« "J’aimerais que Google rende visible mon livre sur le net" : moi aussi mais ... | Accueil | Appel à se réunir en Coordination Nationale des Universités »

06 jan 2010

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d8341c622e53ef012876aeb2ef970c

Voici les sites qui parlent de Autour et atours du livre numérique :

Commentaires

Flux Vous pouvez suivre cette conversation en vous abonnant au flux des commentaires de cette note.

Vivien B.

Merci beaucoup pour ces réponses détaillées (et rapides, en plus) ! En ce qui concerne la longueur, nous n'avons pas encore finalisé la maquette mais c'est quand même sans doute trop long, oui (mais on s'en fout :)
Merci encore.

Aldus

Bravo Olivier pour ces propos frappés de bons sens et d'intelligence! Attention l'ebook anglo-saxon est pas le dispositif de lecture mais le fichier. Pour l'extrême pauvreté de l'offre, tu as la dent un peu dure, rappelons que certains éditeurs comme Fayard, Grasset ont mis près de 50% de leur catalogue. Les choses s'accélèrent de manière très nette depuis quelques mois. C'est surtout les fonds de livres de poche qui manquent à l'appel (comme Penguin de l'autre côté de la Manche).

FB

accord, mais tu le sais d'avance - comme d'hab, ce qui est bien c'est l'arborescence de ton raisonnement - mériterait bien une mise au propre sans smileys!

par contre plus dubitatif sur cette histoire de loi Lang numérique - quand je vois au jour le jour tout ce qu'on prend sur le dos en taxes paperasses et machins juridiques pour le droit d'expérimenter un espace très précis et restreint de création comme publie.net, de plus en plus prêt à déménager la structure en hors sol

Hervé Le Crosnier

Bonjour Olivier,

C'est bien de commencer l'année avec le livre numérique, vu que ce sera le top buzz de 2010.

Quelques remarques :
- sur une "loi Lang" (prix unique) pour le livre numérique, il faut faire attention. Le marché n'existant pas, ou étant encore trop "de niche", les techniques de mercatique (gratuité temporaire, cadeau en complément d'un achat, pré-achat, prix variables et promotions surprise,...) sont nécessaires.

Ce n'est pas parce que les "grands" éditeurs ont choisi de tuer le livre numérique en le vendant hors de prix, avec des verrous et dans des formats peu utilisables (notamment le pdf, qui est inutilisable sur la majeure partie des liseuses) qu'il faut continuer à penser en mode "papyro-centré".

La loi Lang était faite pour protéger la librairie de création, et en rebond la possiblité d'une édition de création et de recherche. Nous sommes dans une situation différente, et il est certain que ce sont les libraires qui vont le plus souffrir du livre numérique, bien avant les éditeurs, qui vont au contraire trouver un nouvel espace d'interaction directe avec leurs lecteurs. Il faut penser l'aide à la librairie, mais cela doit-il être au travers d'unn "prix unique" ?

Oui, les plate-formes ont l'avantage dans une économie de réseau. Ce sont plutôt de nouvelles règles anti-monopolistiques adaptées à la situation des réseaux qui peuvent être réfléchies... Mais c'est ue autre histoire.

- sur l'hypertextualité du livre numérique, là encore, il faut préciser la différence entre un livre numérique (i.e. un système "clos", dans lequel tous les éléments d'information sont regroupés et organisés) et un site web éditorial (dans lequel une plus grande capacité d'évolution, de liens externes, d'interactivité et de réactivité du lecteur est souhaitée - à l'image de Wikipedia). Le livre est une "référence" au sens où il possède des frontières, des dates certaines, des contenus spécifiés, et même des outils de repérage (pages, sommaires, index,...). Cela restera, qu'il soit numérique ou non. Le web est l'espace du dialogue de la connaissance.

- Attention, le prix des liseuses est en train de connaître une chute radicale, car l'application de lecture s'insère dans des outils "universels", i.e. capable d'autres usages, et donc susceptibles d'être achetés pour ces autres usages, rendant l'accès aux livres électroniques (la fonction "liseuse") a un coût marginal nul. L'exemple typique est l'application Stanza sur le iPhone... et je n'ai pas encore vu le Nexus One, mais il m'étonnerait que l'on ait pas une liseuse intégrée. Certes, pour les applications spécifiques (BD, peut être les livres de cours) ce sont les tablettes qui vont devenir essentielles (le iSlate dans moins d'un mois !!!), ce qui va relancer le cycle de prix... avant que ces tablettes ne deviennent à leur tour des "outils universels" dont le coût pour chaque usage va diminuer radicalement. C'est le cycle habituel des technologies de l'information.

- Un dernier point : C&F éditions, ma petite maison d'édition (http://cfeditions.com), croit beaucoup au livre numérique... des surprises à venir dans les mois qui viennent.

Hervé Le Crosnier

benoit

@Hervé :
"le prix des liseuses est en train de connaître une chute radicale, car l'application de lecture s'insère dans des outils "

Pour ma part, une liseuse se doit de fournir une lecture agréable (et les technos d'entre numérique sont requises) et je ne suis pas certain que les prix baissent rapidement car il y a besoin d'une progression dans cette techno (écran plus grand, meilleurs définitions, couleur, réactivité ...)
Certes, il va malheureusement y avoir aussi de plus en plus de capacité de liseuses ajouté à des appareils classiques (téléphone, tablette, ...) mais tant que ces derniers utilisent du LCD, ça reste de la lecture sur écran avec les inconvénients qui s'y rapportent (lumière en pleine face).

Je dis malheureusement, car même si d'un point de vue, c'est mieux d'avoir un appareil multifonctions, la techno actuelle des écrans des ordinateurs n'est pas adapté à la lecture (contrairement à celui des liseuses) et je crains que ça risque de provoqué des malentendus.

Christophe D.

À benoit :

Le problème, quel que soit le prix, c'est que pour acheter une liseuse et des livres numériques, même avec écran hyper confort, il faut déjà avoir la volonté de lire des livres. Ce qui est très loin d'être le cas de tous. L'achat d'une liseuse est une espèce de « prix d'entrée » qu'il faut payer pour avoir accès aux livres numériques et ça ne favorise(ra) clairement pas l'accès au livres, même vendus moins chers que sur papier et même sans DRM.

D'où l'intérêt d'amener la lecture sur des ordinateurs portables plus largement utilisés (qui soient un peu plus adaptés à la lecture de textes longs -> même si l'écran ne suit pas, un clavier détachable ou pliable à 180° et en couleur est déjà un plus).

Si l'aventure du livre sur support numérique doit se résumer aux passage des lecteurs réguliers de livres papiers vers la lecture sur écrans, ça n'a pas grand intérêt, même si ça leur fait gagner du poids dans leurs valise lorsqu'ils partent en vacances.
En revanche, amener de nouveaux lecteurs vers le format livres grâce au numérique, ça ce serait un vrai progrès (ordi multifonction plus adapté à la lecture + fonctions logicielles qui permettent par exemple d'avoir une mise en valeur des passages les plus surlignés par les autres lecteurs, ce qui pourrait séduire ceux qui sont réfractaires à la lecture de textes longs pour les amener vers la lecture de l'intégralité du texte ou au moins des idées principales d'une œuvre).

Pour moi, l'enjeu principal n'est pas de lire plus confortablement, de gagner du poids ou de la place. L'enjeu principal est d'amener plus de lecteurs vers le format livre.

Christophe D.

Et puis de toute façon, même si les liseuses et les livres numériques étaient tous distribués gratuitement, je suis certain que cela n'amènerait pas plus de lecteurs vers le format livre. Ceux qui lisent déjà des livres en liraient peut être encore plus mais ceux qui ne lisent pas n'auraient pas beaucoup de raison de s'y intéresser (le prix des livres de poche est déjà très bas). Pour amener de nouveaux lecteurs vers le livre, à mon avis, il faut d'abord des fonctions logicielles adaptées (par exemple, celle que j'ai citée dans mon commentaire précédent) et la possibilité de lire sur des machines que l'on possède déjà (et qui peuvent servir à bien d'autre choses).

Christophe D.

Désolé, je squatte, je suis lancé :

D'ailleurs, puisque ce sont des comparaisons que l'on fait souvent, l'intérêt de l'imprimerie et du MP3, c'était ça. Amener plus de gens vers les textes (sacrés au départ) et vers la musique. La qualité d'impression et de fabrication des premiers livres n'était pas au rendez-vous (ce devait être plus sympa et convivial d'écouter en groupe la lecture orale d'un curé ou d'un colporteur). Les premiers MP3, salement compressés qu'on s'échangeaient en P2P étaient légers mais d'une qualité médiocre. Pourtant, ces deux technologies ont amené, avant toutes autres considérations, énormément de monde vers la lecture et vers la musique. Le confort de lecture ou d'écoute est arrivé après.

Gui

Comment expliquez vous que la dématérialisation ne provoque aucune baisse de prix
Pour la musique le prix du téléchargement légal est simplement le prix du CD divisé par le nombre de morceaux, avec le support physique en moins... Ne risque-t-on pas la même chose pour le livre ?

Dans ce cas comment ne pas conclure que la dématérialisation n'est juste qu'un prétexte à l'augmentation des marges commerciales ?

benoit

@Christophe,
Je voulais juste faire état du sentiment qu'il y a peut être un risque d'avoir des technos différentes pour un même objectif.

Combien de fois j'ai entendu des personnes parler des liseuses avec à priori négatif puisque que ne les ayant pas vu, elles concluaient en disant "ça ne marchera pas, la lecture sur écran, c'est nul, ça me fait mal à la tête, donc j'imprime" (et on peut leur donner raison sur des écrans classiques)

Donc plus qu'un confort, c'est à mon sens l'adoption ou le rejet du livre électronique qui peut se jouer sur un a priori.
Bien entendu, si le marché décolle, elles reverront peut être leur position mais il faudrait qu'il ne soit pas tué dans l'oeuf.


Ceci dit, je parle en tant que lecteur qui se convertira aux liseuses quand les écrans e-ink seront au point qui m'intéresse.

Pour les autres types de population, votre remarque est intéressante, même si j'ai un doute sur le type de nouveau lecteur que cela peut attirer ? Contrairement à une idée répandue, avec internet, les sites, les blogs, les forums, il y a de jamais eu autant de lecteurs mais ces lecteurs sont des lecteurs zappeurs qui ont du mal à concentrer leur attention.


@Gui,
Pour ne pas spéculer sur les raisons d'un prix équivalent dans certains cas, disons qu'il existe quand même des exemples où la dématérialisation est moins cher : le site lulu.com
Donc, c'est possible ...

Christophe D.

À Benoît :

« ces lecteurs sont des lecteurs zappeurs qui ont du mal à concentrer leur attention. »

Et bien justement ! Puisqu'ils sont zappeurs, il faudrait que les livres diffusés sur supports numériques offrent la possibilité d'être survolés rapidement et efficacement. Et coup de chance, le format numérique peut le permettre. Donner accès (gratuitement) aux passages les plus surlignés par les autres lecteurs ; utiliser des moteurs sémantiques pour synthétiser intelligemment et en quelques mots des centaines de pages ; donner accès à tous les commentaires des autres lecteurs (qui peuvent cibler des passages précis et donner lieu à des débats) ; pouvoir lier des passages d'un site perso vers un livre en ligne ; les moteurs de recherche façon Google qui permettent de rechercher des mots ou des expressions directement dans un livre sont intéressants aussi pour celui qui cherche à se documenter sur un sujet précis ; et tout un tas de fonctions qui ne me viennent pas à l'esprit au moment ou j'écris.
Tout cela devrait donner envie à une partie de ceux qui ne sont pas familiers à la lecture de pavés de plusieurs centaines de pages de s'y pencher un peu plus — ou, à défaut, de pouvoir tirer un minimum d'information sur un livre sans forcément l'avoir lu en entier, ce qui n'est pas rien en terme d'accès à la culture.

Pour ceux qui sont déjà habitués à lire des livres sur papier, le numérique permet en gros de gagner du poids dans le sac, de la place dans la bibliothèque et peut-être un peu d'argent sur l'achat de contenu (et encore, ça dépend ce qu'on lit — il faut aimer les classiques qui ne sont plus sous droits). Très content pour eux mais si le support numérique n'apporte que cela et ne s'adresse qu'à ceux là, ça n'a pas grand intérêt.

iPad

sur cette vidéo, une présentation d'un film protecteur pour ipad. http://www.youtube.com/watch?v=PiuokkPA6r0
je suis bluffé !

t-shirt personnalisé

Je pense qu'en même que le livre non numérique à encore de beaux jours devant lui :D

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.

Le blog d'un maître de conférences en sciences de l'information.
Réflexions, analyses, signalements, opinions.

"Where is the Life we have lost in living?
Where is the wisdom we have lost in knowledge?
Where is the knowledge we have lost in information?"
T.S. Eliot, in Choruses from The Rock (1934)

Where is the information we have lost in Google ?

POUR CITER UN ARTICLE


Style Hypotheses.org
Ertzscheid Olivier, « Titre du billet », Affordance.info, ISSN 2260-1856. Date de publication. [En ligne] http://affordance.typepad.com/adresse-du-billet.html

Style APA
Ertzscheid, Olivier (date de publication du billet). “Titre du billet”. Affordance.info [carnet de recherche]. ISSN 2260-1856. Date de consultation. http://affordance.typepad.com/adresse-du-billet.html

Style MLA
Ertzscheid, Olivier “Titre du billet”. Affordance.info (souligné) ISSN 2260-1856. Date de publication. [carnet de recherche]. Date de consultation. http://affordance.typepad.com/adresse-du-billet.html

Botte de foin


Postes McF 71ème section sur Galaxie
Tous les contenus de ce blog sont sous licence Creative Commons. Vous pouvez donc les reproduire, les distribuer ou les communiquer à condition :
  • de citer l'auteur
  • de ne pas en faire d'utilisation commerciale
  • d'appliquer ces mêmes conditions à toute création qui résulterait d'une modification, transformation ou adaptation d'éléments tirés de ce blog.
Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike 3.0 Unported

juillet 2014

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
Related Posts with Thumbnails
"Mais quiconque affirme qu’il y a de l’argent à faire avec un stock d’ARTICLES SCIENTIFIQUES est soit un idiot, soit un menteur."
Lawrence Lessig. 12 Janvier 2013.
Identité numérique et e-reputation :
DÉCOUVRIR COMMANDER OU LIRE EN LIGNE L'OUVRAGE

Qui suis-je ?

Affordance touitte.