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Rédigé le 26 juin 2009 à 23:39 dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Me voici de retour de Nancy où j'étais invité par l'Inist pour causer de la question de l'identité numérique des chercheurs.
Et voici donc le diaporama slideshare avec Ô merveille les notes correspondant à chaque diapo (regarder l'onglet "Notes" sous la présentation depuis le site Slideshare)
Mes fans et mes plus grand détracteurs pourront observer que l'ADBJP ("association pour la défense du bandeau jaune dans les pauvrepoints") a encore frappé.
J'intervenais juste après Hervé Le Crosnier, ce qui n'est jamais chose facile, surtout quand ce dernier a passé la soirée à vous répéter que "il fallait faire le show", le tout en patientant 1h30 dans un ersatz de pizzeria en buvant du gris de toul et en lapidant mentalement le serveur qui, quand il n'apportait pas une assiette de pâtes en lieu et place d'une pizza Roma après une demi-heure de commande, se souvenait soudain (après une autre demi-heure d'attente) que j'avais aussi pris une salade en entrée. Bon. Globalement on a l'air de pas s'en être trop mal sortis ... mais vous pourrez très bientôt juger sur pièce étant donné que la vidéo des interventions sera prochainement disponible sur le site des RPIST.
A part ça, bonne nouvelle, pour le prix d'une chambre dans un hôtel IBIS, vous avez droit à une connexion internet gratuite. La dernière fois ça m'avait coûté 15 euros pour une heure de connexion (pourrie). Vive les hôtels Ibis donc.
Vous pouvez aussi consulter le hashtag RPIST sur Twitter pour voir tout ce qu'en ont retenu les participants qui ne dormaient pas (et qui avaient réussi à pirater le Wifi local).
Voila. Voila.
A part ça toujours, mais dans un prochain billet, je reviendrai vous parler du "off" de ces rencontres. Je vous raconterai comment j'ai voyagé dans le train à côté d'un consultant qui intervenait pendant les rencontres, et qui expliquait doctement à son associée (sa secrétaire ?) que le pauvrepoint qu'elle lui avait préparée n'allait pas du tout, et qu'il n'allait pas parler de revues.org parce que ce n'était pas dans la cible stratégique (ou un truc comme ça ...) et que "ah bon tu leur as déjà envoyé le powerpoint ? Ah bon c'est embêtant ça." Délicieux voyage vous dis-je. Je viendrai également vous reparler de la manière dont l'Inist vend 15 euros des articles (les miens notamment) déposés dans une archive ouverte (archivesic par exemple) et pour certains sous licence creative commons "attribution - non-commercial", le tout dans une interface qui ne néglige pas les publicités sponsorisées du moteur Google, donnant à celle-ci (l'interface), l'air de ces entrées d'agglomérations défigurées par de gigantesques panneaux publicitaires (si vous n'avez pas la patience d'attendre mon billet, vous pouvez déjà vous mettre celui relayant l'étrange politique tarifaire de l'Inist sous la dent).
Et puis dans la série ça n'intéresse personne, sachez que pendant qu'Hervé Le Crosnier était assailli par ses fans, le valeureux Dominique Cardon et moi-même nous sommes faits refouler (temporairement) du buffet sous prétexte qu'il fallait d'abord le prendre en photo (le buffet).
Sachez aussi que le même Hervé Le Crosnier à réussi à me convaincre (il est fort) d'arrêter de faire figurer le "temps de rédaction de ce billet" à la fin des billets d'Affordance. Pas de taylorisation de la recherche. Merci hervé :-)
Enfin une pensée spéciale pour ce verbatim recueilli au moment de mon départ : "Je suis contente de vous avoir rencontré en vrai. Parce que je vous imaginais petit et gros." Pour quelqu'un venu parler du nécessaire contrôle de leur identité numérique par les chercheurs, cela valait la peine d'être souligné ;-)
Rédigé le 24 juin 2009 à 23:20 dans Congrès, colloques et conférences, Métier, Réseaux sociaux, Web 2.0, Weblogs, Wikis & RSS | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
L'index de Google est - ou devrait être - un bien commun de l'humanité. Et à ce titre nous appartenir collectivement. Merci à Pierre Mounier d'avoir souligné cette évidence. Preuves à l'appui.
Rédigé le 22 juin 2009 à 16:03 dans Ecologie de l'info, Moteurs et autres engins | Lien permanent | Commentaires (7) | TrackBack (0)
Je serai demain et Mardi à Nancy aux Rencontres des professionnels de l'information scientifique et technique.
Voici le titre de mon intervention :
"Science identifiée et scientifiques identifiables : questions et enjeux autour de la maîtrise de l’identité numérique pour les chercheurs et leurs institutions."
Et le résumé :
Qu’appelle-t-on « identité numérique » ? Quelle est sa déclinaison académique ? Que peuvent apporter les réseaux sociaux au débat scientifique et à la diffusion/construction des connaissances ? Quel niveau d’initiative, de contrôle, de présence et de service en attendre ou en exiger ?
La maîtrise et gestion de l’identité numérique sont aujourd'hui des problématiques saillantes du web contributif. Au travers des moteurs de recherche et des réseaux sociaux notamment, de nouveaux vecteurs de socialisation et de transmission des informations et des connaissances se mettent en place.
Dans ce contexte, et dans des lieux virtuels de communication fonctionnant de plus en plus en temps réel, les espaces de la parole et de la communication scientifique - qu’elle émane des individus ou des institutions - doivent trouver de nouvelles dynamiques.
Comment conforter la place de la parole scientifique dans l’iségoria moderne du web ? Comment l’institution et les individus doivent-ils prendre en charge les nouvelles visibilités documentaires offertes par le réseau ? Quels sont les espaces restant à investir ? Quels en sont les outils ? Que proposent-ils ?
Notre exposé s'efforcera d'apporter quelques éléments de réponse à ces questions, en interrogeant les problématiques inhérentes à ces nouveaux modes de socialisation, à ces nouvelles "sociabilités numériques".
En cadeau-bonus et en amuse-bouche, voici la bibliographie de l'intervention :
Le diaporama sera comme d'habitude mis en ligne sur Slideshare, dès qu'il sera terminé, c'est à dire dans la nuit précédant l'intervention ;-)
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By the way ... et même si ce n'est pas le sujet de mon intervention de mardi, j'aimerais bien que quelqu'un m'explique l'étrange politique tarifaire de l'Inist (qui est l'un des principaux diffuseurs de l'IST dans notre bel hexagone) ... politique aussi étrange que le choix du moteur Google CSE et l'affichage systématique de liens sponsorisés sur un site public de diffusion de l'IST ... J'aimerais bien aussi que toutes celles et ceux qui ont payé 15 euros pour avoir accès aux articles de votre serviteur en profitent pour demander leur remboursement sine die.
Lesdits articles (et quelques autres) étant disponibles gratuitement sur ArchiveSic. Bref, le sujet retenu pour ces rencontres est effectivement bien choisi : "Nouveaux modes de publication scientifique. Relations avec les éditeurs". Messieurs les éditeurs ... tirez les premiers.
J'essaierai de poser la question aux principaux concernés entre deux petits-fours :-)
Rédigé le 21 juin 2009 à 21:46 dans Agenda, Document numérique, Réseaux sociaux, Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
La vidéo de ma dernière intervention à Poitiers pour parler de Wikipédia est désormais disponible en ligne (le pôvrepoint est lui aussi visible ici ou là)
Grand merci au service audiovisuel de la MSHS de l'université de Poitiers et n'hésitez pas parcourir les autres ressources disponibles sur leur chaîne Internet.
<p><object style="width:320px;height:260px"><param name="movie" value="http://uptv.univ-poitiers.fr/web/data/flvplayer.swf?file=http://chronos.campus.univ-poitiers.fr/flv/wikipedia-ertzcheid.flv&width=320&height=260&image=http://uptv.univ-poitiers.fr/web/data/vignettes/s068141348.gif&usefullscreen=false" /><param name="quality" value="high" /></object></p>
Wikipedia et les encyclopédies collaboratives : censurer ou former ? - Wikipédia ou l'emblème du web 2.0
Intervenant(s) : Angel Clémares. Olivier Ertzscheid.
Date de publication : 27/05/2009
Durée : 00h 35min 47s
Rédigé le 21 juin 2009 à 19:36 dans Congrès, colloques et conférences, Wikipedia | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Rédigé le 19 juin 2009 à 22:37 dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Cloud computing.
On connaissait déjà depuis quelques temps l'âge d'or, les promesses (et
les dangers) du "cloud computing", de l'informatique dans les nuages.
Le réseau internet repose depuis son invention sur une architecture
"client-serveur". Le cloud computing permet à chacun de nous d'être les innombrables "clients" (au double sens du terme) d'une gigantomachie dans laquelle Google, Amazon et quelques autres s'affrontent à grands coups de datacenters et autres "fermes de serveurs". C'est là le climax d'une polarisation extrême de l'architecture client-serveur.
Home computing.
Imaginons maintenant que la polarisation s'inverse et qu'au lieu de disposer de quelques giga-serveurs centralisant l'offre de contenus et de données de la planète internet toute entière, nous retrouvions une architecture dans laquelle chacun d'entre nous demeurerait client mais disposerait à part égale de la possibilité de devenir un serveur. Une sorte de forme réinventée et légèrement décalée de l'architecture peer-to-peer (ou le passage par un point nodal externe aux clients connectés reste obligatoire). Imaginons donc que chacun de nos ordinateurs personnels, via son navigateur, puisse devenir son propre serveur et ainsi proposer à des tiers d'accéder librement à son contenu (téléchargement d'images, de films, de musique) voir même auto-héberger des pages web. C'est la prouesse (?) que vient de réaliser le navigateur Opera avec le lancement d'une nouvelle version de son navigateur baptisée "Opera Unite".
Le WebOS enfin réalisé ?
Il y a belle lurette que la guerre des navigateurs fait rage. Il n'est donc pas impossible que cette sortie soit d'abord un coup marketing pour permettre à Opera de sortir de la zone de confidentialité dans laquelle Internet Explorer, Chrome et Firefox le relèguent. Mais. Mais je viens de tester et d'installer Opera Unite avec un camarade de jeux qui a bien voulu en faire de même. Et le fait est que c'est totalement bluffant.
L'avènement de l'informatique dans les nuages a fait du webOS un enjeu central pour les grands acteurs de l'internet. Comme je l'écrivais dans ce billet :
Le web fractal. Le webOS était donc réalisé, incarné, sur la scène et sous les auspices des quelques géants du cloud computing, de l'informatique distribuée, "dans les nuages", mais tout aussi massivement distribuée que commercialement vérouillée.
Si la poursuite des essais d'Opera Unite demeure concluante, si celui-ci tient toutes ses promesses, c'est à un nouvel avatar du web qu'il va falloir nous habituer. Un web parfaitement et rigoureusement fractal. Chaque navigateur de chaque ordinateur connecté au réseau devenant son propre client, son propre serveur, son propre client-serveur, son propre internet. C'est là tout l'enjeu du Home Computing.
Quelques réflexions à chaud : vers une nouvelle partition des flux numériques.
Quelques liens pour une découverte plus approfondie de l'outil et des enjeux :
(Sources : sous les liens // Temps de rédaction de ce billet : 2 heures, tests du navigateur non-inclus :-)
Rédigé le 17 juin 2009 à 23:29 dans Document numérique, Ecologie de l'info, Moteurs et autres engins, Outils chauds, tièdes et froids., Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
"La république islamique d'Iran continue d'étendre et de consolider ses systèmes techniques de filtrage, qui sont parmi les plus étendus au monde. Un système centralisé pour le filtrage de l'internet a été mis en place qui accroît davantage le filtrage déjà effectué au niveau des fournisseurs d'accès à Internet (FAI). L'Iran emploie désormais sa propre technologie pour identifier et bloquer les sites dissidents, réduisant ainsi sa dépendance à l'égard des technologies de filtrage du monde occidental. (...) Les "agences de régulation" chargées de policer l'internet continuent de s'étendre. (...) Conjointement à l'expansion de la surveillance, cette augmentation des "régulations" exacerbe une athmosphère qui encourage l'auto-censure et dissuade de toute pensée dissidente. Le blocage des sites web de partis politiques durant les les élections présidentielles de 2009 a redonné de l'énergie aux opposants à la censure de l'internet en Iran et a attiré l'attention du monde sur le problème du contrôle de la presse."
Version originale disponible ici : http://opennet.net/research/profiles/iran
Suit également un tableau rappelant quelques indicateurs-clés
L'occasion de (re)découvrir le formidable travail de l'OpenNet Initiative.
Rédigé le 16 juin 2009 à 23:50 dans Ecologie de l'info | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
L'incontournable UbuWeb dispose désormais d'un blog : http://ubuweb.tumblr.com/. Hourra.
L'inénarrable Martine est de retour avec son générateur. Hourra.
Rédigé le 12 juin 2009 à 21:44 dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Entre deux relectures de rapports avant les soutenances de stage, deux écritures d'articles et trois réunions techniques pour préparer une rentrée qui s'annonce rock'n roll (400 heures d'enseignement en moins sur les 3500 dont jouissait jusqu'à présent notre beau DUT Infocom), je serai vendredi au congrès 2009 de l'ABF. Depuis l'année dernière, LE congrès du petit monde des bibliothèques s'est doté d'un blog sur lequel (grâce à eux) vous pouvez suivre en temps quasi-réel les débats et les présentations des différents intervenants.
Or donc j'interviendrai Vendredi 12 Juin dans le cadre de la session "Bibliothèques sur le net" avec comme intitulé de présentation : "Le choix de la bibliothèque numérique : entre interface(s) et contenu(s)". En gros (et en 20 minutes) je vais tenter de montrer :
Voilà. Et donc bien sûr je n'aurai pas le temps de parler du tiers du quart de ce que je viens de vous annoncer parce que je n'ai que 20 minutes et que j'ai déjà 50 slides sur mon pauvrepoint et qu'il va falloir que j'en enlève une bonne moitié. Mais c'est pas grave, ça sera toujours bon à recycler pour un article, un cours ou une formation à venir. C'est aussi pour ça que j'aime être invité dans des congrès ;-)
Allez, à vendredi si le coeur vous en dit et si vous êtes dans le coin.
(Temps de rédaction de ce billet : 30 Minutes)
Rédigé le 09 juin 2009 à 22:01 dans Agenda, Biblio"Tech", Document numérique | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Je suis depuis toujours fasciné par les illusions d'optique. Du coup, je ne rate jamais le championnat du monde des illusions d'optique. Je vous recommande tout particulièrement le premier prix de cette année : "The break of the curveball".
Et puis dans la série "l'illusion d'optique de la pensée", vous aimerez sûrement le Lefebvroton, générateur automatique de communiqués de presse de Frédéric Lefebvre.
Rédigé le 05 juin 2009 à 22:13 dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Et ben voilà. Après la rubrique désormais hebdomadaire du "petit lien du Week-End" qui me permet de vous faire partager les curiosités et amusements, je vais être contraint d'en ouvrir une nouvelle, le "coup de gueule du vendredi". C'est parti.
Titres alternatifs possibles de ce billet :
Nadine Morano est une menteuse. Nadine Morano est une pizza margarita. Nadine Morano est une blonde. Nadine Morano est une lampe halogène. Nadine Morano est un ficus benjamina.
Sur ces 5 affirmations, il en est de fausses, et il en est de vraies. J'attends maintenant avec une gourmande impatience ma convocation par la brigade de répression de la délinquance contre la personne pour "injures publiques envers un membre du ministère" sur Internet.
Et je vous invite tout naturellement à faire de même, c'est à dire à écrire et à faire savoir que Nadine Morano est une menteuse (ou une pizza margarita ou une blonde ou une lampe halogène ou un ficus benjamina).
Pourquoi ?
Pour qu'après les dangereux "épiciers anarcho-terroristes qui lisent des livres", après les redoutables "profs de philo qui parlent fort dans une gare en prononçant le nom du président de la république(?)", voici venu le temps, non pas des rires et des chants, mais des dangereuses "mères de famille qui citent Dorothée dans des commentaires de vidéos sur DailyMotion" et qui sous cet ubuesque chef d'inculpation sont convoquées par la brigade de répression de la délinquance contre la personne pour injures publiques envers un membre du ministère.
Nous vivons une époque formidable.
Post-scriptum : Primo, Nadine Morano est une menteuse, deuxio, "Sarkozy je te vois", tertio "L'insurrection qui vient" est un excellent ouvrage à diffuser le plus largement possible." J'ai bon monsieur le commissaire ?
Post-post-scriptum : pour trouver matière a un coup de gueule ô combien plus important mais malheureusement moins vendeur (ou "buzzeur"), on se reportera utilement ici.
<Update de qques heures plus tard> Depuis ce matin et alors que les échos de l'affaire "Nadine Morano est une menteuse" font le tour du net et des journaux, les commentaires sous la vidéo incriminée explosent : plus de 500 en quelques heures, dont certains gratinés et pour le coup réellement injurieux !! Comme le signale Loran en commentaires, va y avoir du monde au tribunal ;-) </Update>
Rédigé le 05 juin 2009 à 10:18 dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (14) | TrackBack (0)
La dernière fois que je vous avais entretenu de l'un de mes sujets de prédilection, Google Books, c'était pour me faire l'écho (et tenter l'analyse) de la dernière bombe lancée par Google sur les pauvres casques bleus du commerce du livre :
Nous étions alors en Novembre 2008, et le désormais célèbre Google Book Settlement venait de paraître. Que s'est-il passé depuis ?
Planète Opt-Out.
Le grand numérisateur a tout pris. Livres libres de droits, livres sous droits, livres dans la zone grise et oeuvres orphelines. Tout y est, ou presque. Et même s'il est toujours quasi-impossible d'estimer réellement le nombre d'ouvrage réellement numérisés et disponibles dans Google Books, la fourchette raisonnable se situe entre 7 et 10 millions d'ouvrages numérisés, pas mal pour un projet lancé en 2005.
Et l'heure est désormais aux ultimatums. Soit vous souhaitez jouer le jeu de Google et entrer dans le modèle qu'il propose et qui vous permettra d'être indemnisé pour vos oeuvres (vous avez alors jusqu'au 5 janvier 2010 pour vous déclarer), soit vous décidez de bouder, vous vous réservez le droit d'attaquer Google en justice, et là vous avez le droit de continuer à ne pas toucher d'argent ou si peu, d'entrer en résistance, et là vous avez jusqu'au 4 septembre 2009 pour le faire (la date était initialement celle du 5 mai, mais elle a été prolongée à la demande des associations d'auteurs). Comme le rappelait ActuaLitté le 21 Avril 2009, "éditeurs allemands, autrichiens et Suisses germanophones ont choisi
d'accepter le contrat proposé par Google plutôt que d'entrer dans un
conflit juridique". D'autres suivront. A n'en pas douter. Il n'y a guère qu'en France (et aussi un peu au Québec), que le SNE et La Martinière décident de se payer le luxe d'un affrontement juridique qui pour en être très noble n'en est pas moins voué à l'échec. Mais au pays de Cyrano, on mise beaucoup sur le panache. La prise de position du SNE est d'ailleurs assez largement ambigüe (pour ne pas dire illisible) dans la mesure ou il recommande tout à la fois aux éditeurs de participer au réglement (settlement) tout en dénonçant le fait que celui-ci est contraire aux principes du droit d'auteur en France (mais cette territorialisation du débat est-elle réellement viable, y compris juridiquement ...) et en maintenant donc une ligne d'affrontement juridique déclaré (tribune détaillée du SNE à lire en .pdf chez Légipresse).
Masse critique.
Alors que les usages de E-books émergent massivement et rencontrent un marché qui dépasse largement les seules "niches" ou certains experts voulaient le cantonner, la question de l'offre, et plus précisément du volume de l'offre s'affirme chaque jour davantage comme absolument cruciale. Et là encore, quand Google décide de faire feu, ce n'est pas quelques dizaines, ce ne sont pas 1000, quelques milliers ou quelques dizaines de milliers d'ouvrages qu'il verse au pot commun, mais bien 500 000 ouvrages libres de droits, lisibles au format E-pub pour la liseuse Sony. Et oui. Car on parle aussi désormais de plateforme technologique. A ma gauche, Amazon, son Kindle et son format. A ma droite, Google, son thesaurus (qui est aussi un trésor) de guerre, et ses partenariats avec la liseuse Sony dans un format (E-pub) non supporté nativement par le Kindle. Le combat des chefs.
Mi-mars 2009, l'e-Book Store de Sony affichait plus de 600 000 livres suite au dernier "versement" de Google. Amazon affiche de son côté plus de 230 000 titres. Il va sans dire que la granularité des deux offres est sans commune mesure, les 500 000 ouvrages de Google étant pour l'essentiel (la totalité ?) libres de droit quand ceux d'Amazon sont pour l'essentiel des ouvrages sous droits. Ceci étant dit, c'est là un bien beau produit d'appel dont on Lionel Maurel ne sait quoi penser :
(Voir aussi le mode d'emploi pour la récupération desdits titres, mode d'emploi qui rappelle très justement l'occasion ainsi donnée à Sony d'étoffer un peu son fichier client ...)
Google'Zon & Amaz'oog : l'infanterie et l'artillerie.
L'erreur serait de penser l'opposition frontale entre Google et Amazon comme un affrontement se jouant à armes égales. Cet apparent duopole n'en est pas un. Amazon est dans une logique d'artillerie : il est à la fois son alpha et son oméga, fixant les prix d'une offre qu'il maîtrise de bout en bout pour une tablette qu'il fabrique. Soit une artillerie pensée comme une architecture en vase clôt mais à la puissance de tir phénoménale. Google est dans une logique d'infanterie. Même s'il dispose d'autant de verrous que nécessaire, il laisse les éditeurs monter au créneau et défendre ses positions en leur permettant d'établir une liste indicative de prix de vente dont il déterminera seul lequel doit être in fine retenu. Amazon contrôle son stock, son flux de marché, et fait du prosélytisme autour de sa tablette et de ses formats. Google contrôle "un" stock (qui n'est pas encore "le" stock mais pourrait bientôt le devenir), et avec le Google Book Settlement se met en position de contrôler le marché et ses flux. Sur ce terrain, c'est Google qui a l'avantage sur le long terme, car il dispose des moyens de piloter (au sens cybernétique du terme) l'ensemble de l'offre d'ouvrages sous droits en laissant l'infanterie (auteurs, libraires et éditeurs) essuyer le feu nourri et les pertes qui ne manqueront pas de subvenir dans cette période d'engagement.
Un flux de marché multi-canaux. Autre avantage de poids pour Google, son flux de marché ne se limite pas aux seules tablettes électroniques, c'est toute la chaîne des périphériques (informatiques) et des services (numériques) dont il est en capacité de se servir pour déployer son offre. Google annonce (à l'occasion de la Book Expo America) qu'il se positionnera sur ce marché (celui de la lecture et non du "livre" numérique) d'ici à la fin de l'année 2009. Mais il ne parle pas d'e-books mais bien plutôt de terminaux orientés Web ("web-enabled devices"). Plus d'un million et demi d'ouvrages libres de droits sont ainsi dès maintenant lisibles sur votre téléphone portable (et si vous n'avez pas d'IPhone, vous pouvez quand même "faire comme si" ... ici) Quand Amazon pense "structuration du marché et de l'offre", Google, selon un gimmick bien ancré dans la culture de la firme, raisonne en termes d'offre de service. Ce qui, jusqu'ici, ne lui a pas trop mal réussi ...
Éditeur dans les nuages. Quand Amazon conditionne (une partie de) son marché à l'adoption des Ebooks, Google se moque de savoir si lesdits ebooks constitueront un jour ou non un marché de masse (ou de niche suffisamment rentable). Google s'en moque parce que ce que vise Google ce n'est pas un marché, c'est un écosystème, celui du Cloud Publishing, de l'édition dans les nuages. Et faut-il rappeler qu'il est déjà leader dans le domaine du "cloud computing" ...
BVL. Bureau de vérification de la littérature. Le commandement général de cette infanterie sera assuré par l'algorithmie et l'écosystème de services de la planète Google, mais plus précisément incarné par Michael Healy, récemment nommé à la tête du BRR (Book Rights Registry), cet organisme créé de toutes pièces par Google (et financé par Google ... tant qu'à faire hein ...), et chargé de créer et d’administrer LA base de données des ayants-droits de la totalité des livres concernés par le Google Settlement.
Le monde se réveille. Avec la gueule de bois.
Ce qui depuis 3 ans paraît évident et nécessaire aux yeux des analystes (dont très modestement votre serviteur) à savoir l'affrontement entre les deux géants Amazon et Google autour d'une offre marchande d'ouvrages n'existant qu'en leur flux numérique, apparaît aujourd'hui subitement dévoilé. Et c'est le New-York Times qui ouvre le bal dans un article daté de son édition du 31 Mai : "Preparing to Sell E-Books, Google Takes on Amazon."
J'ai mal à ma poldoc. ("poldoc" : en jargon bibliothéconomique, désigne la "politique documentaire", c'est à dire le choix des fonds accessibles) Il est un point qui est moins discuté - parce que moins "vendeur" - dans le cadre du Google Book Settlement, c'est la manière dont les ouvrages pourront être mis à disposition des bibliothèques. Et là aussi, fort heureusement, mais peut-être un peu tardivement, on commence à appeler un chat un chat. Il y eut bien sûr le lumineux papier de Robert Darnton (version originale ici) qui dit avec une profondeur d'analyse séduisante, tout le danger potentiel que représente la main mise de Google sur la prescription documentaire :
Il y a désormais le débat posé en termes clairs, celui de savoir si la partie "bibliothèque" du Google Book Settlement représente ou non une privatisation des "ressources" tout autant que des "fonctions" de la bibliothèque. De mon côté j'avais déjà largement insisté (et je maintiens) sur le risque réel d'un eugénisme documentaire, qui dépasse - à mon avis toujours - et de loin, le seul risque d'une privatisation (au sens anglo-saxon du terme) des fonds documentaires planétaires.
Le plus rageant dans cette affaire c'est qu'en en restant au sein de notre hexagone, on compte, ces 10 dernières années, au moins 3 ou 4 rapports pointant la nécessité stratégique de régler le problème des oeuvres orphelines (via une gestion centralisée), cette fameuse "zone grise" de la littérature, qui constitue le coeur de nombre de collections bibliothéconomiques, zone grise sur laquelle Google a irrémédiablement fait main-basse et dont nous ne commençons qu'à peine à entrevoir les potentialités économiques. C'est ce que rappelle (entre autres choses) cet article du New York Times daté du 4 Avril :
Le lobbying comme dernière arme ? Nul ne semble aujourd'hui réellement en mesure de rivaliser avec Google sur le marché de la capitalisation (au sens propre) des savoirs et des connaissances. Et ce n'est pas, loin s'en faut une question d'argent. La meilleure preuve est le simple abandon par Microsoft de son outil de recherche de livres. Le même Microsoft qui trouve actuellement bien plus stratégique de financer une chaire de recherche "sur" le Google Book Settlement à la New York Law School institute.
Google Books, volet bibliothèques. Comme je l'écrivais plus haut, si l'actualité se concentre sur le réglement Google, lequel concerne les oeuvres orphelines et les oeuvres sous droit, cela ne doit pas faire oublier que le troisième - et historiquement premier - volet de l'entreprise de numérisation continue d'avancer à grands pas. Ainsi, le 26 Mars, Google a annoncé sur son blog être arrivé au terme du contrat de numérisation "historique" l'unissant à la bibliothèque d'Harvard. Il aura mis 5 ans. Je bloguais alors sur Urfist Infos et j'avais relayé ce qui s'annonçait déjà comme un projet "historique". 5 ans plus tard, sur les 15,8 millions de volumes libres de droit de la bibliothèque, on ne sait toujours pas, ni sur la FAQ d'Harvard, ni dans le billet du blog de Google, combien de volumes sont aujourd'hui rendus disponibles. Il nous faudra nous contenter de ceci "we have digitized and made available (...) many hundreds of thousands of public domain books". Plusieurs centaines de milliers ... On ignore combien mais on mesure l'échelle. On connaît aussi la loi de Moore et l'on observe les mutations en cours de l'objet autant que du marché-livre. Et l'on est comme groggy devant l'enjeu.
Nous y voilà. En novembre 2006, dans un article paru dans la revue Les cahiers du SLF, j'écrivais :
Et plus loin dans le même article :
De colloques en conférences, de grands cénacles en petits comités d'initiés, j'ai répété (avec d'autres ...) depuis plus de 3 ans révolus que Google serait nécessairement libraire, bibliothécaire et éditeur. Et que, nécessairement, cela se ferait beaucoup plus vite qu'on ne pouvait le penser (avant l'obtention de leur diplôme de DUT ai-je encore pris le pari avec mes étudiants de l'IUT de la Roche sur Yon ... pari gagné ;-). Avec d'autres j'ai essayé de convaincre de la nécessité absolue d'une contre-offensive "de poids", sur trois axes :
3 ans plus tard :
La proie et l'ombre. Pendant ce temps, Google avance. Pendant ce temps les dispositifs de lecture électronique, Kindle en tête, s'étendent bien au-delà de leur seul supposé "marché de niche", pendant ce temps, l'ombre tutellaire d'un omnipotent GoogleZon a remplacé la proie que constitua pour lui (et pour d'autres) une politique publique du livre et de la lecture. La récente démission de Benoît Yvert et la nomination d'un remplaçant "par interim" à la tête de la DLL et du CNL atteste du niveau de sanctuarisation à rebours de la réflexion et de l'action culturelle de ce gouvernement.
A l'horizon ...
Reste à Google au moins un épineux problème : celui de la valeur juridique de son "accord" au regard de la législation anti-trust d'une part et au regard de la législation européenne d'autre part. La commission européenne va d'ailleurs bientôt se pencher sur la chose. <Message subliminal> une bonne raison de plus pour aller voter dimanche :-) </message subliminal>
Google libraire. Google bibliothécaire. Amazon éditeur. Amis admirateurs de l'ancienne (antienne ?) chaîne-du-livre-en-un-seul-mot, vous voilà désormais affranchis. La messe est pourtant loin d'être dite. L'avenir donnera lieu a de bien beaux débats, a de bien belles analyses délicieusement partisanes, soulèvera de nouvelles questions essentielles pour ce que l'on appelle - par le tout petit bout de la lorgnette - l'avenir de la prescription documentaire, et qui n'est rien moins - sans lyrisme déplacé - que le simple avenir de la transmission des savoirs et de la culture à l'échelle de la planète.
Compléments ...
A lire également :
(Temps de maturation de ce billet : 2 mois // Temps de rédaction de ce billet : 8 heures ... soit deux - grosses - soirées ... // Sources : sous les liens avec une mention et un merci particulier à Virginie et Hervé pour leur veille attentive)
Rédigé le 05 juin 2009 à 00:27 dans Biblio"Tech", Document numérique, Google Print/Books, Moteurs et autres engins | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Bernard Stiegler. Entretien à lire dans Télérama. On y lit aussi la préférence de Stiegler pour la dénomination de web "contributif" plutôt que "participatif". A propos de l'économie de la contribution et la figure de l'amateur si souvent galvaudée dans le cadre des analyses du web 2.0 contributif, Stiegler déclare :
Bien que moins liée aux thématiques de ce blog, vous m'autoriserez tout de même à attirer votre attention sur la conclusion de l'entretien, conclusion dans laquelle Stiegler défend l'idée d'un revenu minimum d'existence :
Bonne lecture sur Télérama :-)
Rédigé le 04 juin 2009 à 21:14 dans Ecologie de l'info, Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Rédigé le 03 juin 2009 à 23:22 dans Ouvrages et parutions | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Message envoyé à l'instant sur la plus importante (17770 abonnés) et la plus ancienne (15 ans d'existence) liste de diffusion propre au monde des bibliothèques.
Dans ce monde là, la nouvelle fera grand bruit.
A titre personnel j'étais abonné à Biblio-fr depuis 4 ou 5 ans. Et je ne lisais plus les messages diffusés (me contentant du titre) depuis plus de deux ans, et ce pour les raisons expliquées dans le message ci-dessous.
Il n'en reste pas moins que l'arrêt de biblio-fr est un coup dur. Non pas tant parce que c'était dans biblio-fr que se jouait l'avenir des bibliothèques et que s'y tenaient les plus passionnants débats sur - par exemple - les bouleversements numériques en cours dans les mêmes bibliothèques.
L'arrêt de Biblio-fr est un coup dur parce que biblio-fr était un témoin, un indicateur précieux de la maîtrise (et trop souvent hélas) de la non-maîtrise des enjeux actuels des bibliothèques par ceux qui les peuplent et par ceux qui les font. L'arrêt de Biblio-fr est un coup dur parce qu'un message posté sur Biblio-fr vantant les mérites et les vertus du blog - par exemple - était 1000 fois 17 770 fois plus efficace que n'importe quel congrès ou que n'importe quelle formation, précisément parce que TOUS les bibliothécaires qui n'ont pas de blog sont étaient sur Biblio-fr.
Alors salut Biblio-fr, et merci pour tout. Et puis surtout à bientôt sous d'autres formes, car mon petit doigt me dit qu'un corpus représentant l'archive de 15 ans de messages sur une liste professionnelle est un outil précieux pour toutes celles et ceux qui s'intéressent à la cartographie du web ou à l'ingénierie linguistique (surtout qu'en l'occurence, ce corpus est déjà parfaitement "typé"). Une telle analyse de corpus nous en apprendrait probablement beaucoup sur l'identité professionnelle de ces métiers pendant les 15 dernières années.
Explorer les archives de la liste relève d'ailleurs réellement d'une nouvelle forme d'archéologie numérique. Pour exemple, la première mention de Google sur la liste date du 8 février 1999. On pouvait y lire ceci :
Date: Sat, 06 Feb 1999 10:47:06 +0100
From: Elisabeth MENER <Elisabeth.Mener@inapg.inra.fr>
Organization: Institut national agronomique Paris-Grignon
Subject: Metatmoteur
Avvec mes excuses pour la double diffusion
Un nouveau metamoteur : Google
http://www.google.com
Issu de Stanford il est passé d'un site .edu à un site .com
Sa rapidité et sa précision : reconnaissance des caractères accentués
etc me paraissent intéressants.
Signalé dans "Le Monde", supplément d'un mercredi de la fin janvier...
Elisabeth Méner
--
correction :
Google est un moteur, pas un meta..
Article du Monde : 28 décembre 1998
MerciElisabeth Méner
Que la première liste de discussion sur les bibliothèques devienne une archive à vocation documentaire n'est finalement qu'un aboutissement logique ;-)
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Bonsoir à tous,
Ce message aurait dû vous arriver il y a déjà des semaines, peut-être même
des mois. Mais il n'est pas facile d'annoncer la fin d'une expérience quasi
quotidienne, d'une histoire commune, qui a bientôt 16 ans. Alors nous avons
attendu, hésité, repoussé à demainŠ Mais notre décision est prise :
Biblio-fr va s'arrêter.
Pourquoi ?
-----------
Biblio-fr n¹est plus une liste de débat, et elle a perdu la flamme qui en
faisait un événement : la construction d'une communauté virtuelle appuyée
sur une communauté réelle, un ensemble de pratiques partagées et de
contradictions assumées collectivement.
Les premiers débatteurs sont partis, ouvrant des blogs. Les bloggeurs sont
arrivés, trouvant dans le canal du mail un équivalent pour la diffusion des
états d'âme. Les rares débats (concours, horaires d¹ouverture, Wifi,
RFID,...) reviennent régulièrement, donnant de plus en plus l'impression de
tourner en rond, et leur ton s¹est modifié à tel point que des lecteurs se
plaignent du ton agressif de certains messages, et des auteurs se plaignent
d'être censurés.
Les messages de service sont devenus majoritaires. Au début les annonces
d'emplois, animations, rencontres, journées d'études, colloques, stages,
formations,... le bouillonnement d'activités des bibliothèques. Ensuite les
messages institutionnels. Les étudiants cherchant de l'aide pour faire
rapidement leurs devoirs. Puis les avis de décès (le jour de la réception du
premier, nous avons gravement hoché la tête, eu une longue discussion et
mesuré le premier changement de statut de la liste). Puis les annonces de
parutions, de marchés publics, les propositions et les recommandations de
spectacles.... Le nombre de ces messages se multipliant avec le nombre
d'abonnés, ils sont devenus envahissants, réduisant l'espace des débats. Les
services étaient à l'origine considérés comme un complément aux enjeux de
débat. Ils sont devenus le centre de biblio-fr. Mais l'initiative privée,
ouverte, est-elle nécessaire pour ce travail ? Et les messages de service
ont-ils leur place dans les boîtes aux lettres de dix-sept mille personnes ?
La modération
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Modérer biblio-fr a été une décision lourde, que nous avons choisi d'assumer
bénévolement (d'abord Hervé seul, puis à deux, puis Sara seule). La
modération a rendu biblio-fr différente d¹autres listes de débat. Elle a
indéniablement permis que cela dure aussi longtemps. Avec le temps,
l'augmentation des messages, et les changements dans les rythmes de vie, la
modération est devenue moins quotidienne, instituant une diffusion par
à-coups. Sans doute moins propice au débat, mais les débats s'étaient faits
rares...
Ces à-coups de la modération entraînent des réactions de ce qu'il faut bien
nommer les « usagers » de biblio-fr. Nous ne les diffusons pas, mais elles
sont néanmoins significatives du changement de statut et d'esprit de la
liste. Tel ou telle qui se demande pourquoi son offre d'emploi n'est pas
passée, qui voudrait avoir une réponse à sa question particulière, qui voit
de la censure quand il n'y a que du débordement de pile.... Pour une large
partie des lecteurs/auteurs de la liste, biblio-fr est un service qui doit
marcher, à l'image d'une institution. Nous ne sommes ni ne serons une
institution.
Biblio-fr est une initiative privée, qui avait du sens quand il fallait
découvrir en même temps le médium, l'art d'écrire sur le mail, et la magie
de l'internet. Durant tout ce temps, les messages, vos messages, ont tiré à
hue et à dia, dessiné le paysage des bibliothèques francophones.
Aujourd'hui, le modèle d'une liste de diffusion est épuisé, c'est sur le
web, dans les blogs, les wikis, les réseaux sociaux que s'inventent les
usages et les réflexions pour demain.
Des alternatives ?
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Il y a quelques mois, nous avions réfléchi, écouté (Bertrand Calenge, « J'en
ai marre de biblio-fr »,
http://bccn.wordpress.com/
Fingerhut, « Le temps, vite ; ou de forums, de listes de diffusion et de
blogs », http://blog.le-miklos.eu/?p=
accompagner la liste d'un site web pour alléger la modération, organiser la
diffusion et simplifier la lecture des messages : un espace pour les offres
et les demandes d'emplois (comme le font les associations professionnelles),
un espace pour les annonces de parutions et les critiques (comme le fait
Zazieweb), un espace pour les annonces de manifestations (comme le fait
aujourd'hui Calendoc), un forum pour les questions/réponses... Et bien
évidemment la possibilité de choisir son fil d'intérêt (flux RSS
thématiques, mails thématiques...).
Un site pour les services, afin de ne garder que la partie débat sur la
liste. Mais nous y avons renoncé, parce que monter un tel projet prend du
temps, parce que d'autres le font déjà, mais aussi parce qu'un tel site ne
serait pas la suite logique de biblio-fr. Du moins pas plus que si quelqu'un
d¹autre le lançait et le prenait en charge.
Un bilan positif
-----------------
Partie d'une initiative d'une trentaine de bibliothécaires connectés en
1993, biblio-fr est devenue un symbole institutionnel pour toute une
profession.
L'objectif de biblio-fr, dès sa création, était d'accompagner l'irruption
des réseaux numériques dans les professions du livre et des bibliothèques.
La liste se voulait un outil de formation permanente, horizontale, des
bibliothécaires par les bibliothécaires. Un outil d'animation critique des
évolutions du monde de l'édition et de la production documentaire. Un outil
de partage entre professionnels, par delà les différences de structures
(ville, campagne, petites et grandes bibliothèques, universités et lecture
publique,...) et par delà les hiérarchies internes à la profession (ce sont
aujourd'hui tous les acteurs et actrices de la vie des bibliothèques qui
peuvent suivre et créer l'information). Un outil de parole qui permet la
réflexion collective critique, une mise en perspective ou une remise en
cause des pratiques professionnelles, des relations aux lecteurs, des
intérêts parfois contradictoires entre les professionnels et les attentes du
public...
Cet objectif a été rempli durant une large part de l'histoire de biblio-fr.
Il n'est plus un moteur suffisant pour continuer sur le même principe.
Ce qui va se passer maintenant
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Rédigé le 03 juin 2009 à 22:54 dans Biblio"Tech" | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
Quelques ressources pédagogiques en vrac :
(Sources : sous les liens. Temps de rédaction de ce billet : 20 minutes)
Rédigé le 01 juin 2009 à 15:40 dans Documents et ressources pédagogiques | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
| Le blog d'un maître de conférences en sciences de l'information. Réflexions, analyses, signalements, opinions.
"Where is the Life we have lost in living? Where is the information we have lost in Google ? |
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