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22 jan 2009

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Voici les sites qui parlent de Les 8 milliards de Nicolas pour la recherche (le feu aux poudres - épisode 4) :

Commentaires

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laurentN

La clef du discours est peut être dans le très drôle "nous tenons des promesses que nous n'avons pas faites !..."

kelux

Ma modeste contibution en réponse à la prose présidentielle :

« C'est consternant mais ce sera la première fois qu'une telle évaluation sera conduite dans nos universités. (...) S'il n'y a pas d'évaluation, il n'y a pas de performance. »
Donc d'après lui : pas d'évaluation => pas de performance.
Or, toujours d'après lui, on n'est pas évalué
Donc ... les chercheurs sont des quiches. Ça commence fort !

« La recherche sans évaluation, cela pose un problème. »
Et le reviewing par les pairs, c'est du poulet rôti ?
Et les dossiers à monter pour avoir des financements c'est du pâté en croûte ?
Et les dossiers pour les primes et promotions c'est du pipeau ?
...

« Quant aux dépenses de recherche et développement, elles ont commencé à remonter à 2,16 % du PIB en 2008 après avoir chuté jusqu'à 2,12 % en 2007. »
Alors que le PIB a moins augmenté que prévu, les dépenses de R&D ont augmenté de _seulement_ 0.04 point.
Pas de souci pour atteindre son objectif de 3% du PIB en 2012 !


« Le Crédit Impôt Recherche (...) système fiscal en faveur de la recherche le plus attractif au monde, au monde. »
Quand l'idée vient de lui (augmenter le CIR) et qu'on est les seuls au monde à le faire, c'est formidable.
Quand l'idée le dérange et qu'on est les seuls au monde à le faire, ça veut dire qu'il faut se remettre en question... (par exemple « Nulle part dans les grands pays, sauf chez nous, on n'observe que des organismes de recherche sont à la fois opérateurs et agences de moyens à la fois, acteurs et évaluateurs de leur propre action. » ou encore « Il n'y a pas un seul exemple à travers le monde, de grandes universités qui ne soient autonomes. »)

Pour rappel « S'il n'y a pas d'évaluation, il n'y a pas de performance » , le CIR n'est pas évalué...

« Certes nos meilleurs chercheurs obtiennent des récompenses prestigieuses : un prix Nobel et un prix Turing l'année dernière, deux prix Nobel cette année. Nous avons des domaines d'excellence reconnus et enviés dans le monde entier, mathématiques, physique et aux sciences de l'ingénieur. Mais ces admirables chercheurs et ces points forts - j'ose le dire - ne sont-ils pas l'arbre qui cache la forêt ? Ne servent-ils pas parfois d'alibi aux conservateurs de tous poils »
Donc en gros à part 4-5 gars qui valent le coût, les autres sont des tocards.
On a quand même un certain nombre de domaines d'excellence et ce malgré le fait "qu'il n'y a pas d'évaluation", qu'on soit dans un système "infantilisant, paralysant pour la créativité et l'innovation" et malgré les agences, instituts, organismes qui "diluent les moyens, les responsabilités, tirent chacun à hue et à dia, et gaspillent temps et argent".
Bref, je suis perdu, alors on est bons ou on est des tocards ?

« Nous restons largement derrière l'Allemagne et la Grande Bretagne pour ce qui est de la part des publications scientifiques françaises dans le monde, - je ne parle pas bien sûr des États-Unis, du Japon et maintenant de la Chine, qui prend son envol. »
L'Allemagne, les É-U et le Japon dépensent plus en R&D que nous... pas la GB c'est vrai.
Le nombre supérieur de publications peut être dû à la façon de les compter. Par exemple ISI qui s'intéresse principalement aux publications anglophones. Or en droit ou sciences humaines, les recherches concernent plutôt la France et sont donc plutôt publiées en français et donc non décomptées par ISI.

« Un chercheur français publie de 30 à 50% en moins qu'un chercheur britannique dans certains secteurs. »
Ma main à couper que, si c'est vrai, c'est dans les domaines que je viens de citer.
Au passage c'est toujours facile de sortir le point où on est moins bon et de le mettre en exergue après avoir plus ou moins ignoré les "domaines d'excellence".

« La valorisation et les transferts de technologie de la recherche vers les entreprises donnent en France (...) des résultats médiocres »
Ah ? Le Crédit impôt recherche ne fonctionne pas ?

« C'est en France que la part du privé dans le financement de la recherche est, de loin, la plus faible de tous les pays comparables et tenez-vous bien cela s'aggrave car ces dernières années cela à tendance à diminuer. »
Pendant que le CIR a augmenté... de là à dire que ça ne marche vraiment pas...

« Nous avons poussé les incitations fiscales au maximum avec le crédit impôt recherche à 30%. C'était nécessaire, mais il faut aller plus loin pour susciter une recherche privée de qualité »
Ah ... conclusion bizarre. Les dépenses de recherche diminuent, alors qu'on a augmenté le CIR mais faut continuer à l'augmenter. D'après lui "Il n'y a aucun domaine où on vous dit on a trop de moyens", si si : le CIR.

« C'est dans les pays où les financements privés de la recherche sont les plus importants que les prix Nobel sont les plus nombreux et la recherche fondamentale la plus féconde »
En temps de crise, il serait intéressant de savoir ce que deviennent ces financements...
Et si on prend l'université de Berkeley, plus de 50% de son budget vient de l'état de Californie ou de l'état fédéral, ça représente plus de 800 millions de $ (on est loin d'avoir un financement public aussi élevé pour une université !).

« le prix Nobel Albert Fert, symbole du mariage même de la recherche fondamentale du plus haut niveau et de l'innovation la plus performante. »
Le même Albert Fert qui avait déclaré qu'avec une politique de financements sur projets (comme c'est le cas de plus en plus), il aurait pu s'asseoir sur ses recherches sur la magnéto-résistance géante (il l'avait évidemment mieux dit !).

« Le risque n'est pas dans le mouvement dès lors que les réformes sont cohérentes et s'articulent autour d'une stratégie. Le risque est dans l'immobilisme. »
Quand la stratégie c'est la privatisation des services publics à tout prix (hôpital, universités, Poste, enseignement bientôt ?), c'est bien un risque.

« D'ailleurs c'est amusant, ceux qui me disent "cela va trop vite, il faut arrêter" ne contestent pas qu'il y ait des problèmes. »
Ce n'est pas « cela va trop vite, il faut arrêter » mais « c'est n'importe quoi, il faut arrêter » ou éventuellement « et si on réfléchissait, avant ? ».
Ce n'est pas parce qu'il y a un problème que toute solution est bonne à prendre...


« Publication des résultats, fuite de nos meilleurs chercheurs, fuite des cerveaux. »
C'est pas en supprimant des postes à l'université, au CNRS et des postes de post-docs qu'on va arrêter la fuite...

« Et personne ne peut dire que l'on fait cette réforme pour faire des économies puisque nous mettons de l'argent en plus »
L'argent en plus c'est du vent (compétences transférées de l'État aux universités, par exemple).
Et si la suppression des postes (évoquée au dessus) c'est pas pour faire des économies faut m'expliquer à quoi ça sert alors.

olivierertzscheid

Laurent> Oui ...
Kelux> Merci de cette analyse. Le "discours du chef" vaudrait effectivement la peine d'être décortiqué en détail en y apportant un contre-argumentaire détaillé. Merci d'avoir commencé à le faire.

Sabine

Merci pour cet article, et merci kelux pour cette analyse point par point du discours de Sarkozy que j'ai trouvé très éprouvant à écouter pour ma part. Je crois que Sauvons La Recherche prépare aussi une réponse point par point à ce discours, consultez régulièrement leur site.
Pour ceux qui ne veulent pas se fader d'écouter Sarkozy, je voulais vous signaler un succédané, cet article d'Annie Kahn publié dans Le Monde, dans lequel on voit comment le travail journalistique peut devenir propagande complaisante: http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/01/23/des-pistes-pour-valoriser-la-recherche-francaise_1145536_3244.html#ens_id=1145216

olivierertzscheid

Sabine>Merci pour le lien vers cet article du monde qui est effectivement d'une rare complaisance : aucune distance critique, reprise des arguments d'un seul camp, bref, "La voix de son maître."

Iproniazide

Je ne suis pas chercheur mais je tiens à vous dire mon entier soutien. Voir un analphabète comme Sarkozy venir faire la leçon aux scientifiques (il avait procédé de la même manière il y a peu avec les psychiatres, voir son discours à l'hôpital d'Antony en décembre dernier) sans laisser à ceux-ci le moindre droit de réponse, cela m'accable... Avec à la clé les mensonges et l'argumentaire à deux sous habituels. Et la position de pouvoir qui semble donner tous les droits, à commencer par celui du monopole de la parole - parole qui seule relayée par des médias complaisants devient dans l'espace public vérité attestée. Qu'est devenu ce pays pour qu'il laisse ainsi des rustres, selon leur bon plaisir, maltraiter injustement son élite?

Cyrille

Merci beaucoup pour votre billet très intéressant. J'ai décidé d’en faire sa retranscription en vidéo, permettant de bien mettre en parallèle l’addition des chiffres et les extraits du discours de Nicolas Sarkozy duquel ils sont tirés.
La vidéo se trouve ici : http://jepenseoujesubis.free.fr/index.php/2009/01/27/financement-des-universites-argent-reel/

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Ertzscheid, Olivier (date de publication du billet). “Titre du billet”. Affordance.info [carnet de recherche]. ISSN 2260-1856. Date de consultation. http://affordance.typepad.com/adresse-du-billet.html

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