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17 mai 2016

Commentaires

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Fanny

Bonjour,
Cela fait un moment que je vous lis (peut être 2 ans maintenant).
Je fais partis des "gens"dont vous parlez dans cet article. Je ne suis pas scientifique....juste bibliothécaire.
Vous m'avez appris beaucoup de choses et vous me permettez de comprendre bien des systèmes...
Vos articles sont parfois long, mais jamais ennuyeux (bon O.K. des fois je les lis en 2 parties pour bien digérer...ou pour profiter...ou les deux...allez savoir).
je commence à lire cet article, vu la longueur, je m'interromps pour faire une autre tâche, j’atterris sur archimag et là que vois-je? Ben ceci : http://www.archimag.com/bibliotheque-edition/2016/05/17/edition-elsevier-acquisition-recherche-sciences-sociales-ssrn
On peut pas dire mais vous êtes raccords avec l'actualité!
Cordialement

Perrick

Que ça fait du bien... Il faudra que je le fasse lire à ma compagne - docteur en philosophie - qui a décidé de voir de l'autre côté du miroir (c'est à dire hors université) et de chercher comment faire financer de la recherche à l'heure du numérique autrement que par les "institutionnels".

AL

Sci-Hub est mort ce soir hooouuuhhhhoooouuuuu
A partir de maintenant, je boycotte Elsevier, sciencedirect and co ! Je ne citerai aucun article publié dans une revue enfermée ds un de ces portails...C'est désormais la guerre entre la science libre et la science fric !

David

Il y a dix ans, encore en master : https://larlet.fr/david/biologeek/archives/20060119-open-articles-liberez-votre-savoir/

Depuis j'ai quitté la science notamment pour cela. Triste de voir que la situation est toujours désespérante…

qwerty

Bon, tout ça va m’encourager pour faire ma thèse… Bon, je passe normalement en L3, j’ai le temps, mais je suis dès le départ pour une non marchandisation de la connaissance. Mais j’ai cru comprendre que, malheureusement, la qualité d’un chercheur était son nombre de citations par ses pairs. #trissitude

J’ai en tête l’idée de participer à une université populaire, histoire de propager la connaissance à tous. Si ça peut mettre une épine au pied du capitalisme, pourquoi pas :-)

Louise Merzeau

Comme tu le sais, on est d'accord sur le fond et je défends comme toi la mise en commun des connaissances.
Ton coup de gueule va en soulager plus d'un…
Mais je ne suis pas d'accord avec tout ce que tu dis de la publication scientifique.
D'après ma propre expérience, le formatage et la marchandisation n'épuisent pas complètement le plaisir et l'intérêt qu'il peut encore y avoir à écrire, structurer et éditer un article ou un dossier, y compris dans des revues "de rang A" (pour employer le jargon qui nous énerve), avec les contraintes éditoriales que cela implique. Le blog est un autre espace, qui ne les remplace pas.
Quant à passer sa thèse, son HDR ou sa qualif, c'est certes pénible, voire brutal, mais on peut aussi y voir un exercice intellectuel "sur soi" plutôt salutaire et non dénué de sens :) …
Bref, se retirer de la course est un choix possible, mais ce n'est pas la seule posture acceptable pour un.e chercheu.r.se.
On peut aussi défendre une certaine idée de l'open access à l'intérieur du système académique… sans pour autant vendre son âme au diable !

olivier ertzscheid

Salut Louise, naturellement et heureusement il ne s'agit pas en effet du "seul choix possible". Pour parler comme dans une revue de rang A je crois qu'il nous faut collectivement requestionner les espaces dialogiques des agencements collectifs d'énonciation qui se font écho au travers d'écosystèmes de publication académiques, marchands et non-marchands ;-) Sur la thèse et l'HDR, il ne peut en effet s'agir que d'aventures et de ressentis personnels, mais ne me dis pas qu'au-delà de l'enrichissement personnel sur sa propre réflexion, lesdits exercices ne sont pas la plupart du temps pollués par d'autres exercices de génuflexion imposés ... Ecrire, structurer un article, une réflexion, un dossier sont aussi des possibles offerts par ces "autres" écosystèmes de publication que sont les blogs. Et à mon avis qui le seront de plus en plus. Il y a seulement 5 ans de cela il était à peu près inconcevable de trouver des références de blogs dans des bibliographies d'articles et revues de rang A ou B ou C. Aujourd'hui ce n'est certes pas encore monnaie courante mais cette pratique n'est plus "clivante". Et puis, enfin, les politiques des Elsevier et consorts sont de plus en plus agressives et les politiques publiques de soutient et/ou d'évaluation de la recherche de plus en plus indigentes. Donc oui je crois que s'il n'y a pas de déclic et si on n'y va pas un peu de manière frontale, les choses ne bougeront jamais.

Alexandre Hocquet

J'adhère à cette prise de position politique radicale et j'essaye plus ou moins de m'y tenir dans ma modeste vie académique, mais une question me vient :

quel est l'argument qui différencie les sciences "dures" dans le propos ? le fait que l'autopublication y est plus difficile en pratique ?

olivier ertzscheid

Bonjour Alexandre, bonne question :-) Disons pour faire simple que la hiérarchie des publications est radicalement différente (le "must" en SHS c'est le bouquin versus l'article dans revue de rang A), l'économie de la publication est aussi différente (nombre de revues et nbre de revues rang A), et les écosystèmes alternatifs le sont aussi (historiquement les preprint viennent des sciences dures, précisément car circuits et opportunités de publications plus réduites mais aussi enjeux littéralement plus "vitaux")

Diego Riviera

Hello, complètement d'accord. Vous n'abordez pas un problème qui me paraît crucial, au moins à la lecture de jeunes chercheurs qui passeraient par ici : à un jeune chercheur qui cherche son CDI face à des recruteurs qui ne jugent que sur les publications est il aussi facile de prendre cette posture ? Le gros problème est pour moi qu'un jeune qui ne publie pas ne trouve pas de travail. Donc... Publiez, à moins d'être parmi les rares chercheurs non précaires... Je crois qu'à l'Université ils regardent malheureusement le 'potentiel de publication'... Je rêve d'un système ou on lit les publications plutôt que les compter. J'ai envie de conseiller aux jeunes de publier, sinon c'est le chômage !? Espérons que les recruteurs prennent aussi cette posture. En attendant, le jeune post doc me paraît enchaîné, qu'il le veuille ou non, à ce système morbide. Cdlt

Laurent Calixte

1/Je suis pas scientifique,
2 J'ai tout lu,
3/ça déchire.

Alexandre Hocquet

Merci Olivier pour la réponse. Je vois bien les différences de rapport à l'écrit. Le livre/thèse en tant que texte sacré d'un côté, le livre en tant que vulgaire textbook, la thèse en tant que somme d'articles collés à la suite les uns des autres de l'autre. Chez les "durs", l'article est la mère de toutes les publis et la prépublication et son immédiateté en situation concurrentielle est sûrement à l'origine de systèmes d'autopublication parce qu'il y a une valeur ajoutée par rapport au timing de sénateur d'une publi...par contre, il me semble que s'autopublier sous forme de blog, ou même penser que ses travaux de recherche pourraient avoir un intérêt au delà du cercle de collègues est juste impensable, ça serait de la vulg...diffusion de savoirs à faible valeur de prestige comparé à une publi. Bon, après ces grandes généralités à la hache sur les différentes sciences, je m'en vais réviser mes "epistemic cultures" au lieu de parler à la place de ceux qui étudient prestige et notoriété en sciences. kutgw en tous cas.

Lozie

Bonjour,
je vous découvre juste aujourd’hui avec cet article et pourtant j'ai l'impression de vous connaitre.

Contrairement à vous, je n'ai pas 20 ans d'expérience ni un salaire qui tombe tous les mois, et pourtant j'ai choisi comme vous "de ne plus jamais publier dans des revues scientifiques". Malheureusement, cette décision s'accompagne du fait de ne plus jamais publier du tout et de renoncer à faire de la recherche mon métier.

Mes trois années de thèse m'avaient fourni un bel aperçu et la décision n'a pas été si dure à prendre. Petites mains sous payées, au statut bâtard mal-connu, exploitées par certains de ces paires et par les institutions, inconnu « du grand public », oubliées par la société et écrasées par les lobbies, voilà ce que j'ai pu apprécier du système de recherche scientifique durant ces trois années.
Ce qui m'offusque le plus dans ce système c'est qu'ils ont réussi à rendre les sciences (molles comme dures) inaccessibles pour monsieur lambda et à faire sombrer les chercheurs dans l'anonymat et la précarité. Et ne nous trompons pas, pour l'heure ce sont les petites mains, les thésards et stagiaires, qui font de la recherche scientifiques. Les chercheurs, les vrais, en CDI, passent leur temps à chercher... des financements. Quel projet de vie et de carrière palpitant ! Whouhou !

C'est pour ça que j'ai décidé d’arrêter après ma thèse; ou plutôt de ne pas commencer car après un bac+8 on n'est encore qu'un nouveau-né dans ce monde aux marches hautes.

Aujourd'hui je suis heureuse, mais j'avoue ressentir un manque à ne pas pouvoir pousser ma curiosité jusqu'au bout. J’espère sincèrement que les choses changeront pour les générations futures. Peut-être grâce à vous ?

Lozie

PS: désolé je crois que je me suis un peu écartée du sujet. C'est juste que pour moi, ce système d'évaluation de la recherche via la publications payantes d'articles "pro formatés", jugées par des "experts" (ex-paires ^^) dans des journaux payants est la base du problème. Sans ça, le système s'écroule.

David

Bonjour,

Je ne connais pas le monde de la recherche mais votre article m'a passionné (si, si).

Du coup, je me pose des questions ...

- j'ai cru comprendre que les bibliothèques "pirates" tel sci-hub sont de belles initiatives mais vouées à l'échec car illégales;

- Mais par ailleurs, que deviennent les (forcément nombreux, 3 sur 4) articles scientifiques refusés par les éditeurs spécialisés ?

- à l'image des plateformes de l'économie numérique (Uber, blablacar ...) ou de réseau social (Sciencebook ?), ne pourrait-il y avoir de création d'une plateforme "libre" pour accueillir ces articles "scientifiques", thèses, mais également la présentation de projets ou simplement de la "vulgarisation" (pour moi ce n'est pas "sale" ... certains diront que je n'ai pas le choix ;-)) ou du débat d'idée scientifique ?

- évidement, l’intérêt est faible au début pour les chercheurs (peu de visibilité, pas de notoriété donc un coté punk à chien) mais on pourrait imaginer un système d'évaluation par les pairs qui, au fil du temps et des publications, pourrait constituer une alternative crédible aux circuits traditionnels.

- également, se posent les questions du modèle économique soutenable (qui doit au moins permettre à la plateforme de rentrer dans ses frais), de la langue, des seuils à atteindre, de la régulation des publications (comment éviter le farfelu ? doit on et peux t'on l'éviter ou vivre avec).... Ce serait long et en tout cas ce n'est pas demain qu'un tel projet pourrait rivaliser avec Elsevier et consort.Sans parler d'obtenir un "rang".


Un telle initiative existe peut-être déjà (je suis un grand naïf) ou est à jamais vouée à l'échec (je suis un grand naïf 2).

Mais à l'heure d'un monde numérique où il est possible de passer outre les intermédiaires des circuits traditionnels et en regard de l'ire générale contre les grandes revues ... c'est tentant. D'autant plus que vous avez décidé "de ne plus jamais publier dans des revues scientifiques". Ce blog est un début ... alors pourquoi ne pas fabriquer un "écosystème cohérent" plus vaste ?

Jean Pierre Jambes

Il est toujours réjouissant de découvrir un membre de sa famille. Bravo. Il nous reste toutefois à trouver comment passer d'un mode famille à un projet de transformation universitaire à la mesure des défis à relever. Et là...

Didier Bouvard

Ça pose le problème du modèle du copyright qui a fait son temps. Il est temps d'imaginer et d'inventer sa suite.

Bobby Richardson

Super article ! Je ne vais pas débattre là-dessus, j'aurais aimé écrire à peu près la même chose. Perso, je me sens vraiment chercheur à fond, c'est une vraie passion, mais toutes ces conneries m'ont fait renoncer à une carrière universitaire.
Si tout se passe bien, dans 3 mois je suis prof des écoles, qq chose de bien plus intéressant sur bien des aspects : j'aurais en permanence 30 chercheurs vachement motivés sous ma direction !

Saddi Lotfi

Bonjour, je vous félicite pour avoir abordé un ci-important sujet. Il parait que c'est le problème de la recherche en Sciences Humaines au nord chez vous comme il est le cas aussi au sud chez nous. Mais pour être actif qu'est ce que vous "suggérer" comme initiative militante francophone pour promouvoir la recherche en SH en dehors de ce cercle de l'édition "totalitaire".
Saddi Lotfi, Master en sociologie du développement;Djerba Tunisie.

alice sala

La toute première fois que je vous lie, j'ai rigolé, je me suis fâché et par moments j'ai eu la chair de poule en ressentant tant d'entente…MERCI

Ari Massoudi

Excellent article ... et tout à fait valable pour les sciences dures !

http://management-of-innovation.over-blog.com/article-open-peer-review-is-finally-available-for-scientific-publications-84928130.html

Pacreau Fanny

Travaillant hors des murs académiques, j'ai pu m'affranchir de cette sclérose et m'ouvrir à des formes nouvelles d'édition (blog...). Étonnement, alors qu'en mon état de "sous scientifique" je me croyais condamnée à errer d'un les limbes du savoir, des demandes pour des publications "plus sérieuses" m'ont été faites. Je crois que ces textes d'une autre nature y sont pour quelque chose. Pour autant, je trouve votre colère saine et utile. S'il se développe ce monde parallèle, attestant d'un dynamisme et d'une réelle vitalité scientifique susceptible de régénérer l'existant, il reste à remettre en question les structures en place.

Guillaume Blanc

Je suis astrophysicien, donc en science "dures", le problème est moins aigu chez nous, même si nous devons aussi faire face à Springer, Elsevier et cie. Mais nous avons nos serveurs de "préprints", comme arXiv (https://arxiv.org/) qui permet d'accéder à la plupart des publis gratuitement, et la plupart des astrophysiciens jouent le jeu.

Ceci étant, il y a quand même du ménage à faire (voir : http://gblanc.fr/spip.php?article605), mais peut-être pas autant qu'en sciences humaines. Quant à ce dont sont capables des gens à bac+8, voir : http://gblanc.fr/spip.php?article636

Clotilde Luquiau

Salut,
Magistral!
J'affiche le texte dans mon labo
MERCI!

Laurent BEAUFILS-Seyam

Merci bcp pour votre intervention : comment faire de la recherche dans un pays négationniste ? Depuis 22 ans la France nie une récidive de génocide et son implication au Rwanda; et , en qualité de jeune chercheur, j'ai pu éprouver le REEL du néo-négationnisme. Ainsi les publications référentes , scientifiques, se doivent d'être diffusées par des réseaux under-ground. Ce néo-négationnisme est un négationnisme des Savoirs et rejoint ce que vous décrivez de la Recherche actuelle. Dans les problématiques de refoulement et de transmission de traumatisme. Là, je pense que la nouvelle génération se doit , effectivement, de faire valoir une Reconstruction des Champs des Savoirs scientifiques.

Iomki

Merci pour votre brillant billet, écrit à la barbe des éditeurs sans scrupule et sans foi. Dans les domaines "intermédiaires" des sciences dures comme la médecine, le danger est en prime la collusion et le conflit d'intérêt. Tout ceci est assez grave: le bastion de la science s'effrite!!

Michaël Bon

Bonjour Olivier,
Ce panoramique de l'état actuel de la publication scientifique est assez complet. Je suggère que tout ce que vous décrivez est une conséquence d'un péché originel de l'Université qui est d'avoir indirectement privatisé le processus scientifique via l'adoption du facteur d'impact et de la bibliométrie comme moyen d'évaluer les chercheurs à partir des années 60. Cette mesure a enlevé aux chercheurs le pouvoir de créer de la valeur scientifique pour la donner à une petite minorité, les "editorial boards" de journaux. De cette assymétrie de pouvoir artificiellement créée dans la communauté découle tous ses dysfonctionnements scientifiques, économiques et sociaux. En particulier, les pairs sont désormais des individus aux intérêts divergents, en concurrence les uns avec les autres pour obtenir une place dans la revue la plus cotée de leur domaine, et bien sûr il y a bien d'autres chemins que la qualité pour y parvenir, le processus de "peer review" privé (que je préfère appeler "tribunal des pairs" ou "peer trial" ) étant aussi biaisé et aléatoire que vous le dites.
La manière de sortir par le haut de cette situation est de créer une nouvelle valeur scientifique qui soit ouverte, communautaire et qui s'appuie sur le jugement des scientifiques et non sur de la bibliométrie comme la citation ou le nombre de téléchargements, etc. Il n'est pas suffisant de seulement mettre son travail en accès libre, la science exige que ce travail soit effectivement vérifié, débattu et évalué par les pairs, mais non dans une optique de certification (le tribunal) mais dans une optique d'échange qui crée de la valeur. Cette logique va très loin et je vous invite à prendre le temps de lire cette proposition concrète www.sjscience.org/article?id=46 (article ouvert à la critique) et de faire un tour sur la plateforme www.sjscience.org qui implémente cette éthique. Il est bon que les scientifiques désireux de changer les choses se rassemblent et commencent à alimenter une dynamique communautaire alternative (et qui n'est exclusive de rien d'autres) de création de valeur scientifique "propre" et vérifiable, et aident à en faire la promotion auprès de leurs pairs.

Aline Bousquet

Comme d'hab, génial ! Et toujours aussi poétique et fluide
Une prof doc fan qui cite votre blog dans ses formations

Magali Nachtergael

Bonjour!
Merci pour ce déferlement d'énergie qui va contre ce qu'on veut nous présenter comme le fatum académique!
Petite question : comment s'appellent vos collègues spécialistes de l'extrême-droite et de l'enfance maltraitée?
Mille mercis!

Marc Kap

Comme dit Guillaume Blanc, la situation est un peu meilleure en science dure, mais quand même loin d'être idéale. Tim Gowers (mathématicien médaillé fields) a initié un mouvement de boycott contre Elsevier qui fait grand bruit il y a quelques années.
Je pense que ce qui ne fait pas débat chez nous, c'est l'évaluation par les pairs. Je peux dire sans hésitation que ce processus a parfois permis d'améliorer la qualité de mon travail. J'entend parler d'initiatives qui visent à conserver ce volet là de la publication tout en jetant par dessus bord l'autre - le parasitisme des éditeurs. Il s'agit de construire des journaux auto-gérés au dessus d'archives ouvertes. Apparemment, ça existe déjà en math, et c'est en train de s'étendre à d'autres domaines.
Une approche différente consiste à mettre en place un système de commentaires, comme ici: https://scirate.com/. Cela revient quasiment à mettre un réseau social par dessus l'archive ouverte concernée.

Au fond, le plus choquant, c'est que les chercheurs semblent prêt à faire table rase du système de l'édition scientifique, que les propositions pour le remplacer sont là, que les énergies sont prêtes à se mettre en marche, mais que le système ancien perdure par un conservatisme un peu honteux...

Stéphanie Quériat

Pour info,
Dans le même sens : la charte de la désexcellence
http://lac.ulb.ac.be/LAC/charte.html

s. fleuret

Salut,
je suis rédac chef d'une revue en open access. je prends le temps de faire un vrai travail éditorial et d'accompagner les auteurs. les évaluations par les pairs sont constructives et visent uniquement à rendre le texte plus compréhensible, à bien étayer les affirmations avancées, à consolider certaines idées. Personnellement je trouve que le jeu en vaut la chandelle et je souhaite que vous retrouviez le goût de publier dans ce genre de support. Bien (putain de) confraternellement :)

Stephanie

Merci pour ce billet qui me conforte dans mon choix. Je suis totalement d'accord avec vous ! A la différence que je n'ai même pas tenté les qualifs ni de concours ni rien. Mes 4 ans de thèse dans le milieu universitaire auront eu raison de ma motivation. J'y ai trouvé l'ambiance détestable (clientelisme, mandarinisme, mise en compétition pour ne pas dire en rivalité entre doctorants, collègues, etc.). Quelle angoisse ! Mon parcours m'avait de toutes façons mise sur la touche directement puisque je suis architecte et que je commençais ma thèse à 35 ans dans l'optique de pouvoir ensuite passer les concours de prof dans les écoles d'archi. Mais au final, j'ai tout laissé tomber après la thèse. Certes à cause de l'ambiance, certes parce qu'à 40 ans, ça me saoule ces histoires de léchage de bottes pour espérer un poste où je serai payée minablement à faire comme vous le dites plus de paperasse que de recherche en soi. Donc non. Mais aussi parce que les 3 articles que j'ai réussi à publier ont été une expérience décevante : 2 ans avant de voir ENFIN sa publication, quelle misère ! Entre temps, j'ai déjà avancé dans ma réflexion donc la publication est déjà obsolète et puis oui, personne ne lit ça, soyons honnête. Et je ne vous parle pas de tous mes articles qui ont été rejetés parce que... ils étaient TROP BIEN ECRITS !!! Si si si ! Je n'ai pas usé du fameux code stylistique du jargon des "scienteux" imbitable et imbuvable. J'ai découvert que la science était timorée, qu'on ne pouvait plus se lancer à proposer de nouvelles pistes et de nouveaux champs d'action et de recherche. Du coup, personne ne veut de mes articles aussi car il n'y a personne pour les évaluer puisque j'ai choisi de me lancer sur un terrain encore non étudié en France. Donc c'est l'histoire du serpent qui se mord la queue. Comment faire évoluer la science quand on doit être évalué par d'autres qui devraient déjà connaître un sujet qui n'est pas encore étudié ? Mystère et jambe de chaise... J'ai eu un blog hypothèses aussi en son temps mais j'ai aussi arrêté. J'ai arrêté parce que c'est beaucoup de temps, et que tout ce temps passé à écrire pour rien m'a profondément écoeurée. J'ai mis du temps à revenir sur l'ordi parce que je n'en pouvais plus d'écrire pour rien. Aujourd'hui j'écris mais sur papier avant tout : sûrement une déformation d'archi mais j'aime le papier et le stylo, j'aime pouvoir gribouiller, dessiner rapidement, etc. C'est plus intuitif. J'écris bien sûr avec l'optique de publier mais seule ! J'ai fini d'espérer quoique ce soit du milieu universitaire. Aujourd'hui, c'est grâce à mon mari et uniquement grâce à lui et parce qu'il a une position qui nous permet de vivre correctement, que je peux me permettre d'écrire comme je l'entends, à mon rythme pour ensuite m'auto-éditer. Ce ne sera pas du livre "scienteux", ce sera un livre qui tient de la science dans sa démarche par les recherches que j'y ai consacré et par l'analyse que j'en fait, mais qui sera écrit dans un langage clair, accessible et agréable pour tout le monde. C'est tout de même le comble de s'entendre dire que sa thèse est trop bien écrite ! Et bien si j'écris aussi bien, alors autant en faire profiter des lecteurs qui sauront prendre le plaisir de la lecture comme il vient sans chercher la petite bête inutile qui fait perdre du temps et ne fait absolument pas avancer la science. Merci encore pour ce super billet que j'ai partagé car il faut en parler !

OlivierL

Bonjour,
Tout d'abord, merci pour la clarté de l'article, qui me permet de comprendre, moi qui ne suis pas scientifique, le quotidien de mes collègues chercheurs.
Tous leurs articles sont publiés sur https://hal.archives-ouvertes.fr.
Vous n'en parlez pas, suis-je à côté de la plaque, ou le label CNRS est trop restrictif ?

scith

Alors moi pour palier à ce problème je publie mes articles scientifiques sur mon blog personnel. Il est tout à fait autorisé (sans être dans l’illégalité) de publier au moins la version auteur sur son site personnel. Il est également autorisé de modifier sa mise en page (ou même son contenu il me semble).

Du coup pour donner à cet article plus d’ampleur (idéalement davantage que la pauvre version Elsevier ou autre), je l’agrémente de la manière suivante :
- Mise en page qui claque et qui n’a rien à envier à celle des « maisons d’édition »
- Métadonnées rigoureusement rentrées dans le code. Cela permet à mon article d’être rapidement indexé par Google Scholar, parfois même davantage que la version « officielle »
- Diffusion d’un lien vers cet article auto-hébergé sur différents réseaux type Research Gate et à mes contacts

De ce fait, ma version auto-hébergé surpasse la « version officielle » en qualité graphique, en référencement et en impact, tout en étant librement accessible. Et ceci en toute légalité.

En consultant les stats le lecture (côté serveur car je ne traque pas de cookie, ou sur ResearchGate), les lecteurs viennent de partout dans le monde. Je suppose que certains n’ont même pas d’accès payant aux revues.

Pour résumer, j’emmerde les « éditeurs » qui ne me servent qu’a déposer une version quelconque de mes articles sur leurs dépots payants, obtenir un DOI et toucher mon cachet (j’ai des objectifs à la publication). La version qui compte pour le monde et pour moi-même est librement accessible, et éditée et hébergée par mes soins.

Guillaume Blanc

J'ai effectivement omis quelque chose d'important au moins pour les sciences dures (et pour la « méthode » scientifique de manière générale), c'est l'évaluation par les pairs, comme le rappelle Marc Kap. Il me paraît difficile de s'en passer sans discréditer la science elle-même. Après tout n'importe qui peu publier un bouquin expliquant sa théorie bidule, mais pas n'importe qui peut publier sa théorie bidule dans une revue spécialisée à comité de lecture (voir : http://gblanc.fr/spip.php?article76 par exemple). C'est une bonne partie de la différence entre science et pseudo-science, ce qui me paraît crucial. Néanmoins la « revue à comité de lecture » pourrait prendre une autre forme, numérique, en ligne, blog, que sais-je... Mais il faut quand même trouver le moyen de trier entre les trucs fumeux et les trucs qui font avancer la science.

Maintenant, les scientifiques ont tous les outils à leur disposition (dont l'internet inventé par les physiciens) pour s'affranchir des éditeurs requins. Après tout, ils font déjà le boulot d'écriture, de relecture par les pairs, il ne manque pas grand-chose...

Christophe Demko

Je vous conseille d'aller lire les articles 17 et 18 du projet de loi sur le numérique en première lecture au sénat après avoir été en première lecture à l'assemblée.

http://www.senat.fr/leg/tas15-131.html

Damien Jacques

Pour aller plus loin, vous trouverez une discussion riche et documentée sur les impacts économiques, académiques et sur la société de l'Open Access ici: http://f1000research.com/articles/5-632/v1


Sébastien Murer

Putain mais qu'est-ce que ça fait du bien de lire ce texte !

Je ressens exactement la même chose, la situation actuelle est juste hallucinante : les universités (surtout la mienne) sont exsangues, les coûts d'accès aux publications prohibitifs et il faut parfois même payer quand l'article est trop long !

À quand une vraie prise de conscience au niveau national ?

Nina

Merci pour ce bel article (j'ai lu celui de rue89). C'est bon à lire. Moi je ne suis pas (encore) concernée (peut-être jamais), mais mon conjoint oui. Je trouve tout cela gerbant et je m'insurge toujours. D'autant plus que BORDEL, c'est publique les universités (en France au moins). De quel droit ils VOLENT les résultats des recherches? Je ne comprend même pas que ça soit légal. C'est mon fric, le fric de tout le monde. Et moi je suis contente de cette partie d'impôts, mais je serais aussi contente de pouvoir accéder aux articles... Et c'est pour les évaluations?? Quelle blague, quand mon conjoint en a fait il n'a jamais été payé, alors d'où ce besoin d'argent? Avec tout ce fric, on pourrait ptêtre les payer justement à évaluer. Et ptêtre qu'ils feraient autre chose que des commentaires pourris. On se demande même parfois s'ils ont vraiment lu. Des articles très bons sont refusés juste parce que ces idiots n'y ont rien compris.

Christophe Demko

Il y a aussi ce lien http://www.contretemps.eu/interventions/petits-conseils-enseignants-chercheurs-qui-voudront-reussir-leur-evaluation

PHB

Un moyen de contourner les portails payants d'Elsevier est de déposer toutes nos publications sur Researchgate.

Etienne Copeaux

Il y a des tas de raisons de ne plus publier dans les revues scientifiques. Pour ma part j'en avais assez d'attendre jusqu'à DIX ans pour que le résultat d'un travail soit publié, et la plupart du temps dans des revues confidentielles, très difficilement accessibles et très peu lues. A tel point que quand dans mon blog j'ai commencé à avoir 4 ou 5 lecteurs par mois, j'ai pensé que la partie était gagnée. En plus, je trouve très stimulant de chercher à faire, dans un blog, des textes qui rendent compte d'un travail pointu, mais qui soient compréhensibles d'un large public. Ma plateforme de blog, qui n'est pas idéale, permet difficilement de mettre des notes de bas de pages, ces sacro-saintes notes sans lesquelles ça ne paraît pas sérieux. Eh bien j'expérimente qu'on peut très bien se passer de notes. Quant aux comités de lecture, aux contrôles "par les pairs", j'ai publié suffisamment pour voir qu'en réalité, le plus souvent, ils exercent une censure. Alors, vive la recherche indépendante et surtout la recherche engagée! Depuis six ans je fais susam-sokak.fr, et je suis en train de transférer TOUS mes travaux y compris les publiés sur la plateforme independent.academia.edu. Je dois cependant préciser que je n'ai aucune carrière à défendre, elle est derrière moi. Merci pour votre important article.

NB - J'ai livré mon dernier article "académique" en 2008, il n'est pas encore paru, c'est dire!

Marie

Bravo pour votre article !

Jankenpon

Bravo pour l'article, par contre bonne chance, vous vous attirez la sympathie des pseudo-scientifiques qui voient ça comme une justification de leurs dogmes : http://www.larevelationdespyramides-leforum.com/viewtopic.php?f=13&t=2997

Oclaf

Bonjour,

ci-dessous , un lien vers un article d'Acrimed, en deux parties, en 2011 :

L’édition scientifique (1) : un oligopole profitable
par Jean Pérès,

http://www.acrimed.org/L-edition-scientifique-1-un-oligopole-profitable

Bonne journée

Julien

je suis d'accord avec Diego (commentaire du 17 Mai), et je rajoute que j'aimerais bien entendre de la part des chercheurs et enseignants-chercheurs qui sont dans les jurys de sélection des futurs chercheurs et enseignants-chercheurs la phrase suivante : "j'accorderai autant de poids à un article paru dans une revue Open Access qu'à un article paru dans une revue payante", ou encore mieux "je ne tiendrai plus compte du nombre de publications pour juger de la qualité d'un(e) candidat(e)".

Mathieu Hatt

Tant que les tutelles et institutions (que ce soit en France ou à l'étranger) évalueront leurs chercheurs et enseignants-chercheurs (que ce soit pour le recrutement initial, le passage aux corps supérieurs, ou les primes) sur la base de leurs publications (leur nombre, leurs citations, et la "renommée" ou "rang" des journaux dans lesquels elles sont publiées), ça ne changera pas. Dans la majorité, les gens sont quand même un minimum soucieux de leur carrière et de sa progression (ne serait-ce que pour avoir un salaire raisonnable), et je les vois mal pouvoir faire autrement que de publier dans les revues, à moins de se suicider professionnellement.
La seule façon de réellement avoir un impact là dessus c'est que les institutions et les tutelles prennent des décisions qui vont dans ce sens.

Julien

Tout à fait d'accord mais j'insiste sur un détail qui me semble important : n'attendons pas que les institutions et les tutelles prennent des décisions, les chercheurs et enseignants-chercheurs titulaires qui participent aux jurys sont libres de changer le mode de fonctionnement.

Laurent

Bonjour, un collègue m'envoie cette réaction à cet article :
"affirmer que TOUS les chercheurs publient entre 4 et 8 fois
les mêmes choses, [qui] sont peu ou prou des chapitres de leurs thèses,
c'est stupide et contre-productif. Je vais parler de ce que je connais
bien : mes papiers. Ils n'ont pas le travers que décrit l'auteur du
blog, et je suis loin d'être unique."

Il n'est pas spécialiste des sciences de l'information, et je ne le suis pas non plus.

Quelqu'un peut-il me donner des éléments factuels, sur le passage auquel il est fait référence :
"Bonjour, un collègue m'envoie cette réaction à cet article :
"affirmer que TOUS les chercheurs publient entre 4 et 8 fois
les mêmes choses, [qui] sont peu ou prou des chapitres de leurs thèses,
c'est stupide et contre-productif. Je vais parler de ce que je connais
bien : mes papiers. Ils n'ont pas le travers que décrit l'auteur du
blog, et je suis loin d'être unique."

Il n'est pas spécialiste des sciences de l'information, et je ne le suis pas non plus.

Quelqu'un peut-il me donner des éléments factuels/références sur l'étendue de "faire 4 fois (ou 8 fois si on est très fort) le même article sur le même sujet mais en se débrouillant pour ne pas qu'on s'en aperçoive. Et si possible le faire à partir du dernier vrai travail de recherche qu'on a effectué (et qui a déjà été publié et validé) c'est à dire, sa thèse." ?
Merci à tou-te-s.

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Le blog d'un maître de conférences en sciences de l'information.
Réflexions, analyses, signalements, opinions.

"Where is the Life we have lost in living?
Where is the wisdom we have lost in knowledge?
Where is the knowledge we have lost in information?"
T.S. Eliot, in Choruses from The Rock (1934)

Where is the information we have lost in Google ?

POUR CITER UN ARTICLE


Style Hypotheses.org
Ertzscheid Olivier, « Titre du billet », Affordance.info, ISSN 2260-1856. Date de publication. [En ligne] http://affordance.typepad.com/adresse-du-billet.html

Style APA
Ertzscheid, Olivier (date de publication du billet). “Titre du billet”. Affordance.info [carnet de recherche]. ISSN 2260-1856. Date de consultation. http://affordance.typepad.com/adresse-du-billet.html

Style MLA
Ertzscheid, Olivier “Titre du billet”. Affordance.info (souligné) ISSN 2260-1856. Date de publication. [carnet de recherche]. Date de consultation. http://affordance.typepad.com/adresse-du-billet.html

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