Ma Photo

Qui suis-je ?

Syndication


Botte de foin


Qui êtes-vous ?



  • Track referers to your site with referer.org free referrer feed.


Qu'en faire et comment ?


  • Ce que vous voudrez à condition :


    • de citer vos sources
    • de ne pas vous enrichir
    • de ne rediffuser l'info que sous une licence identique à celle-ci







    Le crédo d'Affordance ;-)
    I am a hard bloggin' scientist. Read the Manifesto.



    Le coin des bonnes causes :


    Support The Commons
    Become A Commoner


    Le PageRank d'Affordance :
    PageRank for this page
    Son "autorité" (sic) selon Technorati :
    "L'autorité" selon Technorati

Powered by TypePad

« février 2008 | Accueil | avril 2008 »

Le plug-in de la redocumentarisation.

La redocumentarisation** vient de s'offrir son premier plug-in (si c'est pas le premier, vous me le signalerez en commentaires :<Edit> merci Hubert, effectivement ... </Edit>). L'idée est simple : il s'agit pour une plateforme de blog (Wordpress) de permettre d'aller piocher directement dans les photos déposés sous licence idoine (creative commons) dans une base de donnée adéquate (FlickR), et d'insérer ladite photo pour illustrer votre billet. Le billet de ReadWriteWeb explique tout cela en détail (et avec des images). Ce dispositif déjà très puissant laisse raisonnablement espérer que demain (web sémantisé + micro-formats + progrès significatifs dans la recherche d'images) il sera possible d'obtenir le même résultat non plus en tapant un terme à la recherche d'une illustration, mais en "appelant" simplement l'illustration la plus adéquate sur la base d'une analyse (indexation) à la volée du texte en regard.

<Incise pour secte pédauquienne, les autres peuvent sauter ce passage>Il s'agit donc davantage et stricto sensu (cf définition ci-après) de documentarisation que de "re"-documentarisation, mais comme l'objet supportant cette documentarisation (blog Wordpress) est sui generis un objet redocumentarisé et redocumentarisable, je considère qu'il s'agit davantage de redocumentarisation.</fin de l'incise>

On aurait à mon avis tort de voir là un simple petit gadget de plus pour bloggueurs-geeks. Ce phénomène de redocumentarisation systématique et possiblement automatisée (ou en tout cas grandement facilitée) de toute trace (texte, vidéo, audio, photo), s'applique aujourd'hui à des entrepôts gigantesques de données, mais avec une granularité remarquable. Une granularité des contenus et des micros-contenus qui, via ces macro-agrégateurs que sont les sites-entrepôts (FlickR, YouTube, Del.icio.us pour n'en citer que quelques-uns), va permettre de rendre le processus de redocumentarisation totalement transparent et parfaitement intuitif. D'ailleurs, en y repensant, la recherche universelle, dernière trouvaille en date de nos chers moteurs, n'annonçait-elle pas déjà cette redocumentarisation universelle à la portée de tous ?

Pour conclure et le dire autrement, ce premier plug-in de la redocumentarisation ouvre la voie à une petite révolution documentaire : celle du passage à un âge où nous produirons simultanément et "nativement" un contenu (texte, image, vidéo), la documentation associée, et quelques-unes des redocumentarisations possibles s'y rattachant. Ce qui ne sera rien d'autre que la suite logique de la vidéo de M. Wesh ... "We'll need to rethink a few things ..." We'll need to rethink documents.

**Pour ceux qui lisent ce blog en diagonale (et pour quelques-uns de mes étudiants), définition de la redocumentarisation par Jean-Michel Salaün :

  • "Pour définir la re-documentatisation, il faut commencer par s'entendre sur le terme «documentarisation». Documentariser, c'est ni plus ni moins traiter un document comme le font (...) les professionnels de la documentation (...) : le cataloguer, l'indexer, le résumer, le découper, éventuellement le renforcer, etc. (...) L'objectif de la documentarisation est d'optimiser l'usage du document en permettant un meilleur accès à son contenu et une meilleure mise en contexte.
    Le numérique, par nature, implique une re-documentarisation. Dans un premier temps, il s'agit de traiter à nouveau des documents traditionnels qui ont été transposés sur un support numérique en utilisant les fonctionnalités de ce dernier. Mais le processus ne se réduit pas à cette simple transposition. En effet, bien des unités documentaires du Web ne ressemblent plus que de très loin aux documents traditionnels. Dans le Web 2.0 (...) la stabilité du document classique s'estompe et la redocumentarisation prend une tout autre dimension. Il s'agit alors d'apporter toutes les métadonnées indispensables à la reconstruction à la volée de documents et toute la tracabilité de son cycle. Les documents traditionnels eux-mêmes, dans leur transposition numérique, acquièrent la plasticité des documents nativement numérique et peuvent profiter des possibilités de cette nouvelle dimension.
    " in La redocumentarisation : un défi pour les sciences de l'information.

(Temps de rédaction de ce billet : 45 minutes)

Mon historique de navigation m'appartient (et le reste aussi)

Tim Berners Lee s'exprime assez rarement, mais sa parole est d'or. Sa dernière entrevue sur BBCNews (à propos de l'importance d'interdire aux fournisseurs d'accès de conserver la trace de nos connections) n'apprendra rien aux spécialistes de la question, mais les exemples et les analogies choisis sont lumineux, ainsi :

  • "Je n'ai pas envie que, si je recherche des livres sur cancer, ces données soient transmises à ma compagnie d'assurance, avec le risque de voir ma police d'assurance augmenter, à cause de ces recherches"
  • "J'estime très important que mon fournisseur d'accès amène l'internet jusqu'à mon domicile, de la même manière que la compagnie untel y amène l'eau. Cet apport de connectivité doit se faire sans contrainte, sans contrôle ni surveillance des sites sur lesquels je me connecte."
  • il plaide enfin pour que la procédure d'opt-in l'emporte clairement sur ce terrain.

Un interview à mettre en balance avec les sociétés contractantes dans le cadre des projets OpenID fondation ou encore OpenSocial fondation, fondations derrière lesquelles on retrouve encore et toujours les 3 grands acteurs que sont Google, Microsoft et Yahoo! Une composition qui si elle est dans la nature même des "fondations", et même si le projet affiché offre quelques garanties (notamment celle de placer sous licence creative commons les résultats des travaux desdites fondations), ne doit pas faire oublier que le risque de la centralisation des données publiques/privées/intimes entre les mains de ces acteurs appelle à une vigilance constante et à une réaffirmation de l'importance des travaux et des approches du mouvement open source (même si là encore, la stratégie des 3 firmes a permis de réinstrumentaliser l'open source à leur profit presqu'exclusif, en s'offrant une fenêtre de rêve sur l'ingénierie de ces projets et de ces développements).

(Via Pintini // Temps de rédaction de ce billet : 55 minutes)

La morale économique du web 2.0 selon Jenkins.

Henry Jenkins est professeur au MIT. Sur son blog il nous livre 4 billets essentiels pour comprendre l'économie et la morale du web 2.0

  • "The moral economy of web 2.0" (Part 1) : Jenkins se livre à un rappel et à une analyse des fondamentaux : Economie du don, User-generated-content, "Vous faîtes tout le contenu, nous gardons tous les revenus". Ce que Jenkins entend par "économie morale" est ensuite décrit dans son billet :
    • ""Moral economy" refers to the social expectations, emotional investments, and cultural transactions which create a shared understanding between all participants within an economic exchange. The moral economy which governed old media companies has broken down and there are conflicting expectations about what new relationships should look like. The risks for companies are high, since alienated consumers have other options for accessing media content. The risks for consumers are equally high, since legal sanctions can stifle the emerging participatory culture".
  • "The moral economy of web 2.0" (part 2) : Jenkins revient sur la culture de la participation :
    • "How audiences are imagined is crucial to the organization of media industries (Ang 1991; Hartley 1987), which rely on such mental models to shape their interface with their public. Convergence culture brings with it a re-conceptualization of the audience - how it is comprised, how it is courted, what it wants, and how to generate value from it. Increasingly, audiences are valued not simply based on what they consume but also on what they produce. The audience is no longer the end point along an industrial chain, and as Bruns (2007a n.p.) argues, they no longer need to "resort to auxiliary media forms."
  • "The moral economy of web 2.0 (part 3)" : le troisième billet illustre bien le décalage qu'il peut y avoir entre les intérêts et les exigences de l'audience et ceux de l'industrie-en-quête-d'audience (autour de l'exemple notamment des fan-fictions)
  • "The moral economt of web 2.0" (part 4) : ce dernier billet, revient sur les derniers événements en date, c'est à dire, selon Jenkins, une forme de retour de la prohibition et de criminalisation des pratiques de consomma(c)tion de ces audiences qui entendent tirer parti (et parfois "revenu") de leur apports dans le contexte d'une économie de la participation, un parti et un "revenu" que les industries culturelles rechignent à donner. Jenkins distingue l'approche "prohibitionniste" et l'approche "collaborationniste" :
    • "If the collaborationist approach welcomes fans as potential allies, the prohibitionist approach sees fans as a threat to their control over the circulation of, and production of meaning around, their content. Consumers are read as "pirates" whose acts of repurposing and recirculation constitute theft. The prohibitionist approach seeks to restrict participation, pushing it from public view. The prohibitionist response needs to be understood in the context of a renegotiation of the moral economy which shapes relations between media producers and consumers." Ce concept d'économie morale (déjà ancien, et que Jenkins attribue à P. Thompson (1971) qui étudia le phénomène des émeutes liées à une situation de pénurie alimentaire), ce concept de morale économique ou d'économie morale donc, "n'implique pas simplement des obligations économiques et sociales entre producteurs et consommateurs, mais également des obligations sociales envers les autres consommateurs."

Le contenu de ces 4 billets est largement repris de l'ouvrage incontournable de Jenkins (Convergence Culture: Where Old and New Media Collide.), dans lequel il démontre que le facteur de "convergence" est davantage un paramètre culturel que technologique et que les compétences acquises au travers d'activités de type "loisir" (autour de l'usage des "nouveaux" médias) sont de plus en plus aisément et systématiquement transférables/transférées dans des contextes professionnels. Enfin, le dernier billet contient une intéressante bibliographie sur la question, de Pierre Lévy à Yochaï Benkler en passant par Clay Shirky.

(Temps de rédaction de ce billet : 45 min)

Comptabilité

(pour mémoire et archivage personnel)
Cap de 2000 commentaires atteint. Ridicule et petit joueur. Mais satisfaction (et confort) de n'avoir pas eu besoin de mettre en place de modération a priori depuis 3 ans. Merci à tou(te)s donc :-)
2000

Le petit lien du Week-End

Cette semaine, on saute dans la machine à remonter le temps pour découvrir qu'aux Etats-Unis, en 1962, l'usage des TICs (Technologies de l'information et de la communication) n'était pas un vain mot.
Preuve en image :
Tic1Tic3Tic2
Pour découvrir la légende de ces images d'époque, rendez-vous à la source.

L'éditeur est-il soluble dans le crowdsourcing ?

Voilà à n'en pas douter de quoi rajouter de l'eau au moulin du dernier billet de Jean-Michel dont je ne reprends ici qu'une phrase hors-contexte mais significative tout de même : "Quelle étrange dynamique qui conduit à rechercher la vérité, sans pouvoir en assumer la responsabilité !". De mon côté j'avais attiré votre attention sur la problématique de la responsabilité éditoriale dans Wikipédia. Et j'en viens donc au vif du sujet et au coeur de ce billet : quel est le point commun entre Eric Dupin (Presse-citron.net), Olivier Martinez (acteur procédurier) et Florence Devouard (Wikimedia fondation) ? Et bien tous ont un problème d'éditeur.
L'affaire est donc celle qui oppose Olivier Martinez à Eric Dupin. La génèse de l'affaire et son dernier rebondissement sont lisibles et parfaitement résumés sur le site d'Ecrans. Donc Hop vous partez le lire et quand ça y est, Hop, vous revenez ici. Ca y est ? Bon.
Donc le titre de ce billet : Fuzz (le site d'Eric Dupin) est en effet un Digg-like, un de ces sites dans lequel les utilisateurs font remonter le contenu et, par leurs votes, construisent la hiérarchie des news ainsi collectées. Donc Eric Dupin n'est effectivement pas responsable de la "Une" de Fuzz, pas plus que de la hiérarchisation de toute news y figurant. Mais Eric Dupin est éditeur du site Fuzz. Et à ce titre aujourd'hui condamné.
Toute cette affaire est à la fois troublante et éclairante.
Eclairante parce qu'elle souligne que tout acte de publication implique une responsabilité éditoriale, et ce indépendamment de la longueur et de la profondeur de la chaîne des médiations qui interviennent dans le processus. L'éclairage en question porte donc dans le cas qui nous occupe, sur la désagrégation (désintermédiation) de la boucle publication-édition, une désagrégation, un délitement qui n'en ôte pas la spécificité, et qui en aucune manière ne peut aboutir à un escamotage. L'une (la publication) ne peut effacer l'autre (l'édition) et réciproquement. Toute publication doit être éditée pour "exister", et tout acte éditorial ne peut porter que sur la trace inscrite d'une publication première, originelle.
Troublante parce qu'au vu de la LEN (loi sur l'économie numérique) et des modèles actuellement dominants de nano-publication (un billet de blog, un fil twitter) versus macro-agrégation (les Digg-like et dans une moindre mesure les moteurs-remixeurs de recherche), la définition de la responsabilité éditoriale est pour le moins fluctuante (comme le souligne l'article d'Ecrans, le choix du tribunal dans l'affaire Martinez/Dupin aurait reposé sur la présence d'une rubrique baptisée "Les people", rubrique mise en place par Fuzz/Eric Dupin, et attestant donc - toujours selon les juges - de la responsabilité éditoriale d'Eric Dupin).
Le dernier point d'éclairage qu'apporte cette affaire, c'est le décalage du coup porté à Fuzz. Olivier Martinez aurait mieux fait de choisir d'attaquer l'individu à l'origine du dévoilement de sa vie privée, au lieu de s'en prendre au site ayant agrégé et relayé l'information, même si cette agrégation contribua grandement à donner une visibilité à cette information. C'est donc là encore de désintermédiation qu'il s'agit. Mais d'une désintermédiation auctoriale et non plus éditoriale. Personne ne semble se soucier en effet de l'individu à l'origine de l'information. Conclusion (temporaire) : la visibilité éditoriale devient l'autorité factuelle et engage la responsabilité civile du vecteur de visibilité (le site Fuzz).

<Update de 5 minutes plus tard>Etonnant ... le site Libération semble être affecté par le verdict de l'affaire puisqu'après avoir publié aujourd'hui même une page relayant la rumeur du mariage entre Olivier Martinez et Kylie Minogue (preuve en image n°1), il a promptement ôté ladite page de son site à l'heure (21h40) où j'écris ce billet.

Kyliemartinez_2

Ayepu

Ou comment Libération invente le mouvement perpétuel en balladant son lecteur, puisqu'en utilisant "le moteur de recherche de notre base archive" on tombe sur la copie d'écran n°1 avec l'adresse de l'article, laquelle adresse nous amène à la copie d'écran n°2 qui nous ramène ... etc ... etc ...
</Update>

<Update de 5 jours plus tard> Explication du revirement de libé sur @si.</Update>

(Temps de rédaction de ce billet : 1h30)

FAQ Qualification et Recrutement (maîtres de conférences)

J'ai ouvert une Foire Aux Questions pour la qualification et le recrutement sur le blog auditions.
A quelques jours de rendre son dossier de recrutement (deadline le 1er Avri), si vous avez des questions, déposez les en commentaire.

Cartomanie

Moi qui aime bien les représentations cartographiques, je suis servi en ce moment.

  • Hubert Wassner nous livre une nouvelle version de sa cartographie sémantique des blogs. Deux clés de lecture pour cette carte : la couleur des noeuds (blogs) : du rouge (très populaire) au noir (pas populaire) ; et la couleur des liens les reliant (bleu clair : forte corrélation, bleu foncé : faible corrélation). Affordance.info y occupe une bonne place et y apparaît comme plutôt populaire. On n'y apprend pas grand chose de plus mais on a la confirmation qu'une ligne maginot sémantique relie les lecteurs d'Affordance à ceux de Technologies du langage (coucou Jean) et à ceux d'Outils Froids (coucou Christophe). A lire sur cette nouvelle version, le billet de Jean Véronis, gourou interplanétaire de la distance intertextuelle, et le commentaire d'Hubert Wassner explicitant un peu l'intérêt d'une telle représentation.

Cartoblogs

L'autre carte du moment, c'est celle Christophe Jorge : la "blogosphère de l'intelligence économique" qui dans sa version 3, compte ... rien moins que 4471 sites !

Blogie

Ces deux cartes me rappellent au pourquoi de mon amour des cartes (déjà évoqué) :

  • "Il n’y a rien que l’homme soit capable de vraiment dominer : tout est tout de suite trop grand ou trop petit pour lui, trop mélangé ou composé de couches successives qui dissimulent au regard ce qu’il voudrait observer. Si ! Pourtant, une chose et une seule se domine du regard : c’est une feuille de papier étalée sur une table ou punaisée sur un mur. L’histoire des sciences et des techniques est pour une large part celle des ruses permettant d’amener le monde sur cette surface de papier. Alors, oui, l’esprit le domine et le voit. Rien ne peut se cacher, s’obscurcir, se dissimuler." Bruno Latour, Culture technique, 14, 1985 (cit par Christian Jacob dans L’Empire des cartes, Albin Michel, 1992).

Les deux cartes qui précèdent n'entrent que difficilement dans l'espace d'une feuille de papier. Et les "ruses" de la navigation permise par le numérique y tiennent un rôle d'orientation et de repérage mais ne permettent pas pour autant a priori de "dominer" son sujet. Le résultat c'est que ces deux cartes réclament une attention, un apprentissage et une expertise a priori ou a posteriori pour qui voudrait en tirer la substantifique moëlle. Ce qui n'est pas le cas de la dernière carte ci-dessous. 
En effet cette splendide "Map of Findability" (qui tient, elle, dans l'espace d'une feuille de papier) dit bien mieux que tout article scientifique sur la question, les relations entre taxonomie, ontologies et folksonomies (Via Patrick Peccatte). On appréciera particulièrement le soin délivré aux toponymes : "Principauté indépendante de Thesaurus", "Royaume Taxonomique", "République Folksonomique", etc. Depuis le temps que je répète  à mes étudiants que la question des langages documentaires est avant tout une question politique ... et quand on sait que la politique est d'abord une question de frontières ... on voit mieux comment l'indexation est aussi une question géo-politique ;-)

Map_of_findability2_2

(Temps de rédaction de ce billet : 1h45min)

Google Books à la télé.

Un très bon reportage à propos de Google Books et de la bibliothèque numérique en général. C'est (toujours) en ligne sur France 24 dans l'émission "le magazine de l'intelligence économique". Avec un sus le point de vue coup de promotion (mérité) de François Bourdoncle. Beaucoup plus clair, précis et factuel que les habituels reportages des grandes chaînes sur la question, et beaucoup plus digeste que ma petite théorie de l'eugénisme documentaire ;-)

Les évolutions de l’information : le web collaboratif et la gestion de l’identité numérique.

Article "de commande" pour la prochaine parution de la brochure "Repère" de l'ENSSIB (qui dispose également d'un site web)

  • Le web 2.0 : partage et collaboration

Le web 2.0 désigne, pour les outils d’accès, de production et de recherche d’information, la part de plus en plus grande qui est laissée à l’utilisateur. Les blogs (plateformes éditoriales « clé en main » ), les wikis  (sites collaboratifs dont chacun peut modifier le contenu), les fils RSS (permettant de suivre les dernières nouveautés publiées sur un site), mais également ces gigantesques réservoirs de contenus que sont FLickR (pour les photos), DailyMotion ou YouTube (pour les vidéos) sont autant de sites et de technologies emblématiques de ce web 2.0. Auparavant, les contenus étaient le fait d’une communauté relativement réduite (enseignants, universitaires, entreprises, institutions …), et ils étaient mis à disposition sans ouvrir beaucoup de possibilité d’interaction et de partage. Le point commun des sites et des technologies « 2.0 » est de permettre aux internautes de partager, de participer, de « remixer », de noter, de diffuser et d’accéder à des contenus qu’ils produisent majoritairement. Le passage au web 2.0 se caractérise donc par une frontière de plus en plus floue et perméable entre les producteurs et les utilisateurs de contenus. Ce dernier point est aussi le plus controversé : l’abolition des filtres éditoriaux habituels, la prédominance de contenus « amateurs » font du monde numérique un terrain d’observation privilégié de la démocratie directe dans ce qu’elle a de meilleur (partage, réciprocité, interaction, collaboration) mais également de pire (dictature de la masse, notoriété l’emportant sur l’expertise, logiques quantitatives plutôt que qualitatives).

  • La gestion de l’identité numérique.

Contexte : En lien avec l’avènement du web 2.0, l’usager est aujourd’hui au cœur, non seulement des contenus circulant sur le Net, mais également des préoccupations des grands acteurs propriétaires de ces sites, qui, pour rentabiliser leur modèle économique et continuer d’offrir un accès le plus souvent gratuit à ces services, ont besoin de connaître le plus finement possible leurs utilisateurs, afin de leur proposer des publicités contextuelles parfaitement ciblées. L’une des grandes nouveautés du web actuel est qu’un très petit nombre de sociétés collectent (via les services qu’elles offrent) et ont la possibilité de recouper un très grand nombre d’informations sur chacun d’entre nous : ces informations relèvent aussi bien de notre sphère publique (notre métier par exemple), de notre sphère privée (nos relations, nos amis), que de notre sphère intime (nos préférences politiques, sexuelles ou religieuses).
Ne pas confondre identité et identifiants :
La question de l’identité numérique doit être distinguée de celle des identifiants que nous utilisons pour accéder à différents services. Sur ce dernier point, différents projets existent pour tenter de proposer un standard d’identification unique qui via un seul login et mot de passe, permettrait de s’enregistrer sur toute une gamme d’applications et de pouvoir les utiliser (OpenID …)
Qu’est-ce que l’identité numérique ? Une collection de traces.
L’identité numérique peut être définie comme la collection des traces (écrits, contenus audio ou vidéo, messages sur des forums, identifiants de connexion …) que nous laissons derrière nous, consciemment ou inconsciemment, au fil de nos navigations sur le réseau. Cet ensemble de traces, une fois qu’il apparaît « remixé » par les moteurs de recherche, peut parfois produire des résultats gênants (et ce malgré le recours assez fréquent à des pseudonymes d’identification). Ainsi, la pratique consistant à taper le nom de quelqu’un dans un moteur de recherche pour voir quels sont les premiers résultats qui ressortent est devenue de plus en plus courante, notamment dans le cadre d’un recrutement. La question est d’autant plus importante que l’on parle aujourd’hui de « natifs numériques » (digital natives), c’est à dire d’une génération qui utilise différents services web dès sa prime enfance.
Que faire après coup ?
Si vous souhaitez voir disparaître certains contenus vous concernant, vous avez la possibilité de vous adresser d’abord aux gestionnaires des sites qui disposent desdits contenus. Cela peut concerner la suppression d’une vidéo ou de photos, mais également de messages sur différents forums de discussion. La deuxième étape est de s’adresser directement aux moteurs de recherche : ceux-ci conservent en effet souvent dans leur « cache » une version des contenus précédemment supprimés. Il faut alors leur demander la suppression de ces contenus.
Comment rester maître de son identité numérique ?
L’idéal pour maîtriser son image numérique consiste à en devenir l’acteur principal. Ainsi, si vous tenez un blog sous votre nom, si vous achetez « votre » nom de domaine pour votre site web, si vous y déposez votre CV, ce sont ces éléments d’information qui devraient apparaître en premier dans les moteurs de recherche. Mais on ne peut pas demander à des adolescents alimentant leur skyblog ou leur MySpace aujourd’hui de penser à l’image que cela renverra d’eux dans 10 ou 15 ans. Les règles du bon sens demandent donc de conserver les identifiants utilisés lors de la création d’un contenu ou d’un service, pour pouvoir, le moment venu, supprimer ce contenu ou ce service. Eviter également de déposer des messages ou des contenus qui pourraient s’avérer nuisibles à notre image quelque soit le service utilisé et son niveau de « confidentialité » affiché. Enfin, avoir présent à l’esprit cette idée qu’une réputation numérique se construit de la même manière qu’une réputation « non-numérique » - c’est à dire patiemment et sur la durée - est encore le meilleur moyen d’agir en conséquence.

Olivier Ertzscheid. Maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication.
Université de Nantes.
25 Mars 2008.

Persee 2.

Après Gallica 2, voici venu Persée 2, nouvelle version du portail de revues en sciences humaines dévoilée lors du salon du livre. Comme tout ce qui se termine par 2, dans Persée 2 il y a 2 fois plus de jolies couleurs, 2 fois plus de fonctionnalités "sociales", et surtout 2 fois plus de fonds documentaires annoncés mais ... mais ... mais après mes premiers tests, le nouveau fonds "travaux de recherche" reste désespérément vide ... dommage ...

(Via Homo Numericus)

Faut-il stabiliser Wikipédia ?

L'édito de Bertrand le Gendre sur le site du Monde en date du 15 Mars, laissait entrevoir le pire : "Faut-il brûler Wikipédia ?" Le genre de titre incendiaire à vous mettre en émoi toute la communauté des Wikipompiers. Heureusement, il ne fallait y voir qu'une accroche vendeuse : le fond de l'article propose enfin le bon éclairage du phénomène (tout au moins en ce qui concerne le traitement par la presse quotidienne du phénomène wikipédia) : regarder WIkipédia comme une "nouvelle écologie de la connaissance" et non pas comme un épouvantail (épouvantable ?) éditorial planétaire. Et donc en écho à ce bel édito, Florence Devouard répond sur son blog à quelques questions qui sont au coeur de la capacité qu'aura Wikipédia à faire vivre et prospérer ladite écologie, sans se surexposer aux pathétiques effets de serre assouliniens. Cette question c'est celle de la "protection en édition" et de la stabilisation de certains articles. Le billet de Florence Devouard permet de replacer cette question dans "l'histoire" de l'encyclopédie et ouvre de nouvelles pistes dont les résonnances théoriques sont nombreuses et fécondes pour ceux qui s'intéressent aux documents numériques en général et aux processus éditoriaux les régentant en particulier :

  • La mise en place de différents "flags" (=drapeaux) qui sont les "bandeaux d'alertes" (non neutre, manque de source, ébauche etc...), et le système des "articles de qualité" (processus d'identification de BONS articles sur Wikipédia, par la communauté; articles identifiées en haut à droite des articles par une petite étoile dorée) si elle se systématise, pose la question croisée de l'émergence et de la validation par une communauté de pairs.
  • la question de la version qui doit être visible par défaut (celle flagguée et qualitativement "certifiée" ? la plus récente ?) renvoie aux interrogations sur le versioning, qui est le coeur de la dimension palimpsestique avérée de l'ensemble des documents et des documentations numériques.
  • La question enfin du droit et de la responsabilité éditoriale du flaggueur : dans le contexte mouvant et dans la temporalité particulière du numérique, dans un projet dont l'inachèvement programmé  est consubstantiel à son existence même, le processus de sélection et de validation peut-il être empreint de la même notion de responsabilité que dans un processus éditorial plus classique ?

Beaucoup de questions, peu de réponses pour l'instant, mais bien des perspectives passionnantes qui se confirment. En ce qui me concerne (et pour autant qu'on me demande mon avis), je pense que Wikipédia ne peut pas faire - et elle ne le fait d'ailleurs pas - l'économie d'une systématisation de cette "stabilisation", de ce fléchage des versions "les plus établies". Par ailleurs je pense que sa dynamique propre doit laisser au premier plan ce "work in progress", laissant se déployer un encyclopédisme d'usage. A chacun de faire son chemin. Plus les sous-bassements invisibles de la "Wikipédia stabilisée" seront nombreux et systématisés, plus ils auront capacité à se présenter "en référence" tout en s'effaçant devant la dynamique du projet, plus le lecteur avancera dans la sécurité, tout en préservant cette inclinaison particulière de la sédimentation encyclopédiste à la mode de Wikipédia.

Filtrage commercial

A l'image de ce qui avait déjà été proposé par Yahoo! dans son outil Mindset, Exalead vient d'ajouter une fonctionnalité à sa "zapette", laquelle permet désormais de filtrer les résultats commerciaux et non-commerciaux. Fonctionnalité intéressante mais premiers tests moins concluants que sur Yahoo!Mindset.
Qu'il s'agisse de requêtes se prêtant à ladite fonctionnalité (du genre "réfrigérateur"), ou d'autres s'y prêtant moins (du genre "olivier ertzscheid"), le filtrage est au final assez peu satisfaisant. Ceci étant, cela peut ponctuellement permettre de gagner du temps sur certains scénarios de recherche. Toujours est-il qu'en la matière, "trop de fonctionnalité ne nuit point", et qu'Exalead est le moteur fournissant la panoplie d'options de recherche la plus riche et la plus intuitive.

Polyphonies du livre : que des gens (très) recommandables

Et voilà. Les "polyphonies du livre" édition 2008, c'était Jeudi dernier. Le blog de la journée va s'enrichir progressivement de photos et de compte-rendus, mais en attendant, voici déjà ma présentation sur la thématique de "l'industrie de la recommandation" (téléchargeable sur le service Slideshare ci-dessous) :

Voilà pour l'image, pour le son, c'est chez François que cela se passe.

Et dans la rubrique "ils y étaient, ils en ont parlé", voir notamment : Hervé Bienvault, Michel Fauchié 1 et 2, Constance Krebs, François Bon (promis, j'avais juste demandé exigé un compte-rendu, je ne suis pour rien dans sa transformation en panégyrique ;-), Virginie Clayssen, Alain Pierrot, Olivier Tacheau en attendant les compte-rendus de  Daniel Bourrion, Nicolas, Isabelle Aveline ... et quelques autres, vu que cette année, la totalité des intervenants / spectateurs étaient aussi bloggueurs (sauf Hélène Grognet, mais promis, je m'engage à lui faire une formation personnalisée pour combler ce manque ;-).

Merci à tous pour la richesse de vos interventions et  la pertinence des problématiques soulevées, et à l'année prochaine pour les polyphonies 2009 :-) 
 

Agenda : journées ABES

Je serai les 20 et 21 mai prochains à Montpellier pour les journées ABES. J'y présenterai une communication intitulée :

  • "Indexation sociale et folksonomies : le monde comme catalogue."

et dont les grandes lignes seront les suivantes :

  • "A l'heure du web 2.0, les technologies d'indexation sociale prennent de plus en plus de place dans le repérage, le classement, la hiérarchisation et l'accès à l'information et aux documents. Les pratiques professionnelles se dissolvent dans les usages amateurs. Quelles sont les frontières et les enjeux de cette nouvelle bibliothéconomie de masse pour la société de la connaissance ?"

Le programme complet de la journée est disponible (.pdf)

Les deux conférences inaugurales réuniront Lorcan Dempsey (Vice-president, Programs and Research and
Chief Strategist, OCLC) et Catherine Grout (Programme Director, e-Content, JISC).
Du beau monde donc :-)
Merci à l'ABES pour son invitation, invitation que je dois apparemment à l'une de mes dernières prestations sur le même sujet.

Buzzosphère

Mercredi 14h57. J'ai reçu ça.
=====================
Bonjour,
Nous avons le plaisir de vous proposer de faire partie de la nouvelle liste de diffusion privée de L'Express et de L'Expansion, s'adressant ponctuellement à certains bloggeurs et journalistes sélectionnés.
Au programme, des contenus envoyés en exclusivité pour vous et votre blog affordance.typepad.com :
- des scoops en exclusivité
- certains éléments du magazine papier en avant première
- les endroits du web où L'Express et L'Expansion prennent la parole et créent l'évènement

Les scoops de L'Express :
Le patrimoine des candidat (
sic) à la présidentielle, les tumultes du couple Cécilia-Nicolas Sarkozy, la première interview de Carla Bruni, Simone Veil s'indignant de la proposition de Nicolas Sarkozy pour la mémoire des enfants juifs, Xavier Bertrand reconnaissant son appartenance au Grand Orient de France, mais aussi des sondages, des interviews exclusives, des classements…

Les scoops de L'Expansion :
Au cours de ses quarante années d'existence, L'Expansion a souvent innové et créé l'actualité économique par la publication de classements originaux et d'informations exclusives : liste des restaurants les plus rentables, carte des suppressions d'emplois dans l'industrie automobile, liste des villes qui vont basculer lors des municipales etc...
L'Expansion est le premier magazine à avoir mis en place un classement des patrons les mieux servis en stock-options, révélant ainsi au public ce système de rémunération et ses excès. Récemment, il a fait l'actualité en révélant les risques de santé publique liés aux importations alimentaires chinoises.

La fréquence d'envoi sera maîtrisée, mais dépendra largement de l'actualité.
Si vous souhaitez devenir membre de cette liste de diffusion, merci de nous le faire savoir en répondant "OK" à cet e-mail.
Bien sûr, vous pourrez à chaque envoi décider de ne plus recevoir de mail de notre part.

Christophe Barbier, Directeur de la Rédaction de L'Express
Alain Louyot, Directeur de la Rédaction de L'Expansion

=========================================
Pas le temps d'y revenir de manière approfondie (je suis en train de peaufiner mon intervention de demain) mais je remarque juste que :

  • cette nouvelle opération de relation-presse/relation publique à destination de la blogosphère est - en ce qui me concerne - assez mal ciblée.
  • l'idée de la blogosphère comme chambre d'écho destinée in fine à ramener de l'audience vers les sites de presse "classiques" a de beaux jours devant elle ... mais cette idée est à mon sens réductrice. Des modèles éditoriaux hybrides sont bien plus intéressants.
  • il y a un message subliminal caché dans ce mail : c'est l'occurrence du mot "classement" (trois fois présent) :  le même courriel a d'ailleurs très certainement été envoyé sur la base d'un autre classement. "Classement mon beau classement, dis-moi si je suis le premier". Faudrait tout de même voir à pas trop prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages, et accessoirement les bloggueurs pour de méchantes reines (la presse se réservant le rôle de Blanche-neige ?)
  • qu'à lire le type d'infos exclusives que l'on me propose pour que je m'en fasse l'écho, Christophe Barbier et Alain Louyot ne doivent pas trop lire Affordance, la franc-maçonnerie du camarade Bertrand et les frasques soixante-huitardes du petit Nicolas n'entrant pas véritablement dans ma ligne éditoriale ...
  • que par ailleurs sur ce type de "scoops", la blogosphère a souvent une longueur d'avance sur la presse classique, et que c'est peut-être bien là le problème (pour la presse classique)

Bref, pas grand chose de nouveau sous le soleil, si ce n'est qu'une certaine idée de la presse est encore en train de courir après une certaine idée de la blogosphère, et que ce n'est peut-être pas le meilleur moyen de se rejoindre.

<Update> C'est chez Jean-Michel que je trouve le mot qui me manquait pour décrire précisément la logique dont relève cette opération de relation publique : "affermage". Merci Jean-Michel :-) </Update>

J - 2

Jeudi 20 Mars. IUT de La Roche sur Yon. de 10h00 à 16h30. Entrée gratuite et ouverte à tous. Amphi C.
Plus que deux petits jours avant l'édition 2008 des "Polyphonies du livre" sur le thème de la médiation 2.0, et plus précisément sur la chaîne du livre entre métiers du conseil et industrie de la recommandation.
On Stage : que du beau monde (merci à eux) : la dreamteam de la BU d'Angers (qui met des Wii en libre accès, et communique sur l'image de Georges Clooney, et qui sait comme personne raconter de belles histoires d'usagers), le rhizomatique François Bon, la pionnière communautaire Isabelle Aveline et tant d'autres ...
Backstage : que du beau monde aussi et quelques surprises ;-)
Et vous, y serez-vous ?

AERES : les chercheurs malpubliants vus par des malvoyants.

Jusqu'ici, le petit monde de la recherche était composé d'enseignants-chercheurs (maîtres de conférences, professeurs), et de chercheurs (appartenant généralement à de grands organismes de recherche et sans charge d'enseignement "régulière").
Désormais, il se compose comme suit :

  • chercheurs publiants
  • chercheurs non-publiants
  • enseignants-chercheurs publiants
  • enseignants-chercheurs non-publiants

On doit ce petit chef-d'oeuvre à la nouvelle et docile AERES, qui vient de publier un rapport document bâclé de 3 pages (.pdf) sur ce sujet, tout ça pour pondre la critériologie ci-dessus (lequel document n'est d'ailleurs accessible dans aucune des rubriques du site de l'AERES, il faut insister sur leur moteur de recherche pour le retrouver ... bref et comme disait l'autre, "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement", et ce qui est mal conçu se cache promptement ...).
Ce document (qui n'est pas daté mais dont "l'esprit" et l'essentiel du contenu circulent depuis déjà plusieurs semaines chez les directeurs de labos et responsables d'équipes de recherche), ce document disais-je, est intitulé "Critères d'identification des chercheurs et enseignants-chercheurs publiants." et il a le mérite de la concision : 3 pages au total ... dont la page de titre ! Ce qui sur un tel sujet atteste bien de la profondeur de l'analyse ...
L'heureuse brièveté de l'analyse ne compense pourtant en rien sa sidérale vacuité méthodologique. On nous y explique benoîtement que sur les quadriennaux (contrats de 4 ans "cadrant" la politique de recherche des universités), il faudra désormais remplir les conditions suivantes (les chiffres du tableau indiquent le nombre de "publications").

Malpubliant

Quant à savoir pourquoi 2 et pas 4 et d'où sortent ces chiffres ... et ben, à vous de deviner, mais ne comptez pas sur la prestigieuse AERES pour vous permettre de reconstituer le cheminement du cerveau torturé qui les a produits. Dans un domaine - celui de l'évaluation de la recherche - ou la bibliométrie est constituée en tant que science depuis une bonne quarantaine d'années, une telle pifométrie dans l'approche, les critères et l'analyse de l'agence en charge de l'évaluation de la recherche ne peut que forcer le respect. Reste seulement à espérer qu'Eugène Garfield ne tombe par dessus par hasard ... l'inventeur de la bibliométrie aurait du mal à comprendre qu'un pays aussi avancé de la France n'ait toujours pas eu connaissance de ses travaux, 40 ans après leur reconnaissance par la communauté scientifique mondiale. Respect, total respect vous dis-je.

Juste en dessus du tableau, en gros et en rouge on peut lire en guise d'avertissement :

  • "Le poids relatif des différents types de "publication" est propre à chaque discipline. Les appréciations de chaque support de publication scientifique et des formes de contribution à la recherche sont différenciées en fonction des pratiques de chaque communauté disciplinaire."

Ah ben oui, sauf que les 5 lignes du tableau correspondent au classement des grands domaines disciplinaires, chacun d'entre eux comportant un nombre élevé de disciplines au sein desquelles les types de "publications" sont là encore très très très différenciées. Donc ? Donc le tour de passe-passe consiste à contraindre de facto ces ilôts disciplinaires à se confirmer à cette critériologie imbécile, ou à disparaître. Dit autrement, c'est ne tenir aucun compte de la richesse du tissu disciplinaire et interdisciplinaire qui constitue la recherche française (et internationale), et là encore, venant de l'Agence officiellement en charge de ces problématiques ... Respect !
Mais je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Dans le même rapport on peut lire :

  • "Il est clair que la participation à des colloques est un indice de l’activité scientifique mais la très grande variabilité qualitative de l’évaluation des actes des colloques ne permet pas de les retenir comme élément pertinent d’appréciation."

Ce qui confirme mon assertion précédente. Traduisez : il existe des critères d'évaluation disciplinaires incontournables (participation à des colloques), mais comme ils ne nous arrangent pas, et ben on ne va pas les retenir, en expliquant que cela ne pourrait pas s'appliquer partout parce que ... parce que ... attendez un peu ... ah oui ça y est, "Parce que je connais le beau-frère d'un gars qui m'a dit qu'une fois il avait connu un chercheur qui avait organisé un colloque tout pourri rien qu'en invitant ses amis. Si, si. C'est bien la preuve hein qu'on peut pas appliquer ce critère à tout le monde hein ?."

Tout le monde rentre dans le rang. Je ne veux voir qu'une seule tête.
De tout cela il ressort (merci et total respect à l'AERES) qu'il y a des enseignants-chercheurs qui publient beaucoup, et d'autres qui publient moins. Ce qui donne, sous l'éclairage du manichéisme mâtiné de pragmatisme décomplexé qui caractérise notre époque : ceux qui publient beaucoup sont les bons, et les autres sont des gros nuls. Corrolaire : on fait quoi des gros nuls une fois qu'on les a repérés ? Déclassés ? Mutés ? Réorientés ? Lapidés ? Moqués par la morgue d'un Bernard Belloc déclarant récemment dans les colonnes du Figaro que la plupart des enseignants chercheurs en SHS (sciences humaines et sociales) n'ont "rien publié de leur vie", "même pas un article dans la Dépêche" ?

Que penser de tout cela ???
Cette nouvelle distinction entre "publiant" et "non-publiant" ne surprendra - hélas - pas grand monde. Elle était dans l'air depuis déjà quelques temps. Et elle n'est qu'une déclinaison supplémentaire de l'amour immodéré des chiffres de nos actuels gouvernants. Il faut compter. Car contrairement aux idées reçues, rien n'est plus docile qu'un chiffre, rien n'est plus malléable qu'un comptage. Mais il faut aller plus loin.

Des malpubliants, aux malcherchants
Je propose à l'AERES d'intégrer une nouvelle notion évaluative à son corpus : après les malpubliants, les malcherchants. Ben oui, vous savez, tous ces chercheurs qui cherchent mal, tous ces chercheurs qui ne trouvent pas, tous ces chercheurs qui ne cherchent pas où on leur dit de chercher, tous ces chercheurs qui ne trouvent pas parce qu'ils ne cherchent pas où on leur dit de chercher, tous ces chercheurs qui trouvent des trucs qui servent à rien, ou qui ne peuvent pas servir tout de suite, tous ces chercheurs qui trouvent des trucs qui peuvent pas se vendre. Tous ces malcherchants.
Si l'AERES est en manque de critères, qu'ils n'hésitent surtout pas à me contacter. Je me sens l'âme d'un consultant en critériologie.

Alors quoi ?
Alors le gouvernement, pour faire de la recherche "son" joujou, pour l'orienter à sa guise vers les secteurs les plus rentables de l'innovation à court-terme, le gouvernement devait trouver un moyen de sortir de ce système de l'évaluation entre pairs, si imperméable au pouvoir politique. Trouver un moyen de mettre entre les mains d'experts nommés par lui, une critériologie leur permettant d'asseoir leur incompétence visionnaire sur un argumentaire emportant l'adhésion (et les deux neurones restant) du spectateur de base des émissions de Cauet. Argument qui est le suivant : "Les chercheurs, ça publie. C'est même payé pour ça non ? Donc si y publient pas, c'est que c'est pas des bons chercheurs hein ?" Et surtout, surtout, suuuuuuuurtout pas de considérations scientifiques. Trop compliqué pour notre électorat décomplexé. Il fallait trouver un moyen efficace et sûr de déposséder les acteurs du monde de la recherche de la conduite de leur propre recherche. Et surtout, s-u-r-t-o-u-t, trouver un moyen d'apparaître cohérent avec le discours consistant à affirmer un retrait du ministère et de l'état au profit de l'autonomie des universités, tout en s'assurant qu'une agence fantoche à la solde du même ministère de ce même état (l'AERES donc) pourrait enfin décider "qui cherche quoi".
Ce moyen, c'est la critériologie ubuesque (pour les optimistes) ou kafkaîenne (pour les pessimistes) décrite ci-dessus. Oh bien sûr il n'y aura pas de rupture franche, de fracture nette. Le monde universitaire est un habitué des collèges invisibles. La transition que va permettre d'opérer cette critériologie d'opérette, sera elle aussi invisible, ou en tout cas insidieuse. Rendez-vous dans 10 ans. Pour s'apercevoir que l'on en a perdu 20.

Et pourtant ...
Difficile pourtant de supposer que ces gens là n'aient rien compris au fonctionnement de la recherche. A regarder leurs titres et fonctions, quelques-uns d'entre eux au moins semblent avoir de ce monde une grande expérience. Il n'y a donc qu'une explication possible : on leur a lavé le cerveau en leur passant en boucle le dernier disque de Carla, et depuis cette terrible expérience ils ont l'air de croire qu'il est possible de définir la valeur, la qualité d'un chercheur ou d'un enseignant-chercheur à l'aune du nombre de ses publications. Ce qui n'a tout simplement aucun sens. Ce qui équivaut à regarder le paysage éditorial scientifique actuel, à regarder la configuration actuelle des champs scientifiques, avec les yeux de Oui-Oui affublés de Ray-Ban présidentielles. C'est être bien plus que simplement imprévoyant. C'est être très malvoyant.

Y'a d'la Wii dans la BU

Un affrontement sur la Wii avec le bibliothécaire de service en cas de pénalité liée au retard ou à l'endommagement d'un livre emprunté dans une BU (bibliothèque universitaire). Une vraie campagne de communication. C'est à Angers que cela se passe. Et ces gens là ont tout compris en redéfinissant de la sorte la notion de service et d'accueil dans la bibliothèque. C'est dans le coeur de métier des bibliothèques que réside actuellement tout le danger et les risques liés aux mutations en cours dans la chaîne du livre. Redéfinir la périphérie des services est l'une des meilleures solutions pour sauver ce même coeur de métier.
Il y a urgence.

Bibliosphère dans la (net)vibe.

Repéré par JMS et effectivement incontournable. Attention tout de même, c'est vraiment un truc d'obsédé.

Salon du livre 2008 : Louez des livres pour une heure ...

Scoop n°1 ...
Nous sommes à quelques heures de l'ouverture du Salon du livre, un salon qui au-delà des polémiques de rigueur, devrait permettre d'avancer sur plusieurs points liés au livre, au numérique, au livre numérique ... et à leurs usages. Parmi ces points, la fameuse offre légale d'ouvrages sous droits, promise dans le cadre d'Europeana. La société Numilog (l'un des agrégateurs partie prenante de l'offre précédente), vient de lancer un dispositif de feuilletage en ligne (Numilog-reader) permettant l'accès partiel à des ouvrages sous droits avec la possibilité d'y rechercher en "plein-texte", exactement à la manière de ce que propose Google Book Search donc, mais avec en plus un système de location des ouvrages (sous droits et récents) à l'unité. Le communiqué de presse en date du 12 Mars (Téléchargement CP-Numilog.pdf) précise que :

  • "Les extraits consultables peuvent représenter, selon les éditeurs, jusqu'à 50 % de l'ouvrage."
  • "Au-delà du feuilletage gratuit, les internautes pourront consulter le livre en ligne pendant de courtes durées d'une heure ou de vingt-quatre heures. Les premiers prix pour cette location seront respectivement de 1 € de l'heure et de 2,5 € des 24 heures." Le dit service est baptisé "Books on demand".
  • "33 éditeurs ont ainsi choisi Numilog comme e-distributeur"

Seule inconnue à l'heure où j'écris ces lignes, le nombre d'ouvrages qui sera effectivement accessible.
Ce dispositif de feuilletage est d'ores et déjà disponible dans la version 2 de Gallica (voir un exemple concret ici). Toujours selon le même communiqué de presse :

  • "Les fonctionnalités de feuilletage et de location (...) seront proposées à la fois dans le cadre de Gallica 2 et sur tout le site de Numilog. Lorsque l'internaute sera un visiteur de Gallica 2, des liens lui seront proposés non seulement vers la librairie Numilog, mais également vers les sites d'autres librairies en ligne (...) afin soit d'acheter et de télécharger la version "ebook" à des formats variés (PDF, PRC) sur ces librairies partenaires, soit d'acheter la version imprimée quand elle est disponible."
  • et last but not least : "La démarche du projet Gallica 2, que partage Numilog, est en effet d'associer tous les libraires qui le souhaitent à ce nouveau canal de promotion et de vente des livres."

Au-delà des lignes d'affrontement que ne manquera pas de faire (re)naître ce communiqué, c'est, me semble-t-il, la première alternative crédible à GoogleBook Search, qui prend - enfin - en compte des usages partout avérés, ce qui n'est déjà pas si mal ... Pour autant, elle doit encore prouver qu'elle sera une alternative efficace :

  • inconnue sur le nombre de titres disponibles ou à tout le moins la "volumétrie" visée,
  • inconnue sur la "ligne éditoriale" d'une telle entreprise, même si à la lecture des noms des 33 éditeurs engagés, la littérature académique et les manuels universitaires y occuperont certainement une grande place,
  • inconnue sur l'adhésion ou le refus des libraires et des autres éditeurs,
  • efficacité également à confirmer sur l'accès aux dits ouvrages via le moteur de recherche de Gallica.

(Source : communiqué de Numilog arrivé dans ma boîte mail // Temps de rédaction de ce billet incluant quelques petits tests sur les sites mentionnés : 2 heures)

Et si on parlait médiation ?

Alors même que le salon du livre viendra de s'achever, l'IUT de La Roche sur Yon organise le Jeudi 20 mars 2008, de 10h à 16h30, une journée d'étude sur le conseil et la médiation dans la chaîne du livre.
La journée est gratuite et ouverte à tous.
Titre exact de la journée : "Médiation 2.0 : la chaîne du livre entre métiers du conseil et industrie de la recommandation."
Argumentaire : sur le blog de la journée :-)
Programme détaillé : sur le bog de la journée :-) Mais je suis particulièrement ravi que François Bon (nonobstant sa très récente schizophrénie), Isabelle Aveline (de Zazieweb), Michel Fauchié (aka KotKot) et Hélène Grognet (directrice de la BU de Nantes) soient parmi nous.
Comment ? Vous n'avez pas encore relayé l'annonce de la journée sur votre blog et dans votre réseau ? Heureusement il n'est jamais trop tard :-)
Espérant vous y voir nombreux ... (inscription possible et conseillée sur le blog de la journée)

Téléportation "n -1" et synchronisation cardinale.

Je voudrais revenir rapidement sur deux des derniers billets publiés sur le blog officiel de Google.

  • Le premier annonce une fonctionnalité dénommée "téléportation" (on reconnaîtra là le goût et le talent prononcé de Google pour le marketing). Il s'agit en fait de l'opérateur classique de recherche à l'intérieur d'un site (opérateur "site:"), opérateur qui remporte toujours un franc-succès quand je le présente à mes étudiants comme un "moteur embarqué" permettant de fouiller n'importe quel site. Google vient donc de rendre possible cette interrogation, directement depuis la page de résultats, via l'apparition d'une fenêtre de recherche ("compobox") dédiée juste en dessous de la mention du site. L'air de rien, cette fonctionnalité renforce l'effet de stagnation qui maintient les utilisateurs un temps de plus sur le site Google, retardant d'autant leur arrivée sur le site cible. L'enjeu est évidemment  d'entretenir l'économie de l'attention qui est d'autant plus "rentable" pur le moteur si l'utilisateur reste dans son giron/cocon le plus longtemps possible.
  • Search_subset_2
  • le deuxième billet annonce ce que j'ai déjà présenté comme la quatrième étape de la dérive des continents documentaires, c'est à dire la mise en place d'une synchronisation transparente entre nos activités informationnelles connectées (on-line) et déconnectées (off-line). C'est sur Google Calendar que (dans un premier temps) cette fonctionnalité vient s'ajouter. Concrètement cela ne semble pas tonitruant : il s'agit de pouvoir synchroniser Google Calendar avec Microsoft Outlook ... et réciproquement. Techniquement, c'est une (petite) révolution dans le domaine de la cardinalité des applications web (dont Google Gears avait annoncé les prémisses). Dans le jargon informatique, la cardinalité désigne : "le nombre minimum et maximum de possibilités que chaque classe contient dans la relation liant 2 ou plusieurs objets." (Wikipédia) Je m'étais longuement intéressé au problème de la cardinalité des liens hypertextes dans le cadre de ma thèse. Il s'agissait dans ce cadre de "la possibilité d’établir des liens hypertextuels non plus mono-directionnels mais multi-directionnels (depuis un ou plusieurs documents, vers un ou plusieurs autres), leurs ancres faisant alors office de pivot, de point central." La cardinalité des liens est un problème crucial qui traverse toute la littérature scientifique sur l'hypertexte. Elle est un peu l'alpha et l'oméga d'un très vaste ensemble de problématiques liées, dont celle du versioning ("Le versioning désigne l’ensemble des manières de gérer, indépendamment de tout niveau d’échelle, les procédures permettant de rattacher différentes versions d’un même document à un (des) auteur(s), tout en permettant à chacun de s’approprier tout ou partie des documents produits par d’autres ou par eux-mêmes, et en assurant un suivi des différentes modifications apportées.") Bref bref bref, je vais pas vous refaire ma thèse dans un billet de blog (s'il y a des amateurs, elle est