La journée allait pourtant bien commencer. Un petit cours de 4 heures sur le catalogage et l'indexation avec des premières années d'IUT enchantés de ne pas faire le pont en cette veille de premier Mai. Et puis soudain, c'est le drame. Au lancement de mon mac, l'habituel bruit harmonieux est remplacé par un grésillement du haut-parleur, suivi de trois sinistres tonalités téléphoniques "Tut tut tut", le témoin de veille s'affole et paf. Rideau. Adieu le beau Mac iBook G4.
Et là, et là ... là la journée commence vraiment mal. Parce vous croyez peut-être que sous couvert de signer de tonitruantes tribunes à la une du monde sur la fin des disques durs et de se piquer d'enseigner un peu la bonne moralité de l'homo informaticus, vous croyez peut-être que j'ai naturellement mis en pratique les préceptes que je défends, à savoir la sauvegarde systématique des données importantes, le maintien d'un ratio entre les documents on-line et off-line et toute cette sorte de choses, hein ?. Et bien que nenni. Sentant monter en moi l'envie de m'enduire le corps de miel et de m'attacher en plein soleil juste à côté d'une fourmilière (célèbre supplice sioux) tout en priant le quidam de me manucurer les ongles de pied au lance-flammes (célèbre supplice non-sioux), un collègue pour m'apaiser me rappela cette maxime ancestrale : "Tu sais, j'ai jamais vu personne qui faisait vraiment des sauvegardes systématiques tant qu'il n'avait pas eu un jour un crash système complet et perdu 1 ou 2 ans de boulot."
Hardi me dis-je, et de m'armer d'une après-midi de patience pour me jeter sur le premier PC en état de marche de l'IUT à la recherche d'une explication à l'inexplicable. Après quelques heures de surf sur tout ce que le net compte de forums informatiques en tous genres, et après avoir essayé toutes les options de démarrage à l'aide d'habiles racourcis claviers nécessitant une dextérité digitale digne d'un chopin (qui était digitalement dextre) ou d'un mutant transgénique doté de 27 doigts, j'eus le choix entre trois explications/solutions :
- le reset PMU (Power Unit Management) : ECHEC
- (un éminent contributeur de Macbidouille dixit) : "tu as certainenement un problème avec ta barrette de ram, con trôle si elle est bien enfichée dans son slot." Argxmhsdlkn :lgr mokompkqùmsldkf. Tentative de forage manuel du capot de mon mac à l'aide d'un bic rouge volé à un étudiant le matin même à la recherche de la barette enfichée dans le slot. ECHEC (et un bic rouge décédé)
- (nécessite un thèse en électronique) : "Il y a une série d'iBook G4 dont la barette de RAM soudée à la carte mère lâche au bout de 2 ans environ et comme il est impossible de la changer, il faut changer toute la carte mère (au prix d'un MacBook neuf). Une solution m'a été soufflée, il paraît que ça marche sous linux. Elle consiste à sacrifier la barette RAM défectueuse et à se contenter de l'autre barette. Pour cela, il n'y aurait qu'à modifier les sources (libres) du noyau pour modifier la zone d'adressage mémoire, de manière à ce que l'ordinateur ne cherche qu'à accéder à la mémoire en état de marche. Ensuite on recompile le noyau et le tour est joué, l'ordinateur n'aurait même pas connaissance de la puce défectueuse." ECHEC encore (et inscription dans la foulée en DEUG d'électronique)
Or donc après ces 3 échecs patents (j'en passe et des encore plus techniques), je crois bien qu'il va falloir que je me fasse un raison.
Bye bye tous les fichiers pauvrepoint de mes divers cours et interventions qui comencaient à peine à ressembler à quelque chose, bye bye le quintal de fichiers passionnants glanés au cours de mes webiennes pérégrinations dans l'attente d'une hypothétique lecture, bye bye le tapuscrit bien avancé pour un bouquin à paraître à l'ADBS que je devais rendre début Juin (argh et re-arrrrrghh), ... bye bye disque dur, bye bye iBook G4.
Naturellement si quelqu'un a la solution ou si un généreux mécène souhaite m'offrir un portable mac de dernière génération - cabinets de relations publiques welcome, ça compensera la somme abrutissante de mails dont vous m'abreuvez quasi quotidiennement - je n'ai rien contre.
Sur ce ... Je vais de ce pas m'enduire le corps de miel.







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