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« octobre 2007 | Accueil | décembre 2007 »

Valérie Pécresse ne bloggue plus à l'adresse indiquée.

Sacrée Valérie Pécresse. Depuis l'envoi du mail de son service de presse pour ce fameux dîner, je n'arrête pas d'apprendre des choses. Par exemple ? Par exemple que Valérie Pécresse tient un blog depuis aussi longtemps encore que votre serviteur ce qui nous fait un premier point commun (pour mémoire mes premiers billets sur Urfist.info datent de Septembre 2004). Ce blog n'est plus en ligne, mais le ménage du net n'a une nouvelle fois pas été très bien fait, est si son adresse d'origine est aujourd'hui désertée et n'affiche qu'un vide sidéral, on retrouve  assez aisément (avec l'aide de la précieuse sérendipité) l'intégralité du contenu dudit blog. La racine de l'adresse (http://www.placedelademocratie.net/) est celle du site de Xavier Moisant, le site "place de la démocratie" se présentant comme une "société spécialisée dans la mobilisation et la participation sur Internet." Société spécialisée et orientée politiquement, puisque le même Xavier Moisant fut en son temps responsable de la net-campagne présidentielle de Jacques Chirac, avant que de s'associer et de co-piloter la stratégie internet de l'UMP. Bref, Valérie Pécresse tient un blog depuis Janvier 2004 (3 billets seulement pour l'année 2004, rédigés par son attaché de presse). Blog peu connu, peu commenté, mais intéressant pour qui s'intéresse à la vie et à l'ascension d'une parlementaire, et dans lequel j'apprends - ce qui nous fait un second point commun - que Valérie est maman de 3 enfants. Le domaine "valeriepecresse.net" dans le Who.is renvoie à l'adresse du n°8 A Rue de la Ceinture à Versailles, l'adresse du siège de l'UMP.
Mais j'apprends également dans l'édition du jour du JDN (via l'un de mes récents interviewers), que Valérie est peut-être sur un siège éjectable (personnellement, j'en doute), et que ce dîner pourrait être l'occasion, soit de se placer pour un futur secrétariat d'état aux NTIC, soit d'interroger habilement la blogosphère caviardée sur l'état de grâce médiatique de certains aspirants au poste. Bref, ce sera certainement un dîner de comm., mais ce ne sera certainement pas que cela ;-)
Affaire à suivre ...

Le dîner de comm.

(Suite et fin de "Pourquoi je n'irai pas dîner chez Valérie Pécresse")
Outre les nombreux commentaires qu'il a suscité, mon billet expliquant les raisons de mon refus a également bénéficié d'une petite couverture presse : dans la chronique matinale de David Abiker tout d'abord, et puis aujourd'hui encore sur Vnunet. L'article de Nicolas Guillaume signale quelques éléments que je n'avais pas eu le temps de lister dans mon billet initial. Extrait :

  • "L'invitation de Valérie Pécresse entretient une confusion de plus en plus nocive entre 'autorité' et 'notoriété', confusion que je m'efforce de combattre au quotidien auprès de mes étudiants, et confusion qui est chaque jour davantage au coeur de bien des 'mauvais' usages des NTIC", précise ce maître de conférence. "Je refuse de me prêter au jeu du blogueur relais d'opinion et chambre d'écho politique", conclut sans détour Olivier Ertzscheid."

Pour lire la suite et voir ce que j'aurais dit à Valérie Pécresse si j'étais allé à son dîner, c'est sur Vnunet.
A toutes fins utiles, je reprécise une nouvelle fois à Valérie Pécresse qui est "une fervente lectrice de mon blog", que je tiens à sa disposition une liste d'enseignants-chercheurs faisant "autorité" (tous bloggeurs par ailleurs pour préserver le côté "hype" de la chose), qui seraient peut-être prêt à aller dîner avec elle. A bon entendeur ...
Nota Bene : voici aujourd'hui <A jour le 04 Décembre 2007 à 21h> la liste des bloggeurs invités, si vous en connaissez d'autres ou si vous en êtes, signalez-le en commentaires :-)

  1. Eric Dupin de PresseCitron. Concepteur et consultant Internet. 2ème sur Wikio.
  2. Frédéric Cavazza de FredCavazza.net. Consultant indépendant. 3ème sur Wikio.
  3. Guillaume Frat de Guim.Fr. "Electronic Publisher" chez Mondatori France. 8ème sur Wikio.
  4. Henri Labarre de 2083.net.  Consultant en stratégie. 10ème sur Wikio.
  5. Jean-François Ruiz, Webdeux.info, Directeur Général France de Ziki. 24ème sur Wikio.
  6. Richard Malterre de Tapahont.info Agent immobilier. 25ème sur Wikio.
  7. Romain Collin. Fubiz.net. Webmaster de Fubiz (?). 20ème sur Wikio.
  8. Frédéric Cozic d'Aysoon.com. Consultant. 27ème sur Wikio.
  9. Sébastien Rousset de Mobile2.0. Ingénieur informatique. Non classé
  10. Sébastien Billard de Référencement, Design & Compagnie, Consultant en référencement. 29ème sur Wikio.
  11. Arnaud Jeulin de Dauran.com. Gestionnaire du site financier Mataf.net. 40ème sur Wikio.
  12. Manuel Dorne de Korben.info. Chef de projet dans une société de conseil informatique. Non classé.
  • Ils hésitent ou ne se sont pas prononcés publiquement :

Wikis de bibliothèques

Le wiki "The blogging libraries wiki" propose une liste de wikis de bibliothèques (anglo-saxonnes) classée par type : Academic Libraries, Public Libraries, School Libraries, Special Libraries, Internal Blogs, Library Associations, Library Directors.
Pour la liste des bibliothécaires (anglo-saxons) qui blogguent, c'est sur LisWiki que cela se passe.

Appel pour une autre réforme du service public d’enseignement supérieur et de recherche

(Communiqué et pétition du collectif Sauvons la recherche)

"L’enseignement et la connaissance sont importants parce qu’ils définissent ce qui, à travers les siècles, a fait de nous des humains, et non parce qu’ils peuvent améliorer notre compétitivité mondiale", ainsi s’exprimait récemment D. Faust, présidente de l’université de Harvard. Comme l’université française a assumé depuis vingt ans un quasi-doublement des effectifs étudiants sans moyens suffisants pour accompagner cette évolution, elle se trouve aujourd’hui en grande difficulté pour remplir les missions de production et de transmission des connaissances qu’implique une telle vision. Pour améliorer cette situation, de nombreuses propositions ont été formulées par la communauté scientifique. Mais le gouvernement les a ignorées et a tiré argument des difficultés réelles de l’université pour transformer complètement, brutalement et sans réelle concertation, l’ensemble du dispositif national de recherche et d’enseignement supérieur, afin que celui-ci puisse être géré comme une entreprise, afin qu’un objectif majeur de l’enseignement supérieur soit la professionalisation immédiate, et que la recherche soit avant tout finalisée et à court terme.

L’urgence aurait dû être d’investir massivement dans les universités, y compris en moyens humains. Mais l’urgence pour le gouvernement a été la mise en place de la LRU (Loi libertés et responsabilités des universités), c’est-à-dire un cadre (l’autonomie des universités) qui lui permette d’accélérer un désengagement financier, tout en masquant cette démarche par des effets d’annonce. Cette autonomie verra un fort accroissement des pouvoirs attribués aux présidents d’université, qui auront en particulier la haute main sur les processus de recrutement de personnel, au mépris de la norme internationale, qui recommande un recrutement par des pairs compétents.

L’autonomie scientifique des universités ne sera qu’une façade dans une construction dirigiste et centralisée entièrement contrôlée par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche), imposant une recherche sur projets à court terme, sans prise de risque, sur les axes détaillés établis par le ministère, avec un nombre croissant de personnels précaires. Ce dispositif de contrôle du champ scientifique par le politique est complété par l’AERES, agence d’évaluation entièrement constituée de personnalités nommées.

Les phénomènes de concentration de pouvoirs sans contre-pouvoirs seront aggravés par la disparition programmée des EPST en tant qu’organismes de recherche ayant une politique scientifique autonome, en particulier le CNRS, principal vecteur d’une recherche non finalisée sur le long terme privilégiant la pluridisciplinarité et la prise de risque. Les UMR (Unités Mixtes de Recherche, dépendant d’une université et d’un organisme de recherche), représentent l’endroit où peut s’articuler une vision nationale et internationale assurée par les organismes de recherche, et la dimension locale qui relève de l’université de tutelle. Cette articulation permet de coordonner l’effort de recherche dans chaque champ disciplinaire et dans le contexte international. La commission d’Aubert prépare aujourd’hui la suppression de fait de cette double tutelle, et s’apprête ainsi à casser un système qui a fait la preuve de ses vertus structurantes.

Face à ces mesures qui nous paraissent inadaptées et dangereuses, nous demandons :
- Pour les acteurs de la recherche et de l’enseignement, une véritable autonomie scientifique et pédagogique par rapport au politique (qui n’implique aucunement un désintérêt pour les demandes de la société). Contrairement à ce que la référence à l’autonomie des universités veut laisser croire, cette autonomie-là leur est refusée.

- Un renforcement du partenariat entre universités et organismes de recherche, en maintenant le principe d’une double tutelle (locale et nationale) sur les unités mixtes de recherche.

- Une répartition complètement modifiée des affectations de moyens pour l’enseignement supérieur et la recherche prévues dans le budget 2008. Il faut diminuer les crédits affectés à l’ANR et au Crédit Impôt Recherche, pour augmenter ceux versés aux laboratoires par le biais des établissements (universités et organismes de recherche).

- L’octroi aux universités d’un financement par étudiant équivalant à celui des classes préparatoires, des BTS et des écoles professionnelles. Un tel soutien public est la condition indispensable pour pouvoir renouer avec l’ambition de démocratisation scolaire et pour que le financement privé ne conduise pas à un contrôle des activités d’enseignement supérieur et de recherche par le privé.

- Un plan pluriannuel de création d’emplois (chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs, techniciens, administratifs) afin de pouvoir renforcer l’encadrement pédagogique en premier cycle, sans recourir à des heures supplémentaires : il importe d’augmenter le temps que les enseignants-chercheurs peuvent consacrer à la recherche, pas de le diminuer ! La moitié de l’augmentation du Crédit Impôt Recherche suffirait pour mettre ce plan en place.

Nous demandons que les principes défendus ici soient pris en compte, et se traduisent dans les faits par un changement net de la politique menée actuellement. Nous demandons que soient clairement explicitées les perspectives d’évolution de notre système, et que toute nouvelle décision engageant son avenir soit précédée d’une concertation avec les instances véritablement représentatives des personnels. Dès à présent, nous nous attacherons à animer le débat sur ces questions auprès de nos collègues et concitoyens. Prochainement, un bilan sera fait de la prise en compte de ces demandes, notamment par la commission d’Aubert, et à travers les budgets affectés aux universités et aux organismes de recherche. Si ce bilan ne fait pas apparaître les garanties indispensables et que se confirment les menaces sur l’avenir des organismes de recherche, nous mettrons en oeuvre d’autres moyens d’action pour stopper cette évolution.

Pour signer la pétition.

Hyperprésidence ou hypercensure ?

Google news est un reflet. Un instantanné. Il y a deux explications à l'étrangeté que souligne le billet d'Emmanuel Parody sur Ecosphere : alors même nombre de journaux internationaux parmi les plus "sérieux" (et pas seulement les tabloïds anglais), titrent sur la relation entre Nicolas Sarkozy et Laurence Ferrari, la presse française reste muette, elle se rend même complice de censure en effaçant (Choc.fr) des billets évoquant l'affaire, billets publiés sur l'un des blogs hébergés par le site de presse en question. Deux Trois explications disais-je :

  • Primo : la déontologie de la presse française est de loin supérieure à toutes les autres. Elle ne traite que de sujets nobles. Ne s'intéresse pas à "ces choses là". Pour être sûr je vais quand même retourner chez mon buraliste demain afin de me procurer les derniers voilà, closer et autres Paris Match.
  • Deuxio : c'est un cas évident de censure d'état.
  • <Update suite au commentaire éclairé de Joel, ça m'apprendra à poster tard le soir après 3/4 d'heures de discours Sarkozyen ...> "la jurisprudence en matière de protection de la vie privée en France est largement défavorable aux entreprises de presse qui sont sûres à 100% de se faire condamner à de lourdes indemnités." </Update>

Dans tous les cas, c'est au mieux de la désinformation, au pire de l'intimidation. Et c'est assurément une nouvelle pierre à l'édifice d'inquiétudes légitimes et grandissantes sur l'indépendance de la presse et des médias français. Cette affaire a par ailleurs toutes les chances de donner lieu à une jolie guerre d'édition sur Wikipédia et à de nombreuses tentatives de redocumentarisation déviantes. D'ailleurs c'est déjà commencé : la page de Laurence Ferrari est passée en semi-protection (elle est donc temporairement non-modifiable), et la discussion fait rage dans la rubrique éponyme.

<Update suite>Suite à la mise à jour ci-dessus (troisième hypothèse), à l'heure ou la planète entière affiche l'information comme un fait avéré, il est troublant qu'aucune information ne filtre à ce sujet en France, ce qui me semble témoigner - là par contre je maintiens - d'une situation plus que délicate de la presse et des médias français, lesquels sont pris entre deux feux : celui de la législation (jurisprudence protection vie privée) et celui bien plus inquiétant des logiques actionnariales des grands groupes. Tout ceci risque, à la marge, de considérablement augmenter la "puissance de feu" d'outils comme Wikipédia, celle-ci n'étant pas assimilée à un site de presse, et les responsabilités éditoriales étant pour le moins délicates à établir. A moins que là encore, la France ne décide de se doter d'une justice d'exception pour l'encyclopédie collaborative. </Update>

(à part ça, si un psychanalyste lacanien lit ce blog et a regardé ce soir l'interview de notre hyper-président, qu'il n'hésite pas à nous livrer ses impressions ...)

Bibliothécaires en soldes

La formation des bibliothécaires me tient à coeur parce que j'enseigne principalement dans un IUT "métiers du livre" dans lequel bon nombre d'étudiants se destinent à l'exercice de ce métier, et parce que ce métier me semble être un point essentiel pour garantir à tous le meilleur accès possible à la culture, à la connaissance, et à la société de l'information. Parce qu'enfin j'ai souvent eu l'occasion de former des bibliothécaires dans le cadre de l'URFIST, ou de la préparation aux concours.
Et parce que si ladite formation souffre de nombre d'insuffisances et nécessite de grands ajustements pour faire face aux réalités technologiques actuelles, la politique de l'actuel gouvernement témoigne (une nouvelle fois ?) au mieux d'une politique à courte vue et au pire d'un réel mépris pour ces métiers là. Je reproduis ci-dessous le communiqué conjoint de l'ABF (Association des bibliothécaires de France), de l'ADBDP (Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt) et de l'ADBGV (Association des directeurs des bibliothèques municipales et intercommunales des grandes villes de France).
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Cinq jours pour former un bibliothécaire, qui dit mieux ?

Des projets de décrets relatifs à la fonction publique territoriale prévoient la réduction de la formation obligatoire avant titularisation à 5 jours. Une « formation de professionnalisation lors de la première prie d¹un premier emploi » est bien prévue, mais elle est réduite à une fourchette de 5 à 10 jours en catégorie A et B et 3 à 10 jours en catégorie C. Quant à la formation continue de 2 à 10 jours par tranche de 5 ans, elle relève de l¹actualisation des connaissances, non de la formation initiale.
De telles mesures ne sont envisageables que si les diplômes requis ou la réussite aux épreuves du concours permettent effectivement de garantir que l'agent susceptible d'être recruté dispose des acquis fondamentaux indispensables à l'exercice de ces fonctions.
Or la filière culturelle a la particularité de disposer de deux niveaux accessibles après des concours généralistes (les assistants de conservation en catégorie B, les bibliothécaires et les attachés de conservation en catégorie A) tandis que deux autres garantissent une formation professionnelle avant recrutement : les assistants qualifiés de conservation de catégorie B (concours externe réservé aux titulaires d'un diplôme technico-professionnel bac+2), les conservateurs (formés pendant 18 mois
après réussite au concours).
Les mesures prévues vont donc aboutir à une filière culturelle totalement incohérente, avec une disparition des acquis professionnels dans les deux cadres d'emplois les plus nombreux des catégories A et B.
Il est aisé de comprendre qu'on ne saurait former un agent de catégorie A ou B de bibliothèques en cinq jours, et demander aux premiers d'encadrer des agents qui eux ont été solidement formés.
La réduction de la formation post-recrutement, qui pèse souvent exagérément sur le fonctionnement des services, n'est réalisable que si les concours généralistes sont remplacés par des concours sur titre.
On ne se forme pas aux fonctions de bibliothécaire, de catégorie A ou B, en quelques jours. Et ceux qui se sont engagés dans des cursus universitaires pour se préparer à ce métier attendent des concours permettant de reconnaître leurs acquis."
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BPI : Mardis de l'info

Je serai le Mardi 4 Décembre après-midi à la BPI dans le cadre des "Mardis de l'info" pour une présentation générale du web 2.0.

<Update> La séance n'est pas ouverte au public, mais je mettrai mon support de formation à disposition sur ce blog </Update>

Ouvre ton blog

"L’introduction du blog dans le milieu de la recherche scientifique se traduit par l’invention d’un nouvel objet éditorial, le carnet de recherches. Chaînon manquant entre l’écrit et l’oral, entre la monographie et le débat circonscrit à une assemblée restreinte, cet objet en est à ses débuts. Il s’appuie cependant sur une tradition ancienne, celle de l’écriture quotidienne, de la manipulation des concepts, de la confrontation des points de vue, c’est-à-dire du langage comme outil de compréhension, d’inflexion ou de mise en mouvement du monde. Aux risques juridiques et professionnels d’un tel exercice répondent les vertus d’une prise de parole du scientifique dans son temps, dans sa société et dans sa propre communauté. Il ne s’agit pas d’une publication au sens traditionnel du terme, qui suppose validation et corrections par des tiers ; le blog constitue cependant une mise en public forte et féconde, qui s’appuie sur de nouvelles économies de l’écriture et de la prise de parole. Ces enjeux touchent les étudiants avancés, les jeunes chercheurs, les chercheurs confirmés, d’une part, mais également les enseignants, les documentalistes, les ingénieurs des milieux de la recherche, de l’enseignement, de la documentation, d’autre part. Il s’agit sans doute d’une occasion rare de renouveler notre rapport au savoir et aux savoir-faire." Marin Dacos.
Si vous êtes dans le coin, et s'il reste des places, allez l'écouter.

lecdi.net

L'initiative (heureuse) m'a été signalée par mail. Le site Lecdi.net est un portail basique mais (très) efficace qui permet d'interroger Internet selon les différentes sources qui le composent. L'essentiel y est : dictionnaires, encyclopédies, moteurs, actualités, statistiques, cartes, mais aussi fiches métiers, ressources pour les "juniors", ainqi qu'une section "lire et écrire" qui vous donne accès à des outils de conjugaison, d'orthographe, de citation.
C'est, pour un public de lycée/collège/étudiants de première année, redoutablement efficace parce que redoutablement basique. Une vraie carte d'orientation des sources et des gisements Internet, correspondant à des besoins et à un déocupage académique déjà bien ancré dans les esprits. De la belle ouvrage à decouvrir donc : lecdi.net
Et bravo à son auteur, Philippe Martin, documentaliste de son état.

Le lien qui ficelle

L'auteur d'une thèse sur l'hypertexte que je suis, ne pouvait pas rester indifférent à cette curiosité qui donne littéralement à voir et à suivre les liens hypertextes. Le degré zéro du lien si l'on veut (cliquez sur Portfolio > Typographic links).

(Via BBB)

Voir les niouzes

A découvrir ou redécouvrir, ces trois techniques/interfaces de visualisation pour le service de Google News :

(Via GoogleOS)

Pourquoi je n'irai pas dîner avec Valérie Pécresse

Ce soir en rentrant chez moi et en ouvrant ma boîte mail, j'ai reçu ça :

  • "Monsieur Olivier ERTZSCHEID,
    Valérie Pecresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a pris connaissance avec beaucoup d’intérêt de votre blog qui traite avec pertinence de la thématique des nouvelles technologies.
    Elle aurait souhaité vous inviter à un dîner, le 4 décembre prochain, au ministère (21, rue Descartes – 75005 Paris).
    Cette rencontre aurait vocation à permettre un échange direct autour, d’une part, des thèmes qui vous semblent prioritaires et, d’autre part, des actions qu’entend mener la ministre dans le domaine des nouvelles technologies.
    " Et d'y joindre un officiel carton d'invitation (Téléchargement invitation_4dcembre.pdf )

J'ai donc répondu ça :

  • "Bonsoir,
    je vous remercie de cette invitation. Je vous tiens au courant dès que possible concernant ma participation à ce diner, mais il me faut auparavant vérifier la compatibilité de mon agenda (assurément moins chargé que celui de Mme la Ministre, mais chargé tout de même ...).
    Dans l'attente, est-il possible de savoir quel est le cadre précis de ce dîner (s'il en a un ... peut-être est-il simplement informel ?), à quel titre y suis-je invité (bloggueur ? maître de conférence ? les deux ?) et enfin quels seront les autres invités potentiels ?
    Merci d'avance."

Et on m'a répondu ça :

  • "Monsieur,
    C'est un dîner informel où Madame la Ministre souhaite recevoir des bloggeurs, pour évoquer en priorité les nouvelles technologies et les actions qu'elle souhaite mener.
    Donc c'est bien au titre de bloggeur que vous êtes convié.
    Il y aura une quinzaine de convives.
    "

Eeeeeet voilà. Bon bien sûr j'étais content de recevoir un mail de Mme la Ministre. Et de savoir que celle-ci avait de saines lectures (mon blog en l'occurence). Content également de savoir que si elle lit réellement mon blog, elle n'est effectivement pas rancunière et fait preuve d'une très saine ouverture au dialogue. Content enfin de voir que j'aurai probablement l'occasion de débattre avec elle sur des questions de fonds, et qu'elle aurait peut-être alors l'occasion de me signifier en quoi elle n'était pas simplement la Ministre de la recherche et des Télécoms.
Bref j'étais prêt à discuter de tout cela avec Valérie Précresse. D'autant que je suis réellement convaincu que la question des "NTIC", la problématique de la formation et de l'accompagnement à ces outils doit être le socle (pour parler comme notre premier ministre) de la société de la connaissance (et de la castration) que l'on nous propose et qui, pour l'essentiel, reste encore à bâtir. Oui mais voilà. Cette réunion, qui par ailleurs réunira probablement des gens intéressants (d'ailleurs si d'autres "invités" lisent ce blog, j'aimerais bien qu'ils se signalent en commentaire, même si j'ai déjà ma petite idée sur la liste des convives ...), cette  réunion disais-je, a tous les traits de l'opération de communication stricto sensu. Une ministre invite des bloggueurs "influents" pour leur annoncer ses mesures, en se donnant l'air d'écouter leurs idées et préconisations. Donc je n'irai pas. Et puisque Valérie Pécresse lit mon blog, c'est dans ce billet qu'elle trouvera ma réponse :

"Madame la Ministre,

Je vous remercie sincèrement de votre invitation à laquelle je ne vais pas pouvoir donner de suite favorable. En lisant le couriel qui me fut adressé par votre cabinet, j'ai d'abord (naïvement) pensé que vous me faisiez l'honneur de me convier "ès qualités". Je suis maître de conférences en sciences de l'information et de la communication. Je m'efforce dans mon blog (dont on me dit que vous êtes une fervente lectrice) de traiter de thématiques concernant les NTIC sous l'angle, la petite expérience et la modeste expertise que me procure mon statut d'enseignant-chercheur et les quelques années d'étude (neuf) qui m'ont permis d'y accéder. Mon blog (qui jouit par ailleurs, à la toute petite échelle de la blogosphère francophone, d'une légère "renommée") n'a de valeur à mes yeux et à ceux de mes lecteurs que parce que précisément je m'y exprime "ès qualités". Je tiens pour acquis que le thème des "nouvelles technologies" est d'une importance cruciale pour faciliter et accélerer l'entrée du plus grand nombre dans une société de la connaissance. Sur ces questions, et même si je ne m'estime pas complètement incompétent, je tiens à votre disposition une liste d'universitaires et de chercheurs francophones qui ont en la matière, tant sur le volet "technique" que sur le volet "formation" une expertise largement supérieure à la mienne, mais qui, c'est vrai, ne tiennent pas nécessairement de blog ... En un mot comme en cent, les expertises ne manquent pas dans le monde universitaire pour traiter de ces questions. Et c'est bien volontiers que je tiens à votre disposition les thèmes, les personnes et les expérimentations qui me semblent aujourd'hui incontournables. Je m'y joindrai moi-même avec plaisir si vous estimez que mon expertise vaut celles de mes collègues.
C'est parce que je crains que l'invitation d'un aréopage de bloggueurs influents à un dîner informel ne se résume rapidement dans les médias et surtout dans les faits, à une simple opération de communication, à un énième dîner mondain, que je vais, pour cette fois, décliner votre charmante invitation. Une invitation que je décline à regret, soyez-en sûre, d'autant que cela aurait été une occasion précieuse pour évoquer avec vous des thèmes plus strictement "politiques" relevant notamment de la loi LRU qui me semble mettre en danger réel le statut de tous les personnels de l'université et avec lui les missions même de l'université. J'aurais ainsi beaucoup aimé vous entendre pour savoir ce qui vous poussa à ne tenir aucun compte (ou si peu) des recommandations du collectif "Sauvons la recherche", recommandation formulées à l'issu des Etats généraux de la recherche, et qui vont très majoritairement à l'exact opposé du contenu de votre loi.
Sachez cependant que j'ai été ravi de pouvoir vous compter parmi les fidèles lectrices d'Affordance, et qu'à ce titre je vous invite si vous le jugez utile à venir enrichir ce blog de vos commentaires.
Veuillez agréer, Madame la Ministre, mes sincères salutations."

Olivier Ertzscheid.
Maître de conférences en sciences de l'information et de la communication et accessoirement bloggueur.

<Updates> C'est parti pour les updates de la liste des invités (pour je vous le rappelle "un échange direct autour, d’une part, des thèmes qui vous semblent prioritaires et, d’autre part, des actions qu’entend mener la ministre dans le domaine des nouvelles technologies")  : je migre la liste à jour des invités dans ce billet.

<Update toujours ...> David Abiker parle de ma lettre à la Ministre dans sa chronique du Mercredi 28 Novembre sur France Info </Updates>

Petit père castrateur

C'est donc fait. Le rapport de Denis Olivennes, PDG de la FNAC a été remis à Nicolas Sarkozy vendredi, en présence de la ministre de la justice, de la culture et de l'industrie. Justice, industrie, culture. Difficile de faire mieux comme sainte trinité. Demander à Denis Olivennes PDG de la FNAC de faire un rapport sur le téléchargement illégal, c'est un peu comme demander à Georges W. Bush de trouver des preuves sur l'existence d'armes de destruction massive en Irak. Il y arrivera. Au moins pendant un temps.
A lire le rapport et les analyses qui n'ont pas manqué de fleurir, ce qui frappe d'abord est que l'on est en face d'un non-rapport. Certes, la logique du "on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même" est préservée : la FNAC sort incontestablement grandie (je ne parle ici que de son chiffre d'affaire) de ce rapport.  Certes les grands lobbys et les industries culturelles sont remarquablement préservées. Et ces deux premiers éléments suffisent à fournir un cadre d'analyse. Mais au-delà même des mesures présentées, le rapport Olivennes est un non-rapport : car en l'état, nul ne sait comment il pourra être appliqué.
Le coeur du rapport, c'est donc (soi-disant) de ne pas entrer dans une logique répressive mais bien plutôt dans une logique "éducative". Et comment éduque-t-on aujourd'hui ? Par la castration. Denis Olivennes nous l'a suffisamment expliqué dans la presse, ce ne sont pas les "gros téléchargeurs" qui sont visés, mais les petits, "les enfants", "nos enfants". Et oui. Les internautes sont des enfants. Ils ne "se rendent pas compte", ils ne mesurent pas à quel point en cliquant sur le lien permettant de télécharger illégalement le dernier album du dernier vainqueur de la Star Academy, album pour lequel ils ont épuisé le forfait téléphonique de leurs parents en envoyant des SMS à "Nikos" pour permettre à "leur" champion de remporter le titre, les internautes, ces enfants, ne mesurent pas à quel point ils contribuent à rapprocher chaque jour davantage Pascal Nègre, Patrick Bruel et tant d'autres d'une misère crasse, d'un honteux RMI (revenu musical d'insertion). Alors comme il est établi que les internautes sont des enfants, comme les enfants sont des irresponsables, et comme il faut protéger les enfants d'eux-mêmes, on se fait pédagogue. Vous noterez au passage le très habile syllogisme : les internautes sont des enfants (majeure), les enfants sont des irresponsables (mineure), les internautes sont des irresponsables (conclusion). Bref, comme je vous le disais, on en appelle à la pédagogie. "Tu ne veux pas prêter ta voiture à ton petit frère ?" Paf. On te supprime ta voiture. "Tu ne veux pas donner de ta purée à ton copain ?" Paf. On te supprime ta purée. Tu ne veux pas acheter le dernier CD de Laurie bourré de DRMs ? Paf. On te coupe l'Internet. Méchant garçon.  Françoise Dolto doit être en train de faire la toupie dans sa tombe.
Parce que la grande idée du rapport de Denis Olivennes, LA mesure pédagogique, LA mesure sur laquelle nous dit-on l'ensemble des acteurs ont accepté de revenir sur leurs positions, de faire des concessions, de se "grenelliser" l'âme et le porte-feuille, c'est celle-là. Si vous téléchargez illégalement, "on" vous avertit, "on" vous avertit une fois, deux fois, trois fois, et puis, paf, "on" vous coupe l'internet.
Mais "on" ne sait pas qui c'est qui nous avertira avant que de nous couper, hic et nunc, nos glorieux attributs numériques. La rapport parle d'une (énimème ...) "instance de régulation", "autorité indépendante". Qui y participera ? Comment les membres seront-ils nommés ? Comment et sur quelle base saisiront-ils l'autorité judiciaire ? La seule chose qui est sûre c'est que les FAI sont réduits au rôle de délateurs, qu'ils sont par ailleurs prêts à endosser en faisant le dos rond, ayant eu trop peur qu'on ne leur refasse le coup d'engager leur responsabilité pénale (ce qui aurait été une égale aberration). Bref, sur "qui coupe et comment", C'est le flou le plus absolu, et pour cause.
Au-delà même de l'ineptie visionnaire dont témoigne cette pathétique approche, le non-rapport Olivennes et très dangereux. Il  l'est parce qu'on ne sait rien de ce "on" qui après nous avoir averti, nous coupera l'internet. A lire le discours de Nicolas Sarkozy lors de la réception du rapport Olivennes, on a du mal à savoir qui des deux incarne le mieux ce petit père castrateur, ce Sancho Pança un peu fat défendant comme à l'insu de son plein gré les pôôôôvres industries culturelles face aux cohortes noires des téléchargeurs, ce docteur Pangloss de la raison binaire, du manichéisme rhétorique, ce docteur Folamour de l'axe (industriel) du bien (musical) face aux foules d'enfants irresponsables de l'axe du mal, tous voleurs, tous coupables, tous mal éduqués. Faut dire qu'en matière d'éducation, les industries culturelles représentées dans l'aéropage elyséen se posent un peu là.
Il va falloir s'y faire. Non content d'être engooglés, le rapport Olivennes institue la création d'un "répertoire national des abonnés dont le contrat aura été résilié pour les motifs ci-dessus" (c'est à dire téléchargement illicite). Oh bien sur, c'est également écrit dans le rapport, avant, on va demander son avis à la CNIL (qui n'a je vous le rappelle qu'un avis consultatif). Comme d'habitude la CNIL dira que "oh ben quand même c'est un peu embêtant", et comme d'habitude le gouvernement passera outre.
Ce que ne dit pas le rapport Olivennes c'est si une fois que l'on m'aura coupé l'internet, cette information sera recoupée avec le fichier base-élève qui suit désormais mes enfants dès la classe de maternelle, avec celui qui fait des éducateurs sociaux de contraints délateurs, avec celui qui me filme quotidiennement dans tous mes déplacements. Ce que ne dit pas le rapport Olivennes c'est si demain, on s'exposera  à des coupures préventives d'Internet, non sans en avoir été averti par des missives électroniques de ce genre : 

  • "Cher Monsieur Ertzscheid, nos services ont constaté que vous naviguiez principalement sur des sites altermondialistes et faisant l'apologie d'une pensée libertaire, en plus deux de vos trois enfants sont ou ont été suivi par un service d'aide scolaire à l'enfance (le RASED), et vous avez été vidéofilmé au premier rang lors d'une séance de parrainnage républicain d'étrangers sans papiers, vous correspondez donc au profil type du téléchargeur illégal, et à ce titre, nous vous signifions par la présente une coupure préventive de 6 mois de votre accès Internet. Afin cependant de ne pas vous porter préjudice, le MVRBIC - ministère du vitalisme, de la raison binaire et des industries culturelles - est heureux, en compensation, de vous offrir un abonnement de 6 mois dans une salle de sport gouvernementale ainsi qu'un forfait cinéma offert par le mécène Lagardère, qui vous permettra, ainsi qu'à votre famille, de profiter pleinement et en toute légalité des derniers films de Christian Clavier."

"Nous vivons une époque épique. Mais nous n'avons plus rien d'épique. La musique se vend comme le savon à barbe." Etc.
Et le combat s'annonce rude. A ma droite, Denis Olivennes, "La gratuité c'est le vol", à ma gauche, Lawrence Lessig "Free culture". Binaire ? Vous avez dit binaire ?

Sources et ressources à lire pour le plaisir :

  • le billet de Versac qui revient longuement sur le discours (p-a-t-h-é-t-i-q-u-e) de Nicolas Sarkozy.
  • naturellement tous les billets de Ratiatum sur la question (ici, ici, ou encore )
  • le billet d'André Gunthert sur la logique propre de la création sur le Net (quand le rapport Olivennes et le discours de Sarkozy n'ont que le mot diffusion à la bouche)
  • Celui de Techcrunch.com et celui de Francis Pisani pour comprendre qu'outre-atlantique, Sarko l'américain continue de faire le bonheur des industries de la culture lourde, à moins que ce ne soit celui des industries lourdes de la culture (RIAA, MPAA ...)
  • le billet de mémoires2silence pour un rappel de l'ensemble des propositions du rapport Olivennes.

<Update> à lire sur l'excellent Rue89, Denis Olivennes répond aux lecteurs de Rue89. </Update>

Digitallyours

Si vous êtes sur Paris les 27 et 28 Novembre, allez aux entretiens du nouveau monde industriel. Et pour tous ceux qui comme moi n'auront pas pu y aller, racontez-nous :-)

IC 2008

J'ai découvert le domaine de "l'ingénierie des connaissances" (IC) pendant ma thèse, grâce à Jo Link Pezet (ma directrice) qui m'a présenté quelques valeureuses "ontologues" et quelques preux hérauts des systèmes multi-agent (spéciale dédicace à Nathalie Aussenac, Marie-Pierre Gleizes et Pierre Glize). C'est à cette époque que j'ai également compris tout l'intérêt qu'une approche de ce type pouvait apporter aux problématiques qui traversent le web (notamment) depuis déjà plusieurs années. Les points de rencontre entre les sciences de l'info et de la comm., et l'ingénierie des connaissances, sont féconds et nombreux. Chaque domaine offre à l'autre des méthodologies et des cadres d'analyse qui permettent de mieux articuler et de mieux "penser" les bouleversements actuellement en cours sur le net. Espérons donc que le colloque IC 2008 sera l'occasion de fortifier ces synergies naissantes.
Parmi tant d'autres, pour découvrir de manière claire ce qu'est l'IC et quels sont ses enjeux, vous avez à votre disposition :

Voilà. Maintenant il ne vous reste plus qu'à prendre connaissance du programme d'IC 2008, "le" colloque du domaine, et quà soumettre vos propositions de communication ou de poster avant le 28 Janvier. Tout le reste est expliqué sur le site de la conférence.

Bienvenue dans le World Life Web.

// Petit texte à vocation pédagogique reprenant ce qui est trop brièvement annoncé ici et qui sera complété sous un autre angle //
En 1994, suite aux travaux de Tim Berners Lee est officiellement né le World Wide Web. Une toile, mondiale, « large » dans sa dimension au moins autant que dans ses contenus. Avec le temps, ces derniers ont littéralement explosés, imposant à tous l’usage des moteurs de recherche pour mettre un semblant d’ordre dans ce chaos fertile et fécond, sur la base d’un principe de classement « par pertinence ».  Le principal problème qu’eut à gérer le web dans sa phase initiale de déploiement fut celui de l’adressage des documents. Pour les trouver, pour les retrouver, il fallait que ceux-ci disposent d’une adresse physique sur le réseau. La réponse fut apportée grâce notamment au protocole « http » (hypertext transfer protocol) ainsi que via le système de nommage qui permet d’identifier et de classer les sites sur la base du nom de domaine qu’ils ont choisi. Ce processus d’adressage pose encore aujourd’hui quelques problèmes et doit notamment faire face à l’explosion constante des contenus, d’où l’apparition de nouvelles extensions (« .mobi » pour les sites dédiés à la téléphonie mobile,  « .museum » pour les sites de musées, etc.) et la question ouverte d’élargir ce protocole à l’ensemble des langues de la planète. Ce fut là le premier âge documentaire du web.
Puis vint le World Live Web. Un web instantané, un web donnant en temps réel l’état des dernières informations publiées. Le service Google News fut à ce titre l’un des pionniers de ce deuxième âge documentaire, mais celui-ci permet également de désigner ce que l’on appelle des micro-contenus (billets de blogs par exemple). Le critère de pertinence utilisé par les moteurs reste naturellement essentiel, mais un second critère tout aussi important vient s’y ajouter, celui de la capacité à rendre compte en temps réel de l’évolution des documents publiés sur le web, et ce quelle que soit leur « granularité ». Là où les moteurs de recherche classiques n’indexaient que des « pages », le moteurs de recherche de la blogosphère se mettent à indexer des « billets », comme autant de fragments documentaires sitôt publiés, sitôt indexés, sitôt accessibles.
Nous sommes depuis quelques temps, notamment avec l’essor extraordinaire des « réseaux sociaux » (Facebook, MySpace) et celui des mondes virtuels (Second Life), entrés dans un troisième âge documentaire : celui du World Life Web. Après l’adressage des documents, après leur niveau de granularité (de plus en plus fin), la principale question que pose ce nouvel âge est celle de la sociabilité et du caractère indexable, remixable de notre identité numérique et des traces qu’elle laisse sur le réseau. Dans ces mondes et ces réseaux virtuels, chacun peut donner les informations qu’il souhaite. Et ces informations peuvent indistinctement relever de notre sphère publique (notre métier par exemple), de notre sphère privée (nos relations, nos amis), enfin et surtout de notre sphère intime (nos préférences politiques, sexuelles ou religieuses).
De plus en plus de sites de réseaux sociaux « ouvrent » l’immense catalogue des individualités humaines qui les composent à l’indexation par les moteurs de recherche. Ce qui pose nécessairement la question de la pertinence des profils humains. Une question qui n’en est encore qu’à ses balbutiements mais dont l’étendue des problèmes posés peut à juste titre faire frémir. Il est en effet établi que chacun des utilisateurs de ces systèmes, loin de disposer d’un profil unique librement consenti et ne contenant que des informations à caractère public (un peu à la manière de nos « cartes d’identités »), dispose de plusieurs profils différents, sur différents sites, dans différentes sphères (publiques, privées ou intimes). Que beaucoup d’utilisateurs "entrent" dans ces réseaux sociaux sous la forme de pseudonymats (pseudonymes masquant l’identité réelle) ou d’avatars, s’inventant ainsi des identités parfois ludiques, parfois recomposées, parfois mensongères, souvent idéalisées, toujours fragmentaires. La politique de confidentialité des sites récoltant ces informations, généralement de manière librement consentie, a déjà fait l’objet de nombreuses critiques, mobilisant institutions et associations sur le créneau de la défense d’un droit à l’oubli numérique. Or s’il est possible de sensibiliser les gens à la logique d’industrialisation de l’intime qui sous-tend ces univers, s’il est possible d’en appeler à leur vigilance et à leur responsabilité, il demeure impossible de contrôler ce que deviendra le remixage de l’ensemble de ces traces, une fois affiché, par exemple, dans un moteur de recherche.
La question qui se pose donc aujourd’hui est celle du caractère indexable de l’être humain. Celle de savoir si l’Homme est, ou non, un document comme les autres. La question enfin, pour chacun d’entre nous, de se voir doté d’une identité numérique globale et non maîtrisée. Cette identité sera définie (elle l’est déjà pour une large part) via mes parcours sur le net, mes actes d’achat, les expressions (maîtrisées ou non) de mon affichage identitaire, ainsi que par le reflet de l’ensemble tel qu’il apparaîtra « remixé » dans les moteurs de recherche, les réseaux sociaux ou les mondes virtuels. L’urgence de cette question en appelle une autre : celle du pourquoi ? Les documents, les mots-clés ont acquis une dimension marchande. Ils se vendent et s’achètent sur la grande place de marché d’Internet, que régule pour une large part le seul moteur Google. Nos traces identitaires numériques seront-elles demain également marchandisables ? Bienvenue dans le World Life Web.

Graphe, Web, Net

Dans sont dernier billet, Tim Berners Lee revient sur une notion au coeur de bien des débats ces derniers temps, celle du graphe social.
Partant de l'analogie fréquemment et un peu abusivement employée qui fait que quand on parle de graphe, on fait immédiatement référence à Internet, à l'image du réseau, Tim Berners Lee commence par rappeler que le Net et le Web ne sont pas la même chose, mais que tous deux sont effectivement des graphes (d'ordinateurs pour le premier et de contenus/documents pour le second). Il se lance ensuite dans un plaidoyer pour la notion de graphe, regrettant même avec humour de n'avoir pas appelé le www (world wide web) le GGG (giant global graph).
Mais le passage le plus intéressant est celui qui clôt son billet :

  • "The less inviting side of sharing is losing some control. Indeed, at each layer --- Net, Web, or Graph --- we have ceded some control for greater benefits." Et plus loin :  "Letting your data connect to other people's data (...) is still not about giving to people data which they don't have a right to. It is about letting it be connected to data from peer sites. It is about letting it be joined to data from other applications. It is about getting excited about connections, rather than nervous."

Tim Berners Lee dans ce court paragraphe nous montre clairement la voie : cesser d'être "nerveux" et "s'enthousiasmer" pour les possibilités offertes par une interconnexion globale des hommes, après celle des ordinateurs et des documents. Mais Tim Berners Lee dans son argumentaire plaide également pour une architecture standardisée et normée afin d'opérer ces connexions, sur le modèle de FOAF.
La question est donc de savoir si dans la situation actuelle, ceux qui nous rendent nerveux (Facebook) et les autres (OpenSocial) sont prêts à se rabattre, et leur immense vivier d'utilisateurs avec eux, vers des descriptions standardisées du type de FOAF. Le web, le net et le "graphe" auraient naturellement tout à y gagner, en accélérant ainsi par exemple la progression du web sémantique (ou sémantisé).

<Update> Voir aussi le billet de Francis Pisani </Update>

Le silence du CNU et des CS

Sauf erreur de ma part, on n'a pas encore entendu la position sur la loi Pécresse des différents CNU et des Commissions de spécialistes. La conférence des présidents (CPU) s'est exprimée (pour), à titre individuel certains présidents se sont également exprimés, on entend poindre la voix de quelques enseignants chercheurs, mais rien de la part du CNU. Rappelons-ici que le CNU est, pour chaque discipline uiversitaire, chargé d'attribuer (ou de refuser) une "qualification" au sortir de la thèse, ce qui permettra ainsi, une fois "qualifié" de s'en aller candidater sur des postes de Maître de conférence. Rappelons enfin que les élus du CNU le sont à partir de listes syndicales.
Que l'on entende pas les commissions de spécialistes - CS -  (jusqu'ici chargées de s'occuper des recrutements) n'est finalement guère étonnant : elles sont de facto supprimées par la loi. Comme il n'y a pas d'instance "nationale" représentant les CS, et comme elles sont supprimées, elles se taisent. Ce qui est à mon avis dommage car bien qu'imparfaites, ces CS étaient le coeur du recrutement. Ce silence pourra également être interprété comme un souci de certains membres les composant de se retrouver en poste dans les nouvelles instances remplaçant ces commissions.
Mais le silence du CNU, s'il est tout aussi assourdissant, me semble plus étonnant : primo parce que bien qu'élus sur la base de listes syndicales, les représentants du CNU dans leur tâche principale de qualification, sont naturellement censés se placer au-delà de toute considération d'appartenance syndicale. Ils (les CNU) sont les autorités scientifiques incontournables de ce vivier de ressources humaines que sont les universités. Se taire sur la loi Pécresse quand la question du recrutement des enseignants-chercheurs est au coeur du texte me semble donc au mieux un oubli dommagable, au pire une politique à courte vue. Car si les CNU ne s'expriment pas, c'est peut-être car ils ne se sentent pas concernés. Rien dans la loi ne les concerne effectivement. Pourtant, la logique de recrutement que met en place la loi Pécresse va impacter à terme l'autorité même des différents CNU.
Alors qu'ils soient pour ou contre la loi, j'aurais vraiment bien aimé que les différents CNU prennent une position claire sur ce texte, dans le cadre de leur compétence spécifique, c'est à dire l'évaluation et le recrutement des enseignants chercheurs.

Indexation génétique

999 $. C'est le prix que vous coûtera donc une analyse complète de votre ADN par la société de la femme de Serguei Brin, "23 and Me", société dans laquelle les investissements (financiers notamment) de Google sont très importants. Résultat : ce séquençage personnalisé vous permettra de connaître votre "histoire génétique" (pourquoi pas) ainsi que les risques soi-disant encourus de contracter telle ou telle maladie génétique ou cardio-vasculaire (houlà ...). Les billets de Techcrunch et la dépêche de Reuters sont suffisamment éloquents comme le montre cet extrait de la dernière :

  • "La mission de 23andMe est de porter la révolution de la génétique sur un nouveau terrain en proposant un service sur internet sûr, grâce auquel les gens peuvent explorer, partager et mieux comprendre leur données génétiques", a déclaré Linda Avey, l'une des fondatrices de 23andMe. Les personnes sollicitant un test peuvent choisir d'en savoir plus sur leurs risques de développer certains types de cancers, la maladie d'Alzheimer, des diabètes ou autres types d'affections et peuvent être mis en relation par la société avec un conseiller en génétique."

Voilà voilà ...  J'avais moi-même largement exprimé mes craintes à propos d'un tel "service" (ici ou ). Voyons donc un peu au-delà, maintenant que le service est lancé et qu'il dispose de ses premiers clients, de quoi il retourne ...
L'intérêt de l'alliance avec Google pour la firme 23andMe est double et à double sens : pour 23andMe, et même si tout cela n'est pas clairement indiqué, c'est la possibilité offerte de s'appuyer sur la puissance de calcul la plus puissante de la planète et d'enterrer la concurrence sur ce genre de services (très gourmand en capacité de calcul). Mais c'est pour Google que l'intérêt est probablement le plus stratégique.

  • Inutile de vous resservir le couplet sur la maîtrise totale que cette firme est en train d'opérer sur des pans entiers de nos vies. Ajoutez-y simplement désormais la possibilité de connaître, en plus de tout le reste, rien moins que votre code génétique. Il est désormais facile d'imaginer qu'un client de 23andMe "génétiquement indexé" pourra voir s'afficher dans Google des publicités personnalisées pour des médicaments permettant de lutter contre la maladie d'Alzheimer s'il est supposé avoir des facteurs de risques, ou sur toute autre chose encore.
  • l'autre intérêt c'est l'inscription de ce partenariat "génétique" dans le cadre de l'ambitieux projet Google Health. Un projet auquel les deux fondateurs sont très maritalement sensibilisés (Serguei Brin ayant donc épousé Anne Wojcicki - fondatrice de 23andMe- et Larry Page venant de convoler en justes noces avec une étudiante ... en médecine). Si Google peut sur ce créneau apparaître légèrement en retard vis à vis de son concurrent direct Microsoft (qui a déjà lancé son service HealthVault), le lancement de Google Health est désormais annoncé pour le premier trimestre 2008 et les copies d'écran sont déjà disponibles (voir aussi cet article d'InformationWeek). Est-il bien nécessaire de rappeler que le marché de la santé est gigantesque  ...

Donc ?
Donc les risques de dérives sont tout simplement à la hauteur des enjeux financiers : colossaux.
Donc plus que jamais l'homme est un document comme les autres. Sa dimension sociale était déjà largement transparente pour les moteurs, c'est désormais son code (génétique) même qui le devient.

(Source complète, initiale et absolument incontournable : l'article de Wired et la vidéo d'entretien avec les deux PDG de 23andMe.)

World Life Web

World Life Web : le troisième âge documentaire.

(vit'fait) World Wide Web. World Live Web. World Life Web.

  • World Wide Web : problématique de l'adressage. Où sont les documents ?
    • réponse : protocolaire ("http" et les autres), connue, mais pas pour autant définitivement résolue (problème de l'explosion du volume des URL, URI et URN et de l'évolution des protocoles de nommage) :-)
  • World Live Web : problématique de la granularité. Que sont les documents ?
    • réponse : des fragments documentaires redocumentarisables
  • World Life Web : problématique de la sociabilité. En quoi suis-je un document ?
    • réponse : Je suis indexable. J'ai une "identité documentaire" documentée, fragmentaire, et redocumentarisée (redocumentarisable) hors de mon strict et seul contrôle. Pose également le problème de la pertinence de ces traces identitaires documentées puis redocumentarisées. Avec derrière l'idée que le classique "Qui suis-je ? Où vais-je" pourrait trouver sur le net des réponses inédites : ceux qui sauront le mieux "qui je suis" sont ceux qui savent le mieux "où je vais" (= moteurs). Dit autrement il pourrait y avoir une sorte de cénesthésie numérique consubstantielle (affordantielle ?) à mes parcours, à mes actions, à l'expression maîtrisée de mon identité, et au reflet de l'ensemble tel qu'il apparaît remixé (redocumentarisé) dans les moteurs de recherche et/ou les réseaux sociaux.

(Jean-Michel Salaun évoque déjà le thème de la redocumentarisation du monde, des objets et des hommes, quant à moi je vous en reparle bientôt ...)

Séminaire Réseaux Sociaux

Je serai le 17 décembre au CNAM à Paris, dans le cadre du sgroupe de travail "Acteurs et production numérique éditoriale." La question de jour sera celle des réseaux sociaux.  
Pour celles et ceux intéressés, voici le programme :
Titre de la journée : Réseaux sociaux : des usages et des outils.
Pitch de la journée : Cette troisième journée organisée par le Groupe Acteurs et production numérique éditoriale a pour objectif de faire le point sur la notion de réseau social en faisant converger différentes approches : l’observation des pratiques actuelles de structurations collectives en ligne et leurs dépendances sociotechniques ; l’estimation du rôle que prennent les outils dans l’agrégation des identités et la traçabilité documentaire ; l’étude des discours d’accompagnement et du partage des territoires de
la publication ; la construction d’outils pour l’observation par les sciences humaines de l’architecture documentaire du web.

***Matin (9h30 - 12h30)***

  • Introduction de la journée : Evelyne Broudoux.
  • « Espaces documentaires participatifs et réseaux relationnels documédiatisés : codétermination des systèmes d'organisation des connaissances et de la structure sociale » ; Manuel Zacklad, Professeur Systèmes d'information et sciences cognitives, Tech-CICO, (UTT)
  • « L'homme est un document comme les autres : redocumentarisation et indexabilité au-delà des réseaux sociaux » ; Olivier Ertzscheid, Maître de Conférences en Information et Communication, Ursidoc, IUT de La Roche-sur-Yon, Université de Nantes
  • « Réseaux sociaux, identités et web2.0 » ; Dominique Cardon, Sociologue, Orange, France-Telecom R&D
  • Vincent Mabillot et Geneviève Vidal (sous réserve)

***Après-Midi (14h – 17h)***

  • « Une critique des discours autour du web 2.0 : à propos des complémentarités entre “ réseaux sociaux ” et industries culturelles » ; Franck Rebillard, Maître de Conférences en SIC
  • « Quelle proximité entre amateurs et auteurs ? » ; Evelyne Broudoux, Maître de Conférences en Information et Communication, CHCSC, IUT de Vélizy, UVSQ
  • « Des traces d'usages aux patterns relationnels : la construction technologique des objets d'observation en NetworkSciences » ; Franck Ghitalla (président de WebAtlas, Maitre de conférences en SIC, UTC), Guilhem Fouetillou (dir. scientifique RTGI-SAS, doctorant en SIC, Costech), Mathieu Jacomy (MSH, doctorant en SIC, Celsa)
  • Hervé Le Crosnier (sous réserve)
  • Conclusion de la journée : Olivier Ertzscheid.

Accès libre mais confirmer votre présence à Elodie Ozanne : *elodie.ozanne AT cnam.fr*

Voici le résumé de mon intervention sur le sujet "L'homme est un document comme les autres".

  • Les réseaux sociaux posent aujourd'hui, au sens propre, la question documentaire appliquée au facteur humain. Au-delà même de la question des identités « simplement » numériques, l'enjeu premier semble aujourd'hui de constituer un pan-catalogue des individualités humaines. Les acteurs qui disposent de la capacité algorithmique permettant de rendre indexable en une même entité globale les sphères jadis distinctes de l'information publique, privée et intime, sont aujourd'hui pour l'essentiel les mêmes que ceux qui se mettent en quête d'un nouveau graal documentaire : celui du graphe social le plus complet possible de l'humanité connectée. Notre exposé tentera de questionner le lent mais inexorable mouvement de redocumentarisation qui après avoir ouvert le processus d'indexation à la marchandisation (liens sponsorisés), après avoir paré ce même processus de vertus « sociales » (folksonomies et indexation sociale), place aujourd'hui l'homme au centre même du cycle documentaire, mais l'y place non plus comme sujet-acteur, mais comme un objet-documentaire ... parmi d'autres.

Je ne peux pas vous en dire plus pour l'instant mais disons que le personage principal de ma présentation sera le colonel Steve Austin :-)

Kindle Surprise

Donc voilà. Le Kindle (e-reader liseuse) d'Amazon sera lancé officiellement lundi prochain. Ce qui, à la différence du titre de ce billet, n'est pas vraiment une surprise. Le blog Engadget fut le premier à le chroniquer le 11 Septembre 2006. Un an plus tard, le marché du livre et ses circuits de distribution ont connu de sérieux bouleversements, et les usages de lecture numérique ont mûri en même temps que les technologies les accompagnant. Comme mes collèges bloggueurs ont déjà fait le boulot - et autant vous le dire tout de suite, ils sont loin d'être enthousiastes - je vais tout simplement me contenter de piller leurs billets pour vous indiquer que le Kindle :

  • sera cher : 400 $. Cette barrière à l'entrée constitue à mon sens un sérieux frein au déploiement réellement grand public de ce que Jeff Bezos n'hésite pas à désigner comme le "livre 2.0". En l'état, on en est encore au lecteur électronique à deux zéros à la fin du chèque.
  • que le Kindle permettra d'accéder d'entrée à un catalogue entre 88 000 et 90 000 ouvrages. Sur la nature desdits ouvrages (livres "utilitaires" - cuisine, bricolage - livres "fonctionnels" - manuels scolaires et universitaires - livres "tout court" ...) je n'ai en revanche rien trouvé.
  • qu'il en coûtera 9,99 $ pour télécharger un livre. Ce qui fait dire à certains qu'Amazon vient de fixer le prix maximum (unique ?) du livre électronique, comme Apple l'avait fait en son temps pour les morceaux de musique avec l'IPod.
  • qu'il utilisera une technologie d'accès pour l'instant payante (mais annoncée comme bientôt gratuite) via Whispernet, un réseau à haut débit lié à Sprint, permettant de se connecter et de télécharger directement les livres sur le site d'Amazon, sans passer nécessairement par des spots Wifi et assurant au Kindle une couverture plus large (cf plus bas)
  • que le Kindle ne permettra pas seulement d'acheter des livres, mais aussi de télécharger et de lire directement la presse (NYTimes, Le Monde, WSJournal) ainsi que différents blogs, moyennant finance. Une réintermédiation à la hussarde qui risque de déclencher quelques couinements.
  • que le Kindle est très bien positionné en terme de "service". Qu'en revanche, côté design et ergonomie, il semble dépassé avant même sa sortie, même si l'essentiel technologique est là (e-ink <Update> finalement il y aurait bien innovation de ce côté là </Update>, autonomie, capacité de stockage)
  • que le Kindle est plein de DRM et qu'il est centré sur le format Mobipocket (firme rachetée par Amazon) et qu'il ne reconnaît même pas le .pdf
  • que dixit Jeff Bezos "Les livres sont archivés sur le serveur d’Amazon; si vous les perdez vous pouvez les télécharger gratuitement." Tiens, ne serait-on pas en train de nous refaire le coup de la "location" déguisée en "acte d'achat" ...
  • que dixit le même : "Au lieu de faire des achats depuis votre PC, vous le faites depuis l’appareil. Le contenu est délivré très simplement. Nous avons décidé d’utiliser EVDO au lieu de Wi-Fi qui nécessite des Hotspots. Nous avons créé Amazon WhisperNet qui permettra d’utiliser le réseau EVDO sans aucun engagement ni paiement.Le jour où notre disque dur aura disparu se rapproche ... comme disait l'autre.
  • que le Kindle est lié à une place de marché (LE coeur d'activité d'Amazon) et que les utilisateurs du Kindle pourront gentiment envoyer leurs documents Word et le vendre directement sur ladite place de marché. Donc, ce que le Kindle révolutionne d'abord, c'est le secteur de l'édition au moins autant que celui de la diffusion (si tant est que ces deux secteurs là puissent se penser dans l'ignorance l'un de l'autre)

Donc ?

Donc comme le souligne Francis Pisani, les lignes (numériques) vont bouger et cette Kindle surprise va obliger les concurrents à se positionner très rapidement sur ce secteur, et au jeu de la concurrence, Apple et son IPod sont bien placés. Du coup, les coûts pour le consommateur devraient être revus à la baisse, mais surtout, s-u-r-t-o-u-t, loin d'être l'affrontement de deux liseuses, de deux gadgets technologiques, cela s'anno