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    "L'autorité" selon Technorati

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Valérie Pécresse et Conforama

... ce matin sur France Inter et en l'entendant parler d'ajouter "une nouvelle mission à l'université", celle de "l'insertion professionnelle", je n'ai même pas bronché. Comme si l'écrasante majorité des diplômes, cursus et formation ne formaient pas à l'insertion professionnelle ... Ce soir en recevant l'info ci-dessous par le biais d'une liste de diffusion, j'ai d'abord cru à un canular. Alors j'ai suivi quelques liens, fait une petite recherche, et là j'ai avalé une nouvelle couleuvre. L'info en question ? La naissance d'une nouvelle formation :

  • "intitulée "DM Academy" (DM :  directeurs de magasins), cycle de formation stratégique, destinée aux  salariés de cette entreprise et dispensée au sein du centre de  formation continue de La Sorbonne. Cette formation est sanctionnée par l'obtention d'un diplôme universitaire  (D.U) délivré par Paris 1-La Sorbonne.". Voilà l'info reçue par mail.

Quelques liens plus loin, voici la même info publiée dans une tribune libre du site Fabula :

  • "Conforama annonce un partenariat avec l'université Panthéon Sorbonne pour créer la "DM Academy". Il s'agirait d'un nouveau "cursus unique et entièrement construit sur mesure", destiné à former des directeurs de magasins ("DM") Conforama. Le personnel devrait suivre des conférences spécifiques à "l'univers Conforama" et des "modules managériaux" dispensés par l'université Paris1."


Symptome ou maladie ?

Message récupéré sur une liste de diffusion professionnelle de bibliothécaires (pas biblio-fr, une autre, à l'étranger). Le message est un peu long mais il mérite une lecture attentive tant il exemplifie le malaise et/ou le décalage d'une (partie) de la profession des bibliothécaires. Mes commentaires (à chaud, donc un peu sarcastiques et navrés ...) sont insérés en gras et en rouge.

  • "J'ai constaté depuis quelques mois que je recevais de plus en plus de mails voire d'appels téléphoniques de gens qui avaient trouvé la référence de documents figurant dans le catalogue de notre bibliothèque. Serait-ce une mauvaise chose ?? Certains souhaitaient pouvoir emprunter ces documents, d'autres étaient des auteurs demandant qui une correction dans la notice, qui proposant l'acquisition de leur dernière publication... D'autres encore étaient des journalistes, des formateurs, etc. Bigre ! Horreur ! Du public ! Des usagers !!!
    Une collègue m'a informé - d'où l'urgence absolue de la formation des bibliothécaires pour éviter le syndrôme de la formation par "on-dit" - qu'on pouvait très facilement chercher un ouvrage directement sur Google, en "recherche simple", et que les réponses incluaient des catalogues de bibliothèques possédant l'ouvrage (affichage de la notice). J'ai testé l'opération avec qques ouvrages que nous avons au catalogue, et j'ai effectivement eu des réponses incluant la notice de mon catalogue, ce qui je trouve fâcheux... - vous noterez le possessif "mon" devant catalogue ... plus sérieusement, l'ouverture des catalogues (ne parle-t-on pas d'"OPAC", open PUBLIC access catalogue") est une problématique clé sont trop peu de bibliothèques se sont saisies avant que les grands indexeurs ne la rendent opératoire, emportant avec eux l'adhésion du public, tant cette ouverture des données correspond à un besoin et à une attente.
    Quelques dangers de cette situation (et il y en a sûrement d'autres auxquels je n'ai pas pensé) la paranoïa est une composante élémentaire de la psychologie du bibliothécaire :
    - Être submergé de requêtes ben oui, déjà qu'on va voir arriver de nouveaux usagers, si en plus ils ont des questions ...
    - Être harcelé par divers demandeurs inistants (sic) car c'est bien connu l'usager-demandeur est insistant, et en bibliothèque, insister, c'est du harcèlement
    - Le catalogue étant "transparent", les auteurs de vols tels que celui dont nous avions été victimes il y a quelques années trouveront d'autant plus facilement ce qu'ils cherchent, si les ouvrages sont en
    libre-accès, s'ils sont empruntés. Autre genre de vol pouvant se dérouler: les ouvrages en libre-accès qui sont épuisés en librairie et chez l'éditeur, difficiles à trouver, même sur Internet: on viendra nous les voler en biblilothèque, surtout dans celles non équipées de systèmes anti-vol
    comme la nôtre. Ne pourrait-on pas imaginer que l'usager-harceleur ne vienne simplement les lire ??
    Vous pouvez faire le test suivant: vous tappez sur Google (en recherche simple) "site:" immédiatement suivi par l'adresse de votre catalogue, sans le "http://www", et sans saisir d'espaces. De cette manière, Google fera une recherche sur ce qu'il possède de votre base
    de données dans sa propre base de données. Il affichera ce qu'il a trouvé comme nombre de notices dans votre catalogue. Ce chiffre sera faux, mais en général supérieur à très supérieur au nombre réel de notices que vous avez. Cela indique toutes les personnes qui ont obtenu des réponses à leur recherche incluant une notice de votre catalogue, les notices ayant été enregistrées à plusieurs reprises dans la "base de données planétaire" de Google.
    Est-ce que vous avez déjà été confrontés à cette situation ? Comment y répondez-vous, comment y faites-vous face ? Avez-vous eu des problèmes ? Prêtez-vous des documents à des lecteurs venant "d'ailleurs" et qui vous demandent par mail un prêt ? Ami lecteur qui vien d'ailleurs, retournes-y.
    Vos institutions qui le souhaitent ont-t-elles trouvé des mesures pour "protéger" leur catalogue de l'indexation que Google en fait, même si l'on n'a pas passé d'accord avec le moteur de recherche ? Où l'on retrouve exemplifiée la maxime : "leur thésaurus (aux moteurs de recherche) est un thesaurus" (plus d'info par ici). De fait, il suffit aux robots de Google d'accéder à une notice, pour, par le biais des fichiers liés et des hyperliens, arriver à "pomper", à récupérer et indexer une bonne partie d'un catalogue.
    "

Alors ? Symptome d'une profession qui ne maîtrise plus la logique d'accès et de service qui fait pourtant son coeur de métier ? Simple angoisse crispée et paranoïaque due à une méconnaissance profonde des enjeux ? Le message d'un seul ne saurait avoir valeur d'exemple pour l'ensemble d'une profession, mais comme je m'en suis fait l'écho à de nombreuses reprises, ma pratique de formateur (dans le monde des bibliothèques et de la documentation) m'incline à penser que la fracture numérique se creuse. Que faute d'être formés aux outils, les professionnels des bibliothèques s'avèrent incapables de les penser en dehors des cadres et shémas préétablis d'une logique bibliothéconomique inflexible et datée, à l'heure de la refonte planétaire d'une bibliothéconomie de masse. Et que laisser perdurer cette incompréhension, c'est le plus mauvais service à rendre à une profession qui si elle n'investit pas massivement le transformation en cours, ne verra jamais se réaliser son rêve d'archithèque et laissera dériver ses usagers autarcithécaires.

Bataille encyclopédique

L'actualité encyclopédique est relativement chargée ...

  • Afin de rivaliser avec Wikipedia, la Britannica lance une opération de communication visant à offrir un an d'accès gratuit à la totalité de l'encyclopédie : il suffit pour cela de s'inscrire ici. Pour obtenir votre abonnement cadeau, il vous faudra cependant justifier d'une activité de "web publisher", c'est à dire disposer d'un site/blog tenu régulièrement. L'idée est donc de profiter de la blogosphère (et assimilée) comme chambre d'écho, afin de ramener du traffic vers la Britannica. Je m'y suis moi-même inscrit et je teste depuis une semaine les ressources de cette grande dame. Et j'avoue rester un peu sur ma faim. Il est vrai que je n'entre pas tout à fait dans le profil de l'usager lambda d'encyclopédies, mais sur des requêtes assez spécialisées, les contenus de la Britannica apparaissent assez maigres au regard de ceux de Wikipedia. In fine, il n'est pas sur que l'opération de communication porte ses fruits étant donné qu'il est par exemple impossible d'offrir aux autres (ceux qui n'ont pas gagné un an d'abonnement gratuit) un lien vers les contenus de ladite Britannica. Bref, le contre-buzz est déjà en marche est il semble évident que la Britannica n'a pas compris la logique de sérendipité qui sous-tend l'économie de l'attention. (voir aussi l'article d'Ecrans)
  • beaucoup plus pertinente (à mon avis) est l'initiative de Larousse qui vient de lancer son encyclopédie contributive. L'article d'Ecrans sur le sujet est limpide et j'en reprends donc les grandes lignes pour ce qui concerne le "modèle" de cette riposte à la Wikipédia : "accès libre à son dictionnaire encyclopédique validé (150 000 articles et 10 000  objets multimédias). Pour consulter l’encyclopédie, il faut s’inscrire et il est possible de fournir ensuite des textes ou des images, tout en restant propriétaire de son œuvre. (...) Chaque volontaire est invité à créer son espace personnel, qui dispose d’une messagerie. Contrairement à Wikipedia, les anonymes sont bannis et les contributions sont sanctuarisées une fois écrites. Pas question d’aller mettre son grain de sel sur un article d’internaute déjà publié." L'interface est en sus beaucoup plus agréable de celle de la Britannica et les futurs contributeurs sont bien guidés, avec par exemple la possibilité d'indiquer un niveau de lecture de leur article (expert, grand public ou junior). Côté contenus en revanche, c'est la même déception (subjective) que pour la Britannica. Une déception certainement biaisée par mon habitude de consultation de Wikipédia, mais les possibilités de navigation me semblent bien en-deça d'une logique d'écriture de contenus multimédia.

Moralités :

  • Dans l'absolu, il est heureux que les marchands d'encyclopédie tentent de devancer les initiatives des marchands/moteurs de recherche. On avait en la matière plutôt été habitué à constater une habitude de suiveurs. Or ces initiatives interviennent alors que, parmi d'autres, le projet Knol de Google en est encore à l'état d'annonce. Quant à savoir si l'amorçage collaboratif prendra ...
  • Dans l'absolu toujours, et alors même que les encyclopédies "classiques" se mettent au numérique - elles y étaient déjà timidement entrées - et surtout au numérique collaboratif, on observe que le leadership du collaboratif numérique (Wikipédia donc) va tenter l'expérience du papier (essentiellement pour renflouer sa trésorerie) une expérience dont on mesurera les enjeux en lisant le billet de Jean-Michel Salaun.

Service de presse : Wikipédia

J'ai reçu il y a déjà longtemps l'ouvrage "Wikipedia : média de la connaissance démocratique" paru chez FYP éditions. Il s'agit d'un ouvrage à plusieurs mains (12 au total) avec Marc Foglia comme contributeur principal. Voici mes notes de lecture ...

  • L'introduction dit bien l'enjeu et la difficulté de cerner le phénomène Wikipédia : "sans doute faudrait-il inventer un mot pour désigner celui qui n'est ni lecteur, ni auteur, ni éditeur, ni usager, et tout cela à la fois. L'inadéquation de notre langage est le signe que quelque chose de nouveau est apparu."
  • Un grand nombre d'angles d'analyse sont abordés dans l'ouvrage, dont celui du fondement "politique" de Wikipédia : "Le libéralisme collectif est une forme de rationalisme avant d'être un collectivisme."
  • L'occasion également de rappeler quelques évidences avec un joli sens de la formule : "En inaugurant un système de production low cost avec lequel aucune encyclopédie existante ne peut rivaliser, elle a bouleversé les circuits traditionnels de l'édition encyclopédique."
  • Plus loin également et sur un autre coeur de polémique : "L'évaluation scientifique se métamorphose en consultation collective."
  • Jolie formule également à propos de la fondation Wikimedia, celle d'un "ordre mendiant de la connaissance."

Côté polémique, l'idée qui m'a le plus fait "cogiter" est celle avancée par l'auteur principal d'un "flat knowledge" (p.124) pour désigner un "savoir qui ne fait aucune priorité entre ses éléments". L'argument est ici correctement présenté et débattu mais on y retrouve la vieille antienne des anti-wikipédia se désolant de retrouver en un même corpus des articles sur la critique de la raison pure et sur Jean-Claude Van Damme. De mon côté je crois tout au contraire que rien n'est plus en relief que Wikipédia. Je crois même qu'aucune réalisation intellectuelle humaine depuis l'aube des temps ne peut s'enorgueillir d'un tel niveau de relief, de profondeur. Cette profondeur n'a rien de philosophique, elle est tout au contraire symptomatiquement pragmatique. C'est une profondeur de projet. Une profondeur d'écriture. La profondeur du formidable palimpseste à l'échelle planétaire que recouvre le projet Wikipédien. "Un palimpseste technologique à la démesure de la Babel mythologique." si vous m'autorisez l'auto-citation :-) Bref rien de plat en la matière. La platitude est en revanche à chercher - et c'est d'ailleurs dans cette direction que nous amène l'ouvrage, mais pas assez explicitement à mon sens - la platitude est en revanche à chercher, disais-je, du côté des usages. De la focale sans profondeur de champ que nous mettons en place en utilisant le moteur de recherche du site Wikipédia. Mais une fois dans LE contenu, le relief s'impose à nous dans toutes les dimensions du texte et dans toutes les possibilités d'exploration de l'hypertexte.
Au final donc, deux regrets :

  • l'ouvrage est complété par les résultats d'un sondage Opinion Way sur la perception de Wikipedia, sondage qui ne nous apprend rien (mais alors vraiment rien) et dont les résultats ont du tomber alors que l'ouvrage était déjà dans les rotatives vu la manière dont il est mis en page.
  • l'absence d'une bibliographie explicite (les références sont noyées à la fin de l'ouvrage au milieu des notes) avec à plusieurs reprises des affirmations qui gagneraient à être plus directement "sourcées".

Mais un ouvrage qui se lit vite et bien, et dont - ce qui n'est pas le moins important - la lecture est agréable nonobstant les inévitables cassures qu'entraîne son écriture à plusieurs mains. Le tout avec une argumentation parfois un peu rapide mais toujours stimulante et qui ne tombe jamais dans le travers de la polémique inutile.
Merci donc au service de presse de FYP éditions :-)

Après Zazie, voici bibliothèque dans le métro.

(suite de l'épisode 1)
Toujours envoyé par Marion, étudiants à l'IUT de La Roche sur Yon et actuellement en stage à Madrid.
Avec son commentaire : "Les bibliothécaires contre-attaquent"
Bibliometro1 Bibliometro2_2

Les petits liens du Week-End

Pour (sou)rire :

Pour le plaisir :

Revue de presse

Dans le magazine "courrier cadres" de ce mois-ci (Mai 2008) un dossier sur la gestion de sa réputation en ligne, avec quelques citations de votre serviteur.

It's all in our database.

Société de surveillance, panoptique et big brother d'un côté. Société de sous-veillance, little sisters et nonopticon de l'autre. L'externalisation de nos mémoires documentaires, la dissolution de la frontière entre le mo(n)de connecté et déconnecté, dissolution qui rend étrangement semblable l'architecture de villes, de nos espaces réels, avec celle des composants électroniques qui structurent chaque jour davantage notre rapport ... au réel. Le tout en 39 secondes dans une publicité qui dit beaucoup plus que ce qu'elle veut montrer.
(Via Cyber Badger Research Blog)

Ca s'en va et ça revient ...

Il s'en va : Nicolas Morin. Le bougre m'avait déjà extorqué une oraison funèbre. Voilà qu'il récidive. Tout en passant partiellement la main. Espérons le faux-départ et attendons le vrai-retour.
Il revient : Jérôme Charron. L'incontournable Motrech (blog consacré aux moteurs de recherche) reprend du service en charmante compagnie.
Moralité : un fil RSS s'éteint, un autre s'éveille.

La musique se vend comme du savon à barbe ...

Et les livres ?

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Photos prises par une étudiante de l'IUT actuellement en stage à Madrid et envoyées dans un mail se terminant ainsi "De quoi alimenter le débat sur le marché du livre !". Isn't it ?

(à suivre ...)

 

Microsoft renonce à Yahoo! Et après ?

Ci-dessous la reproduction (autorisée) d'une analyse d'Hervé Le Crosnier*** à propos de l'ultime épisode ayant vu Microsoft renoncer à l'acquisition de Yahoo!.
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Ayant pris la responsabilité de donner mon avis sur la fusion Yahoo!-Microsoft quelques heures après l'annonce de l'offre du numéro un du logiciel, je me dois de continuer à évaluer à chaud ce qui se cache derrière la suspension de l'offre par Microsoft intervenue ce samedi 3 mai.
Dans mon appréciation de la fusion (dont on retrouve une version retravaillée dans le numéro de mars du Monde Diplomatique - http://www.monde-diplomatique.fr/2008/03/LE_CROSNIER/15673) je plaçais deux points d'analyse :

  • le marché de la publicité, et la nécessité pour Microsoft de contrer la domination de Google. Dans cette optique, Yahoo! apportait deux éléments : sa force dans la publicité de bannières et son moteur de recherche qui permet d'associer plus précisément les centres d'intérêt du lecteur et la publicité.
  • la mutation des logiciels vers le mode "software as a service" et le danger que cela représentait pour les produits de Microsoft. Ce dernier doit maintenant devenir un "acteur de l'internet" à part entière. Pour cela, il a besoin d'intégrer des spécialistes reconnus des techniques spécifiques du réseau (cloud computing, développement partagé, interface utilisateur au travers des navigateurs,...). Sur ce marché, Microsoft est concurrencé de toute part, mais spécifiquement par Google et Adobe (un acteur majeur trop souvent oublié dans les analyses qui se focalisent sur la publicité).

Ces deux éléments restent d'actualité. On aurait cependant tort de limiter l'opération à la seule dimension publicitaire. Mais ces deux éléments sont aussi des forces centripètes dans le cadre d'une fusion.

Yahoo! continue à faire flèche de tout bois pour montrer que sa domination sur le marché publicitaire de marque peut s'étendre aux autres formes de publicité. Ainsi, Yahoo! a racheté IndexTools, une société d'analyse marketing en ligne au début d'avril, en plein période de tension autour de l'offre de Microsoft. C'est aussi début avril que Yahoo! a fait les premières démonstrations de AMP, son futur système de place de marché publicitaire, offrant une plus grande souplesse aux annonceurs et cherchant ainsi à rejoindre les forces de Google en ce domaine. Enfin, c'est Yahoo!-Buzz qui est largement promu en mars (http://buzz.yahoo.com/ ). Ce site s'inspire des sites de promotion par les lecteurs, comme Digg, mais évidemment décuplé par la "puissance Yahoo!" un nombre de visiteurs largement supérieur en raison de la nature multiple du portail de Yahoo (depuis le shopping jusqu'à la recherche de pages web).

Les cultures d'entreprises diffèrent largement entre Yahoo! et Microsoft. Et la fusion de ces deux structures aurait aussi un coût non négligeable (départ de chercheurs de chez Yahoo!, nécessité d'accorder des primes importantes pour garder les informaticiens clé...). Ce surcoût largement prévisible est certainement une des raisons qui incitent Microsoft à ne pas augmenter son offre sur Yahoo!

Or la quantité d'informaticiens de haut niveau disponibles sur le marché du travail est très faible par rapport aux besoins de cette industrie. Microsoft le sait, et sa capacité à maintenir dans son giron les ingénieurs de Yahoo! est un élément essentiel pour lui permettre une nouvelle stratégie sur internet. L'autre fers au feu en ce domaine est l'action de Microsoft pour simplifier l'embauche aux Etats-Unis des meilleurs informaticiens de tous les autres pays (brain drain). Bill Gates a ainsi témoigné le 12 mars devant le congrès US pour l'assouplissement des règles dites "visas H-1B" pour que l'industrie étatsunienne puisse rester dominante dans les nouvelles technologies.
Ajoutons que les techniques pour développer des "data centers", et renforcer le "cloud computing" relèvent largement de compétences qui sont encore rares. Hébergée par la Fondation Apache, le système libre Hadoop permet la diffusion d'une "culture technique" adaptée aux formes nouvelles du combat industriel de l'internet. Or, s'il est basé sur l'algorithme "MapReduce" propriété de Google, Hadoop est soutenu par deux
ingénieurs de Yahoo! C'est aussi cette capacité créer avec la communauté du logiciel libre des outils fondamentaux pour les technologies en plein boom qui intéresse Microsoft. Chaque pas que cette entreprise fait en direction du logiciel open source est entravée par une manie de la "propriété intellectuelle", qui ne s'accorde pas avec les comportements et les objectifs des développeurs du logiciel libre (qui sont aussi souvent des employés d'entreprises, parfois même de concurrents qui trouvent intérêt à une "coopétition" pour créer de nouvelles avancées).
Yahoo! serait ainsi une passerelle convaincante et pourrait instiller un peu de souplesse dans la structure de développement de Microsoft. Ce qui est essentiel, alors que Google et IBM, de longue date utilisateurs et contributeurs à Linux, font une opération commune pour doter les universités étatsuniennes de data-centers en mode nuage afin de leur permettre de former les étudiants à ces nouvelles techniques de parallélisation des logiciels.
Enfin, la question du contenu d'information plane aussi sur ce projet de fusion. Les moteurs de recherche ont tendance à se désintéresser des objets documentaires pour se focaliser sur la mise en relation et les bénéfices publicitaires associés. Or Yahoo! est un moteur de recherche particulier : son histoire de premier "portail" de l'internet le fait aussi ressembler à un média, un "point d'accès" par navigation et pas seulement par recherche comme Google.
Or les tiers-larrons qui ont été convoqués dans la négociation sont aussi des systèmes de production de contenu ayant besoin d'exister comme vecteurs de mise en relation : Murdoch d'une part et AOL de l'autre. Pour l'un comme pour l'autre, il s'agit de se positionner dans le cadre de la "délinéarisation" des médias (on va lire/écouter/regarder telle ou telle émission ou document suivant des "aggrégateurs de programmes" et non suivant le flux régulier d'un média). Ce phénomène tend à s'accélérer avec les techniques du web dit 2.0 (flux RSS, dépôts de vidéos, intégration de vidéos ou d'information au sein des pages web, systèmes de promotion "sociale",..). Chaque "article" ou "émission" devra trouver son lectorat en marge de l'audience générale de la (ou des) chaînes qui vont les diffuser. La recherche prend une place déterminante, le buzz aussi. Yahoo! n'a pas dit ses derniers mots dans ce domaine. Et Microsoft, qui n'a pas bonne presse sur l'internet, a besoin de se positionner rapidement sur ce terrain. D'autant que son propre moteur de recherche, Live Search, reste bien en deça des qualités de Yahoo! ou Google. Selon son propre responsable, Brad Goldenberg : "Aujourd'hui, 40 % des requêtes sur Live Search ne trouvent pas de réponses". La fusion est une façon pour Microsoft d'incorporer dans sa sphère d'influence les médias tels News Corp. ou AOL,... grâce à une stratégie de recherche plus affinée, et ainsi de faucher l'herbe sous le pied à Google.
Pourtant, ce 3 mai, Microsoft a "jeté l'éponge". Les prétentions de Yahoo! ont été jugées excessives. Et l'idée de se lancer dans une OPA hostile, un instant caressée par Steve Ballmer, le PDG de Microsoft, a été abandonnée. Nous touchons là une des nouvelles situations liées au numérique et à la "société de la connaissance" : l'intégration d'équipes ne peut se faire que de façon volontaire. Aussi incroyable que cela puisse paraître aux financiers habitués à considérer les salariés comme quantité négligeable. C'est ainsi que Laura Martin, analyste financière a déclaré à Bloomberg News à propos du refus de la fusion par Yahoo : "This is management putting its employees and its job security ahead of current Yahoo shareholders’ interest".

Que va-t-il se passer maintenant ?
Trop tôt pour le dire, mais on sent bien que cette fusion est à la fois nécessaire à Microsoft et mal vécue par Yahoo! et plus encore par son patron et fondateur Jerry Yang. Il faudra trouver un nouveau compromis. Soit accepter la crise de management de Yahoo!, avec vraisemblablement le départ de ses membres fondateurs, et certainement la perte sa culture d'entreprise... qui est pourtant une des choses dont Microsoft a besoin pour renouveler la sienne et faire face à la nouvelle situation de l'internet. Soit reposer la fusion dans un cadre élargi, avec une plus grande implication des médias et la naissance d'un nouveau type de puissance médiatique. La volonté de Time-Warner de séparer ses activités de producteurs de celle de diffuseur et le statut instable de AOL sont des indices rendant possible une telle opération. Et nul ne peut jamais prévoir où Murdoch va décider de frapper à nouveau sur la scène de l'internet.

Une chose me semble cependant certaine, c'est que le status quo ne pourra pas durer. Yahoo! isolé serait sur une pente descendante... car Microsoft devrait évidemment trouver une solution de rechange qui marginaliserait rapidement une entité comme Yahoo! Surtout au moment où sa propre stratégie est en pleine effervescence, comme souligné plus haut, mais aussi comme le montrent des initiatives telles que l'investissement de Yahoo! dans le web sémantique (avec l'adoption des microformats et des vocabulaires tels Dublin Core ou FOAF) ou son adhésion en mars à Open Social, le consortium sur les réseaux sociaux lancé par Google en opposition à Facebook, ou encore sa promotion de openID pour gérer les identités sur le web.
Rendez-vous dans les mois qui viennent pour savoir ce qu'il en sera de la fusion Microsoft-Yahoo!, mais plus rapidement pour des mouvements tectoniques entre les autres acteurs majeurs. Car le signal lancé par Microsoft en février, et le prix mis sur la table pour la transaction, ont aussi été le signal d'une grande opération de recomposition des méga-industries de l'internet. Et pas seulement de la publicité, qui si elle est importante en terme d'argent immédiatement mobilisé, ne peut suffire à expliquer ces débats, qui sont autant des stratégies globales, industrielles, culturelles et politiques, que des stratégies de captation d'un marché publicitaire, si grand et central soit-il.

Hervé Le Crosnier
Caen, le 4 mai 2008

Texte diffusé sous licence Creative Commons by-nc
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*** qui s'obstine et s'acharne à ne pas ouvrir son blog alors qu'il écrit pourtant plein de choses intéressantes et qu'il en oblige d'autres à l'ouvrir (leur blog).

Quoi de neuf sous le moteur ?

Bien des choses en somme ... Côté fonctionnalités tout d'abord :

Côté algorithmes ensuite, avec tout d'abord deux outils intéressants pour les praticiens d'une veille sociétale et/ou marketeurs en herbe et/ou les fans de Gala et de Closer.

  • Microsoft lance le X-Rank, un algorithme reposant sur le "volume de recherche" (= la fréquence des noms de personnalités les plus recherchés) qui vous permettra de savoir si Britney Spears est aujourd'hui plus "populaire" que Cindy Sanders.
  • Jean Véronis aboutit au même résultat mais en transformant les "entités nommées" en Buzz du jour.
  • Google lance le VisualRank à l'occasion de la conférence WWW 2008. Il s'agit "d'une sorte de PageRank" appliqué à la recherche d'images : "In this paper, we cast the image-ranking problem into the task of identifying “authority” nodes on an inferred visual similarity graph and propose an algorithm to analyze the visual link structure that can be created among a group of images." L'article scientifique présentant leur approche est disponible : "PageRank for Product Image Search" (.pdf) L'indexation image est un secteur stratégique essentiel pour le futur de la recherche d'information, particulièrement dans la tendance actuelle d'une recherche globalisée et universelle. (Via EcransTechnaute et Blogoscoped). Notez que ledit VisualRank n'est pas encore opérationnel sur le site Google Images. On attendra donc un peu avant de pouvoir juger sur pièces.

Côté économie enfin :

  • Google et IBM, deux petites start-up promises à un bel avenir, unissent leurs forces pour - à terme - dominer outrageusement le secteur du cloud-computing, perspective dont Hervé Le Crosnier vous parlait déjà ici,  et que Jean-Marie Le Ray reprend et commente .
  • l'incontournable suspense pour savoir "qui" se paiera Yahoo! et surtout "quand" (et "combien") ... la blogosphère motorisée ne parle (presque) que de ça. Outre les analyses déjà mentionnées ici et , la dernière à avoir retenue mon attention est celle de Marc Andreessen, partiellement traduite par Jean-Marie Le Ray (l'analyse de Marc Andreessen se poursuit, in english only, ici). Avec le dernier épisode en date : le refus de Microsoft de faire encore monter les enchères devant le refus de Yahoo! de se laisser acheter à ce prix-là. Ne surtout pas croire qu'il s'agit là de la fin de l'histoire ... (voir aussi l'analyse d'Homo-Numericus)

Voici le mois de Mai ...

Dossiers de recrutement, copies à corriger, articles à écrire, séminaires à préparer, bouquins en préparation ... Vous l'aurez remarqué, pas trop le temps de bloguer ... Code rouge comme dirait Éolas.
En attendant vous pouvez toujours faire un tour sur la carte des salons du livre qui bat des records de consultation :-)

Le petit lien du Week-end

Vous vous souvenez de la fracture amicale ? Et bien la voici illustrée :-)

Comment le web change le monde

C'est le titre du dernier ouvrage de Francis Pisani. Une retransmission "live" de sa présentation à la librairie Decitre (par Francis Pisani himself) sera accessible en direct, Lundi à 17h30, à cette adresse : http://alpha.bambuser.com/channel/Transnets

(Merci à Loiez Deniel pour l'info et la mise en place de ce broadcast)

Les petits liens du Week-End

Une spéciale Geek avec ce Mashup de poire :-)

Un peu de calcul mental si tu mens, je te calcule :-(

Et puis promis Valérie, c'est pas moi ;-)

Le Maître de la pertinence

Chez Google, on connaissait déjà la "maîtresse en index massifs". Udi Manber pourrait légitimement prétendre au titre du "maître de la pertinence". Sa bio sur Wikipédia nous rappelle qu'après avoir été "Chief Scientist" chez Yahoo!, il passa ensuite chez Amazon comme "chief algorithms officer", pour enfin devenir l'un des 3 vice-présidents ingénierie chez Google. Bref, un CV de rêve, notamment dû à sa recherche dans le domaine de l'algorithmie. Udi Manber répond donc à une très intéressante interview sur le magazine "Popular Mechanics". Où l'on apprend selon lui que :

  • depuis 15 ans, tous les 5 ans environ, le "domaine" de la recherche ("search") connaît des bouleversements quasiment impossibles à anticiper.
  • que rien que pour l'année dernière, il y eut pas moins de 450 modifications apportées à l'algorithme de Google.

Le reste de l'interview n'apprendra rien aux "spécialistes" du domaine mais rappelle utilement qu'aucun algorithme ne sera jamais capable de "traiter" l'ambiguïté du langage humain, d'où l'intérêt de passer par l'analyse des historiques de recherche ou encore de récupérer des éléments de "recommandation" suggérés par des "amis" de nos "réseaux sociaux". Toute la question étant de savoir dans quelle proportion ... et là dessus, Udi Manber reste naturellement muet.

(Via C/Net // Temps de rédaction de ce billet : 30 minutes)

De profundis.

Web de surface. Web profond. Web invisible. Ces trois expressions sont issues d'un article "culte" qui remonte à Juillet 2001 et qui est une étude de la société "Brightplanet", laquelle étude avait à l'époque permis de prouver que les ressources du web "invisible" (non-indexable et/ou non-indexé) étaient considérables au regard  de celles du web habituellement visibles. Rappelons-le, à cette époque là, les moteurs de recherche n'étaient par exemple pas capable d'indexer autre chose que du HTML, et ainsi l'ensemble des documents désormais habituels (fichiers word, acrobat, excel, powerpoint ...) passaient à la trappe. Depuis ce temps, la dérive des continents documentaires s'est mise en place (voir le petit schéma dans ce billet), les moteurs se sont rendus capables de grouper un nombre gigantesque de ressources et de documents dans la même sphère d'indexabilité, ces mêmes moteurs vont de plus en plus "racler" les fonds de tiroir à la recherche de données que l'on croyait jusqu'à lors inindexables.
Pour autant, le web "invisible" aux moteurs demeure, et reste un gisement de données et d'informations très attractif pour ces mêmes moteurs. Et c'est encore une fois Google (qui fut le premier moteur à indexer des formats de fichiers bureautiques) qui fait en la matière une percée singulièrement significative : ce dernier vient en effet d'annoncer qu'il allait être capable d'indexer (crawling) les données situées "derrière" les formulaires web. Exemple : une base de donnée immobilière vous permettant de trouver la location de vos rêves pour vos prochaines vacances. Les informations de cette base sont pour l'instant inaccessibles car elle relèvent de ce qu'on appelle le web "dynamique" (par opposition au web "statique"). Ces pages sont générées à la demande de l'internaute, suite au remplissage du formulaire idoine.
Comme rappelé dans le billet de Google annonçant la chose, les limites de ce genre d'approche sont encore considérables et relèvent aussi bien d'aspects techniques (procédure GET des formulaires ou sécurisation par mot de passe ou captcha par exemple) que d'aspects éthiques (la plupart des sociétés n'ayant pas envie que leur "base de donnée" - d'annonces immobilières par exemple - se retrouve du jour au lendemain intégralement "visible"). Google annonce donc qu'il n'indexera finalement que très peu de ces formulaires, et continuera naturellement de respecter les instructions du fichier robots.txt (qui autorise ou interdit tout ou partie de l'indexation d'un site aux moteurs de recherche).
Attendons de voir quels types d'informations remonteront ainsi dans la page de résultats de Google pour juger sur pièces, mais il n'en reste pas moins que cette nouvelle avancée dans la dérive des continents documentaires indexables et le recul qu'elle marque pour la définition (et la préservation ?) d'un web invisible est importante.

(Sources : JournalDuNet, Abondance // Temps de rédaction de ce billet : 45 minutes)

Web-média, cloud-computing, vectorialisme et modernité calculatoire

Je reproduis ci-dessous un commentaire d'Hervé Le Crosnier, en réponse à ce billet, mais qui me semble très intéressant (et pertinent) pour comprendre quels sont aujourd'hui les grand axes d'analyse qu'il faut mobiliser pour approcher au plus près les logiques à l'oeuvre dans les manoeuvres économiques auxquelles se livrent les géants du web.
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"Ce qui est en jeu est la recomposition des "vecteurs" (les vecteurs sont les entités web "dont le métier principal est d’organiser de grandes banques de données des "intentions" de leurs usagers"), qui sont autre chose que des "web-médias". Certes, l'aspect "web-média", suivant l'expression de Jean-Michel Salaün, est important. C'est la source actuelle des revenus de ces conglomérats. Mais trois autres aspects doivent êtres pris en compte simultanément :

  • le "cloud computing" : disposer d'une force de frappe informatique (réseau + serveurs + mémoire + logiciels "as a service") pour offrir des services aux particuliers (dépôts photo, logiciels de productivité,...) et les capter dans l'univers d'un des vecteurs. Attention, on n'est plus dans l'époque des "mainframes", le nombre d'usagers ne se limite pas à des "grappes de terminaux", mais se compte en millions...
  • la "modernité calculatoire" : tenter de résoudre tous les problèmes par de calcul. L'exemple achevé est évidemment 23andme et la folie eugéniste que ce projet recouvre, mais on trouve des applications de ce "modèle calculatoire" à bien d'autres activités... dont le calcul de l'appariement (des personnes entre elles - réseau social, des personnes et des publicités, des publicités et des articles, des malades et des traitements)
  • le positionnement comme futur "appareil idéologique et administratif" visant à remplacer les divers pouvoirs publics défaillants (pour des raisons qu'il serait trop long de prendre en compte ici). Cela va de la gestion du compte de santé des individus, jusqu'au capacités de créer des banques virtuelles mondialisées (PayPal qui trouve sa niche dans le paradis fiscal du Luxembourg,...). La délivrance des identifiants (openId ayant actuellement le vent en poupe), un rôle régalien auparavant, est maintenant dans la ligne de mire des vecteurs... avec les conséquences sur l'organisation de la vie sociale et politique que l'on peut imaginer (pour les craindre, si l'on est dans la logique européenne, ou les souhaiter si on a biberonné dans la logique anti-fédérale des libertariens étatsuniens).

Ce sont donc quatre axes d'analyse qu'il faut mobiliser simultanément pour comprendre l'évolution du vectorialisme. Avec cet angle de vue, la tectonique ne se limite plus au partage de la manne publicitaire. Et de nouveaux acteurs sont dans la danse, qui ne sont pas (ou pas encore) des "web-médias", mais qui sont déjà des "vecteurs" : géants du service et du logiciel tels adobe ou IBM, compagnies de télécoms qui s'étendent sur toute la chaîne de valeur tels orange, SKT ou NTT, gestionnaires de services en réseau comme Amazon, dont la boutique en ligne est devenue minoritaire dans l'usage de ses serveurs et réseaux (pas encore de ses revenus, mais c'est la perspective de Jeff Bezos).
Il faut préciser cette portée du vectorialisme, lancer des études sur les stratégies des conglomérats (sachant que ces stratégies sont souvent élaborées a posteriori par les béhémots eux-mêmes : le capital n'est pas une "cinquième colonne" avec un plan secret, mais un organisme vivant qui s'adapte et anticipe pour mieux s'adapter...).

Petit père castrateur : pas si sûr.

Fin Novembre 2007, Denis Olivennes (alors encore PDG de la FNAC) remet à Nicolas Sarkozy son rapport sur la prévention du téléchargement illégal, recommandant notamment la mise en place de mesures d'interruption de l'accès à Internet.
Le Jeudi 10 Avril 2008, le parlement européen a adopté l'amendement suivant :

  • "Amendement 22 bis. engage la Commission et les États membres à reconnaître qu’Internet est une vaste plate-forme pour l’expression culturelle, l’accès à la connaissance et la participation démocratique à la créativité européenne, créant des ponts entre générations dans la société de l’information, et, par conséquent, à éviter l’adoption de mesures allant à l’encontre des droits de l’homme, des droits civiques et des principes de proportionnalité, d’efficacité et d’effet dissuasif, telles que l’interruption de l’accès à Internet."

La suite de l'analyse est à lire chez Philippe Aigrain.

(Voir aussi sur 01.net, et sur Ecrans les confidences d'un autre castrateur en puissance en plein déni)