Ma Photo

Qui suis-je ?

Syndication


Botte de foin


Qui êtes-vous ?



  • Track referers to your site with referer.org free referrer feed.


Qu'en faire et comment ?


  • Ce que vous voudrez à condition :


    • de citer vos sources
    • de ne pas vous enrichir
    • de ne rediffuser l'info que sous une licence identique à celle-ci







    Le crédo d'Affordance ;-)
    I am a hard bloggin' scientist. Read the Manifesto.



    Le coin des bonnes causes :


    Support The Commons
    Become A Commoner


    Le PageRank d'Affordance :
    PageRank for this page
    Son "autorité" (sic) selon Technorati :
    "L'autorité" selon Technorati

Powered by TypePad

« août 2008 | Accueil | octobre 2008 »

Séminaire Inria : IST 2008

De retour de Dijon ... Mon diaporama est visible et téléchargeable sur SlideShare.

Le chapitre paru dans l'ouvrage "Métadonnées : mutations et perspectives" est disponible dans ArchiveSic.

  • Ertzscheid Olivier, "Moteurs de recherche : des enjeux d'aujourd'hui aux moteurs de demain", in Métadonnées : mutations et perspectives, Collection : Sciences et techniques de l'information, pp.59-89, 2008. <en ligne> http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00325690/fr/

30 pages, 3 heures d'intervention lundi après-midi.
L'ouvrage complet est une mine, et je dis pas ça parce que j'étais invité ;-) La preuve ? Il m'a tenu éveillé durant les 7 heures de mon retour en train, ce qui est un signe incontestable d'intérêt.
Juste un petit regret pour ce séminaire : son tarif est prohibitif pour que les universités y soient représentées. Seuls les grands organismes de recherche français peuvent payer ce truc-là à leurs chercheurs et responsables de documentation. Et de fait, à de trop rares exceptions près, il n'y avait là que des gens (forts sympathiques par ailleurs) de l'INRIA (organisateur), du CNRS, de l'INSERM, de l'INRA ...  Ce serait pourtant important que vu la richesse et la qualité des intervenantes (enfin celles que j'ai entendues), les cours puissent être diffusés en vidéo sur Internet.
Merci en tout cas à Lisette Calderan de l'INRIA pour l'invitation et pour l'organisation.

Teasing INRIA : IST 2008 (4)

Bon d'accord, promis après çui-là j'arrête ...

Diapositive37
Et soudain ... c'est le drame !
Diapositive39

Teasing INRIA : IST 2008 (3)

Et de ça aussi ...
Diapositive35

Teasing INRIA : IST 2008 (2)

Et aussi de ça ...
Diapositive47

Teasing INRIA : IST 2008

Voila de quoi je vais causer ...
Diapositive61

Le petit lien du Week-end

"Je m'appelle professeur Wikipedia". C'est ainsi que commence une vidéo amusante qui se terminera par l'arrivée du professeur Britannica. Mais je ne vous en dis pas plus :-)

(Via l'indispensable et quasi-exclusive source de ces petits liens du Week-End : BienBienBien)

Message de service

On me signale depuis hier des bugs sur les 3 fils RSS d'Affordance. Les problèmes se produiraient dans Sage (je confirme) et dans Netvibes (sous Safari). Pas de souci en revanche sous GoogleReader. Je vais m'y pencher et j'ai mis le support Typepad sur le coup, mais sans succès pour l'instant. Donc n'hésitez pas à signaler d'autres éventuels problèmes (et solutions ...) en commentaires.

Caaapitaine Flam tu n'es paaas, de notre ...

Galaxie. "Galaxie" c'est le nom de la future plateforme qui servira à gérer la publication des postes d'enseignants-chercheurs, et le recrutement qui s'en suit. Le site du Ministère nous indique que l'application GALAXIE est :

  • "destinée à assurer une information transparente sur les emplois d'enseignants-chercheurs. GALAXIE a pour objectif de mettre en œuvre le nouveau mode de recrutement prévu par la loi sur l'autonomie des universités qui les autorise à recruter au fur et à mesure de la vacance d'un emploi."

Et plus loin :

  • "Le site permettra d'avoir une vision d'ensemble, sur tout le territoire, tout au long de l'année, des emplois publiés. L'application GALAXIE dispose également d'un système d'alerte permettant aux personnes inscrites sur une liste de diffusion d'être prévenues dès lors qu'un emploi correspondant à la section, à la discipline souhaitée sera publié. Dans un souci de transparence, il sera, par exemple, également possible de publier sur l'application GALAXIE : la composition du comité de sélection constitué pour recruter sur un emploi donné, le nom et le profil de la personne finalement recrutée."

L'ouverture du site est annoncée pour le début du mois de Novembre. Je regrette juste :

  • le logo improbable dessiné sous Paint avec l'orteil droit d'un poney (improbable donc)
  • que la publication de la composition du comité de sélection (rappel : les comités de sélection remplacent les anciennes commissions de spécialistes) ainsi que le nom et le profil du candidat retenu ne soient pas obligatoires mais seulement "également possibles". Dommage aussi qu'on ne puisse pas y publier le nom des personnes auditionnées (m'enfin là, vous me direz, je pense qu'on va bien rigoler - jaune - avec les premiers recrutements des comités de sélection ...)
  • que venant d'un ministère qui pratique, à raison, la chasse au plagiat, le même Ministère omette de citer, sinon ses sources, du moins l'existence d'initiatives individuelles qui démontrent tout l'intérêt d'ouvrir le processus de recrutement à des logiques de collaboration et de transparence. Bref, dommage que Baptiste Coulmont et son Wiki audition ne soit pas ici remerciés (ils avaient déjà été oubliés, avec quelques autres, dans le rapport Schwartz

Bref, voilà bien toute la logique de la politique gouvernementale qui transparaît derrière cette nouvelle plateforme : on nous propose un dispositif qui va indiscutablement contribuer à atténuer l'opacité actuelle du processus de recrutement à l'université, mais quelques mois avant, on a pulvérisé les rares garde-fous qui permettaient encore de ne pas assimiler totalement les commissions de spécialistes à des mafias endogames. J'entends déjà ...

  • Valérie P. : "Nous avons rendu transparent le processus de recrutement"
  • Un Contradicteur : "Ben oui mais ... entre-temps, le problème s'est déplacé en amont, puisque parmi les gens qui vont effectuer le recrutement, il n'y en aura plus aucun d'élu !! Ils seront tous nommés par le président de l'université !! C'est à dire que les copains du président recruteront les candidats du président !!!"
  • Valérie P. "N'empêche que grâce la politique voulue par Nicolas Sarkozy, le processus de recrutement sera plus juste, plus transparent. C'est plus transparent."
  • Un contradicteur : "C'est plus transparent mais c'est moins démocratique."
  • Valérie P. "Oui mais c'est plus transparent"
  • Un contradicteur : "Oui mais c'est moins démocratique"
  • Valérie P. "Oui mais c'est plus transparent"
  • Un contradicteur : "Oui mais c'est moins démocratique"
  • Ad libitum.

Allez, on en reparle bientôt ... quand tout cela sera opérationnel. En attendant, pour les nostalgiques de l'ancienne plateforme de recrutement (ANTARES pour les intimes) je vous oblige (si, si) à aller lire l'excellentissime Kalai Elpides.

Victoire de la bande à Bono.

Vous vous souvenez du petit père castrateur ? Et bien il ne pourra pas couper votre accès Internet sans passer par une décision de justice. Et c'est heureux. La "riposte graduée" est donc enterrée. Pour plus d'infos et pour les détails de l'affaire voir Ecrans et l'Expansion.

<Update> Ne manquez pas non plus l'épisode 2 sur Ecrans </Update>

Repere

La brochure REPERE (Ressources Electroniques pour les Etudiants, l'Enseignement et la Recherche) est parue. Elle est consultable en ligne sur le service Issuu et également téléchargeable en .pdf.
Au programme plein de "textes courts" dressant un panorama à la fois accessible et pointu des pratiques actuelles dans le domaine de l'information scientifique et technique. Bref, une lecture et un élément de bibliographie incontournable (pour mes étudiants notamment ...). J'y ai de mon côté rédigé un texte sur le web collaboratif et la gestion de l'identité numérique (pp. 14 à 17).
Coup de chapeau sincère à Elisabeth Noël pour la nouvelle maquette de cet outil, avec un gros effort de toilettage, de nouveaux contributeurs, et de nouvelles rubriques collant au plus près de l'actualité du web et de ses pratiques.

Sociologie de l'amateurisme.

On parle beaucoup, dans le contexte du web 2.0, de la figure de l'amateur, notamment à propos des "User Generated Content" (contenus générés par les utilisateurs). Mais la frontière de l'amateurisme est souvent floue. L'article de Valérie Stienon, "Des "univers de consolidation". Note sur la sociologie des écrivains amateurs", offre une approche sociologique très complète des pratiques amateurs dans le champ littéraire. Les observations formulées proposent quelques clés de lecture importantes pour une sociologie de l'amateur à l'échelle du web, même si après lecture (rapide) de son article, l'amateurisme du web n'offre que peu d'écho à l'amateurisme littéraire qu'elle décrit.

  • Valérie Stiénon, « Des « univers de consolation ». Note sur la sociologie des écrivains amateurs », COnTEXTES, Notes de lecture, mis en ligne le 12 septembre 2008. URL : http://contextes.revues.org/document2933.html. Consulté le 22 septembre 2008.

Timeline Google. 10 ans. 10 Dates.

A l'occasion de son dixième anniversaire (je vous passe les débats sur l'âge réel du moteur selon que l'on prend en compte la publication de l'article originel sur le Pagerank, la date d'enregistrement du nom de domaine Google.com, le lancement du moteur mais hébergé sur le site de Stanford, etc ...), à l'occasion de son dixième anniversaire donc, Google met en place une Timeline très bien faite qui va réjouir à la fois les fans (qui sont de toute façon naturellement réjouis), mais aussi et surtout les analystes et observateurs du moteurs, tant il était pour ces derniers devenu délicat de disposer d'une grille de lecture fiable, aisément consultable et à jour des différentes acquisitions, innovations, et services du même moteur, bon sang que cette phrase est longue. On y retrouve notamment (spéciale dédicace à Jean-Michel) les étapes importantes de l'évolution de la Home Page la plus visitée du monde.
Voici mon petit relevé à moi des 10 dates qui m'ont le plus marqué (ou me semblent les plus importantes) depuis ces 10 ans :

  1. 3 Mai 1999 : Google embauche son 11ème employé. Le premier à n'être pas un ingénieur. Il s'agit d'Omid Kordestani. Monsieur "ads are content". Il a fait (pas tout seul, certes) du modèle économique de Google ce qu'il est aujourd'hui.
  2. 26 Juin 2000 : Google est le premier à franchir la barre du milliard de pages indexées. La "taille" de l'index de Google est indissociable de son succès.
  3. 12 Février 2001 : Google acquiert Usenet. En d'autres termes, il est la première société marchande à pouvoir se payer tout un pan d'une mémoire et d'une histoire collective, en l'occurence celle des forums de discussion qui furent à la fois les laboratoires, les incubateurs et les prémisses de l'Internet. A l'époque la nouvelle ne semble pas choquer grand monde. Moi si.
  4. 17 Décembre 2003 : lancement de Google Print, qui deviendra Google Books. Autre pièce essentielle du puzzle dont on mesure encore assez mal - à mon avis - la place centrale qu'elle sera amenée à occuper dans l'écosystème global du moteur.
  5. 18 Août 2004 : entrée en bourse. L'action est mise à prix 85 $. Elle côte aujourd'hui 429 $.
  6. 8 février 2005 : lancement de Google Maps. Le terreau le plus fertile de l'ensemble des mashups existant aujourd'hui. Et, au sens propre, une nouvelle manière de voir le monde.
  7. 30 Août 2006 : Google Books autorise le téléchargement des oeuvres du domaine public. Il était au départ garanti "sans impression ni téléchargement", .
  8. 9 Octobre 2006 : acquisition de YouTube. A mettre en balance avec les acquisitions phares de l'autre géant (Yahoo! ingère Del.icio.us). Derrière ces "coups de banque", le signe que désormais, quand une bonne idée ou une innovation rencontre massivement les usagers, elle n'a plus les moyens de résister aux Big Three. Exception confirmant la règle : Facebook ne s'est pas encore fait croquer.
  9. 30 Mai 2007 : lancement de Google Gears. La synchronisation est la prochaine (dernière ?) étape de la dérive des continents documentaires. Le passage obligé pour un WebOS.
  10. 1 Septembre 2008 : lancement de Google Chrome. A l'instar de Microsoft, Google aura donc mis 10 ans pour se doter de sa fenêtre Windows. Dix ans pendant lesquels il a patiemment bâti son OS.

Et vous, quelle est votre petite chronologie subjective des 10 dates clés du moteur ?

(Source : Eric Baillargeon // Temps de rédaction de ce billet : 1 Heure)

Sergei Brin souffre de la maladie de Parkinson.

======================================================================
Billet d'humeur où il est question de Sergei Brin, du financement de la recherche médicale, des maladies orphelines, de l'appel de Sauvons la Recherche et de quelques autres choses encore.
========================================================================

Donc Serguei Brin souffre de la maladie d'Alzheimer.

Bon ben en fait non. Derrière cette intox se cachent en fait trois infos.
1 : Sergei Brin a ouvert son blog***. (il a naturellement choisi la plateforme Blogger)
2. Sur son nouveau blog, Sergei Brin nous annonce être client dans fait de la pub pour la société de sa femme (société 23andMe dont Google est largement actionnaire). Et comme tous les clients il a fait faire son séquençage de génôme en bavant sur un morceau de papier buvard (ou un coton-tige, je sais plus) et en l'envoyant par la poste à 23andMe pour 200 euros 399 $ (enfin on peut supposer qu'ils lui ont fait un prix).
3. Et donc résultat des courses : Sergei Brin sur son blog nous annonce qu'il risquerait d'être atteint de la maladie de Parkinson parce qu'il est porteur d'un gêne LRRK2 (vous et moi aussi) et d'une mutation particulière de ce gêne (G2019S) qui est liée à la symptomatologie parkinsonnienne, même si - ça c'est moi qui le précise - il est par ailleurs établi que l'étiologie exacte de la maladie de Parkinson est inconnue (.pdf). Bref, Sergei a le gêne et la mutation du gêne, sa mère avait le gêne et la mutation du gène et la maladie de Parkinson, donc Serguei serait plus que d'autres exposé à cette même maladie. Et là, comme le dit Sergei, merci Anne (sa femme), merci la société de sa femme (23andMe) parce que grâce à elle(s), il a les 20 prochaines années pour se "préparer" à l'arrivée (supposée ...) de ladite maladie de Parkinson. Il va pouvoir faire du sport pour retarder l'arrivée (supposée) de la maladie, filer plein d'argent à des fondations pour la recherche médicale sur la maladie de Parkinson (dommage que 23andMe ne lui ait pas également détecté le gêne du cancer, de la mucoviscidose, de l'amyotrophie spinale, de la leucémie, et de toutes les maladies orphelines existantes ... il paraît que dans ces domaines aussi, la recherche a besoin de pognon), et vivre chacun des jours restant avec l'idée qu'il est plus que d'autres exposé à la maladie de Parkinson. C'est la fête. Youpi.
D'un strict point de vue scientifique (si des généticiens me lisent, qu'ils n'hésitent pas à me corriger), les arguments avancés par Sergei dans son billet, et la manière dont ils le sont, peuvent effectivement l'amener à penser qu'il a peut-être plus de chances que quelqu'un d'autre d'être un jour atteint de la maladie de Parkinson, mais les mêmes arguments pourraient également l'amener à penser qu'il a plus de chances que quelqu'un d'autre de développer un ulcère du foie, un kyste à l'orteil gauche, un annuaire de recherche francophone ou une appendicite <Update>(effectivement, ça se confirme ...).</Update>
Car voilà bien tout le danger que représentent des sociétés comme 23andMe pour des clients lambda. Elles sont l'exact pendant technologique des voyantes et mediums du moyen-âge. En travaillant sur la peur, en instrumentalisant l'ignorance, en habillant "l'a peu près" des atours de la vérité scientifique, en présentant comme des faits scientifiques avérés des suppositions dont aucune n'est à ce jour prouvée, on crée, au pire, les conditions d'émergence de ladite pathologie, et au mieux, une jolie psychose maniaco-dépressive. Il faut ici rappeler que des sociétés comme 23andMe n'ont que faire de la recherche médicale. Seul compte le dogme génétique : une maladie = un gêène ; Vous voulez savoir si vous allez être malade ? Demandez-nous si vous avez le gêène. Seule les intéresse le potentiel marchand de la génomique personnalisée. Leur pouvoir de nuisance n'est (pour l'instant) que "psychologique" ou "psycho-somatique". Mais leur discours, leur fonds de commerce est le même que celui d'un monde dans lequel l'état ou les cigarettiers vous expliqueraient qu'en achetant votre paquet de cigarette, vous aidez la recherche contre le cancer en permettant d'augmenter le nombre de cas existants, donc le nombre de cas cliniques, donc les possibilités de disposer d'un plus grand spectre d'analyse, donc au final les possibilités de trouver un remède.

Le billet de Sergei Brin, sa position à la tête de l'une des plus grandes holdings de l'information et de la conaissance que le monde ait jamais connu, les relations maritales et financières unissant le même Sergei Brin aux sociétés actuellement leader sur le (super)marché du séquençage génomique personnalisé (Google détient des parts substantielles dans 23andMe mais également dans son concurrent direct, Navigenics), tout cela pose par ailleurs une question lancinante : voulons-nous d'un monde dans lequel les progrès et les principaux financements de la médecine devront parier sur le niveau d'hypocondrie de leurs grands dirigeants ou financiers ? Voulons-nous d'un monde dans lequel il nous faudra guetter le cancer de Bill Gates, la maladie de Parkinson de Mickael J. Fox ou Sergei Brin, l'Alzheimer de Ruppert Murdoch pour espérer voir la recherche sur ces maladies bénéficier d'un effort de recherche suffisamment financé ?

Voilà pourquoi les notions si peu sexy et souvent galvaudées d'un "pilotage de la science" et d'une "politique scientifique" sont si importantes, si nécessaires. Voilà pourquoi la question du financement et des orientations de la recherche publique sont si cruciales, si vitales. Voilà pourquoi le politique, les chercheurs et les citoyens doivent s'emparer de ce débat, sans qu'aucun ne vienne déposséder l'autre de ses prérogatives. Voilà pourquoi les chercheurs et les citoyens ne peuvent pas laisser le politique faire n'importe quoi. Voilà aussi pourquoi certains engagements pour la recherche et l'enseignement supérieur m'apparaissent, bien au-delà des intérêts corporatistes qui les meuvent, plus que d'autres légitimes.

***au moment où je publie ce billet, rien n'indique que le blog de Sergei Brin ne soit pas un faux. Mais rien n'indique non plus le contraire :-).

Le poids des mots marchands.

J'aborde souvent, avec mes étudiants ou lors de formations, la question de la marchandisation de l'indexation (liens sponsorisés). J'en profite (quand j'ai le temps ...) pour pointer les dérives malheureusement consubstantielles à ce processus. Je cite souvent en exemple les achats électoraux de l'UMP au moment de la crise des banlieues ou bien encore à l'époque de l'affaire des caricatures du prophète Mahomet. L'actualité vient de me fournir un nouvel exemple pour mes prochains cours. Le mot en question est cette fois : Avortement (abortion). Et la question posée la suivante : les militants anti-avortement ou les lobbys et groupes de pression religieux peuvent-ils acheter ce mot à des fins publicitaires ? Jusqu'ici la réponse était non. Comme le rappelle le NYTimes qui relate l'affaire, l'achat de mots-clés sur Google est relativement encadré et soumis à certaines règles : il est ainsi impossible d'acheter des mots-clés pour des produits dérivés d'espèces animales protégées (par exemple : fourrure en poil d'ours des pyrénées) ou d'afficher dans le texte des publicités des incitations à la violence. Bref, une déontologie a minima et condamnée à un perpétuel ajustement. Mais il est des mots-clés tendanciellement neutres pour lesquels le traitement publicitaire peut être lourd de conséquences. Et c'est le cas du mot clé "abortion". Donc suite à un procès engagé contre Google par le Christian Institute, un accord amiable a été trouvé entre les deux. Il sera désormais possible (pour le Christian Institute mais également pour tous les groupes religieux ou sectaires anti-avortement) d'acheter ce mot-clé "comme les autres". La condition fixée par Google et figurant dans les termes de l'accord amiable est la suivante : "le texte des publicités doit être factuel, et non pas graphique ou émotionnel." Naturellement, rien n'est dit en revanche sur le contenu des pages liées ... et inutile de vous dire que dans lesdites pages liées, le Christian Institute  ne se prive pas de jouer sur le registre émotionnel. Ne reste plus qu'à espérer que le planning familial dispose d'un compte Adwords :-(
Moralité ? Tout change. Jusqu'au XXème siècle, les mots avaient un sens, ils ont désormais un prix. Le risque est que dans bien des cas, leur prix ne fixe leur sens commun.

Sauvons le net Européen

Sauvons le net européen !

Important ... Il ne reste plus que deux jours avant le vote. Sur le même thème mais dans un registre plus léger, on ira lire la "Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy" rédigée par l'association « Parents pour la Société de l’Information et de la Communication » (PSICO).

P.S. : pour les plus pressés ou ceux auquels cette bannière ne dirait rien, voir le compte-rendu de l'affaire sur Ecrans.

La gestion de contenu en 2038 (ou à peu près)

============================================================================
L’ensemble du patrimoine écrit planétaire étant désormais numérisé, les supports physiques ont été dématérialisés. Bob Toile, matricule Z3950, né le 5 septembre 2008, prend ses nouvelles fonctions chez Amazoog France.
============================================================================

2038. Paris. Il est 9h00 quand Bob Toile franchit les portes de l’entreprise Amazoog France. Il vient d’être nommé BuMPS : Business Manager of Participatory Streams. Son poste consiste à coordonner la diffusion de l’ensemble des flux de données entrant et sortant de l’entreprise. Et pas n’importe quelle entreprise. Amazoog possède l’ensemble des infrastructure du second réseau : Networld2. L’internet de 1ère génération est mort.
Comme tous les BuMPS, William commence par apposer sa main sur l’interdesk : une table de travail interfacée et interactive. Grâce à la reconnaissance biométrique implantée dans l’interdesk, et aux datapuces sous-cutanées de Bob, il voit instantanément s’afficher ses trois Lifestreams, les trois brins de son ADN numérique. Laissant de côté son Personal Stream (PES) et son Public Stream (PUS), il ouvre son Business Stream. L’interdesk recompose alors instantanément l’ensemble de ses données professionnelles : coordonnées, messages, agenda, tâches, projets mais aussi toutes ses interopdocs en cours (INTERactions OPératoires DOCumentées). Son bureau est juste au dessus de l’archithèque**  intégrée d’Amazoog France. Sept cent téra-octects transitent ici chaque jour. Ils sont une centaine comme lui à coordonner l’ensemble. Entre eux ils se baptisent les « aiguilleurs ». Grâce à l’infrastructure gigantesque dont dispose Amazoog, chaque information, chaque donnée, chaque échange, chaque interaction est stockée en permanence. Bob et ses collègues s’occupent spécifiquement de l’aiguillage des échanges et des interactions. Les anciens « documents » n’existent plus. Entièrement dissous dans la colossale mémoire de Networld2, ils ne sont plus qu’un flux de données en mouvement perpétuel. Mais grâce au travail de Bob ils peuvent être « instanciés », recomposés, reconfigurés à chaque instant, pour être basculés en affichage personnalisé dans l’interdesk du profil qui en fait la demande.
A 13h, Bob descend dans l’archithèque. Chaque succursale d’Amazoog en possède une, de taille variable (bien que toujours colossale). La température y est artificiellement maintenue à 7 degrés pour éviter toute surchauffe. Les murs de ce gigantesque local sont en effet constitués d’un seul et unique interdesk. L’archithèque d’Amazoog France est spécialisée dans la gestion des flux historiques et littéraires. L’ensemble du patrimoine écrit planétaire étant désormais numérisé, les supports physiques ont été dématérialisés. Networld2 les contient tous, et peut sur simple demande les traduire dans toutes les langues parlées sur la planète. Parmi l’ensemble des supports physiques, seuls les livres sont encore systématiquement conservés par enfouissement. A l’échelle de la planète, les réserves d’enfouissement représentent l’équivalent d’un continent comme l’Amérique du sud : à 100 mètres sous terre, d’immenses entrepôts de titanium affichant un degré d’hygrométrie adapté à la conservation du papier. Les anciennes bibliothèques ont été remplacées par des guichets individuels de visionnage répartis dans toutes les rues des grandes villes, pour les gens ne pouvant pas s’offrir d’interdesk personnel. Ces guichets permettent d’adresser une demande d’accès aux différentes archithèques : Bob et les aiguilleurs récupèrent la demande, l’apparient au Personal Stream du profil qui l’envoie et retournent un flux composite avec les éléments nécessaires. Une zone de l’archithèque est réservée aux versionneurs. A l’inverse des BuMPS ils n’ont pas la possibilité d’interférer sur la circulation des flux. Leur travail consiste à maintenir des flux stabilisés et en nombre suffisant pour satisfaire aux requêtes les plus courantes adressées à l’interdesk central.
Vers 18h en sortant du travail, Bob jette un œil distrait au fronton du bâtiment d’Amazoog où scintille la devise de la firme. « Your Lifes. Our Memory. »

Vos vies. Notre mémoire.

**Clin d'oeil et excuses à Jean-Michel Salaün à qui j'emprunte, pour le détourner, le concept d'archithèque.

 

================================
Texte "de commande", paru dans la revue Documentaliste, Sciences de l'information, vol. 45, n°3, Août 2008, p.82

Petit lien du Week-End : People Quizz de l'infodoc

Quizz : quel est le point commun entre :

  • Alain Juillet, Haut responsable à l'Intelligence Economique
  • David Liziard , conservateur de bibliothèque et fondateur-administrateur de Bibliopédia
  • Féral-Schuhl Christiane, avocate spécialisée dans le domaine des nouvelles technologies, Présidente de l'Adij
  • Chartron Ghislaine, Directrice, Institut national des techniques de la documentation
  • Mercier Silvère, bibliothécaire et animateur du blog Bibliobsession
  • Authier Michel, sociologue, cofondateur de Trivium, inventeur des "arbres de connaissance"

?? Langue au chat ?? Et bien ils sont tous en course pour devenir "la personnalité marquante de l'infodoc de l'année". Que mes fans se rassurent, j'y suis aussi. Alors voilà. Vous pouvez voter. A prendre pour ce que c'est : un inventaire à la prévert qui fera (probablement) sourire les initiés et permet de sortir un peu de l'austérité habituelle de l'excellent Archimag. Et bientôt dans Voici Archimag : "Le fils caché de David Liziard et Ghislaine Chartron est membre d'une secte de bloggueurs archivistes satanistes", ou encore un dossier spécial "Où croiser les stars de l'infodoc cet été ?".
Enjoy :-)

Portrait : bien brossé ou mal rasé ?

Soudain, un type mal rasé surgit dans la rubrique "Portrait" de votre magazine Archimag. Et ben c'est moi. Merci à Guillaume Nuttin pour cet entretien et sa restitution.

"Less code. More Data."

J'ai retenu trois phrases-clé de la vidéo de la table-ronde réunissant Howard Bloom, auteur deThe Evolution of Mass Mind from the Big Bang to the 21st Century, Peter Norvig, Directeur de la recherche chez Google Jon Udell, "Evangeliste" chez Microsoft et Prabhakar Raghavan, Head of Research and Search Strategy chez Yahoo!.
Première phrase clé : "Moins de code, plus (+) de données".
L'idée notamment exprimée par Peter Norvig (mais faisant l'unanimité chez les autres), est que si nous avons suffisamment de données, nous n'avons plus besoin "d'intelligence". C'est pour lui l'avenir proche de l'intelligence artificielle. Non plus singer le fonctionnement de l'esprit humain et ses capacités de raisonnement, mais s'appuyer sur l'étendue des données, des données toujours plus "intelligentes" (intelligence étant probablement ici à entendre dans le sens de l'intelligence d'un organisme en croissance exponentielle, c'est à dire sa capacité à embrasser un nombre toujours plus grand de ramifications, de recoupements, dont émergent au final des motifs ("patterns"), des représentations directement interprétables ou signifiantes. Je n'ai pas le temps de vous les retrouver mais nombre d'observateurs francophones se sont déjà exprimés sur ce "Web of Data" et sur cette "intelligence des données" (jetez un oeil chez Got et ses petites cases, dans la maison "InternetActu" d'Hubert ou encore chez Christian Fauré)
Deuxième phrase clé : "We don't need taxonomy of knowledge. We need taxonomy of desire".
Cela renvoie à toutes les analyses dérivées de la "base de donnée des intentions" de John Battelle. P. Raghavan parle également de la création d'une "place de marché des intentions" (A marketplace of intent).
Troisième phrase clé : "From a world wide web to a web wide world".
C'est cette fois Nova Spivack (modérateur de la conférence) qui s'exprime et souligne la migration du web "dans" le monde réel (cf mes propres analyses sur la dérive des continents documentaires et le passage du World Wide Web au World Life Web).

Concernant le web sémantique, Peter Norvig rappelle qu'il y a troies voies pour atteindre le web sémantique : les bases de données structurées, les formats particuliers (rdf) et ... les contenus. Les textes. Les écrits. Pour lui, la vraie sémantique est là. Dans les textes. Et là encore, pour pouvoir extraire cette sémantique, il (leur) faut d'immeeeeeeenses gisements de données textuelles. GBS ?

Printipédia.

L'éditeur, l'encyclopédiste et le moteur.

09102 Bertelsmann vient de sortir une version imprimée de la Wikipédia. Et Techcrunch ReadWriteWeb pose la bonne question : "pourquoi ?" Probablement pour ce que l'on appelle un "coup" d'édition. De quoi faire parler de soi. Pour le reste, il vous en coûtera 19.95 Euros pour 992 pages (en allemand donc). Un euro sur chaque vente sera reversé à la fondation Wikimedia. 19.95 euros pour vous. Un euro pour la fondation. Probablement une douzaine d'euros de marge pour l'éditeur. Le plus intéressant dans cette affaire, le plus vertigineux aussi, c'est que lorsque l'on clique sur l'image de Wikipedia sur le site de Bertelsmann, on se trouve propulsé ... dans l'interface de Google Book Search. Etonnante mise en abyme : plusieurs millions de pages numériques librement accessibles et consultables d'un côté dans Wikipédia. 992 pages papier de l'autre pour presque 20 euros. Et un aperçu de quelques centaines de pages de l'ouvrage papier (je n'ai pas compté combien de pages étaient effectivement disponibles dans Google Book Search ...) gratuitement consultables dans le moteur.
Je résume : un moteur de recherche me permet de consulter gratuitement une partie d'un livre payant, lequel livre est en fait un extrait payant d'un corpus encyclopédique gratuit beaucoup plus large et par ailleurs consultable gratuitement sans passer par les extraits du moteur de recherche gratuit ou l'extrait papier payant. Une aspirine ?

<Update suite au commentaire de Michel> C'est n'est effectivement pas un "extrait imprimé" mais carrément un lexique - par ailleurs entièrement téléchargeable - reprenant les 20.000 entrées les plus lues dans la Wikipédia allemande. Concernant la question des auteurs, je vous renvoie à l'analyse d'Hervé Le Crosnier déjà signalée ici mais noyée dans mon billet de rentrée. </Update>

<Update toujours> Voir aussi la synthèse proposée par Jean-Michel Salaün. </Update>

Personnel qualifié

La campagne de qualification aux fonctions de Maître de Conférences est ouverte depuis le 9 septembre.
La procédure officielle est décrite sur le site du ministère des médailles en chocolat, ainsi que le calendrier des étapes.
Pour le reste :

Bonne chance à tou(te)s ... surtout dans le contexte actuel ... cf la dernière prise de position du CNESER.
Attention : la procédure de qualification ne change pas, mais au moment de l'arrivée sur le marché des futurs qualifés, la procédure de recrutement sera modifiée dans l'essentiel des universités françaises, suite à la loi LRU et au remplacement des commissions de spécialistes par les comités de sélection. Pensez donc à vous renseigner également sur ces "nouvelles modalités" et surtout sur la "nouvelle composition" des comités de sélection.

Par ailleurs, je vous invite à lire ce texte qui démontre assez clairement le niveau d'escroquerie intellectuelle relatif à l'annonce des derniers chiffres du budget de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Indexation : Google a l'écoute.

Non non. Il n'y a pas de faute d'orthographe dans le titre de ce billet. Google n'est pas "à" l'écoute (quoi que ... mais c'est une autre affaire), mais Google dispose désormais de la capacité d'écoute en termes d'indexation. Plus concrètement, il s'agit "simplement" d'indexer, dans des vidéos ou des fichiers audio, le contenu desdites vidéos ou fichiers, "mot à mot". Ce qui permet donc à l'utilisateur de faire une recherche "mot à mot" directement dans lesdits fichiers. Démonstration. Le dispositif pour l'instant expérimental (il est encore rattaché aux Google Labs) ne tourne que sur les discours et vidéos politiques des prétendants à la maison blanche. Cette nouvelle est d'importance car l'indexation vidéo est un enjeu primordial pour les acteurs de la recherche d'information. Primo car les contenus vidéo explosent littéralement sur le net (avec d'ailleurs un impact important sur la gestion de la bande passante). Deuxio parce qu'offrir un accès "profond" à ces contenus sans changer les habitudes et les modalités de requêtage des internautes constitue la promesse d'un nouvel eldorado publicitaire.

Technologies de l'artefact : rebonds ...

Ma petite analyse de l'autre jour à propos des technologies de l'artefact et de la nécessité de (re)bâtir une heuristique de la preuve, de développer les outils et d'enseigner les méthodes d'une rétro-ingénierie documentaire, ma petite analyse de l'autre jour disais-je, trouve un écho dans un article paru dans l'édition du Monde du 10 septembre. Elle est également relayée par Narvic (dont je recommande la lecture pour ceux qui ne connaissent pas encore son blog).

<Update de 5 minutes plus tard>à lire aussi - je ne l'ai pas encore fait - "Les bidouilleurs de la société de l'information" dans le dernier Monde Diplo </Update>

La recherche de blogs : pistes pour demain.

Compte-rendu de lecture de l'article : Hearst M., Hurst M., Dumais S., "What shoulg blog search look like ?" (.pdf)

Si cet article a attiré mon attention, c'est pour plusieurs raisons, et tout d'abord le "profil" de ses trois auteurs. L'article est en effet rédigé par Marti Hearst, professeur à Berkeley et spécialiste de la navigation et des interfaces "à facette", Susan Dumais (Microsoft), inventeur de l'indexation sémantique latente et spécialiste des interactions homme-machine, et Matthew Hurst (Microsoft), blogueur et inventeur du remarquable outil BlogPulse.

L'article part d'un constat : les outils actuels de recherche de blogs n'exploitent pas les fonctionnalités structurelles spécifiques de ces plateformes. Ce constat peut - de mon point de vue - être discuté dans la mesure ou les usagers (sauf certains geeks et professionnels de l'info) ne feraient probablement pas trop usage de fonctionnalités de recherche avancées.
Deuxième constat plus intéressant et qui nous en apprend beaucoup sur la manière dont les gens "cherchent" de l'information : l'article mentionne une étude portant sur 500 requêtes prises au hasard et qui les décompose comme suit : 52% contiennent des noms "d'entités nommées" (des personnes, des produits, des entreprises). Sur les 48% restant, 25% expriment des requêtes de "haut-niveau" (les exemples donnés sont "stock trading" "gay rights"). Les derniers 23% sont des requêtes navigationnelles et des requêtes "adultes", auxquelles s'ajoutent un petit lot d'inclassables. L'étude citée comprend une autre info intéressante : ses auteurs ont établi que concernant les requêtes sur des entités nommées, le "besoin" des requêtants était en général de voir ce qui se disait (sur le web, dans la presse) de l'entité en question, au moment de la requête. Bref, du requêtage dans une logique de "recherche d'actualité". Par ailleurs, 20% des requêtes les plus populaires étaient corrélées à une actualité récente. Bref encore, les usagers vont sur le Net pour les même raisons qu'ils se rendent dans des maisons de la presse : l'actualité, l'actualité, l'actualité.

L'article revient ensuite sur les caractéristiques propres de l'information publiée sur les blogs : l'unité n'est plus la page HTML mais le billet, le ton est souvent plus personnel, les opinions dominent l'information, etc. Les auteurs proposent alors de se focaliser autour de 3 scénarios :

  • "Find out what are people thinking or feeling about X over time.
  • Find good blogs/authors to read.
  • Find useful information that was published in blogs sometime in the past."

Je serai tenté de résumer ces trois scénarios par 3 mots-clés :

  • Hubs (vue la plus large possible de points de vue sur un sujet, approche synchronique),
  • Authorities (repérage de blogs "de confiance")
  • et Trends (vue diachronique d'un sujet).

Tout le monde aura reconnu derrière les deux premiers scénarios la patte de Kleinberg, rien de très nouveau donc, mais une bonne grille d'analyse.Voici les pistes proposées par les auteurs pour chacun des trois scénarios :

  • Scénario 1 : l'objectif est d'aider les "market researchers" à utiliser "the results of sentiment mining (...) to help get a timely understanding of reactions to products and policy proposals alike." La solution proposée est la suivante : "It should organize and aggregate the results better, and by having a focus on author information, including who has commented on the post, and who
    has blogged about the post.
    "
  • Scénario 2 : l'idée est ici clairement d'instrumentaliser le processus de sérendipité qui joue à plein pour l'identification de blogs de référence (par l'exploration des blogrolls notamment). Les annuaires de blogs ne semblant pas (plus ...) être capable de proposer des pistes fiables et étant délaissés par les utilisateurs. Les pistes proposées sont au nombre de trois. Primo : une caractérisation de la qualité des blogs sur la base d'une analyse quantitative et d'une identification des contenus "originaux" et des contenus "repris". Deuxio : "Subtopics within topics. A reader may want to find blogs that provide high-quality commentary on one topic specically within a general subject area, for example, commentary on a particular television show or on a particular model of motorcycle. Often these are interspersed with high-quality commentary on other related topics, such as other TV shows or other vehicles. A blog selection interface should allow for the automatic creation of a feed reader on only the subtopics of interest across several high-quality blogs simultaneously, with little or no additional work needed on the part of the user." Ce qui est ici décrit ressemble furieusement à ce que Wikio met en place depuis déjà pas mal de temps dans sa page "catégories" avec autant de fils RSS que de sous-catégories. Tertio : la caractérisation fine des auteurs et des lecteurs du blog, caractérisation construite autour des questions suivantes (je souligne celles qui me paraissent les plus prometteuses mais aussi les plus délicates à "mesurer") : "Who are the people who do the interacting on the blog, including in comments ? Whom does the blog link to, and which others are linked to it ? What forms of media link to it ? How many people write for this blog? What are
    their reputations
    ? How many people post comments for the authors of the blog? What is the quality of the comments ? Does this blog link to others with similar or different viewpoints ?
    " A noter que sur ce dernier point, une approche façon "controverse" telle qu'elle est mise en place (manuellement) par SmallBrother.info me semble très intéressante.

Avant d'aborder le dernier scénario, les auteurs proposent la mise en place d'une interface "à facettes" pour résoudre les problèmes à multiples dimensions posés par la recherche de blogs. On aurait notamment une facette "sociale" pour en savoir plus sur les auteurs et les commentateurs de blogs, et une autre facette davantage orientée "typologie des blogs" (tiens, tiens ...), une typologie qui là encore est le centre névralgique de l'approche (et du succès) de Wikio, via son célèbre classement. L'article relève la difficulté de faire entrer un blog dans une catégorie et une seule en fonction de son contenu (beaucoup de blogs traitant de beaucoup plus d'une seule thématique), difficulté augmentée par d'autres catégorisations possibles (en fonction de l'audience, du rattachement institutionnel, etc ...) et il propose 4 pistes pour affiner et produire des typologies pertientes et adaptées :

  • "standard text classification" : avec des trucs du genre "sérieux", "ironique", "artistique" ... De fait, les outils de l'ingénierie linguistique permettent aujourd'hui de "parser" des contenus pour en extraire des "tendances stylistiques". Il serait intéressant de les faire tourner sur un corpus large de blogs (par exemple ceux du classement wikio) pour voir le résultat et affiner les appartenances actuelles de tel ou tel blog.
  • "filtrage collaboratif" : un grand classique. Permettre aux gens de soumettre leurs blogs préférés en les rattachant à des blogs existants et déjà "catégorisés" ou "typologisés".
  • "sélection implicite" : plus osé (mais bien dans la ligne d'un web implicite de plus en plus présent ...). Il s'agirait en fait de "pister" les comportements de navigation pour ensuite implémenter un système de recommandation plus ou moins personnalisé.
  • "requêtes descriptives" : l'idée serait ici d'analyser les requêtes pour proposer, par exemple, des blogs "humoristiques" à quelqu'un qui tape "faites-moi rire avec mon divorce", ou des blogs plus sérieux et à dominante juridique à quelqu'un qui tape "comment choisir un avocat pour mon divorce".

Au final, même si l'article ne dit rien du "comment faire" (du fait des enjeux commerciaux et des brevets probablement déjà en cours de dépôt sur ces questions), il fourmille de pistes intéressantes.
M'est avis que Pierre Chappaz ainsi que le nouveau conseiller scientifique de Wikio et l'équipe prometteuse des Wikio Labs devraient y trouver quelques idées à creuser. Disons que ce sera là ma première contribution au dîner parisien de demain ;-)

// Temps de rédaction de ce billet : 2h30 //

Culture informationnelle, fracture cognitive, redocumentarisation de soi et plus si affinités.

Quelques extraits de mon intervention de vendredi dernier à propos des technologies de l'artefact et de la capillarité :

  • à propos des réseaux sociaux et du processus de redocumentarisation : "Dans le monde réel, nous disposons tous de « documents d’identité », factuels, lesquels documents et identités peuvent être « documentés » de différentes manières, par exemple par des services de police ou par les services sociaux. Dans le monde « virtuel », les sites de réseaux sociaux comme Facebook permettent de redocumentariser notre identité connectée, qu’elle soit ou non en adéquation avec notre identité réelle : la description identitaire est ici fragmentée, enrichie et complétée par d’autres. « Je » me définis par la manière dont je me décris mais également par la nature de mes relations, des réseaux auxquels j’appartiens, des opinions des « groupes » ou des « communautés » que je fréquente. Cette redocumentarisation particulière est à la fois très frappante et très prégnante du fait de l’essor et de l‘engouement auprès des publics jeunes des sites de réseaux sociaux. Ce qui permet d’indiquer que pour la première fois à l’échelle de la culture informationnelle, le premier terrain documentaire, c’est celui de ma propre subjectivité. C’est « moi ». L’une des toutes premières explorations documentaires de ces publics n’est plus celle d’un document physique ou même numérique : c’est celle de leur subjectivité connectée. Ceci peut peut-être expliquer un certain nombre de changements, de dysfonctionnements, de naïvetés constatées dans l’approche qu’ont les étudiants et les publics « novices » du « fait » documentaire. Une autre manière de voir les choses est de se dire que c’est là un retour au « Je suis moi-même la matière de mon livre » de Michel de Montaigne. A cette différence qu’en s’inscrivant sur Facebook à 15 ans, on n’a que très peu souvent conscience d’entrer en documentation de soi."
  • à propos de l'éducation à l'information : "il faut arriver à structurer un enseignement, une « éducation à l’information » qui accepte de s’affranchir de ses habituels repères euclidiens pour réorganiser ses fondamentaux selon troix axes. Primo : les pratiques individuelles sont indissociables de leur inscription communautaire. Deuxio : les typologies des contenus documentaires sont pour partie à revoir (à l’aune des critères précédemment énoncés). Tertio : le double mouvement de massification des accès et de marchandisation des pratiques (et des accès) conditionne l’ensemble dans le contexte d’une « économie sociale des documents numériques »."
  • à propos d'une possible fracture cognitive : "la vocation des filtres technologiques (navigateurs, agrégateurs, moteurs de recherches ...) est de disparaître ou de s’intégrer : intégration dans des artefacts technologiques plus anciens ou mieux maîtrisés, ou intégration qui peut également passer par une externalisation du service produit. Mal analysé, cet affaiblissement constant des « barrières » technologiques peut avoir un effet de contamination problématique : si on ne pense pas la culture de l’information en s’inspirant des leçons précédentes, le risque est de voir la même culture de l’information transporter des pratiques « n-1 » dans des environnements technologiques « n+1 ». En d’autres termes, le risque est de créer au mieux un décalage (effet retard ou effet diligence selon Perriault) et au pire une fracture cognitive."

Le texte intégral de mon intervention est disponible Téléchargement oegrcdi.rtf . Soyez indulgent, il ne s'agit pas d'un "article scientifique" mais d'un simple texte d'accompagnement. Il a juste pour vocation de vous permettre de mieux cerner le contenu de chacune des diapos de ma présentation. Laquelle présentation est également téléchargeable : Téléchargement oegrcdi.ppt (et sera bientôt sur Slideshare dès que le service voudra bien fonctionner).

Le petit lien du Week-End

Vieillissement annoncé de la population ... des super-héros. Perso j'ai un petit faible pour Thor et Aquaman.

(Via KJB)

Technologies de la capillarité et de l'artefact.

Je suis en train de préparer une intervention que je ferai ce vendredi 12 Septembre lors d'un séminaire organisé à Rennes. Le thème est le suivant : "Contextes est enjeux de la culture informationnelle, approches et questions de la didactique de l'information."
Mon intervention "Redocumentatisation du monde et culture informationnelle", peut être ainsi résumée : "quelles grandes évolutions affectent les processus documentaires, les technologies et les usages informationnels ? Quelles leçons peuvent en être tirées pour la réflexion sur la culture informationnelle ?"
Vaste programme donc ... L'occasion d'aborder deux "notions" qui m'apparaissent aujourd'hui essentielles et que je vous livre "brutes de décoffrage".
La première c'est le passage des "technologies de l'intelligence" (pour reprendre l'expression de Pierre Lévy), aux "technologies de la capillarité". La capillarité, nous apprend Wikipédia, est "l'étude des interfaces entre deux liquides non miscibles, entre un liquide et l'air ou entre un liquide et une surface." Cette emprunt au vocabulaire de la physique me permet de décrire la logique actuelle d'enregistrement et de conservation par les moteurs de recherche, de toutes les traces, actions, documents et comportements qui caractérisent et marquent notre présence connectée. Captation, par capillarité donc, de tout ce que rend possible la confusion des pratiques que génère la redocumentarisation globale du net et la dérive des continents documentaires qui le composent. L'objectif est simple : la constitution d'une base de donnée des intentions. Dernier exemple en date, le lancement très controversé de Google Chrome qui, par capillarité, agrège, rassemble et mixe des informations en provenance de sphères informationnelles jadis distinctes et non-miscibles.
La seconde c'est le passage des artefacts technologiques (navigateurs et interfaces d'accès au sens large + programmes (algorithmes) et bases de données et d'index au sens large) aux technologies de l'artefact. Ces technologies de l'artefact sont celles qui rendent possible, pour l'amateur, la création de représentations volontairement altérées et artificielles de la réalité dans une recherche (une "mimesis") de la vraissemblance. Parmi ces technologies de l'artefact (de l'artefacture dirait probablement Bruno Bachimont), on pourra citer en exemple les "Photoshop Naked Contest", les "Fake Vidéos" (comme celle de l'étoile noire volant au dessus de San Francisco), cette application permettant à tout le monde de vieillir instantanément une photo, les guerres d'édition et les tentatives de redocumentarisation déviantes sur Wikipedia. Ces technologies de l'artefact réclament d'urgence la construction d'une heuristique de la preuve, de la traçabilité de la preuve, une heuristique qui tienne compte de ces phénomènes, qui les explicite, et qui permette (c’est le plus délicat) de les « monitorer » non pas tant en temps réel mais bien a posteriori, c'est à dire dans l'optique d'une rétro-ingénierie documentaire. Une approche enfin qui tienne compte de la babélisation des expertises et qui redonne à chacun, à chaque contenu, à chaque fragment de contenu, la part d’autoritativité** qui lui incombe, et celle-là seule.
Naturellement si cela vous inspire des commentaires, ils sont ouverts :-)

**Définition de l'autoritativité par Evelyne Broudoux : "attitude consistant à produire et à rendre public des textes, à s’auto-éditer ou à publier sur le web, sans passer par l’assentiment d’institutions de référence référées à l’ordre imprimé."

Une histoire de l'Internet

A découvrir sur le site de la NSF, une histoire de l'Internet très bien "mise en scène web", avec plein de vidéos des différents acteurs et pionniers de la chose et tout un tas de petites animations très pédagogiques.
Dans un genre plus "français", on se reportera à l'énorme travail mis en ligne par Alexandre Serres (ainsi qu'à sa thèse désormais accessible) de l'Urfist de Rennes, un travail récemment remanié.

Université : may the (rapport) Schwartz be with you.

Allez savoir pourquoi, mais c'est toujours au début de l'été, quand la plupart des concernés sont en vacances (oui je sais, c'est mal), que paraissent et sont remis au ministère les rapports décidant de leur avenir (aux concernés). Probablement pour leur laisser le temps de lire attentivement lesdits rapports. Je ne voie aucune autre raison possible ... Bref, le rapport Schwartz ou "rapport de la Commission de réflexion sur l’avenir des personnels de l’Enseignement supérieur" a été remis le 8 Juillet à Valérie Pécresse. Il est téléchargeable sur le site de SLR en .pdf. 169 pages de bonheur. Les recommandations proprement dites ne commencent qu'à partir de la page 121 et elles sont au nombre de 52, concernant tous les personnels, et tous les aspects du métier (recrutement, salaire, promotion, évaluation, part de l'enseignement et de la recherche, etc ...). En voici quelques-unes :

  • "Réduire la charge d'enseignement pour les McF nouvellement nommés" : vieux serpent de mer. Le problème c'est que les McF nouvellement nommés le sont très souvent sur des profils de poste dont l'exigence première est celle des besoins d'enseignement (en IUT notamment, principale filière d'entrée pour les aspirants McF, en tout cas dans ma discipline), et que les vieux barbouzes ou mandarins considèrent comme un déshonneur manifeste l'enseignement dans des filières en dessous du Master.
  • "Permettre la modulation du temps de service des enseignants-chercheurs en fonction des trois grands domaines : enseignement, recherche et ... administration." Là encore, vieux, très vieux serpent de mer. Mais qui a cette fois toutes les chances de passer. Feu le rapport Belloc préconisait la même chose mais de manière plus abrupte : il s'agissait en gros de créer trois "classes" d'enseignants-chercheurs : les enseignants, les chercheurs, et les administratifs. In fine, c'est au même résultat qu'aboutiront les préconisations du rapport Schwartz. Et les "garanties d'encadrement" et autres "assurances sur la transparence de la définition de ces missions" n'y changeront pas grand-chose. Sur ce point précis, une chose m'échappe encore, pourquoi s'évertuer à faire faire des tâches administratives à des gens que cela enquiquine prodigieusement et qui n'y connaissent pour l'essentiel (et pour la plupart) rien du tout (les enseignants-chercheurs), au lieu de recruter des administratifs compétents pour le faire ??? Dans le rapport Schwartz, ce sont les CA (donc le président) qui décideront de cette "répartition des obligations de service". Et là encore, il y a fort à parier que ce sont les jeunes McF qui devront se coltiner de nouveaux genres de postes à profil ... administratif. Vous me direz, faut bien employer tous ces thésards en lettres. Et y'a pas autant de places de profs de lettres à l'université que de thésards. Par contre, y'aurait effectivement plein de postes pour gérer la partie administrative de différentes filières. Oups. Je crois que je viens de répondre à la question que je posais quelques lignes plus haut ... le suite est limpide et c'est d'ailleurs la proposition numéro 10 du rapport Schwartz :
  • "Proposer un temps partiel aux enseignants-chercheurs qui ne rempliraient pas l'ensemble de leurs obligations." Traduisez : puisque personne (à part quelques masochistes) ne voudra se coller des "obligations de service" comprenant 80% de tâches administratives, se laisser la possibilité de créer des mi-temps administrativo-thérapeutiques. Autre piste de lecture : vous faîtes une thèse en sociologie. Vous êtes recrutés sur un profil qui vous impose de faire 70% de tâches administratives. Ca vous gave et vous essayez, une fois recruté, de faire bon an mal an un peu plus de recherche et d'enseignement. PAF. "Vous ne remplissez pas l'ensemble de vos obligations". PAF. "Temps Partiel."
  • Je partage entièrement en revanche les recommandations 13 et 14 (page 127 du rapport) sur la procédure de recrutement. Je regrette juste que le rapport Schwartz ne mentionne pas que l'idée vient de Baptiste Coulmont et est opérationnelle depuis déjà deux ans sur le Wiki Auditions ;-)
  • "Créer une habilitation à diriger les enseignements sur le modèle de l'habilitation à diriger les recherches" : pas idiot. Même si cela contribuera inexorablement à accentuer la frontière entre les enseignants-chercheurs qui enseignent et les enseignants-chercheurs qui cherchent. En même temps, pour le coup, j'avoue qu'en l'état actuel des choses, s'investir administrativement dans le montage de projets d'enseignement équivaut à se tirer une balle dans le pied du point de vue de sa progression de carrière.
  • Au final le rapport Schwartz est plein de bons sentiments. On y trouve même quelques bonnes idées qui dépassent les traditionnels clivages politico-idéologiques. Mais le rapport Schwartz ne dit rien du "comment", laissant probablement ce soin à la ministre commanditaire qui fera son choix dans la liste des 52 recommandations. Attendons donc de voir ce qui sortira de tout cela. Mais il ne serait pas aberrant que la communauté universitaire dans son ensemble profite de ce retour de vacances pour se plonger attentivement dans les 52 propositions du rapport et pour les commenter publiquement. En la matière, ce ne sont pas les espaces de discussion qui manquent.

P.S. : pour celles et ceux que le titre de ce billet intriguerait ...

Bureau d'enregistrement des anomalies numériques publiques.

============================================================================

Ci-dessous la traduction (autorisée) d'un billet de Phillip Lenssen daté du 25 Juillet 2008

===========================================================================

Date: 7 Août 2032
From: Bureau d'enregistrement des anomalies publiques.
Subject: Notification.

Cher citoyen,

Comme vous le savez, depuis l'acte des enregistrements publics de 2030, tous les citoyens sont soumis à un contrôle régulier des anomalies. Ce contrôle s'effectue via la collecte et la fouille de vos traces numériques sur les sources publiques uniquement. Selon nos conclusions, qui sont exactes dans  99.5% des cas, donc légalement admissibles comme preuves au-delà de tout doute raisonnable, nous en sommes venus aux conclusions suivantes : 

  • Vos 56 critiques et évaluations de livres sur Amazon : le choix des livres consultés aussi bien que les critiques exprimées portent notre système à croire que vous faites preuve d'un intérêt supérieur à la moyenne pour les sujets et opinions anti-gouvernementaux. L'horodatage de vos consultations atteste d'une activité essentiellement nocturne, ce qui est souvent l'indicateur du comportement d'une minorité.
  • Vos 4,550 commentaires FriendFeed : par l'analyse de votre style d'écriture et de sa fréquence, notre système conclut qu'il y a une forte chance d'anomalie.
  • Vos 28 albums photo publics sur Picasa contenant 2,050 photos : notre technologie de reconnaissance de forme indique à notre système que vous êtes susceptibles d'avoir un comportement criminel. De plus, notre technologie de reconnaissance faciale appliquée aux personnes présentes sur vos photos nous ont permis de les identifier et de fouiller également dans leurs données en ligne.
  • Vos 38 billets de blog et les 8,014 commentaires postés sur d'autres blogs : la catégorisation automatique de vos sujets de prédilection montre une très forte corrélation avec les sujets de prédilection d'anciens criminels. Notre système conclut donc à une intention criminelle au dessus de la moyenne.
  • Vos 6,600 votes sur des sites sociaux tels que Digg et Reddit : Votre implication dans un très grand nombre de sujets et d'articles politiques, incluant vos votes en faveur d'opinions potentiellement anti-gouvernementales ou d'autres sujets criminels, a envoyé une alerte à notre système.
  • Vos 3 vidéos YouTube enregistrées avec une webcam : un algorithme de reconnaissance vocale montre des signes de détresse vocale qui corroborent les autres observations sus-mentionnées.
  • Votre profil public affiché sur un réseau social : nous avons dépisté vos hobbies et centres d'intérêt et trouvé 5 indicateurs de forte anomalie et de comportement potentiellement dangereux.

Par ailleurs, nous avons pisté 45 autres sources de services publics, incluant les citations et mentions qui sont faites de vous, notamment dans les blogs, les forums et les réseaux sociaux.

Avec ces informations, comme la loi nous y autorise, nous avons ordonné la captation d'autres données personnelles de sources non-publiques, incluant - de manière non-limitative - vos couriers électroniques stockés chez votre fournisseur d'accès, vos brouillons de couriers électroniques, vos historiques de recherche remontant aussi loin qu'ils ont été stockés, vos logs de clavardage, la liste des sites auxquels vous vous connectez régulièrement pour établir votre comportement de navigation, vos données médicales numériques, ainsi que la liste de toutes les transactions bancaires effectuées sur des sites marchands utilisant les systèmes de paiement PayPal ou GoogleCheckOut.

Selon l'analyse cumulée de ces 34 266 données nous concluons que vous êtes fortement susceptible ou probablement sur le point de commettre un acte criminel. Nous sommes donc forcés d'en référer aux autorités compétentes pour qu'elles donnent suite à ce dossier.

Ceci est un message automatique. Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce vous avez dit ou écrit sur Internet durant les 35 dernières années pourra être utilisé contre vous.

Salutations.
Le Bureau d'enregistrement des anomalies publiques.
Protéger les citoyens du monde entier.

============================================

Google Books : un appétit de Lyon.

Impossible de faire l'impasse sur cette nouvelle d'importance. Et c'eût été dommage de la noyer dans le fatras des petits billets de rentrée ... donc ...
Cela fait déjà longtemps qu'on en parlait, c'est désormais chose faite. Le dernier petit village gaulois résistant encore et toujours au grand numérisateur d'outre-atlantique ... ne résiste plus. Google numérisera le fonds des 500 000 ouvrages de la BM de Lyon. Cela devrait lui prendre 10 ans. Voici quelques billets incontournables pour comprendre les enjeux de ce nouveau contrat : Alain Pierrot et BiblioFrance. Je rappelle simplement qu'avec le retrait de Microsoft du marché de la numérisation d'ouvrages libres de droits (arrêt du programme Live Book Search) confortant la situation de monopole de Google (exception faite de l'OCA qui n'a cependant pas les mêmes finances et donc le même rythme de croisière ni la même force de frappe), et avec les temps de disette culturelle qui se confirment chaque jour davantage, la question d'une alternative publique "crédible" ne méritera bientôt - hélas - même plus d'être posée. Faute de grives ... on pourra toujours s'occuper en relisant divers guides de bonnes pratiques pour une numérisation réussie ...

Sur ce sujet, prenez également le temps de lire la réaction en forme de coup de gueule de Jean-Claude Guédon, postée sur Biblio-fr, dont je reproduis ici un (large) extrait et que je partage entièrement (cf mes nombreuses alertes à propos du risque d'un eugénisme documentaire):

  • " (...) La numérisation à la Google est un piège. En effet, le document numérisé demeure la propriété de Google et la bibliothèque impliquée doit empêcher tout autre moteur de recherche autre que Google d'indexer sa collection numérisée. En d'autres mots, Lyon pourra consulter la version indexée en interne, et ne pourra exposer au reste du monde que du "papier numérique" (pages images). Il est vrai que nous aurons ainsi accès à des milliers de livres rares, mais ces ouvrages ne seront disponibles que sous la forme de pages-images que l'on ne pourra que lire. Toute recherche plein texte devra s'effectuer par le truchement du site de Google. Toute autre opération sur le texte sera impossible, sauf à refaire le travail de reconnaissance des caractères. Bref, le "cadeau" de Google, c'est un document numérique aussi proche du papier que possible. (...) Ce que Google recherche actuellement, c'est un monopole sur la capacité d'appliquer toute forme d'algorithmique à la documentation numérique mondiale. En bref, Google veut devenir le système d'exploitation de la documentation numérique et pourra ainsi contrôler toutes les opérations de récupération, identification, analyses sémantiques, etc. que l'on peut effectuer ou imaginer dans le monde numérique. Il y va de la mémoire collective de tous les peuples; il y va aussi de l'accès à l'information (et sa manipulation), etc. Bref, il y va de conséquences fondamentales pour la culture et la vie politique mondiale. Bravo, Lyon ! Vous voilà complice d'un magnifique holdup culturel !
    Une alternative beaucoup plus intéressante aurait été L'Open Content Alliance. C'est un peu moins efficace, un peu plus coûteux, et un peu plus lent, mais c'est entièrement libre. Malheureusement, le mirage d'une numérisation de masse rapide et gratuite conduit à ignorer ou négliger les côtés plus subtils du cadeau empoisonné de Google. Google a su produire une offre qui détient un réel pouvoir de fascination pour certains bibliothécaires. C'est regrettable, mais cela révèle aussi les limites de certains bibliothécaires, ceux qui jouent avec Google (comme l'on joue avec le feu) : ce sont de parfait spécialistes des incunables numériques et ils observent l'avenir dans leur rétroviseur (pour
    reprendre une formule bien connue de Marshall McLuhan).

    *Jean-Claude Guédon*
    *Université de Montréal*

Je ne croie pas en revanche (je n'ai jamais cru), comme l'analyse Jean-Michel, que le livre soit une danseuse pour Google, une maîtresse que l'on (qu'il) entretient à fonds perdus. Et ce pour plusieurs raisons que je vais brièvement résumer :

  • Primo, rien dans les pratiques de Google (corporate management) ne laisse place à la notion de "danseuse". Les fameux 20% de temps octroyés aux employés pour qu'ils travaillent sur des projets à eux n'ont de sens que dans la mesure où ils permettent de faire émerger des projets et des applications rentables pour la firme (Gmail, GoogleMaps ...).
  • Deuxio, en accord avec les arguments de Jean-Michel (mettre en place une barrière d'entrée suffisamment haute sur le marché de la numérisation de masse, s'attirer les faveurs d'une partie des intellectuels), le service GoogleBooks tient également une place de choix dans l'écosystème algorithmique de la firme : la base de connaissance ainsi constituée n'est probablement pas étrangère aux remarquables capacités de traduction automatique du même Google.
  • Tertio, même si, comme le note encore Jean-Michel, l'arrivée de Google sur ce marché "n'a pas modifié l'économie du livre, ni celle des bibliothèques", elle a en revanche considérablement fait bouger les lignes. Elle a contraint l'ensemble des acteurs de la chaîne du livre (des éditeurs aux auteurs en passant par les libraires et les bibliothèques) à se (re-)positionner. Davantage encore, elle a pris une place à l'horizon du débat sur la numérisation de masse au regard de laquelle chacun doit placer ses pions et redéfinir ses stratégies dans un mouvement de jeu initié là encore par le même Google et son service GoogleBooks. L'impact sur l'économie du livre et des bibliothèques pourrait dès lors être tout à fait retentissant lorsque le marché de la lecture électronique (liseuses notamment) prendra son véritable essor.

Je pourrai lister d'autres arguments mais ce serait un peu long pour un billet de rentrée, donc je résume : une danseuse qui s'inscrit dans une stratégie globale de management, un danseuse dont les effets d'optimisation sur des services tiers sont certainement importants (d'aussi loin en tout cas que l'on puisse en juger), une danseuse qui modifie les postures et les stratégies d'un ensemble d'autres acteurs, d'individus et de corporations ... ne me semble pas vraiment correspondre à la définition d'une danseuse ;-)

Dans un monde ou la circulation, le flux, prennent chaque jour davantage le pas sur l'inscrit, sur le fixe, le service GoogleBooks, plutôt qu'un danseuse, pourrait rapidement s'avérer être une pièce maîtresse dans le jeu du contrôle de l'accès aux contenus et du formattage des pratiques afférentes.

Et puis encore ... Repérés par Alain Pierrot, ces 3 articles du dernier congrès de l'IFLA dont celui consacré à l'accord de la bibliothèque de Bavière avec Google (.pdf) a retenu mon attention. Il n'offre aucun scoop mais livre une foule de détails intéressants, dont celui-ci :

  • "la coopération entre Google et la BSB implique que, pour la première fois dans l'histoire des bibliothèques allemandes, un projet de numérisation à l'échelle industrielle soit planifié techniquement et logistiquement. Une "sélection" d'ouvrages est faite uniquement en fonction de leur état - et donc la capacité de ceux-ci à être scannés dans une perspective de conservation, et selon certaines exigences de taille et de volumes dues à la technologie de numérisation propriété de Google. (...) Il faut souligner dans ce contexte que le critère "conservation", sous-jacent à la décision de déclarer un ouvrage en état satisfaisant pour être numérisé ou non, a été décidé conjointement par la BSB et Google. En cas de doute, le verdict final est toujours rendu par la bibliothèque. (...) Les normes de qualité fixées en accord avec Google comprennent également une marge de manoeuvre, comme il est d'usage dans ce genre de projets financés par des fonds privés. La BSB a eu la chance de ne pas appartenir aux membres fondateurs de ce projet, lancé par Google en 2004, mais aux membres "tardifs", qui profitent aujourd'hui des ajustements technologiques continuellement apportés par Google."

Navigateur Chromé et WebOS jantes alliage

Attention, ça va buzzer. Google vient d'annoncer (1er Septembre) sur son blog officiel le lancement de son navigateur open source maison. Nom de code : Google Chrome. Le pré-lancement s'est effectué de manière originale via la mise en ligne et la distribution ciblée d'une BD de 50 pages (réalisée par Scott McCloud, une référence dans le domaine) présentant les fonctionnalités dudit navigateur. Le lancement est prévu pour le 2 septembre (aujourd'hui) dans 100 pays. Aucun lien de téléchargement n'est à cette heure disponible.

Les arguments et fonctionnalités mis en avant dans ladite BD sont (seraient ...) :

  • la stabilité (pour éviter les plantages en différenciant et en "autonomisant" chaque onglet comme autant "d'applications"),
  • la rapidité (notamment pour le chargement de java), la sécurité (hum ... hum ...),
  • la perfectibilité (Chrome est Open Source et a bénéficié de la large communauté de développement autour de Mozilla/Firefox)
  • la synchronisation (installation native de GoogleGears) : élément clé, cette synchronisation étant en effet (comme je me plais à le répéter), une pierre angulaire déterminante pour déployer un webOS.
  • L'utilisation des ressources mémoires (point certes plus technique mais important ...) : l'idée est en gros la suivante : un onglet = un processus. Si je ferme l'onglet, j'arrête le processus (ce qui n'est pas nécessairement le cas dans les navigateurs actuels et ralentit très souvent les navigateurs tout en mobilisant beaucoup de ressources mémoire).
  • Simplicité et ergonomie : les onglets ne seront plus en dessous mais au-desus de la barre de recherche (comme dans le navigateur Opera). Google indique (c'est à mon sens un élément clé) que le browser et les "tab process" (processus tournant dans les onglets) seront séparés. Le navigateur est donc bien une fenêtre sur le monde (j'ai bien dit une "fenêtre", en anglais "windows", donc browser = OS) et les onglets ses applications. Chaque onglet est indépendant, avec l'affichage de sa propre barre d'adresse.
  • Captations mémorielles : et puis bien sûr, Google ne serait pas Google s'il n'y avait pas dans ce lancement une nouvelle OPA sur nos comportements et ressources mémorielles (externes et objectives : le web) et mnémoniques (internes et subjectives : nos comportements, nos habitus, nos historiques de recherche). Le truc s'appelle "omnibox" et s'inspire de la nouvelle barre de recherche Firefox (dont j'oublie le nom ...) en ce sens qu'il ne permet pas seulement de rechercher la présence d'un mot dans des URL, mais : propose aussi des suggestions de requêtes (comme Google Suggest), farfouille dans les pages que vous avez le plus visitées, vous propose des pages que vous n'avez pas encore visitées mais qui sont "populaires" (résurgence du PageRank ?), et last but not least, propose une recherche full-text dans votre historique de recherche. Cette dernière fonction est d'importance car elle marque, en quelque sorte, la fin des bookmarks. Je m'explique : j'avais déjà il y a longtemps eu l'occasion d'écrire que l'arrivée de Google comme moteur de recherche rendait quasiment caduque l'utilisation des signets. Plutôt que de "marquer" des pages (processus tout de même assez fastidieux même si le web 2.0 - del.icio.us - lui a redonné ses lettres de noblesse) il suffisait de saisir le nom du service dans Google (ou dans la barre de recherche de Firefox), pour retomber instantanément sur ledit service ou le voir apparaître en première place dans les résutlats de recherche. J'avais à l'époque indiqué que Google se constituait ainsi autour d'une double "identité" : moteur de recherche bien sûr, mais aussi moteur "de sources". L'omnibox du navigateur Chrome marque donc une nouvelle étape : plus besoin de "bookmarker" une page, il suffira de resaisir la requête qui avait permis d'y accéder ("photo numérique" par exemple) pour retomber sur la page du catalogue FNAC présentant un comparatif de prix (par exemple toujours). Une prothèse mémorielle supplémentaire donc (à condition d'activer l'historique de recherche et de naviguer "en session" google ... ce qui sera sûrement proposé par défaut). Nouvelle prothèse, et probablement nouvelle entrave.
  • Utilisabilité personnalisée : autre petit gadget : quand vous ouvrez un nouvel onglet, au lieu de vous proposer une page blanche ou un site paramétré par défaut, Chrome vous présentera "vos" neuf pages les plus visitées ainsi que les mots clés que vous utilisez le plus (cf copie d'écran plus bas ... laquelle copie d'écran fait étrangement penser à un univers Netvibes).
  • Privauté : il sera possible de créer un onglet en mode privé ("incognito mode") dans lequel vous naviguerez anonymement et qui effecera les différents cookies quand vous le fermerez. C'est bien, mais cela veut surtout dire que dans tous les autres onglets, et par défaut, vous ne serez pas anonymes ...
  • Sécurité : Chrome téléchargera "en permanence" une liste de sites pratiquant le phishing ou dotés de différents "malwares" et vous avertira lors d'une de vos visites sur ces sites. Soit Google = gendarme du net.

Googlechromess

Donc ?
Côté navigateurs : Google était jusqu'ici (et reste) le principal donateur de la fondation Mozilla. En termes de parts de marché, Internet Explorer est donc directement ciblé et convié à un enterrement de première classe (même s'il reste le navigateur par défaut du plus grand nombre d'OS dans le monde. Faudra donc attendre un peu avant de prononcer l'oraison funèbre). Quant à Mozilla/Firefox, même si officiellement on indique ne pas se faire trop de souci, on sait aussi qu'il n'y aura pas nécessairement de la place pour tout le monde, et on anticipe en réfléchissant au déploiement d'une suite de services en ligne. Bref on songe à se déversifier ...
Côté stratégie : limpide (d'aussi loin que je puisse en juger ...). Une confirmation en tout cas. Après la migration en ligne des applications (bureautique ...), des services (logiciels, Saas) et des comportements (dérive des continents documentaires), le Web est devenu l'OS (operating system) de demain. Manquait encore à cet OS une interface, une fenêtre. Cette fenêtre, c'est le navigateur. Evolution largement annoncée et analysée (dernière analyse en date signalée dans mon billet de rentrée : celle de Nova Spivack). Enfin, rappelons que le déploiement d'une interface open-source pour un webOS n'est viable que si l'on contrôle suffisamment la chaîne de production, de traitement et de monétisation de l'information circulant dans ledit WebOS. Et il ne paraît pas aujourd'hui aberrant de considérer que Google contrôle de facto une bonne part de cette chaîne, ce qui le place en dehors d'un risque concurrentiel immédiat et l'autorise à se parer des atours et des vertus de l'Open source

Ailleurs dans la blogosphère : nombre de chroniqueurs se sont déjà fait le relai de ce lancement. J'ai retenu Ecrans, le billet de Tristan Nitot (et ses commentaires) pour avoir le point de vue en français de la fondation Mozilla, celui de Sébastien Billard (qui complète certains aspects techniques que je n'ai pas pris le temps de développer dans mon billet), et Emmanuel Parody, ce dernier présentant à mon sens l'analyse la plus pertinente de cette annonce. A la lecture du billet d'Emmanuel on s'aperçoit que tout "l'argumentaire de vente" autour de ce navigateur était habituellement dévolu aux systèmes d'exploitation (fiabilité, sécurité, ressources mémoire, etc ...). Je conclue en vous redonnant la fin de son analyse :

  • " (...) si chaque onglet (”tab”) peut fonctionner en toute indépendance et se séparer du corps du navigateur et si dans chaque onglet nous ouvrons une application, alors nous avons reproduit via le navigateur l’exact fonctionnement d’une suite d’applications. (...) et il ne reste plus grand chose qui nous sépare de la suite de logiciels. C’est exactement ce que démontre la présentation de Google Chrome. Saut ultime. Plus besoin de PC complexe, place au terminal connecté au web."

Y va y'avoir du sport ... En tout cas une belle manière de fêter les 10 ans de la firme. Un anniversaire qui pousse à faire le rapprochement avec une autre grosse firme américaine :

(Temps de rédaction de ce billet : 2 heures // Sources : sous les liens)

Google et son pot de Knol.

Knol fait quoi ?

Six mois après les effets d'annonce, Google lance enfin Knol, son projet d'encyclopédie "marchande". A noter au travers des différents billets s'étant fait écho de ce lancement : la possibilité de piocher directement des illustrations dans l'archive des "cartoons" du New Yorker (source), la possibilité d'utiliser différentes licences creative commons (cf copie d'écran ci-dessous), la possibilité "de choisir qui peut éditer vos articles (Ouvert, avec modération ou fermé)" (source), la possibilité d'activer l'affichage de liens publicitaires (ou pas), et le fait que tous les liens sortants seront en NoFollow (source), tirant ainsi les enseignements de ce qui arriva à Wikipedia.

Knol pourquoi ?

Globalement, les différents observateurs s'accordent sur deux points : primo, à la date de lancement de
Knol, on compte essentiellement des articles médicaux (ce qui est tout sauf un signal faible ...), et deuxio, ce projet n'a pas grand chance de concurrencer Wikipedia (seul Christian semble y croire). En revanche, il a de grandes chances de reformater le sens du projet encyclopédique du XXIème siècle vers un alignement, une superposition de deux écritures : l'écriture du "savoir" (écrire pour comprendre) et l'écriture de la publicité (écrire pour être vu).  Pour le reste, j'ai déjà dit tout le mal que je pensais de ce projet ... <Mauvaise foi>Si vous ne me croyez pas, comparez deux entrées tout à fait triviales de l'un et l'autre projet encyclopédique. Pour l'entrée "Toilettes", Wikipedia nous entraîne de l'ancienne cité d'Harappa jusqu'aux derniers avatars défécatoires d'un post modernisme assumé quand Knol nous propose uniquement d'apprendre ... à les déboucher en affichant moult plombières publicités. C'est tout dire :-). </Mauvaise foi> Plus sérieusement, l'approche qui semble mise en avant par Knol est une approche "How To". Comment ... "déboucher ses toilettes ?", "dépister un cancer du sein ?", etc.

Bref, Knol ne me parait pour l'instant pas avoir grand chose à voir avec Wikipedia. Il est par contre tout à fait adapté à l'écosystème Google et devrait lui permettre rapidement de pouvoir "monétiser" une grosse partie du traffic encyclopédique habituellement dirigé (à fonds perdus puisque non publicisés) vers Wikipedia. Ce qui est bien l'objectif premier du projet :-) (un second objectif étant probablement de servir de base de connaissance à Google Health, mais j'y reviendrai dans un prochain billet)

Knol procédural VS Wikipedia déclarative ?

Un positionnement qu'il est intéressant de replacer dans un (très rapide) historique (subjectif) de la "tentation encyclopédique" sur le réseau. Ce genre d'approche - et de tentation - est effectivement consubstantielle au net depuis son origine.

  • Elle émergea très tôt au travers des célèbres FAQs (Foires Aux Questions) : un individu répond "es qualité" (webmaster, éditeur, auteur ou "spécialiste") à sa communauté d'usage, sur des points très ciblés. L'autorité est ici constamment maintenue, affichée, lisible. Le principe est celui d'un ordonnancement, d'une rationalisation pensée, en l'occurence celle des questions les plus susceptibles d'être posées.
  • Passé l'ère des FAQs sur les sites webs, vînt ensuite l'ère des projets "Bidule-Answers" (Yahoo!Answers et consorts) : le principe est ici différent : n'importe qui peut répondre (parfois n'importe quoi) à n'importe qui et sur n'importe quel sujet. La dissolution de  l'expertise est ici totale. Seule compte la temporalité (promptitude, instantanéité) de la réponse. Le principe est celui de l'agglutination (les différentes réponses s'empilent les unes sous les autres) sans autre discrimination que temporelle ou "élective" (il est possible de voter pour telle ou telle réponse).
  • Le troisième temps est celui de Wikipedia. Un palimpseste planétaire de connaissances. Je vous renvoie à la rubrique idoine d'Affordance ou à ma dernière "synthèse" sur cet inépuisable sujet.
  • Le quatrième temps sera celui de Knol, mais il n'enterrera pas pour cela Wikipedia. Car Knol me semble concourir sur un autre terrain. Là où la logique d'accumulation des connaissances dans Wikipedia est clairement déclarative, celle de Knol (même s'il est encore un peu tôt pour être affirmatif et s'il ne s'agit pour l'instant que de pistes d'analyses ...) apparaît plutôt procédurale (question du "comment faire...", "comment dépister ..." ...). Parallèlement à cette macro-approche procédurale (qui n'empêche pas d'avoir des micro-knols déclaratifs sur tel ou tel sujet, tel ou tel concept), l'autre caractéristique de ce quatrième temps est celui de la mise en concurrence des expertises par processus de labellisation de l'auteur (Knol vous "reconnaît" comme expert en s'assurant de la levée de votre anonymat, mais Knol ne vérifie en rien les titres et diplômes dont vous vous parez). Labellisation fantôche donc pour Knol, contre babélisation fantasque pour Wikipedia. L'alibi qualitatif pour Knol, le vertige quantitatif pour Wikipedia. 2 mondes.

Conflits d'intérets en vue ...

L'une des principales questions que Knol va poser dans un très proche avenir est celle du conflit d'intérêt suivant : la "mise en avant" du contenu de Knol au sein des résultats de recherche de Google (nonobstant une prudente mise en avant du NoFollow sur les liens sortants). Sur ce sujet, il faut lire d'urgence l'article de Jason Calacanis (pour qui Google est devenu un authentique fournisseur de contenu - voir aussi la synthèse qu'en fait Martin Lessard), ainsi que l'édito de Wired (ou pour les plus pressés, la synthèse en français de Jean-Marie Le Ray. De fait, il y a de mon point de vue longtemps que Google est devenu un fournisseur de contenus, notamment via ses innombrables rachats (Blogger, YouTube). De fait également, il est tout à fait évident que lesdits contenus des susmentionnés services bénéficient d'un référencement plus "aisé" que d'autres ne gravitant pas dans l'écosystème de services du moteur.

Mythologies.

Google en tant que mythologie contemporaine présente un nombre de plus en plus grand de similitudes avec le mythe de Cronos. Comme lui son histoire commence par une castration : celle de la bibliométrie de Garfield, "amputée" de son rattachement à un circuit de diffusion classique et contrôlé (modèle des revues et de l'évaluation par les pairs) au profit d'un chaos fécond (le web). Comme lui il dévore et ingère ses enfants (Youtube, Blogger, Picasa et tant d'autres furent des petites - ou moyennes - start-ups avant d'être happées par le monstre ...). Comme lui, cette dévoration peut être lue comme le symptome d'une crainte : celle de voir l'un de ses enfants se retourner contre lui une fois atteint son âge adulte. Comme lui, il envoie l'essentiel de ses frères moteurs dans les profondeurs du Tartare, le laissant seul à son hégémonie (parts de marché et de traffic). La fin de l'histoire de Cronos est connue, celle de Google reste à écrire, mais (et j'arrête là avec les analogies mythologiques), il est clair - et le lancement de Knol ne fait que le confirmer - qu'il ne peut y avoir que trois issues à une telle appétence : soit le contrôle total, en amont et en aval, de l'accès à l'information et à la connaissance ; soit un final façon la grande Bouffe, c'est à dire l'effondrement de l'ogre sous le propre poids de son appétence ; soit la naissance d'un fils échappant à cette appétence qui à son tour, pourra tuer le père. Et dans cette dernière option (je reprends là mon analogie mythologique), je verrai bien Wikipedia en mère nourricière, telle Gaïa soustrayant un certain Zeus à l'appétit de son père, et du ventre de laquelle naîtront les initiatives sur le terreau desquelles une nouvelle mythologie s'écrira, une nouvelle génération de moteurs naîtra (songez à Trueknowledge ou encore Powerset, moteurs "sémantisés" travaillant avec Wikipedia comme base). 

Knol encore ...

Pour approfondir et/ou mesurer rapidement les principaux tenants et aboutissants du bidule : voir le billet très complet de Danny Sullivan et celui d'Astrid Girardeau dans Ecrans. A lire également les impressions de FredCavazza pour qui "Knol pourrait bien officialiser la création d’une nouvelle catégorie d’outils de publication qui apportent une information différente des blogs et wikis : un résumé ou plutôt une aggrégation / synthèse réalisée par un auteur identifié." De mon point de vue ces outils existent déjà. La "nouveauté" ne me semble pas résider dans la capacité d'aggrégation et le rattachement à un auteur identifié, mais plutôt dans la cohabitation des deux écritures susmentionnées (écriture du savoir et de la publicité), cohabitation qui ne se fait plus en terrain "neutre" (comme dans certains blogs par exemple), mais au sein d'un projet "labellisé" encyclopédique, qui confère donc à cette cohabitation une légitimité a priori. Heureusement, tous les a priori sont discutables ... 

Ci-dessous une copie d'écran des fonctionnalités proposées lors de la création d'un Knol.

Knol

Et puis pour finir sur un clin d'oeil ... le meilleur moyen de découvrir Knol, c'est encore de consulter l'article de Wikipedia qui lui est consacré :-) (et tout particulièrement les liens figurant en référence de l'article). Une chose est sûre en tout cas, les dîner de knols vont se multiplier ;-)

Dinerdeknol

Un dernier Knol mot.

Une dernière chose encore. Knol n'est pas un projet encyclopédique. Il ne vise pas la connaissance. Parce que la connaissance ne peut pas être la seule mise en concurrence des savoirs (le principe de Knol est que plusieurs "knols" concurrents peuvent être rédigés sur un même sujet, la prime allant au plus accédé, comme c'est l'usage dans l'écosystème Google). La connaissance est avant tout la définition et l'acceptation d'un concensus.  « Le savoir affecte forcément une forme circulaire : c’est en effet la seule manière de se représenter un ensemble de données diverses tel que chacune renvoie à toutes les autres et ait perspective sur toutes les autres. (...) Ce savoir n’est pas simplement cumulatif (...) mais circulaire parce qu’il y a une circulation du savoir d’un point quelconque à tout autre point possible. Sans doute cette circulation se fait elle le long de certains axes perspectifs qui seront par habitude plus fréquentés que d’autres à l’intérieur du tout, mais dont la commodité ne tient jamais finalement qu’à un état momentané du savoir, à un équilibre météorologique métastable. » Varet G., Histoire et savoir - Introduction théorique à la bibliographie : les champs articulés de la bibliographie philosophique. Paris, Les Belles Lettres, 1956.

Le pot de Knol est d'abord et avant tout un pot de miel publicitaire. Et on n'attire pas les mouches nouveaux encyclopédistes avec du vinaigre.

C'est la rentrée ...

Allez, hop hop hop, au boulot. Fini de lézarder. D'autant qu'il s'est passé plein de choses en deux mois ...

Côté encyclopédies :

  • la série rafraîchissante d'Ecrans sur "Inside Wikipedia". Episode 1 : Wikilove. Episode 2 : Wikipompiers. L'intégralité de la série à lire ici.
  • A ne pas manquer, le regard d'Hervé (Le Crosnier) sur l'édition papier de la Wikipedia par Bertelsman et la rémunération de ses ... 90 000 auteurs ...
  • Et puis bien sûr, lancement par Google de son projet encyclopédique baptisé Knol. Gardez patience, le prochain billet y sera entièrement consacré ;-)

Côté Moteurs (enfin ... surtout côté Google ...) :

  • A ne pas manquer : un article de Chris Anderson dans Wired sur l'âge du Petabyte et son héraut (Google). Article court, brillant et relativement impossible à résumer puisqu'il montre en une seule page quels sont les liens entre les théories scientifiques, la fin des théories scientifiques, le moteur de recherche Google, la puissance calculatoire, les avancées de la génomique, l'informatique distribuée, la nouvelle "science des données" et quelques autres trucs encore. Allez, filez le lire et vous comprendrez certainement un peu mieux la manière dont chacun d'entre nous est relié à la machine. 
  • un débat chez Google France sur l'économie numérique avec une conclusion d'Eric Besson. A écouter notamment vers la 67ème minute le point de vue des intervenants (entreprise) sur un aspect du débat autour de la net neutrality (taxation des recettes publicitaires sur internet). J'ai simplement retenu que pour Eric Besson, le fait d'envisager de "prioriser par exemple des données relatives à la télésanté" n'est pas nécessairement une atteinte au principe de neutralité du net. Pour les autres aspects - cruciaux - de la Net Neutrality, voir par exemple ce billet de Martin Lessard : "étrangler le Net".
  • Alors que Google croyait en avoir définitivement fini avec le Google Bombing, voilà-t-y-pas que le Google Bombing ressurgit dans l'outil Google Trends.
  • Pour ceux qui s'en inquiéteraient, Google se porte - toujours - financièrement très bien : chiffres complets ici et résumé sur Zorgloob. Côté "part de trafic", ça va aussi.
  • Un très bon dossier documentaire réalisé par 3 étudiants du cycle supérieur de l'INTD : "Les rapports de Google avec la justice" (.pdf). La première partie du dossier est une recension des procès et actions en justice contre Google, la seconde se focalise davantage sur l'exploitation des données personnelles. Très utile pour avoir une vision "fine" d'un justiciable pas comme les autres.
  • Dans la série "publicisons, publicisons, il en restera toujours quelques chose", LiveSearch (Microsoft) s'installe dans la motorisation de Facebook. (Rappelons pour mémoire que Google motorise - et constitue la régie publicitaire de - MySpace). Voir aussi pourquoi Jérôme Charron s'en félicite.
  • Pour les Googlophiles anglophobes, découverte de Goopilation, un blog qui traduit en français les billets de l'ensemble des blogs officiels de Google.
  • Et puis, et puis ... en septembre 2005, Google faisait disparaître de sa page d'accueil la mention du nombre de pages indexées, laissant les compteurs de notre imaginaire collectif baguenauder librement. Dans un billet en date du 25 Juillet, sur son blog officiel, Google annonce que son crawler a franchi une étape ("a milestone") : 1000 milliards d'adresses uniques détectées, ce qui, comme le rappelle Jean Véronis n'est pas la même chose que le nombre de pages indexées, mais qui est "déjà très impressionnant". Au-delà de son effet subliminal dans l'inconscient collectif (= "c'est Google qui a la plus grosse" ... base d'index), cette annonce révèle ce qui est l'un des tournants marquants dans l'histoire des moteurs de recherche : la principale difficulté, le principal objectif, n'est plus la capacité à atteindre un grand nombre de données (et à les réactualiser en temps réel), mais bel et bien la capacité à faire le tri entre le bon grain et l'ivraie, entre ce qui doit être indexé et ce qui ne doit pas l'être. Soit un retour à la raison d'être et aux fondements de leur algorithmie.
  • En parlant d'algorithmie justement, du côté de Yahoo! on semble s'intéresser de près à la mode des moteurs à la carte. Mais si souvenez-vous, ces moteurs "construits par l'internaute" et faisant de chacun de nous un autarcithécaire en puissance. Yahoo! a donc lancé le service BOSS (Build Your Own Search Service). Pour ne pas répéter ce que d'autres ont très bien décrit, allez lire le billet de Jérôme Charron sur le sujet. La stratégie de Yahoo! paraît claire : étant donné que le monde compte nombre d'excellents développeurs plein de bonnes idées, et étant donné qu'actuellement aucun d'entre eux ne peut bénéficier d'un équivalent de la base d'index de l'un des grands moteurs majeurs, il s'agit donc de leur offrir un accès à cette base, de les laisser bidouiller en postulant qu'il y aura probablement dans le lot une bonne ou une très bonne idée dont on pourra alors librement s'inspirer. Et dans le cas contraire, pendant qu'ils font joujou chez Yahoo!, ils ne vont pas monter de projet concurrent ;-).
  • La dérive des continents documentaires (voir ici) se poursuit, avec cette dernière étape clé de la synchronisation de nos moments connectés / non-connectés : après GoogleDocs et GoogleReader, c'est GMail et GoogleCalendar qui devraient être accessibles via GoogleGears. Rappelons, pour tenter de clarifier la "stratégie" de Google en la matière, que la synchronisation de ces applications est l'un de piliers incontournables du "webtop" ou du "WebOS", webtop dont on reparlera plus bas dans ce billet de rentrée.
  • L'une des dernières études du PewInternet nous apprend que si en 2002 seulement un tiers des internautes utilisaient un moteur de recherche pendant leur journée connectée, ils sont maintenant la moitié à le faire (49%). Les autres "habitudes" sont (de la plus à la moins fréquente) : l'e-mail, la recherche en ligne, la consultation d'actualités ("checking news"), et la consultation de la météo.

Côté Moteurs, outils ET bibliothèques :

  • Je vous l'avais annoncé avant les vacances, la bibliothèque municipale de Toulouse est désormais sur FlickR. Pour les détails et les motivations de cette (remarquable) opération, voir le message posté sur biblio-fr. Une Flickerisation des bibliothèques qui fait flores (6 à ce jour) comme en témoigne cette nouvelle initiative lue chez André Gunthert : "la George Eastman House est le premier grand musée de photographie à mettre en ligne en libre accès dans la section des Commons de Flickr plusieurs extraits de ses collections." Sans oublier, comme le rappelle Patrick Peccatte en commentaire du billet d'André, "les institutions présentes sur Flickr qui présentent des fonds intéressants mais pas sous le régime des Commons, comme la Biblioteca de Arte-Fundação Calouste Gulbenkian." Je croie qu'il y a là l'amorce d'un mouvement de fond (et de fonds ;-), dont l'impact à moyen terme pourrait être assez semblable à celui des projets de numérisation (Google Books).
  • et puis bien sûr, l'annonce de la numérisation de la BM de Lyon par ... Google. Là encore, un peu de patience, c'est le sujet d'un prochain billet.

Côté bibliothèques ...

  • Le discours de Barak Obama : sources, références et larges extraits à lire chez Jean-Michel Salaun.
  • Côté bibliothèques ET revues : Valérie Pécresse (ministre enseignement supérieur) et son copain Bruno Racine (BnF) avaient bien caché leur jeu. Le ministère de l'enseignement supérieur vient d'annoncer le déblocage de 10 millions d'euros pur la création d'une archive pour les revues de recherche françaises. L’objectif de cette archive est de conserver sur le long terme les revues scientifiques qui ont un faible usage. Cette archive sera sous la responsabilité de la BnF qui assurera également l’accès aux articles, sur support papier ou électronique, par son service de fourniture de documents. Ah ben non désolé. Fausse alerte. C'est pas en France. C'est au Royaume-Uni. A mettre en balance avec l'approche et l'existant hexagonal.
  • Et puis les diaporamas du dernier congrès de l'ABF (blog du congrès) sont regroupés en ligne sur le site de l'ABF.

Côté livre/document/lecture numérique :

  • André Gunthert nous livre une belle analyse d'un beau concept : la lecture exportable (ou les affres d'un copyright en bout de course). De mon côté je prolongerai bien l'analyse d'André en indiquant que ce qu'il décrit à juste titre comme une lecture exportable est en fait la réalisation concrète la plus proche de l'idée originale de transclusion (chez Ted Nelson - père fondateur de l'hypertexte - la transclusion désigne des contenus non plus "inclus" mais situés simultanément à divers endroits, sans altérer pour autant leur localisation originale ... pour plus d'infos voir sous le lien précédent).
  • L'iPhone devient liseuse : Virginie Clayssen rappelle à quel point la nouvelle pourrait être d'importance pour le décollage et la structuration d'un marché du livre électronique.
  • A lire : les enjeux du livre au format de poche, une étude de 8 pages de la DEPS, qui ne se termine pas par hasard sur "la perspective numérique", au moment où l'on parle de plus en plus d'une date limite de consommation des livres sous forme papier.
  • Et pendant que l'on réfléchit de plus en plus activement ici ou là sur l'avenir de la chaîne du livre à l'heure du numérique, le rouleau compresseur continue d'avancer : Amazon met la main sur AbeBooks (via Hervé Bienvault)

Côté biblio-scientométrie

  • la face cachée de la bibliométrie existe, et plus simplement au sens figuré. Pour organiser - selon des critères bibliométriques (taux de citation / date de parution de l'article / ... )  - les résultats issus d'une interrogation de la base Medine, imaginez que la liste desdits résultats soit ... une liste de visages dont le froncement des sourcils ou le sourire (ou l'absence de sourire) seont autant d'indicateurs vous permettant d'anayser lesdits résutlats et de mieux vous y orienter. Pas clair ? OK, une image :
    Facebib
  • le site reprend en fait la théorie des visages de Chernoff (voir ici ou pour une définition de ladite théorie) en l'adaptant aux usages scientométriques et en la faisant "tourner" sur une base d'articles scientifiques (PubMed). Gadget diront certains. Sûrement. Sûrement. Aussi sûrement que cela ouvre autant de pistes du côté d'une "humanisation" littérale des résultats de recherche. La source : ici. Pour jouer avec : .

Côté Science 2.0

Côté Web 2.0 ...

  • une petite bibliographie autour du web 2.0 mêlant articles scientifiques, thèses, ouvrages et études diverses, le tout accessible gratuitement.
  • Une jolie mise en image des différents services sociaux autour du web 2.0.
  • Je vous ai souvent parlé (en conclusion de ce billet par exemple) de l'inexorable avançée d'un mouvement d'externalisation de nos mémoires (intimes ET documentaires), lequel, conjugué à une informatique ambiante (everyware) et à une redocumentarisation du monde (internet des objets) et de l'homme (l'homme est un document comme les autres), donne littéralement corps à un hypercortex planétaire. Le résultat à court terme - 2040 -, et en termes beaucoup plus clairs (:-) est expliqué dans un édito du 16 Juillet de Wired, édito chroniqué, résumé et traduit sur InternetActu : "La machine unique pour les relier tous".
  • Prenez la plus grosse base de donnée iconographique gratuite de la planète (FlickR). Prenez ensuite l'une des toutes premières agences commerciales de diffusion de photo (Getty Images). Imaginez un accord entre les deux permettant à la seconde (Getty) de piocher à volonté dans la première (FlickR) pour en revendre le contenu en reversant 20 à 40% de la somme récoltée au photographe amateur. Et vous aurez un système gagnant-gagnant et un exemple très parlant de la manière dont les pro-am deviennent un incontournable levier de l'économie de la longue traîne.

Côté Web 2.0 et après ...

  • Après le Web 2.0, il y a naturellement le cloud computing. Hervé Le Crosnier signe un papier lumineux sur le sujet dans le Monde Diplo. Didier Durand signale un intéressant white paper d'évangélisation (technique) en provenance de chez Amazon : Cloud Architectures (.pdf)
  • Après le web 2.0, il y a aussi le webOS, soit la migration du Desktop (bureau comme interface du disque dur) vers le webtop (navigateur comme interface de nos disques durs "en ligne"). Nova Spivack rédige sur le sujet un article de référence qui récapitule les enjeux et les ambitions de cette nouvelle migratio numérique des contenus et des comportements associés : "The future of the Desktop".
  • Après le web 2.0, il y a l'explosion des contenus gourmands (en bande passante) : voir les chiffres de la dernière étude Cisco, rapportés par Eric Baillargeon. Et de manière corrélée, il y a un phénomène de "dés-appropriation" de plus en plus systématique des contenus demandés par les internautes : voir le billet de Techcrunch rapportant le régne annoncé du "tout streaming". Là encore une nouvelle étape de la dérive des continents documentaires, dans laquelle après avoir confié nos contenus à des sites externes (tout en gardant une possibilité d'archivage en-ligne), nous prenons de plus en plus l'habitude de consommer des contenus comme de simples services, sans appropriation réelle ni possibilité de conservation ou de stockage. Bref, nous faisons avec Internet ce que nous faisions hier avec la télé, avant que l'on invente les magnétoscopes. Sauf que sur Internet, c'est pas très facile de réinventer le magnétoscope, comme en témoigne les mésaventures du service (excelletissime) Wizzgo. Espérons avec Jean-Michel que "S'il y a beaucoup de mythes dans le Web 2.0, il y a aussi beaucoup de préjugés chez les médias traditionnels, à commencer par croire que l'on peut retarder l'expression d'une demande explosive."

Côté énervements récurrents :

  • la fausse bonne idée de l'université entreprise, à lire sur le site de SLR ... pendant ce temps, Valérie Pécresse distribue les médailles en chocolat comme autant de labels vides de sens (et de financements ...)
  • les vraies-fausses promesses de maître Darcos. (= Episode 1 : on va supprimer plein de postes, mais en échange on va revaloriser la grille des salaires. Episode 2 : on va supprimer plein de postes. Euh ... oui oui, on va aussi revaloriser la grille des salaires. Mais pas tout de suite hein ? Episode 3 : relire l'épisode 2)
  • "L'autonomie" (financière) souhaitée des université est vraiment - mais alors vraiment - une notion à géométrie variable.
  • et dans la série "faisons fonctionner de nouveaux trucs avec tous les défauts des anciens machins", je vous recommande la lecture de "l'ANR pour les nuls" sur le site de Sauvons la Recherche.
  • Tout cela nous rappelle que la loi LRU a 1 an. A lire sur EducPros, un rapide bilan des opérations. A remarquer : seulement 9 universités (sur 85) ont décidé de mettre en place les fameux comités de sélection en lieu et place des anciennes commissions de spécialistes. Ce manque d'engouement n'est pas nécessairement la preuve d'un désaveu du système proposé (par les comités de sélection). Simplement le résultat d'un calendrier de mise en place à la hussarde et le symptôme d'un très grand flou dans le "comment concrètement" faire tourner ces nouveaux comités de sélection. Le résultats c'est que la plupart des université, déjà très occupées à mettre leur CA aux nouvelles normes, n'ont pour le moment pas eu vraiment le temps de s'occuper de la mise en place de ces comités. C'est à la fin de cette année universitaire que l'on pourra réellement juger sur pièces, même si de mon côté, mon opinion est faite ... Et par souci d'impartialité, le bilan de la loi LRU, côté communiqué officiel :-)
  • Sans archive(s) pas de mémoire, sans mémoire pas d'Histoire. Le petit monde de l'archivistique est depuis peu en butte à de sévères bouleversements qui engagent tout un pan de notre mémoire collective. Voir ici et là.
  • Edvige et Cristina. La France en (très) bonne place pour les prochain BigBrother Awards. Voir (parmi d'autres) : Politis, Le Monde, le point de vue de Jean-Marc Manach, l'article d'EDRI avec les liens vers les parutions du JO et d'autres couvertures presse. Ils en parlent aussi : l'ADBS. Au moins, cette affaire aura donné lieu, sur France Inter, à un téléphone sonne d'anthologie :-(
  • Et toujours à l'affiche, "les cages de la république".

Côté People et Blogosphere :

  • ce dont tout le monde a parlé cet été c'est la guerre entre blogueurs et journalistes. Rappel des faits.
  • Le départ de Versac tout comme la sortie de route classement de FredCavazza sont d'ailleurs peut-être assez symptômatique d'un changement d'époque. Car outre-atlantique aussi, Francis Pisani nous apprend que Jason Calacanis himself annonce son retrait blogosphérique. Je suis de mon côté depuis longtemps convaincu que les blogs auront permis l'émergence de nouvelles formes de parole (et de prise de parole), côté scientifique notamment, et qu'ils se dirigent lentement mais surement vers une hybridation de plus en plus marquée (voir les exemples très éclairants choisis par Narvic).
  • Et puis le choc de l'été sur les blogs sciences de Wikio : André Gunthert dégringole à la troisième place et Jean Véronis fait une entrée fracassante directement à la seconde (place). De mémoire d'homme, seule Samantha Fox avait, à l'époque du Top 50, réussi une telle entrée. M'est avis qu'avec de tels challengeurs qui ne respectent même pas la pause estivale, ma première place va rapidement être remise en question. Assez bizarremement, ni Closer, ni Gala ni Voici n'ont fait leur "une" de cet événement pourtant incountournable.

Côté identité numérique :

  • A l'heure où la gestion de la réputation numérique est chaque jour plus centrale pour le simple quidam, elle revêt, pour le futur potentiel président des Etats-Unis une importance plus que vitale. On lira donc avec intérêt sur le blog VerbalKint, la stratégie mise en place par l'équipe de campagne de Barak Obama pour contrer les rumeurs en temps réel. Intéressant de noter également l'évolution qui, depuis la dernière élection présidentielle américaine, avait marqué l'avènement des blogs comme outils de lobbying, et qui se décline aujourd'hui sur le mode de la gestion de la réputation. Comme dans la "vraie vie" des "vrais gens" pour qui les blogs, après être devenu un outil d'expression central, sont aujourd'hui l'un des principaux axes de leur visibilité numérique et de ce qui s'y rattache.

Côté "ça peut toujours servir" :

Côté Agenda :

Côté lectures :

Côté visionnage :


Ce qui me frappe dans tout ça ...

Comme dans la nouvelle de Borges, "Funes ou la mémoire", le mouvement d'externalisation de nos mémoires, documentaires et intimes, nous mène droit vers une société à l'hypermnésie latente, activable. Avec Google dans le rôle de Funes, et de son côté, pas la moindre aspiration à s'enfermer dans une pièce vide pour ne plus rien "enregistrer".

Bonne rentrée à tou(te)s :-)

(Sources : sous les liens // Temps de rédaction de ce billet : 2 mois ;-)