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15 déc 2011

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Voici les sites qui parlent de Les grosses cochonnes de Gallica :

Commentaires

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Aldus

Je soupçonne l'ami Silvère d'être dans le coup, de longue date le bougre!
http://www.bibliobsession.net/la-cage-aux-bibliothecaires/

Yves Desrichard

Bonjour,

J’avoue que la lecture de votre billet, « Les grosses cochonnes de Gallica », si, comme tout le monde, elle m’a amusé, m’a laissé finalement plus que perplexe, voire effrayé. En effet, vous semblez trouver parfaitement naturel, et vous en féliciter même, que, au bout de « quelques heures », et par « la diligence » des « réseaux sociaux », les documents « incriminés » (le terme n’est pas neutre) ont été enlevé ou, plus exactement, « ne sont plus accessibles ».

Mais, au nom de quoi, exactement, a-t-il été procédé à la suppression de ces documents ? Contrevenaient-ils à la législation sur la diffusion de documents à caractère pornographique, ou tout texte réglementaire du même genre ? Si oui, il aurait été bien de le préciser.

Sinon, je dois dire que le fait que tout cela vous semble naturel me laisse plus qu’accablé. Chacun sait que, par le biais du dépôt légal, la Bibliothèque nationale de France obtient, par exemple, tous les DVD de films X édits en France et que, à ma connaissance (ce point, je le reconnais, mériterait d’être vérifié) ces documents peuvent être consultés par des chercheurs au rez-de-jardin de la bibliothèque.

J’entends déjà les rires gras qui accompagnent : des « chercheurs » sur des sujets pareils ! Et alors ? En quoi le film X ne pourrait-il pas, comme n’importe quel autre domaine, être un objet de rechercher et d’élaboration de connaissance ?

Et qui êtes-vous ou, pardonnez-moi, qui sont ces (anonymes) contributeurs de réseaux sociaux pour s’ériger en censeur, au nom de quelle conception de la « morale » ? Qui dicte ce qui est érotique et reconnu, ou pornographique et à rendre non accessible ? Comme vous le notez vous-même, Lautréamont (j’avoue que je ne comprends pas trop, mais bon…) ou Apollinaire sont en accès libre, de même, je le suppose, que « Les bijoux indiscrets » de mon cher Diderot, pour Sade, c’est moins sûr, allons vérifier ensemble. A lire le résumé de l’ouvrage ainsi « mis en valeur », et j’ai conscience de ce que j’écris, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. L’effraiement me paraît en l’espèce bien ridicule quand on songe à tout ce qu’on peut, en un clic, obtenir en accès libre (ce qui, sauf erreur, n’est pas le cas ici) sur des sujets disons « approchants » (essayez « zoophilie » pour voir).

Je suis désolé d’avoir à le mentionner, mais les mots ne sont pas neutres, vous le savez comme moi. Quand, avant de le barrer, vous employez le mot « pervers », vous impliquez que toutes les personnes qui lisent ce genre de prose sont des pervers. J’aurais tendance à penser, pour ce qui me concerne, qu’il s’agit plutôt de malheureux, mais là n’est pas le problème. Le problème, c’est qu’un groupe anonyme, ne s’appuyant sur aucun argument réglementaire et, même, sur aucune doxa morale affichée (les groupes cathos, eux au moins, jouent franc jeu), décide de ce qui doit être « accessible » ou pas par le biais du site de la Bibliothèque nationale de France – et, à moi, cela paraît grave, mais aussi significatif, pour brasser large et de manière caricaturale, je le reconnais, d’une sorte de puritanisme informatique, vaguement égrillard, mais résolument machiste et frileusement puritain (je ne vous compte pas, cher ami, dans ce nombre).

J’ai aussi conscience d’être injuste, car il me semble avoir compris que ce qui vous importe (préoccupe ?) c’est l’image de la Bibliothèque nationale de France, « pourvoyeuse de documents pornographiques » (je suis sûr que ça va plaire à « Libération »). N’est-ce pas un peu rapide ? La BnF n’a-t-elle pas, entre autres, initié une excellente exposition explicitement intitulée « X » ? Là encore, il y a sans doute bien d’autres chats à fouetter (oui, je sais)…

Entendez-moi bien, je ne fais pas l’apologie de ce genre de prose, et, appliquée à un autre domaine (mais peu restent aussi « sensibles », la preuve), j’aurais appliqué exactement le même genre de raisonnement. Bon, vous allez aussi me prendre pour un « pervers », ce n’est pas grave, il y a des réputations plus lourdes à porter…

Et puis, de toute façon, et pour conclure et asséner, ce n’est pas le problème : personne, surtout anonymement, ne peut s’ériger en censeur dans un pays libre où la censure est réglementée.

Yves DESRICHARD, qui ne peut cacher qu’il est rédacteur en chef du « Bulletin des bibliothèques de France », mais qui, en l’espèce et bien sûr, s’exprime à titre personnel.

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Le blog d'un maître de conférences en sciences de l'information.
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"Where is the Life we have lost in living?
Where is the wisdom we have lost in knowledge?
Where is the knowledge we have lost in information?"
T.S. Eliot, in Choruses from The Rock (1934)

Where is the information we have lost in Google ?

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Style Hypotheses.org
Ertzscheid Olivier, « Titre du billet », Affordance.info, ISSN 2260-1856. Date de publication. [En ligne] http://affordance.typepad.com/adresse-du-billet.html

Style APA
Ertzscheid, Olivier (date de publication du billet). “Titre du billet”. Affordance.info [carnet de recherche]. ISSN 2260-1856. Date de consultation. http://affordance.typepad.com/adresse-du-billet.html

Style MLA
Ertzscheid, Olivier “Titre du billet”. Affordance.info (souligné) ISSN 2260-1856. Date de publication. [carnet de recherche]. Date de consultation. http://affordance.typepad.com/adresse-du-billet.html

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