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24 oct 2006

Commentaires

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Claude

Et pourtant, aussi dangereux que cela puisse paraître, il n'en reste pas moins que le temps internet peut aussi jouer dans l'autre sens. La vitesse avec laquelle Google s'est propulsé vers le sommet n'est peut-être aussi que l'anticipation de la vitesse de sa propre chute. Il suffit qu'un discours anti-google se mette en place aussi agressif et violent que celui qui jadis fit vaciller Micosoft, pour que les utilisateurs se détournent de ce site et le remplace par d'autres. Je crois, je suis même persuadé que malgré leur réussite, les "faiseurs" de Google en sont conscients et font tout pour retarder ce moment. Aucun géant n'est immortel...

Jean-Marie Le Ray

Si ça peut te rassurer : http://www.michelleblanc.com/2006/10/24/diebold-se-fait-voler-code-source-votation/
J-M :-)

dvanw

C'est en effet très préoccupant. Non seulement Google - avec Google Books - permet d'accéder à des informations écrites dans des livres ( et on sait l'effet délétère de ces nouvelles technologies : myopie, taches d'encre sur les doigts, etc. ), mais voilà que maintenant il risque de permettre à des gens de s'inscrire sur des listes électorales ! Là, je dis halte !

J'ai pas tout compris à ce monstrueux et machiavélique projet "Google Books"... Mais pour que la BnF commence à cette occasion à se poser des questions sur la numérisation et la mise en ligne de son fonds, il faut surement que ce soit une menace grave et imminente !

Et Google Earth, parlons-en de Google Earth... Gravissime, Google Earth ! Tellement grave que ça a donné à l'IGN l'idée de mettre ses cartes en ligne au lieu de les vendre sur CD-ROM à 29€ pièce !

Mais bien entendu, le pire est encore à venir :
http://dvanw.blogspot.com/2005/09/065-google-purge.html

Bref, je dois vieillir, mais j'ai de plus en plus de mal à me sentir en phase avec la Googlephobia ambiante...


olivier

Dvanw> La question n'est pas celle de la Googlephobie ou de la Googlemanie. La question est celle du monopole. La mise à disposition de livres via Google Books est, dans l'absolu, une bonne chose (même si la BnF avait en la matière plutôt de l'avance que du retard sur le sujet, la seule différence - de taille - étant celle des moyens financiers à disposition). Mais la situation quasi monopolistique de Google présente un risque si le seul modèle de classement retenu est celui du nombre d'accès. Il faut être réaliste : de plus en plus de gens fréquentent et fréquenteront Google, ce qui n'est pas le cas pour les bibliothèques. Pour tous ces gens, toute la valeur ajoutée, toute l'essence du métier des bibliothèques concernant la sélection, la diversité des points de vue, l'acquisition et la conservation des livres, toutes ces questions sont purement zappées. Idem pour Google Earth qui permet aux gens de s'inscrire surl es listes électorales. OK c'est très bien. Mais qu'un service d'une société privée puisse envisager d'être en situation de monopole sur ce créneau me paraît effectivement alarmant. Le billet de Google que je signale est ce que l'on appelle un "signal faible", c'est à dire une information qui par elle-même n'a pas grande importance, mais qui, corrélée avec d'autres (ce que je m'efforce de rappeler dans le billet) doit nous amener, non pas à jeter le bébé avec l'eau du bain, mais à s'interroger sur les objectifs réels de ce genre d'opération avant d'être tous et toutes mis devant le fait accompli.

dvanw

Je pense comme toi que la question problématique est celle du monopole. Microsoft -par exemple- se conduit très mal sur ce terrain, avec la fameuse doctrine du "Embrace, extend and extinguish". C'est à dire : je me glisse dans les standards existants, je les manipule à ma sauce et, dès que je peux , je les transforme en technologie propriétaire. Ils font ça très bien, et ils sont en procès avec la planète entière pour ça.

Mais ou est la conduite monopolistique chez Google ? Qu'est-ce qui empêche les autres de construire d'autres index, de meilleurs catalogues ? Je rappelle quand même que quasiment tous les outils Google sont ouverts au travers d'APIs Open Source... Ce qui est tout de même une attitude un poil différente de celle d'un Microsoft, non ?

Si tu veux programmer toi-même ta propre interface d'inscription sur les listes électorales, tu peux le faire en te servant des outils mis à ta disposition par Google.

Alors bon bien sur, tout ça est un plan machiavélique pour dominer le monde, bien sûr, mais en dehors de ça, qu'est-ce qu'on peut leur reprocher concrètement ? D'être gros ? D'avoir du succès ? De ne pas être un organisme public ?

J'ai le plus grand respect pour le catalogue Opale, et pour le travail des bibliothécaires, mais je ne vois pas vraiment en quoi l'existence d'un outil supplémentaire leur fait du tort ? On est tous pour la diversité non ?

olivier

Dvanw> OK. On doit être d'accord sur le fond. Disons alors simplement que le devoir de vigilance et le droit de regard que les citoyens et les chercheurs doivent exercer vis à vis de ces mastodontes doit être directement proportionnel à leur taille. Précisément pour mieux préserver la diversité et éviter qu'elle ne s'estompe.
(Pour ce qui concerne la programmation des API, je serai plus réservé, les citoyens lambda n'ayant ni les moyens ni le temps de regarder ce genre de trucs ... l'état ou les administrations pourraient bien entendu prendre le relai sur ce genre d'initiatives, mais ils/elles préfèrent en général développer leurs propres usines à gaz - sauf exception notable, dont le géoportail)

Aurélie

En cherchant la petite bête - sans chercher à démontrer une paranoïaque théorie du complot -, doit-on voir un lien entre ce billet et les récentes déclarations de George W. Bush, confessant utiliser Google Earth sur CNBC ?
(voir le blog du Wall Street Journal : http://blogs.wsj.com/washwire/2006/10/23/googler-in-chief/)

Zyr

La situation de monopole actuelle de google est celle que ses utilisateurs lui donnent. Un outil Google est dangereux? On a "qu'à" en développer un autre, mieux et plus "safe".

En fait, un réel danger pour la démocratie n'existe que si aucun concurrent n'arrive à fournir une solution comparable d'inscription au vote ou si aucune autre solution d'inscription en ligne n'existe.

Le fait de laisser à une entreprise privée le soin de développer une solution technique pour le vote électronique m'inspire la métaphore suivante: Depuis l'apparition de la voiture, l'état a laissé à un constructeur privé le soin de construire le véhicule de ses chefs d'état successifs. Cependant, toutes les mesures de contrôles de ces véhicules ont été mises en place et suivies régulièrement dans le but de garantir que le véhicule en question ne comportait pas un risque pour la vie de son utilisateur.

Laisser à un constructeur privé la capacité de développer une solution de vote électronique pour l'état est normal. Ce à condition de disposer d'un cahier des charges précis et de mettre en oeuvre des procédures de vérification du produit fournis (et, bien entendu, de disposer de la capacité de les mettre en oeuvre).

Donc, que l'état demande à Google de développer un système de vote électronique, pourquoi pas, à condition qu'il soit sur de savoir vérifier que son cahier des charges est suivit (et que dans le cahier des charges on retrouve des points liés à la protection de la vie préviée, off course).

Ceci dit, la vraie question concernant le respect de la démocratie se pose dans la hiérarchisation des résultats de recherches dans google concernant les partis (et la transparence des processus de hiérarchisation. Histoire d'être bien sur que google ne mette pas systématiquement son chouchou dans le top 10 des résultats (et inversément, sa bête noire au rang 2800).

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"Where is the Life we have lost in living?
Where is the wisdom we have lost in knowledge?
Where is the knowledge we have lost in information?"
T.S. Eliot, in Choruses from The Rock (1934)

Where is the information we have lost in Google ?

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Ertzscheid Olivier, « Titre du billet », Affordance.info, ISSN 2260-1856. Date de publication. [En ligne] http://affordance.typepad.com/adresse-du-billet.html

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Ertzscheid, Olivier (date de publication du billet). “Titre du billet”. Affordance.info [carnet de recherche]. ISSN 2260-1856. Date de consultation. http://affordance.typepad.com/adresse-du-billet.html

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Ertzscheid, Olivier “Titre du billet”. Affordance.info (souligné) ISSN 2260-1856. Date de publication. [carnet de recherche]. Date de consultation. http://affordance.typepad.com/adresse-du-billet.html

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