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« septembre 2007 | Accueil | novembre 2007 »

Rentrée sociale et ouverture du code

Le mois de Novembre promet d'être agité du côté des réseaux sociaux : selon Techcrunch, Google devrait annoncer début Novembre le lancement de son réseau social baptisé Makamaka (ou Maka-Maka). De son côté, Facebook devrait annoncer le 6 novembre le lancement d'une nouvelle offre publicitaire : le Social ads Network, censée contrer l'offre AdSense de Google (voir aussi ce qu'en dit Read/WriteWeb).
Difficle en l'état de dire qui sortira vainqueur de cette lutte. Mais on peut d'ores et déjà pointer le fait que dans son futur MakaMaka, Google tablera sur une ouverture maximale du réseau (aussi bien en termes applicatifs - API - qu'en termes d'usages - il peut s'appuyer sur l'énorme public ayant déjà adopté des applications phares de Google) : ce pari de l'ouverture (cf plus bas dans ce billet), dans la droite ligne de la théorie de la dérive des continents documentaires, lui offre une capacité de résonnance extraordinaire, là où Facebook s'enferme une nouvelle fois dans un mode et un monde fermé et auto-centré. A moins ... à moins que la nouvelle offre publicitaire de Facebook ne soit le signe d'une ouverture : il se pourrait effectivement que cette dernière permette d'optimiser les cookies installés lors d'une connexion sur Facebook pour permettre de continuer à cibler les utilisateurs lors de leurs navigations sur le net, lesques utilisateurs verraient s'afficher des publicités correspondant aux divers centres d'intérêt renseignés dans leur profil Facebook.
Donc ? Donc l'entrée de Microsoft au capital de Facebook (et l'exclusivité du partenariat publicitaire) se révelerait être "in fine" un investissement stratégique pour pouvoir disposer, grâce à Facebook, d'un outil de ciblage de masse (50 millions d'utilisateurs et une croissance qui demeure exponentielle) pouvant soutenir la comparaison avec celui de Google. Si je ne croie toujours pas que Facebook puisse s'afficher comme un challenger de Google, je crois en revanche que les cartes entre Google et Microsoft pourraient être rapidement redistribuées de la manière suivante :

  • Microsoft table sur sa position dominante en terme d'OS et se dote, via Facebook, d'un outil de ciblage de masse
  • Google table sur sa position dominante de vortex d'audience, fait le pari du déploiement d'un WebOS ou de quelque chose d'approchant pour prendre des parts de marché (et d'usage) à Microsoft

Le pari est donc le suivant : si les applications en-ligne l'emportent, si la bascule de nos comportement sinformationnels en ligne se confirme et se généralise, et si une nouvelle synchronicité (Google Gears en est l'exemple éclatant) peut-être établie entre le en-ligne et le hors-ligne, alors Google aura partie gagnée. Le vrai débat me semble donc bien être et demeurer celui de l'adoption massive par les usagers d'un webOS pour administrer l'ensemble de leurs habitus numériques. La publicité, le modèle de régie qui l'accompagne, et l'importance de l'audience ne pourront être valorisées et se substituer au modèle économique classique (je paie pour acheter des applications VS les applications sont gratuites mais financées par la publicité) que quand les usages (en-ligne ou hors-ligne) se seront suffisamment stabilisés à l'échelle de la planète connectée. C'est bien là ce qui rend toute analyse prospective si glissante, et c'est également là ce qui fait l'intérêt des tractations et des effets d'annonce actuellement sous le feu des projecteurs.

La rédaction de ce billet ayant été commencée il y a de cela plusieurs jours, les effets d'annonce se succèdent mais confirment la tendance, côté Google tout au moins : indépendamment ou en complément du suscité Makamaka (qui devrait pour ce que l'on peut en supposer être une sorte d'Orkut à l'échelle planétaire), Google annonce le lancement non pas d'une application simple mais d'un contexte applicatif dénommé "Open Social", dont les APIs sont accessibles ici. Le nom est suffisamment programmatique et entérine la dichotomie stratégique évoquée plus haut entre un monde fermé et un monde ouvert. L'idée est de mettre à disposition une série d'APIs qui pourront être associées à tout type de plateforme sociale. Ces APIs seront organisées en trois grands groupes :

  • Profile Information (user data)
  • Friends Information (social graph)
  • Activities (things that happen, News Feed type stuff)

La force de Google c'est de viser à mettre en place non seulement un "standard" au sens informatique du terme (comme il l'avait déjà fait par exemple avec Sitemaps), mais un "contexte standard" de déploiement des applications sociales, pour aujourd'hui et surtout pour demain. Comme le souligne encore John Battelle, la question est de savoir si MySpace et Facebook joueront ou non le jeu de l'adoption de ce standard. En la matière, et pour l'instant, tout semble jouer contre eux :

  • la culture du net et de ceux qui bâtissent ses applications,
  • l'aspiration de ceux-là à être "reconnus" et à assurer la dissémination la plus large possible pour leurs applications,
  • les caractéristiques propres du réseau,
  • et - last but not least - l'effet de la marque Google.

Il est désormais tout à fait clair - ce que ne laissait pas initialement la politique de développement de son site social Orkut - que Google "croit" au web social. Comme l'indique le communiqué de presse : "The web is fundamentally better when it's social", et plus loin,  "we hope OpenSocial will become a standard set of technologies for making the web social." En lançant ce "service" ou plus exactement cette dynamique, Google compte clairement s'appuyer sur le formidable levier que constitue son audience. Et il peut également d'ores et déjà compter que quelques acteurs majeurs du secteur, ayant annoncés leur ralliement à ce standard : "Orkut, Salesforce, LinkedIn, Ning, Hi5, Plaxo, Friendster, Viadeo, Oracle, Flixster, iLike, RockYou, Slide". Une liste appelée à s'étoffer rapidement comme le rappelle Jean-Marie Le Ray dans son billet. <Update du soir>(voir aussi l'article du NYTimes) </Update>

Et puis sur un autre sujet, le Wall Street Journal croit savoir que ce qui fut longtemps une rumeur sera bientôt une réalité : Le GooglePhone, un téléphone portable "estampillé" Google. Le lien avec le contenu de ce billet étant le suivant : Google, comme il le fait avec Open Social, compte "ouvrir" l'accès au GooglePhone : "to make the phones' software "open" right down to the operating system, the layer that controls applications and interacts with the hardware. That means independent software developers would get access to the tools they need to build additional phone features." 
On retrouve ici cette même volonté stratégique d'ouvrir le code source applicatif pour tirer le meilleur parti de cette extraordinaire "entreprise" (au sens propre et au sens figuré) collective du net. Une ambition et une vision stratégique qui permet à Google de mettre en place chaque jour davantage de standards ou de "cadres applicatifs" contrôlant des secteurs entiers du net. Il y aura donc bien un WebOS. Et il y a fort à parier que celui-ci, pendant quelques années au moins, se trouvera en situation de monopole, comme le fût celui (Windows) d'une autre firme (Microsoft), qui avait choisi une stratégie tout autre (surtout ne pas ouvrir le code), et qui passa ces dernières années la plupart de son temps à tenter de corriger les attaques en règles dont ledit code fût victime, non pas d'ailleurs dans un unique souci de "piratage" ou de "saccage"  mais pour montrer aux développeurs leaders (ceux de microsoft) que d'autres (les "hackers") détenaient eux aussi, la puissance du code, et que le leur pouvait sinon rivaliser, à tout le moins sérieusement mettre à mal celui de Windows. En affirmant pas à pas sa stratégie d'ouverture, le monopole que Google est en train de bâtir à d'ores et déjà la certitude qu'il ne pâtira pas de ce scénario de l'empêchement et de l'éternel-correctif-arrivant-avec-toujours-un-temps-de-retard-sur-les-failles-repérées.

Attention cependant à ne pas sombrer dans un angélisme candide : Google n'est pas Linux, et la dite ouverture ne doit pas occulter l'opacité de ce qui l'a ensuite permise : celle du l'algorithme du moteur, le coeur de sa technologie. Elle ne doit pas non plus faire oublier que Google est le premier bénéficiaire de cette stratégie (ce qui est certes la moindre des choses), mais que la logique de conservation et de profilage qui structure le centralisme de la collecte de l'ensemble de ces applications et de ces usages, cette logique reste, elle, propriétaire et propriété d'un complexe industriel basé en Californie, et baptisé le GooglePlex.

<Update du lendemain soir> Idée trouvée sur cet excellent blog, et selon laquelle : "Ce qui est en train de se produire c'est que Google devient rapidement l'entité globalement reconnue en charge de définir l'évolution du web : dit autrement, Google prend rapidement la place du W3C qui est, selon Wikipedia, “the main international standards organization for the World Wide Web (abbreviated WWW or W3).”  A méditer ...</Update>

(Sources : sous les liens :-)

Internet de demain

Le journal du net a demandé a plein de personnalités de répondre à la question : "Où va Internet ?"

  • Selon Mats Carduner (Google France) : portable, portable, portable. "Déporter les applications Google vers les téléphones mobiles". "Le prochain milliard d'internaute accédera à Internet par son téléphone"sera d'abord équipé de mobiles." Disant cela il pense notamment aux marchés émergents.
  • Eric Boustouller (Microsoft France) : "Passage d'un internet serveur/machine/infrastructure à un internet centré sur les individus".
  • Valérie Pécresse (ministre de la recherche des télécoms) : "Internet dans tous les foyers dans 5 ans". La loi du tuyau.
  • Didier Lombard (France Télécom) : "Les gens sont passés du statut d'extrémité du téléphone au statut de noeud d'un réseau." Les gens sont des noeuds. La question est donc selon lui d'établir "la valeur du noeud d'un réseau". Demain, France Télécom vendra donc des gens.
  • Charles Beigdeder (frère de l'autre) : "L'internet on-demand". Le règne de Netvibes sur la planète. Personnalisation, personnalisation, personnalisation.
  • Yves de Talhouet (HP France) : "gérer le temps réel". En temps réel. "Le Tempo d'internet est celui de l'immédiateté".

Internet Actu fait peau neuve ?

C'est par là.

To tag or not to tag

La question des folksonomies (indexation "sociale") se pose dans différents champs avec de plus en plus d'acuité, et on observe une adoption lente mais certaine de ce mode d'indexation dans des secteurs très variés (de la presse à l'édition scientifique en passant par les bases de données, les catalogues de bibliothèque, et naturellement les sites dont le contenu est "généré" par les utilisateurs). Petite revue de web sur ces questions :

  • Heckner, Markus and Mühlbacher, Susanne and Wolff, Christian : Tagging tagging. Analysing user keywords in scientific bibliography management systems. (.pdf) Cet article repose deux questions essentielles : est-il possible de dégager des phénomènes de régularité ("patterns") dans cette indexation sociale, et y-a-t-il ou non convergence entre une indexation libre (tags) et une indexation contrôlée ? L'article apporte quelques confirmations en comparant la manière dont des usagers et des auteurs "tagguent" des articles scientifiques : les usagers utilisent des mots-clés plus génériques que les auteurs, et ni les uns (auteurs) ni les autres (usagers) n'aiment les verbes et les adverbes dans le processus d'étiquettage, leur préférant les adjectifs et les acronymes.
  • du côté de la presse cette fois, on assiste à un très intéressant phénomène d'éditorialisation des tags. Ainsi le journal The Guardian lancait récemment une offre d'emploi visant à recruter un "tag editor" avec le profil de poste suivant : "Guardian Unlimited requires a keyword manager to look after the labelling of our content online to ensure that it is consistent with the needs of the reader and the editorial values of the Guardian and Observer. The role requires attention to the demands both of a considerable content archive and of a fast-moving news operation, and involves work across media; from text to cartoons, video to podcasts. It would suit either a journalist with a particular interest in archiving, or someone with a background in information science who possesses a keen editorial sense." Il est particulièrement significatif de voir qu'ainsi, tout en reconnaissant la valeur ajoutée de cette libre labellisation de l'information par les usagers, des journaux se tournent vers un modèle hybride permettant de concilier cette richesse avec les ajustements nécessaires pour rédure le bruit inhérent à l'indéniable valeur ajoutée des tags.
  • et puis dans la même perspective, un nouveau système de tas automatiques, évolutifs, baptisé "tags temporels". L'idée est d'attribuer des tags à des images, et de faire évoluer automatiquement,  tous les mois, lesdits tags, en prenant notamment en compte les mots-clés déposés par les usagers pour accéder aux images ainsi étiquettées dans des services comme FlickR. Pour plus d'informations, voir l'article de l'Atelier.

Ces différentes informations laissent raisonnablement espérer, à terme plus ou moins long, une convergence des systèmes d'indexation libre, "corrigés" selon un processus éditorial classique ou de manière plus automatisée.

Cognition sociale augmentée et blogging scientifique

"De quelle manière les groupes sociaux collectent-t-ils et construisent-ils du sens à partir de l'information ?  Comment pouvons-nous tenter de comprendre scientifiquement de tels processus et faire de cette compréhension un outil méthodologique permettant de batir l'ingénierie du web social ?"
Cette question est celle posée sur le blog "Augmented social cognition" (cognition sociale augmentée), un groupe de recherche appartenant au mythique PARC (Palo Alto Research Parc). Sur ce blog, vous trouverez des billets qui proposent de nouveaux outils, d'autres qui font état des connaissances ou des travaux de recherche en la matière.
Il est aujourd'hui tout à fait clair que ce chantier, celui d'une cognition sociale augmentée (ce que Pierre Lévy en son temps baptisait du terme évocateur d'Hypercortex), est celui qui permettra d'analyser de la manière la plus juste le "phénomène" des réseaux sociaux (genre Facebook) et des sites à vocation collaborative (genre Wikipedia), mais aussi plus globalement l'interconnexion complexe des discours qui se manifeste à l'échelle de la planète connectée et les formes d'organisation ou de désorganisation que celle-ci emprunte. Pour ces raisons, et pour la qualité des billets proposés, le blog "Augmented social cognition" est un incontournable (qui, spécial dédicace, devrait beaucoup plaire à Manuel et à son équipe).
Le dernier billet en date relate les résultats de travaux scientifiques d'une anthropologue qui s'est intéressée à la manière dont les scientifiques recherchaient l'information pour s'en faire ensuite les médiateurs. Ces travaux révèlent que :

  • les chercheurs se comportent comme des courtiers en information ("information brokers")
  • qu'ils contribuent à leur champ principal ("core field") mais maintiennent surtout des connections vers des champs périphériques
  • qu'ils se comportent également comme des courtiers d'information pour ces champs périphériques
  • que leur veille sur ces champs périphériques est le plus généralement menée en solitaire
  • qu'à l'inverse leur veille sur leur champ principal de recherche se fait de manière "sociale" (via des collègues, des colloques, des pré-publications).

Au-delà de l'intérêt de ces résultats pour le sujet du blog en question (cognition sociale augmentée), ceci me semble être assez caractéristique de l'activité de blogging scientifique/académique (en tout cas elle colle pile-poil à ma pratique).

Google Dance avec les loups

Si vous êtes : bloggueur, monomaniaque, egocentré et attentif à votre réputation, la nouvelle n'a pas pu vous échapper : la nouvelle Google Dance (= remise à jour de l'index du moteur) est en marche. Et les victimes se comptent par milliers, Google ayant apparemment décidé d'expagerankiser (l'expagerankisation est la version moderne de l'excommunication) nombre de sites faisant commerce de liens. Il est donc des Pageranks qui fondent comme neige au soleil. Et chacun de se glorifier ou de se lamenter à la vue du frémissement de son Pagerank, comme autant d'animateurs/producteurs de télé-réalité entrant dans le bureau du responsable de la chaîne pour voir procéder à la lecture des chiffres de l'oracle Médiamétrie. Or donc ?
J'y viens. Etant moi-même bloggueur (et peut-être le reste aussi) et affectionnant d'un point de vue purement scientifique (ne riez pas, insolents) les subtiles variations du Pagerank, j'observe que d'un Pagerank de 6, Affordance.info est passé à un PageRank de 5. Donc j'ai perdu un point. Bouhouhouhouhou. Mais les choses sont en fait plus compliquées que cela, ce qui va me permettre (c'était le but initial de ce billet) d'adresser une demande à l'intelligence collective des lecteurs de ce blog (et tout particulièrement des geeks) : Affordance c'est en fait un seul site mais trois adresses.

  1. Affordance.info : le nom de domaine que j'ai acheté et sur lequel j'ai simplement mis en place un redirection. Pas de souci.
  2. affordance.typepad.com : l'adresse du blog, hébergé chez Typepad.
  3. affordance.typepad.com/mon_weblog : l'adresse du blog, toujours hébergé chez typepad, mais j'avais du me gauffrer en remplissant le formulaire, et donc cette autre adresse est inutile.

Affordance.typepad.com jouissait jusqu'à présent d'une renommée galactique d'un Pagerank de 6, et a donc perdu un point.
Affordance.typepad.com/mon_weblog jouissait jusqu'à présent d'un Pagerank de 5, lequel est conservé.
En ce qui me concerne, le passage à un PageRank de 5 semble donc relever d'une réelle logique algorithmique, quoi que ... le nombre de liens pointant vers chacune de ces deux adresses est loin d'être le même.  D'où ma question aux geeks : est-il possible (et si oui comment ?) de supprimer d'une manière ou d'une autre cette deuxième adresse parasite (affordance.typepad.com/mon_weblog), en la refaisant pointer vers l'adresse naturelle (affordance.typepad.com) mais naturellement SANS "briser" les liens pointant vers elle.  Allez, à vos commentaires éclairés qui me consoleront de cette baisse injuste infondée scandaleuse appel à l'émeute brûlons google eli eli lamma sabachtani ;-)

(Pour les aspirants monomaniaques, le site à ne pas rater pour observer battre votre pagerank - ou celui du voisin - est ici)

Outillage wikipédien (encore)

Après ...

Voici venu ... le traceur d'autorité, baptisé Wikidashboard. L'idée est simple, il s'agit comme le rappelle l'article de l'Atelier, "de permettre aux utilisateurs d'établir le lien entre les diverses publications contenues sur le site et leurs auteurs." Pour chaque article de l'encyclopédie (dans sa version anglophone), vous pouvez ainsi obtenir :

  • la liste des contributeurs,
  • le pourcentage de leurs modifications par rapport à l'ensemble,
  • une frise chronologique permettant de repérer à quelles périodes l'article a été le plus ou le moins "édité",
  • et quelques autres choses encore ...

Une option "préférences" permet de paramétrer le wikidashboard et de récupérer, par exemple, les modifications de la dernière année uniquement ou bien en remontant jusqu'au 1er Janvier 2004.
L'ensemble des informations qui alimentent le wikidashboard sont, depuis le début du projet wikipédia, visibles au travers des pages "discussion" et "historique", mais il est délicat d'en extraire une vue synoptique propre à l'analyse ou à l'exercice d'un regard critique. C'est bien là tout l'intérêt de wikidashboard.
Un guide d'utilisation du wikidashboard est disponible ici. Et pour le tester c'est par là.
Inexorablement, en se dotant progressivement d'un appareillage cognitif complet, Wikipedia semble faire avec intelligence son examen de conscience. Bien consciente des critiques qui lui sont adressées et qui portent essentiellement sur la fiabilité des informations délivrées, cet appareillage permet donc de tenir compte de ces critiques, tout en préservant la nature propre du projet wikipédien. Car la pire chose qu'il puisse arriver à Wikipedia (de mon point de vue) est de ressembler à une encyclopédie classique. Elle y perdrait sa nature : celle d'un palimpseste technologique à la démesure de la Babel mythologique. Cette dimension palimpsestique qui en fait à la fois :

  • un outil pratique et à bien des égards remarquable,
  • un objet d'étude passionnant,
  • et une utopie observable.

(Nota Bene : oui, je sais Alithia, vous avez un blog, vous êtes soi-disant professeur de philosophie, vous n'aimez pas du tout wikipedia, et vous devez avoir beaucoup de temps libre pour déposer systématiquement des commentaires rageurs et vindicatifs - et toujours argumentés de la même manière - sur tous les blogs de france et de navarre qui ont l'impudence de publier un billet sur wikipedia. Merci donc de bien vouloir, pour une fois, vous en dispenser.)

Voyeurisme social : back to basics.

(allez un billet court, ça nous changera).
On savait que les moteurs de recherche se comportaient comme de curieux facteurs numériques, laissant des programmes informatiques déchiffrer nos couriers intimes pour mieux nos afficher de la publicité ciblée. Avec Facebook, tout est plus simple, tout est plus "social", tout est plus "décomplexé". Ce sont de vrai gens qui s'en chargent : les employés de Facebook regardent quels profils vous consultez, et quelles informations vous échangez. Mais grâce à Facebook vous pourrez aussi savoir si Steve Ballmer de chez Microsoft est plutôt slip ou caleçon. "Hapy face" comme disait Mya.
Si tout cela n'était pas prévisible, tout cela serait navrant ;-)

Réseaux sociaux, sphère privée et dérives documentaires : logiques oxymoriques ?

A lire la politique de confidentialité, ou plus exactement la charte d'utilisation de Facebook (merci à Jean-Marie Le Ray pour la traduction), on comprend aisément l'inquiétude qui agite certains milieux. Le notion même de "sphère privée" (privauté) est lentement mais surement en train de voler en éclat, avec l'assentiment des utilisateurs eux-mêmes, lesquels utilisateurs n'y voient que le gain (réel) de service qui leur est apporté dans une perspective à court terme, pour ne pas dire instantannée. Permettez que je cite ici un passage assez long de la traduction proposée par Jean-Marie :

  • "En transférant votre Contenu utilisateur où que ce soit sur le site, automatiquement vous accordez, déclarez et garantissez que vous avez le droit d'accorder à la Société une licence - irrévocable, perpétuelle, non exclusive, transférable, libre de droits, mondiale (assortie du droit de sous-licencier) - d'utiliser, de copier, d'exécuter et d'afficher publiquement, de reformater, de traduire, d'extraire (en tout ou en partie) et de distribuer ce Contenu utilisateur à quelque fin que ce soit, en relation avec le site ou avec sa promotion, ainsi que de mettre au point des produits dérivés et d'incorporer tel Contenu dans d'autres produits, de même que vous accordez et autorisez l'exploitation de sous-licences sur lesdits produits. À tout moment, vous pouvez retirer votre Contenu utilisateur du site. Si vous choisissez de le faire, la licence accordée ci-dessus s'éteindra automatiquement, même si vous reconnaissez que la Société peut archiver et conserver des copies de votre Contenu utilisateur."

C'est limpide, et cela a le mérite d'être écrit (même si l'on sait par ailleurs qu'aucun utilisateur ne lit les politiques de confidentialité d'un service avant d'y adhérer). Par ailleurs, et au-delà même de la simple confidentialité, notion qui peut apparaître incompatible avec des services construits sur le principe même d'une visibilité publique ou semi-publique (ou semi-privée, ce qui est la même chose), Facebook fait le pari d'une dérive des continents poussée à son paroxysme. Je m'explique. J'ai déjà eu l'occasion de décrire de quelle manière les sphères informationnelles publiques, privées et intimes étaient amenées à converger inexorablement, entrant toutes dans une même zone d'indexabilité industrielle (Alain Giffard parle justement d'une "industrialisation de l'intime", et j'insiste de mon côté sur le caractère indexable de l'ensemble de ces informations et de leurs recoupements, construisant ainsi ce que John Battelle appelle de son côté une "base de donnée des intentions"). La finalité de tout cela, c'est naturellement la monétisation indistincte de l'ensemble de ces sphères. Et dans le collimateur, nous retrouvons les maîtres de l'indexation "industrielle", j'ai nommé les moteurs de recherche. La réunification inexorable des différentes plaques de cette tectonique documentaire planétaire reste cependant un milieu semi-ouvert. Ouvert puisque les points d'alimentation sont nombreux, réticulaires et diversement organisés (ou désorganisés). Semi-ouvert, car la majorité des services permettant de mettre en ligne des contenus passent là encore inexorablement aux mains d'un très petit nombre de sociétés (Google possède Blogger, Picasa, Youtube ... Yahoo possède FlickR, Del.icio.us ... etc.)
Or Facebook propose via ses nombreuses applications, d'importer dans un espace clôt (celui de sa plateforme), des pans entiers de ces sphères publiques, privées et intimes. Côté sphère publique par exemple, il est possible d'afficher les résultats de GoogleNews "dans" Facebook ou d'y écouter sa musique préférée. Côté sphère intime, il est également possible d'y importer le contenu de "son" ou de "ses" blogs. Côté sphère privée enfin, il est possible d'y échanger divers documents de travail avec ses collègues, éventuellement en utilisant divers outils collaboratifs (wikis) là encore "in situ". Si l'on croise cela avec :

  • d'une part l'extraordinaire croissance du nombre d'utilisateurs du service
  • et d'autre part avec la charte d'utilisation reproduite ci-dessus

cela veut tout simplement dire que Facebook vient de réaliser avec notre consentement un véritable hold-up informationnel planétaire, en s'arrogeant de facto "une licence - irrévocable, perpétuelle, non exclusive, transférable, libre de droits, mondiale (assortie du droit de sous-licencier) - d'utiliser, de copier, d'exécuter et d'afficher publiquement, de reformater, de traduire, d'extraire (en tout ou en partie) et de distribuer ce Contenu utilisateur à quelque fin que ce soit", et ce sur l'ensemble des contenus de nos sphères publiques, privées et intimes. Et que nous aurons beau retirer effectivement ces contenus du site, nous aurons tout de même reconnu "que la Société peut archiver et conserver des copies de votre Contenu utilisateur." Ita est. Si, à ce stade de ce billet, je souhaitais créer une polémique, j'affirmerais que la pratique de Facebook est de nature concentrationnaire. Gentille, anodine, sympathique, conviviale, "à la mode", mais concentrationnaire. Et en tout cas parfaitement antithétique aux grands principes fondateurs de l'hypertexte en général et d'Internet en particulier tels que rappelés par Pierre Lévy :

  1. "métamorphose (« le réseau hypertextuel est sans cesse en construction et en renégociation. »)
  2. hétérogénéité
  3. multiplicité, emboîtement des échelles (« l’hypertexte s’organise sur un mode « fractal », c’est-à-dire que n’importe quel nœud ou n’importe quel lien, à l’analyse, peut lui-même se révéler composé de tout un réseau (…) »)
  4. extériorité (« Le réseau ne possède pas d’unité organique, ni de moteur interne. Sa croissance, et sa diminution, sa composition et sa recomposition permanente dépendent d’un extérieur indéterminé. »)
  5. topologie (« Dans les hypertextes, tout fonctionne à la proximité, au voisinage. Le cours des phénomènes y est affaire de topologie, de chemins. (…) Le réseau n’est pas dans l’espace, il est l’espace. »)
  6. mobilité des centres (« Le réseau n’a pas de centre, ou plutôt, il possède en permanence plusieurs centres. »)

Métamorphose ?
La seule renégociation en cours dans Facebook est au mieux celle d'une anamorphose sociale. Anamorphose : "déformation réversible d'une image à l'aide d'un système optique - tel un miroir courbe - ou un procédé mathématique." Le miroir déformant c'est celui de l'abolition de nos filtres relationnels dans les relations sociales. Le procédé mathématique c'est la tentative de modélisation idéelle d'un hypothétique graphe social planétaire. Là où la publication numérique avait en son temps aboli nombre de filtres éditoriaux pour donner sa pleine mesure, avant de revenir vers des modèles plus hybrides, la sociabilité numérique conquiert à son tour son espace, et s'affranchit à son tour des filtres sociaux de la vie réelle.  Avant de mieux les y réintroduire sous une forme hybride ou décalée ?
Multiplicité ?
En lieu et place d'une organisation fractale, Facebook laisse voir un empilement de strates relationnelles, auxquelles sont parfois associées des objets, ou des messages. Mais rien qui ne permette d'éclairer les unes (strates relationnelles) à l'aide des autres (objets, messages, processus ...), rien qui ne permette (pour l'instant) d'analyser les premières à la lumière des secondes.
Extériorité ?
Il ne saurait en être question. Facebook est, il le dit et le revendique, un système clôt. Son mode opératoire c'est la fermeture. Il me semble que l'on ne construit pas de réseau avec Facebook mais que tout au contraire on déconstruit (parfois de manière ludique voire jubilatoire) le processus même de notre sociabilité habituelle. Tout le monde peut-être en relation avec tout le monde. Le graphe social est pour ainsi dire "à plat". Sans réel relief. Ce relief que seule peut conférer l'extériorité. La "recomposition permanente" du graphe social n'y dépend que d'un intérieur déterministe. Et l'ouverture "organique" en direction des indexeurs industriels (les moteurs de recherche donc) est là encore à sens unique. Ils viennent y puiser ce qui les intéresse. "L'aspiration" (des données) remplace le mouvement de l'extériorité.
Mobilité des centres ? Clairement non. Facebook est un graphe social. Orienté. Centré. Centré sur lui-même, avec comme principal moteur sa formidable force d'inertie.

Et alors ??!
Alors quand les moteurs de recherche collectent à pleine main et tirent à vue algorithmique sur l'ensemble des informations relevant de nos sphères publiques, privées et intimes, ils ne nous enferment pas pour autant. S'ils nous désignent la ou les portes vers laquelle ils aimeraient nous amener, le lien, le site, la page vers laquelle cliquer, c'est en dernier lieu à notre libre arbitre qu'appartient le clic final. Illusion de liberté diront certains. Mais liberté tout de même. Avec Facebook et la charte d'utilisation qu'il met en place, non content de confisquer des contenus, c'est une logique tout aussi implacable mais radicalement différente qui se met en place. La manière de gérer ce qui relève de notre vie privée et ce qui n'en relève pas ne sera plus jamais pareille. Il faut pour bien comprendre cela faire un détour par le billet éclairant de Nicolas Morin :

  • "Chris Hoofnagle montre clairement qu’il y a deux traditions en terme de confidentialité des données : une tradition européenne qui remonte aux années 1970 et se poursuit jusqu’à aujourd’hui, qui met l’accent sur le contrôle personnel de l’information et une tradition des pays d’Asie, plus récente, qui met l’accent sur les dommages: la divulgation d’information ne doit pas vous causer de tort."

Et de souligner que c'est très clairement la seconde (la plus porteuse de risques) qui est en train de se généraliser. AInsi donc on ne dit plus "Ceci est public, ceci est privé, et la frontière est là" mais on dit "Tout est public tant que nous jugeons que cela ne vous cause pas de tort". En fait, tant qu'il n'y a pas de "dommages", la question même de la privauté ne se pose pas, ou ne vaut en tout cas pas le coup d'être posée selon cette doxa d'un nouveau genre, et pour le moins "para-doxale". La logique qui conditionne ce changement d'orientation est la mise en oeuvre d'une gestion procédurale de la privauté, au détriment d'une gestion jusqu'ici déclarative. On ne "dit plus", on n'explicite plus (gestion déclarative), on indique que c'est la mécanique propre du système qui décidera, "à l'usage" (c'est à dire selon l'enchaînement, le flux des clics) si la dimension d'une nécessaire privauté doit ou non être prise en compte. Or les sites de réseaux sociaux (Facebook particulièrement) ou même de moteurs de recherche ou plus généralement de services en ligne ne sont pas les seuls à blâmer. En effet si l'on ne dit plus "Ceci est public, ceci est privé", c'est parce qu'on ne peut l-i-t-t-é-r-a-l-e-m-e-n-t plus le dire. La raison ? Le "principe de mobilité des centres" cité plus haut. Dans la vie courante, non-numérique, toutes nos actions, tous nos discours, tous nos échanges, toutes nos relations sociales sont "situées", c'est à dire qu'ils sont de manière immédiate ou différée tous recontextualisables, et que cette recontextualisation permet - par exemple - de déterminer la dimension (publique ou privée) qui, au final, l'emportera sur l'autre. Dans ce nouveau système procédural de gestion de nos individualités numériques, c'est comme si un deus "in" machina, une puissance calculatoire supérieure, devenait seule responsable de la contextualisation de nos actions, de nos échanges, leur imposant un déterminisme rétroactif passablement inquiétant. D'autant plus inquiétant à la lumière des conclusions du dernier et remarquable rapport de l'OCLC "Sharing, Privacy and Trust in our Networked World" (.pdf), qui est une enquête ciblée sur les pratiques en ligne du grand public dans six pays (France, Allemagne, Canada, Royaume-Uni, Japon, Etats-Unis) afin de mieux connaitre les valeurs et habitudes auxquels nos bibliothèques doivent répondre. S'il est impossible de résumer ce rapport <Update>un blog permettant de discuter et de prolonger le rapport vient d'être ouvert</Update>, il est un passage qui se rattache directement à l'objet de ce billet et qui m'a, je l'avoue, laissé sans voix : des 6 pays cocnernés par l'étude, la France est celui qui affiche le plus fort taux de confiance dans la manière dont est géré la vie privée sur Internet. Plus précisément, 78 % des français estiment que la vie privée est au moins autant préservée sur Internet qu'elle l'était il y a deux ans de cela, et même qu'elle l'est davantage (préservée). Ce moment d'aphonie passé, ce seul chiffre (ainsi que d'autres facteurs) permet d'éclairer l'engouement très français dont bénéficient les réseaux sociaux, et également le fait qu'à la différence de nos voisins anglo-saxons, un seul, même, et unique moteur de recherche est à l'origine de plus de 80% du traffic internet en France. Pour nos compatriotes donc, "Y'a pas de souci", "Y'a pas de problème", et "Tout va plutôt en s'améliorant, merci". Dont acte. Mais il va falloir sérieusement repenser les politiques de formation et d'accompagnement à ces outils si l'on ne veut pas se retrouver le nez dans le mur très rapidement (peut-être en rebrachant l'école ;-) ?)

Alors pour résumer ce billet un peu long, je dirai que ce que permet de mettre en exergue la gestion des identités numériques et des relations sociales afférentes, telle qu'elle se donne à lire dans Facebook, c'est la question de la problématique documentaire : car c'est bien de cela qu'il s'agit : savoir ce qui "fait" document, à partir de quand, dans quel contexte et sous quelles conditions. Cette problématique documentaire se décline donc aujourd'hui sous 3 axes :

  • le premier, syntagmatique, horizontal, est celui de l'interpénétration et de l'indexabilité nouvelle des sphères publiques, privées et intimes (dérive des continents documentaires donc)
  • le second, paradigmatique, vertical est celui de la mise en abyme que proposent, via un empilement de services et de fonctions - y compris sociales - les moteurs et autres réseaux dits "verticaux".
  • le troisième, transverse, est celui de la quête d'une synchronicité nouvelle : là où jusqu'à présent, la dynamique propre au rapprochement des continents documentaires tenait essentiellement au passage "en-ligne" de la plupart de nos habitus numériques "hors-ligne" (agendas, documents partagés, etc.), l'industrialisation de l'indexation ne sera complète et réalisée qu'à partir du moment ou il sera enfin possible d'établir un continuum stable entre nos documents et nos comportements en ligne et nos documents et comportements hors-ligne : c'est précisément ce que propose Google avec son service Google Gears, qui fonctionne déjà sur Gmail, GoogleReader et GoogleCalendar, et fonctionnera bientôt sur l'ensemble des services de la firme.

La problématique documentaire doit aujourd'hui être posée dans cet espace tridimensionnel. Une problématique synchrone, unifiée, transparente. Une problématique dans laquelle tout est indexable, même l'individu. Dans laquelle tout s'agrège, dans laquelle tout fait collection (y compris les individualités humaines). Une problématique pour laquelle il faudra voir si elle s'inscrit dans les chemins tout tracés de l'hypertexte, du réseau, du rhizome, ou si elle se tourne, sous l'impulsion pesante de quelques marchands que vient faciliter l'intertie de nos habitudes, vers des logiques différentes de celles auxquelles elle semblait initialement promise.
Une problématique enfin, qui appelle toute notre vigilance. La dichotomie "connecté" / "non-connecté" n'aura, dès demain, tout simplement plus lieu d'être. Tout est, tout sera en permanence indexé, mémorisé, stocké. Ce nouveau continent-continuum numérique sera d'abord le reflet de cette rémanence des flux qu'imprègent de manière de plus en plus indélébile nos sociabilités numériques, nos documentations électroniques, ou si l'on préfère, l'ensemble des documentations numériques attachées à nos sociabilités virtuelles.

Polémique (victor)

Dans la série des vidéos virales et viralement polémiques, l'une des dernières en date est celle de l'intervention d'Alain Finkielkraut lors de l'émission Ripostes, intervention visionnable ici, et dans laquelle il est question de "débrancher l'école". Et la blogosphère dans son panurgisme le plus pénible de crier à l'unisson (ou presque), "vilain méchant honni soit Finkielkraut", et de dresser déjà les bûchers d'inquisition sur les cendres encore tièdes des dernières polémiques du bonhomme, qui ne saurait d'ailleurs en la matière être suspecté d'avarice ... Et bien, une fois n'est pas coutume, j'avoue être entièrement d'accord avec Alain Finkelkraut (mais juste pour l'extrait en question hein ? n'allez pas me faire dire ce que je n'ai pas dit). Avec une nuance (importante) tout de même : je ne croie pas du tout que l'introduction massive d'internet à l'école soit la cause de quoi que ce soit, et certainement pas des symptômes ni du constat dressé par le même Finkelkraut dans son dernier opus "La querelle de l'école" (constat avec lequel je ne suis en revanche pas du tout d'accord, pas plus que sur les moyens d'y remédier, mais c'est un autre débat). Cette introduction massive (d'internet et d'ordinateurs) n'a selon moi causé aucun problème, pas plus qu'elle n'en a aggravé d'autres, en revanche, et c'est bien là mon (seul) point d'accord avec Finkelkraut, elle ne permettra certainement pas d'en solutionner le quart du commencement d'un (problème). Alors bien sûr, tout cela mérite d'être nuancé. Je crois par exemple qu'à partir de la seconde, il n'est naturellement pas aberrant de commencer à permettre aux élèves de faire la différence entre un aspirateur et un ordinateur :-) Mais, hormis les quelques exceptions qui existeront toujours, la mise en place, dès la maternelle, d'une approche, même ludique, de l'ordinateur (et d'internet, oui je sais ce n'est pas la même chose mais j'entretiens volontairement la confusion étant donné que la même confusion se perpétue dans l'approche de l'outil et du média telle qu'elle est généralement délivrée et mise en place dans les écoles et les collèges), la-mise-en-place-dès-la-maternelle-d'une-approche-même-ludique-de-l'ordinateur, disais-je, me paraît donc juste hors de propos, et essentiellement inutile.
De la même manière, et pour les mêmes raisons de fond, je suis également d'accord avec Jean-Michel Salaün - mais cela m'arrive plus fréquemment qu'avec le précédent, et en plus c'est moins risqué - pour temporiser le déboulement massif du wifi dans les amphis. La raison (comme l'explique Jean-Michel) est le maintien d'une forme de captation de l'attention, captation rendue de plus en plus délicate l'arrivée dudit wifi dans lesdits amphis (que celui qui n'a jamais fait cours devant 50 étudiants et 50 capots - d'ordinateurs - ouverts, ose ici me dire le contraire).
Voilà c'était ma minute "rétrograde 2.0" ;-)
Vous pouvez troller.

De 2.0 à 1100.

Rapidement quelques ressources 2.0 :

  • en trois billets, Brian Benzinger nous propose un remarquable tour d'horizon des outils du web 2.0 à destination des étudiants et des enseignants. Le premier billet est (entre autres) consacré aux outils d'organisation, le second passe en revue les outils bureautiques, le troisième est bourré d'exemples, de scénarios d'usages, de témoignages et de réflexions. On y trouve également cette intéressante carte de l'université 2.0 (.pdf, attention, 3.5 MB) :
  • Backtoschool_school20
  • Y'a pas à dire, tout cela montre que nous avons en la matière pris un peu de retard (cf la certes louable mais pour le coup un peu 'old school', récente initative de notre ministère de créer un vrai-faux blog pour lancer un vrai-faux débat sur une vraie-fausse bonne idée, à savoir, l'université numérique). Je prends 5 minutes pour expliquer les sarcasmes contenus dans la parenthèse précédente : bien sûr qu'il faut s'interroger sur l'université numérique, mais pas comme ça ... quand on regarde un peu ce qui se passe a-c-t-u-e-l-l-e-m-e-n-t dans les facs, on s'aperçoit vite que : il y a des enseignants qui blogguent (publiquement ou "intra muros"), il y a des plateformes de blogs déployées à large échelle (cf Renée D Blogs), il y a des outils de type Moodle (et tant d'autres) déployés sur nombre de campus, et il y a longtemps que la FOAD (Formation à distance) est entrée dans les pratiques des enseignants et des apprenants et qu'elle dispose d'outils, de méthodologies et de pédagogues reconnus. J'incite donc respectueusement notre ministre à faire un peu de "veille" sur ces questions, avant que de lancer un vrai-faux blog foireux dont on peut raisonnablement supposer qu'il permettra de récolter au mieux une petite dizaine d'avis globalement inintéressants ou n'apportant en tout cas rien de plus que ce que l'on sait déjà. Ou comment perdre quelques mois en ne faisant rien tout en donnant l'impression qu'on va faire quelque chose en habillant le tout d'une vraie-fausse couche de démocratie participative. Pffffffff ...
  • Le dernier numéro de la revue Médiamorphoses est consacré au Web 2.0. Pas encore lu, mais vu les signataires, cela mérite certainement le détour. J'ignore si la revue dispose d'un service de presse, mais le cas échéant, je veux bien leur faire un billet dédié s'ils m'envoient un exemplaire ;-) Dans un autre registre, après le dernier (et très bon) numéro spécial de Courrier international consacré au web 2.0, c'est au tour du magazine Stratégies d'en remettre une couche.
  • Côté bibliothèques et 2.0, on s'organise, ça prend même petit à petit des allures de révolution ;-), et quand ça ne révolutionne pas, ça débat, comme lors des dernières rencontres Formist, notamment à propos du défi du web 2.0 pour le bibliothécaire-formateur.
  • Et puis du 17 au 19 Octobre s'est tenue en Californie, le "web 2.0 summit", avec plein plein plein de présentations et de vidéos intéressantes.
  • <Update du lendemain> Voir aussi dans la bibliothèque numérique de l'Enssib, le (très bon) dossier documentaire sur le web 2.0, réalisé par Thomas Chaimbault.</Update>

Voilà pour le web 2.0. Pour le reste et pour lever une zone d'ombre sur le titre de ce billet, vous venez précisément de lire le 1100ème billet d'Affordance, ce qui vous fait un belle jambe, et ce qui me fait un beau titre :-) Compulsif ? Qui a dit "compulsif" ?

Science et vie

J'ai été il y a quelques temps de cela interviewé par Coralie Hancok, pour le magazine science et vie. Le résultat est à lire dans le numéro de Novembre en vente actuellement.
Merci à Coralie pour avoir réussi à extraire en une page la substantifique moëlle d'une bonne heure d'entretien téléphonique.J'ai même eu droit à la visite d'un photographe et à une séance de "shooting" d'une demi-heure en plein soleil, pour que tout un chacun puisse profiter d'un gros plan sur mes lunettes et mes sourcils broussailleux :-(
Sinon, vous avez aussi un test bien fichu qui vous permettra d'évaluer votre niveau de connaissance de ces chers moteurs.

Scetvie_3  

Google books : les non-alignés

Au regard du nombre de bibliothèques sur la planète, le nombre de celles en contrat avec Google pour numériser leurs fonds est dérisoire (27 à ce jour).
Au regard de l'ampleur et de la vitesse du programme de numérisation de Google Books (qui vient de franchir la barre du million d'ouvrages), celui des bibliothèques est dérisoire à l'échelle nationale (et hélas trop peu visible et trop peu unifié à l'échelle internationale). Mais, comme le remarque justement Dominique Lahary, et comme je l'avais moi-même signalé dans un vieux billet, les initiatives, hors dudit monde des bibliothèques, sont pourtant foisonnantes.
Or cette barrière, ce front de la dérision (selon le point de vue que l'on adopte), est en train de bouger. Et c'est un article du New-York Times qui raconte le tout, selon un scenario déjà connu des lecteurs d'Affordance (ou d'autres blogs s'intéressant à la question). Les copies des livres numérisés (gratuitement) par Google et remises aux bibliothèques doivent, par contrat, rester inaccessibles à toute autre indexation externe. Facteur aggravant d'un eugénisme documentaire avoué. Il s'agit donc de se positionner. D'autant que d'autres stratégies sont possibles, notamment via l'Open Content Alliance, avec laquelle de plus en plus de bibliothèques semblent signer (dont celles du Connecticut et du Massachussets). D'autres, suivant une "troisième voie", signent avec Google ET avec l'OCA, ce qui n'est d'ailleurs pas pour déplaire à Google, loin s'en faut. La raison en est simple : les ouvrages numérisés par l'OCA sont librement accessibles et indexables par tout le monde, et donc par Google qui n'a en l'occurence pas à supporter les coûts de ces numérisations (qui n'ont donc rien de "concurrentes"). Pour autant, il semble jusqu'ici que seulement une vingtaine de bibliothèques aient signé avec l'OCA.

On peut donc se poser la question suivante : pourquoi les bibliothèques françaises, à l'image de leurs grandes ou petites soeurs anglo-saxonnes, ne signent-elles pas avec plusieurs partenaires, dont l'OCA ? Et bien parce que dans le cas de l'OCA, les coûts de la numérisation sont à la charge des bibliothèques. 30 $ par livre. Oui mais. Mais là-bas, ces coûts sont pour l'essentiel supportés non pas directement par les bibliothèques, mais par le biais de fondations privées (comme la Sloan Foundation, très généreuse sur les budgets d'aide à a numérisation) qui assument la plus grosse part du coût de numérisation incombant aux bibliothèques. Et voilà pourquoi les bibliothèques françaises en particulier et européennes en général ne peuvent que rester en situation d'observation du bouleversement en train de se produire : elles ne peuvent de fait ni compter sur l'argent de l'état, ni sur celui de fondations privées pour supporter les mêmes coûts de numérisation.

Tiens, juste une idée en passant, ne serait-il pas envisageable que la BnF se serve - avec l'accord de leurs initiateurs - des initiatives signalées ici (parmi d'autres signalées ) pour réaliser un fonds numérique qui pourrait rivaliser en masse et en intérêt avec l'avance prise par Google Books ? Non pas un site portail tel que celui déjà déployé par le ministère de la culture (et par ailleurs excellent), mais bien un réservoir de textes ... Il me semble que tout le monde y trouverait son compte, y compris celles et ceux qui sont à l'origine desdites initiatives et dont l'opiniâtreté et la constance seraient enfin sinon récompensées, tout au moins reconnues.

(Via le BBF, if:book, DigitalKoans)

Pendant ce temps, la bibliothèque du congrès et l'Unesco signent un accord pour un bibliothèque numérique mondiale (qui contiendrait des fonds particulièrement rares ou fragiles), et la BnF souffre "d'une faiblesse quasi-insurmontable : elle n'a rien à vendre."

Gallica 2 : le retour

Gallica2.bnf.fr. Toujours du mode image, mais une interface plus "cool" et "2.0".

(Via BibNum)

Ce que l'on sait (de plus) sur Facebook et les réseaux sociaux.

Beaucoup de boulot, beaucoup de retard, beaucoup de mouvements également sur le Net, et une tectonique documentaire qui bouge beaucoup ces derniers temps ... rapidement donc, on sait :

  • que Microsoft vient de gagner un point : c'est officiel depuis hier, toute la blogosphère se perdait en spéculations pour savoir qui de Microsoft ou de Google serait le premier à entrer dans le capital de Facebook, et bien c'est Microsoft. Entrée au capital de la firme de Redmond, à hauteur de 240 millions de dollars, ce qui "valorise" Facebook à hauteur de 15 milliards de dollars (vous ferez vous-même le produit en croix pour savoir à quelle hauteur du capital est entré Microsoft). Cet accord marque également un prolongement et une étendue du contrat publicitaire qui lie les 2 firmes, Microsoft assurant la régie publicitaire de Facebook. (Plus d'infos chez Francis Pisani, Jean-Marie Le Ray, John Battelle). Une entrée doublement intéressante pour Microsoft, qui va très probablement équiper Facebook de son moteur LiveSearch. Le commentaire de Serguei Brin est le suivant : "Il nous est déjà arrivé de perdre une occasion ici, une autre là... Certains de nos concurrents sont disposés à investir massivement... tandis que nous souhaitons finaliser des accords économiques viables, donc nous ne voyons pas d'intérêt à participer à ce type de transactions." (trad. de JM Le Ray). Exactement le genre de phrase que Steve Ballmer aurait pu prononcer quelques semaines plus tôt ;-) Mais il (Serguei) rappelle également que Google est le partenaire d'au moins une vingtaine de réseaux sociaux (dont le plus "gros", MySpace). A bon entendeur ...
  • que Facebook est ludique : la liste des 25 applications les plus populaires sur Facebook, donne une intéressante approximation sociologique de l'intérêt de la chose : on est d'abord sur Facebook pour jouer (scrabble, pac-man ...), beaucoup pour échanger (de l'audio, de la vidéo ...) et un peu pour travailler (organiser des conférences téléphoniques, agendas ou wikis partagés)
  • qu'il faut s'interroger en creux : très judicieuse remarque de Paul Saffo de l’Institute For The Future : "la valeur d’un réseau social n’est pas seulement définie par ceux qui sont dedans mais par ceux qui en sont exclus”. Vous en tirerez vos propres conclusions ... (Via Transnets)
  • que la pub est "in situ" : concernant le modèle économique de Facebook : voir cette page repérée et explorée par Jean-Marie, qui permet de cibler de manière étonnante le public auquel vous destinez votre publicité Facebook (sur le modèle des Flyers, qui se décline en deux offres, "flyers pro" - vous payez selon le nombre de clics reçus - et "flyers basic" - vous payez selon le nombre d'apparitions de votre flyer). Des chiffres à regarder avec toute la distance nécessaire (vu qu'il émanent directement de la plateforme et qu'ils sont présentés dans le cadre de son principal support de monétisation), mais qui n'en restent pas moins éloquents, tant sur le nombre des utilisateurs que sur les potentialités offertes par la segmentation des profils sur Facebook (selon les opinions politiques, religieuses, etc ...). C'est un peu le modèle de l'in situ, contre celui de l'in media (publicités contextuelles sur Google)
  • que le jeu social a de l'avenir : une brève réflexion sur le "jeu social" qui s'affirme chaque jour davantage au travers de sites de réseaux sociaux : il était déjà clair que la représentation du monde que nous offrent les technologies actuelles tendait à en faire un immense plateau de jeu, la multiplication des applications ludiques (et non luddistes ;-) disponibles dans Facebook (risk, tetris, pacman et les autres ...) et leur succès (cf plus haut dans ce billet les 25 applications les plus populaires), confirme la tendance à faire de la vie un jeu.
  • que l'ouverture aux moteurs se confirme, ainsi que la règle de l'opt-out : après son annuaire de profils, Facebook vient cette fois d'ouvrir son annuaire d'applications (et les profils de leurs créateurs et de tous ceux qui les commentent)
  • que Facebook est également un outil politique : il s'agit pour l'instant principalement de marketing politique, mais à l'instar de ceux des moteurs, les impacts de ce genre de plateforme sur la vie politique pourraient s'étendre de manière significative.
  • que même Martine veut y aller :

Martinefacebook

Et puis aussi,

Moteurs mobiles

Il y a déjà longtemps que je le dis et le répète (et je suis loin d'être le seul), les moteurs s'intéressent de très très très près aux terminaux mobiles (=téléphones portables et assimilés), le lancement et l'engouement autour de l'IPhone n'étant probablement pas étranger au buzz actuel sur cette thématique.
L'accès au net via nos téléphones portables est LE prochain gros marché de la recherche ou de ce que John Battelle appelle "l'industrie du search". Cet article de Technaute (repris de Silicon.fr) fait le point sur la course actuellement engagée pour implanter sur nos mobiles des navigateurs adaptés aux micro-contenus et aux usages afférents : Safari sur l'Iphone (et Nokia) mais aussi Opera et bien sûr Mozilla (Firefox pour mobiles). Voilà donc pour les Outsiders. Car en ce domaine comme en d'autres, les poids lourds Microsoft et Google sont naturellement présents sur la ligne de départ, avec pour ce dernier, un nouveau client Gmail Mobile disponible, une interface de recherche déjà opérationnelle (avec copie d'écran), bref, largement de quoi alimenter la rumeur (qui court, qui court ...) sur un éventuel GPhone.

A suivre de très près donc, d'autant que des passerelles se font déjà jour entre les applications des mobiles et les réseaux sociaux, non pas uniquement en termes de contenus ou d'usages, mais en tant que "social dashboards" (tableaux de bords sociaux) permettant de modéliser très finement l'activité sociale et les interactions langagières ou communicationnelles qu'elle suscite (voir le dernier article de Barabasi à ce sujet). Ce qui permettrait de fusionner les champs applicatifs (déjà très rentables et prometteurs) du Data Mining et du Reality Mining, donnant naissance (qui sait ?) à une nouvelle discipline : le "social mining" ??

Information R/evolution.

Si un jour on décide de créer les oscars (ou les césars) de la pédagogie numérique, il ne faudra pas oublier d'en donner un à Michael Wesh. Il était déjà l'auteur du remarquable The Machine is Us/ing us et il vient de récidiver avec une nouvelle vidéo intitulée Information R/evolution. Un peu moins percutante que la première, mais ne chipotons pas, c'est du bon, du très bon, du très très bon.
Et puis du même auteur, mais dans un autre genre, ne manquez pas non plus : "A vision of students today", où comment réinvestir l'anonymat des amphithéâtres, avec la participation de ceux qui les peuplent. Révélateur à plus d'un titre.
Le projet de Michael Wesh a propos de l'ethnographie digitale est expliqué ici ... en vidéo. Il existe aussi un site web dédié à son cours/projet/groupe de recherche, lequel site reprend toutes les vidéos de Wesh mais met également en ligne celles réalisées par ses étudiants. Et bien sûr, vous avez aussi le blog du cours/projet/groupe de recherche. C'est-y-pas beau l'enseignement 2.0 ;-) ?

(Via Brouehaha)

Inhumation de la sécurité sociale, et bien d'autres choses encore

Aujourd'hui bien sûr, on va beaucoup parler des régimes spéciaux. Et du coup, on va peut être moins parler du PLFSS : "Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale". C'est un peu compliqué, mais cela peut-être résumé ainsi :

Secudeath      

Réalisation PAO : les étudiants de l'école d'orthophonie de Lyon. Merci à eux.

Sinon, côté Rubrique à Brac, et si le PLFSS ne vos parle pas, vous avez le choix : Test ADN, Caméras de surveillance à tous les coins de rue (pour le coup, la synergie université-entreprise fonctionne bien ...), loi sur l'autonomie des universités (avec, c'est indéit, un appel signé par les 100 principaux établissement d'enseignement supérieur ...), jeu du contrat contre le concours et toutes les forfaitures associées, dénis d'humanité en tous genres ...

Tiens pour la route, et puisque c'st la journée, le cadeau des régimes spéciaux : Regspc

Alors j'ignore combien nous serons dans la rue aujourd'hui, mais je sais qu'une action d'une journée ne donnera rien, parce que, on nous l'a déjà dit, "ce n'est pas la rue qui gouverne". Je sais également que l'on n'y peut rien, parce que c'est de "révolution managériale" qu'il s'agit, je ne sais pas si vous vous rendez compte, "révolution managériale" ... en plus "Il" l'avait dit, "Il" s'était engagé, "Il" nous avait prévenu et "On" l'a élu, alors "Il" ne va pas fléchir, pas changer d'avis, pas renoncer à ses promesses, vous n'y pensez pas, et pourquoi pas Chabal en larmes au Stade de France tant qu'on y est hein ??

Enfin, parodiant Pyrame Malraux en un sanglot : le XXIème siècle sera managérial ou ne sera pas. Et comme le disait également un de mes aïeux, révolution managériale ou pas, "on n'a pas le cul sorti des ronces." Et maintenant, allez manifester en paix, ce ne sont pas les mots d'ordre (républicain) qui manquent :-(

 

A quoi ressembleront les moteurs de demain ?

C'est la bonne question que pose le JDN.
Réponses :

  • "Davantage de contenus alternatifs" (recherche universelle)
  • "Il sera possible d'obtenir une page de résultat qui ressemblera plus à une encyclopédie interactive" (selon Marissa Mayer de chez Google)
  • un virage social ? Oui mais dans la direction du web implicite : "Le social est un moyen de formuler une réponse sans que l'internaute n'ait à formuler sa requête. Une manière d'amener l'information avant qu'il ne la cherche, grâce au partage avec le groupe d'utilisateurs auquel il appartient."
  • une identification préalable à la recherche (pour faire remonter la personnalisation)

En résumé donc, demain nos moteurs seront "interactifs, encyclopédiques, universaux, implicites et socio-personnalisés". Un beau programme non ?

La grande migration ...