est ici, et comme on peut le lire dans le wiki du projet, Wikia compte s'appuyer sur tout l'éventail des technologies de recherche à valeur ajoutée, à savoir la sémantique (= catégorisation), le "réseau social", l'indice de "réputation", et une infrastructure "distribuée". Lancement demain donc, et affaire à suivre de près pour ce nouveau "moteur de recherche open-source collaboratif".

Côté Bibliothèque "2.0" (ou pas ...)

  • Une conférence qui s'est tenue début Novembre à Berkeley sur le sujet des bibliothèques "2.0" avec les supports de présentation accessibles en ligne (supports présentés parfois sous forme classique - un bon vieux powerpoint - parfois sous forme "2.0" - un wiki). Pas de grande nouveauté mais cela vaut le coup de visionner la conférence inaugurale de Meridith Frakas qui embrasse bien la situation (.ppt)
  • l'un des derniers rapports du Pew Internet nous apprend (via 01.net) qu'outre-atlantique, la première raison de fréquentation des bibliothèques est ... le fait d'y trouver une connexion Internet. De quoi largement réalimenter de vieux démons débats, tant sur le taux d'équipement desdites bibliothèques dans notre bel hexagone, que sur la place des technologies d'accès dans ces enceintes et le taux de formation et d'encadrement qui est dévolu à leurs personnels.

Côté Folksonomies & Indexation sociale

Côté néologismes :

  • Saluons l'arrivée de la Zemblanité, exact opposé de la sérendipité et qui désigne "la faculté de faire de façon systématique des découvertes malheureuses, malchanceuses, attendues et n'apportant rien de nouveau." La génèse du concept et sa présentation détaillée sont disponibles sur Urfist-Infos.
  • Saluons (Via Francis Pisani) l'arrivée  de la "mobiquité" : mobilité + ubiquité. Un néologisme qui traduit bien la place de plus en plus importante qu'occupe dans notre société et dans nos comportements informationnels, l'informatique nomade et/ou ambiante.
  • Reste à savoir si ces deux néologismes entreront au panthéon linguistique aux côtés de la blingocratie.

Côté copyright, Fair-Use et autres creative commons

  • Un rapport intitulé : "Recut, Reframe, Recycle: Quoting Copyrighted Material in User-Generated Video" (.pdf). La question posée est de savoir si dans le cadre des sites de médias participatifs donnant lieu à divers remixages (exemple : YouTube), les détournements, parodies, et autres mashups de diverses oeuvres de fiction relèvent - ou non - du cadre du Fair Use (= usage équitable) et échappent donc à la législation du copyright. La réponse du rapport est claire : Oui. Il y a dans ces "oeuvres" de nouveaux éléments (détournement, transformation, remixage) qui les inscrivent dans le cadre de la constitution d'une culture populaire. "Video remix culture does not violate copyright." Les auteurs du rapport rappellent également qu'il est important de sensibiliser aussi bien les "auteurs" que les "remixeurs-amateurs" à la notion de propriété intellectuelle et d'usage équitable, pour que les premiers soient conscients de la richesse que ces remixages peuvent (parfois) apporter à leurs oeuvres, et pour que les seconds travaillent et s'amusent dans le respect de l'oeuvre des premiers. A noter : le site de présentation de l'étude est très bien fait, puisqu'en sus du téléchargement de l'étude proprement dite, il propose également une courte vidéo en rappelant les principales problématiques et conclusions, et propose également de télécharger un fichier excel du corpus de vidéos utilisées. Il propose enfin, pour chaque type de remixage (détournement, critique, débat, illustration, etc ...) les 5 vidéos les plus parlantes. Certaines d'entre elles sont réellement ... parlantes.
  • Et puis vraissemblablement à ne pas rater (je ne l'ai encore pas visionné en entier, mais il est plein d'interviews avec Yochai Benkler et ne peut donc pas être mauvais :-) un documentaire sobrement intitulé "Steal this Film" qui décrypte les enjeux liés à la notion de propriété intellectuelle et plus largement de "diffusion" dans le contexte actuel. Pour les plus pressés, plein d'extraits sur Google Vidéo, pour les autres téléchargement dans plein de formats possibles directement sur le site du documentaire. Il y en a même qui se sont déjà attelés au sous-titrage en français.

Côté traces documentaires identitaires (ou identité numérique si vous préférez) :

  • nos comportements informationnels laissent de plus en plus de place à l'égotisme forcené. Au service de cet égotisme on compte d'ailleurs de plus en plus d'outils tendant à l'illustrer (les divers outils de classement façon "top 50 de quelque chose"), à le renforcer (économie de la réputation), à en faire naître le besoin (via des interfaces navigo-ludiques dont vous êtes le centre et la circonférence), ou à en faire l'alpha et l'oméga d'un modèle économico-sociétal (facebook). C'est l'éternelle histoire de la poule et de l'oeuf.
  • Got dans ses petites cases, nous gratifie d'un éclairant billet sur FOAF (Friend Of A Friend) dont on aimerait effectivement penser que le modèle réellement ouvert qu'il incarne soit l'avenir des protocoles tournant derrière la plupart des réseaux sociaux. Mais je ne peux hélas pas m'empêcher de penser qu'il y a encore bien du chemin à parcourir ... l'heure étant plutôt pour les grosses cylindrées à la centralisation des profils propriétaires ... ce qui doit nous inciter encore davantage a faire plus de place aux initiatives alternatives et technologiquement éprouvées (dont FOAF).

Côté ressources pédagogiques :

Côté voeux, bonnes résolutions et oracles divers :

  • il y a ceux qui ne croient plus aux blogs sous leur forme actuelle (Jean-Michel Salaun et Jean Véronis) ... mais qui continuent heureusement de blogguer :-) De mon coté je reste sur le créneau de l'enthousiasme (peut-être un peu candide), même si - à l'instar des deux précédemment cités - je constate ici et là une raréfaction des pépites blogguesques, nombre de trouvailles ayant visiblement du mal à tenir sur la longueur, ce qu'on aurait du mal à leur reprocher tant il est vrai qu'en dehors d'un projet affirmé de publication (journal, auto-fiction, carnet de recherche, formation à distance), l'exercice du blog est une gymnastique chronophage, et que "le temps de blogguer" n'est pas nécessairement la chose la mieux partagée du monde. Il n'en demeure pas moins qu'en repensant à ce qu'était la pêche informationnelle d'avant et d'après le temps du blog, ce "format éditorial" a tout de même été l'occasion d'entendre de bien belles voix, et de découvrir de fort pertinentes analyses. L'avenir dira ce la forme blog deviendra, mais les potentialités, l'univers de discours offert par une petite quantité de ces "nanopublications" reste pour l'instant et de mon point de vue, essentiel.
  • il y a ceux qui comme Fred Cavazza, se livrent à leur petit exercice de prospective du nouvel an, et ceux qui comme Francis Pisani, font une revue de presse des principaux exercices du genre.

Et mes prédictions à moi ?

  • A l'instar de ce que décrit Christian Fauré à propos du service Twine, je crois que l'ensemble des acteurs majeurs de la recherche d'information (Google, Yahoo! Microsoft) et quelques-uns de leurs challengers (Exalead, Facebook) vont prendre de plus en plus nettement le grand virage de l'hybridation. Une hybridation entre :
    • des espaces et des services collaboratifs,
    • des technologies sémantiques ou sémantisées de représentation et d'agrégation des connaissances,
    • et des algorithmies de recherche "pures" (ou recherche universelle).
  • Je crois que la diversité des contenus va (enfin) atteindre un équilibre longtemps espéré entre le "texte seul" et la vidéo et l'image.
  • Je crois enfin que l'une des grandes questions en terme de recherche (notamment pour les sciences de l'information et de la communication) sera la mise au jour des nouvelles autorités cognitives qui s'articulent aujourd'hui de manière encore un peu floue derrière la monétisation (ou la non-monétsation) des services à base de connaissance (Knol, Wikipedia).
  • De mon côté je retiens comme éléments et tendances majeures de l'année écoulée : les deux nouvelles étapes de la dérives des continents documentaires que sont :
    • d'une part, la synchronisation transparente entre nos activités informationnelles connectées (on-line) et déconnectées (off-line),
    • et d'autre part, la sphère croissante d'indexabilité (notion de "graphe social" pour faire simple) de l'humain au travers de ses innombrables traces documentaires éparses sur le(s) réseau(x).
  • Ce qui me semble frappant au-delà de tout c'est l'avénement imminent et probable d'une nouvelle génération d'algorithmes ayant capacité à représenter sur un même plan des documents toujours plus fragmentaires, des traces identitaires toujours plus documentées, et à transformer toutes ces traces d'attention en vecteurs d'intentions, pour le plus grand bonheur des grandes industries culturelles et des quelques acteurs qui dominent actuellement le marché (et ce au-delà du discours geignard et misérabiliste que s'obstinent à tenir les mêmes industries culturelles). En un mot comme en cent : la redocumentarisation du monde. Il est certain qu'il va falloir être très très très attentif aux Network sciences, car elles seront le creuset plus que probable de cette nouvelle génération d'algorithmes et de modes de représentation, et qu'à mon sens, elles seules ont aujourd'hui la capacité à réunir en un même cadre d'analyse les fronts de recherche les plus innovants, les techniques d'indexation et de représentation du vivant au sens large.
  • Voilà pour le côté vivifiant et optimiste de la chose. Côté pessimiste (mon éternel côté cassandre :-); je crains que nous ne soyons confrontés à une échéance majeure, celle de la médecine personnalisée et/ou médecine "2.0" et/ou médecine désintermédiée. La montée en puissance et la position désormais établie de ces nouveaux prescripteurs planétaires que sont les moteurs de recherche d'une part, la mise à la portée du grand public des technologies de génomique (notamment à des fins d'auto-diagnostic) d'autre part, les rapprochements entre les premiers (moteurs de recherche) et les secondes (sociétés de génomique), et enfin l'engouement de plus en plus explicite chez tous les grands acteurs de l'industrie médicale (et notamment pharmaceutique) pour des modèles de diffusion et d'accès reposant sur du gratuit financé par la publicité va nécessiter, pour le moins, de grands chantiers didactiques si l'on veut éviter d'aller à coup sûr ... droit dans le mur. Va falloir se trouver dare dare un José Bové de la santé comme bien commun de l'humanité. Sinon ...

Bonne année à vous tous :-)

Sagesse gratuite et archives (temporairement) ouvertes

Sage nous avait déjà fait le coup (d'abord ici en Octobre 2006, puis en Février 2007) d'ouvrir l'ensemble de ses revues au téléchargement gratuit et quasi-illimité. Et bien il remet ça pour cette rentrée, là encore pour une période d'un mois, mais l'accès est cette fois restreint à 6 journaux du champ des sciences de l'information :

  1. IFLA Journal
  2. Journal of Librarianship and Information Science
  3. Journal of Information Science
  4. Business Information Review
  5. Information Development
  6. Journal Of Health Informatics.

Personnellement, je doute que cette tactique répétée de la "brèche virale" soit bénéfique à moyen ou long terme, même si elle rapporte à l'éditeur quelques nouveaux clients. Il est d'ailleurs probable que les nouveaux clients en question appartiennent au champ des sciences de l'information, ceci expliquant la spécificité des revues choisies ce coup-ci. Un modèle hybride (libre accès maîtrisé) serait à coup sûr beaucoup plus intéressant pour la communauté scientifique dans son ensemble ainsi que pour l'éditeur (qui créerait un véritable besoin et fidéliserait un public "qualifié" au lieu de permettre à quelques documentaliste-veilleurs-chercheurs d'étancher bien temporairement leur soif de téléchargement compulsif. En attendant ctte nécessaire et Sage réflexion ... téléchargez bien.
(Via le bien nécessaire babouin)

Le PRISM de la mauvaise foi : la guerre de l'édition scientifique expliquée à mes enfants.

Rappel des épisodes précédents :

Episode 1 : "Je vais bien tout va bien."
Le Pitch : les chercheurs écrivent des articles, les éditeurs les publient. Et revendent aux chercheurs, notamment par le biais des bibliothèques universitaires, les articles qu'ils ont écrits, mais en réalisant une marge substantielle. C'est l'âge d'or (des éditeurs).

Episode 2 : "La rebellion."
Le Pitch : les chercheurs, un peu énervés par l'augmentation des marges des éditeurs, décident d'entériner certaines pratiques consistant à s'échanger des articles, entre chercheurs, juste pour voir. Et tant qu'à y être, se disent que puisque c'est eux - les chercheurs - qui écrivent les articles, eux encore qui choisissent quels articles sont ou non recevables, eux enfin qui les lisent - les articles -  et bien ils n'ont qu'à continuer de faire ça entre eux, que ça ne devrait pas marcher beaucoup plus mal, et que ça coûtera moins cher à tout le monde. Le mouvement de l'Open Access et des archives ouvertes est né.

Episode 3 :  "Touche pas au Grisbi."
Le Pitch : les éditeurs observent les chercheurs faire mumuse dans leur coin, avec leurs petits articles et leurs petites revues. Mais petit à petit, les revues des chercheurs, les articles des chercheurs passent de moins en moins par les éditeurs, qui ne peuvent pas les revendre très cher aux chercheurs, via les bibliothèques notamment. Et là, les éditeurs font une erreur. Au lieu d'aller voir les chercheurs, de leur demander gentiment ce qui se passe, de leur expliquer que le métier d'éditeur c'est aussi un métier qui apporte quelque chose dans la production et la diffusion des connaissances scientifiques, au lieu d'essayer de voir avec les chercheurs comment s'arranger, au lieu d'écouter la demande du public (essentiellement d'autres chercheurs), les éditeurs se moquent, et pour combler leur manque à gagner, ils augmentent encore le prix des revues qu'il leur reste à vendre aux chercheurs.

Episode 4 :  "Le Pitbull."
Après avoir ignoré le mouvement de l'open access, après l'avoir assez largement sous-estimé et parfois aussi méprisé, et ne pouvant décemment pas augmenter encore le coût de la revente des articles des chercheurs, les éditeurs boudent et ne savent plus trop quoi faire. C'est alors qu'ils décident d'aller voir quelqu'un dont le métier consiste à trouver des arguments pour expliquer que fumer des cigarettes permet de réduire le trou de la couche d'ozonne, aide les fleurs à pousser dans les jardins, et permet d'éviter la réintroduction des ours dans les pyrénées (si c'est un fabriquant de cigarette qui le paye pour dire ça).

Episode 5 : "La zizanie."
Le ptich : sur les bons conseils - chèrement payés donc - de ce Tullius Detritus, les éditeurs décident donc de raconter partout que les chercheurs sont des méchants, qu'ils copient sur leurs autres copains chercheurs, que ce sont des trouillards qui veulent même pas donner leurs articles à lire à d'autres chercheurs pour que eux, les éditeurs, puisse en publier certains. Les éditeurs racontent à qui veut l'entendre que c'est le méchant gouvernement public qui fait faire des dictées aux chercheurs, pour leur indiquer quoi mettre dans leurs articles.

(A SUIVRE ...)

Cette histoire, c'est celle de l'initiative Prism, véritable opération de com(mando) qui consiste à mettre en pratique les conseils d'un sulfureux cabinet de Relations Publiques. Cette histoire c'est surtout l'histoire de la mauvaise foi. Une mauvaise foi d'autant plus absurde que - mis à part le cas de ceux qui ne se préoccupent en aucune manière de l'économie du document numérique, et qui représentent la majorité des enseignants-chercheurs - d'autant plus absurde que les chercheurs - ceux qui restent - sont des gens relativement "déniaisés" sur la question, conscients du rôle important que joue l'édition dans la collecte, le filtrage et la dissémination des connaissances, des gens qui s'efforcent de ne pas caricaturer le débat en acceptant de débattre de modèles hybrides, comme celui d'une barrière flottante permettant de fixer après un délai de temps variable, le passage en libre accès de tout ou partie d'une revue ou d'une collection (principe du "libre accès maîtrisé"). Des gens qui sont prêts à mettre clairement tous les arguments sur la table, y compris ceux (d'arguments) qui jouent a priori en faveur de l'adversaire (à titre d'exemple, on ne peut pas continuer de laisser se multiplier à l'infini le nombre de "revues" en Accès ouvert).
Alors naturellement, l'initiative PRISM fait grincer beaucoup de dents. Mais pas encore de ce côté-ci de l'atlantique. Les réactions et les débats sont donc à suivre là-bas. Pour l'essentiel sur le blog de Peter Suber, ainsi que chez Stevan Harnad. Et si vous n'avez pas le temps de tout suivre ni de tout lire, alors ne manquez surtout pas cette parodie splendide.

Rentrée des classes

Côté bibliothèques :

  • un tutoriel qui en 15 minutes par jour fera de vous un bibliothécaire 2.0.
  • les supports du congrès ABF Nantes 2007 sont (presque) tous en ligne.
  • un entretien avec Jean-Yves Mollier, à lire dans Télérama, et où il est entre autre question de l'avenir du livre et des bibliothèques. On n'y apprendra pas grand chose rien, mais la justesse de ton et la pondération sont également parfois appréciables :-)

Côté bibliothèques et moteurs :

  • les bibliothèques de l'université de Keio (Japon) rejoignent le programme Google Book Search, qui entre ainsi sur le continent asiatique. 120,000 ouvrages du domaine public sont concernés. Le nombre de bibliothèque partenaires s'établit donc désormais à 26. (Via InsideGoogleBookSearch & le communiqué de presse - .pdf - de Keio). Une étrange affordance au passage en guise de réminiscence, je connaissais le nom de l'université de Keio parce que Ted Nelson, inventeur et précurseur de l'hypertexte et d'une utopie mondiale de la connaissance baptisée Xanadu, Ted Nelson donc y était allé soutenir l'équivalent de ce que l'on nomme ici une "Habilitation à Diriger les Recherches". La signature de cet accord avec Google, dans l'ombre du passage de Ted Nelson à Keio donne à Google Books un étrange aspect d'aboutissement de Xanadu.
  • la bibliothèque de l'université Cornell se joint également au projet Google Book Search. 500 000 des 8 millions de volumes imprimés détenus par ladite bibliothèque sont concernés. Soit donc au total 27 bibliothèques partenaires.
  • Sur le même sujet, ne manquez pas l'article de Paul Duguid dans le dernier First Monday, et le commentaire avisé qu'en fait Jean-Michel Salaun.

Côté OpenAccess :

  • les dépôts OAI francophones en SHS suivent, et c'est tant mieux, une progression lente mais régulière et soutenue : voir le décompte détaillé de Marin Dacos.
  • Plus globalement d'ailleurs, le mouvement de l'open access dans sa globalité suit une courbe dramatiquement (?) ascendante.
  • Ceci expliquant sûrement cela ... la toute puissante AAP (association des éditeurs américains) lance l'initiative PRISM ("Partenariat pour l'intégrité (sic ...) de la recherche en science et médecine"). L'idée est d'alerter le public sur les présumés "risques" de la publication en Open Access. L'attaque est aussi frontale que caricaturale, en pointant les soi-disant "risques d'une censure d'état" liés à une "disparition de l'évaluation par les pairs", ce que personne, même les plus extrêmistes partisans de l'Open Access, n'a j-a-m-a-i-s ne serait-ce que suggéré. On en rirait presque, mais le pouvoir de lobbying de l'AAP est tel que l'on en est plutôt navré et inquiet. Il s'agit en fait de la mise en pratique du plan de guerre contre le libre accès, déclaré en Janvier 2007, pour lequel l'AAP avait eu recours à une agence de relations publiques aux méthodes qui pourraient n'être que tristement célèbres si elles n'étaient pas également largement discutables (désinformation, propagation de fausses rumeurs, etc, etc.). Tout cela est proprement consternant tant les arguments évoqués sont spécieux. Mais tout cela risque surtout de faire de considérables dégâts. Donc, plus que jamais, continuons le combat ... et le prosélytisme ... <Update de 5 minutes plus tard> Via Marlène - qui en parle aussi - je découvre ce billet certes partisan - de l'autre camp - mais qui résume très bien la situation et reprend nombre de réactions blogosphériques à ce sujet </Update>

Côté moteurs :

  • Google ...
  • Google fait preuve d'un appétit dont la constance confine à la boulimie. Voir la liste dressée par Christophe Asselin des acquisitions des derniers semestres. Derrière cet appétit qui peut sembler désordonné, se dessine progressivement une stratégie bien identifiée de positionnement sur le Web OS pour tout type de public et toute taille d'entreprise. De son côté, Henri Labarre nous offre une cartographie synoptique au format .pdf de ladite boulimie.
  • Et puis comme cela ne fait jamais de mal de rappeler quelques fondamentaux, une belle animation flash sur la manière dont fonctionne Google.
  • Google encore qui donne dans le tonitruand, en annoncant l'ouverture des commentaires sur Google News, pour ceux "ayant un lien" avec l'affaire commentée (sic). Nombre de journaux le font déjà, sans qu'il soit besoin de "prouver" avoir un lien quelconque avec l'affaire, mais quand Google touche au modèle média de la presse en ligne, tout le monde s'affole. Techcrunch rappelle les faits dans un billet synthétique. L'immense majorité des observateurs est plus que sceptique, à l'image de Danny Sullivan qui résume l'affaire en un mot : "Weird". Emmanuel Parody dans son analyse à laquelle je souscris entièrement, évoque une "arrogance d'un nouveau genre". Jusqu'au LATimes qui, deux jours après l'annonce, dans une tribue non-signée, compare Google à ... Osama Ben Laden :-(
  • Et les autres ...
  • Technorati s'effondre lentement mais sûrement ...
  • La tendance - ou l'idée que je crois de plus en plus vraie - qui veut que la fabrication de moteurs (indexation, rafraîchissement, parsing et autres technologies) et la fabrication d'interfaces soient deux métiers différents, cette tendance semble se confirmer avec le rapprochement de Groxis (excellentissime interface de Grokker, depuis le temps que je le dis ...) et d'Intellisearch. Pour plus de détails, voir l'article de l'Atelier.

Côté veille :

Côté web :

  • Si le web est implicite, il est aussi granulaire ou plus exactement fractal. Et les Widgets en sont la plus petite unité atomique. Techcrunch nous gratifie d'un billet synthétique sur les origines, les plateformes et les standards de ces petits widgets.
  • L'équipe d'Information Architects nous gratifie de son côté d'une belle carte (.gif) dans le genre "plan de métro", listant un grand nombre d'acteurs et de services du web actuel. Synoptique et fort utile pour repérer quelques "tendances".

Côté réseaux sociaux :

  • Nous nous étions quitté en listant ce que nous savions aujourd'hui des réseaux sociaux, et bien il y a de fortes chances pour que ces réseaux sociaux occupent une très grosse part de l'actualité webienne dans les mois à venir. Avec tout d'abord le coup de poker de Facebook, dont Google a une énorme envie et qu'il pourrait bien tenter de se payer, après que le PDG dudit Facebook a refusé l'offre de Yahoo (1 milliard de $ ...). Si le marché se concluait, Google enterrerait de facto toute possibilité d'émergence en la matière, puisqu'il est déjà par ailleurs installé (motorisation et régie publicitaire attenante) comme moteur officiel de LA plateforme concurrente MySpace. Du côté des trois grands le tableau est donc pour l'instant le suivant :
    • MSN dispose de MySpace. Leader indétrônable pour ce qui est du nombre de teenagers impliqués.
    • Yahoo! (ayant échoué à racheter Facebook) travaillerait sur un projet baptisé Mosh
    • et Google (probablement en train d'essayer de racheter Facebook) aurait de son côté une nouvelle arme fatale baptisée SocialStream (voir le billet de Techcrunch pour plus de détails, et voir aussi le site de présentation du projet SocialStream, présenté comme "réseau social unifié" et dans lequel une large place est faite à la notion de Sérendipité ...). Notons ici encore que sur ce terrain (réseau social "unifié") comme sur d'autres (recherche "universelle") ma petite théorie de la dérive des continents documentaires résiste bien à l'analyse ;-)
    • Si vous êtes un peu perdus, FredCavazza résume tout ça très bien. De mon côté, même si dit comme ça cela peut ressembler à du teasing éhonté, je pense que si FaceBook avait l'intelligence de regarder du côté d'Amazon (et réciproquement), la carte des acteurs plénipotentiaires du web actuel serait entièrement reconfigurée. J'y reviens dans un prochain billet ... enfin si je n'oublie pas et si j'ai le temps :-(
    • Et pour compléter mon dernier billet sur la question, on lira avec intérêt les deux billets que Jean-Michel consacre à cette même question : ici et .
    • Toujours sur le livre des visages (dévisage ?), à lire également la réflexion de François Bon.
    • Pour le côté business, voici une grille très détaillée vous permettant de calculer le retour sur investissement (ROI) d'un réseau social
    • A lire également, les résultats d'une étude menée sur 850 personnes de 54 pays, étude sans prétention scientifique mais qui confirme tout de même quelques orientations, dont la domination de LinkedIn dans la catégorie "réseau social professionnel".
    • On pourra également consulter la liste des réseaux sociaux disponible sur Wikipedia, en complément de celle de Dannah Boyd, ainsi que le rapport d'Avril 2007 de Forrester (.pdf), déjà signalé sur ce blog (pour les plus pressés, voir le récent résumé de Gerry Mc Kiernann)
    • Et puis ... et puis ... et puis il est des programmes de recherche auxquels on aimerait avoir participé ou dont on voudrait avoir eu l'idée, comme celui visant à établir le réseau social ... des superhéros Marvel. Le résultat est à lire sur ArXiv. Avec une grosse déception tout de même, l'étude se base sur l'apparition desdits superhéros au fil des volumes de publication et ne s'intéresse pas aux communautés elles-mêmes (Vengeurs, X-Men, etc.). Impossible donc d'avoir la preuve scientifique que le Fauve ait entretenu une relation avec Miss Hulk :-(

Côté Wikipédia :

  • La polémique (stérile) de l'été.
  • A l'occasion de sa pause estivale, Homo Numericus nous offre trois billets d'analyse sur "l'histoire politique" de Wikipedia, rédigés par Sylvain Firer-Blaess, étudiant de l’IEP Lyon : ici (1), ici (2), encore ici (3), et (4).
  • Un étudiant a mis au point un détecteur de TRDs (Tentatives de Redocumentarisation Déviantes) : pour le tester vous-même, direction le Wikiscanner (tous les journaux en ont parlé - Le Monde, Libé, etc. - mais vous pouvez bénéficier d'un rattrapage de qualité avec l'article de Christophe Deschamps, et d'une ouverture problématique fondamentale chez Jean-Michel Salaun, concernant l'urgence de réinventer le droit à l'oubli)
  • Dans le dernier numéro de First Monday, un autre étudiant s'est penché sur la qualité des citations scientifiques dans l'encyclopédie collaborative, avec deux résultats intéressants : les citations sont pour l'essentiel conformes aux normes académiques, et elles ont tendance à renvoyer majoritairement vers des revues à forte notoriété (Science et Nature en tête), ce qui ne peut effectivement que "contribuer à renforcer la crédibilité" de l'encyclopédie.
  • Et pour prolonger le débat, les 19 et 20 octobre 2007, l’association Wikimédia France organise le premier colloque francophone sur Wikipédia, à la Cité des sciences et de l’industrie sur le thème suivant : "Développer - Valider - Ouvrir". A ce jour, le programme ne fait état que de l'intitulé de 3 "séminaires" sans davantage de contenu ni d'intervenants (un sur les "réseaux d'experts" - tiens, tiens ... - un autre sur les rapports de l'encyclopédie avec le monde de l'enseignement, et un troisième sur l'épineuse question de la validation). A suivre donc ...

Côté identité/identifiants/traçabilité numérique :

  • Après les 3 lois de la robotique, les 7 lois de l'identité numérique. (Via InternetActu)
  • Un billet intéressant sur la gestion des avatars.
  • Naturellement en la matière, la clé résidera dans l'attitude, l'orientation et la marge qu'autoriseront les moteurs sur ces questions. Les habitués d'affordance retrouveront aisément sur ce blog quelques billets concernant la politique de Google en la matière, et durant cet été, Ask a annoncé son service AskEraser permettant aux utilisateurs de ne voir aucune donnée conservée durant leurs recherches. A l'inverse, le moteur Spock entend ficher les individus sur la base des informations collectées par les moteurs. Après un rapide test, il s'avère - heureusement - assez inintéressant (sauf si vous voulez connaître l'âge et le nom des épouses de différents présidents de la république de tel ou tel pays). Un million de personnes seraient ainsi "indexées" dans ce "people specific search engine". En revanche, nul doute que demain, l'un des moteurs majeurs proposera à son tour ce type de recherche.

Côté Outils :

Côté lectures / visionnages :

  • Un numéro du Journal of Computer-Mediated Communication avec notamment une section spéciale de 5 articles concernant les blogs, et quelques autres papiers intéressants autour des réseaux sociaux.
  • Le billet du gourou Nielsen qui a fait couler beaucoup d'encre blogosphérique au début de l'été : "Ecrivez des articles, pas des billets."En (très) gros, Nielsen plaide pour une expertise affirmée, au-delà de la surabondance instantannée d'information qui surgit dans la blogosphère à propos de tout ou de n'importe quoi. L'idée est que - selon Nielsen - si vous voulez affirmer votre expertise et éventuellement la monnayer au prix fort, vous devez écrire des billets longs, privilégier l' "in-depth content". Sébastien Billard résume très bien le tout.
  • « L’impact d’Internet sur l’économie de la presse : quel chemin vers la profitabilité ? » (.pdf) La thèse toute fraîche de Danielle Attias.
  • Et puis pour la bonne bouche, un petit film d'anticipation sur l'avenir du livre, lequel livre, peut-être selon un phénomène de contamination du support, devient de plus en plus "rich"-media.

Côté université :

  • Un très bon numéro spécial (.pdf) du magazine Horizons de l'AIU (Association Internationale des Universités), publié par l'Unesco, et consacré à la thématique du classement, des indicateurs et autres palmarès en vigueur (ou non) dans nos universités. Je vous recommande tout particulièrement la lecture de l'introduction de Jamil Salmi et Alenoush Saroyan, intitulée : "Les classements des universités comme instruments politiques : usages constructifs pour l'enseignement supérieur".
  • Sur le site lautrecampagne.org, une série de 5 entretiens avec des gens concernés et impliqués sur le projet de réforme des universités du gouvernement. Tous les sujets qui fâchent y sont abordés : recrutement, financement, échec en premier cycle, autonomie, etc.

Bonne rentrée à tous et toutes :-)

(Via : l'harassant dépouillement de mon agrégateur ...)

Evaluer la science ... est une science

La question de l'évaluation de la science est et a toujours été une question clé. Mais elle n'a jamais été d'autant d'actualité, et ce pour au moins deux (bonnes raisons) : primo, l'arrivée et l'essor des revues en Open Access (ainsi que l'essor en amont des champs et des perspectives de recherche, et en aval des articles soumis à publication), et deuxio, la fin d'une immunité, celle du facteur d'impact, qui s'il demeure pertinent à plus d'un titre, ne saurait aujourd'hui être la seule voie (pour tout un tas de - bonnes - raisons, dont quelques unes sont citées dans ce billet)
Pendant 2 jours (14 et 15 mai 2007), l'académie des sciences a organisé un colloque intitulé "Évolution des publications scientifiques - Le regard des chercheurs". Et là, pur bonheur, en sus du déjà très alléchant .pdf contenant les résumés de toutes les interventions, toutes les interventions sont disponibles sous forme de webcasts. Et il y en a pour tous les goûts : des présentations "institutionnelles", (Persée, Revues.org, Numdam ...) des "institutionnels" (Franck Laloé, Catherine Lupovici ...), des chercheurs (de tous les domaines mais avec une absence notable et au final agaçante tout autant que questionnante, celle des sciences humaines et sociales ...), des promoteurs des archives ouvertes, des éditeurs et dignitaires représentants du facteur d'impact.

Plusieurs sesssions dans ces deux journées, avec les thèmes suivants :

  • La révolution électronique dans les publications scientifiques
  • Analyse critique de la bibliométrie
  • Place de la bibliométrie dans l’évaluation scientifique

 Seul problème : "Combien faut-il de jours pour visionner l'intégralité filmée d'un colloque de deux jours ?"
Bé oui. Deux jours :-(
Alors pour la bonne bouche, je vous recommande une de ces interventions parmi tant d'autres, celle de Jean-François Bach, éminent biologiste et secrétaire perpétuel de l'académie des sciences, intervenant sur le thème : "Problèmes posés par l'évaluation des articles" (voir la vidéo). Une intervention qui m'a fait chaud au coeur à titre personnel puisque :

  • il raconte la même chose que moi récemment. En gros "il y trop de biais et on le sait, donc il faut ouvrir l'évaluation",
  • et il plaide pour les mêmes solutions, en gros : "que les éditeurs permettent un dépôt systématique sur les archives ouvertes et jouent ensuite sur une barrière de temps flottante pour la mise à disposition intégrale, et que les chercheurs cessent de jouer les ignorants carriéristes effarouchés (ou toute combinaison de ces trois derniers termes)."

Naturellement il le dit mieux que moi (il est éminent et je ne suis qu'affordant) et il cite de meilleurs exemples, sous prétexte que mÔsieur a été pendant 15 ans rédacteur en chef d'une revue de rang 1 en biologie éditée par Elsevier ... pfou ! une broutille vous en conviendrez ;-)
Parmi les interventions avec lesquelles je suis moins d'accord, on trouve aussi celle de Nian Cai Liu, à propos du classement complètement débile très controversé des universités selon les principes de Shangaï. Ainsi que celles de Daniel Rodriguez (Scopus, Elsevier-Masson)  (voir la vidéo). Il met en avant dans sa présentation, 6 critères qui font selon lui la valeur ajoutée du travail des éditeurs. Et là, comme premier critère, il cite ("Mais si madam', j'vous juuuuure") "l'accès au savoir" et (je cite toujours), "l'accès immédiat au savoir", arguant de la consultation chaque jour des 8 millions d'articles de ScienceDirect (et comme il aime bien les chiffres, il indique que ScienceDirect c'est : "1 million d'articles consultés chaque jour par 10 millions de chercheurs". Mais moi je dis, pour l'accès immédiat au savoir, on n'a quand même pas trouvé mieux que les archives ouvertes. Mais il est vrai que je parle là d'un accès complet et immédiat au savoir pour tous (chercheurs mais aussi citoyens), et non pas d'un accès restreint, filtré et coûteux au savoir (demandez à une BU le prix du bouquet d'abonnement à ScienceDirect ...) pour quelques heureux élus (les 10 millions de chercheurs annoncés ...).
Un bien beau colloque donc, non seulement incontournable mais aussi et surtout ... accessible gratuitement à tous :-)
Nota-Bene : dans la même veine - mais plus anglophone et moins "tout public" -, se tiendra bientôt (21 et 22 Juin) à Nancy la conférence annuelle de l’ICSTI (International Council for Scientific and Technical Information), avec pour thème : "L’évaluation et la qualification de la science : pratiques et initiatives en IST". Là encore programme de choix et débats cruciaux en perspective pour certains, dans la ligne de mire pour d'autres.
(Via MR dans UrfistInfo)

I-expo 2007

Comme annoncé, j'étais aujourd'hui de passage au salon I-Expo, invité à une session sur les archives ouvertes. Et j'étais content d'y être, notamment parce que cela fût l'occasion de croiser enfin Marlène dans la vraie vie, et aussi d'écouter Jean-Claude Guédon, professeur de littérature comparée et héraut historique du mouvement de l'Open Access. Je n'avais jusqu'ici fait que le lire et suivre ses messages dans diverses listes de discussion, et j'ai été bluffé par sa pédagogie, sa simplicité, et son don d'orateur, très canadien. Rien que pour ça, cela valait la peine de se lever à 4h du matin pour partir prendre un train annoncé à 6 heures et qui ne partirait finalement qu'à 7 heures, "faute de mécanicien". J'intervenais donc ensuite avec quelques autres dans une "vraie-fausse" table-ronde avec 3 missions qui m'avaient été confiées par les gentils organisateurs :

  • parler de la question de l'évaluation
  • être bref
  • être polémique.

Je n'avais donc pas préparé de pauvrepoint "soigné" comme je me plais parfois à vous en régaler, mais j'avais en revanche jeté pêle-mêle sur un pauvrepoint, quelques idées et anciens posts de ce blog, pour être sûr de ne rien oublier. Pauvrepoint que voici : Téléchargement spitch.ppt
Et pour me faire pardonner de ne pas trop poster ces jours-ci, je vous ajoute en note longue, cadeau bonus, la bibliographie complète sur laquelle reposent les arguments certes polémiques mais scientifiquement établis du pauvrepoint susmentionné.

Lire la suite "I-expo 2007" »

Pub ouverte

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ArchiveSIC : http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/
Archive Ouverte en Sciences de l'Information et de la Communication supportée par HAL (CCSD) propose aujourd'hui plus de 800 textes en libres accès sur le web.
En plus de la recherche par auteurs, par domaines, par mots-clés ... vous pouvez désormais effectuer une recherche "full text" (sur la totalité du texte des documents) par l'intermédiaire d'un champ situé en-dessous des menus de gauche.
N'oubliez pas ... vous pouvez déposer vos textes, il suffit de vous inscrire (menu déposer > s'inscrire) et de suivre les indications données.
Avec ArchiveSIC vous augmentez la visibilité de vos textes :

  • très bonne indexation par les moteurs de recherche
  • contrairement au "papier" (n° épuisés, pas de réédition, ...), le texte est toujours accessible
  • de janvier à mai 2007 c'est plus de 80 000 visites (passages sur le site).

Pour toute information : coordoSIC@ccsd.cnrs.fr
Gabriel Gallezot, Ghislaine Chatron, Jean-Max Noyer

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800 textes c'est déjà beaucoup, mais au regard de l'ensemble de la production des chercheurs en SIC francophones c'est sûrement dérisoire. Alors allez hop ! A vos articles, Prêts ? Déposez.

Visibilité de la science et rente à vie des formateurs à la recherche documentaire.

Le corrolaire actuel de l'immémorial "publish or perish" ** est que la "vie" des publications scientifiques est conditionnée à la possibilité et aux modalités de leur accès. Maintenant que les éditeurs scientifiques - avec notamment leurs offres de bouquet numériques - ne sont plus seuls sur ce marché, rejoints :

  • par les moteurs de recherche, Google Scholar en tête,
  • et par l'explosion des archives ouvertes et institutionnelles

maintenant donc, la visibilité et l'accessibilité (hors les offres propriétaires des éditeurs) à tout ou partie desdites publications sont les facteurs d'impact clés de l'économie scientifique et de son marché de la citation.
A ce titre la récente annonce du lancement en Juillet 2007 du moteur Scitopia.org est intéressante. Il s'agit de regrouper derrière ce moteur des sociétés savantes (13 pour l'instant) donnant accès à leurs publications avec consultation gratuite du résumé et accès au texte intégral soumis soit à un abonnement à la revue, soit à un paiement à l'acte (3 millions d'articles sont annoncés sur une période de 150 ans).
Ce lancement soulève (au moins) une question et une réflexion :

  • QUESTION : le contenu (à tout le moins les résumés) restera-t-il propriétaire et ne va-t-il pas se trouver rapidement "aspiré" dans Google Scholar ?
  • REFLEXION : cette diversification de l'offre (archives ouvertes, moteurs grand public, initiatives étatiques - persee.fr - , bouquets numériques propriétaires fermés ou semi-ouverts - cairn.info -) contribue à rendre visible une part chaque jour plus significative d'un web jadis invisible. Elle risque également d'occasionner pas mal de doublons (moindre mal). Elle risque enfin de garantir une rente à vie aux formateurs en recherche documentaire ;-)

Dans la même veine, on consultera avec intérêt le mémoire de l'Enssib (Avril 2007) : "Les accès internationaux aux travaux de recherche français. Synthèse bibliographique." (.pdf)

**Just for fun, une devinette carambar scientifique (entendue lors d'un colloque) :
Question : Vous savez pourquoi Jésus n'est jamais entré au CNRS ?
Réponse : Il n'a qu'une seule publi, et elle n'est même pas en anglais.

(Via PintiniBlog)

Pétitionnons