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08 nov 2011

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Voici les sites qui parlent de Nantes : 1 semaine dans une université "autonome" et sous tutelle. :

Commentaires

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Nabellaleen

Très intéressant, et mettant bien en exergue le problème que représente l'application de cette loi.

Car, entendons-nous, le problème n'est pas le concept d'autonomie mais la façon dont il est mit en place.

Et cet article le montre bien : l’échec de la mise en autonomie des universités, c'est autant un non respect des promesses budgétaires gouvernementales, qu'une incapacité des universités à adapter en si peu de temps leur fonctionnement.
Tout au long de cet article, on voit que la machine administrative de l'Université est une véritable usine-à-gaz. L'université, c'est bien un des rares endroit où toutes les dépenses sont gelées fin novembre pour être ré-ouvertes en février, car la comptabilité est incapable de trouver la souplesse pour des glissements calendaires des dépenses de fin d'année.

C'est donc ça, pour moi, l'échec total du gouvernement : avoir souhaité que l'Université se remette en question et devienne autonome en optimisant (financièrement) son fonctionnement, sans l'accompagner, sans financer le changement, sans lui laisser le temps !
C'est comme un parent qui demanderait du jour au lendemain à son adolescent de 11 ans de se débrouiller tout seul pour survivre : "va chasser un lapin avec le fusil paternel, dépèce le et fait le cuir au barbecue ... et si tu te blesses, prend la voiture pour aller aux urgences !"

jimmy cricket

Cher collègue,

j'ai eu le plaisir de découvrir que pour faire la conférence des 50 ans de l'université consacrée aux futures modalités de financement de l'université, la personne choisie est Laurent Bigorgne. Il est prof à science po, mais selon le programme des 50 ans, il arrive sous sa fameuse casquette de directeur de l'Institut Montaigne. Droit au but : l'Institut Montaigne est un lobby libéral de droite, qui n'aime pas les fonctionnaires et qui, par contre, aime l'augmentation des frais d'inscriptions universitaires. Je suis écoeuré et inquiet du choix de nos responsables.

Au fait, le recteur qui prend la tutelle de l'université, c'est le même qui avait une méga-prime quand il supprimait un max de postes dans le pré-bac ?

Pour conclure sur une note positive, c'est fou le volume de communication institutionnelle sur le fait qu'on s'est encore fait bouler à l'idex, non ?

Thomas

@nabellaleen "L'université, c'est bien un des rares endroit où toutes les dépenses sont gelées fin novembre pour être ré-ouvertes en février"
Sinon y a les ambassades aussi :).

L'epic noob sur "la non-fongibilité des lignes budgétaires" m'a bien fait rigoler... Je suis persuadé qu'un politique qui proposerait la suppression d'une procédure administrative à la c... aurait un succès bien plus grand que ceux qui ne remplacent pas un départ à la retraite sur eux dans la fonction publique...

Marianne

C'est toujours rigolo de penser qu'il y a des gens qui y ont cru quand pecresse a dit qu'on ne tioucherait pas a la dotation des IUT, que c'était plus fléché officiellement mais qu'on flècherait quand meme
Naif et tellement mignon!
Dommage que cette attendrissante betise ait des conséquences

DM

Cette histoire de lignes budgétaires et d'obligation de payer cher un repas plutôt que de payer des intervenants me rappelle l'anecdote suivante :

Je prenais des stagiaires. Soit on les indemnise à environ 410€/mois (faible par rapport à une vraie paye, certes) soit on leur fait un CDD. Comme mon budget était limité je voulais qu'on leur paye une indemnité. Jésus Marie Joseph ! J'avais des fonds (un peu) pour du *personnel*, et là je voulais payer des *stagiaires*. Comprenez, un stagiaire ce n'est pas du personnel. J'aurais dû prévoir 2 ans à l'avance, en demandant le financement, que j'allais avoir un nombre précis de stagiaires.

Je me suis documenté, j'ai lu des règlements financiers et autres documents administratifs, et je me suis aperçu que notre administration avait tort et que la manœuvre était possible. Pour la convaincre, j'ai dû faire attester de cela une autre administration. Je ne sais pas combien d'heures j'ai passé sur ce problème.

On m'a raconté diverses anecdotes de trocs entre services (« je n'ai pas le droit d'acheter tel objet, alors tu me l'achètes sur tes crédits et en échange je paye sur mon budget tel autre truc »).

Comme l'a bien montré ce billet, l'autonomie est un leurre dangereux si elle ne s'accompagne pas de la fin du « micro-management » administratif et financier et de la mise en ordre de marche des services administratifs et comptables.

Comment expliquer, en effet, que dans nombre d'établissements il faille arrêter les dépenses en novembre pour les reprendre en février ? Comment expliquer les gags comme « nous avons changé le logiciel comptable et le nouveau ne fonctionne pas, plus aucune dépense tant que nous n'aurons pas débuggué » ?

On a clairement mis la charrue avant les bœufs. Avant de parler d'autonomie, il faudrait faire fonctionner l'existant, non ? Par ailleurs, on ne réforme pas efficacement en situation d'asphyxie budgétaire !

PR27

@DM : ces contraintes d'échanges de justificatifs de dépenses sont le lot quotidien. Il y a des considérations idéologiques souvent éloignées du terrain ("le fonctionnement c'est méchant, l'investissement c'est bien"), il y a les fiches financières des appels à projets et leurs contraintes. Que ça soit Nabucco, SIFAC, c'était le bazar il y a 10 ans, c'est pareil maintenant. J'ai passé une heure hier à faire les comptes et optimiser les possibilités de reports, justifier les dépenses, avec notre assistante d'équipe on a fini au doliprane. Je crois que c'est un peu indépendant de l'autonomie des universités.....

Le problème nouveau, ce sont des règles financières qui ont des origines politiques et non financières : par exemple, donner les crédits le plus tard possible dans l'année, et obliger à les dépenser sous trois semaines, sinon on les reprend, et le marché public est pas encore ouvert/déjà fermé. Avant, ça arrivait par indifférence des services administratifs. Maintenant, ça se produit par volonté de faire des économies. Et là, ça devient infernal.

Vincent Génin

@jimmy cricket : Pour ce qui est de la conférence "Le financement des universités, quelles perspectives ?", il s'agira d'un débat contradictoire. Nous attendons cependant encore la confirmation du ou des autres intervenants.

DM

@PR27: Le problème est que l'autonomie a été « vendue » comme un moyen de dynamiser la recherche et l'enseignement, de ne pas avoir à solliciter des autorisations à haut niveau avant de lancer des actions. Ce n'est pas ce qui se passe:
1) D'une part à cause de l'asphyxie financière, comme souligné par Olivier.
2) D'autre part, même s'il y avait abondance de crédits, par une culture administrative et comptable qui multiplie les contraintes sans souci d'efficacité ou de cohérence.

Qui plus est, le point 2) est irrésoluble sans avancées sur le point 1), car les problèmes financiers tétanisent l'administration et rendent les réformes impossibles.

PR27

Le mot qui est allé chercher la croissance avec les dents, cette année, est "attractivité". Pas une réunion pédago ou recherche sans "attractivité". J'aime bien, "attractivité". Les personnels de l'université n'aiment pas "compétition", "concurrence" - prononcer ces mots jette un froid dans la plupart des réunion, voire attirera une remarque inutilement polémique, comme on dit. Alors, le nouveau vocabulaire de la guerre, c'est "attractif".

Guillaume-Nicolas Meyer

Je vois pas le problème. Il y a une voie toute trouvée : adosser l'université à Mac Donalds. En plus, après quelques années passées dans le labo de recherche "Mac Do Nantes 15", il y a un sujet de thèse tout trouvé "étude de la proxémie d'un restaurant Mac Donalds sur le système cardio-vasculaire des enseignants-chercheurs."

Plus sérieusement, en entreprise, on utilise le système de mécénat de compétences, c'est peut être possible à l'université.

En tout cas, moi qui râle contre le système économique des entreprises (on a aussi des aberrations), je prends conscience des limites du système à l'université. Merci pour l'article, très instructif. Je donne mes premières heures de cours en janvier, je ferais attention à être payé ;)

Bon courage pour la suite

James IC West

J'ai regardé le programme des 50 ans évoqué plus haut. Il y a, à la conférence, Yves Lichtenberger. Son rapport proposait de porter à 1500 euros les frais d'inscription en doctorat. Aux niveaux antérieurs, les frais d'inscriptions (1000/500 euros) qu'il proposait étaient "équilibrés" par une allocation (dont on ne connait pas les conditions exactes).

J'espère que le président Lichtenberger aura l'occasion de nous expliquer pourquoi tout cela n'est pas un jeu à somme nulle et en quoi ses propositions "responsabilisent" les étudiants (critère invoqué dans le rapport Terra Nova).

J'entrevois bien le système suivant :

Source de financement S (disons, Etat)-> étudiant/accordéon E-> université U

Début de l'algorithme :

S donne 1000 Euros de plus à E
E donne ces 1000 euros de plus à U

annee=annee+1

S baisse sa subvention à l'étudiant
U ne baisse pas ses frais d'inscription
E absorbe le choc, jouant le rôle de ressort financier entre S et U.

Un des arguments Terra Nova : "l'université a un financement plus pérenne". L'Etat était un financeur aléatoire et qui décide lui-même en dernier ressort combien il finance, passer par l'intermédiaire de l'étudiant transfère vers ce dernier les fluctuations des subventions publiques, l'Université préférant s'appuyer sur un client + ou - captif : l'étudiant.

Concernant les doctorants, j'ai le sentiment que pour que le salaire réel d'un doctorant ne diminue par (sinon ça va finir rapidement dans le négatif), augmenter les frais d'inscription pour doctorant revient à obliger le financeur de la bourse à accompagner implicitement la bourse de moyens d'accompagnement/frais d'environnement - on pense en particulier aux gouvernements étrangers qui financent des bourses de thèses "toutes nues" : ça ne marchera plus.
Ca se défend, mais cette explication n'est que mon décodage amateur. Ce que je ne comprends pas, c'est que je n'ai trouvé ni ces décodages, ni d'autres, dans le doc de Terra Nova. Résultat : polémiques, incompréhensions, et en plus on jette ça sur le dos du PS, qui a pourtant un projet assez différent. N'ai-je pas les yeux en face des trous ?

Vincent Génin

A propos du colloque "L'Université Demain", évoqué plus haut, le programme est enfin finalisé.

La conférence plénière "Le financement des universités : quelles perspectives ?" opposera donc Laurent Bigorgne (Institut Montaigne) Yves Lichtenberger (Terra Nova) et Emmanuel Zemmour (président UNEF).

Les ateliers sont aussi encore ouverts aux inscriptions je crois.

http://www.50ans.univ-nantes.fr/1318451959332/0/fiche___actualite/

mixlamalice

Tout ça me rappelle bien des souvenirs (émus), notamment les interventions extérieures, joie des paiements avec un an de retard quand ce n'est pas conventions jamais signées et autres frais de transport jamais remboursés... La crise ne touche pas que la province.

http://laviedemix.over-blog.com/article-moins-par-moins-egal-plus-86079844.html
http://laviedemix.over-blog.com/article-le-bateau-coule-85342712.html

Et tellement d'autres (je ne suis en poste que depuis un an et demi...).

Good luck...

mixlamalice

Ah oui, j'oubliais un autre point commun intéressant: je ne sais pas si c'est très fréquent, mais il y a aussi chez moi un "référentiel", ou document excel de 10 pages tellement abscons qu'il y a conflits d'interprétation entre instances administratives, et globalement là pour justifier que toutes activités hors enseignement face aux élèves ne seront plus comptabilisées (enfin si: par exemple, le jury d'admission à l'école d'ingé compte 1/8HED).

Ce doc introduit aussi la notion de "primes": un certain nombre d'activités ne sont plus comptabilisées dans le service statutaire ou en HC, mais sous forme de prime (tutorats, encadrements de projets etc). J'imagine que c'est un moyen comme un autre de nous dire, dans six mois, qu'il n'y a pas moyen de payer les dites primes...

Dartagnan

On en profite (on abuse!), puisqu'il y a beaucoup de lecteurs nantais ici : le président a dit qu'on poursuivait sur la lancée de IC Ouest. Mais moi, je n'ai pas pu obtenir le document "IC Ouest" 2eme appel.

Ma question est donc simple : le document soumis est-il disponible pour tous les personnels, sinon pourquoi ?

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