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ArXiview

ArXiview est une application qui vous permet de disposer d'une version "mobile" de l'archive ouverte Arxiv sur votre Iphone. Elle fait partie du milliard d'applications téléchargées sur l'Iphone.
Ne reste plus qu'à prier pour que l'accéléromètre de l'Iphone s'applique également au tempo de la publication scientifique ;-)

(Via Mobile Libraries)

Juste une question de Tempo.

PASSÉ

  • Le 27 Novembre 2005 je rédige sur mon blog établi scientifique un billet qui "acte" la dérive des continents documentaires, une petite théorie dont l'exploration me permettra d'un peu théoriser le caractère aujourd'hui indexable de l'être humain.
  • le 17 décembre 2007, je présente au CNAM dans le cadre d'un séminaire sur les réseaux sociaux une communication scientifique dont l'intitulé est : « L'homme est un document comme les autres : redocumentarisation et indexabilité au-delà des réseaux sociaux » (disponible ici)
  • Fin février 2008 je suis contacté par une collègue qui prépare la coordination d'un numéro de la revue Hermès sur la question de "l'identité numérique" et me demande de lui faire une proposition d'article sur la trame de ma présentation au CNAM.
  • Le 2 Mai 2008 j'envoie à la revue Hermès un résumé pour une proposition de communication sur ce thème. Proposition acceptée
  • Le 1er Juin 2008 j'envoie à Hermès la proposition d'article définitif.
  • Le 29 Septembre 2008, après quelques aller-retour avec le secrétariat de la revue, l'article a franchi les étapes de l'évaluation et est accepté dans sa forme définitive. 

PRÉSENT

  • Le 10 Avril 2009 paraît le numéro 53 de la revue Hermès, contenant ledit article sous le titre :  "L'homme, un document comme les autres". 25 euros.
  • (Rappel légèrement hors-sujet : l'auteur - moi - ne touche rien. Le 25 euros servent à couvrir les frais d'édition et - dans certains cas - de secrétariat de rédaction. Le referees - relecteurs - non plus ne sont pas payés ... je ne précise pas cela pour vous mais pour mon ami Christophe Barbier qui croit qu'on est tout le temps payé, même quand on fait grève)
  • Accompagnant la livraison de "mon exemplaire auteur", le courrier reçu du secrétariat de rédaction de la revue Hermès, daté du 10 Avril 2009 stipule : "Dans 2 ans, votre article sera mis en ligne sur Internet (sur le site de l'Inist), de même que les articles des autres contributeurs du n°53 (et que l'ensemble des autres numéros d'Hermès). Cela afin de diffuser les résultats de vos recherches le plus largement possible.(sic)"

FUTUR

  • 10 Avril 2011 : mon article, présenté sous forme de séminaire en décembre 2007, rédigé dans sa forme finale en Septembre 2008, publié en Avril 2009 dans une revue papier est disponible sur Internet en Avril 2011 ... soit 4 ans plus tard. 

De Décembre 2007 à Avril 2011. J'ignore si en Avril 2011 l'homme sera, ou non, un document comme les autres. Ce que je sais c'est que comme JE ne suis pas payé pour écrire cet article, comme JE ne touche aucun poucentage sur les ventes, comme IL s'agit de recherche "publique", comme ILS (les referees et coordinateurs scientifiques de la publication) ne sont pas payés non plus, IL devrait être possible pour l'organisme public qu'est le CNRS (au travers de sa maison d'édition, CNRSéditions) de trouver de quoi payer l'impression, les frais du secrétariat de rédaction de la revue Hermès, ainsi que la diffusion minimale de la même revue. Plus précisément, concernant les résultats de la recherche PUBLIQUE, je trouve qu'il est un peu dommage que la revue Hermès - qui est dans notre champ une référence - n'offre pas à ses auteurs la possibilité, a minima, de déposer les métadonnées de l'article et la version préprint (= la version initialement soumise AVANT les aller-retour éditoriaux entre les reviewers, l'auteur et/ou le secrétariat de rédaction) dans une archive ouverte. D'autant que côté Archives Ouvertes au CNRS, y'a pas non plus à chercher très loin pour en trouver une

Chacun sa route, chacun son chemin
.
... Le travail du chercheur est de creuser inlassablement certains sillons : dans son laboratoire, sur sa paillasse, dans sa cuisine, et parfois même sur son blog. Ce qui, pour la problématique essentielle de l'article publié par la revue Hermès, est le cas depuis environ fin 2005.
... Le rôle des conférences scientifiques est de permettre de présenter une vision un tant soit peu élaborée de ce patient labourage, devant ses pairs. Et d'en débattre. Et d'y nouer des contacts. Et d'y donner l'essor à des projets de publication scientifique (entre autres). Rôle ici joué par le séminaire du CNAM.
... Le rôle des éditeurs scientifiques est de stabiliser et de fixer les connaissances dans le cadre strict de l'évaluation par les pairs. Rôle ici joué par la revue Hermès. Mais ce rôle est aussi, me semble-t-il, d'en assurer la diffusion la plus large possible, sinon auprès du grand public, à tout le moins auprès des communautés scientifiques possiblement concernées (en évitant si possible certaines pratiques mafieuses). Communautés de plus en plus large du fait de la transdisciplinarité de plus en plus fondamentale (et en un sens fondatrice) qui traverse l'ensemble des connaissances produites aujourd'hui. Cette dernière mission (diffusion la plus large possible) paraît a fortiori naturelle quand l'éditeur est également un organisme de recherche publique, le CNRS en l'occurence pour la revue Hermès.

Si, si. C'est possible. (Et ça c'est cadeau).
Il est aujourd'hui techniquement et contractuellement possible de diffuser dès sa parution un article scientifique. Trop peu d'auteurs le font pourtant. Les raisons sont nombreuses : frilosité des éditeurs à leur signaler cette possibilité, idées reçues et poncifs entretenus, ignorance des enjeux et des moyens, manque de temps, de formation, etc ... Pourtant des revues (DOAJ), des institutions au double sens du terme (MIT) et des universités partout dans le monde (en belgique notamment) sont de plus en plus nombreuses à donner l'exemple.

Juste une question de tempo.
La question des modèles économiques de l'édition scientifique universitaire est une chose. Le droit au libre accès immédiat aux résultats de la recherche financée sur fonds publics en est une autre, et ce indépendamment même des questions (par ailleurs importantes) de visibilité institutionnelle ou de carrière personnelle. Comme autant de variations sur un même thème il est autant de problèmes connus que de solutions possibles : embargo, barrière flottante, dépôt immédiat des métadonnées pour en permettre le moissonnage, obligation de dépôt en archives institutionnelles (quand les universités en possèdent une ...), et quelques autres (variantes) encore. Et comme le dit la vieille devise Shadock : "S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème". Mais là n'est pas à mon sens la question essentielle. La question n'est d'ailleurs même plus de savoir combien de temps encore ce tempo là de la publication scientifique sera raisonnablement acceptable, économiquement rentable et épistémologiquement cohérent. La question est ailleurs. La question est celle du tempo.
Le tempo des auteurs à l'heure de leur immédiat de recherche. 
Le tempo des éditeurs et diffuseurs à l'heure de l'in-média.
La question est celle de savoir si oui ou non on décide aujourd'hui de délibérement priver le champ scientifique des possibilités offertes d'une transmission et d'une fabrication de la science in medias res.

Hermes

<Update de qques jours plus tard> Voir également :

</Update>

(Temps de rédaction de ce billet : 3 heures)

Le marketing des archives ouvertes

J'étais l'autre jour (11 Mars) sur Toulouse à l'occasion d'un stage ENSSIB sur le "Marketing des bibliothèques". J'y intervenais de mon côté pour faire un point sur "Le Marketing des archives ouvertes".
Résultat :

Voir également la prestation (remarquable et remarquée) d'Olivier Tacheau : "Marketing des BU : Libqual + à Angers."

ArchiveSic : 1000ème texte

Et le 1000ème texte sur ArchiveSic (archive ouverte en sciences de l'information et de la communication) est ...
1000texteAsic

"Le libre accès à la littérature scientifique : un bien commun aux chercheurs ouvert au public." d'Hélène Bosc. La boucle est bouclée. Longue vie à ArchiveSic :-)

Vous aimez les classements Président ? Et bien classons !

Le président de l'égo-république et sa ministre de l'encrassement supérieur aiment bien les classements. Et ils se plaisent à nous le répéter, en matière de recherche, la France est mal classée. Très mal classée. Loin derrière les Etats-Unis mais aussi loin derrière le Royaume-Uni. Voilà pour le classement de Shangaï (dont tous les gens sérieux - même de droite -  s'accordent aujourd'hui à reconnaître sinon l'inanité, du moins l'inefficience pour un pilotage de la recherche s'il est envisagé isolément).
Oui mais il est figurez-vous d'autres classements dans lesquels la France se retrouve devant les Etats-Unis, devant le Royaume-Uni, devant le célébrissime MIT. Ah ben oui les classements ... tout dépend lesquels on regarde et comment ils sont faits. En l'occurence il s'agit du "Ranking Web of World Repositories" mené depuis plusieurs années par un groupement de laboratoires de recherche espagnols, et qui mesure la "visibilité" des différents dépôts d'archives ouvertes sur la planète.
En voici les résultats :
Classement
Vous noterez donc que la France occupe la 3ème et la 6ème place, et que plus globalement les archives ouvertes francophones sont bien représentées grâce à nos amis helvètes (au total 4 places dans le "top 10").
Les crières choisis (correspondant aux 4 colonnes) valent le coup que l'on s'y arrête un instant pour bien comprendre l'enjeu d'un tel classement :

Alors plutôt que d'entraîner les universitaires vers des "objectifs" dont ils ne veulent pas et qu'ils ne pourront de toute façon jamais atteindre (surtout dans le nouveau cadre de la LRU), c'est à dire un dogme étatique de la "course à la publi" et une autonomie "caporaliste" d'abrutissement comptable, peut-être vaudrait-il mieux soutenir significativement les initiatives du monde des archives ouvertes qui, elles, poursuivent un double objectif qui devrait être prioritairement commun à l'universitaire ET au politique : accroître la visibilité de la recherche française ET faire de cette visibilité un atout dans la construction d'une société de la connaissance et du partage des savoirs.

Je mesure donc je publie ...

Publish or perish. On parle beaucoup ces derniers temps de scientométrie et d'évaluation de la recherche.
Concernant la réforme des universités tout d'abord. Le dernier rapport de l'AERES met les labos de recherche des universités en ébullition : chacun compte ses publis et les publis de ses collègues et autant vous dire que si l'effet recherché par cette grille de lecture était de déclencher une saine émulation, c'est parfaitement raté ...
Même au CNRS (où les gens ont le temps de publier ... ce qui est hélas de moins en moins le cas à l'université, tâches administratives et d'enseignement obligent), l'heure est à la fronde. Voilà pour l'agitation "politique" autour de l'évaluation. Côté scientifique, plusieurs articles et rapports permettent d'avoir une vue plus claire de la situation :

  • "The first mover advantage in scientific publication", publié au début du mois sur ArXiv, montre que quel que soit le champ scientifique concerné, les modèles mathématiques sous-jacents à l'évaluation du facteur d'impact offrent une très nette prime au premier entrant. Un article publié au début d'une thématique scientifique recevra, de toute façon, un nombre significativement plus élevé de citations que les autres. Prime à l'antériorité donc, qui n'est pas nécessairement synonyme de qualité.
  • "Characteristics of Open Access Web Citation Network: A Multidisciplinary Study, presented at COLLNET 2008 (Berlin, July 28-August 1, 2008)"(.pdf) s'intéresse à la manière dont sont cités les publications des journaux en Open Access. Voir le compte rendu de Gabriel sur Urfist Info.
  • La VRS (Vie de la recherche scientifique) publie un numéro dont le dossier central est consacré aux questions d'évaluation : n⁰374 (.pdf). Voir aussi le compte-rendu qu'en fait l'un des auteurs sur son blog.
  • Un numéro entier de la revue Ethics in Science and Environmental Politics est là encore consacré à l'évaluation et aux indicateurs. L'ensemble des articles de ce numéro sont disponibles en accès libre. J'en retiens principalement 3. Primo : "Challenges for scientometric indicators: data demining, knowledge flows measurements and diversity issues" (.pdf) qui plaide pour un "déminage" des données bibliométriques (jolie référence au "data mining") et une ouverture à de nouveaux indicateurs rendant compte de la dynamique actuelle et des nouveaux modes de publications. Deuxio : "Google Scholar as a new source for citation analysis" (.pdf) qui montre la relative priximité des métriques issues de l'ISI (facteur d'impact) et le service offert par Google Scholar (en écho, on pourra relire mes propres considérations sur le sujet). Tertio : "Validating research performance metrics against peer rankings" (.pdf), de Stevan Harnad. Il y revient sur les "promising new online
    metrics such as download counts, hub/authority scores and growth/decay chronometrics" et revient sur l'opportunité offerte par le "UK Research Assessment Exercise 2008" (évaluation nationale de la recherche au Royaume-Uni), programme dans lequel "a full spectrum of metrics can be jointly tested, field by field, against peer rankings."

Et puis si vous n'avez pas le temps pour toutes ces lectures, alors n'en faites qu'une seule : "Du mauvais usage de faux-indicateurs" (.pdf) : une note de recherche passionnante de Yves Gingras dont je vous livre quelques extraits de la conclusion :
Biblio
Et plus loin :
Biblio2

(Temps de rédaction de ce billet : 1h15)

Disséminer ou périr.

En novembre 2007 s'est tenu à l'université de Berkeley un séminaire intitulé "L'université comme éditeur". Les actes ne sont malheureusement pas (encore) disponibles mais un document de compte-rendu (.pdf) rappelle quelques conclusions importantes de ce séminaire :

  • "il faut distinguer la dissémination informelle de la publication formalisée."
  • "il faut s'inscrire au plus près des disciplines pour proposer des modèles de publication et de dissémination différents."
  • "il faut accorder une reconnaissance aux diverses formes de dissémination qui émergent dans l'université et proposer un large spectre de formes alternatives de publication, de modèle d'affaire, et de revue par les pairs."

Sur ce dernier point (à mon avis essentiel), Ghislaine Chartron dans son article "Une économie renouvelée de la publication scientifique"** indiquait déjà que "Les évolutions de la publication scientifique concernent également un ensemble de pratiques innovantes portées directement par les usagers, par exemple les nouvelles revues, les archives, les bloc-notes de chercheurs. Cette innovation ascendante ne peut plus être ignorée dans les transformations en cours".
Outre les bloc-notes (blogs) de chercheurs et d'enseignants et les archives institutionnelles, le séminaire de Berkeley ajoute la diffusion de cours et de conférences sous forme de podcast parmi les actions essentielles de dissémination.
Le paysage (complexe) qui se dessine est donc le suivant : à l'adage toujours applicable aux chercheurs du "Publish or Perish", correspond désormais pour leurs structures de rattachement un adage semblable : "Disséminer ou périr". Un tableau qui ne fonctionne pas en opposition mais en hybridation : si de nombreuses universités (via leurs "presses" notamment) prenaient déjà en charge nombre d'actions de publication, de plus en plus de chercheurs sont aujourd'hui les éléments moteurs d'opérations de dissémination.  Dans un cas (dissémination) comme dans l'autre (publication), le succès de l'un (université ou chercheur) dépend : de la bonne volonté, des compétences affirmées ou construites et de la détermination "politique" de l'autre (chercheur ou université). Or c'est précisément cette logique d'hybridation réciproque qui est complexe à mettre en place. Un juste dosage entre une politique de formation volontariste et des mesures incitatives (obligation de dépôt) devraient permettre d'y arriver.

Ce séminaire s'inscrit dans un projet d'envergure du Center for Studies in Higher Education et de la fondation Andrew Mellon, projet qui vise à proposer (notamment) une typologie des modes actuels de publication et d'évaluation. Divers autres documents complémentaires sur ce projet sont disponibles (.pdf) : "planning proposal",  "final report" et nouveau "project proposal"


**
Ghislaine Chartron, "Une économie renouvelée de la publication scientifique" in Perspective documentaire en éducation 62:21-29, (2006-09-01), en ligne.

(Source : Prosper // Temps de rédaction de ce billet : 40 minutes)

Open Access (liens en vrac ...)

Plein de choses à blogguer en attente depuis longtemps ... attendez-vous donc à quelques billets sous forme de "revue de liens". Commençons par l'Open Access :

  • un ouvrage vient de paraître : Developping Open Access Journals : A Practical Guide. L'ouvrage n'est pas en Open Access mais la table des matières est disponible (.pdf) ainsi qu'une page de liens basiques mais incontournables sur le sujet
  • pendant ce temps, à l'université d'Harvard, on se prépare à voter une mesure permettant à l'université de "distribute their scholarship online, instead of signing exclusive agreements with scholarly journals that often have tiny readerships and high subscription costs." Le résultat du vote ne sera connu que demain (update sur ce billet à prévoir donc) mais le simple fait qu'une institution universitaire se prépare à franchir ce cap est très significatif du bouleversement irrémédiable qui est en train de toucher le secteur de l'édition scientifique (via le NYTimes - traduction disponible chez Hervé Bienvault - et le Chronicle). Les textes ainsi mis à disposition le seraient sur l'archive institutionnelle de l'établissement. De leur côté, les auteurs des articles garderont la totalité de leurs droits et auront naturellement la possibilité de soumettre leur article aux revues de leurs choix, y compris des revues payantes. Ce qui me semble particulièrement intéressant dans cette nouvelle, au-delà même de la portée symbolique d'un tel engagement en provenance d'une université aussi prestigieuse qu'Harvard, c'est - comme le souligne l'article du NYTimes - la mise en place d'une procédure systématique d'opt-out institutionnelle, pilotée par la bibliothèque universitaire. Soit deux règles d'or : l'opt-out tout d'abord, seule procédure apte à donner au mouvement Open Access la capacité d'atteindre un seuil critique qui obligera les éditeurs (payants) à revoir radicalement leurs politiques tarifaires, le pilotage de la BU ensuite, car d'eux-mêmes les chercheurs - pour des raisons sur lesquelles il serait trop long de s'attarder - ne prendront jamais en charge à eux seuls cette possibilité pourtant réelle d'émancipation.
  • pour rester sur le créneau des nouveaux modèles éditoriaux, notamment induits par le mouvement de l'Open Access, cet article de George Siemens, "Scholarship in an age of participation", décrit et modélise en détail ce que devrait être la publication académique "ouverte et participative" autour de 6 principes fondamentaux : "1. Two-fold model: peer-reviewed and informal commons / 2.Open reviews / 3.Meta-Reviews / 4.Discussion / 5.Annotation / 6.Journal as community". Il propose également une très intéressante modélisation du circuit de publication à l'aune de ces principes.
  • Journal (cliquez pour agrandir)
  • Pendant ce temps, d'autres jeunes mais talentueux (et "reconnus") universitaires, à  l'image de leurs glorieux aînés, appelent clairement à boycotter les "lock-down academic journals", c'est à dire les journaux n'autorisant pas (ou alors après un délai excessivement long) la mise en libre accès des articles qu'ils publient. L'universitaire en question est Danah Boyd (grande prêtresse des réseaux sociaux), et le glorieux aîné est Lawrence Lessig (professeur de Droit à Stanford, et à l'origine - avec d'autres - des licences Creative Commons) qui avait lancé un appel similaire en Mars ... 2005.
  • Pendant ce temps ... l'association européenne des universités (représentant, tout de même, 791 universités dans 46 pays) vient d'entériner une recommandation pour une obligation d'auto-archivage : en clair il faut imposer aux chercheurs de déposer leurs articles, TOUS leurs articles, dans l'archive institutionnelle de l'université (et donc il faut aussi imposer à toutes les unviersités de disposer d'une archive institutionnelle ...). Le seul "embargo" possible portant sur la date à laquelle l'article sera effectivement consultable gratuitement sur ladite archive, mais sans accepter d'embargo (des éditeurs) sur la date du dépôt. Cette approche a un avantage principal : elle permet d'indexer et de rendre disponible rapidement au moins les métadonnées de l'article. Le texte intégral de la recommandation est à lire chez Stevan Harnad himself. Cette recommandation insiste en particulier sur l'intérêt de cette approche pour le leadership des universités, un argument réel, admis par tout le monde y compris par certains détracteurs de l'Open Access, mais un argument qui laisse étrangement insensible les (quelques) décideurs et autres présidents d'université (ou vice-présidents) que j'ai eu l'occasion de rencontrer. C'est dommage, pour ne pas dire consternant, que l'institution universitaire (particulièrement en France) mette tant de temps à comprendre que la logique qui prévaut aujourd'hui dans l'ensemble des réseaux (y compris de recherche) est conditionnée, AVANT TOUT, à des logiques d'accès et de visibilité, et que l'Open Access est une formidable occasion de maîtriser et de garder le contrôle sur ce processus de mise en visibilité des résultats de la recherche. (Via OpenAccessInist)
  • Sur le même sujet, le projet Driver vient de mettre en ligne 3 ouvrages portant, pour le premier, sur un inventaire des archives en Europe, pour le deuxième sur les problématiques liées à la création, au développement et à la viabilité des réservoirs numériques, et pour le troisième sur les normes, standards et protocoles existants dans le domaine (Via Inist).
  • Pendant ce temps ... les Presses Universitaires de Cambridge publient un ouvrage intitulé Against Intellectual Monopoly. Les auteurs (deux économistes) démontrent qu'à l'inverse de l'idée habituellement admise selon laquelle le "copyright" serait nécessaire pour préserver l'innovation, il s'agit en fait davantage d'un monopole intellectuel gouvernemental qui "constitue un frein à l'innovation, à la croissance, à la prospérité et à la liberté." Bref des trucs que même Joe le Taxi Jacques Attali n'aurait pas osé écrire :-) L'ouvrage est disponible intégralement et dès maintenant en libre accès. La version papier sortira en Juillet 2008. (Via DigitalKoans)
  • Sur le même sujet mais adoptant un point de vue (beaucoup) plus large et englobant, le dernier ouvrage de Lawrence Lessig (dont on parlait plus haut) s'intitule "The Future of Ideas" est disponible en ligne, sous licence creative commons, à l'image de ses deux ouvrages précédents dont l'incontournable FreeCulture (via Pintini).

Bon ben voilà. Si après tout cela vous n'êtes pas convaincus de l'intérêt de l'Open Access, j'entre officiellement en dépression. Plus sérieusement, ce mouvement de grande amplitude (qui semble donc récemment boosté par quelques-unes des belles initiatives listées dans ce billet) va permettre, sous peu de disposer d'un fantastique réservoir planétaire interopérable de ressources documentaires scientifiques. Même les plus puissants moissonneurs ne suffiront probablement pas pour en extraire la substantifique moelle (en un temps plus court que celui de la vie d'un chercheur lambda s'entend). Attendons-nous donc de ce côté-là à voir un très probable regain d'intérêt et de développements applicatifs du côté des moteurs de recherche et des outils et interfaces de visualisation, comme en témoigne le projet annoncé d'Intute d'un moteur permettant dans un premier temps de fouiller toutes les archives institutionnelles du Royaume-Uni, et dans un second temps d'y appliquer des logiques de dédoublonnage (en deça desquelles se profilent par ailleurs des problèmes de "versioning" qui vont devenir extrêmement complexes et stimulants) et d'agrégation sémantique (clusterisation notamment).
Voilà voilà ... à la louche vous en avez pour un petit millier de pages de lecture. Bonnes vacances ;-)

Scientométrie

La question de la mesure (qualitative et quantitative) de la science est d'abord celle de la validité et de la fiabilité des instruments de mesure le permettant. Au premier rang desquels les différents indices de citation. En ce domaine, les choses bougent notablement ces derniers temps :

  • Thomson lance un forum de discussion pour débattre du facteur d'impact. Etant donné les enjeux économiques colossaux liés au marché de la citation scientifique et étant donné la position de leader de Thomson sur ce marché, on ne s'étonnera guère de pouvoir y lire des avis disons ... partisans. Mais l'initiative reste louable et atteste que, lentement mais sûrement, les esprits évoluent et l'aspect monolithique de l'actuel facteur d'impact se fissure progressivement. (Communiqué de presse de Thomson)
  • autre avancée significative vers une "science 2.0", le logiciel E-Prints se dote d'un module additionnel permettant aux usagers de commenter les articles scientifiques déposés sur les plateformes tournant sous E-Prints
  • Eugène Garfield, le père de l'analyse bibliométrique, a lancé en Octobre dernier sa société et son logiciel baptisé "HistCite", "a bibliometric analysis and visualization software". Une version de démo de 30 jours est disponible gratuitement. Si quelqu'un à le temps d'aller tester et de nous faire un rapide retour ... Si l'on croise ce nouveau logiciel avec les initiatives fleurissant du côté de chez Scopus (Scopus Citation Tracker), sans oublier naturellement les principes d'analyse bibliométriques offerts au grand public par Google Scholar, on constate que là encore, les anciens monopoles sont en pleine reconfiguration, que de nouveaux monopoles émergent, et que les pratiques bibliométriques en général sont en voie de démocratisation, ce qui n'est par ailleurs pas nécessairement (uniquement) un bien quand on observe actuellement comment certaines lois tentent de transformer ces indicateurs en autant d'outils managériaux en voulant à toute force, hors contextes disciplinaires, et de manière univoque, transformer en critères de performance des indicateurs qui n'ont de valeur ... qu'indicative.
  • sur son blog, Enro rappelle à raison l'opacité qui prévaut dans de trop nombreuses bases de données servant à l'établissement des différents facteurs d'impact. Et en ce domaine (opacité des données collectées), Google Scholar n'a malheureusement pas grand chose à envier à Thomson scientific. Mais Google Scholar ne structure pas (encore) un marché (de le citation), ni une économie (de la publication). Thomson scientific ... si.
  • sur ce même sujet (opacité de Thomson scientific), un récent article de Nature a vu monter au créneau 3 responsables de grandes revues scientifiques. Je n'ai pas lu l'article, mais d'autres l'ont chroniqué.
  • Et puis dans la famille déjà évoquée plus haut de la-scientométrie-à-portée-de-tous, le "portail" Scimago (repéré grâce à Christophe Deschamps) propose, en s'appuyant sur les données issues de Scopus différentes visualisations et comparaisons entre différents indicateurs selon différents pays, différents journaux, etc ... Si l'outil nécessite quelques minutes de prise en main pour bien "mesurer" toutes ses potentialités, les possibilités qu'il offre sont à proprement parler r-e-m-a-r-q-u-a-b-l-e-s !! (d'autant que vous pourrez récupérer nombre de ces données directement dans un fichier excel)
  • Dans tout ce petit monde de la scientométrie, le bouleversement majeur (déjà en cours) viendra nécessairement de l'explosion des titres de journaux en Open Access : parmi d'autres indicateurs de poids, le portail DOAJ (Directory of Open Access Journals) vient d'ailleurs de franchir le cap des 3000 revues open access indexées et accessibles (rappel : les revues Open Access sont des revues avec un comité scientifique et des articles validés par des pairs et tout et tout et tout)
  • Et puis dans le vaste domaine des publications scientifiques, il est une "brique" qui tend à occuper une place de plus en plus importante : c'est celle des archives institutionnelles (institutional repositories), qui permettent à une institution de collecter et de rassembler les différentes publications de l'ensemble de ses personnels ("publication" étant ici entendu au sens large : il peut bien sur s'agir de publications dans des revues scientifiques mais également de rapports de laboratoires, d'ouvrages, de thèses, etc, etc...) A ce sujet, Charles W. Bailey vient de diffuser un document court (10 pages) intitulé : "Institutional Repositories. Tout de suite" (.pdf) Ce document est structuré comme une FAQ (foire aux questions) : qu'est-ce qu'une archive institutionnelle ? A quoi cela sert-il ? Qui en possède ? Comment en déployer une ? etc ... etc ... mais chaque réponse est complétée par des références vers un ou deux articles scientifiques ... sur la question. Bref à diffuser massivement (et à traduire ...) pour que ce document se trouve rapidement entre les mains d'un maximum de nos présidents d'université et de nos décideurs ministériels.

Fini les vacances, c'est la rentrée ...

Côté moteurs/wikipédia/knol :

  • On a donc pas mal parlé avant et pendant les vacances du projet de Google concernant son "encyclopédie" Knol : dans Ecrans, Florence Devouard s'inquiète à raison en rappelant que 50 % du traffic vient directement de Google. Google Blogoscoped y revient également en soulignant l'argument selon lequel Google ne pouvait plus accepter de voir partir tout ce traffic "non-monétisé" vers un site (wikipedia) indiquant qu'il refuserait toujours la publicité.
  • Voir aussi la rapide analyse comparative de ReadWriteWeb entre Knol, Wikia, Wikipedia et Mahalo autour des trois mamelles de l'argent, de l'attention (comme vecteur de monétisation) et de l'altruisme (comme contribution à la somme des connaissances disponibles).

Côté réseaux sociaux, moteurs de recherche et scientométrie :

  • Medline nous avait déjà habitués à son goût des interfaces innovantes. En voici une nouvelle baptisée GoPubMed qui permet, sur la base d'une recherche de faire émerger des "réseaux sociaux" à partir des noms d'auteurs d'articles et de leurs adresses de courier électronique (Via Cismef). En fait, plutôt qu'un réseau social (ce qui est l'argumentaire marketing du lancement de ce nouveau service), c'est bien de scientométrie qu'il s'agit, c'est à dire de la capacité, via un moteur sémantique, de repérer des collaboratoires, des "collèges invisibles", et de cerner en un instant sur un thème donné, l'état des publications en la matière et les chercheurs les plus en vue. Exemple : en entrant le terme "stuttering" (bégaiement) et en cliquant (à gauche dans la rubrique "What") sur "Hot topics", vous visualisez :
    • un "top 20" des auteurs ayant le plus publié sur le sujet
    • un "top 20" des publications classées par pays
    • un "top 20" des journaux dans lesquels on trouve le plus de publications en rapport avec le bégaiement
    • une courbe temporelle vous permettant de visualiser la progression (ou le recul) du nombre de publications par an sur ce sujet
    • une visualisation sous forme de graphe des réseaux de collaboration entre auteurs (répondant à la question "qui publie avec qui ?")
  • c'est à tomber par terre. Et on se prend à rêver d'un tel outil dans le cadre d'un moteur généraliste majeur à vocation scientifique (maiiiis non, pas forcément celui-là, il y a aussi celui-là). Pour mieux comprendre la puissance d'un tel outil : allez le tester, et lisez le communiqué de presse (.pdf).

Côté moteurs tout court :

  • le 7 janvier 2007, il y a donc de cela exactement un an, Jimmy Wales annonçait le lancement de Wikia, le moteur de recherche dont les résultats seraient validés par des humains. Et bien exactement un an plus tard, on nous annonce le lancement de Wikia (en version béta) pour demain, le 7 Janvier 2008 donc. A ce sujet, voir la revue de presse de Christophe Asselin. Le site de la "communauté" wikia est ici, et comme on peut le lire dans le wiki du projet, Wikia compte s'appuyer sur tout l'éventail des technologies de recherche à valeur ajoutée, à savoir la sémantique (= catégorisation), le "réseau social", l'indice de "réputation", et une infrastructure "distribuée". Lancement demain donc, et affaire à suivre de près pour ce nouveau "moteur de recherche open-source collaboratif".

Côté Bibliothèque "2.0" (ou pas ...)

  • Une conférence qui s'est tenue début Novembre à Berkeley sur le sujet des bibliothèques "2.0" avec les supports de présentation accessibles en ligne (supports présentés parfois sous forme classique - un bon vieux powerpoint - parfois sous forme "2.0" - un wiki). Pas de grande nouveauté mais cela vaut le coup de visionner la conférence inaugurale de Meridith Frakas qui embrasse bien la situation (.ppt)
  • l'un des derniers rapports du Pew Internet nous apprend (via 01.net) qu'outre-atlantique, la première raison de fréquentation des bibliothèques est ... le fait d'y trouver une connexion Internet. De quoi largement réalimenter de vieux démons débats, tant sur le taux d'équipement desdites bibliothèques dans notre bel hexagone, que sur la place des technologies d'accès dans ces enceintes et le taux de formation et d'encadrement qui est dévolu à leurs personnels.

Côté Folksonomies & Indexation sociale

Côté néologismes :

  • Saluons l'arrivée de la Zemblanité, exact opposé de la sérendipité et qui désigne "la faculté de faire de façon systématique des découvertes malheureuses, malchanceuses, attendues et n'apportant rien de nouveau." La génèse du concept et sa présentation détaillée sont disponibles sur Urfist-Infos.
  • Saluons (Via Francis Pisani) l'arrivée  de la "mobiquité" : mobilité + ubiquité. Un néologisme qui traduit bien la place de plus en plus importante qu'occupe dans notre société et dans nos comportements informationnels, l'informatique nomade et/ou ambiante.
  • Reste à savoir si ces deux néologismes entreront au panthéon linguistique aux côtés de la blingocratie.

Côté copyright, Fair-Use et autres creative commons

  • Un rapport intitulé : "Recut, Reframe, Recycle: Quoting Copyrighted Material in User-Generated Video" (.pdf). La question posée est de savoir si dans le cadre des sites de médias participatifs donnant lieu à divers remixages (exemple : YouTube), les détournements, parodies, et autres mashups de diverses oeuvres de fiction relèvent - ou non - du cadre du Fair Use (= usage équitable) et échappent donc à la législation du copyright. La réponse du rapport est claire : Oui. Il y a dans ces "oeuvres" de nouveaux éléments (détournement, transformation, remixage) qui les inscrivent dans le cadre de la constitution d'une culture populaire. "Video remix culture does not violate copyright." Les auteurs du rapport rappellent également qu'il est important de sensibiliser aussi bien les "auteurs" que les "remixeurs-amateurs" à la notion de propriété intellectuelle et d'usage équitable, pour que les premiers soient conscients de la richesse que ces remixages peuvent (parfois) apporter à leurs oeuvres, et pour que les seconds travaillent et s'amusent dans le respect de l'oeuvre des premiers. A noter : le site de présentation de l'étude est très bien fait, puisqu'en sus du téléchargement de l'étude proprement dite, il propose également une courte vidéo en rappelant les principales problématiques et conclusions, et propose également de télécharger un fichier excel du corpus de vidéos utilisées. Il propose enfin, pour chaque type de remixage (détournement, critique, débat, illustration, etc ...) les 5 vidéos les plus parlantes. Certaines d'entre elles sont réellement ... parlantes.
  • Et puis vraissemblablement à ne pas rater (je ne l'ai encore pas visionné en entier, mais il est plein d'interviews avec Yochai Benkler et ne peut donc pas être mauvais :-) un documentaire sobrement intitulé "Steal this Film" qui décrypte les enjeux liés à la notion de propriété intellectuelle et plus largement de "diffusion" dans le contexte actuel. Pour les plus pressés, plein d'extraits sur Google Vidéo, pour les autres téléchargement dans plein de formats possibles directement sur le site du documentaire. Il y en a même qui se sont déjà attelés au sous-titrage en français.

Côté traces documentaires identitaires (ou identité numérique si vous préférez) :

  • nos comportements informationnels laissent de plus en plus de place à l'égotisme forcené. Au service de cet égotisme on compte d'ailleurs de plus en plus d'outils tendant à l'illustrer (les divers outils de classement façon "top 50 de quelque chose"), à le renforcer (économie de la réputation), à en faire naître le besoin (via des interfaces navigo-ludiques dont vous êtes le centre et la circonférence), ou à en faire l'alpha et l'oméga d'un modèle économico-sociétal (facebook). C'est l'éternelle histoire de la poule et de l'oeuf.
  • Got dans ses petites cases, nous gratifie d'un éclairant billet sur FOAF (Friend Of A Friend) dont on aimerait effectivement penser que le modèle réellement ouvert qu'il incarne soit l'avenir des protocoles tournant derrière la plupart des réseaux sociaux. Mais je ne peux hélas pas m'empêcher de penser qu'il y a encore bien du chemin à parcourir ... l'heure étant plutôt pour les grosses cylindrées à la centralisation des profils propriétaires ... ce qui doit nous inciter encore davantage a faire plus de place aux initiatives alternatives et technologiquement éprouvées (dont FOAF).

Côté ressources pédagogiques :

Côté voeux, bonnes résolutions et oracles divers :

  • il y a ceux qui ne croient plus aux blogs sous leur forme actuelle (Jean-Michel Salaun et Jean Véronis) ... mais qui continuent heureusement de blogguer :-) De mon coté je reste sur le créneau de l'enthousiasme (peut-être un peu candide), même si - à l'instar des deux précédemment cités - je constate ici et là une raréfaction des pépites blogguesques, nombre de trouvailles ayant visiblement du mal à tenir sur la longueur, ce qu'on aurait du mal à leur reprocher tant il est vrai qu'en dehors d'un projet affirmé de publication (journal, auto-fiction, carnet de recherche, formation à distance), l'exercice du blog est une gymnastique chronophage, et que "le temps de blogguer" n'est pas nécessairement la chose la mieux partagée du monde. Il n'en demeure pas moins qu'en repensant à ce qu'était la pêche informationnelle d'avant et d'après le temps du blog, ce "format éditorial" a tout de même été l'occasion d'entendre de bien belles voix, et de découvrir de fort pertinentes analyses. L'avenir dira ce la forme blog deviendra, mais les potentialités, l'univers de discours offert par une petite quantité de ces "nanopublications" reste pour l'instant et de mon point de vue, essentiel.
  • il y a ceux qui comme Fred Cavazza, se livrent à leur petit exercice de prospective du nouvel an, et ceux qui comme Francis Pisani, font une revue de presse des principaux exercices du genre.

Et mes prédictions à moi ?

  • A l'instar de ce que décrit Christian Fauré à propos du service Twine, je crois que l'ensemble des acteurs majeurs de la recherche d'information (Google, Yahoo! Microsoft) et quelques-uns de leurs challengers (Exalead, Facebook) vont prendre de plus en plus nettement le grand virage de l'hybridation. Une hybridation entre :
    • des espaces et des services collaboratifs,
    • des technologies sémantiques ou sémantisées de représentation et d'agrégation des connaissances,
    • et des algorithmies de recherche "pures" (ou recherche universelle).
  • Je crois que la diversité des contenus va (enfin) atteindre un équilibre longtemps espéré entre le "texte seul" et la vidéo et l'image.
  • Je crois enfin que l'une des grandes questions en terme de recherche (notamment pour les sciences de l'information et de la communication) sera la mise au jour des nouvelles autorités cognitives qui s'articulent aujourd'hui de manière encore un peu floue derrière la monétisation (ou la non-monétsation) des services à base de connaissance (Knol, Wikipedia).
  • De mon côté je retiens comme éléments et tendances majeures de l'année écoulée : les deux nouvelles étapes de la dérives des continents documentaires que sont :
    • d'une part, la synchronisation transparente entre nos activités informationnelles connectées (on-line) et déconnectées (off-line),
    • et d'autre part, la sphère croissante d'indexabilité (notion de "graphe social" pour faire simple) de l'humain au travers de ses innombrables traces documentaires éparses sur le(s) réseau(x).
  • Ce qui me semble frappant au-delà de tout c'est l'avénement imminent et probable d'une nouvelle génération d'algorithmes ayant capacité à représenter sur un même plan des documents toujours plus fragmentaires, des traces identitaires toujours plus documentées, et à transformer toutes ces traces d'attention en vecteurs d'intentions, pour le plus grand bonheur des grandes industries culturelles et des quelques acteurs qui dominent actuellement le marché (et ce au-delà du discours geignard et misérabiliste que s'obstinent à tenir les mêmes industries culturelles). En un mot comme en cent : la redocumentarisation du monde. Il est certain qu'il va falloir être très très très attentif aux Network sciences, car elles seront le creuset plus que probable de cette nouvelle génération d'algorithmes et de modes de représentation, et qu'à mon sens, elles seules ont aujourd'hui la capacité à réunir en un même cadre d'analyse les fronts de recherche les plus innovants, les techniques d'indexation et de représentation du vivant au sens large.
  • Voilà pour le côté vivifiant et optimiste de la chose. Côté pessimiste (mon éternel côté cassandre :-); je crains que nous ne soyons confrontés à une échéance majeure, celle de la médecine personnalisée et/ou médecine "2.0" et/ou médecine désintermédiée. La montée en puissance et la position désormais établie de ces nouveaux prescripteurs planétaires que sont les moteurs de recherche d'une part, la mise à la portée du grand public des technologies de génomique (notamment à des fins d'auto-diagnostic) d'autre part, les rapprochements entre les premiers (moteurs de recherche) et les secondes (sociétés de génomique), et enfin l'engouement de plus en plus explicite chez tous les grands acteurs de l'industrie médicale (et notamment pharmaceutique) pour des modèles de diffusion et d'accès reposant sur du gratuit financé par la publicité va nécessiter, pour le moins, de grands chantiers didactiques si l'on veut éviter d'aller à coup sûr ... droit dans le mur. Va falloir se trouver dare dare un José Bové de la santé comme bien commun de l'humanité. Sinon ...

Bonne année à vous tous :-)

Sagesse gratuite et archives (temporairement) ouvertes

Sage nous avait déjà fait le coup (d'abord ici en Octobre 2006, puis en Février 2007) d'ouvrir l'ensemble de ses revues au téléchargement gratuit et quasi-illimité. Et bien il remet ça pour cette rentrée, là encore pour une période d'un mois, mais l'accès est cette fois restreint à 6 journaux du champ des sciences de l'information :

  1. IFLA Journal
  2. Journal of Librarianship and Information Science
  3. Journal of Information Science
  4. Business Information Review
  5. Information Development
  6. Journal Of Health Informatics.

Personnellement, je doute que cette tactique répétée de la "brèche virale" soit bénéfique à moyen ou long terme, même si elle rapporte à l'éditeur quelques nouveaux clients. Il est d'ailleurs probable que les nouveaux clients en question appartiennent au champ des sciences de l'information, ceci expliquant la spécificité des revues choisies ce coup-ci. Un modèle hybride (libre accès maîtrisé) serait à coup sûr beaucoup plus intéressant pour la communauté scientifique dans son ensemble ainsi que pour l'éditeur (qui créerait un véritable besoin et fidéliserait un public "qualifié" au lieu de permettre à quelques documentaliste-veilleurs-chercheurs d'étancher bien temporairement leur soif de téléchargement compulsif. En attendant ctte nécessaire et Sage réflexion ... téléchargez bien.
(Via le bien nécessaire babouin)

Le PRISM de la mauvaise foi : la guerre de l'édition scientifique expliquée à mes enfants.

Rappel des épisodes précédents :

Episode 1 : "Je vais bien tout va bien."
Le Pitch : les chercheurs écrivent des articles, les éditeurs les publient. Et revendent aux chercheurs, notamment par le biais des bibliothèques universitaires, les articles qu'ils ont écrits, mais en réalisant une marge substantielle. C'est l'âge d'or (des éditeurs).

Episode 2 : "La rebellion."
Le Pitch : les chercheurs, un peu énervés par l'augmentation des marges des éditeurs, décident d'entériner certaines pratiques consistant à s'échanger des articles, entre chercheurs, juste pour voir. Et tant qu'à y être, se disent que puisque c'est eux - les chercheurs - qui écrivent les articles, eux encore qui choisissent quels articles sont ou non recevables, eux enfin qui les lisent - les articles -  et bien ils n'ont qu'à continuer de faire ça entre eux, que ça ne devrait pas marcher beaucoup plus mal, et que ça coûtera moins cher à tout le monde. Le mouvement de l'Open Access et des archives ouvertes est né.

Episode 3 :  "Touche pas au Grisbi."
Le Pitch : les éditeurs observent les chercheurs faire mumuse dans leur coin, avec leurs petits articles et leurs petites revues. Mais petit à petit, les revues des chercheurs, les articles des chercheurs passent de moins en moins par les éditeurs, qui ne peuvent pas les revendre très cher aux chercheurs, via les bibliothèques notamment. Et là, les éditeurs font une erreur. Au lieu d'aller voir les chercheurs, de leur demander gentiment ce qui se passe, de leur expliquer que le métier d'éditeur c'est aussi un métier qui apporte quelque chose dans la production et la diffusion des connaissances scientifiques, au lieu d'essayer de voir avec les chercheurs comment s'arranger, au lieu d'écouter la demande du public (essentiellement d'autres chercheurs), les éditeurs se moquent, et pour combler leur manque à gagner, ils augmentent encore le prix des revues qu'il leur reste à vendre aux chercheurs.

Episode 4 :  "Le Pitbull."
Après avoir ignoré le mouvement de l'open access, après l'avoir assez largement sous-estimé et parfois aussi méprisé, et ne pouvant décemment pas augmenter encore le coût de la revente des articles des chercheurs, les éditeurs boudent et ne savent plus trop quoi faire. C'est alors qu'ils décident d'aller voir quelqu'un dont le métier consiste à trouver des arguments pour expliquer que fumer des cigarettes permet de réduire le trou de la couche d'ozonne, aide les fleurs à pousser dans les jardins, et permet d'éviter la réintroduction des ours dans les pyrénées (si c'est un fabriquant de cigarette qui le paye pour dire ça).

Episode 5 : "La zizanie."
Le ptich : sur les bons conseils - chèrement payés donc - de ce Tullius Detritus, les éditeurs décident donc de raconter partout que les chercheurs sont des méchants, qu'ils copient sur leurs autres copains chercheurs, que ce sont des trouillards qui veulent même pas donner leurs articles à lire à d'autres chercheurs pour que eux, les éditeurs, puisse en publier certains. Les éditeurs racontent à qui veut l'entendre que c'est le méchant gouvernement public qui fait faire des dictées aux chercheurs, pour leur indiquer quoi mettre dans leurs articles.

(A SUIVRE ...)

Cette histoire, c'est celle de l'initiative Prism, véritable opération de com(mando) qui consiste à mettre en pratique les conseils d'un sulfureux cabinet de Relations Publiques. Cette histoire c'est surtout l'histoire de la mauvaise foi. Une mauvaise foi d'autant plus absurde que - mis à part le cas de ceux qui ne se préoccupent en aucune manière de l'économie du document numérique, et qui représentent la majorité des enseignants-chercheurs - d'autant plus absurde que les chercheurs - ceux qui restent - sont des gens relativement "déniaisés" sur la question, conscients du rôle important que joue l'édition dans la collecte, le filtrage et la dissémination des connaissances, des gens qui s'efforcent de ne pas caricaturer le débat en acceptant de débattre de modèles hybrides, comme celui d'une barrière flottante permettant de fixer après un délai de temps variable, le passage en libre accès de tout ou partie d'une revue ou d'une collection (principe du "libre accès maîtrisé"). Des gens qui sont prêts à mettre clairement tous les arguments sur la table, y compris ceux (d'arguments) qui jouent a priori en faveur de l'adversaire (à titre d'exemple, on ne peut pas continuer de laisser se multiplier à l'infini le nombre de "revues" en Accès ouvert).
Alors naturellement, l'initiative PRISM fait grincer beaucoup de dents. Mais pas encore de ce côté-ci de l'atlantique. Les réactions et les débats sont donc à suivre là-bas. Pour l'essentiel sur le blog de Peter Suber, ainsi que chez Stevan Harnad. Et si vous n'avez pas le temps de tout suivre ni de tout lire, alors ne manquez surtout pas cette parodie splendide.

Rentrée des classes

Côté bibliothèques :

  • un tutoriel qui en 15 minutes par jour fera de vous un bibliothécaire 2.0.
  • les supports du congrès ABF Nantes 2007 sont (presque) tous en ligne.
  • un entretien avec Jean-Yves Mollier, à lire dans Télérama, et où il est entre autre question de l'avenir du livre et des bibliothèques. On n'y apprendra pas grand chose rien, mais la justesse de ton et la pondération sont également parfois appréciables :-)

Côté bibliothèques et moteurs :

  • les bibliothèques de l'université de Keio (Japon) rejoignent le programme Google Book Search, qui entre ainsi sur le continent asiatique. 120,000 ouvrages du domaine public sont concernés. Le nombre de bibliothèque partenaires s'établit donc désormais à 26. (Via InsideGoogleBookSearch & le communiqué de presse - .pdf - de Keio). Une étrange affordance au passage en guise de réminiscence, je connaissais le nom de l'université de Keio parce que Ted Nelson, inventeur et précurseur de l'hypertexte et d'une utopie mondiale de la connaissance baptisée Xanadu, Ted Nelson donc y était allé soutenir l'équivalent de ce que l'on nomme ici une "Habilitation à Diriger les Recherches". La signature de cet accord avec Google, dans l'ombre du passage de Ted Nelson à Keio donne à Google Books un étrange aspect d'aboutissement de Xanadu.
  • la bibliothèque de l'université Cornell se joint également au projet Google Book Search. 500 000 des 8 millions de volumes imprimés détenus par ladite bibliothèque sont concernés. Soit donc au total 27 bibliothèques partenaires.
  • Sur le même sujet, ne manquez pas l'article de Paul Duguid dans le dernier First Monday, et le commentaire avisé qu'en fait Jean-Michel Salaun.

Côté OpenAccess :

  • les dépôts OAI francophones en SHS suivent, et c'est tant mieux, une progression lente mais régulière et soutenue : voir le décompte détaillé de Marin Dacos.
  • Plus globalement d'ailleurs, le mouvement de l'open access dans sa globalité suit une courbe dramatiquement (?) ascendante.
  • Ceci expliquant sûrement cela ... la toute puissante AAP (association des éditeurs américains) lance l'initiative PRISM ("Partenariat pour l'intégrité (sic ...) de la recherche en science et médecine"). L'idée est d'alerter le public sur les présumés "risques" de la publication en Open Access. L'attaque est aussi frontale que caricaturale, en pointant les soi-disant "risques d'une censure d'état" liés à une "disparition de l'évaluation par les pairs", ce que personne, même les plus extrêmistes partisans de l'Open Access, n'a j-a-m-a-i-s ne serait-ce que suggéré. On en rirait presque, mais le pouvoir de lobbying de l'AAP est tel que l'on en est plutôt navré et inquiet. Il s'agit en fait de la mise en pratique du plan de guerre contre le libre accès, déclaré en Janvier 2007, pour lequel l'AAP avait eu recours à une agence de relations publiques aux méthodes qui pourraient n'être que tristement célèbres si elles n'étaient pas également largement discutables (désinformation, propagation de fausses rumeurs, etc, etc.). Tout cela est proprement consternant tant les arguments évoqués sont spécieux. Mais tout cela risque surtout de faire de considérables dégâts. Donc, plus que jamais, continuons le combat ... et le prosélytisme ... <Update de 5 minutes plus tard> Via Marlène - qui en parle aussi - je découvre ce billet certes partisan - de l'autre camp - mais qui résume très bien la situation et reprend nombre de réactions blogosphériques à ce sujet </Update>

Côté moteurs :

  • Google ...
  • Google fait preuve d'un appétit dont la constance confine à la boulimie. Voir la liste dressée par Christophe Asselin des acquisitions des derniers semestres. Derrière cet appétit qui peut sembler désordonné, se dessine progressivement une stratégie bien identifiée de positionnement sur le Web OS pour tout type de public et toute taille d'entreprise. De son côté, Henri Labarre nous offre une cartographie synoptique au format .pdf de ladite boulimie.
  • Et puis comme cela ne fait jamais de mal de rappeler quelques fondamentaux, une belle animation flash sur la manière dont fonctionne Google.
  • Google encore qui donne dans le tonitruand, en annoncant l'ouverture des commentaires sur Google News, pour ceux "ayant un lien" avec l'affaire commentée (sic). Nombre de journaux le font déjà, sans qu'il soit besoin de "prouver" avoir un lien quelconque avec l'affaire, mais quand Google touche au modèle média de la presse en ligne, tout le monde s'affole. Techcrunch rappelle les faits dans un billet synthétique. L'immense majorité des observateurs est plus que sceptique, à l'image de Danny Sullivan qui résume l'affaire en un mot : "Weird". Emmanuel Parody dans son analyse à laquelle je souscris entièrement, évoque une "arrogance d'un nouveau genre". Jusqu'au LATimes qui, deux jours après l'annonce, dans une tribue non-signée, compare Google à ... Osama Ben Laden :-(
  • Et les autres ...
  • Technorati s'effondre lentement mais sûrement ...
  • La tendance - ou l'idée que je crois de plus en plus vraie - qui veut que la fabrication de moteurs (indexation, rafraîchissement, parsing et autres technologies) et la fabrication d'interfaces soient deux métiers différents, cette tendance semble se confirmer avec le rapprochement de Groxis (excellentissime interface de Grokker, depuis le temps que je le dis ...) et d'Intellisearch. Pour plus de détails, voir l'article de l'Atelier.

Côté veille :

Côté web :

  • Si le web est implicite, il est aussi granulaire ou plus exactement fractal. Et les Widgets en sont la plus petite unité atomique. Techcrunch nous gratifie d'un billet synthétique sur les origines, les plateformes et les standards de ces petits widgets.
  • L'équipe d'Information Architects nous gratifie de son côté d'une belle carte (.gif) dans le genre "plan de métro", listant un grand nombre d'acteurs et de services du web actuel. Synoptique et fort utile pour repérer quelques "tendances".

Côté réseaux sociaux :

  • Nous nous étions quitté en listant ce que nous savions aujourd'hui des réseaux sociaux, et bien il y a de fortes chances pour que ces réseaux sociaux occupent une très grosse part de l'actualité webienne dans les mois à venir. Avec tout d'abord le coup de poker de Facebook, dont Google a une énorme envie et qu'il pourrait bien tenter de se payer, après que le PDG dudit Facebook a refusé l'offre de Yahoo (1 milliard de $ ...). Si le marché se concluait, Google enterrerait de facto toute possibilité d'émergence en la matière, puisqu'il est déjà par ailleurs installé (motorisation et régie publicitaire attenante) comme moteur officiel de LA plateforme concurrente MySpace. Du côté des trois grands le tableau est donc pour l'instant le suivant :
    • MSN dispose de MySpace. Leader indétrônable pour ce qui est du nombre de teenagers impliqués.
    • Yahoo! (ayant échoué à racheter Facebook) travaillerait sur un projet baptisé Mosh
    • et Google (probablement en train d'essayer de racheter Facebook) aurait de son côté une nouvelle arme fatale baptisée SocialStream (voir le billet de Techcrunch pour plus de détails, et voir aussi le site de présentation du projet SocialStream, présenté comme "réseau social unifié" et dans lequel une large place est faite à la notion de Sérendipité ...). Notons ici encore que sur ce terrain (réseau social "unifié") comme sur d'autres (recherche "universelle") ma petite théorie de la dérive des continents documentaires résiste bien à l'analyse ;-)
    • Si vous êtes un peu perdus, FredCavazza résume tout ça très bien. De mon côté, même si dit comme ça cela peut ressembler à du teasing éhonté, je pense que si FaceBook avait l'intelligence de regarder du côté d'Amazon (et réciproquement), la carte des acteurs plénipotentiaires du web actuel serait entièrement reconfigurée. J'y reviens dans un prochain billet ... enfin si je n'oublie pas et si j'ai le temps :-(
    • Et pour compléter mon dernier billet sur la question, on lira avec intérêt les deux billets que Jean-Michel consacre à cette même question : ici et .
    • Toujours sur le livre des visages (dévisage ?), à lire également la réflexion de François Bon.
    • Pour le côté business, voici une grille très détaillée vous permettant de calculer le retour sur investissement (ROI) d'un réseau social
    • A lire également, les résultats d'une étude menée sur 850 personnes de 54 pays, étude sans prétention scientifique mais qui confirme tout de même quelques orientations, dont la domination de LinkedIn dans la catégorie "réseau social professionnel".
    • On pourra également consulter la liste des réseaux sociaux disponible sur Wikipedia, en complément de celle de Dannah Boyd, ainsi que le rapport d'Avril 2007 de Forrester (.pdf), déjà signalé sur ce blog (pour les plus pressés, voir le récent résumé de Gerry Mc Kiernann)
    • Et puis ... et puis ... et puis il est des programmes de recherche auxquels on aimerait avoir participé ou dont on voudrait avoir eu l'idée, comme celui visant à établir le réseau social ... des superhéros Marvel. Le résultat est à lire sur ArXiv. Avec une grosse déception tout de même, l'étude se base sur l'apparition desdits superhéros au fil des volumes de publication et ne s'intéresse pas aux communautés elles-mêmes (Vengeurs, X-Men, etc.). Impossible donc d'avoir la preuve scientifique que le Fauve ait entretenu une relation avec Miss Hulk :-(

Côté Wikipédia :

  • La polémique (stérile) de l'été.
  • A l'occasion de sa pause estivale, Homo Numericus nous offre trois billets d'analyse sur "l'histoire politique" de Wikipedia, rédigés par Sylvain Firer-Blaess, étudiant de l’IEP Lyon : ici (1), ici (2), encore ici (3), et (4).
  • Un étudiant a mis au point un détecteur de TRDs (Tentatives de Redocumentarisation Déviantes) : pour le tester vous-même, direction le Wikiscanner (tous les journaux en ont parlé - Le Monde, Libé, etc. - mais vous pouvez bénéficier d'un rattrapage de qualité avec l'article de Christophe Deschamps, et d'une ouverture problématique fondamentale chez Jean-Michel Salaun, concernant l'urgence de réinventer le droit à l'oubli)
  • Dans le dernier numéro de First Monday, un autre étudiant s'est penché sur la qualité des citations scientifiques dans l'encyclopédie collaborative, avec deux résultats intéressants : les citations sont pour l'essentiel conformes aux normes académiques, et elles ont tendance à renvoyer majoritairement vers des revues à forte notoriété (Science et Nature en tête), ce qui ne peut effectivement que "contribuer à renforcer la crédibilité" de l'encyclopédie.
  • Et pour prolonger le débat, les 19 et 20 octobre 2007, l’association Wikimédia France organise le premier colloque francophone sur Wikipédia, à la Cité des sciences et de l’industrie sur le thème suivant : "Développer - Valider - Ouvrir". A ce jour, le programme ne fait état que de l'intitulé de 3 "séminaires" sans davantage de contenu ni d'intervenants (un sur les "réseaux d'experts" - tiens, tiens ... - un autre sur les rapports de l'encyclopédie avec le monde de l'enseignement, et un troisième sur l'épineuse question de la validation). A suivre donc ...

Côté identité/identifiants/traçabilité numérique :

  • Après les 3 lois de la robotique, les 7 lois de l'identité numérique. (Via InternetActu)
  • Un billet intéressant sur la gestion des avatars.
  • Naturellement en la matière, la clé résidera dans l'attitude, l'orientation et la marge qu'autoriseront les moteurs sur ces questions. Les habitués d'affordance retrouveront aisément sur ce blog quelques billets concernant la politique de Google en la matière, et durant cet été, Ask a annoncé son service AskEraser permettant aux utilisateurs de ne voir aucune donnée conservée durant leurs recherches. A l'inverse, le moteur Spock entend ficher les individus sur la base des informations collectées par les moteurs. Après un rapide test, il s'avère - heureusement - assez inintéressant (sauf si vous voulez connaître l'âge et le nom des épouses de différents présidents de la république de tel ou tel pays). Un million de personnes seraient ainsi "indexées" dans ce "people specific search engine". En revanche, nul doute que demain, l'un des moteurs majeurs proposera à son tour ce type de recherche.

Côté Outils :

Côté lectures / visionnages :

  • Un numéro du Journal of Computer-Mediated Communication avec notamment une section spéciale de 5 articles concernant les blogs, et quelques autres papiers intéressants autour des réseaux sociaux.
  • Le billet du gourou Nielsen qui a fait couler beaucoup d'encre blogosphérique au début de l'été : "Ecrivez des articles, pas des billets."En (très) gros, Nielsen plaide pour une expertise affirmée, au-delà de la surabondance instantannée d'information qui surgit dans la blogosphère à propos de tout ou de n'importe quoi. L'idée est que - selon Nielsen - si vous voulez affirmer votre expertise et éventuellement la monnayer au prix fort, vous devez écrire des billets longs, privilégier l' "in-depth content". Sébastien Billard résume très bien le tout.
  • « L’impact d’Internet sur l’économie de la presse : quel chemin vers la profitabilité ? » (.pdf) La thèse toute fraîche de Danielle Attias.
  • Et puis pour la bonne bouche, un petit film d'anticipation sur l'avenir du livre, lequel livre, peut-être selon un phénomène de contamination du support, devient de plus en plus "rich"-media.

Côté université :

  • Un très bon numéro spécial (.pdf) du magazine Horizons de l'AIU (Association Internationale des Universités), publié par l'Unesco, et consacré à la thématique du classement, des indicateurs et autres palmarès en vigueur (ou non) dans nos universités. Je vous recommande tout particulièrement la lecture de l'introduction de Jamil Salmi et Alenoush Saroyan, intitulée : "Les classements des universités comme instruments politiques : usages constructifs pour l'enseignement supérieur".
  • Sur le site lautrecampagne.org, une série de 5 entretiens avec des gens concernés et impliqués sur le projet de réforme des universités du gouvernement. Tous les sujets qui fâchent y sont abordés : recrutement, financement, échec en premier cycle, autonomie, etc.

Bonne rentrée à tous et toutes :-)

(Via : l'harassant dépouillement de mon agrégateur ...)

Evaluer la science ... est une science

La question de l'évaluation de la science est et a toujours été une question clé. Mais elle n'a jamais été d'autant d'actualité, et ce pour au moins deux (bonnes raisons) : primo, l'arrivée et l'essor des revues en Open Access (ainsi que l'essor en amont des champs et des perspectives de recherche, et en aval des articles soumis à publication), et deuxio, la fin d'une immunité, celle du facteur d'impact, qui s'il demeure pertinent à plus d'un titre, ne saurait aujourd'hui être la seule voie (pour tout un tas de - bonnes - raisons, dont quelques unes sont citées dans ce billet)
Pendant 2 jours (14 et 15 mai 2007), l'académie des sciences a organisé un colloque intitulé "Évolution des publications scientifiques - Le regard des chercheurs". Et là, pur bonheur, en sus du déjà très alléchant .pdf contenant les résumés de toutes les interventions, toutes les interventions sont disponibles sous forme de webcasts. Et il y en a pour tous les goûts : des présentations "institutionnelles", (Persée, Revues.org, Numdam ...) des "institutionnels" (Franck Laloé, Catherine Lupovici ...), des chercheurs (de tous les domaines mais avec une absence notable et au final agaçante tout autant que questionnante, celle des sciences humaines et sociales ...), des promoteurs des archives ouvertes, des éditeurs et dignitaires représentants du facteur d'impact.

Plusieurs sesssions dans ces deux journées, avec les thèmes suivants :

  • La révolution électronique dans les publications scientifiques
  • Analyse critique de la bibliométrie
  • Place de la bibliométrie dans l’évaluation scientifique

 Seul problème : "Combien faut-il de jours pour visionner l'intégralité filmée d'un colloque de deux jours ?"
Bé oui. Deux jours :-(
Alors pour la bonne bouche, je vous recommande une de ces interventions parmi tant d'autres, celle de Jean-François Bach, éminent biologiste et secrétaire perpétuel de l'académie des sciences, intervenant sur le thème : "Problèmes posés par l'évaluation des articles" (voir la vidéo). Une intervention qui m'a fait chaud au coeur à titre personnel puisque :

  • il raconte la même chose que moi récemment. En gros "il y trop de biais et on le sait, donc il faut ouvrir l'évaluation",
  • et il plaide pour les mêmes solutions, en gros : "que les éditeurs permettent un dépôt systématique sur les archives ouvertes et jouent ensuite sur une barrière de temps flottante pour la mise à disposition intégrale, et que les chercheurs cessent de jouer les ignorants carriéristes effarouchés (ou toute combinaison de ces trois derniers termes)."

Naturellement il le dit mieux que moi (il est éminent et je ne suis qu'affordant) et il cite de meilleurs exemples, sous prétexte que mÔsieur a été pendant 15 ans rédacteur en chef d'une revue de rang 1 en biologie éditée par Elsevier ... pfou ! une broutille vous en conviendrez ;-)
Parmi les interventions avec lesquelles je suis moins d'accord, on trouve aussi celle de Nian Cai Liu, à propos du classement complètement débile très controversé des universités selon les principes de Shangaï. Ainsi que celles de Daniel Rodriguez (Scopus, Elsevier-Masson)  (voir la vidéo). Il met en avant dans sa présentation, 6 critères qui font selon lui la valeur ajoutée du travail des éditeurs. Et là, comme premier critère, il cite ("Mais si madam', j'vous juuuuure") "l'accès au savoir" et (je cite toujours), "l'accès immédiat au savoir", arguant de la consultation chaque jour des 8 millions d'articles de ScienceDirect (et comme il aime bien les chiffres, il indique que ScienceDirect c'est : "1 million d'articles consultés chaque jour par 10 millions de chercheurs". Mais moi je dis, pour l'accès immédiat au savoir, on n'a quand même pas trouvé mieux que les archives ouvertes. Mais il est vrai que je parle là d'un accès complet et immédiat au savoir pour tous (chercheurs mais aussi citoyens), et non pas d'un accès restreint, filtré et coûteux au savoir (demandez à une BU le prix du bouquet d'abonnement à ScienceDirect ...) pour quelques heureux élus (les 10 millions de chercheurs annoncés ...).
Un bien beau colloque donc, non seulement incontournable mais aussi et surtout ... accessible gratuitement à tous :-)
Nota-Bene : dans la même veine - mais plus anglophone et moins "tout public" -, se tiendra bientôt (21 et 22 Juin) à Nancy la conférence annuelle de l’ICSTI (International Council for Scientific and Technical Information), avec pour thème : "L’évaluation et la qualification de la science : pratiques et initiatives en IST". Là encore programme de choix et débats cruciaux en perspective pour certains, dans la ligne de mire pour d'autres.
(Via MR dans UrfistInfo)

I-expo 2007

Comme annoncé, j'étais aujourd'hui de passage au salon I-Expo, invité à une session sur les archives ouvertes. Et j'étais content d'y être, notamment parce que cela fût l'occasion de croiser enfin Marlène dans la vraie vie, et aussi d'écouter Jean-Claude Guédon, professeur de littérature comparée et héraut historique du mouvement de l'Open Access. Je n'avais jusqu'ici fait que le lire et suivre ses messages dans diverses listes de discussion, et j'ai été bluffé par sa pédagogie, sa simplicité, et son don d'orateur, très canadien. Rien que pour ça, cela valait la peine de se lever à 4h du matin pour partir prendre un train annoncé à 6 heures et qui ne partirait finalement qu'à 7 heures, "faute de mécanicien". J'intervenais donc ensuite avec quelques autres dans une "vraie-fausse" table-ronde avec 3 missions qui m'avaient été confiées par les gentils organisateurs :

  • parler de la question de l'évaluation
  • être bref
  • être polémique.

Je n'avais donc pas préparé de pauvrepoint "soigné" comme je me plais parfois à vous en régaler, mais j'avais en revanche jeté pêle-mêle sur un pauvrepoint, quelques idées et anciens posts de ce blog, pour être sûr de ne rien oublier. Pauvrepoint que voici : Téléchargement spitch.ppt
Et pour me faire pardonner de ne pas trop poster ces jours-ci, je vous ajoute en note longue, cadeau bonus, la bibliographie complète sur laquelle reposent les arguments certes polémiques mais scientifiquement établis du pauvrepoint susmentionné.

Lire la suite "I-expo 2007" »

Pub ouverte

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ArchiveSIC : http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/
Archive Ouverte en Sciences de l'Information et de la Communication supportée par HAL (CCSD) propose aujourd'hui plus de 800 textes en libres accès sur le web.
En plus de la recherche par auteurs, par domaines, par mots-clés ... vous pouvez désormais effectuer une recherche "full text" (sur la totalité du texte des documents) par l'intermédiaire d'un champ situé en-dessous des menus de gauche.
N'oubliez pas ... vous pouvez déposer vos textes, il suffit de vous inscrire (menu déposer > s'inscrire) et de suivre les indications données.
Avec ArchiveSIC vous augmentez la visibilité de vos textes :

  • très bonne indexation par les moteurs de recherche
  • contrairement au "papier" (n° épuisés, pas de réédition, ...), le texte est toujours accessible
  • de janvier à mai 2007 c'est plus de 80 000 visites (passages sur le site).

Pour toute information : coordoSIC@ccsd.cnrs.fr
Gabriel Gallezot, Ghislaine Chatron, Jean-Max Noyer

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800 textes c'est déjà beaucoup, mais au regard de l'ensemble de la production des chercheurs en SIC francophones c'est sûrement dérisoire. Alors allez hop ! A vos articles, Prêts ? Déposez.

Visibilité de la science et rente à vie des formateurs à la recherche documentaire.

Le corrolaire actuel de l'immémorial "publish or perish" ** est que la "vie" des publications scientifiques est conditionnée à la possibilité et aux modalités de leur accès. Maintenant que les éditeurs scientifiques - avec notamment leurs offres de bouquet numériques - ne sont plus seuls sur ce marché, rejoints :

  • par les moteurs de recherche, Google Scholar en tête,
  • et par l'explosion des archives ouvertes et institutionnelles

maintenant donc, la visibilité et l'accessibilité (hors les offres propriétaires des éditeurs) à tout ou partie desdites publications sont les facteurs d'impact clés de l'économie scientifique et de son marché de la citation.
A ce titre la récente annonce du lancement en Juillet 2007 du moteur Scitopia.org est intéressante. Il s'agit de regrouper derrière ce moteur des sociétés savantes (13 pour l'instant) donnant accès à leurs publications avec consultation gratuite du résumé et accès au texte intégral soumis soit à un abonnement à la revue, soit à un paiement à l'acte (3 millions d'articles sont annoncés sur une période de 150 ans).
Ce lancement soulève (au moins) une question et une réflexion :

  • QUESTION : le contenu (à tout le moins les résumés) restera-t-il propriétaire et ne va-t-il pas se trouver rapidement "aspiré" dans Google Scholar ?
  • REFLEXION : cette diversification de l'offre (archives ouvertes, moteurs grand public, initiatives étatiques - persee.fr - , bouquets numériques propriétaires fermés ou semi-ouverts - cairn.info -) contribue à rendre visible une part chaque jour plus significative d'un web jadis invisible. Elle risque également d'occasionner pas mal de doublons (moindre mal). Elle risque enfin de garantir une rente à vie aux formateurs en recherche documentaire ;-)

Dans la même veine, on consultera avec intérêt le mémoire de l'Enssib (Avril 2007) : "Les accès internationaux aux travaux de recherche français. Synthèse bibliographique." (.pdf)

**Just for fun, une devinette carambar scientifique (entendue lors d'un colloque) :
Question : Vous savez pourquoi Jésus n'est jamais entré au CNRS ?
Réponse : Il n'a qu'une seule publi, et elle n'est même pas en anglais.

(Via PintiniBlog)

Pétitionnons

Suite de la pétition pour soutenir l'accès ouvert aux résultats de la recherche publique suivant en cela les recommandations de la commission européenne ...  Pour les mêmes raisons (et les mêmes objectifs), mais dans un contexte différent, les Etats-Unis lancent également leur pétition.
Avoir signé la première ne dispense pas (au contraire) de signer la seconde, voici pourquoi (Peter Suber dixit) :

  • "The European Commission petition was written explicitly to support Recommendation A1 of the EC's Study on the Economic and Technical Evolution of the Scientific Publication Markets of Europe.
  • The U.S. petition is written to support public access to research funded by the U.S. government as well as the reintroduction and passage of the Federal Research Public Access Act."

Et puis tant que l'on est dans le registre pétitionnaire, sur tout autre chose, il est possible de soutenir l'INRP, qui, en termes de veille documentaire sur les questions d'éducation et de formation a su ces dernières années faire preuve d'excellence. Je ne connais pas le fonds du dossier (et je n'ai pas lu le rapport d'audit accusateur), mais je trouve qu'il est dommage d'aller systématiquement et littéralement "casser" des pôles d'excellence et de recherche en leur infligeant notamment de drastiques réductions de moyens et de personnel (comme le préconise le rapport d'expertise). A vous de juger. Et éventuellement de signer.
(Et si ça continue j'entame une grève du blog.)

Parutions ...

Beaucoup en ce moment parmi lesquelles deux incontournables :

  • First Monday, dont je retiens cette bonne idée d'une synergie possible entre Wikipedia et l'accès public aux résultats de la recherche (open access), la seconde étant "valorisée" par sa présence dans la première, et la première étant "crédibilisée" par des références plus importantes vers la seconde.
  • D-Lib, dont je retiens ce qui me semble être le tout premier article fouillé qui aborde la question de l'évaluation des plateformes d'auto-archivage institutionnelles ("institutionnal repositories") installées dans les universités. C'est ici le cas de la plateforme DSpace implantée à l'université de Cornell qui est disséqué. L'article montre à quel point cette plateforme est sous-utilisée et sous-alimentée, et le cercle vicieux que cela entraîne ("je m'en sers pas puisqu'il n'y a rien" => "je n'y mets rien puisque personne ne s'en sert" => ad lib). Un article incontournable donc puisqu'au delà de l'ombre au tableau qu'il peut apparemment jeter sur les ardeurs des plus enthousiastes défenseurs de l'archivage institutionnel (dont j'essaie d'être), il démontre surtout - à mon avis - qu'au même titre que tout autre projet, et peut-être davantage encore que les autres, la mise en place d'une archive institutionnelle doit être accompagnée et surtout précédée par une active politique de sensibilisation et de formation. Alors seulement il devient possible d'administrer l'évangile sous la contrainte. Sans cela, et sans accompagnement sur ces projets des composantes directement concernées des universités (c'est à dire les SCD -  Services communs de documentation -), il est effectivement à craindre que les archives institutionnelles ne nous rejouent les coup des intranets sous-utilisés. Update : Stevan Harnad, donne son explication de l'échec Cornel(l)ien, et ses solutions dont l'archivage obligatoire)

Le recteur et le héraut ou l'évangile sous la contrainte.

Depuis quelques temps déjà, le  recteur de l'université de liège tient un blog.
Il y défend, depuis longtemps déjà (billet de mai 2006), des positions courageuses et "pro" open access.
Son dernier billet sur la question montre qu'il a tout compris à l'intérêt de mettre en place un archivage institutionnel ouvert : notoriété de l'établissement, pérennité des accès, outil de pilotage "assez fiable" des personnels et des budgets.
Il a aussi compris que du côté des éditeurs (qui ne sont souvent pas aussi aveugle qu'ils veulent bien le laisser croire), les obstacles sont loin d'être insurmontables : "82% des éditeurs autorisent maintenant l’autoarchivage en libre accès après 6 mois ou un an." (Et, rappelons-le, il est toujours possible de déposer l'article dès que sa publication est acceptée, en demandant de ne le rendre visible qu'après 6 mois ou un an, ce qui permet aux métadonnées de l'article d'être, elles, instantanément visibles, lesquelles métadonnées sont souvent largement suffisantes.)
A peine son dernier billet publié donc, voilà notre recteur apostrophé gentiment en commentaire par LE héraut de l'Open Access, j'ai nommé Stevan Harnad himself, lequel lui-demande avec la taquinerie dont il est coutumier, pourquoi donc est-ce qu'il ne franchit pas l'ultime pas ... l'obligation d'autoarchivage pour l'ensemble des chercheurs (politique mise en place par moins de 10 universités dans le monde à l'heure actuelle).
La situation actuelle de l'Open Access est à un tournant que l'échange entre le recteur et le héraut illustre parfaitement :

  • après une phase d'évangélisation, de sensibilisation,
  • après les early-adopters,
  • après une phase de démonstration qui atteste, études à l'appui (.pdf), que la visibilité des publications n'est pas remise en compte (argument historique du camp des "contre"), bien au contraire,
  • après une phase de déploiement d'environnement logiciels stables permettant l'auto-archivage,
  • après l'harmonisation des protocoles et des procédures (OAI-PMH),
  • après une phase de lobbying pétitionnaire,
  • après avoir pris garde de ne jamais baisser la garde, sous peine de coups-bas ...

... vient le temps de la contrainte. Il me semble que nous ne pourrons désormais avancer qu'en radicalisant les positions, comme le rappelle par ailleurs souvent Stevan Harnad. Et à ce titre, la réflexion du recteur de l'université de Liège me semble courageusement exemplaire : l'auto-archivage s'il n'est que "recommandé" se heurtera systématiquement à des manques : de temps, de motivation, de formation, de conviction ...
Il faut en bon Keynesien, "amorcer la pompe" en instituant le caractère obligatoire de la contribution de chacun à la "bibliographie institutionnelle" (qui en plus facilitera les comptes de ceux qui souhaitent en tenir ...) pour instituer ensuite l'obligation à l'auto-archivage pour TOUS les chercheurs d'une université.
En ces temps de changement de présidence à l'université de Nantes, je serai curieux de savoir quelles sont, en la matière, les positions et opinions des deux actuels aspirants candidats. S'ils lisent ce blog ... les commentaires leurs sont ouverts :-)
Se priver de ce thème de campagne, ou pis encore, s'abstenir de prendre une position claire, équivaudrait à passer à côté d'un enjeu majeur pour l'université (et la recherche) de demain.
(d'autant que ce serait l'occasion pour une université française de se classer facilement dans les 10 premières mondiales ;-))

Update : Je suis d'autant plus preneur des commentaires de Ronald Guillen et d'Yves Lecointe (les candidats), qu'après lecture de leurs déclarations d'intention sur l'intranet de l'université, il n'y a pas une seule ligne sur la question de l'(auto)archivage.

(Via un mail d'Hubert, qui le tenait d'ISBN)

Modèle nordique

En ces temps de campagne électorale, nombre de canditat(e)s pointent du doigt l'excellence - notamment sociale et environnementale - des pays nordiques. Indépendamment de ce contexte particulier, j'avoue que du côté de la recherche, j'aimerais bien que la France prenne effectivement exemple.

Soldes sur l'IST

Vous vous souvenez du coup de la sagesse gratuite ? Et bien c'est reparti. Pour fêter la numérisation de 300 000 nouveaux articles (backfiles), vous avez donc accès gratuitement, jusqu'au 28 février, à la quasi-intégralité du contenu des revues de cet éditeur. Que la force du téléchargement soit avec vous :-)
(Via ... mon e-mail :-)

Lâchez les chiens !!

A lire dans Scientific American ...
C'est l'histoire d'un cabinet de Relations Publiques (PR en anglais), Dezenhall, spécialisé dans la gestion de crise et plus connu sous le doux sobriquet du "Pitbull des RP" pour s'être illustré (notamment) dans la défense d'un dirigeant d'Enron ou encore contre l'organisation Greenpeace. Cabinet contacté par la division des publications universitaires de l'Association des Editeurs Américains (AAP), ainsi que par Wiley, Elsevier, et la "American Chemical Society". Du lourd comme on dit. Il faut ici rappeler qu'aux Etats-Unis, tout le monde a compris depuis longtemps que les implications économiques et stratégiques (et donc politiques) de la question de l'accès ouvert (=public) aux résultats de la science était immenses. Ce qui n'est pas le cas partout, mais passons. Donc les éditeurs scientifiques font appel au pitbull de RP pour, devinez quoi ? Mener tambour battant une campagne de dénigrement désinformation au sujet de l'accès public aux résultats de la science, et donc du même coup contre les archives ouvertes.

Je suis de mon côté moins optimiste que Jean-Michel sur cette affaire. Le manque de curiosité, d'intérêt, et d'acculturation dont témoignent, en France, de nombreux enseignants-chercheurs, de trop nombreux CNUs, et de trop nombreux conseils scientifiques, allié à une campagne de désinformation bien orchestrée, pourrait faire perdre des années à une action de formation et de sensibilisation qui aurait dû démarrer (de manière systématique et intensive) depuis plusiers années. Cela me rappelle cette scène d'un film américain "à procès", dans lequel l'avocat du méchant balance la pire calomnie possible sur le gentil accusé, calomnie aussitôt "rejetée" par le juge. "Pourquoi as-tu fais ça !", s'écrie le méchant à l'oreille de son avocat, "tu savais que le juge ne l'entendrait pas!". Lequel avocat répond : "Oui, mais les jurés l'ont entendu. Et eux, ils ne l'oublieront pas." (sourire sardonique)
Si ce temps là n'était pas révolu, ces gens-là mériteraient un bon GoogleBombing. Désinformation. Ou Pitbull. A vous de choisir.
Le genre de coup à vous radicaliser un conflit, et à signer en masse l'appel de Lawrence Lessig du 15 Mars 2005 :

  • Le libre accès tu défendras.
  • Dans les revues qui te réclament la cession entière de tes droits tu ne publieras pas.
  • Des licences Creative Commons d'attribution et d'usage non-commercial tu exigeras.

Je signe.

Update : Naturellement, l'AAP nie en bloc et aligne les arguments spécieux du genre : "We believe that government mandated open access could put essential aspects of the system at risk and could undermine the quality, sustainability or independence of science." Ben voyons :-(((

PubMed innove

Après PubMed 2.0 (HubMed), après PubMed tout en curseurs, voici PubMed Informer, un service de veille par mots-clés déclinable en alertes mails ou fils RSS mais aussi sur votre PDA ou votre mobile via un SMS. Et puis aussi le tout nouveau UK PubMedCentral, une archive ouverte de journaux des sciences du vivant (cf communiqué de presse).

(Via VTech & l'Inist)

"Pair"tinence et autres im"pair"fections

Alors que la polémique fait rage, le besoin se fait chaque jour sentir de trouver de nouvelles voies pour la publication scientifique, ou tout au moins de se donner sérieusement la peine d'explorer et de tester celles qui existent.
Pour l'évaluation de la recherche par exemple, la question est celle de l'évaluation par les pairs. Qui n'est pas la panacée ... Ce que de plus en plus de gens sérieux semblent penser, tel Richard Smith de Cambridge (cité dans La Feuille) :

  • "De plus, je crois que la critique par ses pairs devrait être un argument scientifique plutôt qu'un jugement arbitraire. Cette idée n'est pas radicale, c'est simplement le retour aux racines, quand la science était présentée et discutée en réunion publique plutôt que publiée dans les revues. (...) Peut-être que nous saurons inventer de nouvelles formes de critique par les pairs en apprenant d'innovations comme Wikipédia. C'est en quelque sorte une nouvelle façon de faire de la peer review, où les critiques entraînent des changement directs plutôt qu'un simple commentaire."

Dans la même veine, Ghislaine Chartron évoque une "économie renouvellée de la publication scientifique". Morceaux choisis :

  • "L'économie de l'accès est devenue un élément stratégique important"
  • "Les évolutions de la publication scientifique concernent également un ensemble de pratiques innovantes portées directement par les usagers, par exemple les nouvelles revues, les archives, les bloc-notes de chercheurs. Cette innovation ascendante ne peut plus être ignorée dans les transformations en cours"
  • "Sans bouleverser fondamentalement les processus de communication et de publication scientifique, ces innovations ont introduit, pour la publication scientifique, les évolutions significatives suivantes :
    • la création de nouvelles revues, exclusivement électroniques, qui s’affirment et traduisent souvent la volonté d’occuper un nouveau créneau
    • des canaux multiples pour la diffusion des publications – articles stockés dans les archives ouvertes ou sur des pages personnelles. Ces nouvelles diffusions sont notamment repérables dans les références bibliographiques des articles ;
    • une circulation parallèle des idées qui participe à la qualité des débats mais aussi à la notoriété de certains chercheurs ; un bloc-notes réactif et pointu peut avoir un effet de résonance non négligeable sur la reconnaissance d’un chercheur ;
    •  enfin, une ouverture des cercles d’autorité qui ne peuvent pas ignorer les échanges informels portés par le réseau ; l’autorité désignée (comités scientifiques fermés) doit faire face à l’agora ouverte des autres chercheurs."

A must read. Chartron, G., Une économie renouvelée de la publication scientifique. in Perspective documentaire en éducation 62:21-29, (2006-09-01), en ligne.

A propos de validation, d'évaluation de la recherche, il est amusant (ou déprimant, à vous de choisir) de croiser ces quelques citations avec la réalité du terrain, celle dans laquelle d'éminents représentants de conseils scientifiques et autres présidents ou vice-présidents d'universités se réunissent pour parler des "indicateurs de production scientifique des établissements". Parmi toutes les présentations disponibles en ligne, celle de R. Grangousier (.pdf), Vice-président du conseil scientifique de la fac de Thélème. R. Grangousier, je l'ai rencontré une fois. A l'IUT de Picchrocole sur Loire. Il a l'air sympa.  Et il doit l'être. Un peu professeur tournesol. Le genre un peu embêté par le port de la cravatte. Ce qui n'est pas pour me déplaire. Il venait exprès sur le site décentralisé de l'IUT de Picchrocole sur Loire pour causer de la politique de recherche de Thélème et de ses différents sites délocalisés. Rapidement, la question fût celle de la visibilité de la recherche (et des chercheurs) qui comme la plupart de ceux affectés en IUT se sentent un peu isolés, un peu "'parents pauvres". Jeune et fou (et aussi un peu poussé par une collègue), je suis allé "au contact". Pour mettre sur la table l'idée des archives ouvertes. Quand on s'interroge sur la lisibilité et la visibilité de la recherche, ça paraît un peu dommage de faire l'économie d'une réflexion là-dessus. R. Grangousier ne connaissait pas trop ce truc-là. Il en avait vaguement entendu parler. Alors moi, gentil, je lui explique. "Ben ... ça permet aux chercheurs de mettre en ligne leurs publications quasi-instantanément, avec plein de métadonnées, que les moteurs de recherche peuvent venir indexer, un archivage pérenne et tout et tout." On est un peu pressé. R. Grangousier repart dans 5 minutes, et je ne suis pas le seul - ni le plus cravatté - à vouloir lui parler. Mais R. Grangousier m'écoute. Et là, il me dit que "bien sûr". Que d'ailleurs il est sur la même longueur d'onde. Qu'il est même sur le coup d'un projet génial qui va permettre ... devinez quoi ... insoutenable suspens ... qui va permettre de compter toutes les publications des chercheurs de Thélème, indépendamment de leur site ou de leur labo d'appartenance. Et tout à sa joie de m'expliquer (rapidement) qu'avec tout ces chiffres, ils vont bien voir (dans les ministères) que notre fac c'est du sérieux rapport à tous ces chiffres. D'où ce genre de présentation lors de la journée "indicateurs scientifiques". Parce que c'est compliqué de compter des publications.

"Bé oui Monsieur Grangousier, d'accord" réponds-je un peu penaud, "mais c'est l'inverse que je viens d'essayer de t'expliquer. Ca ne sert à RIEN de compter ces p----ns de publications. Ce qui compte c'est de permettre à un maximum de gens de les lire. C'est ça le premier indicateur qui doit ensuite permettre d'attribuer des budgets et de briser des carrières. Hein, M'sieur ? M'sieur ??? M'sieuuuuuur ????????" Parti le monsieur. Envolé. En grande conversation avec un cravatté. Alors moi tenace, je lui ai envoyé un courier à R. Grangousier, doublé d'un mail. Pour lui dire que si il voulait, j'étais prêt à venir lui expliquer à tête reposée et de manière plus circonstanciée ce qu'étaient les archives ouvertes. Que même, s'il voulait, je pourrais lui expliquer (et à d'autres) l'intérêt de mettre en place une archive institutionnelle. Que j'étais prêt à faire ça en sus de mes heures de service. Gratos. Pour la beauté du geste. Et pour l'avenir de la science :-) Bé oui. Mais R. Grangousier ne m'a pas répondu. Et maintenant j'ai le coeur brisé c'est trop tard. J'ai une famille élargie, une maison à retaper, et un blog à tenir. R. Grangousier continue sa chasse aux chiffres. R. Grangousier cherche l'ultime martingale qui lui permettra de compter toutes les publications sans-en-oublier-une de ses chercheurs de Thélème.
Pour que vous puissiez les lire, il faudra donc attendre encore un peu. Il doit pourtant y en avoir de passionnantes. Dont probablement celles de R. Grangousier .

Les facultés et leurs instances sont pleines de R. Grangousier. R. Grangousier est à coup sûr quelqu'un de compétent. Quelqu'un qui fait tout son possible pour jongler entre ses cours, son activité de recherche et ses responsabilités administratives et scientifiques en essayant de répondre aux cahiers des charges aberrants qui lui sont demandés par son ministère de tutelle. "Comptez R. Grangousier. Et n'en oubliez pas. Sinon ..." Alors quand un jeune chercheur à peine pubère vient lui causer d'un truc dont il n'a jamais ou que très vaguement entendu parler après 3 heures de réunion et à 5 minutes d'un rendez-vous important, forcément, l'échange ne peut que difficilement avoir lieu. Ce R. Grangousier là n'est donc qu'une allégorie. Celle de tous les présidents et vice-présidents d'universités débordés. Celle de logiques comptables que l'on s'obstine à créditer de vertus qualitatives alors même que leur seule valeur quantitative est plus que sujette à caution. Message personnel à tous les R. Grangousier de la terre : arrêtez de compter. Siouplaît :-)

GYM United

La dernière fois que ces trois là (GYM : Google, Yahoo!, Microsoft) s'étaient unis, c'était pour lutter contre le spam dans les commentaires des blogs en obligeant les plate-formes de création et d'hébergement de blog à insérer des attributs "nofollow" pour ne pas que les crawlers (robots d'indexation) soient victimes de spamdexing.
Aujourd'hui, les trois se trouvent à nouveau réunis autour d'un protocole : Sitemaps. C'est Olivier Andrieu qui est le plus clair sur le sujet, indiquant que Sitemaps est "un standard unique de "plan de site" facilitant aux robots d'indexation l'accès aux pages web d'un site web. Un webmaster pourra ainsi créer un fichier (format texte ou XML) fournissant pour chaque page un certain nombre d'informations (priorité d'indexation, date de dernière modification, périodicité de mise à jour). Ce fichier sera lu par les robots des principaux moteurs, ce qui facilitera le référencement quantitatif (sic) de la source d'information."
Notons au passage que c'est Google qui est à l'origine de ce protocole (non propriétaire puisque développé sous licence creative commons) et que le ralliement des deux adversaires historiques n'est pas la moindre des victoires techno-stratégiques.
Mais revenons au fond de l'histoire : si le protocole Sitemaps n'influence en rien l'inclusion des pages dans les index des moteurs et leur positionnement (ranking), il s'agit là d'une avancée qualitative dans le référencement, puisque ce protocole permet d'indiquer : la date de dernière modification, la fréquence de mise à jour des pages, et qu'il permet également d'établir des priorités dans l'indexation (valeurs comprises entre 0,0 et 1,0). Il n'y manque plus que l'ajout de métadonnées spécifiques standardisées pour l'accès, par exemple, aux livres numériques, et tout le mode sera content ;-). Peter Suber s'empresse d'ailleurs de saisir la balle au bond pour le monde de l'Open Access en indiquant que "pour les journaux et archives institutionnelles non encore indexées par ces trois moteurs, il s'agit là d'une manière facile d'accroître leur visibilité."
(Via : Abondance, Threadwatch, Communiqué de presse Google)

Révélation cognitive : l'essentiel est fait.

Les archives ouvertes ont 17 ans. Google à 8 ans. Wikipedia a 5 ans.
Pas une de ces avancées n'est "légalement majeure". Pourtant toutes sont autant de révolutions cognitives majeures. En 5 ans Wikipedia a donné ses lettres de noblesse à un encyclopédisme non plus "savant" mais "d'usage" (voir la page 307 de ma thèse). En 8 ans, Google a mis en place un guichet unique d'accès à l'information à une échelle jamais atteinte, une échelle planétaire. En 17 ans, les archives ouvertes ont rendu au monde les résultats d'une science qui n'appartenait jusqu'ici qu'à une "élite".
Encyclopédisme. Information. Connaissances. Le tryptique est bouclé. La tectonique interne aux savoirs s'est doté de nouvelles plateformes, de nouveaux usagers, de nouveaux publics, et de nouveaux contributeurs. Elle hésite parfois encore sur la question des modes de validation. Mais l'intelligence collective comme corpus savamment détérritorialisé et remis à disposition du plus grand nombre a connu en 17 ans un bouleversement radical, majeur du point de vue de l'histoire des sciences.
Naturellement, l'angélisme n'est pas de mise. La société de la connaissance n'est pas la société de l'information. Sur la ligne de front reliant ou séparant ces deux mondes, les antagonismes n'ont jamais été aussi forts. Autre pierre angulaire de ces crispations, se juxtaposant à celle de la validation, celle des intermédiaires et de la nature du processus d'inter ou d'alter-médiation.
Mais l'essentiel est fait. Les archives ouvertes ont engagé un processus irréversible, un déclic. A compter de cette date, la boîte de pandore de la connaissance une fois ouverte, nul ne songera plus à la refermer. Wikipedia servit ensuite de révélateur, en inscrivant dans le panorama des sciences la figure nouvelle de l'usager encyclopédiste. Pendant ce temps, Google servit de fixateur. Fixateur de la convergence des regards planétaires, fixateur plus contesté et contestable de contenus, mais fixateur avant tout.
Un déclic, un révélateur et un fixateur. Tels sont les ingrédients qui en 17 années à peine dessinent ce qui n'est pas une révolution mais une révélation. L'essentiel est fait. Les usagers encyclopédistes ont jusqu'ici été plus prompts à se saisir de la formidable chance qui leur était offerte que ne le sont actuellement les usagers chercheurs. Mais ces derniers y viendront. A n'en pas douter. L'essentiel est fait.
A l'origine de ce billet :

La science comme bien commun.

En ce moment même se tient à Washington une conférence traitant des "Science Commons", autrement dit de l'accès libre et ouvert aux données de la science (que d'aucun baptisent open data), ou encore du "bien commun" qu'est la science. Je vous encourage vivement à prendre connaissance de la page "background" qui nous alerte sur le fait que trois des acquis fondamentaux pour le développement de la science sont aujourd'hui fortement menacés :

  1. le droit de la propriété intellectuelle indique que, jusqu'ici ... un article peut être couvert par un copyright, mais pas les données sur lesquelles il repose.
  2. des articles entrant dans le champ du copyright, s'ils sont produits dans le cadre d'un financement ou d'un programme du gouvernement fédéral tombent, jusqu'ici ... aussitôt dans le domaine public
  3. la tradition universitaire Mertonnienne (sociologie des sciences) décourage, jusqu'ici ... l'exploitation propriétaire des données elles-même, condition sine qua non d'une réplication possible (et donc d'une évaluation) des résultats produits.

Jusqu'ici ... la même page cite ensuite en exemple des dérives à venir, le fait que dans le domaine de la génétique, nous sommes tout prêts de la mise en place d'un principe de propriété intellectuelle sur des données telles que l'ordre des nucléotide permettant de séquencer le génome.
Toujours sur la même page on pourra lire la dérive à laquelle se prêtent les universités prises dans une double contrainte :

  • "Universities then become partners in privatizing and exploiting the fruits of research. While this is a good idea when it encourages the conversion of science into useful products brought to market, it is much more questionable when the proprietary pressures occur "upstream" at the most fundamental level of data and research. At the same time, universities depend more and more on their intellectual property portfolios."

Autre morceau choisi (concernant cette fois le "dilemme du prisonnier "des universités) :

  • "Many of the tendencies here involve both a collective action problem and a race to the bottom. Universities as a whole might be better off if more data were freely available. However, for an individual university to pursue such a policy alone is hard, and sometimes foolish: one is reluctant to give away that for which everyone else attempts to charge a high price."

Sur ce débat, ce sont pour l'instant des sciences "dures" qui sont en première ligne : génomique, médecine, physique des hautes énergies, etc. Mais les sciences humaines et sociales doivent anticiper ce mouvement et s'emparer de ce débat essentiel parce que, plus que les autres peut-être, elles possèdent le corpus et les outils d'analyse qui permettront de pointer les risques réels à (très) court terme de telles dérives. C'est peut être aussi cela la science 2.0 : ni une lubie, ni une mode, ni une bulle méthodologique spéculative, mais l'occasion de se donner les moyens d'articuler des logiques de production et d'accès aux connaissances dans l'environnement informationnel, marchand et institutionnel qui est aujourd'hui le nôtre.
"Jusqu'ici, tout va bien."

Sagesse gratuite

Sage est l'un des éditeurs d'ouvrages et de revues scientifiques les plus importants (près de 460 revues dans tous les domaines). La Lettre de Liens-Socio nous apprend que jusqu'au 18 Octobre, l'intégralité des publications est consultable et télédéchargeable g-r-a-t-u-i-t-e-m-e-n-t !! Il suffit pour cela de s'enregistrer ici, et c'est tout :-).
La rubrique "Search Engines" de la catégorie "Information Retrieval" du domaine "Information science" renvoie à elle seule 137 articles.
In fine il s'agit autant de publiciser le service offert par Sage que de "créer le besoin" pour endiguer l'effet des revues en libre accès. Mais je doute qu'à terme ce mode de fonctionnement (ouverture puis retour au modèle fermé) porte réellement ses fruits. L'autre solution consiste à mettre en place des modèles hybrides dans l'accès et la publication. D'ici là c'est une aubaine dont il faut s'empresser de profiter :-)

L'OA en bref

Pas le temps et près de 400 mails qui gisent dans la réserve des "choses-urgentes-à-bloguer" ...

Voila. Plus que 393 trucs importants à mettre en ligne :-(

P.S. ceci est la 700ème note de ce blog.

Archive sous papyrus

A côté des archives ouvertes permettant d'accéder aux articles scientifiques, un autre pan de l'Open Access est constitué par les archives institutionnelles, qui, comme leur nom l'indique, sont rattachées à une institution et permettent d'accéder à d'autres types de document (supports de formation, rapports de laboratoires, publications officielles, publications du personnel, documents du corps professoral, cours,  documents des étudiants - rapports, mémoires, thèses). Une archive institutionnelle aboutie permet ainsi de rendre-compte, de valoriser et de partager ce qui constitue le coeur immatériel du flot documentaire propre aux institutions qui les mettent en place (universités, bibliothèques, organismes de recherche essentiellement). Dans cette catégorie, l'Université de Montréal et son archive baptisée "Papyrus" et tournant sur le logiciel DSpace est un modèle du genre. C'est une manière unique de contrôler le flux d'information en le mettant à disposition de la communauté dans un premier temps, mais en autorisant également (via l'interopérabilité des métadonnées générées par exemple pour les thèses et mémoires de recherche) une ouverture contrôlée sur l'extérieur. Les utilisateurs (= tous les personnels) sont largement gagnants dans l'histoire, mais les gestionnaires et décideurs également qui disposent ainsi d'un véritable outil de pilotage "sur mesure". Trop peu d'établissements francophones disposent malheureusement à l'heure actuelle de telles archives institutionnelles. Il est d'ailleurs étrange qu'elles soient "moins" développées (en nombre) que les initiatives d'archives ouvertes thématiques ou disciplinaires. Mais cela explique probablement pour partie le fait que les mêmes archives ouvertes aient souvent du mal à "décoller" en volume : les enseignants-chercheurs, les étudiants et les personnels des bibliothèques sont globalement trop peu formés et informés de ces nouveaux modes d'archivage et de partage. Ils déposent donc peu dans les archives ouvertes. En favorisant le déploiement d'archives institutionnelles on créerait à coup sûr un effet mécanique d'entraînement dans lequel l'ensemble d'une communauté de recherche et d'enseignement ayant fait l'expérience d'un dépôt partagé et contrôlé au sein de l'institution, serait dès lors plus enclin à enrichir ces dépôts "externes" que sont les archives ouvertes. Donc : il faut mettre l'accent sur la promotion des archives institutionnelles comme préalable aux archives ouvertes, si l'on veut que ces dernières atteignent une masse critique rapidement, par effet d'entraînement. On vaincra ainsi (à mon avis ...) la réticence de nombre de "collectifs" à se lancer dans l'expérience du partage.
En sus, notons qu'à l'heure d'une décentralisation toujours plus affirmée (Toulouse et "ses" sites à Rodez ou Castres ... Nantes et "ses" sites à La Roche sur Yon, St Nazaire ou La Rochelle, etc, etc.), notons, disais-je, que les universités disposent aujourd'hui systématiquement d'antennes excentrées (en général des IUT) qui rendent les échanges et les communications difficiles et coûteuses (financièrement et kilométriquement s'entend). Pour ces dernières et pour les gens qui les peuplent, les "délocalisés de la recherche et de l'enseignement", le fait de pouvoir accéder à une entité "numériquement centralisée" leur permettrait également de pouvoir davantage s'impliquer et disposer de retours des "non-délocalisés". Bref de travailler un sentiment d'appartenance sans lequel il ne peut exister de culture commune et de dynamiques de recherche fortes et transversales. A moins que l'on n'ait déjà décidé que l'on ne pouvait faire de recherche sérieuse que dans la fac centrale et de l'enseignement dans ses sites périphériques ... En un mot comme en 100, le déploiement d'archives institutionnelles (qui rappelons-le est tout de même gratuit ...y'a même d'excellents comparatifs qu'il ne reste plus qu'à traduire en français) permettrait de résoudre bien des soucis (ou des soi-disant soucis) de la recherche française, aussi bien en terme de visibilité que de notoriété.
Allez encore un dernier argument pour convaincre les gens du ministère qui fréquentent ce blog (j'ai les noms les logs) :

  • les archives institutionnelles sont de gauche : elle favorisent le partage équitable des besoins et des compétences et dopent la visibilité des collectifs qui les alimentent.
  • les archives institutionnelles sont de droite : elles favorisent la compétitivité et les pôles d'excellence.

Vous n'avez donc qu'à faire votre choix ;-)

Le prix de la recherche.

Après l'homme qui valait trois milliards, voici la recherche qui vaut 7,2 millions de dollars.
Explications : un consortium rassemblant l'INIST, le groupe Couperin, l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médical (INSERM), le CNRS, le Ministère de la Recherche et de L'Enseignement Supérieur, l'Agence Nationale de la Recherche et de nombreuses universités (Lyon, Strasbourg, Paris, Grenoble, Marseille et Montpelier) vient de signer avec Thomson Scientific un accord de 3 ans pour la consultation de l'ISI web of Knowledge. Le communiqué de presse de Thomson annonce que 400 000 étudiants et 60 000 chercheurs sont concernés. Rapide division :
7,2 millions divisé par 460 000 personnes sur trois ans = 5,21 $ par personne et par an.
Très bien. Bien sûr il faut se féliciter. Mais au vu du prix de revient par tête, on se demande pourquoi - en voyant le Ministère de la recherche parmi les contractants - ne pas avoir négocié un droit d'entrée national au lieu de créer, de facto deux vitesses dans l'accès aux résultats de la recherche ?? Que sont les 400 000 étudiants concernés au regard de 2 200 000 que comptait la France en 2004 ? Pour les chercheurs, le ratio est un peu plus flatteur mais encore insuffisant : 60 000 contre 112 000 en 2003 (dans la recherche publique).
1 étudiant sur 5 et 1 chercheur sur 2 vont donc, pour 5 dollars par an, pouvoir disposer de tous les outils nécessaires à leur recherches. Bien sûr il faudrait ajouter à cela les universités et bibliothèques contractantes à titre privé d'un abonnement à tout ou partie des outil du Web of Science (si vous avez des chiffres, je suis preneur ...). Et pour tous les autres, étudiants et chercheurs qui ne sont pas concernés par cet accord pourront se rabattre sur les archives ouvertes :-(( Et fonder de nouveaux espoirs dans la mise en place annoncée d'une "infrastructure européenne fédérant les initiatives d’archives nationales existantes". Nom de code : DRIVER.
(Via Libre Accès à l'IST et Thomson)

C'est la rentrée

C'est donc reparti. Par solidarité avec mes deux petits bouts qui reprennent l'école demain (semaine de 4 jours oblige), voici un petit topo de rentrée avec un grand merci aux blogojuilletistes et blogoaoûtiens qui n'ont pas lâché le fil les reliant à leur clavier. Et merci également aux lecteurs d'Affordance, visiblement pas tous à la plage - ou alors avec un portable et une borne WiFi ne craignant pas le sable - qui lui ont permis de franchir la barre des 100 000 visiteurs pour ses un an d'existence (c'était le 30 Août 2005)

Côté moteurs :

  • Exalead : fait peau neuve. Le changement d'interface s'inscrit dans la stratégie d'alignement du frenchie sur les mastodontes américains (accroissement de son index à 4 puis 8 milliards de pages) : le savoir-faire d'exalead en matière de catégorisation se trouve relégué en colonne de droite en lieu et place des liens sponsorisés de ses concurrents. Pour le grand public (cible principale de ce relooking), le moteur gagne en clarté et en simplicité, sans rien perdre en pertinence. Les netchercheurs y retrouveront la plupart des options avancées spécifiques du moteur. François Bourdoncle donne par ailleurs une entrevue au Journal du Net dans laquelle il indique (notamment) ne pas croire aux folksonomies comme alternative ou complément aux moteurs
  • Google : le billet du 4 août de Zorgloob résume l'essentiel : procès avec l'AFP, cours de l'action, nouvelles interfaces linguistiques, révélations sur le rafraîchissement du crawling (tous les 2-3 semaines - voir aussi le billet de Christophe Asselin), et une base de donnée de plus de mille milliards de mots tenant sur 6 DVD bientôt disponible (voir aussi chez Frédéric Martinet) ... A noter aussi le rachat de Neven vision, société spécialisée dans la reconnaissance faciale avec probablement un couplage à l'horizon avec l'outil Picasa et un optimisation des algorithmes de recherche d'image. D'autres rachats sont d'ailleurs probablement à l'étude, urgence oblige ...) Google encore qui signe un partenariat avec la Fox Interactive Media (MySpace notamment ...) de Ruppert Murdoch (Voir l'excellent billet d'Ecosphère, le communiqué de presse) ... La comission européenne a décidément raison de s'intéresser aux mesures prises par l'union dans le secteur des médias ... Google toujours, qui depuis l'entrée du verbe générique "googler" dans les plus prestigieux dictionnaires de la planète s'émeut de ce qui pourrait à terme devenir une utilisation abusive d'une marque ... A tel point qu'il publie un petit mode d'emploi, les "Google Permissions" Une page sur laquelle on (re)découvre les quelque 92 "trademarks" régis par Google dont quelques-unes en fin de liste, combinés à l'analyse des noms de domaine déposés, pourraient faire l'objet de prochaines rumeurs sur la stratégie du moteur. Google enfin, qui a trouvé en Jean-Marie Le Ray son James Ellroy : ses billets de l'été autour de diverses rumeurs de services annoncés se lisent comme autant de nouvelles policières. A déguster sans modération.
  • Yahoo! de son côté innove aussi en matière d'interface ... spatiale ... C'est en corée que cela se passe : difficile à décrire, le mieux est encore d'aller voir vous-même en saisissant le nom de votre site préféré. Vous verrez alors les sites liés s'afficher sous forme de planète, avec une petite fusée qui vous amènera sur celle de votre choix. Après un effet de Zoom, la planète s'enrichira d'une petite maison vous menant sur le site concerné. Le tout avec de petits effets sonores sympathiques. Si au final tout cela ne mange pas de pain et est encore bien loin d'utiliser toutes les possibilités autorisées par ce genre de réprésentation  "cartographique" (ainsi à la différence d'un Kartoo, la taille et le type de représentation choisi pour les planète semble n'avoir aucun lien avec le site qu'elles représentent), le côté ludique et bien léché à tôt fait d'emporter l'adhésion. Mais tant que les gens continueront d'aller faire leur courses avec une "liste des courses" et non avec une carte heuristique des denrées nécessaires pour la semaine, le parangon de l'affichage des résultats d'une requête continuera probablement d'être celui de la liste, et non de la carte. N'empêche, elles sont jolies ces planètes :-) Yahoo qui innove copie innove encore en lançant également son Rollyo à lui, confirmant la tendance aux moteurs personnalisables.

Côté Social Search :
Jean-Marie Le Ray nous offre la traduction d'un article de Chris Sherman. Pendant que Fred Cavazza pointe justement la nécessité et l'urgence d'adopter un standard d'interopérabilité pour s'y retrouver dans la multiplication des mêmes "réseaux sociaux de niche", lesquels, pas forcément de niche d'ailleurs, sont la "tocade des investisseurs" selon l'article du Figaro : mais avec Google/MySpace d'un côté et Microsoft/Facebook de l'autre, l'interopérabilité n'est pas pour demain ...

Côté moteurs ET bibliothèques numériques :
Le volet "bibliothèque" pourrait bientôt faire un bond de 2,5 millions de volumes ! Des négociations sont en effet en cours avec l'université de californie (réunissant 100 bibliothèques sur 10 campus) (Via Prosper qui le tenait du LA Times). Sur le même thème, voir aussi l'article du Washington Post : "Search Me"
Et pour ce qui est de la bibliothèque "scientifique" numérique, Google Scholar s'enrichit d'une fonction "related article" permettant de rechercher les articles "similaires". Il serait intéressant d'étudier, pour un corpus d'articles donnés, le taux de recoupement entre cette fonction et les articles citant le corpus (fonction "cited by") ... Ce qui pourrait par exemple permettre de quantifier des valeurs de "sérendipité". Peut-être dans un prochain article ... Gabriel et Eric, si vous me lisez  ... :-)

Côté bibliothèques numériques :

  • Jean-Michel Salaûn propose un intéressant néologisme pour rendre compte des mutations des métiers des bibliothèques : "archithécaire". Extrait : "Le terme de bibliothèque numérique me paraît inadéquat pour rendre compte du repositionnement nécessaire.(...) Je proposerais volontiers le néologisme d’ « archithécaire ». Il commence comme archiviste et finit comme bibliothécaire, illustrant la fusion des métiers dans le numérique. Il renvoie à une archi-thèque, c'est-à-dire, bien au-delà d’une bibliothèque par les items concernés et par ses outils, mais reste défini sur un lieu, représentant une communauté. Enfin l’homophonie avec architecte est bienvenue." D'autant plus bienvenue que je me souviens de la définition de l'architecture donnée par Plotin : "Ce qui reste de l'édifice une fois la pierre ôtée". La bibliothèque numérique l'archithèque pourrait donc être "ce qui reste de la connaissance une fois la pierre du livre ôtée".
  • Comment chercher dans le catalogue de plus de 10 000 bibliothèques ? Avec WorldCat dont la nouvelle version est en ligne. Et c'est tant mieux.
  • à lire également le remarquable article d'Alain Giffard à propos des bibliothèques et de la lecture numérique.

Et puis comme nous n'étions déjà pas loin de tous être devenus bibliothécaires, la dernière innovation d'Amazon fera peut-être que nous serons un jour tous libraires ... L'occasion de signaler que mon été (un peu) studieux bien que non blogosphérique m'a permis de répondre à l'invitation de Christian Thorel via la rédaction d'un article pour la revue "Les cahiers du syndicat de la librairie française", intitulé "
D’un numérique l’autre : des moteurs, des libraires, et des usages." J'en reparle et espère pouvoir reproduire le texte sur ce blog lors d'un prochain billet.

Côté Blogosphère
Elle n'en finit pas de monter et de monter encore selon l'institutionnel billet de Dave Siffry.
Oui mais ... comme le souligne Francis Pisani puisant aux sources du DataMining : "Quand on se  penche sur les statistiques de population on ne compte pas les morts. Pourquoi le faire pour les blogs?" Blog or Alive :-)


Côté Science 2.0

En Vrac :

Et pour conclure, un poème à la gloire ... de l'Open Access. Dont l'auteur n'est autre que son héraut, Stevan Harnad. Le titre en est tout simplement ... "Publish or Perish" :-)

"As Science is mere structured common sense,
        her means but trial-and-error made intense,
        the only virtue setting her apart,
        and raising her above (some think) mere Art,
            is her convergence ever on consensus:
            collective, self-corrective her defenses.
        A flagellant, she boldly does defy
        Reality her schemes to falsify.

        And yet this noble jousting were in vain,
        and all this pain would yield no grain of gain
            if Science were content, a shrinking violet,
            her works from all the world 'ere to keep private.
            Instead, performance public and artistic,
            restraining all propensities autistic,
        perhaps less out of error-making dread,
        than banal need to earn her daily bread.

        For showbiz being what it is today,
        work's not enough, you've got to make it pay.
            What ratings, sweeps and polls count for our actors,
            no less than our elected benefactors,
            for Science the commensurate equation
            is not just publication but citation.
        The more your work is accessed, read and used,
        the higher then is reckoned its just dues.
            Sounds crass, but there may be some consolation,
            where there's still some residual motivation
        to make a difference, not just make a fee:
        the World Wide Web at last can make Science free.


Langue institutionnelle et archives en bois (ou l'inverse)

Le CNRS, par la voix de son Directeur Général, dans une lettre en date du 21 Juin, recommandait à  "tous les chercheurs des unités propres ou  associées au CNRS à déposer, chaque fois que c'est possible, les « manuscrits » de leurs travaux sur la  base Hal, les rendant ainsi librement consultables par la communauté scientifique internationale." (le courier au format .pdf). Stevan Harnad, héraut de l'Open Access, revient sur cette annonce sur son blog. La réponse d'Harnad est à la fois saignante et très pédagogique, et elle revient sur quelques fréquentes confusions en la matière. Exemple à propos de "l'obligation de déposer" et de son prétendu prérequis obligeant à demander la permission aux éditeurs :

  • "This is a big mistake. No permission is required from anyone merely to deposit. The CNRS policy should be a requirement to deposit all published articles (full text and metadata) immediately upon acceptance for publication (no exceptions, no delays). The only optional component should concern when the access to the deposited full-text is set as Open Access. (Until then the deposited full-text is in Closed Access, but its metadata are already accessible webwide.)"

(Vu chez ServiceDoc)

Trop de revues ... tuent les revues.

Le nombre de revues scientifiques est en hausse constante, notamment en lien avec le développement de modèles de diffusion numériques et dits d'accès ouvert (open access). Ce qui est une bonne chose du point de vue de l'espace de publication ainsi rendu disponible et public, lequel ne se limite plus à quelques revues "princeps". Mais ce qui peut aussi devenir une "mauvaise" chose, cet effet de masse ôtant toute lisibilité à une hiérarchisation (souvent) nécessaire au repérage des avancées scientifiques et à la construction des savoirs eux-mêmes. Un éminent chimiste s'émeut de cette situation et stigmatise un phénomène délicat : "The same old tactics are being used: exploiting a faculty weakness for seeing one's name in print, offering a career advance by having Editorial Board appointments on one's CV at promotion time, flattering authors with invitations to contribute papers in special issues, etc. All this effectively silences faculty from speaking out, or even caring about, the issues librarians understand so well." La solution qu'il propose se veut ouvertement polémique : il s'agit (pour son université) que l'appartenance à des comités éditoriaux de faible qualité "bloque" la promotion des chercheurs. Ajoutant : "The idea may not be so outrageous in five or ten years time." Une (pro)position délicate dans la mesure où l'on voit mal "qui" et sur quels "critères" déciderait de la "qualité" desdits comités éditoriaux et des revues visées. Il faut à mon sens davantage faire confiance aux mécanismes d'auto-régulation à l'oeuvre dans cette communauté de pratique un peu particulière qu'est celle de la recherche. Et pour ne pas être accusé d'esprit partisan, je précise que je n'appartiens à aucun comité éditorial. Et que je suis ouvert à toute proposition à condition que la qualité soit là ;-)
(Via OANews)

Faut-il tuer le pair ?

La revue par les pairs, en anglais Peer-Reviewing, désigne le processus d'expertise de l'ensemble des articles scientifiques depuis des décennies, processus au bout duquel l'auteur peut donc être publié ... ou mourir en paix ("publish or perish"). Relevé par Michel Roland, l'article "Open-peer review and collaboration" vient apporter une nouvelle pierre au si sensible dossier : "Faut-il tuer le pair ?". Formulé autrement, il s'agit de savoir si  - au regard du contexte actuel d'auto-archivage, d'open-access et de nouveaux modes de publication en général - le peer-reviewing a ou non vocation a demeurer le modèle unique du circuit de "validation" des connaissances scientifiques. Petite revue des "pour" et des "contre".
Que reproche-t-on au Peer-reviewing ?

  • les experts sont anonymes ce qui favorise leur désengagement : ils s'y mettent au dernier moment, ils ne respectent pas forcément la "checklist" d'évaluation (quand elle existe)
  • les femmes acceptent trois fois plus de manuscrits que les hommes et/mais les femmes sont nettement minoritaires dans les comités d'évaluation
  • les pairs en question sont souvent moins "experts" sur le sujet que l'auteur de l'article
  • des logiques de carrière, institutionnelles et personnelles sont souvent présentes, les auteurs "seniors" ayant ainsi parfois tendance à sous-évaluer le travail de jeunes équipes ou auteurs au profit d'autres seniors (et je ne vous parle même pas des mesquineries et autres animosités personnelles qui - comme dans tout groupe humain - se font évidemment jour, tant il est vrai que "l'anonymat" des articles évalués n'empêche souvent en rien d'identifier leur auteur.)
  • le processus d'évaluation est looooooong, très long (entre 6 mois et 2 ans, parfois plus)
  • il est également coûteux (frais d'édition, de secrétariat, etc ...)
  • il ne joue pas son rôle de filtre (la plupart des articles refusés finissent par être publiés par d'autres revues, et pas nécessairement moins "prestigieuses")
  • il est inefficace qualitativement (on a ainsi montré que les "experts" étaient le plus souvent incapables de repérer les erreurs volontairement introduites dans des articles bidonnés pour les besoins du test)

Bon ... devant cette charge en règle, quels sont les modèles alternatifs dont on dispose aujourd'hui ?

  • Modèle fermé : on pousse jusqu'au bout la logique d'anonymat des articles : non seulement on ne donne pas le nom de l'auteur mais on anonymise aussi toutes les références de l'article et de sa bibliographie à des institutions et/ou à d'autres articles du même auteur : non seulement c'est infaisable, mais en plus cela ôte évidemment des éléments essentiels à l'expertise elle-même. Donc on perd sur les 2 tableaux. Modèle perdant-perdant.
  • Modèle semi-ouvert : on lève l'anonymat des pairs : les auteurs savent qui les évalue. On parle alors d'« open peer-review ». Et ça marche puisqu'on note que dans ce cadre :
    • on critique moins, ou à tout le moins les critiques sont argumentées,
    • les commentaires sont souvent plus approfondis, plus argumentés et plus courtois
    • Ils (les pairs toujours) sont ainsi incités à décliner l’évaluation quand ils ne s’estiment pas compétents
    • Les jugements abusifs plus facilement repérés.
    • Le travail des experts s’en trouve in fine valorisé et bénéficie de plus de crédit
    • Donc ... tout le monde est content, et on est sur du gagnant-gagnant.

Nombre de revues (ou groupements de revues) ont d'ailleurs fait ce choix : BMJ (British Medical Journal ), BiomedCentral, MJA (Medical Journal of Australia ) et d'autres ...

  • Modèle ouvert : le plus radical, le plus novateur. Donc le plus intéressant. Et donc le plus critiqué. On ne se contente plus de lever l'anonymat des pairs, mais on autorise les “lecteurs” à intervenir dans le processus en déposant leurs commentaires sur des articles soumis à  publication. On parle alors de “commentary-based peer-review” ou de  “peer-commenting”. Trois manières de mettre en place un "Peer-commentary" : commentaires AVANT, APRES ou A LA PLACE de la revue par les pairs. Pour autant, il ne s'agit pas de sombrer dans un extrémisme candide : c'est la co-existence des deux modèles (Peer-commentary puis peer-reviewing ou l’inverse) qui est intéressante et novatrice, l’initiative de la décision de publication restant dans chaque cas aux experts.

Le "Journal of Interactive Media in Education" combine pré et post-commentary. Le journal "Electronic Transactions on Artificial Intelligence" a lui décidé d’ouvrir aux lecteurs le processus de revue par les pairs. Quant à "Psycoloquy"  ou "JIME", le choix s’est porté sur l’ouverture aux commentaires après le processus de Peer-Reviewing.

Alors ... le complexe d'Oedipe ravagera-t-il le petit monde de la recherche ?

Nota Bene : Les faits relatés ci-dessus ne sont pas le produit de mon imagination malade mais le résultat d'un travail d'expertise qui trouvera peut-être un aboutissement dans une "vraie" publication (enfin si je trouve le temps et si elle est acceptée par mes pairs ;-), lequel travail doit énormément à la mini-bibliographie suivante :

  • Harnad Stevan, 2000. "The Invisible Hand of Peer Review". En ligne.
  • Piolat A and Vauclair J, "Le processus d’expertise éditoriale avant et avec Internet", "Pratiques psychologiques", Vol 10 n°3, pp. 255-272, 2004. En ligne.
  • Jefferson T, Demicheli V. "Are guidelines for peer-reviewing economic evaluations necessary ? A survey of current editorial practice." Health Econ. 1995 Sep-Oct;4(5):383-8.
  • Stern David, "Open access or differential pricing for journals:" Online Vol. 29 No. 2 — Mar/Apr 2005. En ligne.

I-Expo 2006

Le salon I-Expo se tiendra bientôt. Dans ce cadre, le GFII a mis en ligne 5 remarquables communiqués synthétiques pour celles et ceux s'intéressant aux archives ouvertes, à l'édition scientifique et aux pratiques de publication :

Moteurs (d'articles) de recherche

Les moteurs de recherche délaissent globalement la prise en compte des balises <META> du fait que celles-ci, censées initialement permettre une prise en main de l'indexation des sites par leurs concepteurs, sont trop souvent détournées (spamdexing) à des fins de marketing (par exemple). Pourtant, dès lors que les contenus sont homogènes (des articles scientifiques) et l'indexation effectuée par des professionnels s'appuyant sur des protocoles et des normes garantissant l'interopérabilité desdits fonds, les mêmes moteurs voient comme une aubaine l'absorbtion de ces gigantesques entrepôts de données. Il s'agit des archives ouvertes et institutionnelles structurées selon le protocole dit OAI-PMH. Donc d'un côté, des gisements documentaires (de plus en plus) considérables. De l'autre, des moteurs se positionnant comme autant de médiateurs incontournables dans la diffusion de la recherche. Et au centre, des intérêts convergents : assurer l'interopérabilité des fonds en augmentant autant que faire se peut leur visibilité. La question se pose alors de savoir quel pourcentage de ces fonds est effectivement visible et indexé par les moteurs. En d'autres termes : quel est le meilleur moteur pour trouver des articles scientifiques ? Une étude (.pdf) du laboratoire de Los Alamos s'est intéressée à la question. Michel Roland en a traduit le résumé. En voici les principaux résultats :

  • sur un échantillon de 3,3 millions d'URI (= d'articles) pris sur 10 millions d'articles en provenance de 776 archives, Yahoo! en indexe 65%, Google 44% et MSN 7%. 22% des ressources ne sont indexées par aucun des trois. On est donc tenté de clamer : oublions Google et autres Scholar, et vive Yahoo! qui semble avoir récolter les grains semés au gré de son Content Acquisition Program auprès de diverses archives institutionnelles. MAIS ...
  • en ce monde comme en d'autres il est important de relativiser. Ainsi la même étude (page 6) fait état de grosses différences de prise en compte selon l'archive concernée. Exemple : pour BioMed central, 82% des articles sont disponibles via Google contre "seulement" 69,4% dans Yahoo!. A l'inverse la "Library of Congress" est à 99,1% dans Yahoo! et à 1,3% dans Google ...

Ces écarts stigmatisent les résultats des partenariats commerciaux (ou non) entre certains moteurs et certaines institutions/bibliothèques. Avec au final pour l'usager en général et la recherche d'information en particulier une nécessité toujours plus grande de disposer de clés de lecture et d'analyse.
(Via Catalogablog)
Update de 10 min plus tard : pour plus d'informations (techniques) sur le moissonnage, l'interopérabilité et la recherche fédérée, voir par là.

Relooking d'archive

Archivesic change de look et de logo tout en conservant sa charte graphique. Nouvelles fonctionnalités sont aussi au programme : exporter des listes de publication, espace personnel enrichi, consultation par laboratoire. L'occasion d'adresser un nouveau coup de chapeau aux membres fondateurs pour le travail accompli, travail qui se mesure chaque jour davantage tant du point de vue des usages en consultation que des pratiques d'auto-archivage des chercheurs dans ce champ.
P.S. : je viens de faire un tour détaillé sur la partie mon compte qui permet de comptabiliser le nombre de fois où vos articles ont été téléchargés ainsi que le nombre de consultations des fiches présentant les articles. Pour 7 articles déposés, j'arrive à près de ... 30400 télédéchargements des articles eux-mêmes, soit plus de 4300 "lecteurs" par article. S'il y en a qui n'étaient pas encore convaincu du rôle de telles archives dans la démocratisation de l'accès aux résultats de la science, qu'il se posent la question de savoir combien de "lecteurs" ont eu les 7 mêmes articles dans les revues qui les ont accueillis :-)

Métadonnées et archives ouvertes

Une journée qui s'est tenue à Arcachon en Octobre 2005. Les présentations sont en ligne.  Au programme : métadonnées et archives ouvertes donc, mais aussi HAL et Creative Commons.

Ouvrir la science. Opening Science

Dernier édito de Nature. A consommer sans modération. Morceaux choisis :

  • "scientists must embrace a culture of sharing and rethink their vision of databases"
  • le célèbre adage "Publish or Perish" devenant ainsi : "Upload and share your raw data, and have a high impact factor for your blog — or perish."
  • "Although discipline-specific databases have an indisputable role, science also needs to capitalize on large common repositories for data, whose preservation is guaranteed, and where the data can easily be used by anyone"

Dépôt d'archive

En lien avec ce billet sur "comment construire une archive institutionnelle", le CNRS propose de son côté un guide juridique (.pdf) encore à l'état de projet et qu'il est possible d'enrichir et qui fait le point pour aider et faciliter le dépôt de publications.

Construire une archive institutionnelle

Tout, tout, tout ce qu'il faut savoir pour mettre en place une archive institutionnelle. Un document exceptionnel qui fait à la fois office de cahier des charges, de comparatifs des solutions logicielles existantes, de guide de recommandations pour les meilleures pratiques. Ne manque plus qu'un traduction en français et nos institutions universitaires (par exemple) n'auront plus aucune excuse.
(Cuit dans la marmite de Figoblog)

Le coût de l'accès aux revues scientifiques

Deux billets (1 & 2) de Marlène à lire sur Biblioacid qui reviennent sur les problèmes cruciaux pour les bibliothèques (et plus globalement pour tout individu souhaitant accéder à la connaissance 'scientifique') du coup d'abonnement aux revues. En complément sur ces problématiques on pourra aussi relire ce billet sur Urfist infos.

80 millions de livres en archives

Le JISC vient de recevoir une dotation de 80 millions de livres sterling. Le Jisc fonctionne un peu à la manière d'un consortium et est notamment chargé de négocier les contrats avec les éditeurs pour les bibliothèques universitaires. La somme qui vient de lui être affectée devra servir à mettre en place et à promouvoir des archives ouvertes et institutionnelles. Rappelons que la mise en place de ces archives est aujourd'hui un enjeu majeur pour qui prétend construire une "société de l'information" ou une "europe de la connaissance". Sans ces archives quelques acteurs, soit des éditeurs (comme Elsevier), soit des entités plus hybrides (comme Google avec Google Scholar) disposeront d'un monopole total sur toute la production scientifique (produite pour l'essentiel sur crédits publics, ne l'oublions pas ...) qu'ils pourront alors, pour les premiers, revendre à prix d'or à des bibliothèques universitaires de plus en plus démunies, ou pour les seconds, saucissonner et publiciser à grand coup de marketing à des kilométrès de tout souci "d'édition" ou de "validation scientifique". Vivement donc que les très belles initiatives françaises soient soutenues, mutipliées et déployées à une échelle plus 'juste'.
(Source : Stuart Lee)

DLib / La france en retard / Jeanneney a tort

Parution du numéro de Septembre de DLib Magazine. Au sommaire (entre autres), deux articles permettant de dresser un état des lieux des archives institutionnelles ("Institutional Repositories"). Cet article permet de constater le retard français en la matière puisque seulement 27% des universités françaises disposent d'archives institutionnelles contre 100% en Allemagne et en Norvège, 93% en Australie, j'en passe et des meilleurs (pourcentages). Ces chiffres sont certes à modérer selon la nature et le nombre de documents disponibles dans lesdites archives mais tout de même ...
Un autre article étudie de près ce qu'on (il ?) appelle le "Google 5", à savoir le projet de numérisation engagé par Google avec 5 grandes bibliothèques. Il s'interroge (notamment) sur les points suivants :

  • le taux de couverture d'un tel projet à l'échelle de l'ensemble des livres imprimés
  • la question de la langue : quelles langues sont prédominantes ?
  • celle du copyright : quel pourcentage des ouvrages concernés par le projet Google sont libérés de leurs droits

Toutes les réponses à lire dans cet article avec des arguments allant dans le sens opposé de JN Jeanneney (notamment pour ce qui est de la couverture linguistique, démontrant que la couverture des ouvrages numérisés par Google Print est représentative (et même un peu en dessous pour l'anglais) de ce qui se passe à l'échelle des ouvrages imprimés de la planète et n'augmente pas l'écart ou la part faite à la langue anglaise.)
'

Au nom du Blog.

Pourquoi ce blog ?
Parce que je me suis pris au jeu initié il y a de cela un an en d'autres contrées de la blogosphère.

Pourquoi ce nom ?

Il est baptisé "affordance", du nom d'un concept emprunté à Gibson pour rendre compte de l'adaptation immédiate de l'individu à son environnement selon les caractéristiques du premier (champ de perception, champ d'action) et les propriétés du second (objets et lois s'y appliquant).
En d'autres termes, un "stylo" peut être utilisé pour écrire, mais aussi - selon l'individu et le contexte - pour enfoncer un clou, pour envoyer un projectile, etc.

Et vous quelles sont vos affordances informationnelles ?