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10 nov 2008

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Voici les sites qui parlent de Nous sommes tous des américains (fauchés) et notre ministère est un Ponce Pilate numérique :

Commentaires

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florence meichel

Il y a aussi de nombreuses associations et réseaux d'acteurs très engagés sur la question

Apprendre 2.0 en fait partie :
http://apprendre2point0.ning.com/

florence meichel

L'association les clionautes aussi (et entre autre)

http://www.clionautes.org/

Olivier Le Deuff

Oui j'avais remarqué cet aspect troublant dans le rapport. De nombreux enseignants sont assez inquiets (voire énervés) de l'ingérence de calysto, d'action innocence ou d'autres sociétés paravents.
Toutefois, il faut espérer que nos actions finissent par aboutir au niveau institutionnel avec une réelle prise en compte de l'éducation aux médias.
Il serait également souhaitable effectivement que chaque université dispose de cellules type urfist.
Pour ma part, je m'étais toujours refusé à l'arrivée du tour de france du net dans mon établissement et j'ai pu écouté une conf d'une personne de Calysto qui m'a passablement énervé.

jadlat

et quelque part aussi toute l'infrastructure des CDI et des enseignants documentalistes. Combien de postes au concours cette année ? Et combien de pis aller ?

je crois que c'est ça qui m'énerve le plus, c'est la destruction concertée de cette infrastructure pour des économies de bout de chandelle ou peut être pire par idéologie

Emmanuel

Sauf erreur c'est aussi la mission du CLEMI (Centre de Liaison de l'Enseignement et des moyens d'information). Bizarre qu'ils ne soient pas dans la boucle...

Olivier Auber

"Ponce Pilate numérique", ça voudrait dire que Jésus n'est pas loin. Peut-être. Qui sait? Ici je parle plutôt de "compradores numériques" : http://www.internetactu.net/2008/10/06/pourquoi-sommes-nous-si-impudiques/#comment-873958 sans réclamer pour autant que tombent des têtes. Je crois seulement que règne une Très Grande Confusion (TGC). Pour s'en sortir, il faut à mon avis travailler la sémantique et la topologie, c'est la voie non-violente que j'ai choisie. Ton regard est en tous cas très précieux. Je t'en félicite.

N. HARAN

Analyse critique du discours tenu par la représentante de la société Calysto,
au sein du collège Kerbellec (morbihan), le mardi 20 mars 2007.
Par un professeur-documentaliste.


1. Analyse du contenu

1.1 Un discours qui criminalise les élèves

Place très importante donnée au rappel des sanctions pour téléchargement illégal : amendes et peines de prison.
Est-ce là un danger si important pour les adolescents ?
Pour qui cela représente-t-il un danger majeur ?

Affirmation d'un quota d'interpellation imposé à la brigade internet : 5 personnes par jour et par département.
Une justice fondée sur des objectifs chiffrés à l'avance me semble très éloignée des valeurs républicaines que nous devons transmettre aux élèves.

On notifie aux élèves leurs obligations (et surtout les sanctions encourues) sans jamais leur parler de leurs droits.
La connaissance des droits des internautes me semble pourtant essentielle dans la lutte contre les dangers d'internet.

L'intervenante affirme qu'en France la copie privée est illégale mais tolérée.
Cest faux ! La copie privée est légale en France

Dans le débat qui a lieu aujourd'hui sur la propriété intellectuelle, c'est içi le discours de l'industrie des médias qui est relayé sous couvert de prévention des conduites à risques. Ce discours contient deux grands points : demander un durcissement de la répression (en réduisant à sa plus simple expression le droit des usagers de l'information), et affirmer qu'il n'y a pas d'accès légal à l'information en dehors du cadre commercial. Il tend à nier et à criminaliser le développement d'un internet ouvert ( production collaborative, logiciels libres, licence GNU, copyleft ), dans le but de sauvegarder les intérêts d' une industrie mise à mal par la dématérialisation des médias.

1.2 Une intervention qui sert les intérêts des partenaires commerciaux de Calysto : Apple, Google, Orange


Très forte présence de produits commerciaux comme Itunes(Apple) ou MSN (Microsoft)
Dans une présentation très dynamique les élèves sont fortement imprégnés des marques sans aucune distance critique.
Présentation très valorisante des derniers produits proposés par les entreprises de téléphonie mobile : internet, vidéo.
N'est-on pas en droit d'attendre, là encore, plus de distance par rapport au marketting des prestataires de nouvelles technologies ?
Un élève demande si on est dans l'illégalité quand on partage des fichiers sans le faire exprès ( en utilisant un logiciel de peer-to-peer qui par défaut partage le dossier windows danslequel on range sa musique).
Réponse de l'intervenante : « Si tu partage des fichiers c'est que le logiciel est réglé pour ça. C'est à toi de savoir le paramétrer. »
Les élèves sont culpabilisés et les prestataires de service sont dédouanés de toute responsabilité.
On ne parle jamais de leurs obligations.
Le code de la propriété intellectuelle leur en donne pourtant quelques unes, comme celle d'assurer l'interopérabilité des oeuvres diffusées (c'est à dire la capacité à être lu sur n'importe quel lecteur).
L'intervention est ponctuée de nombreuses questions ( une quinzaine) qui ne servent pas d'amorce à un échange avec les élèves mais qui font l'objet d'un relevé statistique.
On n'explique pas aux élèves à quoi vont servir ces données , on leur demande simplement et fermement de répondre rapidement.
Alors que le receuil des données est une question majeure de la cyber-citoyenneté, on place les élèves dans une attitude de soumission qui est contraire à l'apprentissage de la citoyenneté.


Cette pratique qui a suscité l'interrogation des élèves et des professeurs, trouve certainement une part d'explication à la lecture d'un tableau qui rapproche certaines questions de certains partenaires commerciaux.


Qui a internet à la maison ?(Google)
Qui a un blog ? (Google)
Qui se sert de son téléphone portable pour internet ?(Orange)
Qui envoie des photos avec son téléphone portable ?(Orange)
Qui télécharge des films ou de la musique sur internet ?(Itunes-apple)
Qui télécharge de la musique sur internet ? (Itunes-apple)


Quand on sait que les partenaires commerciaux financent au 2/3 les interventions de Calysto (sur les 900 € du cout réel de l'intervention l'établissement paie 300€) on peut s'interroger sur la destination de ces données.

Il me semble inacceptable qu'on permettent à des entreprises (qui pèsent déjà énormément sur le citoyen dans la société de l'information) de faire leur promotion et leur étude de marché sur des élèves captifs, au sein d'un établissemnent scolaire.


2. Analyse de la forme

Le ton de l'intervenante est agressif, le discours est rapide.
La démonstration s'appuie sur des copies d'écran qui s'enchaînent vite.
Très peu de place laissée aux échanges avec les élèves. Cela se résume à des réponses très rapides apportées à 4 ou 5 questions.
Les élèves subissent une démonstration spectaculaire sans aucune distance critique.
Est-ce vraiment comme cela qu'on peut former des citoyens libres et responsables ?


Nicolas Haran, professeur-documentaliste. Le 26 mars 2007

C. Prévot

Il y a quelques années cette opération s'est appelée "Un clic, déclic" en Lorraine.

Le Rectorat de Nancy-Metz a décidé que ce type d'intervention auprès des élèves devait être faite par des enseignants. Cela a abouti à une vaste opération intitulée "Bon usage de l'internet" qui circule dans les collèges demandeurs de l'académie, mais aussi une série d'affiche, des documents pour les professeurs, les élèves, les parents, etc.

A découvrir sur le site signalée ici.

Pierre Lannoy

Concernant le B2i dont "l'efficacité commence à être prouvée", pourriez-vous nous développer les arguments qui vous mènent à cette conclusion et les assortir des "preuves" irréfutables que vous semblez détenir.
Bien cordialement

Olivier Ertzscheid

@PierreLannoy> je ne détiens aucune "preuve irréfutable". Ceci étant, les dispositifs B2I et C2I offrent aujourd'hui un certain recul. ils sont "sanctionnés" par la validation d'un certain nombre de compétences. Compétences que je ne fais qu'observer en tant qu'enseignant. Ma conclusion n'a certes rien de scientifique mais oui, j'observe que ce "corpus de compétences communes" est désormais de plus en plus un socle de référence sur lequel nous, enseignants du supérieur, pouvons nous appuyer lorsque les étudiants débarquent à l'université?

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"Where is the Life we have lost in living?
Where is the wisdom we have lost in knowledge?
Where is the knowledge we have lost in information?"
T.S. Eliot, in Choruses from The Rock (1934)

Where is the information we have lost in Google ?

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Ertzscheid, Olivier (date de publication du billet). “Titre du billet”. Affordance.info [carnet de recherche]. ISSN 2260-1856. Date de consultation. http://affordance.typepad.com/adresse-du-billet.html

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