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30 mai 2010

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Voici les sites qui parlent de La boutique contre le bazar :

Commentaires

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Eddy

Félicitation pour cet article.
Merci

old

Je pense que cet affrontement est lié fortement à la culture des usagers. S'ils ne sont que de simples consommateurs passifs, le modèle fermé avec des produits selon les classes sociales finira par triompher.
Par contre, si la formation permet de développer des cultures informatiques et informationnelle opérante, il y aura plus qu'une résistance.
L'enjeu est donc éducatif et démocratique avec la préservation de biens communs mais également son développement en vue de nouvelles sphères économiques d'innovation.

Affaire à suivre par conséquent

RV

Épatant, lumineux, merci !

olivier ertzscheid

@Eddy & RV> Merci :-)
@OLD> Bien d'accord sur l'enjeu éducatif ... on s'y emploie :-)

Camille A

Merci pour ce très bon article (qui amène de nombreuses réflexions) !

La logique de la pomme de Jobs avec l'Ipad (s'en est presque biblique :-) fait sévérement penser à celle de Facebook (présentée par ailleurs dans votre article de la semaine dernière).

Comme cela est souligné dans l'article (et celui du NYTimes) cette logique "d'enfermement", de barricade face aux dangers se retrouve IRL.
Rechercher un territoire numérique aseptisé est une réponse naturelle (enfin plutôt humaine) à tous les stimuli de peurs et à l'incompréhension face à certains phénomène du web... Favorisant ainsi un certains "communautarisme", et un repli vers des instances régulatrices.

Dur d'abandonner l'idée de maîtrise, face au web qui permet au mieux de sufer (dommage d'ailleurs que ce terme qui révèle une certaine notion d'équilibre et d'appréhension de l'environnement soit devenu désuet).

Merci encore pour cette article :-)

Olivier

Bonjour,

L'univers fermé d'Apple a déjà été éprouvé sur le Web avec AOL et son navigateur propriétaire.
Sa logique de supermarché (tous les produits et services dans un seul magasin avec une grosse part de MDD) n'a pas tenue face à la galerie marchande d'un agrégateur comme Yahoo! - pour rester dans un vocabulaire consumériste.
Concernant Facebook, l'environnement est tout de même bien moins cloisonné que celui d'Apple :
- un compte Facebook fait office de "single sign on" sur beaucoup d'autres plateformes plus ou moins sociales,
- l'enfermement est proportionnel à une certaine capacité à exploiter l'outil, et fait le plus souvent partie du Web Privé (sauf écarts de conduites concernant la confidentialité)

Par ailleurs, Facebook ne correspond pas à mon sens au concept Pay & Stay. Les utilisateurs ne paient pas contrairement à Apple. Les annonceurs peuvent payer pour être visible, mais c'est également vrai sur Google via les liens sponsorisés.

Concernant la maitrise de l'infrastructure, Google est à mon sens largement plus dangereux que les villes fermées du bloc de l'ouest.

merci pour cet article passionnant :)

Aldus

Passionnant billet, Olivier. On aurait souhaité l'engagement politique de quelques-uns en effet...

Dominique De Vito

Bjr,
Merci pour cet article.
Mon résumé perso, c'est que certains se payent sur le flux (e.g. Google) et d'autres se payent sur le stationnement (e.g. Apple).
Les seconds ont l'air, effectivement, plus dangeureux que les premiers car les premiers ont plus tendance à supporter des standards ouverts dans leur propre intérêt, qui est de rationaliser leur infrastructure, i.e. de minimiser leur cout.
Quoiqu'il en soit, d'une part, les batailles se jouent avec des munitions, on ne peut pas s'en passer, et Firefox est inévitablement l'une d'elles. Et d'autre part, si Microsoft a été un temps "l'ennemi", maintenant, ce dernier prend d'autres visages.

olivier ertzscheid

@Dominique> Merci pour cette analyse et cette formule que je me permets d'incorporer illico en "mise à jour" du billet.

@Aldus> a qui fais-tu référence ??

Danilo

Mot manquant :
Mais il est un risque encore plus grand qui est celui de la délégation inexorable de nos lois morales collectives à des sociétés qui n'ont "en commun" avec ladite morale que les règles édictées par leur portefeuille d'actions.

cvaufrey

La boutique rapporte plus que le vide-grenier, c'est un fait. Et ce ne sont pas les vide-greniers qui assurent la vitalité d'un centre ville, ce sont les boutiques. Et il est étonnant de tomber à bras raccourcis contre le iPad tout en entendant les voix nombreuses qui, dans les milieux académiques, critiquent la foire d'empoigne qui règne sur Internet, le labyrinthe dans lequel le pauvre internaute se trouve perdu, la non-hiérarchisation de l'information qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes...Tout ça va être bien proprement organisé, sélectionné par Apple (et beaucoup d'autres, d'abord et avant tout dans la logique commerciale IRL, parce que tout est virtuel dans ce monde-là sauf les sous qui tombent dans la caisse). Je rejoins le commentaire de old : pour ne pas être contraint de tout acheter en boutique, y compris ce dont on n'a pas besoin, il faut être capable de produire et d'exercer sa faculté de choix dans un environnement brouillon. Ca s'apprend.

olivier ertzscheid

@ Danilo > Merci. C'est corrigé.

beniz

La topologie du Web a changé depuis une dizaine d'année. De la topologie point à point de l'Internet, dont la puissance calculatoire se trouve dans les feuilles (les machines de bureau) à deux topologies aujourd'hui bien établies :

- la topologie en portail, utilisée par les moteurs de recherche. Ces 'portails' sont un passage obligé avant redirection vers le contenu du Web. Au passage ils opèrent un prélèvement d'information à partir duquel ils se rémunèrent.

- la topologie en 'nasse', dont le premier grand acteur a possiblement été myspace. Dans ce modèle, l'utilisateur se retrouve captif d'un ensemble de serveurs donc aucun (ou peu) de liens directs lui permettent de sortir. Facebook suit clairement ce modèle en rappatriant de l'information de l'extérieur, vidéos, etc... Cette captivité permet le bombardement de publicités et autres liens sponsorisés.

Apple joue en partie cette seconde topologie. Que les raisons pour lesquelles des populations semblent apprécier ce modèle captif aient changées est une chose.

Il en demeure à mon humble avis que ces deux tournants structurels et topologiques dans l'architecture du plus grand réseau d'information ont été concommittants, et datent d'une dizaine d'années maintenant.

karl

La métaphore de régionalisation physique est intéressante. Je situe le débat sur un autre plan, celui de la capacité à gérer soi-même son indépendance, plutôt que celui de la territorialité.

Comme je dis dans un article récent :
« Basically, the danger of the death of the open Web is in the burden of managing your independance. » --
http://www.la-grange.net/2010/05/24/open-web

La mort du Web ouvert a été annoncé dès le début du Web et à chaque fois avec des contraintes propres au moment, à la technologie, etc. Ce qui est plus intéressant est de savoir si le choix existe toujours. Le fait qu'une résidence hypersurveillée existe est une chose, le fait qu'elle soit imposée légalement à tous en est une autre.

On peut se désoler que nous comme un troupeau de mouton voulions utiliser un Apple Store mais personne ne nous force à le faire (et ici on peut dire la même chose des journaux gratuits dans le métro, des programmes télés, des blockbusters du cinéma, de la nourriture des grands groupes agroalimentaires, etc. etc. etc.)

L'important est vraiment de savoir est-ce que je peux avoir une alternative ? Et pour l'instant, je peux toujours éditer mon propre site Web que j'héberge moi-même sans avoir à utiliser une plateforme payante (genre typepad ;) ) ou en donnant mes données de consultation à une grande entreprise comme xiti ;) etc. (Pas un reproche mais une constatation).

Il y a un fardeau à gérer son indépendance, ce n'est pas facile, coûte de l'argent et du temps. Avoir la possibilité du choix est primordiale. L'infrastructure le permet toujours pour l'instant.

Fabien Basmaison

@Olivier
On paie, on paie, et pour reprendre l’image de la cité, il suffit d’observer ces magnifiques entrées de villes bardées de pancartes publicitaires vantant les produits du supermarché, ou vendeur d’électro‑ménager caché derrière. Toute cette tôle, je trouve que nous la pay(er)ons cher. (et je ne parle même pas du fait que nous payons par le contenu que nous ajoutons à Facebook)

On ne paye plus en liquide, mais en pollution visuelle ou sonore…

@olivier ertzscheid
Merci pour cet article et ses ressources associées… J’aimerais en lire beaucoup plus de ce genre.

Josselin Raguenet de Saint Albin

bonne initiative que d'avoir repris cet article du New York Times, qui le méritait, et vous en donnez une excellente analyse (et très bien documentée) qui rejoint la conclusion d’un article que j’ai rédigé dernièrement. http://www.metis-acie.fr/?p=1863

quelques remarques cependant :

1. le titre original de Eric Steven Raymond n'était déjà pas approprié, le Bazar n'est en rien un “capharnaüm”, ce “bordel organisé” au sens vers lequel l'usage occidental l'a fait dériver, c'est un espace commerçant des plus régulés (étymologiquement : “place des prix”), et par des lois multi-séculaires. C'est nullement un espace libre et désordonné (“bazar ouvert contre ordre fermé”) ; l'analogie d'antagonisme entre la "boutique" et le "bazar" ne trouve alors peut-être d’écho que dans l'idée que le bazar est gouverné en collégialité (les marchands les plus puissants), contrairement à l'épicier qui tient sa “boutique” dans son coin. Cette collégialité (plusieurs acteurs prennent une décision pour une multitude d'utilisateurs) n'existe pas sur le web ouvert si ce n'est à travers les “consortiums-fédérations-associations” qui gèrent les standards et dans ce cas les acteurs-boutiquiers font aussi partie du collégial (WebKit par exemple existe sous licence BSD & GNU LGPL et le développement a été soutenu par Apple, Google, Nokia, RIM, Palm — lesdits boutiquiers — et approuvé par la Free Software Fundation).

2. hygiénismo-moralisme : l’encre a largement coulé “sous les jupes” des contenus filtrés par l’App Store... Rappelons une seule chose, toute enseigne de distribution (ce qu’est l’App Store) se réserve le droit de ne pas proposer certains produits dans ses rayons, et je pense que beaucoup apprécient ne pas tomber sur des DVD X chez Carrefour en achetant le dernier Walt Disney (je cite ce dernier parce que Steve Jobs en est un actionnaire de taille, et surtout parce qu’un bon vieux conte de fées en dit généralement plus et mieux sur la sexualité que le dernier Marc Dorcel, cf Bettelheim “The Uses of Enchantment”). Et comme vous le soulignez justement, pour Apple c’est “Money-Time”, mais pas à n’importe quel prix puisque refuser le porno représente certainement un lourd manque-à-gagner pour Apple... Et cette “censure” n’a strictement rien à voir avec les logiques d’ouverture ou de fermeture d’une technologie, d’un standard, d’un contenu, le “web ouvert” est aussi peu “immoral” que Steve Jobs n’a prétendu être le défenseur de la vertu, nonobstant les boutades Android = porn...

3. Car, vous avez absolument raison, il y a bien une dichotomie interopérabilité/fermeture, ou plutôt, il ne faut pas faire un raccourci trop rapide, fermeture/propriété. Il existe bon nombre de formats sur le web qui sont interopérables, quasi ouverts et pourtant propriétaires : Flash pour ne citer que lui (et parce que la polémique Apple/Abobe a largement aussi surfé sur ce nouveau front), mais MPEG aussi, et le dernier né, WebM, lancé en grande pompe par Google il y a deux semaines mais qui se trouve déjà face à de certains problèmes de brevets logiciels, sans parler du “prix” de cette “interopérabilité”... (VP8 bête copie du code source et accès aux implémentations mais pas spécifications voir http://x264dev.multimedia.cx/?p=377). La logique d’opposition est donc entre les formats propriétaires et ceux libres, et là en effet les produits mobiles d’Apple s’avèrent autrement moins souples que ceux d’autres industriels du secteur. La seule question valable reste de comprendre pourquoi.

4. Certainement pas pour contrôler la vertu des utilisateurs, sortons de ce débat “fuireux”, l’App Store est bourré d’applications à la con qui vous montreront un téton pour quelques centimes sans compter qu’il suffit d’utiliser le navigateur natif pour se rincer l’oeil à l’oeil... (cf ce même article du Monde que vous citez). Pour faire des ronds alors ! ça c’est sûr ; dans une logique différente de ce qui se faisait jusque-là. Les distinctions “Search & Link”/“Pay & Stay” et “flux/station” que vous faites sont en effet très pertinentes pour décrire les stratégies économiques de ces acteurs. Mais ne nous offusquons pas que des entreprises fassent leur profit sur internet, sans ça ce serait une révolution avortée. Pourquoi alors Apple souhaite-t-elle faire des profits dans une logique “propriétaire” ? (au-delà de la seule fidélisation, j’achète pour 200€ d’application avec mon iPhone, j’achète le nouveau modèle sinon c’est 200 balles pour rien...) Aussi incongrue que ça puisse sembler Apple le fait pour ses consommateurs. Le développement des nouveaux terminaux nécessitait cet “enfermement”, ce contrôle, parce que ces nouvelles machines ont besoin d’être appréhendées de façon optimale par le développeur qui souhaitera proposer son contenu : adieu les dispersions de mémoire, bannis les process énergivores, haro sur les interfaces inadaptées. La documentation fournie avec le SDK iPhone OS (téléchargement gratuit, certes nécessite Mac OS X) insiste constamment sur ce point, et de façon litanique ! Les “Big Brothers” de l’App Store qui valident les applications ont pour objectif premier de renvoyer aux développeurs les appli plantogènes, buggées, inutilement lourdes, à la sécurité de passoire... bien avant de traquer du mamelon. Le souci est avant tout de ne délivrer que du contenu “qualifié”, sur des critères techniques et non pas moraux. Toute entreprise responsable rompt ses contrats avec un fournisseur peu fiable, il n’y a pas de raisons que ça change sous prétexte qu’on est connecté au nuage. Les nouvelles “gated communities” du web ne sont qu’une version “safe” d’accès à un contenu (ouvert ou fermé) motivée par un souci d’adéquation optimale entre les applications pour l’afficher et les spécificités du terminal sur lequel tournent ces applications. C’est la philosophie d’Apple depuis le début, lier le hardware et le software pour une meilleure expérience utilisateur (/consommateur). On ne reprochera pas à Mercedes d’empêcher ses clients d’utiliser un autre système de conduite embarquée que celui prévu, pas plus qu’on n’empêchera les mécanos de tous poils de bidouiller ces mêmes bagnoles, à leurs risques et périls. Par ailleurs la technologie “Multitouch” induit des réflexions totalement différentes en terme d’interface utilisateur. Fermer, certes, mais pour revaloriser. Les iPhone-users sauront gré aux programmeurs d’avoir adapté une page web aussi conne que celle de la SNCF en une application autrement plus maniable et “productive” que la version consultable sur navigateur.

5. Or ces deux versions SNCF s’appuient sur des données strictement identiques, stockées sur un serveur qui est — je l’espère — bien gardé, et par des gens compétents, experts même ! Car c’est bien de cela dont il s’agit, de compétences. Le web a été une révolution fondamentale pour nos économies et nos sociétés, elle est née d’une poignée d’ultra-compétents ravis de leur trouvaille, et à mesure que la poudre se propageait les je-ne-sais combien d’utilisateurs d’internet sont aujourd’hui ravis — eux aussi — de ne pas avoir besoin d’être aussi experts que leurs pionniers. N’en déplaise à Cory Doctorow, mais oui ma mère galère sur son PC, alors la voir héberger sur un serveur-maison des contenus qu’elle offrirait au monde, tout ça bien calibré sous fire-wall... et jouir du code source d’une application sous “Creative Commons license” pour le modifier, elle s’en contrecarre si tant est qu’elle comprenne un "bit" de ce schmilblik. Le web n’est pas plus ouvert ou fermé avec ou sans Apple, il n’est jamais que des quantités de data stockées quelque part, et comme dit “karl” en commentaire : “il y a un fardeau à gérer son indépendance, ce n’est pas facile, coûte de l’argent et du temps”, j’ajouterai : et de sacrées compétences (que je n’ai pas). Du coup on délègue. Et comme il dit aussi : en l’état actuel du Net, j’ai encore le choix. Les canaux pour accéder à ces data changent en effet, les logiques “Search & Link” vs “Pay & Stay” proposent deux façons différentes à l’usager d’être économiquement “attrayant” : personnellement je préfère être sciemment pris pour un consommateur (Apple) que niaisement pris pour un con-sot-mateur qui va cliquer sur toutes les bannières de pub et, quand bien même je m’en abstiendrais, voir mon IP tracée et affiliée à toutes sortes de pratiques. À ce titre je dois impérativement accepter les conditions de l’iTunes Store pour en jouir, Google lui ne me demande rien mais ne se gêne pas moins puisque “qui ne dit mot consent”...

(suite du commentaire juste après, "we're sorry we can't accept this data" = open web ?)

Josselin Raguenet de Saint Albin

(suite du commentaire précédent, ça devait être trop long... sorry)

6. Au sujet du “troisième bloc : “Share & Disseminate” : dans le fond celui-là même des origines de l’open web, rassurons-nous il n’est pas près de mourir. On croit le voir dépérir parce que proportionnellement ses représentants deviennent extrêmement minoritaires puisque les usagers de l’internet n’ont plus besoin de maîtriser leurs compétences pour surfer, mettre du contenu en ligne, vivre leur vie numérique d’over-connected. Mais ce troisième bloc est encore bien vivant, et heureusement car en effet il est le moteur de l’avancée technologique. Seulement on aurait tort de croire que sa croissance se fait contre les deux blocs “Est” & “Ouest” et que la réussite de ceux-là se fait à ses dépens. Google comme Apple soutiennent plus qu’activement le développement des nouveaux standards et investissent dans l’open-source (HTML 5, OpenCL... et consort). Pourquoi ? parce que les “bonnes pratiques” du développement communautaire (décrites dans l’analyse de Linux par E.S. Raymond) sont la souche de leur viabilité et vitalité technologiques, les grandes sociétés privées doivent beaucoup au monde du libre et ne cherchent pas à s’en “affranchir”, elles continueront à en tirer le suc parce que c’est un régime d’excellence, et elles continueront à y injecter des millions.


7. Enfin (après je me couche), ne confondons pas “contenu ouvert” et “technologie libre”, “open acess” & “open source”. Si les deux découlent d’une dynamique commune, à l’origine du concept de “neutralité du Net”, qui voit la “liberté” et la “démocratisation” comme les meilleurs ciments du World Wild Web, en pratique il s’agit de réalités bien différentes. Qu’un contenu soit ouvert signifie qu’il est consultable et transmissible “gratuitement” (aux seuls coûts matériels liés à l’accès à internet), le web étant né de réseaux entre universités scientifiques il y avait là une raison louable, la même qui veut rendre accessible le génome humain. On ne peut cependant raisonnablement pas exiger que tous les contenus soient “ouverts”, sinon adios l’économie numérique, et c’est bien l’actuel problème des producteurs de contenus (presse et consort, cf mon article). De plus cette “ouverture” a peut-être signifié gratuité pour l’utilisateur mais a généré toute une économie parallèle : le financement du web par la pub, le “Search & Link”, et comme vous le dites “c’est pas des Bisounours” ! On rappellera quand même que les contenus “ouverts” ne représentent aujourd’hui que 20% du Net... mais une écrasante majorité du trafic. “Open Source” (OSS, open source software, rien à voir avec notre Jean Dujardin national) concerne la disponibilité en ligne sans copyright du “code source” d’une application (logicielle), chaque utilisateur peut se le réapproprier sans frais : chacun apporte sa pierre à l’édifice pour optimiser la source. Génial ! dira-t-on, oui mais ça ne concerne qu’une minuscule proportion des internautes. La dynamique “Open Source” a permis la définition de technologies déterminantes pour notre société de l’information, mais elles ne constituent pas la totalité des technologies utilisables pour surfer, d’autres ont été brevetées, et oui faut faire des ronds quand même... “Open Access” & “Open Source”, lequel définit cet “open web” qu’on nous prédit disparaître ? si seules ces deux notions le déterminent alors le “web ouvert” est mort depuis longtemps, bazar vs. “walled garden” ou pas.

8. (oui, j’avais dit que j’arrêtais...) Dans le fond ce qui fait défaut à nos réflexions c’est la définition de cet “open web”. Lorsque Virginia Heffernan craint que beaucoup ne quittent complètement “l’open web”, à quoi fait-elle référence ? à l’affichage de pages web définies par leur adresse IP via un navigateur compatible ? au repêchage des “bits” de “data” stockés sur serveur via une application logicielle ? pourquoi le navigateur devrait-il avoir le monopole alors ? il existe mille applications sur ordinateur de bureau dont le travail est justement d’offrir une meilleure interface avec les “data” que ne le peut le “web browser”, nous coupent-elles aussi du “nuage ouvert” ?
bref... de nombreuses questions encore béantes. Merci pour votre article de réelle qualité (autre bât-qui-blesse du web, toutes versions confondues !) et veuillez m'excuser de n'avoir pas fourni tous les liens que mon commentaire aurait pu amener...

jeromedansereau


Je sais que je suis ici sur un blog de spécialistes, forcément bilingues, mais étant sur le web et cité par la revue de web du figaro.fr, vous pourriez avoir la gentillesse de traduire les extraits que vous mettez afin de permettre au plus grand public de tout suivre.

Partir du principe que vos lecteurs sont tous bilingues m'étonnent d'un professeur de fac où il est bien connu, ne vont surtout que ceux qui n'ont pas le niveau d'aller ailleurs.


Démocratiser le savoir passe d'abord par le langage employé.

A bon entendeur !

narvic

La décision récente de Ruppert Murdoch de placer le site du Times à 100% derrière un mur et payant ET de bloquer le référencement de ses contenus par Google, s'inscrit à merveille dans ce tableau...

Josselin Raguenet de Saint Albin

@narvic
la logique du Times n'est pas exactement celle d'Apple, il s'agit de protéger son modèle économique : je vends du contenu papier : ça marche, je veux vendre du contenu numérique : ça marchera (ou en tout cas, il faut que, sinon c'est la merde...). Il n'y a pas de logique "propriétaire" sur les formats, pas de lien contenu/machine, tout le monde pourra accéder à la version payante du Times, moyennant un navigateur web et... une CB. Mais c'est là où on ne trouve toujours pas de définition à cet "open web", la version payante du Times en fera-t-elle encore partie ?

Fréadéric Marin

Certains usagers du WEB sont tombés dans la marmite bouillonnante de l'information dès ses premières apparitions, d'autres y sont venus depuis, tous au prix d'un effort certain d'appropriation technologique ; j'ose en fait la métaphore du poste de télévision : un écran à plasma est un condensé de technologies high tech, intégrant par exemple des micro-codes embarqués dont l'hermétisme ferait peut à bien des informaticiens ! on peut s'y intéresser, mais est-ce réellement important pour l'utiliser ?

Un nouveau paysage se dessine avec Apple (et d'autres non nommés) : utiliser sans se soucier du moyen, permettant à un ensemble vaste d'usagers d'entrer à leur manière dans le monde informationnel d'aujourd'hui.

Il ne s'agit pas d'opposition entre le bazar et la boutique, mais plutôt de l'apparition d'un espace d'utilisation dans un monde d'experts ...

La difficulté est très exactement la même pour la diffusion de la culture sous-jacente à l'Intelligence Economique : l'expert peut utiliser des technologies parfois très sophistiquées, mais qu'il se garde bien de les imposer à ces usagers : ces derniers veulent juste "utiliser".

Frédéric Marin - alfeo.org

Ginko

@ Frederic Marin:

Je pense qu'il faut aller au delà de la dichotomie expert vs usager lambda.

Par rapport à une technologie, il existe différents "rôles": l'améliorateur, le réparateur, l'utilisateur.

Il se trouve que l'homme préfère les choses simples. Les auteurs de la technologie vont donc viser la simplicité pour l'utilisateur. Celle que vous plaidez. Du côté de l'améliorateur, la simplicité est souvent sacrifiée au nom de la puissance (mais elle ne le devrait pas!), au quel cas, l'amélioration devient une occupation d'expert (surtout si sont dressées des barrières à l'entrée au niveau de la formation).

Cependant, la complexité de l'interface pour l'améliorateur n'est pas nécessaire. Les standards ouverts possèdent des barrières à la formation plus basses. Et lorsque l'auteur de la technologie n'a pas d'intérêts à restreindre l'amélioration de sa technologie, mais au contraire à la favoriser, l'amélioration peut devenir SIMPLE.

Cette notion de simplicité de l'amélioration est à rapprocher de la bidouillabilité d'un technologie. Cette bidouillabilité mesure la possibilité d'amélioration et de réparation de la technologie.

Exigeons donc des technologies simples à utiliser, réparer et améliorer et hautement bidouillables pour que la création ne soit pas cantonnée à l'expert, qu'elle ne soit pas réservée à une caste.

Ce vœux est pour grande part en opposition par rapport aux objectifs des entreprises capitalistes. Si nous ne voulons pas être réduits à des usagers dépossédés du savoir, à des consommateurs, nous devons donc lutter contre ces derniers (en militant d'une manière ou d'une autre en faveur du libre).

antistress

Dommage que l'article mélange anglais et français ça fait bâclé et du coup j'ai lâché prise.
Pourtant je lis beaucoup d'articles anglais (que je traduis à l'occasion) ou français, mais le mélange est pénible.

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"Where is the Life we have lost in living?
Where is the wisdom we have lost in knowledge?
Where is the knowledge we have lost in information?"
T.S. Eliot, in Choruses from The Rock (1934)

Where is the information we have lost in Google ?

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