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14 nov 2007

Commentaires

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Haberbusch

Bonjour,

L'ORS (l'Officiel de la recherche et du supérieur, magazine en ligne de l'agence de presse L'AEF) est ravi que vous citiez ses travaux sur la loi Pécresse! Notre dossier, qui se veut le plus objectif possible, a vocation à éclairer et susciter le débat, quitte à déboucher sur des anticipations...radicales comme la vôtre.

Si vous le permettez je joue un instant le jeu en relevant une contradiction dans votre texte :
_ pour présider l'établissement, le grand industriel doit avoir enseigné dans l'établissement. Il ne peut donc pas être arrivé à l'université pour la première fois le jour où il en a pris la tête :-)

Enfin, sachant l'audience de votre blog, je me permets de rectifier ici l'orthographe du nom de la ministre, Valérie Pécresse...

Olivier

Haberbush> Merci de cette juste précision. J'ai modifié mon petit exercice d'anticipation radicale (et corrigé le nom de notre Ministre, honte à moi ...)
Et encore bravo pour le boulot de l'AEF, sur ce dossier, et sur d'autres.

florence meichel

ça m'énerve un peu cette carricature de l'entreprise...on avance par beaucoup avec ce genre de préjugés...comment être acteur de ce que vous souhaitez ou ne souhaitez pas...la grève c'est franchement pas mon truc...sans travail collaboratif, ça mène à quoi..

Olivier

Florence> Je comprends votre énervement. Ceci étant ce n'est pas l'entreprise que je caricature mais bien l'université :-)
Ce qui est valable dans un monde ne l'est pas nécessairement dans l'autre. Et ce qui est efficace, bien perçu, et non nécessairement générateur de dérives dans l'un (entreprise) ne l'est pas non plus nécessairement dans l'autre (université).

florence meichel

Alors inventons des voies pertinentes !

Olivier

Florence> Oui, et avant que de réformer, mettons en place de réelles concertations avec les premiers concernés. Et puis évitons également de faire voter lesdites lois quand les premiers concernés sont en vacances (Août 2007)
Bref, des hybridations (université et entreprise) sont possibles. Elles existent par ailleurs dans nombre de pays, et elles ne fonctionnement pas trop mal dans certains d'entre eux. Mais cette loi cadre (à mon avis) n'aurait pas du faire l'économie d'une réflexion autrement plus approfondie du sujet ...

Sabina

J’espère que cette fiction restera dans le domaine des romans d’anticipation ! car, ancienne étudiante en Lettre, et travaillant dans le "privé" je constate tous les jours, à quel point la rationalisation de l'enseignement à des fins d'employabilité, (quel joli mot ;)) provoque une certaine errance intellectuelle chez certains de mes collègues (issus d’autres formations que la fac) pour ne pas dire une tendance à la bêtise crasse dès qu’il s’agit de sortir un peu des sentiers battus, très peu de positions critiques face au rouleau compresseur médiatique, peu de réflexes face à la manipulation idéologique… Bref, en plus d’être inquiétant pour l’avenir de notre société, le souci majeur, c’est qu’on s’ennuie franchement à l’heure du déjeuner !!

florence meichel

Mais vous savez bien que justement c'est cet avant/après qui empêche systématiquement d'avancer...comment décider de ce que nous ne savons pas ? chaque contexte est différent...et si les acteurs chacun a leur niveau prenaient le contre-pied...agir, collaborer, essayer ET réformer le système en même temps dans ce nouvel espace qui s'ouvre ?

Old

Merci pour le document qui est très bien fait.
Moi je la trouve plutôt pas si mauvaise cette loi. J'imagine pleins de possibilités intéressantes.
Evidemment il y aura quelques arrangements douteux mais ça ne devrait guère changer de maintenant.
Le vrai problème c'est quels sont les projets qu'on nous proposera suite aux diverses restructurations pour faciliter et financer la mobilité étudiante. Ensuite la réflexion devra se poursuivre pour mettre en place des formations de niveau licence qui soient mieux valorisées.

Rémy

vous avez oublier le restau U Mac Do où sera offert à chaque repas un hamburger ;-)(histoire de fidéliser une clientèle).
Blaque à part, attention à la caricature du monde de l'entreprise, vos étudiants seront les salariés de demain et l'entreprise sera ce qu'ils en feront, pas forcément des "boites à faire du fric à tout prix" (il n'y a pas que le commercial dans la vie;..)

Olivier

OLD> J'espère que tu as raison. De mon côté, je persiste à croire que cette loi est dangereuse. Pas tellement en elle-même d'ailleurs. Mais davantage du côté de ce qui en sera fait au travers de décrets d'application non encore parus. Bref, c'est le grand flou.
Rémy> Bonne idée le MacDo:-) Pour la caricature, mon texte en est une et se veut tel. Il est donc à lire comme tel. La caricature a de nombreuses vertus pédagogiques ;-). OK avec vous pour dire que l'entreprise de demain sera ce que os étudiants en feront. Ce que je refuse (et que je crains) c'est que l'entreprise d'aujourd'hui nous dise quoi faire avec nos étudiants de demain :-(

rodriguez

Je trouve cette anticipation pas aussi caricaturale que cela.
La grande qualité du texte étant de substituer une forme narrative légère à la lourdeur de maint textes syndicaux ou politiques.
On peut toujours chipoter sur l'impossibilité pour un grand industriel de parvenir à la tête d'une université sans y avoir été enseignant.
L'essentiel réside dans la mise en place d'un mécanisme de dérégulation appuyé sur l'autonomie , donc la concurrence (non-faussée ?) et la modification de la gouvernance de l'université qui vise à dégager son président du contrôle de sa communauté et à sceller l'alliance/dépendance avec les milieux d'affaires.
Je m'en vais donc de ce pas recommander dans mon petit réseau et mes amis universitaires cette humoristique anticipation.

Alexis

Blog très intéressant...félicitations pour la "fiction" qui pourrait malheureusement devenir réalité.
Tout nouvellement chercheur, je serai moi aussi demain dans la rue car les solutions proposées sont véritablement dangereuses.
J'y serai à double titre car je ne me vois pas à 70 ans continuer mon activité professionnelle...surtout si je suis au chômage dès la cinquantaine !

FD

Premier com ici... j'aime bien prendre un peu de recul/hauteur par rapport à mon métier de documentaliste et venir vous lire mais là j'en ai froid dans le dos. Jeudi, je vais revoir mes poussinous de 6è et je me demanderai, accablée, ce que l'avenir leur réserve, ce que nous avons fait pour eux, ce que nous pouvons encore faire pour eux, ce que nous pouvons leur offrir comme forces afin qu'ils ne souffrent pas trop du "formatage" prévu pour eux plus tard.
FD, prof-doc, au front tous les jours...ou comment faire rentrer des boules de différentes tailles dans un cube à taille unique.

roidelapampa

C'est mignon cette petite fiction. Mais, deux petites choses seulement franchement.

1)On peut aussi écrire des histoires sordides et malheureusement bien plus réelle sur l'université d'aujourd'hui : recrutement par cooptation ; manipulation des com de spé au profits de ses amis ou de ses amants ; refus absolu de l'évaluation de la recherche ; refus tout aussi catégorique de l'évaluation des enseignements ; refus non moins farouche du suivit professionnel des étudiants ; masquage de la désaffection des filières par l'inscription trop bienveillante d'étudiants ne venant chercher qu'une bourse, ou par le remplissage avec des étudiants moldaves ou chinois bien loin du niveau requis...

2)Surtout, cette petite histoire passe sous silence un problème de taille : ce qui est décrit, à quelques exagérations près, existe déjà ! Je ne parle pas des USA, mais de notre beau pays : les écoles de commerce et d'ingénieurs sont co-financées par l'Etat, les entreprises (les chambres de commerce et d'industries + les taxes prof + les chaires spécialisées)... et les étudiants. On considère souvent que les grandes écoles sont une questions à part, indépendantes des universités. Et pourtant, ce sont les grandes écoles et non les universités qui forment l'essentiel les cadres de notre pays. Je pense très sincèrement que l'enseignement supérieur en France souffre d'un mal très profond : le mensonge qui fait croire à chacun que l'enseignement supérieur est pleinement public et quasi-gratuit, alors que l'enseignement supérieur de qualité est sélectif, financé aux 3/4 par le privé et payant.

Par ailleurs, il ne faut pas se leurrer : les facultés qui marchent en France, fonctionnent déjà sur un mode dérogatoire : Qui croit que les prix nobels de physique-chimie et les médailles fields de la fac d'Orsay font leurs 192 heures d'équivalent TD, payés 3500 euros, et doivent de temps à autre s'occuper de faire les emplois du temps de première année ? De toute façon, le ministère n'a pas le choix : soit il ferme les yeux sur les pratiques illégales dans ces facs, soit il tue ce qui marche dans le système universitaire français. Et quand les fac en veulent plus (comme par exemple sélectionner leurs étudiants) et que les dérogations au système général sont trop visibles, et bien, elle quittent le système : c'est le cas de science-po et de Dauphine, devenus grands établissements, mais qui ne sont plus des universités... Ces établissement universitaires vivent déjà sur un mode qui est bien au-delà de la loi Pécresse, mais bizarrement personne ne s'en insurge...

Alors quoi ? On peut laisser le système inchangé. Mais les étudiants ne sont pas fous. S'ils sont bons, et s'ils ont de l'argent, ils vont continuer de plus en plus à migrer vers les grandes écoles. Le champ couvert par ces dernières va s'étendre peu à peu, et le jour où ils obtiendront l'autorisation de créer des écoles de droit, de pharma et peut-être de médecine, il en sera fini des dernières spécialités qui marchent à l'université (parce qu'en monopole, et parce que - soit dit en passant - hyper sélectives). L'université pourra alors se concentrer sur ce qu'elle sait bien faire : donner des cours dans des conditions minables, aux étudiants les moins bons, les plus pauvres et dans les filières qui ont le moins de débouchés. Ca peut marcher comme ça. Mais alors, (a) il faut arrêter de se mentir en laissant entendre que l'enseignement supérieur français offre un enseignement de qualité, gratuit et ouvert et (b) il faut repenser le système de la recherche. En effet, les grandes écoles n'ont pas d'obligation de recherche, et - sauf pour les plus grandes - pas d'incitation à en faire. En orientant les meilleurs étudiants et les meilleurs enseignants vers des lieux ou il ne se fait pas de recherche fondamentale, on tue assurément les capacités scientifiques de notre grande Nation.

Qu'on le veuille ou non, le système universitaire français est en concurrence. Et il n'a que très peu d'outils pour se défendre. Je ne suis pas un chaud partisant de la loi Pécresse, je pense que l'université a besoin d'un effort financier massif, mais aussi d'une profonde réforme de sa gouvernance et de sa gestion. Sutout, tout ce qui le maintiendra l'illusion que l'unversité peut vivre en dehors de la concurrence renforcera in fine les écoles et creusera les inégalités.

Olivier

Roidelapampa> Vous êtes mignon aussi, mais je suis un peu fatigué de l'abus des pseudonymats et autres masques de carnaval (étrangement plus fréquents dès qu'il s'agit peu ou prou de défendre la loi LRU, ce qui est au demeurant votre droit le plus strict). D'autant que votre commentaire n'est ni scabreux ni injurieux et qu'il est argumenté. Je me ferai donc un plaisir de vous répondre dès que vous aurez dit qui vous êtes et d'où vous parlez :-)

roidelapampa

J'ai 33 ans et je suis professeur d'université (sciences économiques).

Internet est pour moi un outil de travail ; je veille donc à ne pas trop disséminer mon nom sur la toile (mais je peux le donner en privé, s'il n'y a que ça)

Olivier

Roi de la pampa> Et ben voilà, c'est déjà mieux :-) (même si au demeurant je ne comprends pas bien cette volonté d'anonymat sur des débats pour lesquels vous comptez pourtant au rang des premiers concernés.) Bref ...
- le système de recrutement des comm de spé est loin d'être idéal (la lecture de quelques billets sur ce blog ovus donnera mon opinion précise et désabusée à ce sujet)
- Sur l'évaluation de la recherche en revanche, je ne vous suis pas. Ayant (ce qui est probablement votre cas aussi) participé au montage de différents projets de recherche, l'évaluation a bel et bien lieu en amont (cf les dossiers et le nombre de critères requis dans lesquels entrer), et en aval (cf les dossiers refusés par divers experts et rapporteurs).
- l'évaluation des enseignants : là d'accord Mais laisser cette évaluation au seul président (ou a son aréopage choisi ce qui revient au même) et fixer comme paradigme de ladite évaluation le "mérite", ne me semble pas non plus une réponse appropriée.
- le suivi professionnel des étudiants : il est assuré dans les filières et institutions qui ont les moyens de le faire (en IUT par exemple). Mais forcément, quand on est 3 maîtres de conférences pour gérer des cycles complets L & M comportant près de 200 étudiants, on a moins de temps. Du coup, l'idée de ne pas créer de postes ne me semble pas non plus vraiment une bonne idée ...
- "ce sont les grandes écoles qui forment l'essentiel des cadres de notre pays" : peut-être (bien que cela mériterait d'être démontré statistiquement, si vous avez des chiffres, je suis preneur), mais l'université n'a précisément pas pour seule mission de former des cadres.
- Sciences PO et les autres : certes elles ont anticipé la loi. Ce genre d'école continuera de tirer son épingle du jeu quel que soit le cadre législatif régissant l'enseignement et la recherche. Ce qui m'inquiète, ce sont toutes les autres (universités)
- "L'université pourra alors se concentrer sur ce qu'elle sait bien faire : donner des cours dans des conditions minables, aux étudiants les moins bons, les plus pauvres et dans les filières qui ont le moins de débouchés." Et ben, votre enthousiasme fait plaisir à voir ... J'ai moi aussi enseigné et été étudiant dans des facs crasseuses et délabrées. Je n'ai pas trouvé que les étudiants y soient plus nuls que dans des facs pimpantes et suréquipées. Et en tant qu'étudiant, j'ai eu quelques excellents enseignants-chercheurs dans les mêmes facs délabrées.

kawouede

D'accord avec roidelapampa, qui n'objectait ni sur la critique des pouvoirs des présidents, ni sur le manque de moyens et de postes (au contraire !) mais bien sur l'hypocrisie qu'il y a à faire croire que les tares qu'on dénonce, de façon plus ou moins fantasmatique, dans la loi Pécresse APRES consultation (même hyper rapide et insuffisante) des universitaires et des étudiants, n'existent pas déjà dans notre beau système.

On a tous d'excellents souvenirs de facs délabrées, mais on espère tous qu'elles seront moins délabrées un jour, non ?

anne-so

Mes aïeux! les gouttes de sueur perlent encore sur mes tempes...La fatigue aidant, je pensais que cette "nouvelle" d'anticipation était bien réaliste...Beau travail, je compte bien le faire connaitre au plus grand nombre. Signé une étudiante en sciences humaines qui n'a pas le niveau de l'élite!

gaëlle

Voyez-vous, j'ai l'impression depuis mon recrutement à la fac. de vivre une fiction quotidienne. Alors celle-ci ou une autre! Tout cela pour dire que la question est-elle vraiment de savoir si cette fiction est probable, assurée, virtuelle. Elle vaut par ce qu'elle énonce et dénonce. Vivre et enseigner dans une fac. de Province n'est pas une sinécure, les conditions de travail se sont dégradées, les profs. ont tendance à repprocher à leurs étudiants de premier cycle de ne pas avoir le niveau... Pourtant, la pression à la publication est déjà réelle. Mes collègues et moi vivons un paradoxe incroyable : être l'élite du point de vue de la recherche, être les larbins des tâches administratives, être des bons samaritins pour les étudiants. Entre pragmatisme, moralisme, sacerdoce... tout ce mélange. Je ne suis pas sûre (je pense même le contraire) que l'arrivée de l'entreprise sera une solution radicale pour éradiquer tous les pb. D'une part parce que l'université française n'est pas prête à ce changement (doit-elle l'être ?), d'autre part que fera-t-on de tous ceux qui attendent meilleur sort avant d'entrer sur ce fameux marché du travail et qui ne sont bons pour aucune des filières financées. Petite question subsidiaire, les entreprises ne peuvent-elles pas elles aussi développer leurs formations internes et recruter des personnels ouverts, imaginatifs et prêts à apprendre la culture et les techniques de leur future entreprise ?
Que ce soit les enseignants-chercheurs, les étudiants, les personnels administratifs, tous perdons énormément d'énergie à nous battre en permanence contre des moulins à vent. Finalement, comme vous je ne me résout pas vivre l'épreuve du réel, et me lance dans l'écriture fictionnelle. J'aurais sans doute mieux à faire, car d'étudiante brillante, je suis devenue enseignante qui s'éteind.
Triste constat. Malheureusement je ne suis pas la seule à entrevoir avec grande difficulté un parcour de 40 ans au sein de cette institution. Et oui, étudiante de 18 à 27 ans, ATER de 26 à 28 ans recruté à 29, 35 ans déjà et combien d'années à tenir !

Benoit Bergeon

Tout n'est hélas pas fiction dans ce récit.

Christian Velot, enseignant-chercheur à l'Université Paris Sud, est menacé d'exclusion de son laboratoire de recherche (Institut de génétique et microbiologie, UMR CNRS-Université) pour avoir pris position publiquement dans le débat sur les cultures de plants génétiquement modifiés en plein champ. Contraire aux intérêts financiers du CNRS ? http://sciencescitoyennes.org/

Moi-même, professeur d'Automatique à l'Université Bordeaux 1, j'ai été exclu du laboratoire d'automatique de cette université en 2002, pour avoir critiqué la validité scientifique de transferts contractuels du directeur de ce laboratoire. Dès le début de la controverse initialisée par des chercheurs CNRS de Toulouse (LAAS), un directeur de la recherche d'un grand groupe industriel français écrit à la direction générale du CNRS : « ... Il convient de veiller à ce que les communications n'entravent pas la bonne marche des travaux que nous menons ensemble ... ».
A la suite de quoi les chercheurs toulousains sont priés de se taire, l'un d'entre eux attaqué en justice pour injures privées. Il avait écrit « canular scientifique ». http://perso.numericable.fr/benoit-be/

Prenant acte du mauvais fonctionnement de l'Université (dû pour beaucoup au manque de moyens financiers), Mme la Ministre Valérie Pécresse signe une loi dont les effets (sinon les objectifs) sont de généraliser et de régulariser ce genre de dysfonctionnement. Les mises en cause des statuts des personnels et enseignants-chercheurs (modulation des services, recrutements sur contrat), s'ajoutant à l'évaluation permanente sur critères « objectifs » dont tout le monde connaît les biais et les insuffisances ne vont pas dans le sens de l'amélioration de la qualité des universités, que ce soit dans leur mission de formation ou dans leur mission de recherche scientifique.

Loin d'être une loi pour l'autonomie, la loi LRU renforce la dépendance des universités vis à vis des financeurs privés, et la dépendance des chercheurs vis à vis de leur hiérarchie.

Francois

Je suis un peu stupéfait par ma lecture. J'avoue ne pas avoir eu le temps de lire les (très) nombreux commentaires.

Pour avoir de nombreux amis normaliens doctorants en France ou aux Etats Unis (Harvard et Columbia), je ne peux que m'insurger contre cette caricature! Harvard s'appelle toujours Harvard, quand bien même les fonds en sont privés.
Aucune entreprise n'a racheté d'université, et les étudiants continuent d'y étudier aussi bien la linguistique que la philosophie ou la sociologie et ce à très haut niveau.
Je rappelle que le système américain fait comme principal critère de réussite la production de savoir (et non la collaboration à des projets privés que vous exposez) et que la réputation et le salaire des professeurs est fonction du nombre de parutions et de la qualité des journaux dans lesquels ils paraissent.
Enfin, je connais trop de Normaliens (en lettres) profondément déprimés à leur retour d'"échanges" en université américaine de retoruver l'université française, qu'ils trouvent sclérosée, manquant de moyens, et minée par une gérontocratie refusant toute forme d'innovation. je précise que les gens qui tiennent ces discours sont largement de gauche, voire très à gauche et donc :-D très intelligents.

Par ailleurs, répondre à Florence que "Ceci étant ce n'est pas l'entreprise que je caricature mais bien l'université :-)" ce doit être de l'ironie tant la description de l'entreprise correspond aux pires caricatures généralement proférées par des personnes qui n'en n'ont que peu d'expérience. Non les dirigeants ou les cadres ne sont pas tous des gros beaufs qui parlent comme des traders et n'ayant comme seul critère de réussite la rentabilité avant tout et ce au mépris des salariés ou subalternes (et pourtant le monde de l'entreprise est loin d'être rose, mais à ma connaissance, celui de l'université française, de ses modes de cooptation n'est pas non plus exempt de courbettes et autres jeux politiques...).

Bref, je comprends les inquiétudes légitimes, mais moins cette vision dystopique du futur de l'enseignement supérieur. Refuser sa réforme, c'est laisser le monopole de l'emploi et des formations professionnalisantes (ouh là là, des gros mots) aux grandes écoles. Et on sait combien ce système est favorable à la reproduction sociale et à la permanence des inégalités inter-générationnelles... (et j'en sais vaguement quelque chose, ayant fréquenté les bancs de l'université comme ceux d'une grande école de commerce).

Olivier

François> Le le répète, ce texte est une CARICATURE, un exercice de style. On peut l'aimier ou ne pas l'aimer, le trouver ressemblant ou non, mais il reste une caricature : le trait est grossi, déformé, parfois légèrement, parfois à outrance. C'est le principe de la caricature :-)

Anthony

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