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« juillet 2007 | Accueil | septembre 2007 »

2.0

Signalées par Evelyne Broudoux (qui s'obstine à ne pas vouloir ouvrir son blog), voici deux ressources très instructives :

  • une carte synoptique intitulée "Who owns what v2.0" indiquant quels grands groupes (Yahoo!, Google, Microsoft et AOL) possèdent quelles applications et services "2.0". La liste des acquisitions est chronologique ce qui permet pour certaines sociétés de faire émerger assez nettement des stratégies "par année", mais également, en croisant les acquisitions de chacun, de voir quelles tendances ont émergé et à quelle période (vidéo, géolocalisation, téléphonie mobile pour l'accès internet, etc)
  • Sur ce même blog, on trouvera également une vidéo assez "abyssale" qui en 5 minutes, fait défiler à l'écran les logos de plus de 5000 sociétés "2.0".  En regardant ladite vidéos, on se dit qu'effectivement, le web 2.0 a également connu sa bulle ...
  • Deuxième ressource signalée par Evelyne, ce support de cours sur le web 2.0 au format powerpoint, complété par une intéressante webliographie thématique.

Merci Evelyne :-)

BlogDay

Donc voilà c'est aujourd'hui le BlogDay. Et l'on est censé fournir 5 blogs que l'on adore. Mais là j'ai vraiment pas le temps. Alors je ne vous en donne qu'un, mais il en vaut facilement cinq.
Il s'appelle "Bibliodyssey", et c'est mon fournisseur officiel de fonds d'écran (actuellement, j'ai choisi celui-ci)
Je ne vous en dis pas plus, je vous laisse découvrir et farfouiller. C'est un vrai plaisir pour les yeux.

Allez tant que j'y suis, allez voir aussi ModernMechanics.

Happy BlogDay et bon WeekEnd :-)

"Et in arcadia ego"

Olivier Le Deuff est un activiste de la culture de l'information. Actuellement doctorant, il est, le temps d'un billet, l'invité d'UrfistInfo. Son billet "Et in Arcadia Ego" mérite la lecture et le détour car il met en résonnance, avec intelligence, nombre d'horizons et de problématiques qui "travaillent" littéralement le web, son évolution, et la place de notre rapport à l'information.

Le PRISM de la mauvaise foi : la guerre de l'édition scientifique expliquée à mes enfants.

Rappel des épisodes précédents :

Episode 1 : "Je vais bien tout va bien."
Le Pitch : les chercheurs écrivent des articles, les éditeurs les publient. Et revendent aux chercheurs, notamment par le biais des bibliothèques universitaires, les articles qu'ils ont écrits, mais en réalisant une marge substantielle. C'est l'âge d'or (des éditeurs).

Episode 2 : "La rebellion."
Le Pitch : les chercheurs, un peu énervés par l'augmentation des marges des éditeurs, décident d'entériner certaines pratiques consistant à s'échanger des articles, entre chercheurs, juste pour voir. Et tant qu'à y être, se disent que puisque c'est eux - les chercheurs - qui écrivent les articles, eux encore qui choisissent quels articles sont ou non recevables, eux enfin qui les lisent - les articles -  et bien ils n'ont qu'à continuer de faire ça entre eux, que ça ne devrait pas marcher beaucoup plus mal, et que ça coûtera moins cher à tout le monde. Le mouvement de l'Open Access et des archives ouvertes est né.

Episode 3 :  "Touche pas au Grisbi."
Le Pitch : les éditeurs observent les chercheurs faire mumuse dans leur coin, avec leurs petits articles et leurs petites revues. Mais petit à petit, les revues des chercheurs, les articles des chercheurs passent de moins en moins par les éditeurs, qui ne peuvent pas les revendre très cher aux chercheurs, via les bibliothèques notamment. Et là, les éditeurs font une erreur. Au lieu d'aller voir les chercheurs, de leur demander gentiment ce qui se passe, de leur expliquer que le métier d'éditeur c'est aussi un métier qui apporte quelque chose dans la production et la diffusion des connaissances scientifiques, au lieu d'essayer de voir avec les chercheurs comment s'arranger, au lieu d'écouter la demande du public (essentiellement d'autres chercheurs), les éditeurs se moquent, et pour combler leur manque à gagner, ils augmentent encore le prix des revues qu'il leur reste à vendre aux chercheurs.

Episode 4 :  "Le Pitbull."
Après avoir ignoré le mouvement de l'open access, après l'avoir assez largement sous-estimé et parfois aussi méprisé, et ne pouvant décemment pas augmenter encore le coût de la revente des articles des chercheurs, les éditeurs boudent et ne savent plus trop quoi faire. C'est alors qu'ils décident d'aller voir quelqu'un dont le métier consiste à trouver des arguments pour expliquer que fumer des cigarettes permet de réduire le trou de la couche d'ozonne, aide les fleurs à pousser dans les jardins, et permet d'éviter la réintroduction des ours dans les pyrénées (si c'est un fabriquant de cigarette qui le paye pour dire ça).

Episode 5 : "La zizanie."
Le ptich : sur les bons conseils - chèrement payés donc - de ce Tullius Detritus, les éditeurs décident donc de raconter partout que les chercheurs sont des méchants, qu'ils copient sur leurs autres copains chercheurs, que ce sont des trouillards qui veulent même pas donner leurs articles à lire à d'autres chercheurs pour que eux, les éditeurs, puisse en publier certains. Les éditeurs racontent à qui veut l'entendre que c'est le méchant gouvernement public qui fait faire des dictées aux chercheurs, pour leur indiquer quoi mettre dans leurs articles.

(A SUIVRE ...)

Cette histoire, c'est celle de l'initiative Prism, véritable opération de com(mando) qui consiste à mettre en pratique les conseils d'un sulfureux cabinet de Relations Publiques. Cette histoire c'est surtout l'histoire de la mauvaise foi. Une mauvaise foi d'autant plus absurde que - mis à part le cas de ceux qui ne se préoccupent en aucune manière de l'économie du document numérique, et qui représentent la majorité des enseignants-chercheurs - d'autant plus absurde que les chercheurs - ceux qui restent - sont des gens relativement "déniaisés" sur la question, conscients du rôle important que joue l'édition dans la collecte, le filtrage et la dissémination des connaissances, des gens qui s'efforcent de ne pas caricaturer le débat en acceptant de débattre de modèles hybrides, comme celui d'une barrière flottante permettant de fixer après un délai de temps variable, le passage en libre accès de tout ou partie d'une revue ou d'une collection (principe du "libre accès maîtrisé"). Des gens qui sont prêts à mettre clairement tous les arguments sur la table, y compris ceux (d'arguments) qui jouent a priori en faveur de l'adversaire (à titre d'exemple, on ne peut pas continuer de laisser se multiplier à l'infini le nombre de "revues" en Accès ouvert).
Alors naturellement, l'initiative PRISM fait grincer beaucoup de dents. Mais pas encore de ce côté-ci de l'atlantique. Les réactions et les débats sont donc à suivre là-bas. Pour l'essentiel sur le blog de Peter Suber, ainsi que chez Stevan Harnad. Et si vous n'avez pas le temps de tout suivre ni de tout lire, alors ne manquez surtout pas cette parodie splendide.

Bonnes oeuvres universitaires

Le JEP ("Journal of Electronic Publishing") et son éditeur (Scholarly Publishing Office) mettent en ligne un rapport intitulé "University Publishing in a Digital Age". Une question qui mérite, particulièrement ces temps-ci (cf la partie sur l'Open Access et le lancement de PRISM dans mon billet de rentrée), toute l'attention des acteurs - de tous les acteurs - de la communauté universitaire. Ces derniers doivent se saisir des enjeux et des outils qui sous-tendent ce débat pour se l'approprier enfin et briser là avec une politique à (très) courte vue faîte de passionnantes initiatives locales peu soutenues et non suivies - ou non soutenues et peu suivies -  et de compétences et de bonnes volontés qui finissent par s'émousser d'elles-mêmes devant l'inertie/l'ignorance/les dléais/le manque d'accompagnement qu'elles rencontrent. Bref un rapport (de plus ...) à lire et à commenter, celui-ci étant publié sous une forme permettant à chacun de déposer des commentaires sur telle ou telle partie, selon une règle du jeu toute pédauquienne et qui semble faire des émules.

Pour aïguiser votre appétit, je vous livre simplement les recommandations finales du rapport :

  • "Recognize that publishing is an integral part of the core mission and activities of universities, and take ownership of it.
  • Take inventory of the landscape of publishing activities currently taking place within your university.
  • Develop a strategic approach to publishing on your campus, including what publication services should be provided to your constituents, how they should be provided and funded, how publishing should relate to tenure decisions, and a position on intellectual assets.
  • Create the organizational structure necessary to implement this strategy and leverage the resources of the university.
  • Consider the importance of publishing towards an institution’s reputation, especially when associated with core academic strengths.
  • Develop online publishing capabilities for backlist and frontlist content and for new emerging formats.
  • Develop a shared electronic publishing infrastructure across universities to save costs, create scale, leverage expertise, innovate, extend the brand of U.S. higher education, create an interlinked environment of information, and provide a robust alternative to commercial competitors.
  • Commit resources to deliver an agreed strategic plan for scholarly communication."

Ronez e(s)t bon.

Vient de paraître : "L'écrit web : traitement de l'information sur Internet"
Ouvrage indispensable pour qui veut s'intéresser de près à l'écriture web, ainsi qu'au web comme environnement éditorial. C'est écrit par Joël Ronez, maître Jedi en la matière. J'avais prévu d'en dire plein de bien, oui mais voilà ... François (Bon) m'a doublé. Or donc, pour l'acheter, tout est expliqué ici. Et comme je n'ai rien de plus ni de mieux que François à raconter, je vous offre la préface, rédigée par un obscur universitaire ;-)

Préface à "L'écrit Web"

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Le net est souvent présenté comme un média abolissant la plupart des filtres éditoriaux. Cette vision des origines est aujourd’hui caduque. Plus que leur place, les médias traditionnels y ont trouvé leurs publics en même temps que naissaient de nouveaux espaces, de nouveaux formats éditoriaux (les blogs), revendiquant à raison une légitimité dans la médiasphère planétaire.
Le point commun de ces espaces est d’être littéralement « reliés », grâce à ce qui avant d’être une technique rédactionnelle, fut d’abord une révolution technologique : l’hypertexte. L’écriture hypertexte, l’écriture multimédia, l’écriture « pour le web » qui est depuis déjà quelques années le cœur de compétence d’un horizon professionnel très dense, notamment pour les métiers du journalisme.
Cette écriture, cette mise en hypertexte de contenus éditoriaux est d’abord une écriture de l’héritage. Celui des techniques de rédaction, celui des typographes, celui plus générique de ces « metteurs en texte ».
Elle est aussi une écriture de la rupture. Elle porte en elle, pour qui veut la maîtriser, les caractéristiques propres due son support. Une écriture cinétique, du mouvement. Une écriture qui bouleverse de manière radicale le rapport au lecteur. La notion de parcours prenant un sens nouveau dans cette écriture du fragment, de l’instant.
Si les usagers passent de plus en plus de temps sur le Net pour lire, découvrir, parcourir, rechercher, commenter, partager, l’accroissement de leur niveau d’exigence est un contrepoint idéal à la surabondance des contenus (les québecquois parlant d’infobésité ).
L’un des tout premiers théoriciens anglo-saxon de l’hypertexte, Suart Moulthrop, le définissait dès 1995 comme « un réseau dynamique d’idées, indéfini dans ses limites et changeant à travers le temps ». D’autres n’ont pas hésité à ériger les règles nouvelles de cette écriture au rang de « science », une « science des relations et de la gestion de ces relations. »
Dans son approche du contenu éditorial sur Internet, Joël Ronez vous livre des clés essentielles, celles de la maîtrise d’une compétence à l’horizon de laquelle, comme le rappelle Roland Barthes, « la métaphore du Texte est celle du réseau. »


                    Ertzscheid Olivier.
                    Maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication
                    Université de Nantes.

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1000ème billet

1000_4    
Et voilà. 1000 Billets tout rond sur Affordance après 2 ans d'aventure. Cela valait bien une petite note ;-)
Auxquels, si l'on veut se targuer d'une comptabilité claire, il faudrait ajouter la grosse centaine de billets (à la louche) rédigés à l'époque d'UrfistInfo, plus ceux rédigés sur les autres blogs professionnels que j'alimente dans le cadre de mes enseignements, et quelques autres petits blogs persos ou ceux dont je m'occupe pour quelques amis/associations/réfractaires à l'internet ... on doit facilement atteindre le cap des 2000. Full-time job donc. Ce qui est d'autant plus étonnant que je n'aurais jamais pensé, à l'époque, être capable de publier rien que sur Affordance, plus de 2 billets par jour en moyenne. Tant que continuera le plaisir de la découverte et la qualité de vos retours et de vos témoignages ... je ne voie pas de raison pour que cela s'arrête :-)

Attention ...

... bientôt ... très bientôt ... très très très bientôt ...

Bouquinosphère 2 : le retour.

Vous aviez aimé la bouquinosphère 1 ?

Bouquinosphere2logo


Alors ne manquez pas la Bouquinosphère 2.

Un monde de bouquins qui semble chaque jour davantage trouver sa place au sein des réseaux, avec le lancement annoncé pour le 5 septembre de Bibliobs.com, "portail communautaire sur l'actualité des livres" (Via LibrairieMutation)

Rentrée des classes

Côté bibliothèques :

  • un tutoriel qui en 15 minutes par jour fera de vous un bibliothécaire 2.0.
  • les supports du congrès ABF Nantes 2007 sont (presque) tous en ligne.
  • un entretien avec Jean-Yves Mollier, à lire dans Télérama, et où il est entre autre question de l'avenir du livre et des bibliothèques. On n'y apprendra pas grand chose rien, mais la justesse de ton et la pondération sont également parfois appréciables :-)

Côté bibliothèques et moteurs :

  • les bibliothèques de l'université de Keio (Japon) rejoignent le programme Google Book Search, qui entre ainsi sur le continent asiatique. 120,000 ouvrages du domaine public sont concernés. Le nombre de bibliothèque partenaires s'établit donc désormais à 26. (Via InsideGoogleBookSearch & le communiqué de presse - .pdf - de Keio). Une étrange affordance au passage en guise de réminiscence, je connaissais le nom de l'université de Keio parce que Ted Nelson, inventeur et précurseur de l'hypertexte et d'une utopie mondiale de la connaissance baptisée Xanadu, Ted Nelson donc y était allé soutenir l'équivalent de ce que l'on nomme ici une "Habilitation à Diriger les Recherches". La signature de cet accord avec Google, dans l'ombre du passage de Ted Nelson à Keio donne à Google Books un étrange aspect d'aboutissement de Xanadu.
  • la bibliothèque de l'université Cornell se joint également au projet Google Book Search. 500 000 des 8 millions de volumes imprimés détenus par ladite bibliothèque sont concernés. Soit donc au total 27 bibliothèques partenaires.
  • Sur le même sujet, ne manquez pas l'article de Paul Duguid dans le dernier First Monday, et le commentaire avisé qu'en fait Jean-Michel Salaun.

Côté OpenAccess :

  • les dépôts OAI francophones en SHS suivent, et c'est tant mieux, une progression lente mais régulière et soutenue : voir le décompte détaillé de Marin Dacos.
  • Plus globalement d'ailleurs, le mouvement de l'open access dans sa globalité suit une courbe dramatiquement (?) ascendante.
  • Ceci expliquant sûrement cela ... la toute puissante AAP (association des éditeurs américains) lance l'initiative PRISM ("Partenariat pour l'intégrité (sic ...) de la recherche en science et médecine"). L'idée est d'alerter le public sur les présumés "risques" de la publication en Open Access. L'attaque est aussi frontale que caricaturale, en pointant les soi-disant "risques d'une censure d'état" liés à une "disparition de l'évaluation par les pairs", ce que personne, même les plus extrêmistes partisans de l'Open Access, n'a j-a-m-a-i-s ne serait-ce que suggéré. On en rirait presque, mais le pouvoir de lobbying de l'AAP est tel que l'on en est plutôt navré et inquiet. Il s'agit en fait de la mise en pratique du plan de guerre contre le libre accès, déclaré en Janvier 2007, pour lequel l'AAP avait eu recours à une agence de relations publiques aux méthodes qui pourraient n'être que tristement célèbres si elles n'étaient pas également largement discutables (désinformation, propagation de fausses rumeurs, etc, etc.). Tout cela est proprement consternant tant les arguments évoqués sont spécieux. Mais tout cela risque surtout de faire de considérables dégâts. Donc, plus que jamais, continuons le combat ... et le prosélytisme ... <Update de 5 minutes plus tard> Via Marlène - qui en parle aussi - je découvre ce billet certes partisan - de l'autre camp - mais qui résume très bien la situation et reprend nombre de réactions blogosphériques à ce sujet </Update>

Côté moteurs :

  • Google ...
  • Google fait preuve d'un appétit dont la constance confine à la boulimie. Voir la liste dressée par Christophe Asselin des acquisitions des derniers semestres. Derrière cet appétit qui peut sembler désordonné, se dessine progressivement une stratégie bien identifiée de positionnement sur le Web OS pour tout type de public et toute taille d'entreprise. De son côté, Henri Labarre nous offre une cartographie synoptique au format .pdf de ladite boulimie.
  • Et puis comme cela ne fait jamais de mal de rappeler quelques fondamentaux, une belle animation flash sur la manière dont fonctionne Google.
  • Google encore qui donne dans le tonitruand, en annoncant l'ouverture des commentaires sur Google News, pour ceux "ayant un lien" avec l'affaire commentée (sic). Nombre de journaux le font déjà, sans qu'il soit besoin de "prouver" avoir un lien quelconque avec l'affaire, mais quand Google touche au modèle média de la presse en ligne, tout le monde s'affole. Techcrunch rappelle les faits dans un billet synthétique. L'immense majorité des observateurs est plus que sceptique, à l'image de Danny Sullivan qui résume l'affaire en un mot : "Weird". Emmanuel Parody dans son analyse à laquelle je souscris entièrement, évoque une "arrogance d'un nouveau genre". Jusqu'au LATimes qui, deux jours après l'annonce, dans une tribue non-signée, compare Google à ... Osama Ben Laden :-(
  • Et les autres ...
  • Technorati s'effondre lentement mais sûrement ...
  • La tendance - ou l'idée que je crois de plus en plus vraie - qui veut que la fabrication de moteurs (indexation, rafraîchissement, parsing et autres technologies) et la fabrication d'interfaces soient deux métiers différents, cette tendance semble se confirmer avec le rapprochement de Groxis (excellentissime interface de Grokker, depuis le temps que je le dis ...) et d'Intellisearch. Pour plus de détails, voir l'article de l'Atelier.

Côté veille :

Côté web :

  • Si le web est implicite, il est aussi granulaire ou plus exactement fractal. Et les Widgets en sont la plus petite unité atomique. Techcrunch nous gratifie d'un billet synthétique sur les origines, les plateformes et les standards de ces petits widgets.
  • L'équipe d'Information Architects nous gratifie de son côté d'une belle carte (.gif) dans le genre "plan de métro", listant un grand nombre d'acteurs et de services du web actuel. Synoptique et fort utile pour repérer quelques "tendances".

Côté réseaux sociaux :

  • Nous nous étions quitté en listant ce que nous savions aujourd'hui des réseaux sociaux, et bien il y a de fortes chances pour que ces réseaux sociaux occupent une très grosse part de l'actualité webienne dans les mois à venir. Avec tout d'abord le coup de poker de Facebook, dont Google a une énorme envie et qu'il pourrait bien tenter de se payer, après que le PDG dudit Facebook a refusé l'offre de Yahoo (1 milliard de $ ...). Si le marché se concluait, Google enterrerait de facto toute possibilité d'émergence en la matière, puisqu'il est déjà par ailleurs installé (motorisation et régie publicitaire attenante) comme moteur officiel de LA plateforme concurrente MySpace. Du côté des trois grands le tableau est donc pour l'instant le suivant :
    • MSN dispose de MySpace. Leader indétrônable pour ce qui est du nombre de teenagers impliqués.
    • Yahoo! (ayant échoué à racheter Facebook) travaillerait sur un projet baptisé Mosh
    • et Google (probablement en train d'essayer de racheter Facebook) aurait de son côté une nouvelle arme fatale baptisée SocialStream (voir le billet de Techcrunch pour plus de détails, et voir aussi le site de présentation du projet SocialStream, présenté comme "réseau social unifié" et dans lequel une large place est faite à la notion de Sérendipité ...). Notons ici encore que sur ce terrain (réseau social "unifié") comme sur d'autres (recherche "universelle") ma petite théorie de la dérive des continents documentaires résiste bien à l'analyse ;-)
    • Si vous êtes un peu perdus, FredCavazza résume tout ça très bien. De mon côté, même si dit comme ça cela peut ressembler à du teasing éhonté, je pense que si FaceBook avait l'intelligence de regarder du côté d'Amazon (et réciproquement), la carte des acteurs plénipotentiaires du web actuel serait entièrement reconfigurée. J'y reviens dans un prochain billet ... enfin si je n'oublie pas et si j'ai le temps :-(
    • Et pour compléter mon dernier billet sur la question, on lira avec intérêt les deux billets que Jean-Michel consacre à cette même question : ici et .
    • Toujours sur le livre des visages (dévisage ?), à lire également la réflexion de François Bon.
    • Pour le côté business, voici une grille très détaillée vous permettant de calculer le retour sur investissement (ROI) d'un réseau social
    • A lire également, les résultats d'une étude menée sur 850 personnes de 54 pays, étude sans prétention scientifique mais qui confirme tout de même quelques orientations, dont la domination de LinkedIn dans la catégorie "réseau social professionnel".
    • On pourra également consulter la liste des réseaux sociaux disponible sur Wikipedia, en complément de celle de Dannah Boyd, ainsi que le rapport d'Avril 2007 de Forrester (.pdf), déjà signalé sur ce blog (pour les plus pressés, voir le récent résumé de Gerry Mc Kiernann)
    • Et puis ... et puis ... et puis il est des programmes de recherche auxquels on aimerait avoir participé ou dont on voudrait avoir eu l'idée, comme celui visant à établir le réseau social ... des superhéros Marvel. Le résultat est à lire sur ArXiv. Avec une grosse déception tout de même, l'étude se base sur l'apparition desdits superhéros au fil des volumes de publication et ne s'intéresse pas aux communautés elles-mêmes (Vengeurs, X-Men, etc.). Impossible donc d'avoir la preuve scientifique que le Fauve ait entretenu une relation avec Miss Hulk :-(

Côté Wikipédia :

  • La polémique (stérile) de l'été.
  • A l'occasion de sa pause estivale, Homo Numericus nous offre trois billets d'analyse sur "l'histoire politique" de Wikipedia, rédigés par Sylvain Firer-Blaess, étudiant de l’IEP Lyon : ici (1), ici (2), encore ici (3), et (4).
  • Un étudiant a mis au point un détecteur de TRDs (Tentatives de Redocumentarisation Déviantes) : pour le tester vous-même, direction le Wikiscanner (tous les journaux en ont parlé - Le Monde, Libé, etc. - mais vous pouvez bénéficier d'un rattrapage de qualité avec l'article de Christophe Deschamps, et d'une ouverture problématique fondamentale chez Jean-Michel Salaun, concernant l'urgence de réinventer le droit à l'oubli)
  • Dans le dernier numéro de First Monday, un autre étudiant s'est penché sur la qualité des citations scientifiques dans l'encyclopédie collaborative, avec deux résultats intéressants : les citations sont pour l'essentiel conformes aux normes académiques, et elles ont tendance à renvoyer majoritairement vers des revues à forte notoriété (Science et Nature en tête), ce qui ne peut effectivement que "contribuer à renforcer la crédibilité" de l'encyclopédie.
  • Et pour prolonger le débat, les 19 et 20 octobre 2007, l’association Wikimédia France organise le premier colloque francophone sur Wikipédia, à la Cité des sciences et de l’industrie sur le thème suivant : "Développer - Valider - Ouvrir". A ce jour, le programme ne fait état que de l'intitulé de 3 "séminaires" sans davantage de contenu ni d'intervenants (un sur les "réseaux d'experts" - tiens, tiens ... - un autre sur les rapports de l'encyclopédie avec le monde de l'enseignement, et un troisième sur l'épineuse question de la validation). A suivre donc ...

Côté identité/identifiants/traçabilité numérique :

  • Après les 3 lois de la robotique, les 7 lois de l'identité numérique. (Via InternetActu)
  • Un billet intéressant sur la gestion des avatars.
  • Naturellement en la matière, la clé résidera dans l'attitude, l'orientation et la marge qu'autoriseront les moteurs sur ces questions. Les habitués d'affordance retrouveront aisément sur ce blog quelques billets concernant la politique de Google en la matière, et durant cet été, Ask a annoncé son service AskEraser permettant aux utilisateurs de ne voir aucune donnée conservée durant leurs recherches. A l'inverse, le moteur Spock entend ficher les individus sur la base des informations collectées par les moteurs. Après un rapide test, il s'avère - heureusement - assez inintéressant (sauf si vous voulez connaître l'âge et le nom des épouses de différents présidents de la république de tel ou tel pays). Un million de personnes seraient ainsi "indexées" dans ce "people specific search engine". En revanche, nul doute que demain, l'un des moteurs majeurs proposera à son tour ce type de recherche.

Côté Outils :

Côté lectures / visionnages :

  • Un numéro du Journal of Computer-Mediated Communication avec notamment une section spéciale de 5 articles concernant les blogs, et quelques autres papiers intéressants autour des réseaux sociaux.
  • Le billet du gourou Nielsen qui a fait couler beaucoup d'encre blogosphérique au début de l'été : "Ecrivez des articles, pas des billets."En (très) gros, Nielsen plaide pour une expertise affirmée, au-delà de la surabondance instantannée d'information qui surgit dans la blogosphère à propos de tout ou de n'importe quoi. L'idée est que - selon Nielsen - si vous voulez affirmer votre expertise et éventuellement la monnayer au prix fort, vous devez écrire des billets longs, privilégier l' "in-depth content". Sébastien Billard résume très bien le tout.
  • « L’impact d’Internet sur l’économie de la presse : quel chemin vers la profitabilité ? » (.pdf) La thèse toute fraîche de Danielle Attias.
  • Et puis pour la bonne bouche, un petit film d'anticipation sur l'avenir du livre, lequel livre, peut-être selon un phénomène de contamination du support, devient de plus en plus "rich"-media.

Côté université :

  • Un très bon numéro spécial (.pdf) du magazine Horizons de l'AIU (Association Internationale des Universités), publié par l'Unesco, et consacré à la thématique du classement, des indicateurs et autres palmarès en vigueur (ou non) dans nos universités. Je vous recommande tout particulièrement la lecture de l'introduction de Jamil Salmi et Alenoush Saroyan, intitulée : "Les classements des universités comme instruments politiques : usages constructifs pour l'enseignement supérieur".
  • Sur le site lautrecampagne.org, une série de 5 entretiens avec des gens concernés et impliqués sur le projet de réforme des universités du gouvernement. Tous les sujets qui fâchent y sont abordés : recrutement, financement, échec en premier cycle, autonomie, etc.

Bonne rentrée à tous et toutes :-)

(Via : l'harassant dépouillement de mon agrégateur ...)