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« août 2007 | Accueil | octobre 2007 »

Loi d'autonomie des universités.

Faisons simple, au risque de faire caricatural, de toute façon, il est déjà trop tard.
Loi d'autonomie des universités = Massacre à la tronçonneuse.
Certes nous étions avertis, certes tout était écrit. Tiens au fait, je n'aurais donc finalement siégé qu'une seule fois en commission de spécialistes. Puisque mon université (Nantes) a décidé que "vu que la nouvelle loi allait être appliquée tôt ou tard" (au départ rappelons-le sur la base du volontariat des universités en question), et ben elle allait être parmi les premières à l'appliquer à la lettre. Et qu'on discuterait. Bien sûr. Mais ... après. Au moins, ce nouveau Président d'université là semble avoir parfaitement assimilé la méthode de l'autre (Président). C'est un courrier (électronique) de notre nouveau président qui nous l'a annoncé. Et donc pour en revenir à mon nombril, je n'aurais au final siégé qu'une fois en commission de spécialistes. Vu que d'ici le mois d'Août de cette année universitaire, lesdites commissions seront "dissoutes". Pschiiit. Fini. Rideau. C'est dommage. Parce que j'avais beau ne pas être satisfait (loin s'en fallait) du système actuel, je restais et reste convaincu qu'il n'était pas très compliqué d'en changer la forme, de proposer quelques aménagements de fond, mais en conservant la parole et le rôle des pairs.  Bon, c'est pas grave, je m'en remettrai, toute façon c'était beaucoup de boulot, beaucoup de déplacements, et ni payé ni défrayé. Y'avait des frémissements, quelques voix commençaient à s'élever, et un jour ou l'autre on y serait probablement arrivé. Et puis Pschiiiit. Le problème c'est qu'à ce rythme là, on va vraiment se réveiller dans quelques années avec une sacrée gueule de bois. Et voilà pourquoi.
Bien sûr que c'est aberrant. Bien sûr que c'est dangereux. C'est un peu comme si on décidait de remettre en question le paiement à l'acte, qui est le fondement de notre système de santé pour le remplacer par un système de forfait(ure)s. Hein ? Comment ? Ah oui, pardon, j'oubliais, ça aussi, c'était écrit.

Dans l'oeil du trackback.

Parution de l'Oeil de l'ADBS. Une publication dans laquelle j'ai, sur invitation, commis une petite bafouille pour exprimer une nouvelle fois mon intérêt pour les rétroliens (trackbacks) et déplorer que le web dans son ensemble soit actuellement (la faute essentiellement - mais pas exclusivement - au Spam) en train de passer à côté de cette fonctionnalité "révolutionnaire" au sens propre, tout au moins du point de vue de l'histoire de l'hypertexte.
Ma bafouille. Dans l'Oeil de Juillet-Août 2007

Who's afraid of Mr Google ?

Il semblerait que nous soyons de plus en plus nombreux ... Derniers en date à surfer sur la vague de la Googlephobia, cet article de The Economist, et puis surtout, Cory Doctorrow avec sa nouvelle baptisée "Scroogled" et joliment traduite en français sur le site de C&FEditions sous le titre "Engooglés". Une oeuvre "de commande" qui mérite le détour. Juste un tout petit extrait :

  • "Le Googlenettoyeur fit des merveilles. Greg pouvait s'en rendre compte en voyant toutes les publicités qui s'affichaient le long de ses recherches, des pubs clairement destinées à quelqu'un d'autre : Créationisme, Diplômes en ligne, Avenir radieux, Logiciels anti porno, Section anti-homos, des entrées soldées au concert de Toby Keith. C'était le produit du programme de Maya. Pour le programme de recherche personnalisé de Google, il était devenu quelqu'un d'autre, un conservateur, craignant Dieu, fan de country. Et cela lui allait fort bien. Puis il cliqua sur son carnet d'adresse et s'aperçut que la moitié de ses contacts manquaient. Sa boîte de courrier Gmail étaient trouée comme une souche rongée par les termites. Son profil Orkut normalisé. Son calendrier, ses photos de familles, ses signets : tout avait été vidé. Il n'avait pas réalisé jusqu'alors à quel point il avait transféré de larges parts de sa vie vers le Web, et que tout cela se retrouvaient maintenant dans les fermes de serveurs de Google - toute son identité en ligne."

et encore ...

  • "Ils savent tout de nous. Ils peuvent voir chacune de nos recherches. Chaque e-mail. Chaque fois qu'ils nous ont choppé avec leurs webcams. Qui est dans notre réseau social... Sais-tu que si tu as rentré quinze contacts dans Orkut, il est statistiquement certain que tu n'es pas à plus de trois degrés de quelqu'un qui a participé au financement d'une cause terroriste ?"

Une belle mise en abyme du "graphe social" et de ses dérives.
La nouvelle dans son entier est de belle facture, et la traduction proposée est également remarquable.
Le seul problème c'est que la "commande" passée à l'auteur était celle d'une nouvelle de science-fiction sur le thème : "le jour où Google est devenu méchant". Or il ne s'agit tout au plus que d'une oeuvre d'anticipation :-((

Moteur de séquençage : la médecine et la santé selon Google

Le séquençage désigne une "méthodologie de laboratoire permettant de déterminer l’ordre (la séquence) des quatre nucléotides le long d’un fragment d’acide nucléique".
Les moteurs de recherche, Google en tête, ont déja réalisé au sens propre, le séquençage de l'information, et ce au travers des listes de résultats qu'ils nous offrent suite à une requête, lequel ordre est conditionné au principe de pertinence (dont je répète à loisir à mes étudiants qu'il est totalement subjectif et donc inopérant dans une stricte logique documentaire).
Les moteurs de recherche, Google en tête, sont en passe de réaliser, au sens propre toujours, le séquençage de la connaissance, via la numérisation et le classement (toujours entièrement subjectif, c'est à dire non-objectivable, ou si vous préférez, soumis à la seule loi du marché - prime à l'accès) qu'ils proposent des ouvrages numérisés.
Les moteurs de recherche, Google en tête, sont en passe de réaliser le séquençage du graphe social de l'humanité connectée (voir mon billet et ceux de Jean-Michel Salaun et d'InternetActu)
Les moteurs de recherche, Google en tête, s'intéressent depuis déjà longtemps au séquençage du génome. La puissance de calcul de ces formidables machines et leur infrastructure technique titanesque, couplées au domaine de la génomique, sont assurément un "créneau porteur" (il faut également ajouter à ce tableau la baisse des coûts du séquençage)
Le séquençage et les silos de nature matricielle les autorisant, sont de plus en plus le support de fantasmes orwelliens dont une rapide analyse apaisée indique qu'ils ne sont nécessairement plus de simples fantasmes mais bien au contraire, des horizons chaque jour plus probables de développement.
Avec la centralisation et la maîtrise de plus en plus de données personnelles d'une part, avec d'autre part, la logique de dérive des continents documentaires rassemblant en une entité unique et indexable
des données relavant des sphères publiques, privées et intimes, il reste un domaine encore relativement vierge en termes d'application, mais qui a de fortes chances de ne plus le rester très longtemps : c'est celui de la santé, et plus précisément, celui de la maîtrise des données individuelles de santé à des fins d'auto-diagnostic. En ce domaine, Google dispose sur l'échiquier de plusieurs coups d'avance.
D'abord il y a les nombreuses tribunes et prises de position d'Adam Bosworth déjà rappelées dans ce billet (que je reproduis ici pour un meilleur confort de lecture) :

  • "Adam Bosworth, vice-président de la firme reprend sur un billet du blog officiel de Google le texte d'une conférence (.pdf) donnée concernant la politique de santé selon Google, billet et conférence au titre évocateur : "Mettre la santé entre les mains du patient." (sic ...). Avec pour cela 3 objectifs : que les patients soient capables de "découvrir" le maximum d'informations possibles sur leurs symptômes (1), qu'ils puissent "agir" pour bénéficier d'un accès direct à des services pouvant les aider (2) et qu'ils puissent faire communauté (3) pour apprendre et transmettre aux autres leur propre expérience (et l'on suppose donc, leurs propres traitements). Quelques mois plus tôt, cet autre billet du même Adam Bosworth avait  en quelque sorte préparé le terrain : "Comment savoir si vous êtes bien soignés ?"."

Ensuite il y a le rachat de moteurs spécialisés dans le domaine.
Il y a également le fait que la santé "personnelle" est devenue, pour ces grandes firmes, un produit de consommation de masse, et que l'idée de conserver un historique de vos recherches liées à des mots-clés  médicaux et de le coupler à la collecte d'informations relevant du cadre d'un dossier médical personnel, cette idée fait clairement son chemin. L'un des nombreux blogs officiel de Google est d'ailleurs intitulé : Google Health Advertising Blog. Un titre tristement programmatique :-( C'est d'ailleurs sur ce même blog que l'on a pu lire une attaque en règle du dernier opus de Mickael Moore, Sicko, dénonçant les dérives du système de santé américain et pointant, entre autre, les risques liés à l'entrée des moteurs de recherche et d'une centralisation marchandisée sur le secteur de la médecine personnelle.
Dès le mois de Juillet 2007, Danny Sullivan pointait à son tour la probable mise en oeuvre d'un service de collecte d'informations médicales personnelles sur Google. Le 14 Août, Philipp Lenssen publie les captures d'écran du service. Le 11 septembre, Hubert Guillaud pose la bonne question : "Sommes-nous prêts pour l'atu-diagnostic en ligne ?"
Et puis à cette même période (Septembre 2007), Adam Bosworth, en charge du projet Google Health et l'un des top-managers de chez Google est remercié, et temporairement remplacé à ce poste par Marissa Mayer, vice-président en charge des "search products & User experience". Pas grand chose ne filtre sur les réelles raisons de ce départ. Mais il est probable que la communication péremptoire d'Adam Bosworth sur ces questions ne soit pas totalement étrangère à l'affaire.
Par ailleurs, la santé dans son ensemble ne saurait encore trop longtemps échapper aux problématiques de personnalisation et de "user generated content" du web 2.0, comme le rappelle cet article de l'Atelier.
Alors ?
Et bien alors il est clair que la mise en oeuvre et le déploiement de tels services d'auto-diagnostic est soumis à deux leviers, à deux impondérables :

  • celui des mentalités, des résistances individuelles (qui sera à mon avis rapidement levé, la mise en ligne de l'intime et le passage à un traitement industriel des données relavant de cette sphère étant au pire déjà passé dans les moeurs et au mieux perçu comme "non-problématique"), et des résistances corporatistes (médecins). Sur ce dernier point encore, et en observant quelques signaux tonitruants (la publication scientifique médicale financée par la publicité) ainsi que les pratiques courantes de formation bourrage de crâne auxquelles sont soumis les médecins de la part des lobbies pharmaceutiques qui ont depuis longtemps la main mise sur la formation desdits médecins, il est probable que les choses évolueront rapidement dans la mauvaise direction.
  • l'autre levier, c'est celui de la course à un standard d'identification pour la gestion des informations personnelles, y compris et avant tout, celle relevant du domaine médical. Or là encore, grâce à une remarquable politique de communication, Google est en passe de reprendre la main sur un domaine où il fit longtemps - et fait encore - figure de mauvais élève. S'il parvient à réunir autour d'une table, à son initiative, ses principaux concurrents et d'autres partenaires pour proposer un standard et une remise à plat des textes existants, il le fera assurément avec comme horizon sa propre logique de déploiement de services, et y gagnera non seulement un avantage stratégique inespéré mais également et tout aussi sûrement une nouvelle virginité en la matière.

Comme disait l'autre : "Nous vivons une époque épique et nous n'avons plus rien d'épique. La musique se vend comme le savon à barbe. Pour que le désespoir même se vende il ne reste qu'à en trouver la formule.
Tout est prêt : les capitaux. La publicité. La clientèle. Qui donc inventera le désespoir ?
"
Alors ???
Alors il est plus que probable que Google invente prochainement la médecine personnelle à des fins d'auto-diagnostic. Alors il est plus que probable que la médecine personnelle entra à son tour dans une phase d'industrialisation massive. Alors il est plus que probable qu'en contrôlant directement ou indirectement les deux bouts de la chaîne (publications médicales et/ou visiblité et/ou accès aux publications d'un côté, et contrôle des traitements/diagnostics/médications personnelles de l'autre), et en faisant de la marchandisation publicitaire un modèle unique d'interfaçage, de classement et d'accès à l'information, alors il est fort probable que nous connaissions des lendemains qui déchantent. Voilà ce qu'il advient quand des logiques de service à court terme (et de monétisation desdits services) se substituent à quelques nécessaires, légitimes et préliminaires considérations "éthiques" à moyen terme.

 

Happy Birthday Mr Hypertext

Mardi 2 Octobre, Ted Nelson fêtera ses 70 ans au Cube. A ne manquer sous aucun prétexte, tant les interventions publiques du Mr Hypertexte sont rares et à chaque fois particulièrement stimulantes.

<Update> Lire sur son blog, le discours d'introduction d'Alain Giffard, qui contient notamment une belle définition de la transclusion : "l'amitié entre les textes". </Update>

Sérendipité

L'ouvrage "Voyages et aventures des trois princes de Serendip" est disponible gratuitement et en intégralité sur l'excellent WikiSource. Pour d'autres déclinaisons de la sérendipité, voir par ici ;-)

Moteur visuel

J'en avais rêvé ... ils l'ont fait. oSkope est un outil de visualisation qui permet d'interroger les bases d'Amazon, FlickR, Ebay et YouTube, en reprenant la structuration desdites bases. Il propose ensuite 4 interfaces de visualisation différentes, notamment une en graphe (dans la famille "moteur à curseurs"), selon deux axes, qui en lien avec celui des 4 services interrogés disposent les informations avec en abscisse : la date (youtube, FlickR), la durée depuis laquelle l'objet est en vente (Ebay) le nombre de ventes (amazon), et en ordonnée : le ranking (Youtube, FlickR), le prix (amazon, Ebay). Je continue cependant de rêver à toutes les possibilités qu'offrirait ce genre de visualisation tournant sur les bases de Google, de quoi à mon avis, largement supplanter dans une logique d'interrogation grand public, les interfaces cartographiques d'outils comme Kartoo.
En tous les cas, oSkope est de loin l'outil de visualisation le plus intéressant depuis mon coup de foudre pour Grokker.

Cartographie subjective de la blogosphère

Le seconde version de la cartographie subjective de la blogosphère est désormais en ligne (.pdf). Voir aussi le billet en explicitant les choix. Après avoir annexé la Finlande dans la version 1, Affordance et quelques autres poids lourds (technologies du langage) n'y figurent plus (snif ...) mais le travail réalisé est toujours aussi titanesque et le rendu visuel mérite vraiment le détour. Chapeau donc.

Ce que l'on sait des réseaux sociaux (2)

(Episode 1)
On sait :

  • ... que de la même manière que Google cristallise tout un panorama de problématiques concernant l'accès à l'information, FaceBook est désormais sans conteste l'application qui cristallisera pour les mois (années ?) à venir, la problématique de la collection des individualités humaines, et les problèmes (nombreux) qu'elle soulève.
  • ... que cette problématique ("collection des individualités humaines") a désormais un nom, que cette utopie est désormais "incarnée" : il s'agit de construire le graphe social ("social graph") planétaire (voir le texte à l'origine de la propagation "virale" de cette notion). Là où le web sémantique échoue encore à formaliser une ontologie dite de premier niveau (top-level ontology), les réseaux sociaux leaders, Facebook devant les autres, se lancent dans la course pour établir au plus vite le graphe le plus complet possible de l'ensemble des individualités les composant : une modélisation plus qu'un modèle, et au sens documentaire du terme, une "collection" plus qu'une "somme".
  • ... que l'article le plus complet sur les tenants et les aboutissants de cette notion de "social graph" est à lire sur TechCrunch : on y retrouve notamment la notion "d'économie de l'attention".
  • ... que Facebook compterait à ce jour 70 millions d'utilisateurs. Là encore l'analogie avec Google est troublante : même conditionnel, même opacité dans la "masse" : celle des pages indexées pour l'un, celle des individualités connectées pour l'autre.
  • ... ce que c'est que ce fameux "social graph" : “C’est l’ensemble des relations de toutes les personnes dans le monde. Il y en a un seul et il comprend tout le monde. Personne ne le possède. Ce que nous essayons de faire c’est de le  modéliser, de représenter exactement le monde réel en en dressant la carte (to mirror the real world by mapping it out).” (Trad. de Francis Pisani) Une fois de plus, une carte à l'échelle du territoire.
  • ... que les deux géants du Net ne comptent pas laisser passer le train sans le prendre en route, chacun à leur manière.
    • Microsoft, tirant les leçons du passé, sait qu'il est en la matière déjà inutile de songer à rattraper le retard pris sur ce terrain et préfèrerait investir 300 à 500 millions de dollars pour entrer dans le capital de Facebook à hauteur de 5%, ce qui, quelques multiplications plus loin, porte la valorisation du même Facebook à .... 10 milliards de dollars. (via Techcrunch et le WSJ)
    • Google de son côté, qui ne peut tout de même pas tout avaler à coup de millions de dollars, réfléchit au lancement de son propre réseau social, ou plus exactement au passage au premier plan du réseau propriétaire dont il dispose déjà (Orkut), avec la possibilité d'en faire une application "transparente", c'est à dire autorisant le "raccordement" d'autres réseaux sociaux, avec comme intérêt de permettre aux développeurs d'API d'accéder ainsi aux données personnelles de l'ensemble des réseaux raccordés, et pour Google l'assurance de mettre la main sur ces mêmes données, en restant fidèle à sa logique d'Opt-Out. Via Techcrunch encore). En la matière, la clé est celle de la "portabilité" comme en témoignent les débats du groupe de discussion créé pour l'occasion.
  • ... que d'où que l'on se place, les chiffres sont vertigineux : 70 millions (supposés) d'utilisateurs de Facebook (cf plus haut), et plus de 100 000 réseaux sociaux différents créés grâce à la plateforme Ning de Marc Andressen.
  • ... que progressivement, les sites de diffusion de l'IST proposent de diffuser des articles directement sur Facebook au même titre que sur d'autres réseaux labellisés "scientifiques" (Conotea, CiteULike ...) Ainsi Medline propose désormais la possibilité de signaler la publication d'un article dans FaceBook. Le débat (lancé ici et ) sur l'opportunité - et l'opportunisme - de certains circuits alternatifs de diffusion de l'IST n'en est qu'à ses débuts ...
  • ... que Skyrock serait le premier réseau social de France et le deuxième d'Europe. <Update> Lire à ce sujet l'interview de Pierre Bellanger, PDG de Skyrock) </Update>

Et sur le même sujet, on pourra lire aussi :

Open (source) Business

A l'appui de l'un des derniers billets de Jean-Michel Salaün sur l'industrie du "fair-use", on consultera utilement ce document sur les modèles économiques des logiciels open sources et logiciels libres.

L'avenir des initiatives isolées.

(Reprise d'un message envoyé sur une liste de diffusion par un maître de conférences en droit d'une université du Sud de la France)
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" Restent les initiatives isolées. J'ai, par exemple, lancé il y a deux ans le blog "en direct des facultés de droit" ( http://facsdedroit.blogspirit.com ) qui devrait muter prochainement sur www.facsdedroit.fr. Il s'agit de centraliser l'information en provenance des universités (thèses, publications, colloques et conférences, prix, bourses de recherche etc.). Bilan après deux : un peut plus de 300 posts et une fréquentation non négligeable et de nombreuses consultations depuis l'étranger. De nombreux établissements (Nantes, Poitiers, Lille, Grenoble ...) jouent le jeu et me remontent des informations en me confirmant que le concept les intéresse. Le bémol tient à mon usure : j'assure la mise en ligne des informations lorsque je me suis acquité de mes autres charges universitaires c'est à dire tard le soir ou le week-end. Je profite donc de la présente liste pour poser la question : est-il normal qu'une activité aussi essentielle pour la diffusion de l'information soit laissée à l'initiative privée et que les services ministériels de l'enseignement supérieur et de la recherche ne s'en soucient pas ? Un peu dommage non ?"
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Des initiatives comme celle listée ci-dessus, il en naît de nouvelles chaque jour. Feu BiblioAcid en fût, sur le fond comme sur la forme, pour le champ des sciences de l'information, l'une des plus remarquables et des plus pionnières.
Il est 23h20, je viens de passer deux heures à préparer un cours et à corriger quelques copies. Et je me place enfin à mon établi numérique.
La question de l'usure et conséquemment celle de la pérennité d'Affordance.info s'est déjà posée, et elle se reposera nécessairement un jour, le seul "plaisir" que je trouve à cette activité de veille n'étant pas éternel. Bien sûr Affordance ne se situe pas sur le même créneau que les blogs mentionnés dans le message reproduit ci-dessus. Et bien sûr des frémissements ministériels ou en tout cas institutionnels se font sentir, tels par exemple le blog Prosper dont on aimerait ("qui aime bien châtie bien") qu'il aille au delà du simple signalement de ressources pour entrer un peu plus dans l'analyse des ressources signalées (ce qu'ils ne souhaitent pas faire, dont acte). Car je crois que c'est d'abord cela que viennent chercher les lecteurs de blogs "à vocation scientifique", des points de vue (même succincts ou ironiques ou erronés) qui déclencheront (ou non) l'envie de lire tel ou tel rapport, tel ou tel article, l'envie de s'approprier et d'entrer (ou non) dans tel ou tel débat, dans telle ou telle problématique. C'est de ce travail non pas seulement de veille mais aussi de "digest" dont la communauté scientifique a besoin, parce qu'elle a nécessairement plusieurs points d'intérêts, parce que la recherche est aujourd'hui nécessairement transversale et ce au-delà des objets disciplinaires qu'elle étudie, parce qu'elle n'a naturellement pas le temps de le faire seule.
Oui, il faudra donc rapidement poser la question de l'intérêt réel des blogs du type de celui que vous êtes en train de lire. Et décider s'il s'agit là définitivement d'heures supplémentaires à la charge de la seule initiative privée (et voir si en travaillant plus on peut vraiment gagner plus ;-), ou si leur valeur ajoutée dans le champ et le débat scientifique (au sens large) est réelle et objectivable. Et s'il faut alors réfléchir à des moyens de les y faire entrer, en toute légitimité.

Voilà peut-être en tout cas une piste à creuser pour répondre à l'appel à projet du TGE Adonis (.pdf), dans le cadre du chapitre : "Outils collaboratifs du Web 2.0 : fils de syndication, agrégateurs, blogs, wikis, et en général les nouvelles forme de coopération et de partage appliquées au domaine SHS." J'ai bien quelques idées, mais je manque de temps, la faute à une initiative privée de deux ans d'âge ;-)

Livre blanc de la gestion des noms de domaine.

L'édition 2004 était tout aussi nécessaire que remarquable, l'édition 2007 (.pdf) l'est tout autant.
Merci à Loïc Damilaville pour la mise à disposition gratuite de ce travail.

Et l'on reparle de l'OCA

O.C.A. Open Content Alliance. Un groupement de 40 "partenaires" (dont Yahoo! et l'Internet Archive), "le" projet qui prétendait (et qui prétend toujours) être le seul à pouvoir concurrencer Google Books, et ce avec une stratégie en miroir (Opt-In pour l'OCA - on demande la permission avant de numériser - contre Opt-Out pour Google Books - on numérise d'abord et on vous donne un droit de retrait si vous n'êtes pas d'accord).
Le coeur de ces deux projets, c'est celui de la masse critique à atteindre. Et le nerf de la guerre c'est un peu le même que celui qui conditionne la parution de la feuille de match avant un match de poule décisif (France-Irlande par exemple) : laisser filtrer le moins d'informations possible. Résultat : pour ce qui est de connaître le nombre d'ouvrage réellement numérisés et accessibles dans l'un ou l'autre service, on en est réduit au jeu des devinettes et des approximations. Du côté de Google, on a une visibilité claire du nombre de bibliothèques participant au projet (27), et l'on peut inférer, sur la base des contrats liant les deux parties que la masse à numériser se situe entre 15 et 30 millions d'ouvrages. Quant à la masse aujourd'hui numérisée ... mystère. Les estimations les plus répandues font état de quelques millions. Du côté de l'OCA (qui ne communique quasiment plus depuis son lancement en 2005 et dont logiquement personne ne parle donc plus, cf la page "revue de presse" de leur propre site), du côté de l'OCA donc, et hormis l'annonce datée du 20 décembre 2006 indiquant que 100 000 ouvrages étaient disponibles sur les serveurs d'Internet Archive (initiateur et acteur majeur du projet), rien de mieux à se mettre sous la dent, sauf l'évidence qu'ils disposent de moins d'ouvrages que sur Google Books. Et ce n'est pas la dernière interview de Brewster Kahle (en date du 15 Août 2007) qui nous offrira un scoop : on saura seulement que l'OCA compte actuellement 40 partenaires, dispose de centres de numérisation dans 6 villes, et numérise 12 000 ouvrages par mois soit 4 millions de pages (mais depuis quand ont-ils atteint ce rythme de croisière ? Mystère ...). Ceci étant, l'article mérite lecture car il offre d'utiles informations notamment sur le chapitre de coûts, et rappelle en la martelant une idée simple : le monopole (ou quasi-monopole, ne chipotons pas) d'une société commerciale sur la numérisation d'un bien commun (= les livres libres de droits) pose problème, et continuera de poser problème tant que ladite société n'aura pas explicité la logique d'exploitation et d'usage qu'elle mettra à terme en place sur ce service, et qu'elle n'offrira pas des garanties sur le long terme pour lesdites conditions d'exploitation. "Oui mais est-ce que ce n'est pas en demander beaucoup à une société qui fait tout de même ça gratuitement ?" Si. C'est en demander beaucoup, mais ce n'est en aucun cas en demander trop.

Archéologie digitale

Le smiley a 25 ans. J'adoooore ces émoticônes, qui permettent de réintroduire, certes basiquement, un peu de fonction émotive dans l'aridité de notre écriture numérique, même si cela se fait au détriment de la stylistique (vous imaginez Madame Bovary avec des smileys ?). Ne manquez pas l'article en racontant la génèse par le premier homme à avoir transformé des points en yeux, des moins en nez et des parenthèses en bouche, et bien sûr, le premier message électronique avec des smileys dedans :-)).
(Via Technaute)

Revue par les impairs : ou comment faute de mieux on garde les peers.

(oui je sais, faut que j'arrête avec ce genre de titre, ça nuit à mon référencement ;-)

Beaucoup de boulot, pas mal de cours, et (beaucoup) de billets en attente ... donc un peu de ménage s'impose en commençant par le revue par les pairs :

  • Tim O'Reilly relate l'opinion de Ian Mulvany (qui travaille pour la revue Nature et est également à l'origine de Connotea) lequel se livre à un intéressant parallèle entre le processus de revue par les pairs et celui de dépôt de brevets. Il développe (entre autres) l'idée que la revue par les pairs ne peut à terme que s'effondrer sous son propre poids, en prenant notamment comme argument le fait que de plus en plus de chercheurs en provenance de la chine et de l'inde, ces deux formidables viviers de compétences, vont littéralement prendre d'assaut les revues académiques. Il note également que l'on peut déjà observer les premiers signes de cet effondrement, notamment via la multiplication des indices de citation. Il note aussi que le critère du nombre et de la qualité des publications n'est plus suffisant dans le cadre de la gestion et de l'avancement des carrières. L'observation la plus intéressante de mon point de vue, est que dans certaines disciplines scientifiques (de plus en plus nombreuses), le dépôt de brevet tend à se substituer à la publication dans des revues à relecteurs, pour la simple raison qu'il est impossible de publier sur un brevet en cours de dépôt (procédure qui peut être relativement longue), et que dans l'industrie, on préfère souvent garder la poule aux oeufs d'or (le brevet) plutôt que de la voir se répandre dans l'espace public d'une revue, fût-elle de très haut rang. Et de conclure : "How can both systems utilize collective intelligence to alleviate the numerical and informational pressure that surrounds the act of review ? "
  • Un point de vue à croiser avec le dernier billet de Jean-Michel Salaün, relatant un rapport (.pdf) qui fera date et grand bruit puisqu'il montre que l'industrie du "fair use" (usage équitable), grâce aux exceptions permises au regard de la propriété intellectuelle, représente 1/6 du PIB américain. Je reprends un passage d'un extrait du rapport traduit par Jean-Michel : "L'économie américaine est de plus en plus basée sur les connaissances qui viennent de la diversité dynamique des industries qui dépendent des exceptions à la propriété intellectuelle. Grâce à la croissance de l'internet et de la révolution des technologies de l'information qui lui sont associées, l'économie des États-Unis a bénéficié de la création et de l'explosion d'industries nouvelles et d'une relance de la productivité qui a favorisé de meilleurs niveaux de vie. (..)".

Pour ceux qui chercheraient encore le lien entre ce rapport et le point de vue rapporté par Tim O'Reilly, il consiste à réflécir sur la manière permettant d'alléger la très lourde pression informationnelle et numérique (au sens de "nombre") pesant sur les revues scientifiques. La mise à disposition des textes-revus-par-les-pairs, si elle se faisait plus tôt ou dans des conditions différentes de celles actuelles, permettrait peut-être à son tour de doper cette économie de l'usage équitable, sans pour autant abandonner un usage - peut-être plus ouvert - du droit d'auteur. Le fait d'ouvrir en amont (peer-commentary) et en aval (post-peer commentary) le processus de revue par les pairs, permettrait également d'accéler la diffusion - contrôlée - des savoirs scientifiques et technologiques en levant pour les mêmes raisons, une partie de la charge qui incombe actuellement aux revues.

  • A lire également dans le dernier Edito du Journal de l'INSERM, les propos de son Directeur Général, Christian Bréchot, je cite (et souligne en gras quelques passages) : "(...) la bibliométrie, bien qu’incontournable, ne peut être le seul critère d’évaluation de la recherche biomédicale : celle-ci doit pouvoir s’adapter aux spécificités de la recherche translationelle et clinique, à condition de mettre en avant l’innovation réelle des recherches effectuées. Une activité, également innovante, d’enseignement, de valorisation – notamment avec des brevets de valeur réelle (ie associés à des contrats et licenses), l’implication du chercheur dans l’expertise, le lien avec les associations, fondations et ligue de patients et, d’une manière générale, la diffusion des connaissances à la société sont aussi des éléments à prendre en compte. Les débats sur la bibliométrie nous font courir le risque d’occulter ces aspects essentiels."

Là encore, ce même souci de "porter" les problématiques scientifiques (et médicales) sur la place publique. Trouver de nouveaux espaces, de nouveaux modèles, ouvrir ceux existants, démultiplier les canaux et les supports de diffusion. Sans pour autant complètement lâcher les rennes ou nier les indéniables assurances que procurent les systèmes actuels (d'évaluation par exemple), mais en démultipliant les expertises et les lieux de leur exercice.

Et voilà. Y'a pas mieux donc on garde le peer :-( Et de produire par la suite une quinzaine de recommandations dont les 3/4 auraient pu être formulées par un élève de maternelle, et l'ont d'ailleurs déjà été (formulées) sur ce blog et ailleurs. La British Academy recommande donc :

  • dans la catégorie j'enfonce une porte ouverte : de "former les relecteurs" et de sensibiliser les post-doctorants au fonctionnement de l'évaluation par les pairs. Certes ... certes ...
  • dans la catégorie des coûts du Peer-review, là c'est Oui-Oui au Pays des jouets : le peer-review fait partie intégrante de la vie académique, le peer-review aura toujours un coût, donc ... "il faut  développer une compréhension plus profonde des coûts de la revue par les pairs (sic)"
  • mais le meilleur est encore à venir, et ce sera dans la catégorie reine, "le peer-review et les différentes métriques", catégorie dans laquelle l'académie indique : "The experience of the European Reference Index for the Humanities (ERIH) shows how difficult the task is, and we conclude that the ERIH does not at present represent a reliable way in which summary measures of peer reviewed publications can be constructed." Traduisez : y'a des gens qui essaient de mettre en place des métriques adaptées aux sciences humaines et sociales. Ca n'avance pas très vite et c'est super difficile à faire (Pour mémoire, Garfield n'a pas, à ma connaissance, inventé la scientométrie en 9 secondes et 6 dixièmes), donc on peut pas s'y fier, et donc y'a qu'à garder ce qui marche mal sans s'obliger à chercher un truc qui pourrait fonctionner mieux.

Les conclusions de ce rapport sont proprement stupéfiantes. A lire "l'executive summary" et la liste des "recommandations"qu'il contient, on est en plein dans la quatrième dimension, au mieux celle de la résistance institutionnelle au changement, au pire celle de la mauvaise foi :-((

Appel des Cordeliers

"Appel des Cordeliers : Pour une politique de service public pour l'enseignement supèrieur et la recherche."
Tout est expliqué , et toutes les organisations syndicales sont d'accord.
J'avoue avoir tendance à brider aussi souvent que possible mon envie de poster quelques billets "trop" politiques ou "trop" engagés, pour garder à ce blog un semblant de devoir de réserve (qui a dit "perdu" ?) ... mais depuis Juin dernier (en fait depuis beaucoup plus longtemps), le vent d'inconséquence qui souffle sur le navire des politiques universitaires n'est pas loin de battre des records. Il vous sera aisé de retrouver ici ou là divers billets ou articles sur la question. Mais ce qui me frappe c'est que tous les collègues que je croise depuis Juin dernier, ayant tous différents niveaux de responsabilité (qui dans des écoles doctorales, qui à la tête de "gros" laboratoires de recherche, qui directeur de composantes ou d'UFR, qui responsable de projets scientifiques ou directeurs de petites équipes émergentes), tous les collègues que je croise, et y compris ceux qui ne sont pas franchement de dangereux gauchistes, tous s'alarment de l'inconséquence qui risque de finir de mettre à mal ce qui subsiste encore - de plus en plus péniblement - des missions de l'université: l'enseignement et la recherche. La réalité du terrain est à l'opposé des effets d'annonces gouvernementaux ou des pseudos-autonomies annoncées : la paperasse n'a jamais été aussi abondante, les délais demandés pour certaines procédures d'habilitation (d'équipes de recherche par exemple) sont une pure goujaterie (courier envoyé le 18 Juillet, dossier à rendre pour le 1er Septembre, si vous ne renvoyez pas le dossier, votre équipe est dissoute), on va compter de plus en plus de membres "nommés" (et non plus "élus") à tous les niveaux décisionnels qui "font" l'université (évaluation et recrutement des enseignants, mais aussi validation des formations, délivrance d'habilitations à délivrer des diplômes ...), et je ne vous parle même pas de la mise en application programmée du rapport Belloc qui tuera dans l'oeuf la spécificité du métier d'enseignant-chercheur, c'est à dire la capacité à se revendiquer autant enseignant que chercheur, en apportant ainsi ce "plus" aux étudiants devant lesquels on officie (pas le temps de développer, mais en gros, dans un avenir très proche, si vous ne faîtes pas assez de recherche, c'est à dire si vous ne publiez pas assez là où on vous dit de faire de publier, vous verrez vos heures d'enseignement quasiment doubler, puni, au coin, je ne veux voir qu'une seule tête, rompez). Autre exemple : à l'heure ou l'ensemble de la communauté scientifique internationale se met progressivement d'accord pour constituer des procédures d'évaluation spécifiques aux sciences humaines et sociales (qui ne peuvent être évaluées sur la même base que les sciences "dures"), et même si la définition de ces indicateurs et de ces procédures risque encore de prendre un peu de temps (à moins de doter ceux qui y réfléchissent de réels moyens ...), on s'apprête à appliquer, dans l'urgence, une sorte de modèle unique d'évaluation de la science, de la recherche et de ceux qui la font, au nom de la "communication" et des "promesses à tenir". Urgence et communication sont les deux mamelles de la crise de réformite aigüe qui secoue le sommet de l'état. Là où l'enjeu mériterait une réflexion soutenue sur les moyens et les missions de l'université, on préfère hâtivement passer l'éponge de l'arbitraire. Menée à son terme, cette politique aboutira à l'effet inverse de celui qu'elle (prétend) poursuivre : quelques ilôts d'excellence subsisteront à grand renfort de subventions et de juteux contrats-recherche, pour l'université dans son ensemble c'est la chronique d'un nivellement par le bas annoncé.
Donc ...

Piliers

Amazon (.fr) fête ses 7 ans (11 ans pour la version américaine).
Google (.com) son 10ème anniversaire.
Et Wikipédia son deux millionnième article dans sa version anglaise.

Open Access grand public

Bernard Rentier, recteur de l'université de Liège, dispose déjà d'un assez large passif dans le domaine de l'évangélisation à l'Open Access. Il n'hésite pas non plus à énoncer un certain nombre de vérités concernant les politiques tarifaires abracadabrantesques des éditeurs (Elsevier notamment). Enfin, il ne se contente pas de communiquer pour faire parler de son université, il agit également en conséquence, par exemple en mettant en place un archivage institutionnel o-b-l-i-g-a-t-o-i-r-e. Il nous annonce aujourd'hui la naissance du site Réflexions, à mi-chemin entre le magazine institutionnel et, concept qui me plaît assez, l'Open Access grand public.

  • "nous avons voulu qu’un site aussi important pour nous que celui-là repose à la fois sur l’expertise des chercheurs et sur celle de professionnels du journalisme de vulgarisation. J’encourage d’autres chercheurs et d’autres journalistes à se lancer dans l’aventure. Quoi de plus enthousiasmant pour un chercheur ou une équipe de recherche que de voir ses recherches exposées de la sorte et comprises par tous, au moins dans ses principes et dans la mesure où elle contribue utilement au progrès des connaissances, non seulement des spécialistes, mais de tout le monde ?"

Voilà qui définit assez bien en somme la ligne éditoriale d'Affordance, à ceci près que je ne suis naturellement pas journaliste, et que conséquemment, la vulgarisation peut parfois s'en ressentir :-)
Plus sérieusement, si l'on parvenait à coupler ce genre d'initiative et sa claire valeur ajoutée journalistique avec d'autres initiatives comme celle de Renée D. Blogs, en permettant par exemple de croiser sous un même espace thématique des contenus produits par des journalistes mais également des blogs de chercheurs :

  • on aurait là un redoutable outil de communication et de valorisation de la recherche,
  • on réglerait le problème de l'affichage institutionnel des blogs desdits chercheurs,
  • on permettrait de développer ce concept d'Open Access Grand Public, comme une sorte de vulgarisation assistée par la publication (scientifique)

Pour le public, le cheminement type serait le suivant :

  • => il découvre l'article d'un journaliste rendant compte d'une recherche qui l'intéresse
  • => il accède au(x) blog(s) du(des chercheur(s) à l'origine de cette recherche
  • => il peut accéder s'il le souhaite à la partie thématique de l'archive institutionnelle regroupant les communications des chercheurs dans ce secteur.

Plus naturellement, tous les autres parcours possibles selon les variations du point d'entrée (lequel peut aussi être un billet publié par un chercheur et non nécessairement l'article d'un journaliste).
Aaaah si un seul de nos présidents d'universités françaises pouvait s'inspirer de l'exemplarité liégoise ...
Je vais peut-être réféchir à une demande de mutation sur Liège moi ... :-)

A votre avis

Puisque vous êtes nombre d'universitaires - ou assimilés - à me lire (inutile de nier, j'ai les noms et les adresses IP), je serai curieux d'avoir votre avis sur le débat qui nous occupe en ce moment en commentaire, Jean-Michel Salaün et moi. Débat qui fait suite à la publication sur ce blog (et au dépôt imminent sur Archivesic dans la catégorie "autres textes") d'un article refusé dans une revue à comité de lecture, mais qui sera soumis à d'autres (revues).
Ce n'est pas sur l'anecdote elle-même que je sollicite votre avis ni pour dire, (entre Jean-Michel et moi) qui a raison contre qui, mais sur l'argumentaire indiquant que cette publication pourrait revenir à jouer "le blog contre la revue", l'auto-publication (ou l'auto-archivage) contre le filtrage éditorial et qui voudrait que l'essentiel du débat scientifique ait lieu en amont et pendant la rédaction de la publication, et non en aval.
A vous (dès que vous aurez lu nos arguments en contre-arguments, le paragraphe ci-dessus n'en étant qu'un bref et approximatif résumé) :-)

Perspectives documentaires sur les moteurs de recherche

"Perspectives documentaires sur les moteurs de recherche : entre sérendipité et logiques marchandes."
Un article co-écrit par votre serviteur et deux compères : Gabriel Gallezot et Eric Boutin.

  • Le pitch : "Le monde de la recherche d’information est actuellement en train de vivre une période d’intense bouleversement : position hégémonique du moteur Google, question délicate de l’interpénétration des sphères publiques et privées, redocumentarisation du monde, montée en puissance de la logique publicitaire et sa cohabitation avec le modèle « régulé » de la simple application d’algorithmes. De nouvelles modalités d’accès apparaissent, telle celle de la sérendipité que nous interrogeons, après l’avoir resituée dans l’héritage de la bibliométrie, au regard des modèles théoriques de la recherche d’information, pour isoler le rôle d’adjuvant indispensable qu’elle occupe désormais. Son instrumentalisation par les moteurs, sa perception liée au niveau d’acculturation socio-technique des usagers, la diversité de ses instanciations, pose la question de l’opacité des algorithmes et de la nécessaire ouverture d’un débat autour d’un écosystème non plus simplement documentaire mais politique."

Un bien bel article donc, refusé une première fois par une prestigieuse revue, mais que nous ne désespérons pas de pouvoir placer quelque part, à vot' bon coeur m'sieurs dames ;-)
En attendant, il est pour vous, petits veinards : Téléchargement ertzsgallbout.pdf <Update>avec une policie lisible cette fois :-() </Update>
Et surtout, que vous soyez pairs ou impairs, dîtes-nous ce que vous en pensez (à ce jour, nous sommes toujours sans nouvelles de Monsieur 2, et ça risque de durer ...)

P.S. : naturellement, avec l'accord de mes co-auteurs, l'article sera bientôt également accessible sur ArchiveSic. Mais ce soir, ça bugguait. Donc je le mets ici au chaud en attendant. <Update> Ayé. L'article est également consultable sur ArchiveSic </Update>


 

La revue par les pairs expliquée à mes enfants

Après la guerre de l'édition expliquée à mes enfants, voici donc la revue par les pairs expliquée à mes enfants ... je crois que je tiens là une nouvelle série de billets ;-) Bon, j'y vais.

"Il était une fois un papa qui faisait de la recherche. Il était chercheur. Un jour, le téléphone de papa sonne : c'est une dame qui lui demande s'il serait d'accord pour écrire un article sur les moteurs de recherche pour une revue très connue et très renommée. Normalement, les revues n'envoient pas des dames mais plutôt un message à tous les chercheurs sur Internet pour leur demander s'ils veulent ou non écrire un article, ce qui est plus démocratique. Mais il y a aussi plein de revues qui préfèrent téléphoner directement aux chercheurs qu'elles connaissent pour le leur proposer. C'est moins démocratique, mais c'est plus pratique. Et puis il y a aussi des revues qui font les deux (des dames ET sur internet)
Donc papa est content et il accepte d'écrire un article. Comme papa est aussi un peu fainéant et qu'il préfère bosser à plusieurs plutôt que tout seul, il téléphone à deux autres de ses copains chercheurs pour leur proposer d'écrire l'article avec lui, ce que ses copains acceptent. Et papa et ses deux copains se mettent au boulot.
Quelques mois plus tard (bé oui, c'est long d'écrire un article), papa et ses copains envoient l'article à la dame qui le leur avait demandé. Et là ... des messieurs et des dames invisibles (on ne sait pas qui c'est, on sait juste qu'ils sont deux et que ce sont des chercheurs comme papa), relisent l'article de papa et de ses copains pour dire s'il est intéressant ou non.
Quelques mois plus tard (bé oui, c'est long à relire des articles, et en plus ils n'ont pas que celui de papa et de ses copains à relire), quelques mois plus tard donc, les deux messieurs invisibles disent à la dame qui a demandé l'article a papa, si l'article est bien ou non. Si les deux le trouvent bien, ça va. Si les deux le trouvent nul, ça va aussi (papa sera un peu déçu mais pas trop quand même).
Mais très souvent, il arrive que les deux messieurs invisibles ne soient pas d'accord entre eux :

  • Monsieur 1 trouve l'article de papa et de ses copains super-intéressant, très clair et avec plein d'idées dedans ...
  • mais Monsieur 2 trouve qu'il n'est pas clair, qu'il n'est pas intéressant et qu'il n'y a pas d'idées dedans.

De toute façon, Monsieur 1 et Monsieur 2 sont censés dire à Papa et à ses copains pourquoi ils ont aimé (ou détesté) leur article, et aussi leur demander de changer des choses ou des idées dans l'article. Mais le problème, c'est que souvent Monsieur 1 et Monsieur 2 ne sont pas invisibles que pour papa et ses copains. Ils sont aussi invisibles ... entre eux !!! Et du coup Monsieur 1 ne sait pas ce que Monsieur 2 a demandé de changer à Papa dans son article, et pareil pour Monsieur 2 qui ignore tout des remarques de Monsieur 1. Alors il arrive que Monsieur 1 demande à papa d'écrire avec des mots plus simples parce que l'article est trop compliqué, et que Monsieur 2 demande à Papa d'écrire avec des mots plus compliqués parce que l'article est trop simple ...
Du coup, Papa et ses copains ne savent plus trop quoi faire ni s'ils doivent écouter les conseils de Monsieur 1 ou ceux de Monsieur 2. Mais comme papa et ses copains sont de gentils chercheurs, comme la dame qui leur a demandé d'écrire cet article était gentille, et comme la revue dans laquelle l'article sera peut-être publiée est super-connue (plus que Titeuf par exemple), papa et ses copains se remettent au travail comme ils peuvent, en essayant de se débrouiller pour que Monsieur 1 ET Monsieur 2 soient contents.
Quelques mois plus tard (bé oui c'est long de réécrire un article surtout que, souvenez-vous, Monsieur 1 et Monsieur 2 ont demandé à papa et à ses copains des choses contradictoires), quelques mois plus tard, l'article est fini et papa et ses copains le renvoient à la dame, qui le renvoie à Monsieur 1 et Monsieur 2. Monsieur 1 qui était content quand il avait reçu le premier article de papa et de ses copains, est toujours content. Mais Monsieur 2 lui, ne l'est toujours pas, et il recommence à faire plein de remarques à Papa (enfin à la Dame, qui ira les rapporter à papa, vu que, souvenez-vous, Monsieur 2 est toujours invisible pour papa et ses copains). Du coup, la Dame qui avait demandé l'article à Papa va aller dire à Papa que comme Monsieur 2 n'est toujours pas content, son article ne pourra finalement pas être publié dans la revue (et papa ne sera jamais aussi célèbre que Titeuf, mais ça c'est pas grave).
Quand papa et ses copains regardent la lettre que leur a fait passer la Dame, et dans laquelle Monsieur 2 explique pourquoi il n'est pas d'accord avec Papa et avec ses copains, Papa et ses copains aimeraient bien téléphoner ou rencontrer ou même envoyer un message à Monsieur 2 pour pouvoir discuter avec lui et essayer, la prochaine fois, de faire un meilleur article. Mais voilà ... Monsieur 2 n'est pas seulement invisible, il est aussi ... impalpable. Ca veut dire qu'on ne peut pas le voir et qu'on ne peut pas non plus le toucher (alors que Harry Potter, même sous sa cape d'invisibilité, on peut le toucher). Bien sur, Papa et ses copains pourraient écrire une lettre pour Monsieur 2, et demander à la Dame de la lui remettre, mais la Dame n'a pas que ça à faire. Elle est très occupée, et d'ailleurs Papa et ses copains aussi."
FIN.
J'espère que ça vous avez aimé ...
Voilà pourquoi je trouve que le processus de revue par les pairs, y compris et peut-être même surtout celui dit en double aveugle, demanderait non pas à être éradiqué de la surface de la terre (ce qui ferait trop plaisir à certains), mais à tout le moins repensé, et que dans certains champs notamment, l'anonymat des relecteurs est, avant toute chose, une vaste hypocrisie.
Das la vraie vie, l'histoire ci-dessus ressemble assez au mail que je viens d'envoyer à une Dame, et que je vous recopie pour le fun (et aussi pour que des adultes continuent de lire ce blog :-) :
"Chère collègue,
Merci de votre message que nous attendions impatiemment avec mes coauteurs. Naturellement la déception l'emporte eu égard à la qualité de la revue pour laquelle vous aviez eu l'amabilité de nous solliciter, et également au travail de réécriture que nous avions fourni, travail d'autant plus délicat que sur au moins deux points importants, les remarques initiales des deux rapporteurs étaient en totale contradiction.
A toutes fins utiles je me permets donc de vous indiquer, uniquement pour que vous puissiez transmettre ces remarques au rapporteur indiquant "
Sur le sujet abordé, il est surprenant que l’auteur fasse état d’une
étude conduite plus de quatre ans auparavant (2002).", que l'étude de Broder de 2002 visant à proposer une typologie des recherches fait pour le moins autorité et qu'elle est en outre l'une des plus citées comme pourra le lui confirmer l'interrogation de n'importe quelle bonne base bibliographique. D'autre part, je ne sache pas qu'en la matière - celle d'une publication scientifique - l'ancienneté (relative) d'une publication eu égard à son taux de citation très élevé puisse être d'une manière ou d'une autre "préjudiciable", d'autant que ce même rapporteur dans sa première expertise nous incitait à remettre l'article en perspective en remontant jusqu'aux travaux d'Otlet (1934 ......).
Concernant sa seconde remarque à propos de la sérendipité ("
travaux d'auteurs de disciplines diverses"), je comprends là encore mal ce que peuvent avoir de préjudiciable des références pluridisciplinaires, d'autant que le "théorisation" de la sérendipité est notablement plus avancée dans d'autres champs disciplinaires que les SIC, stricto sensu.
Concernant sa troisième remarque, la "théorie des facettes" est bel et bien explicitée dans l'article (il est vrai au travers d'un exemple) dès le paragraphe qui suit la mention de ce terme.
Je m'étonne enfin grandement de l'ante-pénultième remarque du même rapporteur sur "les difficultés de son application dans la recherche d'information", nombre de systèmes documentaires et plus globalement de systèmes de gestion de l'information faisant un usage tout à fait courant de cette approche. S'il reste vrai, comme cela figurait dans la première expertise du même rapporteur que "
les langages à facette ont été largement critiqués pour leur subjectivité", ils n'en demeurent pas moins des références établies dans le champ et constituent par ailleurs l'une des pistes de recherche actuellement les plus explorées par les moteurs de recherche et les outils de fouille de données déployés en entreprise (notamment grâce à l'avancée des méthodes de visualisation permettant de simplifier la navigation au coeur de ces facettes).
Je précise ici que ces remarques ne sont que de mon fait, n'ayant pas encore eu le temps d'en discuter avec mes co-auteurs, et qu'elles n'ont pour but que de poursuivre la discussion de fond engagée par les remarques dudit rapporteur, discussion scientifique qui me semble constituer l'intérêt principal du processus de revue par les pairs, et discussion hélas trop souvent avortée du fait de l'anomymat de l'expertise.

Bien cordialement, patati patata ...
"
A suivre ... j'ignore si la Dame transmettra ces remarques au rapporteur (elle le fera probablement, via le comité de rédacton de la revue), et j'ignore surtout si le rapporteur acceptera ou non de "sortir de l'anonymat" pour reprendre le fil d'une discussion qui s'annoncerait pourtant intéressante, et hors laquelle l'acte même de soumission d'un article à une revue en est réduit à une simple soumission, stricto sensu. Naturellement, si Monsieur ou Madame 2 le souhaite, les commentaires lui sont ouverts ainsi que ma ligne téléphonique, ma maison, mon mail ......

Publications scientifiques financées par la pub... on y est

Reproduction d'un texte d'Hervé le Crosnier.
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Il y a longtemps que cela fait partie des peurs, certainement irrationnelles n'est-ce pas, de ceux qui
regardent l'évolution du secteur économique des publications scientifiques....
Mais c'est fait. Ce week-end, Elsevier, numéro un mondial de la publication scientifique, vient d'ouvrir le premier site spécialisé financé par la pub.
OncologySTAT (http://www.oncologystat.com/) vise les cancérologues en leur apportant toute l'information sur leur discipline, et l'accès gratuit aux publications de Elsevier (et aux autres, si elles sont aussi d'accès gratuit).
Financement : la publicité et la gestion des profils des cancérologues.
Extrait du "The New York Times" aujourd'hui :

  • "Elsevier hopes to sign up 150,000 professional users within the next 12 months and to attract advertising and sponsorships, especially from pharmaceutical companies with cancer drugs to sell. The publisher also hopes to cash in on the site’s list of registered professionals, which it can sell to advertisers."

Ce nouveau portail est la tentative de Elsevier de faire face au croisement des courbes d'usages. Une enquête de Manhattan Research indique que le nombre de médecins et pharmaciens qui lisent les revues en ligne a augmenté de 27 % dans les deux dernières années, alors que la lecture des versions imprimées décline de 14%.
C'est une tendance générale : les individus, dans toutes les professions s'habituent à la lecture sur écran, et peuvent donc de plus en plus aisément appréhender des textes, parfois fort longs, sur ce médium. Et imprimer à la demande les textes qu'ils jugent les plus important, grâce au format pdf.
Comme la musique aujourd'hui, l'heure des revues imprimées est comptée. Editeurs et bibliothéques scientifiques doivent se préparer à ce grand chambardement.
Mais le web est de son côté en train d'évoluer vers un système global de gestion de l'identité. Nos profils valent, et les systèmes capables de les enregistrer et les valoriser auprès de tiers intéressés à un contact ciblé sont en train de devenir le nouveau filon d'or pur du réseau.
Quand nous devons nous décrire pour accéder "gratuitement" aux revues scientifiques de  Elsevier, nous offrons beaucoup :

  • la possiblité d'être contacté (influencé donc) par les marchands... en l'occurence les vendeurs de médicaments anti-cancéreux
  • nos yeux pour lire (subir ?) la publicité qui est sur le site
  • la trace de nos actions sur le site (i.e. les "mises en relations, en correspondance qu'un chercheur effectue quand il croise ses propres lectures)
  • la liste de nos mots-clés, de nos équations de recherche, tous instruments pour anticiper sur les travaux... une mine pour la fouille de données, qui ne permet pas seulement d'améliorer notre profilage, mais aussi de découvrir des "fronts de recherche" et d'anticiper. Je n'ai pas encore dit "espionage industriel", mais j'y pense fortement ; il faudra suivre de près....

Enfin, toutes les interrogations qui existent déjà sur la validité des publications scientifiques dans le domaine des médicaments, très fortement soumises à la pression des grands laboratoires, vont se trouver reposées. Soyons réalistes : si l'industrie de l'influence investit dans la publicité au point de soutenir la croissance d'un mastodonte économique comme Elsevier, c'est bien qu'elle en espère des retombées sur sa propre activité.
La science peut-elle y gagner quelque chose ?
L'indépendance des recherches est-elle encore nécessaire ? Si nous croyons que oui, que la science est une activité qui met en cause l'ensemble de l'organisation sociale et qu'elle est trop sérieuse pour devenir un quelconque "programme" susceptible de capter l'attention des "tranches de cerveau [spécialisé] disponibles"... alors il est temps, et plus que temps, de réfléchir au modèle qui se met en place.
Le libre-accès aux publications scientifiques, tel qu'il a été défendu par les chercheurs depuis plus de dix ans, et qui est défini dans l'Appel de Budapest de 2000 ne peut pas se confondre avec "l'accès gratuit financé par la pub et le profilage".
Le "gratuit" n'est pas toujours "libre". De moins en moins d'ailleurs, avec la mainmise de l'industrie de l'influence sur le réseau informatique.

Caen, le 10 septembre 2007
Hervé Le Crosnier

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