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« mars 2008 | Accueil | mai 2008 »

Voici le mois de Mai ...

Dossiers de recrutement, copies à corriger, articles à écrire, séminaires à préparer, bouquins en préparation ... Vous l'aurez remarqué, pas trop le temps de bloguer ... Code rouge comme dirait Éolas.
En attendant vous pouvez toujours faire un tour sur la carte des salons du livre qui bat des records de consultation :-)

Le petit lien du Week-end

Vous vous souvenez de la fracture amicale ? Et bien la voici illustrée :-)

Comment le web change le monde

C'est le titre du dernier ouvrage de Francis Pisani. Une retransmission "live" de sa présentation à la librairie Decitre (par Francis Pisani himself) sera accessible en direct, Lundi à 17h30, à cette adresse : http://alpha.bambuser.com/channel/Transnets

(Merci à Loiez Deniel pour l'info et la mise en place de ce broadcast)

Les petits liens du Week-End

Une spéciale Geek avec ce Mashup de poire :-)

Un peu de calcul mental si tu mens, je te calcule :-(

Et puis promis Valérie, c'est pas moi ;-)

Le Maître de la pertinence

Chez Google, on connaissait déjà la "maîtresse en index massifs". Udi Manber pourrait légitimement prétendre au titre du "maître de la pertinence". Sa bio sur Wikipédia nous rappelle qu'après avoir été "Chief Scientist" chez Yahoo!, il passa ensuite chez Amazon comme "chief algorithms officer", pour enfin devenir l'un des 3 vice-présidents ingénierie chez Google. Bref, un CV de rêve, notamment dû à sa recherche dans le domaine de l'algorithmie. Udi Manber répond donc à une très intéressante interview sur le magazine "Popular Mechanics". Où l'on apprend selon lui que :

  • depuis 15 ans, tous les 5 ans environ, le "domaine" de la recherche ("search") connaît des bouleversements quasiment impossibles à anticiper.
  • que rien que pour l'année dernière, il y eut pas moins de 450 modifications apportées à l'algorithme de Google.

Le reste de l'interview n'apprendra rien aux "spécialistes" du domaine mais rappelle utilement qu'aucun algorithme ne sera jamais capable de "traiter" l'ambiguïté du langage humain, d'où l'intérêt de passer par l'analyse des historiques de recherche ou encore de récupérer des éléments de "recommandation" suggérés par des "amis" de nos "réseaux sociaux". Toute la question étant de savoir dans quelle proportion ... et là dessus, Udi Manber reste naturellement muet.

(Via C/Net // Temps de rédaction de ce billet : 30 minutes)

De profundis.

Web de surface. Web profond. Web invisible. Ces trois expressions sont issues d'un article "culte" qui remonte à Juillet 2001 et qui est une étude de la société "Brightplanet", laquelle étude avait à l'époque permis de prouver que les ressources du web "invisible" (non-indexable et/ou non-indexé) étaient considérables au regard  de celles du web habituellement visibles. Rappelons-le, à cette époque là, les moteurs de recherche n'étaient par exemple pas capable d'indexer autre chose que du HTML, et ainsi l'ensemble des documents désormais habituels (fichiers word, acrobat, excel, powerpoint ...) passaient à la trappe. Depuis ce temps, la dérive des continents documentaires s'est mise en place (voir le petit schéma dans ce billet), les moteurs se sont rendus capables de grouper un nombre gigantesque de ressources et de documents dans la même sphère d'indexabilité, ces mêmes moteurs vont de plus en plus "racler" les fonds de tiroir à la recherche de données que l'on croyait jusqu'à lors inindexables.
Pour autant, le web "invisible" aux moteurs demeure, et reste un gisement de données et d'informations très attractif pour ces mêmes moteurs. Et c'est encore une fois Google (qui fut le premier moteur à indexer des formats de fichiers bureautiques) qui fait en la matière une percée singulièrement significative : ce dernier vient en effet d'annoncer qu'il allait être capable d'indexer (crawling) les données situées "derrière" les formulaires web. Exemple : une base de donnée immobilière vous permettant de trouver la location de vos rêves pour vos prochaines vacances. Les informations de cette base sont pour l'instant inaccessibles car elle relèvent de ce qu'on appelle le web "dynamique" (par opposition au web "statique"). Ces pages sont générées à la demande de l'internaute, suite au remplissage du formulaire idoine.
Comme rappelé dans le billet de Google annonçant la chose, les limites de ce genre d'approche sont encore considérables et relèvent aussi bien d'aspects techniques (procédure GET des formulaires ou sécurisation par mot de passe ou captcha par exemple) que d'aspects éthiques (la plupart des sociétés n'ayant pas envie que leur "base de donnée" - d'annonces immobilières par exemple - se retrouve du jour au lendemain intégralement "visible"). Google annonce donc qu'il n'indexera finalement que très peu de ces formulaires, et continuera naturellement de respecter les instructions du fichier robots.txt (qui autorise ou interdit tout ou partie de l'indexation d'un site aux moteurs de recherche).
Attendons de voir quels types d'informations remonteront ainsi dans la page de résultats de Google pour juger sur pièces, mais il n'en reste pas moins que cette nouvelle avancée dans la dérive des continents documentaires indexables et le recul qu'elle marque pour la définition (et la préservation ?) d'un web invisible est importante.

(Sources : JournalDuNet, Abondance // Temps de rédaction de ce billet : 45 minutes)

Web-média, cloud-computing, vectorialisme et modernité calculatoire

Je reproduis ci-dessous un commentaire d'Hervé Le Crosnier, en réponse à ce billet, mais qui me semble très intéressant (et pertinent) pour comprendre quels sont aujourd'hui les grand axes d'analyse qu'il faut mobiliser pour approcher au plus près les logiques à l'oeuvre dans les manoeuvres économiques auxquelles se livrent les géants du web.
=============
"Ce qui est en jeu est la recomposition des "vecteurs" (les vecteurs sont les entités web "dont le métier principal est d’organiser de grandes banques de données des "intentions" de leurs usagers"), qui sont autre chose que des "web-médias". Certes, l'aspect "web-média", suivant l'expression de Jean-Michel Salaün, est important. C'est la source actuelle des revenus de ces conglomérats. Mais trois autres aspects doivent êtres pris en compte simultanément :

  • le "cloud computing" : disposer d'une force de frappe informatique (réseau + serveurs + mémoire + logiciels "as a service") pour offrir des services aux particuliers (dépôts photo, logiciels de productivité,...) et les capter dans l'univers d'un des vecteurs. Attention, on n'est plus dans l'époque des "mainframes", le nombre d'usagers ne se limite pas à des "grappes de terminaux", mais se compte en millions...
  • la "modernité calculatoire" : tenter de résoudre tous les problèmes par de calcul. L'exemple achevé est évidemment 23andme et la folie eugéniste que ce projet recouvre, mais on trouve des applications de ce "modèle calculatoire" à bien d'autres activités... dont le calcul de l'appariement (des personnes entre elles - réseau social, des personnes et des publicités, des publicités et des articles, des malades et des traitements)
  • le positionnement comme futur "appareil idéologique et administratif" visant à remplacer les divers pouvoirs publics défaillants (pour des raisons qu'il serait trop long de prendre en compte ici). Cela va de la gestion du compte de santé des individus, jusqu'au capacités de créer des banques virtuelles mondialisées (PayPal qui trouve sa niche dans le paradis fiscal du Luxembourg,...). La délivrance des identifiants (openId ayant actuellement le vent en poupe), un rôle régalien auparavant, est maintenant dans la ligne de mire des vecteurs... avec les conséquences sur l'organisation de la vie sociale et politique que l'on peut imaginer (pour les craindre, si l'on est dans la logique européenne, ou les souhaiter si on a biberonné dans la logique anti-fédérale des libertariens étatsuniens).

Ce sont donc quatre axes d'analyse qu'il faut mobiliser simultanément pour comprendre l'évolution du vectorialisme. Avec cet angle de vue, la tectonique ne se limite plus au partage de la manne publicitaire. Et de nouveaux acteurs sont dans la danse, qui ne sont pas (ou pas encore) des "web-médias", mais qui sont déjà des "vecteurs" : géants du service et du logiciel tels adobe ou IBM, compagnies de télécoms qui s'étendent sur toute la chaîne de valeur tels orange, SKT ou NTT, gestionnaires de services en réseau comme Amazon, dont la boutique en ligne est devenue minoritaire dans l'usage de ses serveurs et réseaux (pas encore de ses revenus, mais c'est la perspective de Jeff Bezos).
Il faut préciser cette portée du vectorialisme, lancer des études sur les stratégies des conglomérats (sachant que ces stratégies sont souvent élaborées a posteriori par les béhémots eux-mêmes : le capital n'est pas une "cinquième colonne" avec un plan secret, mais un organisme vivant qui s'adapte et anticipe pour mieux s'adapter...).

Petit père castrateur : pas si sûr.

Fin Novembre 2007, Denis Olivennes (alors encore PDG de la FNAC) remet à Nicolas Sarkozy son rapport sur la prévention du téléchargement illégal, recommandant notamment la mise en place de mesures d'interruption de l'accès à Internet.
Le Jeudi 10 Avril 2008, le parlement européen a adopté l'amendement suivant :

  • "Amendement 22 bis. engage la Commission et les États membres à reconnaître qu’Internet est une vaste plate-forme pour l’expression culturelle, l’accès à la connaissance et la participation démocratique à la créativité européenne, créant des ponts entre générations dans la société de l’information, et, par conséquent, à éviter l’adoption de mesures allant à l’encontre des droits de l’homme, des droits civiques et des principes de proportionnalité, d’efficacité et d’effet dissuasif, telles que l’interruption de l’accès à Internet."

La suite de l'analyse est à lire chez Philippe Aigrain.

(Voir aussi sur 01.net, et sur Ecrans les confidences d'un autre castrateur en puissance en plein déni)

Science on blogue !

C'est dans l'air du temps. Je vous en parlais encore il y a peu, les blogs font lentement mais sûrement leur entrée dans le "champ" scientifique et universitaire. Dernier signe caractéristique, la publication d'un ouvrage intitulé "Science on blogue", et consacré donc, aux blogs scientifiques. L'ouvrage est publié par Multimondes, et l'introduction est lisible en ligne, ainsi que la table des matières.
(Et si Multimonde ou les auteurs - Pascal Lapointe et Josée Nadia Drouin - me lisent, je veux bien un exemplaire en service de presse :-)
J'en profite pour signaler sur le même thème un compte-rendu intéressant d'une table-ronde intitulée : blogguer les sciences.
Et tant que j'y suis, un peu de teasing pour mon (petit) ouvrage à paraître (bientôt) aux éditions de l'ADBS, "Lost in the blogosphère", et dans lequel un chapitre est également consacré à une typologie des blogs scientifiques. Vous y trouverez notamment l'explication et l'analyse du petit croquis ci-dessous.
Blogscientifiques

Boston public library sur FlickR

Après la Library of Congress, c'est au tour de la Boston Public Library d'ouvrir son compte FlickR. On y trouve cette fois des collections de photographies mais aussi des collections de cartes postales, des affiches, ainsi qu'une hallucinante collection de Fore-Edge Paintings (des peintures réalisées sur la tranche feuilletable des livres).
Le début d'une heureuse épidémie (allô le service expositions de la BnF ?), et la confirmation du mouvement de balancier entre monde réel et services virtuels.
(Via HangingTogether)

Tectonique documentaire à l'oeuvre

Avant, c'était simple. Il y avait 3 moteurs de recherche : Google, Yahoo! et Microsoft. Puis cela se compliqua. Les moteurs se mirent à faire de la publicité, à vendre des liens sponsorisés, à racheter des régies publicitaires, à passer des partenariats avec des groupes médias, à racheter à vendre ou à sous-traiter tout ou partie de leur activité recherche à d'autres groupes médias ... ou à d'autres moteurs. Et puis une logique de concentration étant, dans ce secteur comme dans d'autres, la plus efficace, Microsoft fit une offre de rachat à Yahoo!. Depuis cette offre, les (effets d') annonce se succèdent, et les stratégies se complexifient. Personne ne semble aujourd'hui capable de dire quelle sera, in fine, la carte des acteurs sur le terrain de la recherche et de la publicité en ligne. D'autant que la secousse initiale (proposition de rachat de Yahoo! par Microsoft) donne déjà lieu à de nombreuses répliques sismiques.
Alors pour y voir plus clair dans tout ce fatras, je vous recommande :

Ma petite tentative de mise sous forme de schéma (à partir de l'article du monde) est moins claire ...

Diapositive1_2

mais elle permet d'observer 3 scénarios :

  • Scénario 1 : Yahoo! accepte l'offre de rachat de Microsoft seul ou celle de Microsoft allié à NewsCorp : naissance d'une entité YahooSoft. Assez improbable ou en tout cas laisse entrevoir de grosses difficultés d'intégration en terme de culture d'entreprise et de produits.
  • Scénario 2 : Yahoo! rachète AOL, laissant en échange TimeWarner entrer dans son capital à hauteur de 20% : naissance d'une entité YahooMedia avec une très forte force de frappe dans le domaine des médias (cela serait assez cohérent avec la logique portail de Yahoo!)
  • Scénario 3 : Yahoo! abandonne sa techno de recherche au profit de Google en échange d'un reversement des recettes publicitaires : assez improbable quand on regarde l'investissement et le temps que Yahoo! a mis pour bâtir une technologie de recherche qui donne des résultats à peu près aussi bons (voir ici ou ) que ceux de Google.
  • Scénario 4 = scénario 2 + scénario 3 : naissance d'une entité Yahoo!Media privée de sa technologie de recherche au profit de Google. Assez improbable pour les raisons indiquées dans le scénario 3.

Mon avis ? En observant la distribution des cartes aujourd'hui, je penche plutôt en faveur du scénario 2. Mais la détermination se fera surtout au vu des prochains résultats financiers de Yahoo!, de l'appétit des actionnaires, et de la volonté/capacité de Microsoft à accepter la surenchère.

Sur le même sujet mais beaucoup moins concis : le toujours prolixe Jean-Marie Le Ray, ainsi que l'analyse d'Olivier Ezratty (via JMS encore)

Carte des salons du livre en France

Je reprends ici une info noyée dans la masse d'un précédent billet. Il s'agit d'une carte des salons du livre en France. La carte compte aujourd'hui 78 salons recensés. Pour découvrir en détail la génèse de cette carte et les possibilités de collaboration et d'amélioration, tout est indiqué sur le site du département Infocom de La Roche sur Yon.


Merci à Bibliofrance, LaFeuille et Irène Delse de s'en être fait l'écho. A votre tour, ne vous privez pas de faire un peu de pub à cette carte, en mentionnant le lien vers le site des étudiants à l'origine de cette carte, cela leur fera plaisir :-)

P.S. : vous pouvez profiter des commentaires pour me suggérer d'autres TPs à réaliser avec mes étudiants de l'année prochaine (les cours de recherche documentaire avec la promo actuelle étant terminés) :-)

Le CNRS en vidéo

A découvrir : la vidéothèque du CNRS. Plein de films visionnables en ligne sur tous les sujets (scientifiques) avec une qualité formelle (très) variable qui rappelle parfois les meilleurs moments des documentaires du CRDP visionnés alors que nous étions sur les bancs de l'école primaire ;-) Mais il y a aussi de très bonne choses.

Pub de bib

La bibliothèque du congrès annonce qu'elle se lance dans une campagne de publicité. Les affiches (1, 2, 3) seront disposées dans le metro. Le coût de cette campagne est entièrement pris en charge par des fonds privés.
Où l'on observe un intéressant mouvement de balancier visant à externaliser les ressources de la bibliothèque sur les sites fréquentés par les usagers (projet FlickR de la LoC), ET à aller chercher les usagers là où ils sont (métro) pour les ramener dans la bibliothèque.

Les universitaires devraient blogguer

C'est le titre du dernier billet d'Henry Jenkins. Il fait écho à un article du même Jenkins dans le Chronicle of Higher Education, cette fois intitulé "Public Intellectuals in the new-media landscape." Le billet de Jenkins est un plaidoyer invitant les universitaires à se saisir pleinement de l'opportunité que représentent les blogs en tant qu'espace de parole publique "académique". Voilà déjà longtemps que Jenkins défend le modèle d'une université permettant "le déploiement rapide d’expertises dispersées et la reconfiguration des champs" (pour plus de détails, voir ce billet). Il revient cette fois sur les initiatives prises dans "son" département (Comparative Media Studies) du MIT :

Bref, une vision communiste ouverte et transparente de l'université. Il revient ensuite en détail sur les intérêts que présente cette approche et le fait de tenir des blogs :

  • pour les actuels étudiants en thèse, c'est un excellent exercice d'écriture, l'occasion d'avoir du feedback au-delà du simple avis de leur directeur de thèse ou de leurs collègues de labo, l'occasion également de bâtir leur réputation "especially in cutting-edge fields that lack established authorities." Il revient également sur l'intérêt que j'avais moi-même (avec d'autres) souligné à plusieurs reprises, c'est à dire, au-delà de l'intérêt des publications académiques (articles scientifiques), l'occasion de "trouver le moyen de traduire ses idées dans un discours citoyen qui puisse être entendu et compris au-delà des barrières disciplinaires et auprès d'une audience plus diverse."
  • pour les futurs étudiants, Jenkins indique qu'un nombre croissant des actuels étudiants du MIT sont d'anciens lecteurs des différents blogs existants. Du coup, ils entrent en thèse avec une meilleure compréhension des problématiques traitées, et une vision beaucoup plus "fine" de la recherche, de ses résultats et de ses protocoles. Autant de temps gagné pour l'intégration dans un programme de recherche et l'avancée dudit programme.
  • pour les anciens étudiants, ce suivi des blogs est le meilleur moyen de mettre en place de manière pragmatique et efficiente la notion d'apprentissage tout au long de la vie. C'est également l'occasion d'un feedback intéressant en provenance des blogs d'anciens qui occupent désormais différents postes dans l'industrie
  • pour les enseignants, Jenkins rappelle l'extraordinaire opportunité que les blogs représentent pour construire et développer un collège qui n'est plus totalement invisible, mais bel et bien impliqué, mobilisé, actif, sur différents sujets de recherche, via des logiques de travail coopératif (il prend l'exemple d'un travail à plusieurs mains réunissant une trentaine d'universitaires via un document partagé dans GoogleDocs), ou via une simple interaction rendue possible par les commentaires des billets de blogs. Là encore, cela permet de bâtir une réputation qui peut être utilisée à des fins de plan de carrière ou plus prosaïquement attester d'une reconnaissance qui fait toujours plaisir.
  • pour les médias : tenir un blog est une manière d'être proactif et non plus simplement réactif, c'est à dire attendant d'être interviewé par un journaliste pour avoir l'occasion de parler de ses thématiques de recherche d'une manière "grand public".
  • pour le grand public : "Notre société est entrée dans une phase de profond et durable bouleversement du paysage médiatique, un bouleversement qui impacte tous les aspects de nos vies. (...) En tant qu'honnêtes fournisseurs d'information ("honest brokers of information"), les universitaires sont idéalement placés pour pouvoir relier et relayer ces conversations spécialisées (to bridge these more specialized conversations)."

Je sais pas vous mais moi je trouve qu'il a tout bon cet Henry Jenkins du MIT :-)

(Temps de rédaction de ce billet : 1h30)

Le manuel de l'Open Access

Le secteur de l'édition des "manuels" (scolaires/universitaires) utilisés dans l'enseignement supérieur et secondaire est intéressant pour au moins deux raisons : d'abord c'est un marché très important et relativement "constant" et à ce titre, c'est un secteur qui se trouve souvent aux avant-postes des stratégies éditoriales liées au numérique. L'autre raison tient au contenu même de ces ouvrages et à l'usage courant qui en est fait : des contenus et des usages qui se prêtent particulièrement aux logiques de lecture / consommation numérique et qui en font là encore un poste d'observation privilégié. Ainsi :

  • alors que Framablog nous présente Sésamath, un manuel scolaire rédigé de manière collaborative et distribué (pour la version numérique) sous licence libre (utilisable, copiable, modifiable, distribuable),
  • LaFeuille annonce le lancement de StudentBay, un équivalent de ThePirateBay mais entièrement dédié à l'échange peer-to-peer des manuels scolaires et universitaires.

Et pour rebondir sur le débat du billet de LaFeuille, on se prend à rêver que des initiatives comme Sésamath fassent école, et que - pour l'université - les enseignants, les bibliothèques et les presses universitaires s'en inspirent pour faire bouger les stratégies éditoriales de ce marché.

Peut-on partager ou donner de l'information sans être une pourriture communiste ?

(Nota-Bene pour mon électorat lectorat de gauche : le titre de ce billet fait juste référence à deux monuments dans leur genre : le film culte des Nuls et un article du dernier numéro de la revue First Monday)

Plus sérieusement donc, l'article "Info-communism? Ownership and freedom in the digital economy" (dernier numéro de la revue First Monday) est à lire d'urgence. Traduction approximative de son pitch :

  • "L'article met en garde contre le risque de recréer l'ancien fossé idéologique entre communisme et capitalisme en stigmatisant les "informational commons" comme autant de communistes de l'information. (...) Cet article défend l'idée selon laquelle l'argument déontologique (éthique ?) lié aux vertus du partage est une impasse qui mène droit à un communisme informationnel. La meilleure manière de défendre l'accès ouvert et la liberté de l'information est de reconnaître leur ancrage dans un libéralisme qui optimise la liberté individuelle en tant qu'objectif, et repose pour cela sur de fécondes complémentarités entre le régime de la propriété et celui des "commons"."

Première remarque liminaire : ce n'est pas la première fois que les américains nous font réapparaître le spectre terrifiant du communisme dans le débat sur la notion de bien commun informationnel, mais cette fois, reconnaissons que l'argumentation de l'article est solide ;-)
L'article commence par rappeler le nom des dangereux léninistes à la tête de cette idéologie du partage et de l'ouverture : Yochaï Benkler ou Lawrence Lessig. Après avoir ensuite qualifié de "farce" l'application du vocable "communiste" au mouvement des "commons", l'auteur indique "qu'il y a deux types de justification pour défendre le mouvement des commons : la première est pragmatique, individualiste et libérale. La seconde est moraliste et collectiviste." En voilà au moins un qui n'avance pas masqué ...
Pour le reste, vous pouvez sauter le point 1 de l'article ("Red–baiting the common–ists: Frame or be framed") qui est consacré à une rapide explication de la différence entre communisme, marxisme et léninisme et stigmatise (un peu facilement) les détournements - iconographiques - de références - symboliques - auxquels se sont livrés les pionniers du mouvement open-source.
Venons-en donc au second point de l'article ("Ideological tensions in the movement") qui est plus intéressant, notamment lorsqu'il resitue les bases du mouvement initié par Richard Stallman dans la mouvance anarcho-communiste du M.I.T. (ben si, c'était tous des anarcho-communistes au MIT, vous ne le saviez pas ?)
Passons au point 3, dans lequel l'auteur pose LA question qui (le) fâche : "Le partage d'information est-il une obligation morale ?" (Is sharing information morally obligatory?). Et la position de l'auteur est là encore claire : "On ne peut pas justifier son opposition à une information "propriétaire" seulement sur la base d'un impératif éthique de partage, à moins d'étendre cet impératif éthique à toutes les ressources informationnelles et de rejoindre alors le vrai communisme" (ce qui vous l'aurez compris, est mal ...). Que dire d'autre ... si ce n'est que ce genre d'argumentaire aurait parfaitement sa place dans un discours d'Henri Guaino :-( Et cerise sur la gâteau, l'auteur nous offre un second "argument" du calibre de tous ceux qu'il a "dénoncés" jusqu'à ce point de son article : il indique que cette expansion de la vermine communiste du partage éthique "poserait de graves problèmes à l'ensemble des professions du secteur de l'information." Oui mais ... Ni Stallman (gourou marxiste), ni Benkler (crypto-léniniste), ni Lessig (anarcho-communiste) n'ont jamais prétendu, évoqué ou écrit cela ...
Venons-en donc (enfin ...) au dernier point de l'article ("Property and commons: Finding complementarities"). Etant entendu que "les commons c'est mal mais c'est fun et tout le monde aime bien", et que "le libéralisme c'est bien mais que les communistes n'en sont pas fan", l'auteur nous propose donc de réconcilier les contraires. Blague à part, ce dernier paragraphe de l'article vaut lecture (et cette fois je ne plaisante pas). Il pose les bonnes questions (ce qui m'apparaissait plutôt improbable à la lecture des parties précédentes), et rien que pour ce dernier paragraphe, cet article est effectivement intéressant. Il est intéressant parce qu'il replace le débat sur la notion de bien commun (informationnel) dans une perspective politique et sociale et plaide pour une hybridation :

  • "Commons and property are not mutually exclusive, totalizing principles for economic organization, but merely distinct methods of organizing access to resources. Historically, there has been a dynamic interaction between commons and private property. (...) Research on local music scenes in Brazil, for example, have explored how the absence of copyright on music leads to a robust private market for live performances and self–produced CDs (...). There is a growing body of research on the diffusion of hybrid business models that mix the offering of open source software with the provision of proprietary software or software–related services (...)."

Toute la question reste de savoir si ce sont des logiques de marges ou de transfert de marché qui doivent conditionner le niveau de libre dissémination des connaissances (point de vue libéral), ou si la libre dissémination des connaissances génèrera son propre écosystème économique avec une répartition sinon plus égale, du moins plus proportionnée, des revenus générés (point de vue crypto-communiste). Sur ces deux positionnements, les clivages économico-politiques ont de beaux jours devant eux. Mais se saisir de ce débat est une réelle urgence, notamment pour la communauté scientifique dans son ensemble.

(Temps kolkhozien de rédaction de ce billet : 2h00)

Métiers multimédia du livre.

J'enseigne (principalement) dans un IUT. Une formation professionnalisante en 2 ans. Dans cet IUT j'enseigne (uniquement) dans le département Information et communication. Dans ce département il y a deux options : "communication des organisations" et "métiers du livre". J'assure pour cette dernière option différents enseignements (décrits sur mon "blog du cours").
Au moment ou les étudiants de seconde année vont nous quitter pour rejoindre leur lieu de stage, en sus des enseignements "traditionnels" liés aux métiers du livre (documentation, bibliothéconomie, indexation et catalogage ...), ils ont également réalisé :

Et je ne parle là que des cours que j'assume ou auxquels je participe directement. Comme le montrent les exemples choisis ci-dessus, toutes ces réalisations "techniques" ont un lien naturel, évident et - j'espère -  fécond avec l'option qu'ils ont choisi (métiers du livre donc). La plupart de ces étudiants (une bonne moitié si l'on regarde les statistiques des dernières années et les stages qu'ils ont choisi cette année) travailleront demain dans des bibliothèques. Ils ne sont pas informaticiens, mais aujourd'hui ils connaissent les outils, aujourd'hui ils ont appris à découvrir la simplicité (relative) de leur mise en oeuvre. Aujourd'hui ils connaissent les possibilités. Aujourd'hui ils ont découvert (quelques-uns) de leurs usages. Demain ils pourront dialoguer ou se battre pour leur mise en oeuvre. Tout cela pour indiquer :

  • que vous devriez vous empresser de les embaucher en CDI parce qu'ils sont au top :-)
  • que je crois profondément à l'hybridation technique incontournable et nécessaire qui est dès aujourd'hui, le salut professionnel des métiers du livre.
  • que le "M" de "Métiers du livre" ne vaut plus grand chose s'il ne se conjugue pas avec le "M" de "Multimédia".
  • que ces étudiants sont prêts à déployer ces compétences.
  • que la majorité d'entre eux a compris l'urgence de leur mise en oeuvre.

Tout cela pour déplorer que la formation professionnelle et la formation continue des professionnels du livre (en bibliothèque principalement) laisse encore si peu de place à ces espaces d'hybridation ou les considère comme parfaitement inessentiels. Tout cela pour rappeler que "Le risque de se livrer à l'inessentiel est lui-même essentiel." (Maurice Blanchot).
Bon stage à tous et toutes. 

E-Books comparés, e-books à maturité

Le site Couperin (consortium d'achat pour les bibliothèques) vient de mettre en ligne un comparateur permettant de mettre en balance les différents agrégateurs (= fournisseurs) auprès desquels les bibliothèques font habituellement leur marché.
Les critères de comparaison sont les suivants : Présentation de l'éditeur, Durée du contrat, Modalités d'accès, Fonctionnalités des plateformes, Modalités d'acquisition, Statistiques d'usage, Assistance technique aux utilisateurs, Formations proposées aux utilisateurs, Marketing de l'éditeur, Possibilités de tests, Stratégie de l'éditeur.
<Update> Voir aussi en commentaire ce wiki permettant de comparer les liseuses (e-readers) </Update>
Pendant ce temps, François Bon via la plateforme Publie.net propose (grâce à un partenariat avec la BPI) la lecture intégrale des textes sur accès réservé et annonce l'ouverture du dispositif aux bibliothèques et universités qui le souhaitent. On les espère nombreuses.
Inexorablement, et c'est tant mieux, les derniers tabous de la lecture numérique sont en train de tomber : les modèles économiques s'affinent, les stratégies ne sont plus timorées ou le simple décalque de celles applicables au marché papier, les usages sont de plus en plus mûrs, les usagers de plus en plus en demande. Une maturité des usages qui traduit la fin de l'effet de mode : Mark Nelson dans le numéro de Mars/Avril 2008 d'Educause publie d'ailleurs un article à ce sujet. En s'appuyant sur un certain nombre d'étude statistiques, Mark Nelson se lance dans un exercice de prospective à 5 ans. Dans 5 ans :

  • "today’s K–12 students will be showing up at colleges and universities with substantively different cultural attitudes towards e-books than today’s students.
  • A commercially viable e-reader will be on the market.
  • New learning technologies are nearing the tipping point of maturity.
  • Standards for e-books are emerging.
  • IP issues will be mostly resolved either through technology (DRM) or business models."

Mark R. Nelson, “E-Books in Higher Education: Nearing the End of the Era of Hype?” ECAR Research Bulletin, vol. 2008, issue 1 (January 8, 2008)

La fracture amicale.

"La nouvelle fracture numérique opposera les gens disposant d'un réseau d'amis et ceux sans amis. L'ancienne fracture numérique entre les riches (ceux disposant d'une connexion internet) et les pauvres continuera d'exister." La citation (repérée par TechCrunch) est de Robert Scoble. Si cette "formule" m'intéresse c'est parce qu'elle traduit assez bien la manière dont, in fine, les logiciels sociaux (qui, rappelons-le, sont bien plus que les simples "réseaux sociaux") ont durablement transformé la nature de notre rapport au web.
<Parenthèse> Dire que les logiciels sociaux ont transformé la nature de notre rapport au web, n'est pas du tout la même chose (et est à mon avis beaucoup plus juste) que d'affirmer - comme on le lit un peu trop souvent - que les réseaux sociaux ont changé la nature du web </Parenthèse>
Il me semble qu'aujourd'hui, dans l'essentiel de nos pratiques, la socialisation dans sa dimension expérientielle première, est devenue au moins aussi importante que les trois activités qui firent la spécificité du primo-web, c'est à dire la navigation-lecture (browsing), la navigation-recherche (searching) et naturellement l'écriture (au sens large de "production de contenus"). Ce qu'ont permis les logiciels sociaux c'est le transfert de logiques de socialisation grégaires depuis des espaces clos et dédiés (les forums ou groupes Usenet) vers des espaces réellement réticulés, c'est à dire largement distribués au travers du moindre espace d'écriture ou de navigation.
Cette réflexion en appelle une autre. Il n'est pas aujourd'hui sur le web d'espace de production de contenus numériques qui n'échappe à l'angle d'une analyse "conversationnelle", "socialisante". On n'écrit plus, on ne publie ou ne produit plus aujourd'hui de contenu simplement pour être présent, pour occuper un espace, ou pour être bien "positionné" mais tout au contraire pour confronter ou pour souscrire. On écrit, on publie, on produit pour engager un débat. Pour "se" confronter aux autres. Pour maintenir et établit un contact. De toutes les fonctions du langage théorisées par Jakobson, c'est la fonction phatique qui est au coeur de l'ensemble des socialisations numériques, y compris (et surtout ?) de l'écriture-socialisante qui couvre  (par exemple) l'immense majorité des productions de la blogosphère.
Comme nouveaux totems de cette dominance du phatique, citons les trackbacks ou rétroliens (qui en inversant la polarité des liens pour la première fois dans l'histoire de l'hypertexte, contribuèrent largement à disséminer ladite fonction phatique et à en faire l'un des tout premiers horizons d'attente de l'écriture numérique courante). Citons également l'incontournable et parfaitement totémique "poke" de Facebook
Pour autant, et dès que cette confrontation se trouve inscrite dans un processus collaboratif assez large impliquant un nombre significatif de personnes, on retombe très largement dans les anciens et classiques shémas auctoriaux et éditoriaux. Des shémas "étagés" dans lesquels les fonctions de représentativité et de leadership sont réaffirmées comme essentielles. La présumée "sagesse des foules" n'est que l'exercice d'une démocratie numérique rigoureusement équivalente au système politique dans lequel nous évoluons. La seule différence (de taille) vient de son amorçage : les "leaders", les "gourous", les "éditeurs", les "auteurs" ne sont pas élus dans une logique de représentativité en assumant une charge "par délégation", mais ils sont les promoteurs ... à l'origine de leur propre promotion. Une promotion dans le meilleur des cas au service d'un projet ou d'une parole, et dans le pire des cas au seul et unique service d'un égotisme forcené. Les autres, tous les autres y souscrivent au sens littéral du terme. Ils écrivent, publient, discutent, débattent "en dessous", dans les limbes palimpsestiques de ces nouveaux espaces de socialisation numérique. La fonction phatique ne prime plus. Le "poke" redevient "private joke".
Le web, quelle que soit sa dénomination ("world wide web, world live web, world life web"), sa numérotation (1.0, 2.0 ...) demeure un espace rhizomatique mais devient de plus en plus organique ; son organisation confine à l'organique. Les liens unissant des contenus y côtoient désormais les relations unissant des personnes. Cette corporéité nouvellement incarnée n'est pas simplement métaphorique. Elle traduit un changement de nature radical. L'erreur serait de croire que ce changement de nature est également un changement d'objet. Le web est et demeure une artefacture technique. L'erreur serait de ne chercher qu'à questionner cette artefacture. Le web n'est qu'un vecteur. Le changement concerne tout au contraire notre rapport individuel et intime à la socialisation. Notre rapport à l'autre.
Il y a quinze ans de cela, des scientifiques, des universitaires, se posaient la question de savoir quels documents/contenus pouvaient être numérisés. La réponse est aujourd'hui connue : il n'est aucun contenu qui ne résiste à la numérisation, rien qui ne puisse être numérisé ou numérique. Rien qui ne puisse être re-présenté "sous forme" et "au format" numérique. Pro forma. Ce qui est vrai des documents/contenus le sera-t-il également pour les individus et les relations interpersonnelles ?
Ce n'aura pas été le moindre mérite de Facebook et consorts que de permettre que ces questions soient posées. Les réponses seront là aussi évidentes. Dans 15 ans. Ou peut être moins. D'ici là nous aurons grand besoin de sociologues pour nous aider à bâtir la science du web.

(Temps de rédaction de ce billet : 2h30)

Le(s) petit(s) lien(s) du Week-End

Scotché j'ai été en cette vidéo regardant. De réalité augmentée question il est.
(Via KJB 2.0)

Et comme c'était la semaine du premier avril, voici l'info qui m'a fait le plus marrer, reprise de chez FredCavazza :

  • "Nicolas Sarkozy lance son Lifecast. A l’instar de Justin.TV, notre président a décidé de rajeunir son image et de se rapprocher des français en se filmant 24H/24. Son lifecast est disponible à l’adresse suivante : www.tf1.fr."

Et aussi la thèse sur la porte de frigo comme ancêtre de FlickR.

Comment ça "un petit dernier pour la route ?" Bon d'accord.

Et puis surtout, suurtout, celui-là : toutes mes félicitations au fin limier qui a trouvé la fin de l'internet.

Evolution des métiers (séminaire CNAM)

Suite à la journée sur les "réseaux sociaux", le GDR-Tics organise le 11 avril au CNAM, sa quatrième et dernière journée de séminaire, consacrée cette fois à la "Production numérique éditoriale et à l'évolution des métiers." Le programme est une nouvelle fois alléchant et on y évoquera notamment la question d'une cartographie des métiers (Claudine Masse, ADBS) ainsi que celle de l'évolution des métiers du livre (Thierry Ermakoff, ENSSIB), mais aussi l’évolution de la médiation des contenus (Bruno Bachimont, chercheur UTC et INA) ou encore le devenir des journalistes (Olivier  Delteil, Les Echos). Bref vous l'aurez compris, une journée incontournable :-)
Et pour éviter les mauvaises surprises, l'accès est libre mais l'inscription obligatoire.

Moteurzine : 150ème numéro

Le site Moteurzine fête aujourd'hui son 150ème numéro. Il est avec l'incontournable Abondance, l'un des sites francophones de référence, consacrés à l'actualité des moteurs de recherche. Pour l'occasion, un petit jeu (advergame) est mis en ligne.

... expliqué aux enfants.

On trouve de plus en plus sur le web des ressources pédagogiques au format "le trucmuche expliqué aux enfants." (moi-même d'ailleurs ...) Et c'est tant mieux, car cela procède souvent d'un excellent travail de vulgarisation de concepts et de procédures habituellement rétifs à la même vulgarisation. Donc :

  • les licences creative commons expliquées aux élèves
  • les flux RSS expliqués aux enfants (vidéo lancée à l'occasion de la sortie d'un ouvrage chez Milan Presse : "Mais non je blogue") ... intéressant à double titre puisque dès les premières secondes de la vidéo, on propose à nos chères têtes blondes d'apprendre "à fidéliser leurs visiteurs" ... Je vois déjà quelques têtes chevronnées du marketing web trembler à l'idée qu'un gamin de 12 ans lui donne des leçons de fidélisation. Blague à part donc, c'est également un nouveau témoin qui s'allume dans le socle culturel commun des digital natives. Amis de la fracture numérique générationnelle ...

Quiz 2.0

Le site SavoirsCdi.net propose un petit quiz sympa autour du web 2.0. Les réponses sont à chaque fois explicitées par un court paragraphe, et le site propose également une bibliographie.

Lahary superstar

(et puisse-t-il me pardonner la familiarité de mon titre)
Dominique Lahary est passé maître dans l'art de la présentation powerpoint. Sa dernière en date n'échappe pas à la règle. Elle s'intitule "Bibliothécaire en prospective" (.pdf) et elle est une photographie exacte, pertinente, drôle et dynamisante (dynamitante ?) des angoisses "du" métier.
Je ne vous en livre que l'une des dernières diapos, qui vient conclure la "fable de la sauterelle et du crapaud" :

  • "soyons dans le champ de vision des décideurs, soyons, à leurs yeux, quelque chose qui bouge dans leur paysage. Ainsi nous obtiendrons des moyens parce que nous ferons partie de leur stratégie."

A méditer, comme l'ensemble des points évoqués dans son diaporama. J'en connais d'ailleurs quelques-uns qui appliquent ce principe à la lettre et qui, s'ils continuent de bouger autant, vont rapidement se retrouver multi-millionnaires ;-)

(Via le site de l'ABF)

Lecdi.net passe aux livres

Je vous avais déjà parlé (en bien) du site lecdi.net. Et bien celui-ci continue sur le crédo "redoutablement basique, redoutablement efficace". Il propose désormais une page Livres en ligne qui permet d'interroger simultanément plusieurs bibliothèques numériques. Comme le précise le mail reçu de Philippe Martin,
professeur documentaliste et auteur du site en question, "si l'on excepte les livres proposés avec l'accord des éditeurs par Gallica 2 et par Google, les livres ainsi accessibles sont des livres gratuits parce qu'appartenant au domaine public." GoogleBooks y est interrogé de façon à ce qu'apparaissent seulement les livres pour lesquels « l'affichage du livre entier » est permis et la même page propose également un accès rapide aux livres audio gratuits de Litterature audio.com et de LibriVox.
Je crois que j'ai trouvé un autre utilomane :-)

Zone de résistance

(Disclaimer : ceci n'est pas un poisson d'avril, de toute façon, moi les blagues, je suis contre)

La bibliothèque est une zone de résistance. Dans les deux sens du terme.
Historiquement tout d'abord, la bibliothèque publique, moderne, est une zone de résistance au sens noble du terme. Elle est le lieu permettant à chacun de se forger suffisamment d'esprit critique pour être ensuite capable, si nécessaire, d'entrer en résistance contre les totalitarismes de la pensée, totalitarismes qui en annoncent souvent d'autres. Mais aujourd'hui, et bien plus prosaïquement tristement, la bibliothèque est certaines bibliothèques sont aussi une zone de résistance dans la mauvais sens du terme. Zone de résistance au changement. Résistance au changement institutionnel. Institution de la résistance au changement. Résistance au changement du côté technologique (cf le billet hallucinant mais hélas encore très réaliste d'Hubert), et résistance au changement d'image (ou comment la CGT se prend les pieds dans le tapis bibliothéconomique).
Bref, heureusement que l'on sait qu'il est de plus en plus de bibliothèques gauloises qui résistent à la résistance au changement, mais à lire les deux billets sous les liens, on se dit que, pour certaines, la route sera encore longue ...

Poisson d'avril.

Halalalalalalala. Et moi qui me faisait un malin plaisir à répéter que hophophop, pas de poisson d'avril qui sitôt publié ne serait identifié comme tel, trop facile, on a l'habitude en ce 1er Avril de voir fleurir chez les sociétés les plus prestigieuses différents poissons plus ou moins crédibles, plus ou moins travaillés. Et pourtant. Pourtant je me suis fait avoir. Comme un bleu. Faut dire aussi que ledit poisson d'Avril avait été lancé bien avant le premier Avril (pas très fair-play ... si tout le monde se met à fêter le premier Avril le 12 Mars, ça va devenir compliqué de démêler le vrai du faux). Bref, le poisson d'Avril en question c'est l'installation d'une console Wii à la BU d'Angers, information promptement relayée ici-même avec tout l'enthousiasme qui sied à une telle annonce. Ben oui, sauf que ... c'était pour rire. Pour le reste et les questions ouvertes qu'aura permis de poser cette annonce, le mieux est d'aller lire le billet de Daniel Bourrion.
"Bravo les gars donc", dit-il piteusement, "jurant mais un peu tard ..."