Bon ben voilà.
Essentiellement pour les raisons exposées là (vous n'avez qu'à remplacer "Liens Socio" par "Affordance").
Et jusqu'à nouvel ordre.
« janvier 2009 | Accueil | mars 2009 »
Bon ben voilà.
Essentiellement pour les raisons exposées là (vous n'avez qu'à remplacer "Liens Socio" par "Affordance").
Et jusqu'à nouvel ordre.
Rédigé le 10 fév 2009 à 21:45 dans Métier | Lien permanent | Commentaires (7) | TrackBack (0)
Et le 1000ème texte sur ArchiveSic (archive ouverte en sciences de l'information et de la communication) est ...
"Le libre accès à la littérature scientifique : un bien commun aux chercheurs ouvert au public." d'Hélène Bosc. La boucle est bouclée. Longue vie à ArchiveSic :-)
Rédigé le 09 fév 2009 à 21:07 dans Archives Ouvertes | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
... sera militant : http://universitesenlutte.wordpress.com/
Ce site recense les informations liées au mouvement national qui agite en ce moment les universités françaises (avec, dans la colonne de droite, l'agrégation de fils RSS d'autres sites également militants)
Rédigé le 06 fév 2009 à 18:31 dans Métier | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
< A propos> Chronique à propos d'un éditorial de Christophe Barbier sur le mouvement des enseignants-chercheurs, éditorial diffusé le 3 Février 2008 sur LCI. </ à propos>
Christophe Barbier est brillant. Christophe Barbier est un garçon formidable. Et très brillant. Avec le même problème que beaucoup de gens brillants. C'est qu'une fois atteinte la sous-couche du vernis, Christophe Barbier est terne. Désespérément terne.
Christophe Barbier est premier de la classe. Et comme la plupart des bons élèves, il raisonne en bon élève. Les bons élèves sont, de toute éternité, les moins touchés par les réformes. Les bons élèves issus d'un bon milieu socio-professionnel n'ont, de toute éternité, pas trop de souci à se faire, quelle que soit la réforme mise en place, ils resteront, peu ou prou bons élèves. Voilà pourquoi cela étonne Christophe Barbier que "les enseignants-chercheurs refusent d'avoir un patron (...) qui décide de leur carrière (...) en fonction de ceux qui auront obtenu de bons résultats". Eh oui cher Christophe Barbier :
... on ne comprend effectivement pas pourquoi ces léninistes d'enseignants-chercheurs (oui parce que Christophe Barbier rappelle également que "Pasteur est mort, Lénine aussi d'ailleurs, il faudrait qu'ils le comprennent", merci pour l'info Christophe), on ne comprend pas, disais-je, pourquoi les enseignants-chercheurs refusent d'avoir un patron. Mais reprenons : en fait Christophe Barbier qui est, soit son propre patron, soit copain avec les patrons qui l'emploient pour faire des piges ou des ménages, ne comprend pas que tous les enseignants-chercheurs ne soient pas comme lui. Et c'est là le climax de la pensée de Christophe Barbier : être dans cette déficience intellectuelle si commune à la pensée néo-libérale, déficience qui consiste à s'empêcher de penser la différence, à faire de l'ego et/ou de la singularité, des modèles ou des dogmes qui seraient suffisants à rendre compte de l'état du monde et à en dicter sa conduite. Bref, être incapable de penser la masse. D'où une pensée idéologie ... à la ramasse. Alors oui Christophe nous refusons d'avoir un patron dans le sens où tu l'entends (et je te rappelle accessoirement que nous avons déjà un patron, qui est l'état, patron dont il se murmure qu'il pourrait également devenir celui de certaines banques d'affaire ...). Mais surtout Christophe, surtout, nous refusons que le modèle économique de l'université française soit celui de l'ESCP-EAP. Et ce n'est pas parce que l'ESCP-EAP doit compter assez peu de léninistes dans ses rangs (oui je sais Christophe, il est mort, ainsi que Pasteur). Si on refuse cela, c'est parce que figure-toi qu'à la différence du patron de l'ESCP-EAP, les patrons de l'université française n'en ont pas les moyens. Sauf à augmenter les frais d'inscription dans lesdites universités françaises. Mais là encore, va savoir pourquoi, c'est une idée qui ne m'enchante pas.
Christophe Barbier : de la rhétorique de l'égo à celle du vide. Pour commencer son édito et à propos de la grogne des enseignants-chercheurs, Christophe Barbier indique : "C'est une colère des plus injustifiées, quand on est ouvrier dans l'automobile, on comprend que les ouvriers aillent manifester, mais quand on voit les enseignants-chercheurs se mobiliser c'est totalement injustifié." Voilà la parfaite illustration de la rhétorique démagogique. L'argument avancé par Christophe Barbier est naturellement recevable. Il l'est d'autant plus que nous sommes "en crise mondiale". Et il l'est encore davantage parce qu'il est aisément transposable. Par exemple tenez :
Christophe Barbier c'est l'Ikéa de la pensée. Et oui. Comme les meubles Ikéa, la pensée de Christophe Barbier est pénible à monter (voire à surmonter) mais très rapide à démonter. Et en plus elle est livrée en kit, donc elle ne prend pas de place. Pour vous aussi pouvoir jouer à Christophe Barbier il vous suffit de copier-coller les différentes misères du monde dans l'espace désespérément vacant de la pensée de Christophe Barbier. Sur le modèle suivant : "C'est une colère des plus injustifiées, quand on est <... insérer ici la misère numéro 1 ...>, on comprend que les <... misère n°1 ...> aillent manifester, mais quand on voit <... insérer ici la misère n°2 qui devra être moins dramatique que la misère n°1 ...> se mobiliser c'est totalement injustifié." Hop. Ca y est. Vous êtes Christophe Barbierisés, vous pouvez désormais briller en société. :-)
Christophe Barbier est donc culotté. Mais façon "culotte de velours". Oh loin de moi l'idée que le point de vue de Christophe-Barbier-le-bon-élève-et-l'IKEA-de-la-pensée n'ait aucune légitimité. Son point de vue EST légitime. Plus exactement son point de vue a la légitimité de celui d'un éditorialiste de la société du spectacle dans laquelle il est un passe-plat de première importance, dont il est en même temps l'un des premiers acteurs, et au banquet de laquelle il siège en bonne place (et surement en charmante compagnie).
Mais que faire de Christophe Barbier ? N'hésitez pas, d'autres et des bien plus prestigieux que moi vous le conseillaient depuis bien plus longtemps que moi. Aujourd'hui n'hésitez plus : "Faites comme Christophe Barbier : arrêtez de penser, lisez l'Express." Même si parfois les pages web de l'Express sont nonobstant capables de s'en tenir aux faits.
Un dernier mot sur Christophe Barbier ? Bien sûr. Le philosophe léniniste et pasteurisé Alain (également passé par la Rue d'Ulm mais pas par l'ESCP-EAP d'où une certaine indigence dans sa pensée), le philosophe Alain avait écrit : "La prière c'est quand la nuit vient sur la pensée." Un éditorial de Christophe Barbier, et l'on attend avec impatience que le jour se lève enfin ...
(Temps de rédaction de ce billet : offert)
Rédigé le 05 fév 2009 à 10:22 dans Métier | Lien permanent | Commentaires (42) | TrackBack (0)
Rédigé le 04 fév 2009 à 22:15 dans Open Access | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Qu'en faire ?
Vous avez dit "déprimant" ?
(Via : une lecture très instructive du Guardian // Temps de rédaction de ce billet : 20 Minutes)
Rédigé le 03 fév 2009 à 22:04 dans Réseaux sociaux | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
=====================================================
Information republiée depuis le site Fabula. De nombreux docteurs / doctorants lisant Affordance, j'ai jugé qu'elle méritait la republication la plus large possible. A titre personnel je précise que j'ai été également alerté par un collègue qui s'est retrouvé dans le premier cas de figure décrit ci-après.
=====================================================
Graves dysfonctionnements de Galaxie, le portail du recrutement
(signalés par William Marx)
Comme si les problèmes que nous connaissons actuellement ne suffisaient pas, je viens de m'apercevoir que le nouveau système Galaxie qui a été mis en place par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche présente de graves dysfonctionnements. Ce système est, vous le savez, le portail des candidats au recrutement sur des postes d'enseignant-chercheur. Tous les postes mis au concours y paraissent au jour le jour (ou au fil de l'eau, comme on dit officiellement, avec un sens de la poésie rare dans le langage technocratique). Vous avez la possibilité de vous inscrire à une lettre d'information sur ces postes, pour telle ou section de votre choix. Ainsi vous êtes en principe averti de tous les postes qui paraissent dans ces sections. Or, je viens de découvrir par hasard deux choses:
- d'une part,
si la section que vous avez choisie n'est que la seconde section du
poste publié, vous n'êtes jamais averti: par exemple, vous ne saurez
jamais que des postes de 9e section sont parus, s'ils sont profilés
d'abord en 70e section (c'est actuellement le cas);
- d'autre
part, comme aucun mot de passe ne protège votre abonnement à la lettre
d'information, n'importe qui de mal intentionné peut vous désabonner de
cette lettre: il lui suffit de taper votre adresse de courriel, et
c'est tout; vous n'en saurez jamais rien, puisque aucun message ne
vient sur votre boîte électronique confirmer la désinscription. Une
bonne manière d'éliminer des concurrents, n'est-ce pas?
Bref,
il me semble qu'il y a là de graves dysfonctionnements, qui seraient
susceptibles peut-être de faire annuler tous les recrutements en cours.
Incidemment, j'ai appris qu'il y a actuellement déjà une cinquantaine de postes d'enseignants-chercheurs ouverts au concours, toutes disciplines confondues. Le saviez-vous? Pas moi, en tout cas. Mais je gage que les candidats pressentis sur ces postes le savaient, eux. En tout cas, les prochains qualifiés de la session en cours du CNU ne pourront pas s'y présenter, la plupart des inscriptions à ces concours étant closes début février. La libre concurrence est en vigueur dans certains domaines, officiellement, mais pas dans tous...
Toutes les craintes que l'on pouvait avoir sur les nouvelles procédures se vérifient donc les unes après les autres, tantôt parce que les intentions sont fondamentalement mauvaises, tantôt parce que, même quand les intentions sont bonnes a priori, l'incompétence règne. Il n'y a plus qu'à attendre le prochain scandale...
Rédigé le 03 fév 2009 à 13:41 dans Métier | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Rédigé le 02 fév 2009 à 22:20 dans Métier | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
Appel à la grève illimitée dans les universités | Reuters 02.02.09 | 19h46
"La coordination nationale des universités lance un appel à la grève illimitée en France pour dénoncer un projet de décret sur le statut d'enseignant-chercheur et la réforme de la formation des enseignants.
La coordination a également appelé à une journée de manifestations régionales, jeudi, et à une manifestation nationale à Paris, le mardi 10 février.
Des mouvements de grève ont commencé ça et là lundi sans attendre la décision de la coordination nationale, qui dit représenter près de 80% des 83 universités du pays.
Selon le secrétaire général du Snesup-FSU, Jean Fabbri, de nombreuses universités françaises étaient concernées lundi par le mouvement.
"45% de l'activité d'enseignement est touchée, de la plus petite à la plus grande des universités", a-t-il dit à Reuters par téléphone. "C'est un mouvement extrêmement tonique et très massif des universitaires", a-t-il ajouté.
Les enseignants sont selon lui "révoltés par le mépris qu'affiche la ministre" de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse.
De leur côté, les étudiants ont tenu des assemblées générales dans une quinzaine d'universités, selon l'Unef.
"Le gouvernement doit prendre la mesure de la profondeur des mécontentements qui s'expriment dans les universités et y répondre au plus vite", note le syndicat dans un communiqué.
Des grèves ponctuelles ou reconductibles ont déjà été votées par les assemblées générales de nombreuses universités.
Outre leur opposition grandissante aux réformes qui se multiplient, les universitaires dénoncent un décret visant à modifier le statut des 57.000 enseignants-chercheurs. Ce décret "fait exploser le statut et transforme les présidents d'université en potentats locaux", estime Jean Fabbri.
Deux pétitions lancées récemment ont recueilli selon le Snesup-FSU plus de 25.000 signatures.
Les enseignants-chercheurs protestent en outre contre la suppression de 900 postes prévue en 2009."
C'est maintenant qu'il faut y aller. Parce que c'est maintenant que le rapport de force est en notre faveur. Y aller pour défendre notre statut. Y aller pour défendre notre vision de l'université. Y aller pour laisser au pays et aux enfants de ceux qui étaient à nos côtés le 29 Janvier, pour leur laisser un lieu de libre pensée, un espace de libre critique, un temps dans lequel ... on prend le temps. Y aller. Tout simplement. Et si possible tous ensemble. Maintenant.
Rédigé le 02 fév 2009 à 21:21 dans Métier | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
Le président de l'égo-république et sa ministre de l'encrassement supérieur aiment bien les classements. Et ils se plaisent à nous le répéter, en matière de recherche, la France est mal classée. Très mal classée. Loin derrière les Etats-Unis mais aussi loin derrière le Royaume-Uni. Voilà pour le classement de Shangaï (dont tous les gens sérieux - même de droite - s'accordent aujourd'hui à reconnaître sinon l'inanité, du moins l'inefficience pour un pilotage de la recherche s'il est envisagé isolément).
Oui mais il est figurez-vous d'autres classements dans lesquels la France se retrouve devant les Etats-Unis, devant le Royaume-Uni, devant le célébrissime MIT. Ah ben oui les classements ... tout dépend lesquels on regarde et comment ils sont faits. En l'occurence il s'agit du "Ranking Web of World Repositories" mené depuis plusieurs années par un groupement de laboratoires de recherche espagnols, et qui mesure la "visibilité" des différents dépôts d'archives ouvertes sur la planète.
En voici les résultats :
Vous noterez donc que la France occupe la 3ème et la 6ème place, et que plus globalement les archives ouvertes francophones sont bien représentées grâce à nos amis helvètes (au total 4 places dans le "top 10").
Les crières choisis (correspondant aux 4 colonnes) valent le coup que l'on s'y arrête un instant pour bien comprendre l'enjeu d'un tel classement :
"Size (S). le nombre de pages renvoyées des 4 moteurs de recherche majeurs: Google, Yahoo, Live Search and Exalead.
Visibility (V). The total number of unique external links received (inlinks) by a site can be only confidently obtained from Yahoo Search and Exalead.
Rich Files (R). Seuls les fichiers textes au format Acrobat extraits de Google et Yahoo sont considérés.
Scholar (Sc). En utilisant Google Scholar nous calculons la moyenne entre le nombre total d'articles renvoyés et ceux publiés entre 2001 et 2008 (articles "récents")Les 4 critères sont ensuite recombinés dans une formule où chacun d'entre eux dispose d'un poids différent mais où le ratio 1:1 entre l'activité (critère "size") et l'impact ("visibility") est maintenu."
Alors plutôt que d'entraîner les universitaires vers des "objectifs" dont ils ne veulent pas et qu'ils ne pourront de toute façon jamais atteindre (surtout dans le nouveau cadre de la LRU), c'est à dire un dogme étatique de la "course à la publi" et une autonomie "caporaliste" d'abrutissement comptable, peut-être vaudrait-il mieux soutenir significativement les initiatives du monde des archives ouvertes qui, elles, poursuivent un double objectif qui devrait être prioritairement commun à l'universitaire ET au politique : accroître la visibilité de la recherche française ET faire de cette visibilité un atout dans la construction d'une société de la connaissance et du partage des savoirs.
Rédigé le 02 fév 2009 à 21:15 dans Archives Ouvertes, Google Print/Books, Métier, Open Access | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Google fait une erreur et la totalité du web devient "indésirable".
Le 31 Janvier la totalité des sites internet accessibles depuis le moteur se voient affublés de la mention "ce site risque d'endommager votre ordinateur", mention assortie d'une page d'avertissement supplémentaire avant de pouvoir accéder à n'importe quel site. L'erreur n'aura duré qu'une heure. 55 minutes exactement. L'explication vint dans la foulée de la bouche de Marissa Mayer, sur le blog officiel de Google : pour filtrer les sites présentant des malwares (logiciels "espions"), Google travaille avec le consortium StopBadware. C'est ce consortium qui envoie à Google des listes actualisées avec les sites "dangereux", listes que Google fait ensuite remonter dans son index. Et là vint le bug ou plus exactement l'erreur humaine : quelqu'un mit le signe "/" dans le champ prévu pour lister les sites indésirables. Du coup, la totalité du web indexé par Google ... devînt indésirable.
Comme toute mésaventure touchant le géant, tout le mode s'est fait l'écho de cet événement, du blogueur anonyme jusqu'au New-York Times en passant par le gazouillis planétaire.
Il y a plusieurs manières de regarder ce "bug".
Le regarder comme ce qu'il est. C'est à dire une avarie d'un moteur, avarie d'origine humaine, promptement réparée, sans réel préjudice (les sites internet restaient accessibles depuis les autres moteurs même si la majorité des réactions dont j'ai été le témoin numérique cherchaient plutôt à comprendre "pourquoi" Google se mettait à planter plutôt que d'utiliser spontanément un autre moteur pour leur recherche ...).
Le regarder pour ce qu'il donne à voir. Un internet soudainement "effacé", subitement "inaccessible", soudainement "malveillant", subitement "filtré". Internet, somme d'un nombre considérable d'informations et de connaissances, Internet, silo informationnel aux dimensions à peine inimaginables. Internet inaccessible par une seule petite erreur humaine. Tous les sites du Net subitement devenus "indésirables" ou dangereux. Imaginez un seul instant que du jour au lendemain, tous les livres accessibles dans toutes les bibliothèques deviennent, par l'erreur ou la volonté d'un seul, subitement "indésirables" ... Fantasme ?
Le regarder comme la préfiguration d'un fantasme. Celui que nombre d'auteurs de S-F ont usé jusqu'à la corde. Le fantasme du crash mondial. Du Bug de l'en 2000. De la mémoire du monde (numérique) aussi subitement qu'irrémédiablement effacée, ôtée de "nos" mémoires. Machines hypermnésiques instrumentant ou occasionnant l'amnésie planétaire. Ce n'est probablement pas au hasard que ReadWriteWeb parle à propos de ce bug d'un "Epic fail".
L'erreur de Google doit nous interpeller.
Elle doit nous amener à reconsidérer nos usages. A sortir de la métonymie si pregnante qui a fait de cette partie (Google) la représentation du tout (le web).
Elle doit nous amener à nous pencher sur la double dimension du moteur. Un outil d'accès à l'information qui n'est pas l'information. Mais également de plus en plus, une infrastructure qui contient l'information : data centers, fibre optique, centres de données offshore, informatique distribuée. Le géant aujourd'hui ne se contente plus d'embrasser "la" toile, il fait exister "sa" toile, son réseau, son Internet, Le Googlenet.
Et le risque est là.
Le risque que "ceci tue cela". Que l'Internet aux contenus et aux accès préemptés par quelques grands acteurs de l'internet marchand ne se superpose à l'internet public avant que de le l'absorber et de le supplanter. Le risque pour l'usager de perdre toute lisibilité dans les tentatives, accidentelles ou organisées, de filtrage des accès ou des contenus.
Et l'on reparle de la neutralité du net et de la tendance actuelle au filtrage arbitraire.
Ce débat sur la neutralité nécessaire du Net est déjà ancien. Mais il n'a jamais été autant d'actualité. Piotrr sur Homo-Numericus nous livre une revue de presse parfaitement éclairante et accessoirement assez déprimante ... Revue de presse qu'il vous faudra compléter par la lecture du billet rebond d'André Gunthert, lequel renvoie vers le rapport "Enhancing Child Safety & Online Technologies", rapport final du Internet Safety Technical Task Force (également commenté ici), décembre 2008. Extrait du billet d'André :
Les 3 Internets.
Le choix se pose aujourd'hui en ces termes :
Moralité : prenons garde aux coupures. D'où qu'elles viennent ...
(Voir aussi l'article d'Ecrans sur le sujet. // Temps de rédaction de ce billet : 45 minutes)
Rédigé le 02 fév 2009 à 10:51 dans Ecologie de l'info, Moteurs et autres engins | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)
J'ai dans mon agrégateur une bonne grosse quinzaine de liens vers des billets et textes qui ont tous comme point commun le décret sur la réforme du statut des enseignants chercheurs. Ce que je pense de ce décret est sommairement résumé dans le titre de ce billet. Mais le contenu de ce billet est composé pour moitié au moins de textes et liens pensant le contraire. Ben oui. Ce décret est un gros point épineux de la LRU car tout le monde - y compris moi - s'accorde à reconnaître que la situation actuelle n'est pas entièrement satisfaisante. Pour autant, un certain nombre de personnes (dont moi) pensent que le "nouveau" décret Pécresse sera juste ... pire. Irrémédiablement ... pire.
"Le mieux est l'ennemi du bien".
Figurez-vous que ça tombe bien, parce que le "bien" n'est pas vraiment dans les projets du gouvernement. Donc oui, le décret qu'il nous prépare va être pire. Pire pour une raison simple : la force d'inertie du navire universitaire est telle que si ce décret passe, il sera impossible de revenir dessus. Tout comme il est impossible pour l'actuel chef-de-l'Etat-c'est-moi de revenir sur les 35 heures, si hostile y soit-il. On peut toujours rogner dans les coins, arrondir les angles, "libérer" les heures supplémentaires, mais revenir sur les 35 heures, on ne peut pas. Revenir sur le décret des enseignants-chercheurs s'il est mis en application, c'est pareil, on ne pourra pas.
Alors autant pour expurger mon agrégateur que pour permettre à ceux qui voudraient y voir un peu plus clair de le faire, voici la petite histoire du métier d'enseignant chercheur expliqué à mes enfants, histoire immédiatement suivie de la longue mais instructive chronique du décret Pécresse sur la modulation des services.
192 heures équivalent TP d'enseignement
Première étape : papa est enseignant-chercheur. Il travaille à l'université. Sa charge d'enseignement est fixée à 192 heures "équivalent TP" par an. Ca c'est pour les heures de cours. Mais papa ne travaille pas que 192 heures par an, sinon papa serait un gros fainéant. Parce qu'à l'université, une heure n'est pas égale à une autre heure. Y'a les heures de CM (cours magistraux) qui comptent "plus" d'une heure, et les heures de TD (travaux dirigés) qui comptent "moins" d'une heure. Donc y'a des gens qui n'ont presque que des CM et qui travaillent beaucoup moins que 192 heures (mais en général c'est aussi ceux-là qui aiment bien faire des heures supplémentaires - vu qu'ils ont aussi plus de temps pour le faire ... donc en fait ben ils travaillent "plus"), et ceux (la majorité) qui travaillent beaucoup plus que 192 heures parce qu'ils ont plein de TP et de TD et qui eux, aimeraient souvent travailler "moins" mais qui n'ont pas le temps.
192 heures de recherche ça se trouve mais le ministère continue de chercher.
Là ça se complique. Parce que les 192 heures d'enseignement, tout le monde les fait (plus ou moins). Mais les 192 heures de recherche, ben ... le ministère actuel nous explique que y'a plein de planqués qui les font pas, de mon côté j'aurai plus tendance à considérer qu'une majorité les effectue (j'ai dit "une majorité", j'ai pas dit "tout le monde"), mais que effectivement c'est plus difficile à contrôler et à compter. Or le ministère n'aime pas, mais alors pas du tout, ce qui est difficile à compter. Plus globalement le ministère n'aime pas quand on compte différemment que lui (exemple, autre exemple, et encore un autre).
192 heures de plus ...
Bien sur papa ne fait pas que de la recherche et de l'enseignement, il fait aussi tout ce qui lui permet de faire de l'enseignement et de la recherche : corriger des copies, préparer des cours, lire des articles, participer à des jurys de thèse, organiser des soutenances, et plein d'autres choses encore, bref, la routine.
Et puis aussi parfois 192 heures de trop ...
Toute organisation humaine a un besoin vital d'organisation. La clé de cette organisation ce sont ces personnels "techniques", "administratifs". Depuis des années l'état malmène ces personnels. Depuis des années l'état ne crée plus de postes pour ces personnels. Alors depuis des années les enseignants-chercheurs récupèrent une partie des tâches administratives qui ne peuvent plus être traitées par les personnels "administratifs", faute de suffisamment de personnels administratifs ... Donc on fait du secrétariat, on gère des emplois du temps, on monte des dossiers, on règle des problèmes d'intendance en perdant un nombre significatif d'heures en réunion pour régler lesdits problèmes d'intendance. Bref en plus de la recherche, de l'enseignement, des tâches administratives y'a aussi tout le reste, tout ce qui fait que comme ni'mporte quel agent de la fonction publique, un enseignant-chercheur travaille statutairement 1607 heures par an.
Oui bon ben oh ! C'est pas la mine non plus.
Oh non bien sûr c'est pas la mine. Quand on regarde ailleurs cela pourrait même ressembler à un petit coin de paradis. Mais pour bosser au paradis papa s'est cogné 8 ans d'études et au paradis aujourd'hui papa gagne 1800 euros nets par mois, et non, papa n'a pas honte. Pas honte d'avoir du temps pour regarder ses gosses grandir. Pas honte de ne pas "fabriquer des trucs", pas honte de ne pas s'inscrire dans une "logique de rendement". Pas honte de ne pas avoir à subir les brimades du moindre chefaillon, pas honte de n'avoir pas de petit caporal en permanence accroché à ses basques et en train de lui demander des comptes.
Ca y est ?
Ca y est. Vous avez en gros compris quel était le métier de papa. Bon alors en route pour le feuilleton de la modulation de service.
La modulation de service en 10 non 13 non 18 un certain nombre de dates ...
Et puis vînt le 29 Janvier. Et le 29 Janvier, tout le monde le reconnaît, la communauté universitaire s'est mobilisée, comme jamais elle ne l'avait encore fait.
La modulation de service y'a des "pour" et y'a des "contre. Et dans Banga y'a de l'eau.
Le coup de la charte.
Haro sur la LRU. La lente démolition de la recherche publique entamée par la LRU continue. Chaque nouveau décret de cette loi cadre est soit une atteinte aux statuts des personnels, soit un recul des instances démocratiques universitaires (souvenez-vous du décret sur les "comités de sélection", dénoncé dans ce billet du 15 Janvier 2008), soit les deux :-( A grands coups de pseudo-milliards et derrière le masque pourtant si fragile d'un asservissement à d'autres idéaux habilement travestis sous le vocable "d'autonomie", c'est la définition même de l'université républicaine qui est en passe de céder.
Si nous ne nous réveillons pas ... Si nous ne nous réveillons pas aujourd'hui, si, dans l'urgence, nous ne faisons pas échec au projet de modulation de services et à la masterisation à la hussarde des concours d'enseignement, si nous ne le faisons pas en gardant à l'esprit que plus que ces deux décrets emblématiques c'est toute la logique de la LRU et de l'université comme "agence de moyen" qu'il faut combattre ... Il est plus que probable que demain, "toute honte bue", quand de la colère il ne nous restera plus en bouche que le goût si marqué de l'amertume, nous nous retrouvions à faire le triste inventaire de ce qui eût un temps l'ambition d'être l'université de tous les savoirs, et pas uniquement de ceux qu'on jugera bon de nous faire pointer comme étant les plus rentables.
La science ne connaît qu'une loi. Parce qu'il faut bien conclure ... laissons la parole à Brecht :
====================================================
Annexes pour s'y retrouver : les différentes versions du décret :
====================================================
(Sources : syndicales, professionnelles, amicales et inamicales // Temps de rédaction de ce billet : 5 heures)
Rédigé le 01 fév 2009 à 22:18 dans Métier | Lien permanent | Commentaires (28) | TrackBack (0)
| Le blog d'un maître de conférences en sciences de l'information. Réflexions, analyses, signalements, opinions.
"Where is the Life we have lost in living? Where is the information we have lost in Google ? |
| Postes McF 71ème section sur Galaxie |
Tous les contenus de ce blog sont sous licence Creative Commons. Vous pouvez donc les reproduire, les distribuer ou les communiquer à condition :
|
|
| Identité numérique et e-reputation : DÉCOUVRIR ET COMMANDER L'OUVRAGE |
| Enseignant-chercheur en colère contre la LRU : les présidents d'université ne parlent pas en notre nom ! Pour une université collégiale et indépendante des pouvoirs, agissons : Sauvons la recherche ! et Sauvons l'université ! |
Les commentaires récents