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20 août 2014

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Voici les sites qui parlent de Les noces de Gorafi. Ou comment est mort le second degré. :

Commentaires

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aunryz

Ne pas être compris
n'est-ce pas le signe
que l'on peut être compris ?

--------------
Le scientifique a gagné
la phrase est à présent gorgée de son explication
tout est déplié
plus de cadeau surprise
à la relecture.

Ginko

Le second degré c'est le décalage entre un message (énoncé, acte, mimique, etc) et son contexte.

Le problème dans un flux, qu'il soit une conversation, un flux de contenu restreint type twitter ou un flux de titres (RSS, actu ou autre), c'est que l'on est dans un espace contraint et en partie décontextualisé. C'est cette perte de contexte qui rend difficile l'identification du second degré et c'est précisément le rôle de ces béquilles.

Là où j'ai l'impression que ça te gène aux entournures, c'est que ces béquilles qui sont censées palier au manque d'espace-temps (espace pour développer le contenu et donc le contexte, temps pour le lire et le saisir) ou aux lacunes du média (chat/IM qui reproduit la conversation, mais sans les nuances apportées par le ton, les gestes, les mimiques etc) se généralisent au point de venir palier un autre manque qui est celui d'un défaut de culture/savoir-faire pour appréhender le contexte de façon suffisante (Nadine et Christine qui ne maitrisent pas suffisamment les internets).

Pour ma part je ne m'inquiète pas trop pour le LOL. Je n'oublie pas que ce serait triste si internet se résumait à FB et consorts. Et je pense que les gens continueront à interpréter comme ils le veulent : il y en aura toujours pour se marrer et d'autre pour ne pas comprendre malgré tous les signes (du temps où je lisais les commentaires du Gorafi, j'étais toujours sidéré de voir le nombre de commentaires au premier degré... et je suis sur que certains étaient bien authentiques malheureusement).

Rémy

est ce un hasard si les deux personnes citées dans l'article et qui ne comprennent pas le second degré soient des femmes ? certains vous répondront que cette question est à prendre au second degré, d'autres non ;-)

Emmanuel

la question ne date pas d'aujourd'hui et d'internet :
"Le 11 octobre 1841, Marcellin Jobard, propriétaire du journal Le Courrier belge, utilise dans un de ses articles un signe typographique de son invention, en forme de pique, qu'il appelle « point d'ironie ». "

source :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Point_d'ironie

Morgane D

Je ne suis pas trop d'accord avec cette analyse. Comme le dit Ginko, le second degré est question de contexte mais son interprétation dépend aussi du public.
L'exemple de la pipe de Magritte n'est drôle que parce qu'il savait quel genre de public allait voir son oeuvre : des Français ayant une éducation culturelle similaire à la sienne.
Maintenant, si on propose ce dessin à un individu dont le français n'est pas la langue maternelle ou qui connait l'existence de l'objet "pipe" mais n'en a qu'une idée vague parce qu'il ne l'a jamais vraiment vu en utilisation, ou encore quelqu'un qui a déjà vu des pipes sous une autre forme, il va légitimemement se demander "ah bon mais si ce n'est pas une pipe, qu'est-ce que c'est?". Par contre, si une petite étiquette sous l'image explique que c'est bien du second degré, ils pouvoir mieux appréhender l'humour de l'oeuvre.

La différence entre un média traditionnel (Le Monde s'adresse à une catégorie de lecteurs qui est familier des codes culturels du journal, le journal de TF1 s'adresse à une catégorie de spectateurs plus large mais qui partagent au moins le fait d'habiter en France etc.) et Internet, c'est que les médias Internet qui buzzent ne savent pas du tout qui recevra leur information.
Ce sera peut-être un Parisien, peut-être un Congolais, peut-être un Américain francophone, peut-être un adolescent, peut-être une personne âgée, peut-être quelqu'un qui ne maitrise pas bien les codes d'Internet, peut-être quelqu'un qui y passe tout le temps, peut-être quelqu'un qui ne comprend pas la politique, peut-être un professeur en sciences politiques...

Se moquer des personnes qui "ne comprennent pas le second degré" ou parler de "pauvreté intellectuelle" comme je l'entends parfois est une forme de snobisme et d'élitisme à mon sens. On ne peut pas comprendre le second degré si on ne connait pas bien le contexte du premier degré. Et connaitre ce contexte n'est pas donné à tout le monde.
Comme Facebook transmet des informations entre des personnes aux parcours extrêmement divers, je comprends qu'ils cherchent à aider certains d'entre eux à mieux s'approprier les codes de l'information en ligne.

Maniette

Pourquoi tant de subjonctifs au lieu du passé simple?

Aurélien

La perte du second degré et de la finesse de la compréhension orale comme écrite est pour moi, aussi, un indicateur de la "commonalisation" de la culture et des "bonnes" pensées très conformistes (anglo-saxonne) qui nous envahissent.
"Leur" pragmatisme naturel et la pauvresse relative de la langue de Shakespeare dans les interprétations qu'elle permet, nécessitent d'expliquer ce qu'on écrit plus en profondeur qu'on ne l'aurait fait avec le français.

Mr P.

A propos du PS : j'ai le même problème que vous, des fois je me sens obligé de rajouter un smiley pour être sûr d'être bien compris.

Mais pour avoir trainé mes guêtres sur de nombreux forums, l'histoire m'a montré que la plupart des gens ont le premier degré chevillé au cerveau, et que c'est des fois au bout de 3 ou 4 échanges qu'on fini par se rendre compte qu'on plaisantait, ou qu'il est vain de continuer à essayer de s'expliquer.

Alors qu'un smiley, même un môme de 10 ans comprend. Et on s'évite d'avoir à se justifier (surtout quand on ne peut pas s'en empêcher comme moi).

C'est la grande richesse mais aussi le défaut d'Internet. On ne sait pas si on discute avec un gamin, une ménagère de moins de 50 ans, un prof d'histoire, une écrivaine, etc... Contrairement aux médias historiques. Un journal, le journaliste écrit à sa manière, et les gens qui l'achètent (le journal, pas le journaliste), vont au devant du texte. Pareil pour un livre.

Or sur les "réseaux sociaux" chacun y va de sa prose et de sa discussion. Genre café du commerce. Sauf qu'au café du commerce, l'interlocuteur/trice, on voit son visage, ses yeux, sa réaction. Ce n'est pas le cas sur Internet.

DM

Un jour, au déjeuner, nous plaisantions sur des sujets de stages de recherche qui nous paraissaient quelque peu futiles, et alors j'ai dit "au moins, pendant que les jeunes font ça, ils ne brûlent pas de voitures".

Un distingué directeur de recherche m'a alors fait remarquer que ce ne sont pas les mêmes jeunes qui font ces stages et qui brûlent les voitures.

Je me suis alors dit que j'aurais du sortir mon énormité avec un grand sourire, soulignant qu'il ne s'agissait pas de premier degré.

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"Where is the Life we have lost in living?
Where is the wisdom we have lost in knowledge?
Where is the knowledge we have lost in information?"
T.S. Eliot, in Choruses from The Rock (1934)

Where is the information we have lost in Google ?

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Ertzscheid Olivier, « Titre du billet », Affordance.info, ISSN 2260-1856. Date de publication. [En ligne] http://affordance.typepad.com/adresse-du-billet.html

Style APA
Ertzscheid, Olivier (date de publication du billet). “Titre du billet”. Affordance.info [carnet de recherche]. ISSN 2260-1856. Date de consultation. http://affordance.typepad.com/adresse-du-billet.html

Style MLA
Ertzscheid, Olivier “Titre du billet”. Affordance.info (souligné) ISSN 2260-1856. Date de publication. [carnet de recherche]. Date de consultation. http://affordance.typepad.com/adresse-du-billet.html

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