Pris ! La main dans le sac moteur.
(Via Wischnik)
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Pris ! La main dans le sac moteur.
(Via Wischnik)
Rédigé le 31 jan 2009 à 21:07 dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
D'abord un peu de lecture.
Et puis un peu d'exercice.
Bonne journée :-)
Rédigé le 28 jan 2009 à 23:48 dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Tel est le titre de l'appel à témoignage publié dans le journal Le Monde avec le texte suivant :
Bref, vous me connaissez, comme faux-témoin je me pose là. J'ai donc témoigné en envoyant ça (contrainte : 1500 caractères).
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8h30. IUT de province. Arrivée au bureau, pas de cours aujourd'hui. Chercheur. Coup de fil à deux collègues pour boucler deux articles dans des revues "de rang A". Penser à sa carrière. Evaluation. Puis 2 heures de travail sur lesdits articles. Reste une heure avant la pause, l'occasion de mettre en ligne son cours sur la pateforme de formation à distance de l'université. Enseignant. Pause déjeuner. L'occasion d'une mini-réunion de labo. Chercheur. 13h. Retour au bureau. Convocation d'étudiants de 1ère année pour "absences injustifiées". Chercheur, mais aussi un peu conseiller principal d'éducation. Dans la foulée, gestion des emplois du temps des collègues du département. Tâche très lourde et très prenante en temps. Mais il faut bien pallier les carences en personnel administratif. Chercheur, mais aussi secrétaire, directeur des études. 15h30. Coups de téléphone aux entreprises qui accueillent ses étudiants en stage. Puis visite sur place pour deux d'entre eux, pour voir si tout se passe bien, pour faire connaître notre formation. Chercheur mais aussi VRP. 17h, retour à l'IUT pour une réunion de jury de passage. Les "conseils de classe de l'université". 18h. Fin de journée. Demain même chose, avec un peu moins de tâches administratives, un peu plus de cours "en présentiel". 21h30. Les enfants sont couchés. La deuxième journée commence : répondre aux mails de ses étudiants, avancer sur ses articles, préparer cours et TP, corriger des copies. Pas eu le temps dans la journée.
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Ecrit tel quel c'est vrai disons à 95% (je ne fais pas tout ça tous les jours et toujours dans cet ordre, je ne suis pas directeur des études, je m'occupe juste de l'emploi du temps d'une formation, occupation suffisant largement à me convaincre de tout mettre en oeuvre pour ne JAMAIS devenir directeur des études ... bénis soient-ils). Je me suis juste planté dans le titre. J'ai appelé ça "Une journée à l'université". Je voulais appeler ça : Le mépris.
(Temps de rédaction de ce billet : 15 minutes)
Rédigé le 26 jan 2009 à 22:38 dans Métier | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
Il n'aura pas échappé à votre perspicacité que le rythme de publication d'Affordance est singulièrement en baisse.
La raison en est simple : je n'ai jamais autant bloggué. Si si. J'vous jure. Mais il y a un truc. Le truc c'est que je n'ai pas qu'Affordance comme blog. Et l'autre jour m'est venue l'idée saugrenue de me demander combien de rogntudjuuu d'autres blogs je maintenais ou contribuais à maintenir.
En voici donc une liste qui n'aura pour vous, j'en conviens, aucun intérêt, sinon d'attester que je suis un bloggueur compulsif et pour moi, dans un autre billet peut-être, de tenter d'en sonder les raisons ...
Soit en tout, et en ne considérant que les blogs pour lesquels je suis le seul et unique rédacteur, une grosse quinzaine de blogs, principalement associatifs ou universitaires, aux rythmes de publications sensiblements différents ... + Affordance.
Moralité 1 :
Tous mes blogs ou les blogs que je crée le sont avec la plateforme Wordpress ... sauf Affordance. Moralité 2 :
J'ai un peu du mal avec le mot de trois lettres servant usuellement à exprimer le refus ou la négation mais je me soigne.
Moralité 3 :
Y'a des jours ou je passe autant de temps à me délogguer/relogguer qu'à blogguer et y'a le jour ou je vais finir par vous parler sur Affordance de la dernière compétition de Yoseikan Budo à Saint-Florent des bois, à moins que je ne me mette à blogguer là-bas sur les relations entre web implicite et dérive des continents documentaires, ce qui retarderait probablement d'autant l'obtention de ma ceinture noire (prévue pour dans 10 ans) et la crédibilité difficilement acquise dans la moiteur des vestiaires. Bref si quelqu'un connaît le widget et/ou plug-in et/ou logiciel qui permet de gérer les couples login/password de manière simple, qu'il soit ici remercié et n'hésite (surtout pas) à me faire signe en commentaire.
Moralité 4 :
Ce billet ne va en rien me permettre d'avancer sur les 719 messages qui attendent patiemment dans ma boîte mail d'être bloggués (ah oui, un jour faudra aussi que je vous raconte comment je bloggue ou comment je veille, ce qui est pour moi exactement la même chose)
Moralité 5 :
Manquerait plus que je me mette à trouver un intérêt à touitteureu ou que je redevienne addict à Face de bouc ...
Moralité 6 : Temps de rédaction de ce billet perdu à rédiger un truc inutile au lieu de bloguer utile : 1h
Rédigé le 26 jan 2009 à 22:04 dans Cuisine interne | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Le facteur d'impact. Le vrai. Le vôtre.
(Via PhD Comics)
Rédigé le 24 jan 2009 à 21:02 dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Un type formidable ...
Nicolas Sarkozy. Ce type est formidable. Si si. Vraiment formidable. Et je vais vous le prouver. Partout dans le monde c'est la crise. Et pas simplement "la crise", mais bien "LA" crise, "THE" crise. Une bonne vieille grosse crise du système capitaliste. Alors forcément, l'état met la main à la poche (profonde la poche) pour en sortir des centaines de millions d'euros pour revitaliser les banques, banques qui elles, ont les deux mains sur la gorge (profonde ... la gorge). Les banques, ces fameuses et indispensables banques, rouages essentiels sans lesquels vous l'aurez compris, en plus d'être la crise ce serait le bordel. Et ça c'est hors de question. "La crise oui, la chienlit non."
Et bin figurez-vous que c'est là que Nicolas Sarkozy est vraiment fort (ou vraiment riche ...). Parce qu'en plus de trouver des centaines de milliards d'euros pour les banques, et ben figurez-vous qu'il va en trouver presque autant pour l'enseignement supérieur et la recherche. C'est plus un président, c'est même plus un hyper-président, c'est carrément la corne d'abondance. Alors voyons un peu tout cela dans le détail.
Le détail c'est la vidéo officielle diffusée officiellement sur le site Corned'abondance.fr à l'occasion du discours de lancement du comité chargé d'élaborer une "stratégie nationale de la recherche et de l'innovation". Tout un programme.
"Un discours ! Un discours !"
De ce discours on apprend ...
Bon. Et maintenant les comptes :
1 326 000 000 (argent pour les étudiants)
+ plusieurs centaines de millions d'euros (pour les 10 projets retenus)
+ 750 000 000 (investissement)
+ 5 000 000 000 (plan campus)
+ 250 000 000 (revalorisation)
+ 800 000 000 (revalorisation fonction publique)
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= 8 126 000 000.
8 milliards et 126 millions d'euros (et encore je vous ai fait cadeau des "plusieurs centaines de millions d'euros vu que je savais pas combien en mettre ... mais on doit pas être loin des 9 milliards ...)".
8 milliards rien que pour nous. Rien que pour les universités. Champagne. Il est comme ça Nicolas : donnez-lui une crise mondiale et un quart-d'heure, et hophophop, il vous trouve 8 milliards d'euros pour l'université. Bizarrement, les pauvres tâcherons incultes qui dirigent les universités ne trouvent pas les mêmes chiffres ... mais qu'importe. Ils passent également moins bien à la télé.
Voilà pour la moitié du discours. L'autre moitié se décompose entre :
A suivre ... Le feu au poudre - épisode 5 : bientôt le 2 Février 2008 sur vos écrans dans vos universités.
<Update du surlendemain> Voir la réaction toute en sobriété du collectif Sauvons la Recherche :
"Nicolas Sarkozy, comme à son habitude, fonde son projet sur un diagnostic totalement mensonger qu’il habille des atours de l’évidence. La France nous dit-il, serait à la traîne en matière de recherche et d’enseignement supérieur et ce, en dépit des sommes formidables qui lui seraient consacrées. La raison de cet échec tiendrait à la vétusté de ses institutions et au conservatisme de ses personnels installés dans le confort de la fonction publique. Faut-il rappeler une fois encore que la France occupe une place tout à fait honorable dans la recherche internationale, notamment au regard des faibles moyens qui lui sont consacrés ? (sur ce point voir Le budget de de l’enseignement supérieur et de la recherche raconté à Sarkozy chapitre 9). Faut-il rappeler que l’université a vu en une génération ses effectifs doubler, sans que les moyens ne suivent, ce qui n’a pu se faire sans une certaine capacité d’adaptation de ses structures et de ses personnels ? (...) A un moment où les universités sont en ébullition du fait de la mise en place des réformes liées à la loi LRU (réforme des statuts des enseignants-chercheurs, mastérisation) le Président de la République se propose donc d’ouvrir un autre front en annonçant la disparition programmée d’un système de recherche qui a offert au pays une bonne partie de ses succès industriels, d’un système d’enseignement supérieur qui a contribué à une forme d’égalité républicaine. Face à cette nouvelle provocation d’un Président qui annonce avec un plaisir presque gourmand son intention d’en découdre, il ne faut pas en douter : nous saurons répondre présents et nous montrer à la hauteur de ses espérances dans nos réponses à sa volonté de mise en coupe de notre système d’enseignement supérieur et de recherche."
<Update de je sais pas combien de jours plus tard>
LA réponse de Sauvons la Recherche. Point par point.
</Update>
(Source : Merci à une collègue pour le lien vers l'article de Sylvestre Huet // Temps de rédaction de ce billet : 2h00)
Rédigé le 22 jan 2009 à 23:10 dans Métier | Lien permanent | Commentaires (7) | TrackBack (0)
Le 22 Janvier c'est la journée de mobilisation des IUT.
Mais c'est aussi penser "à demain" :
Coordination Nationale des Universités (22/01/08) :
Adresse : Centre Saint Charles. 47/53 rue des bergers (Paris 15e - Métro : Lourmel, Charles Michels)
La Coordination
Nationale des Universités est réunie à l’initiative de la coordination
de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Elle rassemble des collègues
non syndiqués, ainsi que des représentants de l’UNSA, la CGT, le FSU,
le SGEN-CFDT, l’UNEF, et SUD. Les représentants nationaux de la plupart
des syndicats seront présents.
Elle rassemble au 21 janvier, à 18h, quarante-huit représentations :
UNIVERSITÉS (40)
Université de Bordeaux / Université de Bourgogne / Université de Caen / Université d’Evry / Université de Franche-comté / Université du Havre / Université de Lille 1 / Université de Lille 2 / Université de Lyon 1
Université de Lyon 1 / Université de Lyon 3 / Université Paris 1 / Université Paris 3 / Université Paris 4 / Université Paris 5 / Université Paris 6 / Université Paris 7 / Université Paris 8 / Université Paris 11 / Université Paris 12 / Université Paris 13 / Université de Paris Ouest Nanterre / Université du Maine (le Mans) / Université de Marne-la-Vallée Paris-Est / Université Montpellier 3 / Université d’Orléans / Université de Picardie / Université de Poitiers / Université de Toulouse 1 / Université de Toulouse 2 / Université de Toulouse 3 / Université de Tours / Université de Rennes 1 / Université de Rennes 2 / Université de Reims / Université de Rouen / Université de Saint-Étienne / Université de Strasbourg / Université Versailles St Quentin / EHESS
ASSOCIATIONS (6)
Qualité de la Science Française (QSF) ( Sous réserve) / Collectif des enseignants précaires
Défense de l’université (majoritairement juristes) / SAGES (PRAG, professeurs ENSAM et PRCE)
Sauvons l’Université (SLU) / Sauvons la Recherche (SLR)
SOCIETES SAVANTES (2)
Société Française de Littérature Générale et Comparée (SFLGC) / Sociétés Française des Seiziémistes (SFDES)
Plusieurs membres du CNU assisteront à la Coordination Nationale des Universités
(Merci à Facebook et à Fabula pour l'info)
Rédigé le 21 jan 2009 à 23:52 dans Métier | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
C'est peu dire que tout bouge actuellement beaucoup à tous les niveaux de ce que l'on appelle parfois pudiquement le "service public d'éducation". De la maternelle (ou les "enseignants-changeurs de couches et organisateurs de siestes" ont reçu les excuses de leur ministre) au primaire (où les enseignants de fin de cycle 2 et 3 sont de plus en plus nombreux à refuser de faire remonter au ministère le bilan des "nouvelles" évaluations destinées à mettre les écoles en concurrence), dans les lycées et collèges (où les lycéens ont eu très momentanément gain de cause), dans les IUT bien sûr, et plus récemment donc à l'université (cf le précédent épisode du "feu aux poudres"). Alors à observer tout cela bouger, se remuer on se dit que cela finira bien par amener des résultats ... Et puis il y a des signaux faibles. Dernier en date desdits signaux, c'est l'ABF, l'association des bibliothécaires de France, qui prend son tour de ras-le-bol. Et croyez-moi (ils me pardonneront ici mes ci-dessous taquineries en sachant le respect que j'ai pour ce corps de métier à la si certaine mais souvent si mal reconnue nécessité), croyez-moi disais-je, quand l'ABF sort de ses gonds, quand l'ABF prend la plume pour écrire un courier à Valérie Pécresse pour s'alarmer de la disparition programmée de la "sous-direction des bibliothèques", c'est le signal de l'insurrection, de la lutte finale, la promesse que le bras vengeur et armé de la populace va bientôt s'abattre avec fracas sur le crâne sonnant creux de ces élites alitées à nos frais. Quand l'ABF entre en lutte c'est un peu comme quand le PSG marque un but : le sentiment de l'erreur d'appréciation arbitrale le dispute longtemps à l'étonnement face à l'improbable. Et l'on se dit que tout peut repartir sur de nouvelles bases.
Allez, fi de ces taquineries (j'ai besoin de me détendre entre deux AG), plus sérieusement, une (toute) petite revue de liens sur les billets et articles qui ont marqué mon attention ces derniers temps dans le cadre du démantèlement systématique de tous les fondements d'un enseignement laïque et simplement républicain.
Alors bien sût tout cela est brouillon, alors bien sûr tout cela est confus, alors bien sûr tout cela illustre parfaitement la stratégie connue d'un gouvernement qui se complaît à allumer toujours davantage de feux qu'ils ne pourra en éteindre en misant sur l'impossibilité de lutter en contre-feux de manière coordonnée sur tous les fronts simultanément, alors bien sûr les actions de contestation symboliques se superposent avec des actions plus classiques et d'autres plus radicales. Mais Madame la Ministre, mais Monsieur le Président, je vous le dis ce soir, il y a des signes qui ne trompent pas : en ce moment le PSG a la gagne, et vous avez sur votre bureau un courier de l'ABF. Y va y'avoir du sport.
(Temps de rédaction de ce billet : 2h05 // spéciale dédicace au vainqueur de l'appel d'offre ministériel : le champ lexical de ce billet va beaucoup vous plaire :-)
Rédigé le 20 jan 2009 à 23:10 dans Métier | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Obama donc. Inutile je pense d'ajouter quoi que ce soit, ma modeste contribution à l'Obamania consistera juste vous signaler ces quelques liens :
<Update de 10 minutes plus tard>
Lire également le billet de Vagabondages qui signale, entre autre, que "le site
entier de la maison blanche est maintenant sous licence Creative Commons".
</Update>
Rédigé le 20 jan 2009 à 22:09 dans Folksonomies, Social Bookmarking, Glocalisation, Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Anniversaire Wikipédien.
On fêtait il y a peu le dixième anniversaire du dernier des mohicans annuaires et celui du premier des moteurs. C'est aujourd'hui (enfin le 15 Janvier exactement) le 8ème anniversaire de l'un des trois piliers de notre révolution cognitive, j'ai nommé, Wikipédia. Wikipédia aujourd'hui c'est 265 langues et plus de 10 millions d'articles.
Un anniversaire et des projets plein sa besace dont ReadWriteWeb nous révèle l'essentiel :
Le mois prochain ce sont les licences creative commons qui fêteront leurs 6 ans. Une autre evidence. A force de simplicité. L'occasion également de rendre hommage à de glorieux aînés.
Pendant ce temps, Knol publie son 100 millième article knol (voir par exemple le billet d'Actulligence sur le sujet)
(Temps de rédaction de cet article : 1 heure)
Rédigé le 19 jan 2009 à 22:52 dans Ecologie de l'info, Open Access, Wikipedia | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Je voudrais partager avec vous deux lectures. Sans commentaire. Sans analyse. Parce que ces deux lectures là se suffisent à elles-mêmes.
La première est celle de la vie privée de Marc L., publiée par l'excellente revue "Le Tigre".
La seconde est celle intitulée, "J'ai oublié de ne pas me souvenir", publiée par le tout aussi excellent site Anticipedia.
Commencez par lire ces deux textes. Puis replongez-vous dans le texte de J.L. Borges, "Funes ou la mémoire." On peut y lire ceci : "J’ai à moi seul plus de souvenirs que n’en
peuvent avoir eu tous les hommes depuis que le monde est monde.
Mes rêves sont comme votre veille. Ma mémoire,
monsieur, est comme un tas d’ordure. (...) Il avait appris sans effort l’anglais, le
français, le portugais, le latin. Je soupçonne
cependant qu’il n’était pas très capable de penser.
Penser c’est oublier des différences, c’est
généraliser, abstraire. Dans le monde
surchargé de Funes il n’y avait que des détails,
presque immédiats." Fictions –
Funes ou la mémoire – Traduction P. Verdevoye ;
Folio.
Rédigé le 18 jan 2009 à 22:28 dans Ecologie de l'info | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Quelques infos et commentaires un peu en vrac autour de l'ogre préféré ...
Des photos et des hommes ...
Google a mis depuis quelques temps en ligne l'intégrale des photos du magazine Life, y compris les clichés non publiés par le célèbre magazine. Un appétit insatiable, un fonds documentaire qui semble inépuisable et ... un mur de fortification du "GoogleNet" qui se construit pierre après pierre. Lesdites photos par exemple ne sont pas indexables par d'autres moteurs de recherche comme le signale Philip Lenssen. On pourra m'objecter que puisque les frais incombent à Google et que l'initiative de la mise en ligne lui revient, il n'est pas aberrant que celui-ci s'arroge certains droits. Sauf que. Sauf que ces photos relèvent d'une dimension clairement patrimoniale. Elles sont un bien commun. Et à ne pas y prendre garde, en ce domaine documentaire comme en d'autres, on risque de se retrouver avec un acteur privé en situation de diffusion et d'exploitation exclusive de tout un tas de biens communs de l'humanité. On constatera que c'est dommage. Mais il sera déjà trop tard. Il existe pourtant bien d'autres approches ... Mais encore faut-il que les bibliothèques pourvoyeuses aient les moyens d'en être à l'initiative ...
"Rendre l'information universellement accessible" ... et après ?
Ce mur infranchissable aux autres (moteurs) que Google est progressivement en train de bâtir autour de son corpus, de "son" web, est symptomatique d'un renversement dans la philosophie l'idéologie de la marque, ou à tout le moins d'un retour à un principe de réalité comptable. Renversement déjà remarqué par plusieurs analystes. Je crois que le temps du "tout service, tout gratuit" chez Google sera bientôt révolu. Plus globalement, je crois également que le gimmick "rendre l'information universellement accessible" sera prochainement remplacé par un autre. Jusqu'ici Google ne nous avait pas habitué à préserver un pré carré de manière aussi ostentatoire. Attitude d'autant plus étrange que l'on ne peut pas dire que la concurrence motorisée soit à son apogée. Alors quoi me direz-vous ? La faute à la crise ? Je ne pense pas. Je pense que Google à atteint (ou n'est pas loin d'atteindre) "son" objectif : rassembler en une même sphère d'indexabilité des documents, des informations, des biens communs et patrimoniaux de l'humanité, mais également des comportements, des intentions de navigation, de l'intime (cf ma presque mondialement célèbre "théorie de la dérive des continents documentaires"). "Organiser l'information et la rendre universellement accessible". L'information EST organisée. Les dépêches de l'AFP sont estampillées "Hosted by Google", les photos de Life ne sont consultable QUE dans Google, nos emails personnels sont scannés mot après mot par Google pour pouvoir nous afficher des publicités contextuelles, dans les fables d'Esope on peut désormais lire "Le filigrane Google contenu dans
chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre
projet et leur permettre d’accéder à davantage de documents par
l’intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le
supprimez en aucun cas." L'information EST organisée. Elle est effectivement universellement accessible. Universellement accessible par chacun d'entre nous SUR les serveurs de Google. SUR le GoogleNet.
La recherche est le centre et les services la périphérie. Mais faut se recentrer.
Maigre rayon de soleil dans cet horizon sombrement Googlien, le même Google annonce l'abandon de son projet Palimpsest (voir ici, là ou là) dont l'ambition était tout simplement de permettre aux scientifiques du monde entier de stocker gratuitement leurs données volumineuses sur les serveurs de Google, en les rendant du même coup partageables et accessibles pour les autres scientifiques du monde entier ... et accessoirement pour Google. Vous avez dit "bien commun" ?
L'abandon de ce projet n'est d'ailleurs pas isolé. Le moteur "dont le centre est partout et la circonférence nulle part", une formule qui fut à l'époque l'une des clés pour comprendre la stratégie d'entrisme de Google, semble avoir besoin de se repossitionner "autour de" ses services centraux au prix d'un nettoyage des services périphériques. Après Lively et Palimpsest, ce sont Google Video, Google Mashup Editor, Google Notebook, Google Catalogs (service qui eut son importance pour le développement de Google Book Search), Dodgeball et Jaiku qui sont abandonnés ou arrêtés par Google (voir à ce sujet les billets de Zorgloob, Francis Pisani, Philipp Lenssen ...). Google se recentre donc autour de la recherche, et en particulier de la recherche "universelle" (voir le White Paper signalé par Steven Arnold), nouvelle clé de voûte de son écosystème de services.
A quelque crise malheur est bon ...
La crise économique boursière n'est certainement pas étrangère au recentrage de l'ogre de Mountain View. Mais je crois qu'elle n'en est pas la cause profonde, elle n'en est que le déclencheur structurel. "L'occasion" de passer, en 2009, à une nouvelle étape de déploiement, peut-être à une nouvelle stratégie. Il n'est d'ailleurs pas innocent que l'on voir récemment refleurir la rumeur du Google Drive (souvenez-vous), un espace de stockage "personnel", en ligne. L'information EST organisée. L'information est universellement accessible SUR les serveurs de Google. Particuliers, entreprises mais aussi institutions et demain peut-être états s'y retrouvent. En 10 ans, les habitudes sont acquises. Pour la plupart d'entre elles irrémédiablement. Devant l'omniprésence du moteur, devant la qualité des services offerts, devant l'ancienneté des usages individuels et collectifs que l'on en fait aujourd'hui, qui, oui, qui serait prêt à lâcher Google au profit d'autres services si ce dernier proposait un accès payant à certains de ses services ? Peu de gens à mon avis. Alors bien sûr nous n'en sommes pas encore là, mais s'il fallait cette année encore jouer au jeu des prédictions, je dirai que du côté de Google, l'année 2009 sera celle de l'établissement de sa suite bureautique en ligne comme principal sideman du moteur de recherche. Et que pour s'installer définitivement dans les habitudes, il ne manque plus à la suite bureautique en ligne qu'un espace de stockage personnalisé en ligne. Je crois donc qu'on verra bientôt apparaître le fameux GDrive, dont la rumeur court depuis déjà deux ans ... GoogleNet pour l'infrastructure, GoogleWeb pour le guichet unique d'accès à l'information avec son moteur (Google) et son navigateur (Chrome qui vient de sortir de son statut "béta"), GoogleOS pour les usages, usages eux-mêmes archivés dans la ruche mondiale du GoogleDrive.
"... dont le centre est partout, et la circonférence nulle part." comme disait l'autre ...
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Et puis aussi ...
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(Temps de rédaction de ce billet : 2h45)
Rédigé le 18 jan 2009 à 21:53 dans Biblio"Tech", Document numérique, Ecologie de l'info, Moteurs et autres engins | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
Rédigé le 16 jan 2009 à 22:57 dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
A l'occasion de mon invitation de vendredi sur France Culture, j'en ai profité pour réviser un peu autour de la thématique de l'émission, dans laquelle il sera très probablement beaucoup question de web participatif et collaboratif. Voici donc, sur le sujet, un mini-florilège de billets déjà publiés sur Affordance :
http://affordance.typepad.com/
et sur le cas "particulier" mais emblématique de la participation dans Wikipédia :
http://affordance.typepad.com/
De belles choses :
- sagesse des foules par exemple : http://affordance.typepad.com/
- mais aussi indexation collaborative (folksonomies), navigation dans
de gigantesques "silos" de documents et de connaissances ...
De moins belles choses (le côté obscur de la participation) :
-
traçabilité des nos comportements et de nos "intentions", de nos
réseaux sociaux, de nos cercles de connaissances : société de
"sous-veillance" et profilage très ciblé de tout un chacun ...
ma réponse : une dérive des continents documentaires : http://affordance.typepad.com/
Ma réponse : basculer d'une économie de
l'attention (on prête toujours davantage attention à ce que l'on a créé
ou à ce qui a été créé par des proches ou par des individus "comme"
moi) à une modélisation de l'intention. Francis Pisani parle par
exemple d'une "base de donnée des intentions" pour décrire le
gigantisme des informations collectées et détenues par Google (ou par
d'autres sites comme Facebook). Voir également la notion de "web
implicite" (http://affordance.typepad.
Un passage de ce billet : http://affordance.typepad.com/
"la culture de la participation n'est pas l'apanage exclusif des réseaux sociaux.
(...) la vraie bonne question
à poser actuellement n'est plus uniquement celle de la fracture
numérique, mais "de déplacer l'axe de la conversation sur la
fracture numérique des questions technologiques liées à l'accès vers
celles qui se réfèrent
aux opportunités de participer et de développer les compétences
culturelles ainsi que les savoir-faire sociaux nécessaires pour
s'impliquer pleinement." Cette approche est celle défendue par Henry Jenkins dans son dernier rapport intitulé Confronting the Challenges of Participatory Culture: Media Education for the 21st Century (.pdf). A lire absolument. Le rapport contient notamment une très bonne définition de la "culture de la participation" : "une culture
dans laquelle les critères d'expression artistique et d'engagement
civique sont relativement bas ce qui encourage à créer et à participer
[…]. C'est également une culture dans laquelle ceux qui s'en réclament
considèrent que leurs contributions comptent et sentent un certain
degré de connexions sociales entre eux (au moins dans la mesure où ils
attachent de l'importance à ce que les autres pensent de ce qu'ils ont
créé)."
Définition qui a à mon avis pour principal intérêt de ne pas faire de
ladite culture de la participation l'apanage des Geeks et autres
technophiles 2.0, mais de la renvoyer vers des modèles sociaux
(beaucoup) plus anciens et plus prometteurs."
Il faut distinguer différents niveaux de granularité dans la participation (en plus des différents modes participatifs - ouverts, semi-ouverts, déclaratifs, procéduraux ... - ) : par exemple distinguer une forme de participation
scientifique pour caractériser le mouvement de l'Open Access
(chercheurs qui déposent leurs articles en texte intégral et en accès
gratuit) et une forme de micro-participation pour désigner les gens qui
déposent de courtes vidéos sur YouTube. Autre niveau de granularité, au-delà des individus et de leurs documents ou fragments de documents, la participation touche désormais des institutions ET des collections patrimoniales et/ou institutionnelles. Des contenus qui se trouvent ainsi "dé-portés" sur le web au nom d'un démarche participative, parfois pour le meilleur (cf FlickR commons ou les
institutions gardent la maîtrise des contenus), parfois pour le pire
(cf Google BookSearch)
Sur cette question de la granularité du web actuel (et de la
participation/collaboration qui y opère) : voir mon billet "micro,
méso, macro-net : les médiasphères et le moteur" : http://affordance.typepad.com/
Faire attention à ce que la participation "choisie" ne se transforme pas en participation "subie". Par exemple se poser la question de savoir pourquoi les gens déposent leurs vidéos de famille sur YouTube ou leurs photos de vacances sur Flickr ? Est-ce réellement pour "participer" ? Non. C'est directement lié à la pregnance de la facilité d'utilisation de ces outils dans le cadre de nos habitus socio-numériques, c'est parce que c'est plus facile, parce que c'est plus "pratique". Oui mais au-delà de cette facilité, combien d'internautes se posent la question de savoir quels usages pourront être faits de ces traces documentaires par d'autres qu'eux-mêmes ? Peu. Très peu.
Rédigé le 14 jan 2009 à 21:22 dans Web 2.0 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Je serai ce vendredi 16 Janvier parmi les invités de l'émission "Place de la toile" sur France Culture.
Le thème de l'émission sera le suivant : "Une histoire du net (2) : changements (im)perceptibles du web contemporain (2002-2009)".
Rédigé le 14 jan 2009 à 14:31 dans Agenda | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)
Lien transmis par le CPLRDGA (Collectif pour la réhabilitation du Gif Animé).
Oui.
Rédigé le 09 jan 2009 à 21:08 dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Lettre de Philippe Meirieu à Xavier Darcos, en date du 27 décembre 2008
... bonne lecture.
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Lettre ouverte à Xavier Darcos, Ministre de l’Education nationale
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Monsieur le Ministre,
J’ai déjà dit, à plusieurs reprises, à quel point j’estimais le professeur, l’humaniste, le lettré et le grand connaisseur de l’Éducation nationale que vous êtes. Pour autant, je n’ai jamais caché mes profonds désaccords avec vous. Nous croyons, en effet, l’un et l’autre, que l’avenir de la démocratie dépend de notre capacité à ne pas traiter nos adversaires en ennemis et à tenter de dépasser ensemble, autant que possible, nos inévitables différends pour esquisser un peu de « bien commun »… Or, aujourd’hui, Monsieur le Ministre, je suis vraiment très inquiet. L’Éducation nationale me semble gravement ébranlée : l’ampleur du désarroi des uns et la violence de la colère des autres me paraissent très largement inédites et infiniment préoccupantes.
Tout a été dit, depuis plusieurs mois, sur les dangers que faisaient courir à notre système éducatif les réductions budgétaires et les suppressions de postes déjà effectuées ou à venir. J’imagine, d’ailleurs, que vous en êtes parfaitement conscient et que vous auriez préféré bénéficier d’arbitrages plus favorables de Bercy en faveur de votre ministère. Reste que vous êtes membre d’un gouvernement qui fait de la réduction de la fonction publique une de ses priorités. À ce titre, vous participez d’une politique qui est, à mes yeux, infiniment dangereuse.
Cette politique est dangereuse, parce qu’elle sacrifie l’avenir de notre pays à des équilibres financiers à court terme dont on a vu, avec la crise récente et l’octroi par l’État de plusieurs milliards d’euros de garantie aux systèmes financiers, à quel point ils n’étaient qu’un prétexte.
Elle est dangereuse aussi, parce qu’elle ne calcule jamais les coûts sociaux, à moyen et long termes, de ses choix : coût de l’échec scolaire et de la désespérance de jeunes qui y sont assignés à résidence, coût des conflits et des gaspillages provoqués par la concurrence attisée entre l’État et les collectivités territoriales, entre les parents et l’école, entre les établissements et, peut-être bientôt, entre les enseignants eux-mêmes courant après les petits avantages que vous accordez aux uns et refusez aux autres… Là est, d’ailleurs, la véritable illusion du libéralisme : il prétend baisser les coûts et augmenter la qualité en lâchant la bride à la concurrence. On a vu ce que cela donnait dans le domaine économique et nous n’avons pas fini d’en payer le prix ! En matière scolaire, nous aurons le même effondrement en utilisant les mêmes principes et en mettant en ?uvre des mesures du même type : suppression de la carte scolaire, pilotage par les résultats, rémunération au mérite, etc.
Oubliée, ou presque, l’éducation prioritaire qui impose un travail d’accompagnement pédagogique minutieux des écoles et établissements « difficiles ». Oubliées, ou presque, les initiatives artistiques et culturelles en direction des élèves les plus défavorisés pour qu’ils accèdent aux ?uvres les plus exigeantes. Oubliés, ou presque, les mouvements pédagogiques et d’Éducation populaire qui permettent aux enseignants de trouver des appuis et de solliciter des complémentarités… La politique que vous menez s’appuie sur le présupposé implicite que la pression consumériste sur l’école va compenser tout cela ! Alors qu’en réalité, elle contribue au développement des ghettos… D’un côté, de bons établissements qui recrutent de bons élèves et se prévalent de bons résultats pour obtenir de nouveaux crédits. De l’autre les laissés-pour-compte où quelques « saints laïcs » réussissent, parfois, contre vents et marées à faire exister un peu de « véritable école ». Certes, cette situation n’est pas totalement nouvelle, mais tous les observateurs s’accordent, aujourd’hui, pour souligner qu’elle empire : non seulement la fracture scolaire ne se résorbe pas, mais elle continue de s’accroître.
Votre politique est dangereuse parce qu’en externalisant le traitement des difficultés d’apprentissage vers une multitude de structures de soutien ou en les traitant de manière technocratique à l’aide de prothèses pharmaceutiques et paramédicales, elle vide inexorablement la classe de sa substance (1). Au lieu de travailler à mobiliser tous les élèves sur les savoirs, on se résigne petit à petit au darwinisme scolaire systématique : les déversoirs sont là pour récupérer les inadaptés ! Au lieu d’ actions globales au sein de projets d’école ou d’établissements cohérent, on juxtapose des interventions individuelles pour « rectifier » les individus ! Vous prétendez lutter contre l’inégalité d’accès aux officines privées en mettant en place des stages pendant les vacances ou de l’aide personnalisée en primaire. Mais, outre que vous mettez à mal le rythme de vie des enfants, déjà bien compromis, vous enclenchez ainsi un mouvement qui conduit inexorablement à réduire l’acte pédagogique à une transmission frontale de plus en plus formelle… agrémentée d’une offre de dispositifs externes de remédiation qui, inévitablement, accroîtra les inégalités. Car, en réalité, notre système scolaire tout entier devient une usine à gaz totalement incompréhensible pour les familles populaires. Tandis que les enseignants se transforment en « guichets de service », disponibles pour les familles qui savent les instrumentaliser.
À terme, c’est toute l’institution scolaire qui risque de se réduire comme une peau de chagrin, avec l’habillage traditionnel du « retour aux fondamentaux » ! Évidemment, nul n’est hostile aux fondamentaux… Mais la question est de savoir ce qui est fondamental ! Par exemple, je fais partie de ceux qui militent, depuis toujours, pour que l’École fasse de « l’entrée dans l’écrit » une priorité absolue. Toutefois, « entrer dans l’écrit », ce n’est pas seulement savoir tracer des lettres et les agencer, maîtriser l’orthographe et la grammaire, réussir ses dictées… c’est aussi entrer dans l’intentionnalité d’une communication différée, accepter de laisser une trace de soi, renverser des contraintes de la langue en ressources pour la pensée. Cet apprentissage-là doit s’effectuer en même temps que celui des « mécanismes » de l’écriture, dans une école ambitieuse qui s’appuie sur la diversité et la coopération des élèves, qui ne passe pas son temps à « dépister » les problèmes ou les lacunes de chacun, mais qui sait repérer les points d’appui et inventer des situations stimulantes.
Car telle est bien la frontière – ténue, je l’avoue, mais absolument indispensable – entre le « dépistage » et le « repérage » : le dépistage se focalise sur les « dys » et les traite dans un paradigme phamaceutico-médicalo-
Rédigé le 08 jan 2009 à 21:45 dans Métier | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Et pour une fois ce n'est pas moi qui le dis, c'est la très vénérable et très respectable CPU (conférence des présidents d'université). Dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy datée du 5 Janvier 2009, l'équipe nouvellement élue de la CPU enfonce les clous sur lesquels plusieurs d'entre nous tapaient depuis déjà plusieurs mois : les universités sont au bord de l'explosion. Ce qui n'est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c'est que cette fois ce ne sont pas (uniquement) les étudiants mais bien les personnels qui sont à deux doigts d'entrer en résistance, de passer de la colère à la révolte.
Il faut bien reconnaître que dans le milieu éducatif, de la maternelle au supérieur, les coups de boutoir gouvernementaux ne manquent pas. Mais il faut aussi reconnaître que les universités vont se coltiner quelques coups assez emblématiques : statut des personnels (on ne parle pour l'instant que de la modification du statut des enseignants-chercheurs mais les personnels IATOSS seront mangés de la même manière), casse des concours de recrutement des enseignants du secondaire, vraie-fausse autonomie, remise en cause de la laïcité (accord France-Vatican sur le reconnaissance des diplômes) ... et puis bien sûr les fondamentaux du Prince : calendrier intenable et incohérent, multiplication des fronts de conflit, bref, la routine. La lettre ouverte de la CPU est sobrement intitulée : "Chronique d'une crise annoncée dans les universités". Quelque chose me dit que la fin du mois de Janvier devrait être assez chargée du côté de "l'agenda social".
Juste quelques morceaux choisis pour vous inciter à lire l'intégralité de la lettre :
A noter également que du côté de l'AERES (bébé gouvernemental de chapeautage de la recherche) on ne prend même plus la peine d'avancer masqué et l'on déclare benoîtement que "L’habilitation des formations doit disparaître si les universités sont vraiment autonomes." Air connu ... les diplômes nationaux n'ont jusque là permis de former que des crétins eux-mêmes seulement capables de former d'autres crétins pour obtenir des diplômes nationaux qui leur permettront de former ... ad libitum.
Pendant ce temps, au ministère, la DEPP (direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) publie, concernant les doctorants, des "notes d'information" qui ressemblent bigrement à des notes d'objectifs ... et je ne vous parle même pas des post-doc ...
Juste pour mémoire, quelques courts extraits de la tribune du Monde signalée plus haut :
<Update du soir>
A la suite de la publication de la tribune du Monde, signée par treize universitaires, beaucoup de collègues ont souhaité
manifester leur soutien à ce texte en proposant de les signer. C'est la
raison pour laquelle ce texte est désormais proposé à la signature de
toute personne, universitaire ou chercheur, qui en partage les idées et
le contenu. L’objet de la pétition est de demander le retrait du projet
de décret sur le statut des enseignants-chercheurs. Adresse de la pétition : http://petitions.alter.eu.org/
</Update>
(Temps de rédaction de ce billet : 1h30)
Rédigé le 08 jan 2009 à 09:16 dans Métier | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (1)
Elle est retrouvée réouverte. Quoi ? L'éternité. Europeana.
Rédigé le 07 jan 2009 à 20:08 dans Biblio"Tech" | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
(nota-bene : suite à la nouvelle mouture de Typepad, les titres des billets d'Affordance seront désormais sans accents, désolé pour les puristes ...)
Il est un vieux débat autour du web 2.0 en général et de Wikipédia en particulier, c'est celui de l'échelle réelle de collaboration et de contribution qui structurent ces deux univers. En d'autres termes, qui contribue "réellement" et qui en profite "simplement".
Un article du Silicon Alley Reminder revient sur une étude déjà commentée ici en Octobre 2006 à propos du nombre de contributeurs réellement actifs dans Wikipédia. L'étude signalée en 2006 indiquait que "50% des
modifications sont faites par seulement 0,7% des utilisateurs … soit 524
personnes" et que "les 2% les plus actifs (1400 personnes) ont
fait 73.4% de tous les modifications." Pour aboutir à ce résultat, Jimmy Wales avait à l'époque comptabilisé le nombre de modifications ("edit") réalisées sur les articles. La conclusion était que quelques "insiders" (ou "heavy editors") étaient responsables de l'essentiel du contenu de l'encyclopédie.
L'article du Silicon Alley Reminder propose de ne pas compter les "modifications" (edit) d'articles mais plutôt leur nombre de signes (lettres). Et le résultat (à nuancer étant donné que ladite étude est - de l'aveu même de son auteur - simplement empirique) est radicalement différent de celui de Wales : on s'aperçoit que les plus "gros" contributeurs en "nombre de signes" sont plutôt des "outsiders" (utilisateurs non-réguliers), les "heavy editors" se contentant de faire de nombreux "edit" mais essentiellement pour des questions de mise en forme et de calibrage ou de rectification.
OK mais et alors ???
Alors la question qui est ici posée est celle de la nature même du projet d'encyclopédie collaborative. Dans l'hypothèse 1 (celle de Wales), Wikipédia serait en fait une encyclopédie "comme les autres", avec un très petit nombre d'encyclopédistes labellisés et actifs. La seule différence - mais de taille - avec un projet encyclopédique classique étant que lesdits encyclopédistes n'ont pas été choisis ou recrutés es qualites. Soit disons 80 % d'un fonctionnement encyclopédique traditionnel et 20 % d'un fonctionnement "en rupture" avec les modèles éditoriaux traditionnels.
Dans l'hypothèse 2 (celle du Silicon Alley Insider), c'est la situation exactement inverse qui est décrite. Le coeur du projet Wikipédien est serait bien celui d'une collaboration ouverte reposant sur la contribution d'usagers "extérieurs" et non-nécessairement réguliers ou accrocs pour fournir les connaissances et les informations, collaboration ouverte "complétée" par un travail d'édition plus traditionnel (correction, mise en forme, etc ...) effectué cette fois par quelques "heavy editors". Soit 80% de collaboration et 20% de fonctionnement éditorial "classique".
Soit pour résumer :
La fonction crée l'organe.
Au delà des chiffres et des pourcentages, ce débat est important voire essentiel car il reflète et illustre notre rapport au savoir dans un environnement numérique. L'hypothèse 1 serait la preuve qu'au-delà de la forme (innovante) du Wiki, le projet encyclopédique n'a pas réellement changé de nature dans son mode de fonctionnement. L'hypothèse 2, de mon point de vue beaucoup plus séduisante et beaucoup plus réaliste (même si elle demande à être confirmée), indique a contrario qu'en sus du changement de nature de l'objectif encyclopédique, il y a bien également un changement de nature du mode de contribution et d'accumulation des savoirs. Wikipédia procède donc bien d'une nouvelle forme et d'une nouvelle ambition pour le projet encyclopédique du XX1ème siècle, nouvelle forme et nouvelle ambition qui ont su, pour partie, asseoir la rupture qu'elles proposent sur des schémas de fonctionnement éditoriaux ayant déjà fait la preuve de leur efficacité. Et ce n'est pas l'un des moindres intérêts de ce projet que de constater que cette stratégie n'a pas été bâtie et pensée en amont du projet lui-même, mais qu'elle s'est organiquement déployée au fur et à mesure de son avancement. Work in progress. Et si l'on observe Wikipédia comme un organisme numérique en croissance, on vérifie une fois de plus la formule de Lamarck selon laquelle "La fonction crée l'organe."
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Et pour compléter cette petite réflexion (et accessoirement expurger mon agrégateur), une
petite revue de liens autour de l'encyclopédie collaborative.
(Temps de rédaction de ce billet : 1h30)
Rédigé le 06 jan 2009 à 16:19 dans Document numérique, Ecologie de l'info, Web 2.0, Wikipedia | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
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"Dans Wikipédia, la rédaction de 2009, ou plutôt de l'article 2009, a
commencé le 18 avril 2004 à 11 heures 12. Cet article a depuis été
développé, organisé et plusieurs fois enrichi, vandalisé, corrigé,
raccourci, au fil de plus de 370 modifications, toutes archivées.
L'histoire de cet article et de ces modifications, cette histoire de
presque cinq ans, est donnée à voir ici en moins d'une minute : http://www.lecdi.net/video-
Message transmis par Philippe Martin, webmaster et créateur de Lecdi.net
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Sans attendre, dès aujourd'hui, écrivons ensemble ce dont demain portera trace.
Bonne année à tous et toutes :-)
Rédigé le 06 jan 2009 à 10:43 dans Wikipedia | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
(billet inspiré par quelques rapides tests sur Whostalkin, découvert chez Steve Rubel)
En ce temps-là ...
En ce temps là, la vie était plus belle simple : on avait les annuaires, les moteurs et les méta-moteurs.
En ce temps-là l'unité de publication était la page (web).
En ce temps-là, ceux qui publiaient sur le net ne publiaient (généralement) QUE sur le net, pas dans les grands médias. Et ceux qui écrivaient dans les grands médias ne publiaient pas sur le net.
En ce temps là, ce qui était écrit, restait écrit, restait fixé.
Et puis ...
Et puis les annuaires disparurent. Ne restèrent que (quelques) méta-moteurs et surtout les moteurs et surtout LE moteur.
Et puis les unités de publication se réduisirent, se fragmentèrent. L'unité ne fut plus seulement la page mais également le billet (de blog), voire le fil (de discussion sur un forum ou de commentaires sur un blog) ou le micro-fil (twitter limite l'unité de publication à 140 caractères). Une unité de publication parfois simplement confinée à une unité de présence en ligne, laquelle unité de présence est elle-même composée des traces éparses (profilaires ?) de notre
social stream tel qu'il se constitue par exemple au travers de nos
différents profils sur différents réseaux sociaux,
Et puis les instances d'énonciation éditoriales se floutèrent. Publier ici n'empêcherait plus de publier là. Les journalistes écrivent "dans" le web, les blogueurs écrivent "dans" les journaux, passent à la télé. Certains journaux ne sont faits que de reprises d'écrits de blogs (vendredi.info), certains blogs (maître Eolas) jouissent d'une crédibilité supérieure à certains journaux.
Et puis ce qui était écrit par l'un devînt modifiable par l'autre, par tous les autres (Wikipédia). L'auteur, l'autre. Figure gemellaire de l'hypertextualité. Agencements collectifs d'énonciation. La trace céda la place à sa propre traque.
Voilà ce qui changea. Ce qui ne change pas en revanche, pour vous, pour moi, c'est le besoin de s'y retrouver (au sens propre mais également et de plus en plus souvent au sens figuré également ...), d'y trouver parfois simplement "quelque chose", plus rarement "ce que l'on cherche".
Editorialement parlant, on dispose donc désormais de trois "médiasphères" :
Machiniquement parlant, pour rendre compte de ce nouveaux paysage éditorial du net, on ne dispose pourtant plus que des seuls moteurs qui, de plus en plus souvent, mal étreignent à force de trop embrasser.
Idéalement, il faudrait pouvoir disposer d'un moteur pour chacune de nos trois médiasphères. Car il va sans dire que la spécificité éditoriale de chacune d'entre elles conditionne à la fois la nature des recherches qui y sont effectuées mais également la nature, la granularité documentaire des résultats qui y figurent. Et l'on se prend à rêver d'un retour des moteurs à curseurs avec un même moteur permettant de régler le "grain" de la recherche depuis les macro-médias du macro-net jusqu'aux micro-médias du micro-net.
Aujourd'hui, on dispose de :
Cette granularité est inédite à cette échelle, et il y a fort à parier que 2009 lui donnera ses lettres de noblesse, l'enracinant comme une composante à part entière du Giant Global Graph. Alors que l'étage supérieur, le macro-net, apparaît aujourd'hui stabilisé, ayant atteint un rythme de croissance optimal, le micro-net et le meso-net continuent d'exploser, sur le même type d'échelle logarithmique que le web à ses débuts. Après la croissance des blogs, c'est aujourd'hui la croissance des réseaux sociaux et des sites de micro-blogging. La valeur de ces deux espaces, du dernier particulièrement, réside dans leur nature conversationnelle. Une conversation certes souvent tenue par des idiots et pleine de bruit et de fureur, mais également une conversation qui aiguille, qui stimule, qui signale, et qui est en tout état de cause le complément aujourd'hui indispensable de la plénitude du net comme médiasphère. Bref une conversation qui mérite d'être indexée et suivie pour pouvoir être ensuite accédée de manière asynchrone, dans la verticalité qu'impose le couperet d'une recherche et non plus simplement dans la linéarité d'un échange.
Signalons pour finir que cette granularité se superpose à une autre granularité préexistante et depuis déjà longtemps consubstantielle au net : la granularité des médias (vidéos, images, audio, texte) qui le composent. C'est à la croisée de ces chemins, à la croisée de cette granularité bipolaire que devront se positionner les acteurs de la recherche d'information pour répondre aux besoins de l'usager du web de 2009 et d'au-delà.
(Temps de rédaction de ce billet : 2h00)
Rédigé le 05 jan 2009 à 19:14 dans Document numérique, Ecologie de l'info, Moteurs et autres engins, Weblogs, Wikis & RSS, Wikipedia | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)
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