Ah ben je suis content, depuis le temps que je le cherchais, j'ai retrouvé le programme de l'UMP au sujet du numérique pour les prochaines présidentielles. Là.
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Ah ben je suis content, depuis le temps que je le cherchais, j'ai retrouvé le programme de l'UMP au sujet du numérique pour les prochaines présidentielles. Là.
Rédigé le 22 juil 2011 à 19:24 dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Il s'agit de tracage. Il s'agit de modèle économique. Il s'agit de publicité. Il s'agit de sites web. Il s'agit de nous. Il s'agit de collusion.
(Petit lien aperçu sur le mur Facebook d'Antonio Casilli. Merci à lui :)
Petit lien du week-end supplémentaire ? Quelques utiles trucs et astuces pour atténuer davantage tout risque de collusion : à consulter à la fin de ce billet.
Rédigé le 15 juil 2011 à 17:50 dans Ecologie de l'info, Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
... quelques réflexions au sujet du déjà très commenté lancement de Google+ (pour une description des différentes "briques" et fonctionalités de Google+, voir par exemple ici)
A la recherche du temps perdu : L'économie de l'attention, c'est l'économie du temps passé (à regarder telle page, telle publicité, telle vidéo, etc.). Et le temps c'est de l'argent. Or sur le terrain du web social Google a déjà perdu beaucoup de temps (et donc beaucoup d'argent) avec les lancements successivement d'Orkut** (réseau social aux parts de marché quasi-inexistantes à l'exception notable du Brésil - et aussi un peu de l'Inde), de Google Wave (noyé dans l'écume) et de Google Buzz (qui vécut ce que durent les buzz, l'espace d'un instant).
** qui fut lancé en Janvier 2004, un mois avant ... Facebook. Se souvenir aussi de cette autre base de donnée de profils, c'était en 2006, avec le service - feu - Google Base (voir ici et puis là)
D'autres (Facebook), même s'ils restent challenger au petit jeu du nombre de visiteurs uniques, gagnent en revanche énormément de temps d'attention au détriment du ROW (Rest Of the Web) :
"de mars 2010 à Mars 2011, le temps passé, sur l’ensemble du web, décline de 9% en 1 an Alors que ce temps explose, pour Facebook, avec une progression de 69%" (Source et origine de la source)
"Selon ComScore, aux Etats-Unis, les internautes ont consacré 6h15 à Facebook en mai 2011 contre moins de 4h aux sites Google. En Europe aussi le temps passé sur Facebook est largement supérieur à Google : 188 minutes sur Google, contre 326 minutes sur Facebook." (source)
La guerre des (carnets d') adresses plus que celle du social. Les adresses mail constituent aujourd'hui (et pour encore un certain temps), le point pivot de l'essentiel des services liés au web. D'abord parce qu'elles sont l'identifiant qui permet de s'inscrire sur une majorité desdits services. Ensuite parce qu'elle mobilisent et traduisent "naturellement" des infos en provenance des sphères publiques, privées et intimes. Bref, le courriel comme cheval de Troie idéal : parce qu'il synthétise notre réseau relationnel (nos "contacts"), parce qu'il est le point d'entrée le plus aisé vers le "cloud", ses données et ses applications, et parce qu'il constitue un point pivot autour duquel hiérarchiser l'ensemble des autres données et services. Or un effet de bascule est en train de s'opérer entre le mail, l'adresse mail comme brique de référence et les "contacts". Deux logiques complémentaires :
Dans l'un comme dans l'autre cas, il est possible d'indexer le contenu de conversations "semi-privées" pour afficher des liens sponsorisés ou pour nourrir des bases de données marketing toujours plus segmentées. Mais le focus à changé avec les pratiques. Aujourd'hui, il semble aux moteurs et aux réseaux sociaux que les échanges, affiliations, "préférences" et autres visionnages inscrits dans le cours de la conversation sociale permettent de nous caractériser plus finement que la seule analyse des destinateurs et du contenu de nos mails entrants et sortants.
Remplacements ou déplacements ? Un réseau social est long à construire, à croître, à organiser. Il est même assez long d'y trouver son réel intérêt. Je me souviens de mes premiers pas sur Facebook. Des pas d'errance comme en une ville inconnue dont on ne maîtrise ni la langue, ni les codes, ni les usages. Et puis avec le réseau relationnel s'installèrent les pratiques : "live-teaching" avec les amis-étudiants, parler politique avec mes "vrais-amis", parler boulot avec d'autres, et ainsi de suite. Toute possibilité d'import étant vérouillée de Facebook vers Google+ et réciproquement**, il est donc hautement improbable que les utilisateurs de Facebook choisissent de réengager du temps social pour reconstruire leurs réseaux relationnels. L'hypothèse d'un déplacement (des usagers) est donc, à mon avis, hautement improbable. En revanche, avec un service - enfin - abouti et pouvant fonctionnellement rivaliser avec Facebook, Google vise en priorité les nouveaux entrants, les primo-arrivants du numérique. 2 milliards d'êtres humains sont aujourd'hui connectés. 600 millions sont inscrits sur Facebook. Ce qui laisse effectivement un peu de marge. Remplacement.
**ce qui n'empêche pas des petits malins de se livrer à de savants bidouillages pour tenter de réunir 3 écosystèmes en un seul biotope.
Locked-in syndrôme progressif. Google est un géant qui avance sur 2 pieds. D'un côté, un écosystème de services tiers de plus en plus larges et diversifiés pour élargir son public captif. De l'autre, des stratégies de plus en plus incitatives pour que l'usager crée ou active son "profil public", pierre angulaire d'un futur déploiement social (ainsi, et comme décrit dans ce billet, lors du récent lancement du bouton "+1" il était nécessaire "Pour utiliser Google +1 de posséder un « profil ouvert » Google.")**. Une autre version de la carotte ("tu veux faire joujou avec mon nouveau gadget ?") et du bâton ("tu peux pas si tu ne crée et n'active pas ton profil public").
**l'inconvénient étant que "la suppression d'un compte Google entraînera une forme de métastase numérique".
Amorçage. La question n'est pas neuve. Et elle concerne les effets de seuil comparativement nécessaires pour "entrer" sur la marché de la recherche ou du web social. Ils se comptent en millions de profils ou en milliards de pages indexées.
La quadrature du cercle. Le carré et le cercle. Facebook et Google. Des logos (google VS facebook) aux philosophies des 2 firmes, tout s'oppose, tout s'inscrit dans cette opposition de style, de figure. Facebook permet de gérer ses réseaux à l'aide de lignes droites : les listes ; Google utilise de son côté des cercles.
Sémiologie de bazar mais sémiologie tout de même, ces 2 signes, ces 2 objets mathématiques racontent mieux qu'un long discours d'analyste la perspective que chacun des 2 acteurs s'assigne pour circonscrire l'attention portée, pour délimiter l'horizon du regard, du discours. D'autant que la tentation d'enfermer l'homme dans le cercle ou les linéaments des ses connexions sociales n'est pas nouvelle. Comme n'est pas nouvelle l'utilisation du cercle et du carré "haut sens" de représentation. Mais seule une personne (bon d'accord, peut-être deux) y est arrivée. C'était aux alentours de 1492.
Pratiques stratosphériques. Les données sont déjà dans les nuages. A disposition et en possession des gigantesques fermes de serveurs des grands acteurs du cloud computing. Ces données sont déjà reliées à des profils identifiés, à des comptes particuliers. Les contenus y étant déjà, l'étape suivante consiste donc à déporter les pratiques dans la stratosphère. Là est le véritable enjeu de la guerre des nuages : sur la base des données et des contenus déjà captés, que s'amplifie la migration de l'ensemble des échanges, des processus, des interactions dans des écosystèmes contrôlés et/ou propriétaires. Un travail de longue haleine déjà largement amorcé par le travail autour du webOS : proposer des applications dans les nuages, le poste de travail n'étant qu'un point de connexion, pour y installer des usages, pour pouvoir y contrôler l'ensemble des pratiques afférentes. Mais les choses n'allant pas assez vite, et le phénomène Facebook étant devenu ce qu'il est, tous les acteurs du web - Google en tête - se sont apercus de l'intérêt que présente un habillage "social" pour accélerer ce déplacement des pratiques, de l'intérêt de l'effet d'entraînement nourri par des interactions sociales installées.
Facebook for fun et Google+ for work ? Pour rester du côté des pratiques, nombre d'analystes soulignent l'intérêt que pourrait, à terme, représenter Google+ pour des pratiques de socialisation davantages ancrées dans la sphère professionnelle (je vous conseille notamment le billet de Martin Lessard). De fait, la connexion avec les outils de la suite bureautique de Mountain View (Google Docs et consorts) devrait effectivement faciliter les choses. Faciliter les choses à proportion de ce que cela augmentera la confusion des pratiques. Ainsi après une semaine de test, M.C. Beuth souligne :
"Au final, on est aussi un peu perdu face au positionnement de Google+ : on est ajouté dans des cercles par de parfaits inconnus, qu'il faudrait donc considérer comme des followers sur Twitter, mais les similitudes avec Facebook poussent à partager idioties numériques diverses. Bonjour la gymnastique intellectuelle."
C'est ici moins le positionnement de Google qu'il faut interroger que le nôtre ... en se souvenant que la confusion des pratiques est une stratégie assumée par les grands acteurs du net, notamment pour doper leurs audiences et phagocyter d'autres contenus. A chaque outil ses habitus. A chaque interface ses conditionnements. Ainsi les similarités troublantes de l'espace Google+ avec l'espace de Facebook, peuvent être vues comme un hommage rendu à une ergonomie indépassable, mais elles peuvent également être constitutives d'une stratégie réfléchie de confusion appelant à des déplacements de pratiques facilités par une impression de similarité, de déjà vu, de déjà connu. Un précieux gain de temps pour installer des usages autour d'outils cette fois spécifiques (circles, hangouts, etc).
Histoire d'eau. Le nom de code initial du projet Google Books était "project Ocean". Le nom de code interne du projet Google+ est "Emerald Sea". Mer d'émeraude. Un bon psychanalyste lacanien trouverait certainement une foule de stratégies inconscientes à l'oeuvre derrière ces dénominations amniotiques, mais je vais me contenter de noter que Google Books et Google+ sont chacun à leur manière des projets "hors-norme" pour une firme également démesurée, et qu'ils bénéficient tous deux de dénominations maritimes.
Où l'on reparle du point G. A l'approche de l'été que l'on me pardone cette analogie licencieuse mais à l'aune des pratiques connectées observables, le web "social" et les tentatives des différents acteurs pour s'y installer et le préempter, en font le point G de l'économie de l'attention :
"Zone érogène de transactions marchandes dont la structure anatomique sociale est encore mal définie et qui serait logée, chez la femme l'internaute, dans la paroi antéro-supérieure du vagin de ses interactions avec des proches. Chez l'homme l'individu non-connecté, une zone semblable serait située dans la région prostatique des ondes hertziennes (télévision)." (source)
De manière plus précise :
"Le point de Gräfenberg ou zone de Gräfenberg ou unité du complexe clitoro-urétro-vaginal socio-computationnel-connecté (terme scientifique), communément appelé le « point G », est une hypothèse présentée par le Dr. Patrick Dao, Alice Ladas et Beverly Whipple dans leur ouvrage "Le Point G[1]" publié en 1982. Cette hypothèse énonce qu'il y aurait une zone dans le vagin les interactions sociales qui répondrait à la stimulation et que certaines femmes sociétés marchandes seraient capables d'avoir un orgasme modèle économique par cette seule stimulation. (...).
L'existence du point G est largement considérée comme une évidence par le public et la plupart des sexologues spécialistes du marketing, alors qu'aucun travail n'apporte de preuves irréfutables de son existence." (source)
Or donc.
Phase 1. Le client est roi. Et nous sommes tous clients. En recherche de monnaie sociale pour garnir notre portefeuille d'interactions. Mais ... "If you pay peanuts, you get monkeys".
Phase 2. Le roi est nu. Et nous sommes tous clients. Donc tous rois. Donc tous nus. Entièrement déshabillés sous l'oeil des grands scrutateurs. Précaution et préalable il est vrai assez indispensable à la localisation du point G.
"Google veut toujours organiser l'ensemble de l'information mondiale. Mais cette fois il en fait une affaire personnelle" ("Google still wants to organise the world's information. But this time, it's personal" ). Si vous n'avez qu'un seul article à lire sur Google+ (tout en apprenant plein de choses sur la stratégie de Google et sur ses méthodes de gestion de projet à l'interne), c'est celui de Wired, d'où est extraite la citation précédente. On y apprend donc plein de choses. Notamment que :
"Google+ is not a typical release. Developed under the code name Emerald Sea, it is the result of a lengthy and urgent effort involving almost all of the company's products. Hundreds of engineers were involved in the effort. It has been a key focus for new CEO Larry Page."
Un capitaine de (presque) 15 ans. Changement de capitaine. Changement de cap. "Emerald Sea" est en fait le nom du projet générique couvrant au moins 18 produits spécifiques (dont Google +1, circles, etc ...) On découvre aussi que c'est Vic Gundotra (transfuge de chez Microsoft - les mauvaises langues auront toujours beau jeu de dire que cela peut expliquer le retard de Google en la matière) qui est le gourou de la stratégie sociale chez Google.
"like other social networks, it will be dependent on a critical mass of users to be fulfill its potential. A crucial test will be getting loyal Google users to take the step to venture into the unknown and sign up for Google+."
Amorçage et effet de seuil déjà évoqués ci-dessus. Pour l'instant les "loyal Google users" semblent avoir fait la bascule, au moins pour tester le produit. Restera à savoir s'ils sont prêts à y rester ... et à l'utiliser sur le moyen terme.
"Right now, the content from Sparks and the social stream is not intermingled, but it's reasonable to assume that before long, the company will use its algorithmic powers to produce a single flow that skillfully mixes those apples and oranges. Google has already pulled off a much more complicated version of that trick with Universal Search, which includes web pages, images, videos, books, Tweets, news items and other formats among its results. And that's only the beginning. With its deep resources of information about its users, Google is capable of delivering a comprehensive collection of information, tailored exactly to one's needs and interests. "It's the long-term vision that we have for that newsfeed, that stream," Gundotra says. "We think long-term, four to five years from now, the system should be putting items in there not just from your friends, but things that Google knows you should be seeing."
Contenus sur ordonnance. La confirmation d'une tendance, d'une stratégie déjà largement étudiée sur ce blog (et ailleurs) : celle de la recherche prédictive, celle des moteurs prescripteurs.
Un des moments clés de l'article de Wired concerne l'enjeu des "cercles" (circles), également fonctionalité coeur du projet Google+ (et donc à ce titre déjà détournée par le concurrent Facebook) :
"Google believes that with Circles it has solved the tough sharing problem that Facebook has inexplicably failed to crack. "With Facebook I have 500 friends -- my mum's my friend, my boss is my friend," says Shimrit Ben-Yair, the product manager in charge of the social graph. "So when I share on Facebook, I overshare. On Twitter, I undershare, because it's public. If Google hits that spot in the middle, we can revolutionise social interaction."
Que sont mes amis devenus. Comme pour Facebook, l'une des étapes clés de Google+ sera l'équivalent du "Friend Finder", c'est à dire la capacité à suggérer des contacts. Une fonctionnalité non-encore activée mais pour laquelle Google+ compte aller plus loin que Facebook en suggérant non seulement des contacts mais également des "cercles" dans lesquels placer lesdits contacts suggérés :
"Right now, Google won't even suggest who should be in your circles. But it has the technology to do so -- it's already making suggestions on who you might include on Gmail mailing lists. So in the future it's conceivable that Google might indeed provide plenty of nonbinding suggestions for who you might want it your Circles. "We've got this whole system already in place that hasn't been used that much where we keep track of every time you e-mail someone or chat to them or things like that," says Smarr. "Then we compute affinity scores. So we're able to do suggestions not only about who you should add to a circle, or even what circles you could create out of whole cloth."
Responsabiliser la publication (pour l'instant ...). A l'inverse de Facebook, dans lequel vous choisissez une bonne fois pour toutes par qui les infos de votre mur seront visibles, Google+ vous demande, à chaque fois que vous postez quelque chose, de choisir le ou les "cercles" autorisés à lire votre message. Une prudence qui peut-être vécue comme une lourdeur ou un ralentissement tant que l'on n'est pas encore familier de la gestion desdits "cercles". Mais une "responsabilisation" qui sera largement contrebalancée par les parois poreuses qu'il sera - et qu'il est déjà un peu - possible d'établir entre les différents biotopes mobilisés dans l'écosystème Google+ : avec un couplage sur Blogger, GoogleDocs, sur Gmail, etc. il risque de se produire ce qui se passe déjà sur Facebook, c'est à dire que plutôt que de perdre du temps à vérouiller et à "régler" ses paramètres de diffusion, les usagers préfèreront tout laisser "ouvert".
"Another feature, "instant upload" automatically dispatches to the cloud any of the pictures snapped on your phone, so that you can easily send them off to any circles you want to share with."
DSSI. Le "cloud" une nouvelle fois en ligne de mire. En s'appuyant sur les technologies et les usages "mobiles" (smartphones) comme produit dopant les usages. DS(S)I. Diffusion simultannée et sélective(?) d'information. Et déjà pas mal de zones de privauté qui tombent : moi le premier, j'ai - gentiment - été alerté du fait que des gens qui m'ajoutaient dans un cercle avaient automatiquement accès à des photos sur Picasa pourtant "privées" avant le lancement de Google+
"One variation that users will notice comes in interface design -- conspicuously, in Circles. With colorful animations, drag-and-drop magic and whimsical interface touches, Circles looks more like a classic Apple program than the typically bland Google app. That's no surprise since the key interface designer was legendary software artist Andy Herzfeld. The former Macintosh wizard now works at Google"
SOLOMO. Un accent mis sur l'interface effectivement nouveau pour la culture Google, sa culture de la simplicité et de l'épure, son obsession de la "vitesse" (= temps de réponse de l'application). Mais en introduisant des fonctionalités qui se déclineront aisément et de manière ludique sur les écrans tactiles des smartphones, en misant énormément sur les fonctionnalités de partage d'image dans le "cloud" et en mettant également le paquet sur les sessions vidéo à plusieurs (Hangouts), il est plus qu'évident qu'au-delà du virage social, c'est surtout le virage SM (Social & Mobile) qu'est en train de prendre Google (la baseline du prochain grand barouf de Loïc Le Meur, "Le Web" est à ce titre parfaitement bien vue : SOLOMO, "SOcial, LOcal, MObile"). Un SOLOMO qui est déjà leur Salammbô : l'objet de toutes les attentions.
Rédigé le 10 juil 2011 à 19:14 dans Ecologie de l'info, Moteurs et autres engins, Réseaux sociaux | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Est une citation déjà rencontrée et retrouvée ici.
"Dans une démocratie, je considère qu’il est nécessaire que subsiste un espace de possibilité de fraude. Si l’on n’avait pas pu fabriquer de fausses cartes d’identité pendant la guerre, des dizaines de milliers d’hommes et de femmes auraient été arrêtés, déportés, sans doute morts. J’ai toujours été partisan de préserver de minimum d’espace sans lequel il n’y a pas de véritable démocratie."
Pour en savoir plus, sur son auteur et sur le lien avec l'actualité, suivez les liens ;-)
Rédigé le 08 juil 2011 à 22:14 dans Ecologie de l'info | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Préambule. Je suis en train de boucler deux articles pour des revues "de rang A" afin de pouvoir sereinement continuer à dire tout le mal que je pense de cette vérole managériale parfaitement contre-productive qu'est l'AERES. L'idée est d'être un chercheur "publiant" pour ne pas prêter le flanc à une critique de complaisance déjà entendue (= "s'il dit du mal de "l'évaluation" façon AERES c'est parce qu'il a peur d'être évalué ou parce qu'il ne publie pas assez").
1 article, 3 publications. Et comme depuis maintenant 5 ans que je tiens ce blog (et que je publie juste suffisamment dans des revues de rang A pour ne pas être rétrogradé dans les limbes infâmantes des chercheurs "non-publiants"), chaque publication est et sera :
Ce choix - assumé - implique de s'inscrire dans 3 espaces d'énonciation et d'autorité (auctoritas), conflictuels, dans 3 temporalités antagonistes, de jouer sur 3 économies de la citation, sur 3 types d'indicateurs différents.
3 espaces d'énonciation et d'autorité (auctoritas), conflictuels. Les Autorités qui président aux revues papier sont - heureusement de moins en moins mais malheureusement encore très majoritairement - parfaitement rétives à l'idée même des archives ouvertes, qu'elle considèrent au mieux comme une résurgence de la période hippie. Et je ne vous raconte même pas de la tête qu'elle font - les autorités en question - quand on évoque le mot "blog" (un "blog scientifique" étant au mieux considéré comme un oxymore et au pire comme un simple non sens.) La réplication d'un article dans ces 3 univers gouvernés par des autorités qui s'ignorent, se méprisent ou se méconnaissent complètement n'est donc pas anodine et oblige à masquer lesdites réplications ou à accepter d'aller à l'affrontement, au risque de se heuter à un refus ("Bonjour monsieur le mandarin de la revue de rang A à laquelle j'ai soumis un article qui a eu le bonheur d'être accepté, figurez-vous que nonobstant le contrat léonin que vous m'invitez à signer pour que je renonce à tous mes droits sur ladite publication en échange de 3 exemplaires papier que vous aurez la bonté de m'offrir au titre de compensation, figurez-vous, disais-je, que ce contrat je ne vais pas le signer et que je vais, come vous me l'interdisez mais comme la législation m'y autorise, déposer une version de cet article dans une archive ouverte")
3 temporalités antagonistes.
3 économies de la citation bien sûr. Qui découlent des temporalités décrites ci-dessus. Mais également des modalités d'exposition (ou de sur-exposition) et de consultation afférentes (ce qui renvoie au débat - tranché - selon lequel les articles en archives ouvertes bénéficient d'un meilleur taux de citation moyen que ceux qui ne sont pas accessibles en archives ouvertes).
Les indicateurs enfin.
Carrière. L'enjeu de l'édition et de la publication papier "originale" permet de jouer sur un indicateur "de carrière". Les revues scientifiques de rang A (en tout cas en SHS), ne sont plus lues par personne (cf supra), sauf par leurs comités éditoriaux, les auteurs qui y publient et leur famille. Les raisons sont multiples mais le constat est là. A de très (très très) rares exceptions, les revues "fermées" c'est à dire n'autorisant aucun type d'Open Access (même avec un embargo de 2 ou 3 ans) ne servent plus aujourd'hui qu'à caler des armoires dans des bibliothèques universitaires défendre un dossier de recrutement (pour devenir Maître de conférences), d'habilitation (pour passer son Habilitation à diriger des recherches) ou de changement de corps (pour devenir Professeur des universités). Elles ne sont plus la référence d'une critérilogie de scientificité mais se contentent de servir de mètre étalon à l'application d'une norme sociale de reproduction des élites. La revue par des pairs ("peer-reviewing") s'est réduite comme peau de chagrin à un entre-soi d'alcôve, à un adoubement par ses pairs (les raisons sont nombreuses, notamment le fait que la plupart des auteurs sont directement contactés par cooptation et non sur la base d'appel à communication transparents mais ceci est ... un autre débat).
Notoriété. L'enjeu de la publication sur un blog (carnet de recherche) est de jouer sur un indicateur de notoriété. Classements en tous genres, Top-blogs et autres billevesées égotistes certes, mais également et surtout effets de reprise, diffraction des espaces de publication, multiplication des chambres d'écho, redocumentarisations et réagencements dynamiques, effets de percolation (comme dans les excellents carnets de recherche de la plateforme Hypotheses.org). Et à l'horizon, la vision d'Henry Jenkins, celle d'universités fonctionnant à la manière de YouTube, celle également de revues à l'image des réagencements dynamiques en cours.
Pérennité. L'enjeu de la publication dans une archive ouverte est de jouer sur un indicateur de pérennité. La lisibilité et la remobilisation des connaissances et des concepts se fait dans un contexte (inter/trans-disciplinaire ou thématique) adapté. Le temps long et constant de la consultation permet une logique "d'infusion" qui complète les autres modalités de diffusion sus-citées. (accessoirement, elle est également la seule manière de raisonner à l'échelle de la planète connectée, en permettant aux chercheurs de pays émergents d'avoir accès à ces ressources très majoritairement issues de la recherche publique et donc déjà financées sans que soit besoin d'y ajouter d'autres droits d'entrée, mais ceci est un autre débat)
A l'heure du web et de la science 2.0, la construction de l'autorité scientifique s'appuie dynamiquement sur ces 2 indicateurs de notoriété et de pérennité. Nombre de revues et d'éditeurs l'ont compris, qui cherchent à documenter précisément lesdits indicateurs mais en imposant une approche quantitative héritée de la bibliométrie (scientometrics), laquelle approche méconnaît encore énormément certains facteurs d'usages liés au web (webometrics), facteurs d'usage pourtant déterminants, notamment dans le humanités numériques.
Il appartient aux acteurs de la recherche (enseignants-chercheurs, ingénieurs, documentalistes, bibliothécaires) de militer activement pour une banalisation accrue des indicateurs de notoriété et de pérennité, comme il appartient au politique et aux décideurs universitaires de se battre pour garder la main sur les mesures d'usages sans accepter de confier leur entière sous-traitance aux éditeurs gate-keepers traditionnels.
Rédigé le 07 juil 2011 à 14:48 dans Archives Ouvertes, Biblio"Tech", Document numérique, Francoblogsciences, Métier, Open Access | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
J'appartiens à un laboratoire de recherche en sciences humaines et sociales de l'université de Nantes. Ledit laboratoire de recherche s'est fait littéralement bananer par l'AERES. J'ai lu le rapport de l'AERES qui a dézingué mon labo de recherche. Cela fait longtemps que je voulais vous en parler. Je pourrai vous en parler des heures de ce rapport, tant il est comme le cochon : tout y est bon. A côté de ce rapport, Terminator est un adepte du tao et de la non-violence. Mais je ne vais vous parler que du nectar productiviste, de la quintessence évaluative de ce rapport. Dans ce rapport, j'ai notamment lu ceci :
"Ces 9 enseignants-chercheurs ont produit, durant le quadriennal, 15 articles dans des revues reconnues par l’AERES, soit une moyenne de 0,41 article par enseignants-chercheurs et par an, dont 1 seulement dans des supports à très bonne visibilité internationale (soit 0.03 art par an et par enseignant-chercheur). Cette production d’articles scientifiques dans des revues reconnues est quantitativement insuffisante (en dessous du minimum requis), et elle reste à une très grande majorité cantonnée dans des supports à faible visibilité."
Ah ben oui, effectivement c'est pas brillant. Je répète : "0,41 article par enseignants-chercheurs et par an". Feignasses. "0.03 art par an et par enseignant-chercheur dans des supports à très bonne visibilité internationale." Lopettes. Ah oui, pardon, je ne vous ai pas donné la citation de l'AERES en entier. La voici (je grasseye) :
"Cette production d’articles scientifiques dans des revues reconnues est quantitativement insuffisante (en dessous du minimum requis), et elle reste à une très grande majorité cantonnée dans des supports à faible visibilité. A ceci, s’ajoutent 6 autres articles, 24 chapitres d’ouvrages, 10 ouvrages et 7 directions d’ouvrages (tout en langue française)."
9 enseignants chercheurs. 24 chapitres d'ouvrage. 10 ouvrages. 7 directions d'ouvrage. Donc en gros pendant qu'ils n'étaient pas occuper à buller sur leur 0,03 centième d'article par an dans des supports à très bonne visibilité, chaque enseignant chercheur chacune des improductives bourriques neurasthéniques de mon labo de recherche a - quand même - trouvé le temps d'écrire un bouquin, 2,5 chapitres d'ouvrages et d'assurer une direction d'ouvrage. En français. <Parenthèse> Tout en faisant et en préparant ses cours, tout en corrigeant les tombereaux de copies idoines, tout en montant des projets de recherche, tout en faisant les emplois du temps que les secrétariats administratifs n'ont plus le temps de faire, bref en faisant tout ce que Luc Ferry ne fait pas (et qui suffit à définir, en creux, toute la "richesse" de notre métier ...). </Parenthèse>
Hou les loosers. De toute façon ça compte pas. Lalalalère. "0.03 art par an et par enseignant-chercheur dans des supports à très bonne visibilité internationale." Et c'est tout. Au secours.
Et puis aussi.
Champagne. J'apprends que notre nouveau et fringuant ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur le cancer de l'assistanat, part distribuer les promesses de millions d'euros aux heureux lauréats des Idex (initiatives d'excellence), c'est à dire à 3 campus sur les 85 que compte l'hexagone. Champagne.
Pas champagne. Dans mon IUT à La Roche sur Yon, installé avec le CUD (centre universitaire départemental) sur le même campus, se tient chaque fin d'année un repas qui réunit les personnels (de l'IUT et du CUD) pour fêter la fin de l'année. J'apprends que cette année le directeur de l'IUT a annulé la participation des personnels de l'IUT au dit repas. Pour cause de finances endémiquement déficitaires dudit IUT. C'est con. J'aurai bien invité Laurent Wauquiez et le président de l'AERES à déjeuner. Deux ou trois choses à leur dire.
P.S. une camarade charitable me fait remarquer qu'une faute d'orthographe s'est glissée dans le titre de ce billet ("losers" et non "loosers"). Soorry.
Rédigé le 04 juil 2011 à 22:09 dans Métier | Lien permanent | Commentaires (12) | TrackBack (0)
Le petit lien du week-end nécessite d'avoir un compte Facebook pour pouvoir jouer avec. Le petit lien du week-end est un exemple de redocumentarisation. Le petit lien du week-end, c'est le "Musée du moi" : Museum of Me.
Rédigé le 01 juil 2011 à 21:48 dans Document numérique, Rubrique à brac, Réseaux sociaux | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
| Le blog d'un maître de conférences en sciences de l'information. Réflexions, analyses, signalements, opinions.
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